TOME U
Colonne 220, ajouter : BELLARDEL (Jean) dit Crespin, soldat huguenot pendu à Provins en 1572. « Requis et admonesté de se retirer de sa prétendue religion huguenoticque et de se confesser à Dieu devant le prebstre qui luy fut présenté, ce qu'il ne volut faire ains persista en sa folle opinion... (Mém. de Haton, p. 704). Le curé Haton ajoute à ce fait le récit du zèle avec lequel une centaine d'enfants de la ville s'emparèrent du cadavre et par manière de jeu firent entre eux le simulacre d'un procès d'appel intenté au condamné, se fondant sur ce que la qualité de huguenot aurait du le faire mettre non pas à la potence, mais au feu. Et ils le brûlèrent avec mille indignités.
Colonne 245, Belrieu. On trouve ce nom cité en 1289 dans un acte d'arrentement, fait par Arnauld de Belrieu, fils de Guillaume de Belrieu (Périgord), et Ton croit pouvoir, de cet ancêtre, descendre par une suite d'actes authentiques jusqu'en 1852, où le nom a disparu avec Jean de Belrieu qui ne laissait qu'une fille mariée à M. Louis de Brugière '.
Tout porte à croire que la famille de Belrieu dont nous avons signalé cidessus (II, 245) quelques membres, embrassa la Réforme avec Jean de Belrieu, écuyer, baillif de Bergerac, qui épousa Agnès de Frontus, le 5 octobre 1515. Il en eut deux fils.
L'ainô, Jean de Belrieu, écuyer, seigneur de Saint-Dizier, qui succéda à son père dans l'office de baillif de
1 Cependant les Armes de la famille de Belrien, qui sont des armes parlantes avec une allusion recherchée, ne confirment nullement cette ancienneté = : d'asur au croissant d'argent, tuant d'un ruiueau de même, au chef d'azur chargé de 8 étoiles d'argent. (H. B.).
Bergerac, par lettres de provision du 16 juin 1544 ; le cadet, Jacques, marié à Marguerite Lecomte. Ici la famille se divise en trois branches :
1° La branche aînée, celle des sieurs de Saint-Dizier qui se continue par Jean de Belrieu et ses descendants mâles jusqu'en 1852 ; 2° la branche cadette qui se divise en deux : celle des barons de Yirazel et Tiregant, et celle des marquis de Belrieu.
Les archives d'où ces notes sont tirées étant celles de la branche aînée, des sieurs de Saint-Dizier, ne contiennent que peu de renseignements sur la branche cadette qui, d'ailleurs, est certainement revenue au catholicisme.
Voici tout ce qu'on y trouve sur cette dernière :
Barons de Virazel et Tiregant. Jacques de Belrieu eut de son mariage avec Marguerite Lecomte deux fils : F aine, Jean de Belrieu, baron de Virazel (aliàs Virasol) et Tiregant, dont le fils, Charles, baron de V. et T. fut conseiller au parlera, de Bordeaux ; Il eut lui-même un fils, Jacques, baron de V. et T., qui fut président au parlem. de Bordeaux. Ce dernier n'eut qu'une fille mariée au président d'Augeard. Tous ces magistrats étaient catholiques.
Marquis de Belrieu. Le cadet des enfants de Jacques de Belrieu, David, donna naissance à la branche des marquis de Belrieu (Est-ce lui qui, exilé de Bergerac, prit part à une entreprise contre cette ville en 1621? Les archives de la famille ne disent rien de ce fait). — David eut pour fils, Alexandre, vicomte de Dammartin, marquis de Belrieu, maréchal de camp, dont les longs et brillants états de service aux armées de Louis XIV, sont très connus. Il mourut au mois d'octobre 1733. Ses deux fils, Pierre et Jean, sont morts, jeunes encore, au service
ADDITIONS ET CORRECTIONS
du roi. Sa veuve, la marquise do Belrieu, vivait encore en 1779. Il est de toute évidence que ces derniers avaient passé au catholicisme. Le seul fait d'avoir des grades dans les armées de Louis XIV dispense d'autres preuves.
