‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 34 sur 252 · VI · texte numérisé non relu

VI

FABER

le bien et avancement des estudes de la ieunesse. Et non content de cela, pour donner plus de lustre et de splendeur a son travail, il a prin8 l'hardiesse d'engraver au frontispice d*iceluy les haults et magnifiques tiltres de vos Ex*** et le vouer et consacrer, comme il fait à présent en toute humilité à vostre puissant et fleurissant Sénat, sur rasseurance qu'il a qu'il ne sera refusé, non plus, que Xerxe Roy des Perses ne refusa l*eau que luy présenta une femmelette, ayant plus d'esgart à son cœur qu'à sa main. Et comme il pleust a vos Ex"* de recevoir d'une bénigne main en l'année mil six cents treiie un travail de controverses et disputes en philosophie qu'il vinst vous offrir lorsqu'il estoit Professeur à Dije en Daulphiné, aussi il estime que vos dites Ex**9 ne feront aucune difficulté de recevoir d'un œil gracieux une partie de ce qu'il a travaillé depuis qu'il est en charge de Professur en vostre Académie de Lausanne.

Promettant si Dieu luy preste vie, et luy en donne les moyens et commodités, de fayre suyvre un grand corps de toute la Physique dans peu de temps, desia par luy composé et dressé méthodiquement par préceptes et controverses, et de là passer à la Métaphysique, affin qu'il y ayst les trois parties de sa profession ; le tout soubs vostre heureux estendart et souveraine conduite, au bien du public et des particuliers : à quoy il sera de plus fort encouragé si par vos dites Ex*" le petit présent qui leur est maintenant par luy offert en recognoissance du droict qu'elles ont sur luy, et grand bien qu'il reçoit de leur Libérale main, est par icelles receu et veu d'une main bénigne, et regard gracieux, comme venant de celui qui est et qui vivra et mourra en qualité de, Magnifiques haults et puissants Seig", Vostre très humble très fidèle et très obéissant subiect et serviteur Hans Rodolphe Fabbr.

Cet ouvrage, mentionné an n<> Y de la liste bibliographique ci -après, ne parut qu'en 1623, à Genève. Notre philosophe, en cette même année 1623, en fit paraître un autre dont l'extrême bizarrerie souleva contre lui l'opinion publique. On s'occupait alors à Lausanne d'un procès criminel pour un fait d'avortement. Sans que rien l'y invitât, le professeur prit fait et cause pour les accusés en se fondant sur ce que dans tout être humain, selon lui et selon des auteurs qu'il cite, il y a trois âmes différentes, la végétative, la sensitive

et la rationnelle ; que la première dure 70 jours chez les garçons ; 100 jours chez les filles ; que la seconde dure jusqu'au sixième mois et que ces deux premières sont mortelles et passagères, en sorte qu'il n'y a pas de crime si le fait incriminé s'est passé avant le sixième mois. D développa cet étrange système dans un livre écrit en français et portant ce titre: Le Cabinet inestimable de la femme ; et ce qu'il y a de non moins étonnant, c'est que grâce à lui, les deux coupables (car ils avaient avoué les faits) échappèrent à la sentence de mort qu'ils avaient encourue et en furent quittes pour un simple bannissement. Mais Leurs Excellences de Berne s'émurent et demandèrent des explications â l'académie de Lausanne qui s'excusa en alléguant que le livre de Faner, par une incorrection qu'il avait déjà commise une autre fois, avait paru sans qu'elle en eût aucune connaissance. Aussi le Conseil de Berne, par une sentence en date du 24 nov. 1623, déclara que l'inestimable Cabinet serait détruit comme livre dangereux \ condamna l'auteur à six jours de prison et le destitua. Le Liber academicus inscrit discrètement cette brève mention : • 1624. Eodem anno cum supradictus Faber librum quemdam gallicum typis mandari curasset, in quo multa non satis honesta et qusdam periculosa coati nebantur hinc migrare jussus est. »

Où se retira-t-il ? A Grenoble, où il se livra sans contrainte à son goût pour les lois et la plaidoirie. C'est ce qu'il nous fait voir dans la préface d'une « Clef de la jurisprudence > qu'il publia une vingtaine d'années plus tard (viccnnium), en 1638, et dans laquelle il explique au lecteur et aussi au président du parlem. de Grenoble, qu'il avait dès lors interrompu ses études philosophiques pour se faire inscrire au tableau des avocats :

