EUE
EMAR
dont il était le prieur, et qu'il épousa la veuve de Brully en 1546. Ou pourrait s'étonner de la hâte avec laquelle se mariaient et se remariaient alors les pasteurs ou leurs veuves 1 ; cela vient surtout de ce qu'on tenait beaucoup à ce que les ministres et les jeunes proposants prissent femme ; ceux, en grand nombre qui sortaient du clergé romain n'inspirant de confiance absolue que si par leur mariage ils avaient irrévocablement rompu avec le catholicisme. Rouget dit encore que recommandé par le nom de Brully aux actionnaires, la plupart strasbourgeois, des mines d'argent et de cuivre de S^-Marie, maître Elie y trouva facilement de l'emploi. Le jour il travaillait dans la mine et le soir il prêchait. Il passa ainsi trois ou quatre années après lesquelles, dit Rouget, il s'effaça ou disparut, sa veuve, Margueritte, est encore mentionnée comme marraine dans un acte de baptême du 29 déc. 1566.
— La correspond. Calvinienne mentionne, vers 1519, un Hely ou Helùu comme un agent de confiance de Calvin et lui servant de messager, mais qui n'a rien de commun, sauf le nom avec le précédent. — Elie, ministre à St-Gilles en Languedoc au mois d'août 1559 (BuU. VIII 75). — Pierre Elie, c craincallier de Reims en Ghampaigne, » reçu habitant de Genève, mai 1559;
— (Lucrèce), de Belle en Dauphiné, assistée à Genève d'un viatique pour Halle, 1702 ; (Jacques), de Vigne en Dauphiné, avec sa femme et 3 enfants, assisté à Genève en 1703 et 1704; (Eve), de Livron, avec 2 enf. id. 1709 ; — (Daniel), de Tonzac, Saintonge, 67 ans, assisté à Londres, 1706. — Eliézer, ministre en Languedoc, mort en 1571.
ELINGK (Charles), jeune homme de Hondschoote près Dunkerque [Haag, IV 535], converti au protestantisme et noyé comme hérétique, le 8 oc t. 1562. Son interrogatoire qui roula, comme d'habitude, sur la Cène et les autres sacrements de l'Église romaine, l'autorité du Pape, comme vicaire de Dieu, le purgatoire, l'invocation des saints, les bonnes œuvres, les jeûnes, l'abstinence des viandes, le pouvoir des magistrats, a été relaté par Crespin dans son martyrologe, d'après les
1 II y en a ci-dessus nombre d'exemples. Voj. Marie Dentier*, V, 240 ; Guillemet te d'Avrigny, 798; Marie Colignon, 802.
c écrits propres du prisonnier envoyez aux fidèles du lieu. » Il est inutile de dire qu'Elinck maintint intrépidement la vérité des doctrines calvinistes. — Simon Elin, drapier, fugitif de Sedan, reçu gratuitement bourgeois de Leyde en 1688 ; — Jean EL lyn, de Sedan, négociant, ici., 1690. — Gabriel Eliot, ministre de Fernex, délégué au synode de Sergy, 1665; ministre de Beaune, au synode du Bussy, juin 1671 ;
— (La veuve de Pierre), d'Embrun, assistée à Genève, 1699 ; mise au mois en 1701 ; — (Elisabeth), du Poitou, veuve d'un tailleur de Jersey, et ses 2 enf., assistés à Londres, 1702. — Jacques Elizant, sr de La Courbe, ancien de l'église de Mer, 1641 ; Anne Elisant veuve de Charles de Bernouville (voy. II col. 391), médecin à Blois, abjure en 1703.
Elle, peintre ; voyez Ferdinand.
ELLIERS (Louis d'), marquis de Radret, officier dans l'armée hollandaise, de 1685 à 1687. — Marguerite Elot, veuve, et sa fille, assistées à Londres, 1702. — Eloy, de Meaux, et sa femme, assistés à Genève, 1550. — Isaac Elzier, de St-Ambroise, assisté à Genève, 1709. — Gabriel Elzière, soldat protestant de S1- André de Valborgne, reçoit une pension annuelle de 30 liv. sur l'abbaye de Sauve, par lettres patentes du roi, pour avoir eu la jambe emportée par un boulet de canon en
EMAR (Loys), « masson, natif de Nanthillé en Champaigne, » reçu habitant de Genève, octob. 1556; — ( ) « du Dauphiné, pelletier » admis à l'habitation à Lausanne, nov. 1570 ; (Jacques) et Marie Barrault, sa tante, assistés à Londres, 1702. — M«»e Emblard, veuve du ministre de ce nom, morte au refuge à Lausanne le 6 avril 1716. Son mari était probablement le ministre saintongeois Jean Amblard, voy. 1. 1 col. 168. — Emeric, capitaine protestant, inventeur des pétards ou c mascles, » cet engin d'artillerie dont on a tant usé à la fin du XVIme siècle. Il en fit le premier essai à la prise de Liste d'Albigeois, le 23 mai 1577, et non « en c un meschant chasteau du Rouergue » comme le dit d'Aubignè. (W.Mèm. de Gâches ; Journal de Faurin ; Antiq. de Castres, par Borel ; Biographies castr aises.)
