‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 6 sur 252 · VI. Mémoire sur un théorème fondamental du calcul des sinus · texte numérisé non relu

VI. Mémoire sur un théorème fondamental du calcul des sinus

VII. Nouvelles recherches sur la composition des forces, 1" Mémoire. Un 2™ Mémoire a été publ. dans le Recueil de 1809. L'auteur en avait promis un 3°* qui n'a pas paru. — Encontre prouve, contre l'opinion reçue, que les anciens ont connu le parallélogramme des forces.

VIII. Éléments de géométrie plane, avec un vocabulaire étymologique des termes propres à cette science, Paris et Montp., 1805, 77 p. in-8o ; 2me édit. Montauban, 1820, in-8<>.

IX. M. Boucacous ou l'S et le T, comédie en un acte et en vers, Montp., 1806, in-8<>. — Binette pétillante de verve comique sur une question d'orthographe.

X. Dissertation sur le vrai système du monde, comparé avec le récit que Moïse fait de la création, Montp., 1807, in-8<>; Avignon, 1808, in-8<>, et dans le Recueil de l'acad. de Montpellier (an. 1809).

XI. Théorie de Tinter et composé et application de cette théorie au calcul de la différence des niveaux, d'après les observations du baromètre. — Dans le recueil cité (an. 1809) et, à ce qu'il parait, séparément, Montp., sans date, in-8<>.

XII. Lettre à M. Combes-Dounous, auteur de l'Essai historique sur Platon, Paris, 1811, in-8°. — Écrit non moins remarquable par la force du raisonnement que par l'urbanité du style.

XIII. Discours prononcé à V ouverture solennelle des cours de la Faculté de théologie de Montauban, MontSiUb., 1816, in-8#.

XIV. Mémoire sur les principes fondamentaux de la théorie générale des équations. — Nous ne connaissons pas l'année de l'impression de ce mémoire.

XV. Recherches sur la botanique des anciens, in-8°. — Il n'a paru qu'une livraison de cet ouvrage qu'Encontre avait entrepris en collaboration avec de Candole.

XVI. Examen de la nouvelle théorie du mouvement de la terre proposée par le docteur Wood. — Publ. dans les Annales de mathématiques de Gergonne.

XVII. Mémoire sur Vile de Blascon. — Encontre détermine la cause de l'encombrement du port de Cette.

XVIII. Addition [d'une quinzaine d'articles] à la Flùre biblique de Sprengel.

Encontre a laissé, en outre, des traités plus ou moins avancés sur les Probabilités, la Sommation des séries, le Calcul différentiel, la Détermination de Vorbite des comètes, les Sections coniques, ainsi qu'un Commentaire sur la mécanique céleste de Laplace et des Mémoires sur sa propre vie. Il avait terminé un Traité de lf Église, en latin et un Résumé de ses leçons sur le péché originel.

ENGELBERT (Jean), ouvrier drapier, fils d'un tailleur de Brunswick, naquit dans cette ville en 1599, mais son nom semble indiquer une origine française. C'était une âme honnête avec un cerveau malade. Il avait des visions et prétendait (des 1623) recevoir des révélations du Ciel, s'adonnant à la piété la plus austère, à la prédication, aux œuvres de charité, aux jeûnes, aux macérations et s'appelant ouvertement c Envoyé du Très Haut. » Il s'attaquait volontiers aux « méchants » qui raillaient ses discours, particulièrement aux pasteurs, et pérorait contre plusieurs des dog-

ENGELBEKT — ENGELMANN

mes reçus, notamment celai de la prédestination. Expulsé de Brunswick et de plusieurs antres États voisins, il mena nne vie errante et misérable, qui ne l'empêcha pas de persister dans ses rêveries jusqu'à sa mort, arrivée en 1644, et de répandre le récit des merveilles qu'il s'attribuait dans plusieurs petits écrits, savoir :

I. Une vision du Ciel et de ï Enfer, avec l'histoire d'une partie de la vie de l'auteur.

II. La vision d'une montagne au milieu d'un déluge universel.

in. Le nouveau Ciel et la nouvelle Terre.