Vicennium jam est elapsum, candide et bénévole lector, quod philosophicis studiis ferè omnibus intermissis, in advocatoruin album adscriptus me jurisprudentiae, genio

aliquo modo suadente, mancipavi et cum

1 Noos n'avons pis trouvé cet ouvrage. Mais on peut voir le détail de l'affaire (rédigé en allemand) aux Archives cantonales de Lausanne, K&rdi und AcaiemiegeêchàfU, TU. — Noos devons tons ces renseignements a M. Ern. Cbavahhis.

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ea eommercium habui. Quo fluente vicennio, si minus curis ac studiis forensibus, jucund» praxi viros locupletanti, gratam auri messem et lœtam argenti vindemiam producenti deditus ; si minus in consultationibns occupatus fuerim et causas in judicio dixerim niai forte raro, undè video alios bonis ditatos et fortunis auctos; at non ideo jurisprudenti» studio fui aversus, nec ab omni opère juridico vacavi, famem semper comitem esse non laboranti viro ratas, interdum ex cathedra quandoque pri- Tatim habitis lectionibus et exercitiis, tyrones legum cupidos ad civilem sapientiam perducere conatus sum, undè sanè non magnam hue nsque reportavi utilitatem. Is intérim animns fuit ut si quod esset excepti a docendi munere temporis, id omne ad aliquid scribendum in communem hominum utilitatem sedulo conferrem. Lectiones ergo meas in Institutionum Justinianearum libres ex limpidissimis juris fontibus desumptas, legibus quamplurimis suffultas, ex Tariorum Jurisconsultorum authoritate et doctrina compilatas atq. comprobatas. 111» primée sunt in jure meœ lucubrationes sed non fortassè ultimœ, si Deus vitam produxerit et si hoc publico excipi plausu animad- Yertero.

Il eavoya l'ouvrage à Genève avec la jpttre que voici :

A KM., MM. les Ministres et Professeurs de rBglise et Académie à Genève. — De Grenoble ce 28 de janv. 1638.

Messieurs, ayant soubs la favorable assistance de l'Eternel composé auec un pénible travail un œuvre de droict, ci-inclus, mis au jour depuis peu de jours, j'ay prinse l'hardiesse de vous en envoyer un exemplaire pour vous supplier de luy donner le dernier rang dans vostre Bibliothèque * encore qu'il ne le mérite, je reputeray cela à un singulier bonheur, et faveur signalée, et surtout que mon nom puisse estre pour une quatrième fois enregistré et placé entre tant de célèbres autheurs qui reluisent dans vostre riche Bibliothèque jusqu'à ce que dans une meilleure occasion je vous puisse fayre voir que je suis, Messieurs, Vostre très humble et très obéissant serviteur Lb Fburb.

Quelques années plus tard, en 1643, Jean-Rodolphe publia un autre ouvrage de droit; mais nous ne savons quand ni comment se termina sa carrière. La liste chro-

1 H y est encore, avec Y ex donc de l'auteur.

nologique de ses ouvrages, pour autant que nous les connaissons, est tout ce que nous pouvons offrir de plus au lecteur, sur ce Faber ou Le Fèvre, savant tellement complexe que nous en aurions fait deux personnages distincts sans l'assistance que nous ont fournie les registres de l'acad. de Lausanne et la critique judicieuse de leur gardien, notre docte collaborateur, M. le professeur Vuillkumibr. Ajoutons qu'il y avait grand risque de le confondre avec un autre personnage du nom de Fabri, prénommé de môme Jean-Rodolphe (suivant le Livre du recteur et YHiit. litt. de Senebier), ou Jean-Adolphe (suivant MM.