— Emerist nom d'une famille du paya Castrais réfugiée en Angleterre après le
EMAR — ENARD
massacre de la Sl-Barthélemy, 1572, et quia pour représentant actuel M. W.-R.
Emeris de Louth, comté de Lincoln (Pradbl). — Emery, nom de plusieurs familles protestantes de Poitou et de Sain longe. (Josias) inscrit sur les registres de l'église réformée de La Rochelle, comme marié 1° à Anne Guilkbert, 2° à Catherine Beaumont ; de ce dernier mariage naquit, 17 janv. 1616, Lazare Emery. Vers le milieu du siècle, Jean Emery sieur de La Vallée, marchand, épouse Marie Graindorge, veuve en 1697 (minutes de Guillemot) ; — (Abraham), docteur en médecine, délégué de l'église de Soubise au synode de Marennes, 1674, et au colloque de S'-Jean d'Angely, 1676; — (Sa veuve) et sa fille, à Rouen, 1686; (n'ont point abjuré). — (Louis et Marie) condamnés par le juge de Coutances, le premier aux galères, la seconde à la réclusion, 1688 (Tt 261). —
( ) médecin relégué à Riom, 1689 (E
3375). — Antoine Emmery, d'Abbeville, étudiant à Genève (Ant. Emmericus Episcopi-villa al sa tus) janv. 1623.
EMONET, famille originaire de Montbéliard, établie dans le pays de Vaud au commencement du XVIII,ne siècle. — Jacques Emotion « natif de la ville de Gry, dioc. de Saintonge, » reçu habitant de Genève, août 1551. — Georges Emontre et Marie Benoit font baptiser un fils, Marc, à l*égl. réf. deBédarieux, 1598.
EMPEYTA (Marguerite), du Dauphiné, assistée à Lausanne, 1689. — Henri-Louis Empaytaz, théologien, né et mort à Genève, 1790-1853. Il fut l'un des premiers ecclésiastiques protestants qui lorsque les idées, les agitations et les négations de la Révolution française, eurent succombé en France et en Suisse, dans le cours des années 1814 à 1816, crurent le terrain si radicalement nettoyé de toutes les aspirations libérales, qu'ils pouvaient, et qu'ils devaient revenir, en matière religieuse, aux purs enseignements du XVIme siècle.
Il était d'une piété brûlante et s'imposait des pénitences, des jeûnes, des macérations. En 1810 il se mit en communication avec un pieux frère morave dont la doctrine était la môme et en 1813, il s'associa aux travaux et aux prédications d'une véritable illuminée, Mme de KrUdner, qu'il alla rejoindre dans une solitude des Vosges, de 1814 à 1817. C'est de là qu'il pu-
blia (l*r août 1816) une brochure (64 pag. in-8<>) intitulée :
Considérations sur la divinité de J.-G.
adressées à MM. Us étudiants de V auditoire de théologie de Genève.
L'auteur remarque en termes très mesurés que le catéchisme de Genève, publié en 1776 par le pasteur Jacob Vernes, avance que ni la Trinité, ni la divinité de J.-C, ni le péché originel, ni la nécessité de la Révélation, ni l'éternité des peines ne sont des dogmes essentiels et fondamentaux ' . Empaytaz continue en précisant :
Les faits ne permettent pas de douter que le dogme de la divinité de J.-C. n'ait été éliminé du symbole des ministres genevois. C'est ce que montre leur catéchisme, leur liturgie, les traités de leurs professeurs de théologie, la version de la Rible qu'ils ont adoptée, la prédication des pasteurs et les thèses soutenues par les candidats. A l'exception de deux d'entre eux tous les sermons des pasteurs de Genève imprimés depuis le milieu du XVIII*n« siècle n'offrent qu'un silence absolu sur cette vérité ou des opinions qui lui sont formellement opposées. L'auteur n'en parle pas à la légère : il a lu 17 sermons d'Amédée Lullin imprimés en 1761; 30 d'Antoine Achard, 1774 ; 30 de Laget, 1779; 28 de Romiliy, 1780 ; 8 de Rochemont, 1793; 28 de Mouchon, 1798; 16 de Reibaz, 1801 ; 12 de Juventin, 1802 ; 16 de Claparède, 1805 ; 12 de Jean Le Cointe, 1815. Dans ces 197 sermons pas un seul où l'on trouve une profession de foi sur la divinité du Sauveur. C'était mettre le feu dans toutes les Ames pieuses de Genève ; aussi Empaytaz y fut-il un peu rembarré lorsqu'il y revint, mais soutenu par les pasteurs Malan, Guers, Ami Bost et autres non moins absolus dans leurs croyances et non moins recommandables par la pureté de leur vie, il réussit à ressusciter dans les églises de Suisse et de France des groupes de chrétiens convaincus de la vérité absolue de tout ce qui est écrit dans la Bible. Ce mouvement a été appelé Le Réveil.