Ces trois ouvrages sont en allemand et en flamand ; nous en ignorons les dates, et n'en avons pu trouver que les titres. Un quatrième nous est mieux connu :

IV. Divine Vision et Révélation des trois états, f Ecclésiastique, le Politique et rCEconomique : laquelle Moy Jean Engelr bert, de Bronswic, ay vue de mes yeux et veillant, étant à Winsem au pats de Lunebourg, l'an 1625. Écrite pour une seconde fois à Embden Van 1640, par l'autheur mesme en allemand, et traduite en françois pour V édification des âmes qui cherchent Dieu; Amsterdam, chez P. Arentz, 1680 ; in-16 de 18 feuill. prélim, et 124 pages.

L'auteur inconnu de cette traduction est un sectateur enthousiaste du visionnaire et qui le défend, dans sa Préface en s appuyant sur l'exemple d'autres visionnaires infiniment respectables selon lui, particulièrement « M"* Antoinette Bouri- « gnon1 dont les divins ouvrages sont « plus forts, plus lumineux, plus touchans,

« plus intelligibles, plus convaincus

« que tout ce qui a jamais paru. > Et il s appuie sur ce raisonnement spécieux :

... Cela ne tous doit pas surprendre, Lecteur, que je parle si déterminément de cet ouvrage comme d'une œuvre du S. Esprit qui me parait de mesme rang avec ce que Dieu a produit autresfois par les saints Prophètes et les Apostres... L'on se représente les écrit 8 divinement inspirés comme des choses qui doivent estre dans une langue estrangère, hébraïque ou grecque, faites depuis mille ans et davantage, publiées par des personnes vénérables tenues pour

1 Voyez sur elle l'article piquant inséré par Bayle dans son Dictionnaire.

Prophètes ou pour Apostres, approuvées de toute l'Eglise, et sur tout des sçavans et des Docteurs... Et néanmoins du temps que les Saints ont parlé, ils n'avoient nulles de toutes ces marques, et ceux qui les ont rejette sous prétexte de ce manquement l'ont fait a leur damnation. En effet ce n'estoient pas des personnes qui eussent étudié des langues étrangères ; ils parloyent le patoy de leur païs : ils n'estoient pas des personnes pour qui on eust du respect comme pour des hommes de Dieu; ils n'avoient pas l'approbation du peuple, encore moins des sçavans. L'un estoit un vilageois qui s'appeloit Eliiée le laboureur (I Rois, XIX, v. 19) qu'on tenoit pour un conteur de fables si incroyables (2 Rois, VII, v. 1) que Dieu mesme n'auroit pu les effectuer quand il auroit fait des fenestres au Ciel ; l'autre estoit un garçon méprisé que l'on appeloit Jeremie l'enthousiaste (Jér. XXIX, v. 26), que l'on souflletoit et mettoit en prison sans forme de procès comme un fou à cause de ses rêveries ; l'autre estoit un païsant grossier nommé Amos le bouvier ( Amos VII, v. 14) qui vouloit aussi se mêler de parler contre la religion du Roy (VII, 13) et de la République ; un autre Jean le sauvage et le possédé (Matth. XI, 18) ; un autre le fils du charpentier et l'endiablé (Jean VIII, 48) qui disoient tous deux trop d'injures aux gens d'église (Matt. III, 23; Jean VIII, 44); d'autres es toi en t des simples artisans : un Pierre le pescheur, un Matthieu le péager et semblables, tous des francs idiots (Actes IV, 13). Et si quelcun avoit eu un peu d'étude on disoit (Act. XXVI, 24) que cela luy avoit troublé la cervelle et qu'il estoit un babillard (Act. XVII, 18). Bien loin que leurs paroles ayent esté tenus pour canoniques, on les condamnoit comme des rêveries (Jér. XXIX, 26), comme des lettres de fanatiques ; on les dechiroit (Jér. XXXVI, 23) et on les bruloit. Ces pauvres gens se dévoient cacher...

Néanmoins la divine vision d'Engelbert ne vaut pas la peine d'être contée.