Amiel et Bouvier dans leur notice sur FEn~ seign. supérieur à Genève, 1878 in -4°). Ce Fabri était citoyen de Genève, allié aux meilleures familles de la République, professeur à Genève, de droit en 1612, de mathématiques en 1631, de grec en 1633, marié (1633) avec Anne Andrion qui, devenue veuve (en 1638) se remariait en mai 1640 (Is. de Monthouz, not. XIII, 109) et Senebier après avoir avancé qu'il enseignait les Instituées de Justinien à Genève dès l'année 1612 le donne pour l'auteur de quatre ouvrages que nous attribuons au savant de Die, Lausanne et Grenoble (savoir les nos V, VI, IX et X de la liste suivante) ; mais sans être sûr que Senebier ait tort de tout point, il nous sera permis d'hésiter plus d'une fois dans le dédale des Faber, Fabre, Favre, Fèvre, Le Fèvre et Fabri ou Fabry.

I. Controverses et disputes en philosophie ; Die, 1612 ou 1613. — C'est le travail indiqué par l'auteur dans sa lettre à MM. de Berne ci-dessus, col. 195.

II. Medulla logica... authore Joh. Rodolpho Fabro apud Dienses philosopkim prof essore; Deiae Auguste Vocontiorum exendebat Joh. Gauterius typographus academ. 1613 ; in-8<> 5 feuill. prélim. et 384 p. — L'auteur présente ce livre, le 8 mai 1615, au synode de Mens par qui lui furent allouées 38 liv. de gratification.

III. Sophiœ viridaria, purpurissatis referla violis, qum pro suprema philosopkim laurea decoranda patebunt, omnibus violarum odore reari cupientibus; Preeunte D. Joh.-Rod. Fabro philosophiœ professore et gymnasta, ad diem 6 septemb 1617 ; Deiœ Auguste Vocontiorum, 1617 in-12 ; 24 p.

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IV. Thèses philosophiques de Lausanne ; De judicio, 1621 ; De cœlo, 1621 ; Jfe démentis physicù, 1621 ; De corpore perfecte mixto, inanimato et animato in génère,

1622 (Cette thèse avait été précédée d'une antre, De corpore i m perfecte mixto, qui ne s'est pas conservée) ; De corpore végétante, sentiente et intelligente, 1622 ; De mundo in génère, 1623; Thèses misceUanem ex variis disciplinis deprompUe, 1623.

Y. Totius logicss peripateticss Corpus.,, net non totius Organi Aristotelico-Rammi compendium... autore Joh. Rod. Fabro jurisprud. et philosophùe in inclyta illustris reipub. Bemensis apud Lausannates patriâ académie doctore et professore ordinario; Aurelianœ [Allobrogum ; Genève], apnd vidnam et hœr. Pétri de la Rovière,

1623 ; in-4o 16 feuil. prél. et 590 p. ; plus 106 p. et 10 feuil 1. de table pour VOrganum Aristotelico Ramssum. — Epltre dédicatoire à Albert Manuel consul de Berne et à Nicolas Dackselhoffer. 11 rend grâce au premier de l'amitié qu'il avait pour le défunt père de l'auteur, d'avoir été le parrain de son fils Albert qui n'est plus et d'aimer encore son plus jeune fils qui vient de naître (ce fils est peut-être son livre), c Et toi clarissime seigr Nicolas, dit-il ensuite, qui vint jadis étudier à Die et pendant près de deux ans m'y as écouté »... Cette épltre est datée : Lausannae ex musœo nostro, X mart. anno 1623. C'est vraisemblablement à cet ouvrage que se rapporte la lettre ci-dessus reproduite, col. 194.

VI. Le cabinet inestimable de la femme; Lausanne, 1623. — Livre supprimé par l'autorité et dont aucun exemplaire n'a pu être retrouvé.

VII. Cursus physicus in quo totius philosophùe naturalis Corpus assertionibus et qussstionibus xaTaoxtuaaTtxûç xàt avaaxtuauj- Tut&c in gratiam philosophie alumnorum perspicuè et breviter explicatur à Jo. Rod. Fabro philosophùe et jurium doctore ; Genevae, apud Petrum Aubertum, 1625, in- 8o de 20 f. prélim., 496 p. et 16 f. d'index. — Epltre dédicatoire « domino Ludovico de Champaigne comiti de La Suze, baroni de Brouassin, Coulans, Louppelande, Landes, Norman ville et Lumigny, apud potentiss. rempublicam Bernensem rei militaris Praefecto. » c Jamdiù, lui ditil, illustras, et generose cornes, Cursum meum physicum ex priscorum et neoteri-

corum decretis concretum et tredecim annorum lectione et professione public* contractum, in publicam educere lucem apud me statueram, etc. » La préface au lecteur commence par une allusion à son livre sur Aristote et Ramus : Superioribus annis Cursum meum logicum totius organi Stagyritani et Ramœi praecepta et usum demonstrantem typis descripsi; nunc Cursum physicum etc.