Branche ainèe : — Les sieurs de Saint- Dizier. La branche aînée est toujours restée fidèle à la Réforme pour laquelle plusieurs de ses membres ont fait preuve d'un grand dévouement.
Le premier seigneur de Saint-Dizier, Jkan de Belrieu, qui succéda à son père dans la charge de baillif de Bergerac, fut nommé, plus tard, lieutenant-général de Bergerac par lettres de provision du 22 août 1586, données par Henri de Navarre, premier prince du sang. De son mariage avec Marie de Bergues (voy. II, 330), 18 décembre 1608, il eut deux fils dont l'aîné Jean-Jacques, eut luimême un fils, François, qui mourut sans enfants, et fut le dernier des Saint-Dizier.
La branche aînée continue avec le fils cadet : Jean-Pierre de Belrieu, s* de la Borie, qui épousa Marguerite de Castelnau, 24 mai 1653. De ce mariage naquirent : Philippe de Belrieu, sieur de la Borie qui épousa Elisabeth de Vincens de Bourgognade, le 26 juill. 1682 ; et Pierre, capitaine de dragons, mort célibataire à Valenciennes, en 1702. Philippe eut un fils, Jean, né le 16 juin 1683, baptisé par Vedris, ministre de l'église de Monlau de Biron; et 9 filles, dont deux seulement furent baptisées protestantes :
une par Gros, ministre de Castelnaud, et une par Royal, ministre de Sainte- Foy. Les autres furent baptisées, de force, par les curés de Saint-Dizier et du Canet. Toutes sont mortes jeunes.
Jean épousa, 8 juillet 1725, Elisabeth Bayle de la Charbonnière. De 6 enfants qui naquirent de ce mariage, trois seulement ont survécu : 1° Jkan de Belrieu de la Grâce, sieur de Couin, né le 23 octobre 1729, marié à Marie Masmontet des Rèaux, le 8 sept. 1749. Ce fut lui qui, après bien des années de réclamations opiniâtres, finit par obtenir un arrêt du parlem. de Bordeaux enjoignant au curé de Vélines
d'effacer de ses registres de baptême, la qualification de « naturels > qu'il avait donnée aux enfants de Jean de Belrieu, et d'y substituer celle de c légitimes. » (Bull, août 1884, où l'arrêt est reproduit). Ses enfants avaient déjà été baptisés par les pasteurs : l'une, Gracjlle, par Gibert, ainsi qu'IsAAc; Jeanne, par Dugas, pasteur de Sainte-Foy. Pierre est le seul qui ait survécu, né le 15 janv.
1762, il est mort en 1843; il avait épousé M*'* de Mèric. Ils n'eurent qu'une fille, morte sans enfants de son mariage avec M. de Luchet.
2° Jean-Daniel de Belrieu de la Grâce, né le 6 septembre 1731, qui se fit tuer à Pons, le 22 fév. 1755, pour sauver le pasteur Gibert qu'il accompagnait dans une tournée pastorale.
(Voir dans le Bull, août 1884, le récit de cette affaire, écrit par Gentelot qui faisait partie de l'escorte de Gibert).
3° Jear-Isaac de Belrieu de la Grâce, né le 28 juin 1744. Il épousa Marie (aUas Jeanne) de Boyer, le 16 mars 1778 et en eut 2 enfants; une fille morte célibataire en 1852 ; et un fils, Jean, né le 4 août 1777 et mort en 1852, quelqnes jours après sa sœur.