ENGELMANN (Godefroi), habile lithographe, né à Mulhouse en 1788 et mort en 1839. Engelmann fréquenta l'atelier du peintre Regnault. Il avait déjà obtenu plusieurs distinctions honorables à l'académie de peinture de Paris, lorsqu'il décida de se rendre à Munich pour étudier sous la direction de l'inventeur lui-même, Senefelder, les procédés de l'art lithographi-

ENGELMANN — ENOCH

que. De retour en France, il fonda dans sa Tille natale, et bientôt après à Paris (1816) les premiers établissements de ce genre que nons ayons possédés. Ses premiers essais furent bien accueillis et l'on peut dire qu'il porta son art à la perfection, car malheureusement la lithographie qui exigeait d'habiles dessinateurs, est aujourd'hui bien abandonnée par suite des succès faciles de la photographie. Engelmann a fourni de belles planches à un grand nombre de publications, telles que le Voyage dans le Levant, du comte de Forbin, les Antiquités de V Alsace, le Voyage pittoresque dans le Brésil, Je Voyage en Espagne, etc. Vers la fin de sa carrière, il mit le comble à sa réputation par une heureuse découverte, celle de la chromo-lithographie, ou art d'imprimer en couleur, dont le succès toujours croissant, eut pu le consoler de la décadence de la lithographie simple. Engelmann a publié divers ouvrages sur son art : 1* Recueil d'essais lithographiques, in-8<>, 1817. — t. Portefeuille géographique et ethnographique, in-4°, en collaboration avec Berger. — 3. Manuel des dessinateurs lithographes, 1823, in-8<>. — 4. Traité théorique et pratique de la lithographie, 1839, in-4<>.

ENGELRAS, de Nîmes, pasteur, consacré en 1641. Appelé à desservir les églises de Ghamborigaud, 1641-44; de Lunel, 1646-61 ; d'Uzès, 1663-78.

ENGLISGH (Jean), ou Langlois, en latin Anglicus [Haag, IV 538J, naquit à Buchsweiter an commencement du xvim« siècle. Chassé de sa patrie comme hérétique, il se retira à Strasbourg où Zell le prit pour adjoint. Il mourut en 1577. C'est Jui qui a mis en vers allemands le Cantique de Zacharie et celui de Siméon pour le recueil de cantiques de Strasbourg. — Voy. Langlois.

ENGUERRAND (Olivier) né à Mantes.

Il fut d'abord religieux cordelier et obtint une cure. Il passa au protestantisme en 1601 après avoir fait quelques mois d'étude à Montauban et fut nommé pasteur à Mougon en Poitou, puis à Chef-Boutonne en 1603. Mais vu de mauvais œil par les pasteurs du voisinage et d'ailleurs peu capable, il retourna au catholicisme, en 1606. On lit dans le Journal de l'Estoile à la date du 11 juin 1610 : « Un mien ami» de la paroisse de Charentou, m'a

conté comme le jour de devant qui estoit le dimanche 10 de ce mois, il avoit veu faire au dit Charenton, au curé de Lorgerie près de Gisors, nommé Enguerrant, paravant ministre de Chef-Boutonne en Poitou, nouvelle abjuration et itérative profession de foy. » Le ministre André Rivet (voy. son article) publia en 1607 une brochure contre l'apostat.

ENOCH (Louis), peut-être primitivement Hénoque, était un savant maître d'école [Haag, IV 538], né et exerçant à Issoudun en Berry qui, en 1549 ou un peu avant, se retira à Genève avec sa femme Françoise Minet, passa quelques mois au pays de Vaud (Ragueau not. IV, 512) et trouva enfin, grâce à Calvin qui appréciait son mérite, la position qu'il cherchait. Le vendredi 9 mai 1550, lit-on dans les registres du Conseil de Genève, « M. Calvin « a présenté ung maistre d'escolle dict « Enoch, lequel à oyr est remis à lundi « prochain. » Et en effet, le lundi 12, la présentation fut acceptée. Calvin en faisait grand cas non seulement à cause de son érudition, mais à cause de son caractère, t Ce fut un homme d'énergie qui réforma l'école et rétablit l'autorité du directeur (Bétant, Hist. du collège de G., p. 12). » Son influence fut sans doute cause en grande partie de la retraite de Castalion lorsque celui-ci abandonna Genève (t. IV, col. 124, lig. 29), et l'un des amis de ce dernier, Jean Colinet, régent, lui écrivait (7 août 1553) : c Vous devés entendre que « nous avons un grand maistre d'escole « en ceste ville, grand hipocrite et gran- « dément adonné aux personnes que vous « cognoissés [Calvin et ses partisans], « voyre jusqu'à dire que les commentaires