ENARD (Pierre), t escolier de Poi-
1 Ce catéchisme fat pleinement approuvé par le pasteur Marron, président du Consistoire de Paris dans une lettre datée du 18 brumaire 1804, qui fut publiée A celte époque.
ENARD — ENCONTRE
tiers, » admis à l'habitation à Genève le 27 oct. 1572. — Madeleine Enardon de SLÉtienne de Sl-Jeoire en Daaphiné, morte à Lausanne, mai 1692 ; — (Etienne), du même lieu, assisté d'un viatique à Genève, 1697. — La femme de Silas Enaud, assistée à Genève, 1691. — Pierre Enault, « natifz de Séez en Normandye, > reçu habitant de Genève, mai 1559 ; (Sarah et Lydie) d'une famille de Sezanne en Brie, 1612 (Bull. XXI, 270).
ENCONTRE, famille de Languedoc. Sur les listes de protestants fugitifs de Nîmes vers l'époque de la Révocation (Tt 282), on trouve Antoinette Encontre, femme de David Sauzet. — Pierre Encontre, pasteur du désert, s'honora par ses talents et sa piété. Il était né à Marsillagues, étudia la théologie pendant une année (1746-47) au séminaire de Lausanne et rat consacré dans un synode du bas Languedoc, en avril 1750. Il alla desservir, pendant Tannée suivante, les églises du Poitou, puis successivement plusieurs de celles de sa province : Vaunage, Montpellier, Bédarieux en 1759 ; Boucoiran, Nozières en 1768; S'-Geniès et La Cal mette en 1770. Il était pasteur à Lezan en 1791, à St-Christol en 1793. On lui confia en 1763 le soin de rédiger avec Rabaut et Pradel, une « Correspondance fraternelle de pasteurs. » Sa descendance a formé, dit M. Dardier (Corresp. de Paul Rabaut et Ant. Court, t. I p. 203), « une famille véritablement sacerdotale. »
Sa femme (d"« Maraval, de Vauvert) lui donna trois fils : Pierre (dit Germain), André, Daniel.
Pierre fut admis au pastorat, mai 1773, par le synode du bas Languedoc, et adjoint à son père pour le service des églises de S*-Genies et de La Calmette, il représenta les églises de Sl-Ambroise, S'-Jean et Peyremale au synode du 23 avril 1776 et celle de St-Christol au synode d'avril 1793. Son fils, Pierre-Daniel, dit également Germain, et son petit-fils, Adolphe, ont également embrassé la carrière pastorale, que le premier a exercée à Barjac, à St-Jean-de-Maruéjols et à Valleraugue ; le dernier, après avoir été pasteur à Mouries et à Ganges, l'est encore aujourd'hui à Bréau.
André, proposant en 1775, consacré an synode d'avril 1779, fut l'année suivante
pasteur à Vallon, Salavas et Lagorce ; il abandonna le ministère en 1783 pour se livrer à l'instruction publique.
Daniel, né en 1762 [Haag, IV 535] rat aussi pasteur, mais se rendit surtout célèbre comme professeur à la faculté des sciences de Montpellier. Son père l'envoya, vers 1780, étudier la théologie an séminaire de Lausanne, et en 1782 à l'académie de Genève; il desservit d'abord (1788) les églises de Cette et de Pignan, reçut la consécration des mains de son père à Lédignan (mai 1790} et exerça les fonctions pastorales aux Vans pendant l'année 1790-91. Il se rendit ensuite à Paris pour se perfectionner dans l'étude des sciences et revint, au temps de la Terreur, à Montpellier, où il vivait en donnant des leçons de mathématiques. Il faisait en même temps partie du Consistoire. Lors de la création de l'École centrale du dép. de l'Hérault, il obtint la chaire de belles-lettres qu'il occupa jnsqu'à la transformation de cette école en lycée. Nommé, au concours, professeur de mathématiques transcendantes, il devint doyen de la faculté des sciences en 1808. Cette belle position qu'il occupait à Montpellier était sans aucun doute douce et honorable pour un homme modeste, qui fuyait le bruit avec autant de soin que d'autres le recherchent ; cependant il n'hésita pas, en 1814, c'està-dire lorsque la Faculté de théologie calviniste fut transférée de Genève à Montauban, à quitter une ville où il était aimé et honoré de tous, pour aller remplir la chaire de dogme dans la nouvelle école dont il fat nommé doyen. Le zèle qu'il apporta à l'accomplissement de ces fonctions et surtout les contrariétés qu'il éprouva, les résistances qu'il eut à vaincre, altérèrent rapidement sa santé. Lorsqu'il sentit sa fin approcher, il se fit transporter à Montpellier, désirant reposer dans la même tombe qu'une fille chérie qu'il avait perdue quelques années auparavant.
A peine arrivé au but de son voyage, il expira (16 septemb. 1818). Il a laissé aussi un fils, Pierre- Antoine, né à Anduze le 10 juin 1798 qui fut médecin et professeur d'humanités à la faculté de Montanban où il mourut le 9 février 1847. Les deux filles de ce dernier ont épousé l'une M. Daniel Bourchenin, pasteur à Lezay, l'autre M. P. Abric, pasteur à Passy-Paris. (Nous