Le 23 mai 1804, il avait épousé Marthe-Andrée de Bommartin dont il eut deux enfants : un fils Jean-Jacques, mort jeune (en 1831) et une fille :
Jeanne-Célina, née le 17 mars 1805, décédée le 6 mars 1871. Elle avait épousé, le 19 janvier 1830. M. Pierre- Louis de Brugière. C'est avec le père de Jeanne-Célina, Jean, mort en 1852, que le nom de Belrieu et la branche aînée perdent leur dernier représentant mâle. La branche cadette était éteinte depuis le milieu du XVIUrae siècle. Aujourd'hui la famille est représentée par le fils de Jeanne-Célina, petit-fils de Jean, M. D. de Brugière, conseiller général de la Gironde, qui a demandé et obtenu l'autorisation de joindre à son nom le nom de Belrieu. Ce nom restera attaché aux descendants de la branche aînée, par les femmes, dans la personne de M. de Brugière et de ses deux fils qui appartiennent à l'église réformée*
ADDITIONS ET CORRECTIONS
Dans le Bulletin de l'histoire du Prot. (août 1844), on a dit que Marguerite de Castelnau avait été renfermée dans un couvent de Libourne. C'est une erreur que les archives de la famille de Belrieu nous permettent de rectifier. La prisonnière est la mère du chevalier de Belrieu tué à Pons en 1755, Elisabeth Bayle de la Charbonnière. Elle fut renfermée dans le couvent des Ursulines de Libourne, et elle y est morte vers 1766. Son testament, en date du 4 août 1758, a été remis à Chaperon, notaire royal, à travers la grille du parloir, ainsi que le constate l'acte de dépôt. Il ne devait être ouvert qu'après sa mort, or l'acte d'ouverture porte la date du 3 avril 1766. Son corps fut, dit-on, traîné sur la claie.
Il existe dans les archives de la famille de Belrieu des cahiers appelés < Livres de raison, » qui contiennent de curieux renseignements. En voici un, entre autres, qui intéresse l'histoire de la Réformation. Il est copié textuellement dans le livre de raison tenu par Jean Bayle de la Charbonnière, frère d'Elisabeth ci-dessus nommée : t aujourd'hui, 21 février 1745, il s'y est tenu une assemblée devant le Faugat le long de la rivière de Dourdogne. Dieu nous a fait la grâce de nous faire annoncer son Evangile par un ministre qui nous a distribué sa manne. Et la dite assemblée pouvait être d'environ douze à quatorze mille âmes. » Ce chiffre est sans doute exagéré ; mais de quelque façon qu'on le voulût réduire, il en ressortirait encore une preuve magnifique que, malgré les peines sévères portées contre leurs assemblées, les huguenots savaient tout braver pour assister au culte du désert. (D. Charruaud).
Colonne 606, lig. 38-41 : Blanchon (Jean), ci-devant pasteur en Dauphiné (il doit sans doute être identifié avec l'étudiant de Genève de 1657 et le pasteur de Vinsobres de 1663-66) obtient en 1671 du gouvernement de Berne un « brevet » ordonnant aux classes du Pays de Yaud de le nommer au premier poste vacant. Il est établi la même
année diacre à Morges, place très convoitée, quoique pénible et rendue moins attrayante encore par la présence d'un collègue difficile à vivre.
Des conflits ne tardent pas à se produire, soit au sujet de certains abus que Blanchon avait entrepris de réformer, soit à cause d'une série de prédications sur le Cantique des Cantiques qui n'étaient, paraît-il, pas du goût du pasteur en titre. Celui-ci ne voyait pas non plus de bon œil que son diacre suivît la mode, nouvelle alors, de porter en chaire la « grande robe. > En 1677 Blanchon est promu au poste de Crassier. C'était une des « cures > les mieux rentées de la classe de Morges, mais les fonctions pastorales y étaient difficiles et, pour un ministre réfugié surtout, elles n'étaient même pas exemptes de péril, à cause du voisinage du Pays de Gex.
Les protestants de cette contrée, privés de leurs lieux de culte et de la plupart de leurs conducteurs spirituels, recouraient souvent en secret au ministère du pasteur de Crassier, et celui ci, n'écoutant que son zèle et sa charité, allait visiter leurs malades.
Pendant 43 ans, Blanchon demeura fidèle à son poste, aidé, il est vrai, les six ou sept dernières années de sa vie, par un suffragant qui était son fils, François- Louis. Il est mort en 1720. Son fils est mort à S*-Cergues en 1729 au moment où il allait occuper à son tour, comme pasteur titulaire, le poste de Crassier. (H. Vuilleumer).