Vin. Le pourtrait de Vhomme mû à son jour et rehaussé en vives et esclatantes couleurs, par Jean-Rodolphe Le Fevre, docteur es droicts et advocat au parlem. de Dauphiné, auquel est dépeint tout ce qui est de plus rare, curieux et utile au monde ; Grenoble, chez Richard Cocson, 1629, in-8o de 4 f . et 104 p. Dédié à Claude Tonnard s* d'Izon, conseiller en la chambre de l'Edit.

IX. Clams jurisprudences sive brevù ac methodica Institutionum Justiniani expHcatio. Omnes diva Astrœss amore captas adsumma jurisprudences promovens fastigia. Auctore Joh. Rodolpho Fabro /. V.

D. et in augustissimo senatu Oratianopolitano advocato ; Ed. Rabanus typ. 1638, in-4o de 16 feuil]. prélim. et 334 p.

X. Systema triplex juris civilis, criminalis canonici et feudalù; Genev», 1643# in-fol.

XI. On a encore de lui, dit M. Rochas (Biogr. du Dauphiné), un ouvrage de droit intitulé Aviarium juris c que nous ne connaissons pas autrement. >

MM. Haag ont ajouté [VI, 497] : Faudrait-il rattacher à cette famille (celle de Jean -Rodolphe) un ministre de l'église française de Bischweiler, Emmanuel-Claude Faber, mort dans la dite ville en 1752 selon Adelung, et auteur de Quarante tables politiques de la Suisse, pub. à Basle, 1746, in-folio.

1. FABRE (Marc) chaussetier, du lieu de Bessière dioc. d'Alby, reçu habitant de Genève, mai 1556 ; — (Anthoine) « cordonnier, natif de Barcillonneen Provence, > id . déc. 1557 ; — (Pierre) t de Larche en Terre neuve, ressort du dioc. d'Aix en Provence, » id. juill. 1558; — « à Olive Fabre, pauvre vefve de Auvergne chargée de 2 enfans, 3 sols » (Bourse fr. de Genève), déc. 1556. — Antoine Fabre, « qui avait déjà beaucoup souffert pour la religion, procureur du Roi en la baronie de Non-

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nay, pareillement Jean Monchal honneste bourgeois et Ymbert Ronchon chirurgien, tons trois anciens dn consistoire, forent précipitez de la hante tour, en la présence et dn commandement de S. Chaumont, monstrans une singulière constance, » janv. 1563 (Crespin). — Fabre intrépide soldat des premières guerres de religion (1562) que les catholiques avaient espéré séduire et décider à leur ouvrir les portes de Nîmes. Il feignit de se prêter à leur projet et secondé par le caporal André Rangon, il les fit tomber dans une embuscade qui leur coûta cher [Haag, V 51].— Noble Jehan Fabre, délégué de la ville de Cornus près St-Affrique au synode de Milhau, 1573. — Fabre, vaillant sergent, puis capitaine huguenot combattant dans le pays Castrais de 1574 à 1589 où il est tué dans une attaque malheureuse {Mèm. de Gâches). 2. FABRE (Gaspard) c ayant ci-devant charge d'une bande de gens de pied sous le baron des Adrets, » fils de messire Gaspard Fabre chevalier, mestre de camp des bandes provinciales et capitaine de la marine du Levant et de d*'e Fagotine de Villefbrt, demeurons en la ville de Marseille. Il épousa, 25 mars 1580, Anne de Saunier fille de noble Louis de Saunier sieur de La Roche et de feue d"e Anne de Baudreux, demeurans au lieu de La Barre dioc. de Mende ; en faveur duquel mariage la dite future se constitue tous les biens à elle appartenans de la succession de sa mère, et son père lui donne la moitié des siens comme étant sa fille unique, a condition que le dit futur et les siens porteront les Armes du sieur Saunier qui sont = d'or à une fasce de gueules avec deux palmes en sautoir. — Le 26 oct. 1611, contrat de mariage de noble Jean Fabre capitaine, fils de nob. Gaspard Fabre ancien capitaine et seigr de La Roche et de feue d'ie Anne de Saunier, demeurans au lieu de S^-Croix dioc. de Mende, avec dn« Toinette du Cremat fille de nob. André du Cremat et de d"e Suzanne de Gabriac. — Le 7 fév. 1651 contrat de mariage de nob. Philibert de Fabre s»* de Beauchamps, fils de nob. Jacob de Fabre et de du* Diane de Finot demeurans à Nîmes, avec d"* Louise fille d'Antoine d'EscudJer et de d<ne Claude de Robert, assistée de d>i« Marie de Fermineau sa belle sœur. — Le 4 septemb. 1670, mariage de Mr maître Salomon Fabre écuyer,