• de l'un d'entre eux [Calvin] sont pur

• évangile. » Le grand maitre d'école ainsi dépeint est Louis Enoch l. Ses réels

1 Voy. là lettre entière dans Opéra Calvin*, Brunsw. XIV, 585. Ce Jean Colinet, régent au Collège de Genève pendant plusieurs années, avait été destitué par le Conseil le 30 septembre 1552. Il avait l'humeur belliqueuse (voj* lettre de PeOoqwn A Calvin, Ibid. XIV, 499); mais il eut l'honneur de se rallier aux principes de tolérance proclamés par Castalion. Lorsqu'il demanda au Conseil de Genève (21 nov. 1553) une attestation de sa bonne conduite comme pédagogue, Calvin la lui fit refuser en alléguant ses relations avec Castalion et qu'il avait c plusieurs opinions non « [sop] portable*, mesmement que l'on ne doibt « point punir les gens pour les oppinions. »

ENOCH

services lurent bientôt récompensés ; en 1556, il fnt nommé principal dn collège et honoré de la bourgeoisie gratuite, à la suite d'une séance dn Conseil où il présenta aux magistrats genevois une pièce de sa composition sur 1* Aigle qui regarde le soleil et sur la Clef « qui ouvre les choses désirables, » armoiries de la ville *. Il présenta de nouveau cette pièce au Conseil quelques années après, augmentée sans doute et perfectionnée. On lit dans les registres, à la date du 6 janv. 1558 :

Maistre Enoc, sus ce qu'il a proposé icy une poésie et allusion d'une fable de Jupiter qui aymoit Europe, par luy composée, qu'il desireroit estre pronuncée devant les seigneurs de Berne, d'autant que c'est à l'honneur de ceste alliance* et mesmes qu'il prend son argument des armoiries de ceste cité; semblablement une tragédie des cinq escoliers de Berne exécutez a Lyon ', qu'il voudrait aussi estre jouée comme il en a des enfans tous instruictz, requérant luy donner licence. Arresté qu'on le voye et qu'on en communique avec M. Calvin, qu'il luy en semble.

Il ne paraît pas que Calvin ait donné un vif assentiment à ces compositions ; du moins n'en a-t-il été rien imprimé, que nous sachions.

Dès Tannée 1557, Enoch avait été admis au saint ministère et attaché à une église de la ville. Il faut croire qu'il y déploya beaucoup de talent, car il fut demandé pour ministre (en 1561) par M me Jacqueline de Rohan et par l'église de Troyes en même temps et plus tard par la duchesse Renée de France. Il occupa ce dernier emploi4, mais quelques mois seulement (en 1566), sa mauvaise santé l'ayant empêché de le garder davantage. Ajoutons qu'il eut l'honneur, en 1563, d'être appelé à prendre la succession de Théod. de Bèze comme recteur de la célèbre académie de Genève. Au mois de juin 1566, il obtint un congé pour aller à Issoudun, sa ville natale, régler des affaires de succes-

* 8étnce do 21 janv. 1556. Voy. Opéra Calv. Brontw. XXI, 626.

9 Confér. Jo& du Chesne ci-dessus, t. V, col. 633. »

« Voy. I, col. 72-77.

4 Archives de Genève, portef. hist. n* 1885; Biblioth. de G. dm., 197" eart. 2.

sion ; mais dès le mois d'août, il écrivit aux magistrats de Genève que son état maladif ne lui permettait pas de reprendre ses fonctions.