Colonne 880 : Boquin (Pierre) Cet article a besoin d'être complété sur un point qui n'est pas sans intérêt, et qui a sans doute été omis parce que l'ffiftoire ecclésiastique de Th. de Bèze a commis à ce propos une erreur de nom en attribuant à Jean B. une mission dont rat chargé Pierre B. Il s'agit de l'envoi, par l'Electeur palatin, de Boquin et de Diller, le prédicateur de la cour, au colloque de Poissy en 1561 (voir sur le but de cette mission et le rôle qu'on fit jouer à Boquin, le travail de M. Delaborde sur les Protestants de la cour de S*- Germain., Paris, 1874, p. 44 sq.
48 sq., 60 sq., 66 sq). — Avant d'être
ADDITIONS ET CORRECTIONS
appelé à Lausanne, où il ne vint qu'en 1580, Pierre Boquin fat pendant deux années pasteur à Payerne.
(H. Vuilleumikr).
Aux deux précédents on doit ajouter Boquin (Abraham) inscrit au Livre du recteur de Genève en 1600 avec l'indication Heidelbergensis, d'où l'on peut inférer qu'il était fils de Pierre Boquin, professeur à Heidelberg de 1557 à 1577. Après avoir rempli des fonctions pastorales dans le Dauphiné de 1602 à 1627, Abraham B. passa en Suisse et, en vertu de lettres patentes des seigneurs de Berne, fut admis dans les rangs du clergé de Vaud.
Diacre à Montreux 1627, pasteur à Crassier 1628, à Yullierens 1629 ; il est mort l'année suivante.
Colonne 920 : de Bosqub (Jean). — Ce qui est dit vers la fin du premier alinéa d'un ancien cordelier Bosque, qu'il fut mené prisonnier à Toulouse et qu'il y mourut empoisonné, ne peut guère se rapporter à Jean de Bosque, le pasteur de Thonon, de Lausanne et de Castres. Celui-ci n'avait pas été cordelier, mais jacobin, et d'après les mémoires de Gâches il est mort à Castres de mort naturelle. Ne faut-il pas identifier plutôt cet autre Bosque avec le nommé de Bosco, ministre, qui figure (tome 11, 54) dans la liste des protestants condamnés par arrêt du parlera, de Toulouse, du 10 juin 1562?
C'est sans doute à l'ancien pasteur de Thonon et de Lausanne qu'il faut rattacher Nazarien et Charles de Bosco, qui reçoivent en 1559-60 un subside du bailli de Lausanne. Le premier reparaît en 1571 dans le Livre du recteur de Genève sous le nom de Nazarenus Boscanus Thononiensis. Le second fit, dans la suite, partie du clergé du pays de Vaud. Il était, vers la fin du XVIm« siècle, pasteur à Gingins, en 1602 doyen de la classe de Morges, et fut mis à la retraite pour cause d'âge en 1617.
(Vuilleumikr).
Colonne 1105 : « Le vœu de ce digne homme ne fut pas exaucé. » — On doit ajouter que Charles Bourdin, par ordre de LL. EE. de Berne, daté du
6 juin 1701, fut établi pour être le premier ministre de la paroisse nouvellement constituée de Leysin. Ce village le plus élevé des Alpes vaudoises, avait été desservi jusqu'alors par le diacre d'Aigle. Voici comment la classe de Lausanne régla l'office du nouveau pasteur : t Tous les dimanches le prêche et le catéchisme ; les jours de cène et de jeûne deux prêches; tous les vendredis le catéchisme de semaine, sauf le vendredi avant chaque seconde cène, où le catéchisme sera remplacé par un prêche de préparation; en cas de besoin, subsidier les ministres voisins d'Or mont-dessous et d'Ormont-dessus ; eu hiver il ne sera pas obligé de faire l'action du soir le dimanche, non plus que le jour où il prêchera pour ses voisins. » (Vuilleumikr).