docteur et avocat natif de Florac, 33 ans, fils de feu nob. Jean Fabre et de feue du« Anne Reinolde, avec d"« Dorothée d'Ostali, 30 ans, demeurante à Nîmes, fille de M« Jean d'Ostali et de d»e Isabeau de Rapelin, c en faveur duquel mariage que les dites parties promettent de célébrer dans l'église Prétendue Réformée, la mère de la future lui fait donation de tous ses biens, se réservant l'usufruit de la moitié.» — Le 14 avril 1732, mariage en la paroisse de S*- Denis à Toulon, de messire Salomon de Fabre sr de Grandville, major de la ville de Toulon, ancien gouverneur et originaire de la ville de Florac et fils de messire Salomon de Fabre seigr de Diori et de feue dame Dorothée d'Ostalis, avec d'ie Madeleine d'Elat fille de feu M. Alexandre d'Elat, avocat au parlement et de du« Marie-Louise de Vital is (Carrés d'Hozier, vol. 243, f° 129).

Jean de Fabre seigr de Montvaillant l de la Valette, conseiller et garde des sceaux du présidial de Nîmes, descendant au 4* degré de Gaspard, épouse, 4 mai 1708, Anne de Lalondès dont Jean, Louis, Antoine et 4 filles savoir : 1. Marie-Dorothée mariée à Silvestre Pagesi du Caylou; 2. Marib-Éusabkth, mariée au baron de Pages-Pourcaires; 3. Marie- Anne mariée a un de Manoël de Nogaret; 4. Henriette mariée a un Bastide des Graves. Jean-Louis de Fabre épousa, 15 septemb. 1752, Agathe de Faventines, dont 3 filles mariées : au baron Després, au comte de La Roche- Lambert, et au baron de Forton, plus un fils, Charles, marié le 23 juin 1787 à Julie de Tourtoulon. Antoine de Fabre, épousa, 2 fév. 1764, Adélaïde Renou de Labrune, d'où Charles marié le 20 juill. 1802 à sa cousine Virginie de Pages-Pourcaïrès ; d'où un fils, Félix de Fabre de La Valette, vivant à Montpellier en 1860. — Une partie de cette famille de Fabre est redevenue catholique dès avant la révocation de l'Édit de Nantes. Cependant c M11® Gervaise de Fabre, femme de M. Théophile Aimeras (voy. 1, 156) ministre des Cévennes, morte à Lausanne le 10 septemb. 1694, » semble lui appartenir.

3. FABRE, notaire à Clarensac, à qui son caractère violent et son zèle beaucoup trop fougueux attirèrent de fâcheuses affaires [Haag, V 51]. Au mois de juin 1635, il fut condamné aux galères, à cause des

1 Notes de M. de Cazeeovb.

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mauvais traitements qu'il avait exercés sur le curé du lieu. La sentence ne fut pas exécutée, ou tout au moins elle ne le rendit pas plus sage, car en 1663, le prêtre Gros n'ayant pas voulu souffrir qu'on enterrât dans le cimetière catholique la fille du nommé Védel, il se livra sur sa personne à des actes de violence qui lui valurent un nouveau procès, dans lequel furent enveloppés son frère Bremand et ses deux fils, ainsi que Alègre, Surre, Montauban et quelques autres. Le curé poursuivit, et il avait raison en cela, la punition des coupables; mais ce en quoi il montra sa passion, c'est qu'il demanda le bannissement du ministre, qui n'en pouvait mais, et l'interdiction de l'église de Qarensac. Malgré toute leur partialité, les tribunaux jugèrent que l'ardeur de la vengeance emportait trop loin le digne prêtre, et ils laissèrent debout l'église (Filleau, Décis. cath. p. 278).