Il avait, en effet, laissé du bien en Berry, et avait pris ses mesures pour ne pas le perdre. C'est ce qu'on voit par l'acte suivant que nous reproduisons pour montrer comment les religionnaires fugitifs s'efforçaient de se soustraire à la rigueur des édits :

Comme ainsy soyt que spectable Enoc, pour éviter les idolâtries et superstitions papistique* estans au pays de franco se soyt avec sa famille retiré en ceste cité de Genève et despuys au pays de Berne dès Tan 1549 et semblablement habandonné ses biens situés aud. pays de franco ; Et que pour éviter au saisissement et confiscation de sesd. biens il aye faict une vendition ou transport de sesd. biens à honorable Jehan Robert le Jeune, marchant, demourant en la ville d'Yssould'un et par ladite vendition confessé avoir reçu la somme de 50 escus pour ses dits biens ou aultre somme comme appert plus amplement par l'instrument et con tract de ce, faict entre le dit sp. Enoc et led. Robert, receu par egrege Charnavel, notaire au pays de Foussigny sous la jurid*a du parlem. de Chambery dès Tan 1552 ; leq. prix touteffoys icelluy sp. Enoc n'auroit receu du d. Robert, mais seulement avoit esté faicte lad. vendition pour saulver le bien d'iceluy spect. Enoc et en éviter la confiscation ou saisissement et d'aultant qu'il se confloit en la prudhommie et loyaulté dud. Robert. Comme les choses susdictes estre vrayes, lesdicts Enoc et Robert tous deux présens ont confessé et confessent par ces présentes. Pour ce est-il que ce jourdhuy 19- jour de nov. Tan 1561 pardevant moy Jeh. Ragueau not. (IV 513), led. hon. Jeh. Robert a remys et quicté aud. sp. Enoc tous et chascungs les biens, droits, noms et actions queled. Enoc luy pourroyt avoir cédez, vendus et tranzportez... Presens spect. Claude Prévost habit, de Genève et honorables François du Val d'Yssouldun et Jehan Truchet b. de G.

En outre, Enoch donna procuration en 4564 (6 mars) à un procureur d'Issoudun, pour requérir en son nom « une quarte partie des biens et successions délaissez par le trespas de deffuncte honorée Pernette Andoze sa mère, item la moytié des

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biens délaissez par feu Jehan Émard le jeune, son frère maternel... » (Ragueaa, VII 17).

On a son testament fait à Genève, le il fév. 1567 (Ragueau, IX 76). Il avait eu on grand nombre d'enfants ' ; il déclare en testant, qu'il ne lui en reste que trois : Pierre, Jehannk plus un fils peut-être encore vivant, Élyb, qui s'est enfui de la maison paternelle, en France, à l'âge de 9 ans et 9 mois et dont il n'a jamais « pu oyr nouvelles certaines quelque diligence qu'il en aye sceu faire ; * il soupçonne celui-là d'être resté dans le catholicisme, et sons peine d'exhérédation, « il veult et ordonne que le d. Élye retourne et fasse profession de la vérité de l'Évangile, ayant renoncé à toutes idolâtries et superstitions papistiques. » Témoins : Théod. de Bèze, Nie. Golladon, Henry Scrimger, Laurent de Normandie, Anth. de Saussure seign' de Vernant, Yves Bergevin (voy. t. II, col. 329) et l'apothicaire Jean Molet. Le testateur mourut probablement peu de jours après. Sa femme Françoise Minet testa le 15 septemb. 1571, atteinte de la peste, et mourut le 20. Elle n'avait plus qu'un enfant, Pierre Enoch, qu'elle institue son héritier, en lui substituant sa sœur Anthoinette et ses frères Bonaventure et Sulpice Minet et en faisant un grand nombre de legs parmi lesquels on remarque :

... A la vefve de feu »r Yves Bergevin ung de ses meilleurs c happerons avec ses bagues de valeur jusques a 4 ou 5 escus ; à Arnaud Dupuis ung baptizoir de toille d'Olandres brodé des deux boutz ; a sire Estienne Toucheron ung aultre baptizoir* de toylle d'Olandre brodé tout a Tentour; plus aux dits Dupuys, Toucheron et a Symon Le Maire, à chacun d'eux quatre culliers d'argent d'une douzaine qu'elle a;... plus a M11- Dorcenne une balle de livres reliés de l'Escripture saincte jà emballés; a M. de Montberon gendre de M. d'Orsenne une autre balle de livres d'humanitez qui sont aussy

1 Les registres de décès des Archives de Genève, très incomplets, tellement qu'on n'y trouve pas inscrit celui d'Enoch, mentionnent qu'il perdit le 9 septembre 1553 s» fille Sabah; le 24 juin 1658 un fils innomé ; le 25 mars 1503 une fille, Makis ; le 25 juin 1565 son fils Théodore âgé de cinq ans.