4. FABRE (Jacques), de Quissac, étudiant en philosophie (Jacobus Fabre quissacensis) à Genève, 1681. — Fabre de La Fontaine, officier dans l'armée hollandaise en 1699. — (Daniel), de Mazamet, meurt à Lausanne, laissant 113 1. à la Bourse des réfugiés, 1688. — (Antoine), de Graissesac et sa femme obtiennent à Lausanne une attestation de leur foi avant de partir pour l'Allemagne, 1691. — (Jacques) paye à la Bourse des réf. de Lausanne un legs de 18 1. fait par sa femme, Marguerite Galafrés, 1697. — (Pierre- Jean), de Mazamet, ouvrier en bas, assisté à Lausanne, allant à Magdebourg avec sa femme et un ouvrier, 1698. — (André), d'Alais, teinturier, assisté à Lausanne, allant à Kœnigsberg avec sa femme, 9 enfants et 4 ouvriers ou domestiques, 1698. — (Lot), de Castres, armurier, assisté à Lausanne, allant à Magdebourg, 1702. — (Pierre), de Montpellier, assisté à Lausanne, allant plus loin, 1703. — (Etienne et Antoine), de Pompidou en Gévennes, assistés à Genève, allant en Allemagne, 1706, — (Antoine), de Tulette en Dauphiné, id. revenant d'Allemagne avec femme et 2 enfants, 1708. — (Jean), de Nimes et sa femme, assistés à Londres, 1710. — (Louis), d'Auvergne, chaudronnier, assisté à Lausanne, 1714. — (Jacques), de Languedoc, apothicaire, 80 ans, assisté à Lausanne avec sa fille âgée de 40 ans, 1740.

5. FABRE (Pierre), et Marie Bastide sa femme, du village des Vans en Languedoc, se réfugièrent à Lausanne vers l'an 1725. Leur fils, Jean, né en 1727, épousa en 1752, à Lausanne, Louise fille de F.-J. Servier marchand drapier et de Louise de Leuze, également réfugiés. Il acquit la bourgeoisie de Lausanne en 1768. Leurs descendants ont occupé une place honorable dans le canton de Vaud, soit dans le commerce soit dans le ministère évangélique. Jean-Louis-Gabriel, petit-fils de Jean, né à Lausanne, 30 oct. 1797, mort le 28 août 1871, fut un grand nombre d'années professeur de théol. à l'acad. de Lausanne, pasteur de l'église de cette ville et vice-président de la Commission ecclésiastique vaudoise. Il a publié des Sernumt et un Cours de religion qui après avoir été autographié pour l'usage de ses catéchumènes, a été imprimé et a eu trois éditions en peu d'années. Louis Fabre était fort estimé et aimé pour sa science, sa piété et l'aménité de son caractère. Il avait épousé une descendante de réfugiés, Henriette Dautun (conf. t. V, col. 155), fille du pasteur de l'église française de Berne, mais n'a point laissé de postérité masculine (Ghavannbs).

6. FABRE D'OLIVET, philologue, auteur dramatique, poète et musicien [Haag, Y 52], naquit à Ganges, dans le Bas-Languedoc, le 8 déc. 1768, et mourut à Paris en 1825. Son goût pour la littérature et la musique le fit renoncer au commerce, auquel ses parents l'avaient d'abord destiné ; mais dans son ardeur à s'instruire, il voulut trop embrasser pour sa capacité et resta bien au-dessous de ce qu'il eût été, s'il avait su borner ses études. Ses ouvrages ne sont plus lus aujourd'hui, mais leur nombre prouve au moins que leur auteur a joui de son vivant de quelque réputation. On lui doit :

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