1 Aucun dictionnaire de vieux français ne nous fournit le sens du mot beptwoir On peut supposer <joe c'est un mouchoir de toile fine appelée batiste.

emballés; semblablement à Mr maître Claude Prévost ministre dlssoudun une autre balle de livres de l'Escripture saincte ; aussy elle donne et lègue a spectable Nicolas Colladon une autre balle de livres mêlés et a maistre Oervaix Esnauld une autre balle de livres d'humanité ; etc. (De la Rue not.v III 128).

Louis Enoch, possesseur de ce gros fonds de livres, en a laissé quelques-uns de sa composition :

I. Prima infantia linguœ greecx et latinse simul et gallicœ ; in-4° Parisius, 1516 ; apud Jacob. Bogardum ; 2«n« édit., 1555.

II. Lodoici Enoxi uxelodunensis Fartitiones grammaticm; Genevae ex officina, J. Crispini, 1551, in-4°, 125 pag. commençant par une élégante préface, fort adulatrice « Senatui populoque Genevensi,» datée des cal. de septemb. 1551.

En tête du volume est la table des chapitres suivie de cette petite pièce :

Enooui ad adoleaeentalos Genevenses.

Gramatioen edit quisqne : at car edimas et nos ?

Ut vos Mo ordo oam brevitate jovet.

Molta soiens, pradena praeepta intact* reliqni ;

Pondéra ne parvis magna ferenda darem, Omnia qui miscet nil at nesoire patetar,

le, ne oui nooeat, ait sibi grammatical.

Plusieurs éditions. La quatrième, Gen.

1563, en 2 tom. in 12 de 230 et 287 pages, précédée de la préface de 1551.

III. De ptierili grœcarum litterarum doctrina liber; oliva Rob. Stephani, 1555, in-8°, 208 feuillets. En tête est une préface c Adoleseentibus Genevensibus reliquisque suis discipulis, » dont voici la dernière phrase : ...In eo ego certamine cupio sic Christum vestras ingenii contentiones suo spiritu hene fortunare, ut de Victoria ista et vestra linguarum praestantiore cognitione cum Evangelîi studio conjuncta sic semper laudetur, ut Genevensis ecclesiae intégrités incredibili parentum .vestrorum ergà Numen pietate jam celeberrima, fiât hinc etiam multô celebrior. Valete, Idibus maii 1555. Sénebier (Hist. litt. de Genève) lui attribue des Commentaire* sur Cicèron publiés, dit-il, par Estienne dans son édition des œuvres du célèbre orateur. Des recherches sérieuses vainement faites par MM. Haag pour retrouver ces Commentaires donnent à croire que Sénebier, et d'autres d'après lui, ont commis une erreur.

Dans son testament, Louis Enoch, pré-

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ENTEAGUES

occapé de son 61s Pierre aussi bien que de son fils Élie, avait dit : < Item et parce que luy testateur dès sod jeune aage s'est adonné et employé à instruire les aultres et qu'en cela il a senty ung grand profict et avancement en ses estndes, il veult aussy que, après son décès, le dict Pierre Enoch son filz, selon la commodité qui se offrira, s'employe à faire le semblable pour la mesme cause susdicte... ; item et pour ses conseillers au dict gouvernement le d. testateur a pryé et prie spect. Th. de Bèze et sp. Germain Colladon ses amys, donner conseil et ayde à sa femme, etc. » Le jeune homme ne se conforma pas exactement à cette prescription paternelle ; il devint un amateur de littérature mondaine et de poésie légère. Peut-être est-ce par respect filial qu'il a publié ses vers en prenant un nom de terre, Pierre de La Meschinière, tandis qu'à ses Tableaux de la vie et de la mort, il a conservé le nom d'Énoc. Voici ce qu'on connaît de ses œuvres :

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