‹ La France protestante (volume 2)Chapitre 98 sur 252 · FAGE — FAGET · texte numérisé non relu

FAGE — FAGET

une grande agitation de la poitrine, tomba dans des convulsions, puis poussa des cris exaltés, puis fit une prière que suivit un discours de trois quarts d'heure que Fage trouva fort touchant. Dans une autre assemblée, elle lui annonça qu'il recevrait de grands dons de Dieu s'il persistait dans son assiduité aux assemblées. Il retourna à Aubais en 1703 et fut contraint de servir pendant quelques mois dans la milice contre les Camisards. Mais il passa bientôt do côté de ceux-ci et fit toute la guerre avec eux. Il a raconté plus tard ses surexcitations fanatiques l : « Tout ce que nous faisions, dit- il, nous le faisions par ordre de l'Esprit. Les plus simples d'entre nous, les enfants même étaient nos oracles. Arrivait-il quelque chose d'important sur quoi il fallait délibérer? nous nousjettions à genoux ; nous demandions à Dieu de nous diriger; et voici qu'aussitôt plusieurs étoient saisis de l'Esprit et parlaient. S'ils étoient d'accord, nous regardions leurs paroles comme la décision de Dieu...

Après cela la mort ne nous effrayait pas ; nous ne faisions aucun cas de notre vie, heureux de la perdre pour la cause du Sauveur et en obéissant à ses ordres.

Quand nous allions au combat et que l'Esprit nous avoit fortifiés en disant < N'ap- « préhendez, pas mes enfants, je vous con- • du irai et vous assisterai. » nous nous jetions dans la mêlée comme si nous avions été vêtus de fer. » Après la capitulation de 1706, Fage alla rejoindre Cavalier en Hollande, et lui demanda du service dans son régiment. Mais comme il n'y avait plus de place à y donner, il passa en Angleterre où il mourut paisible et calmé. (Haag).

FAGES (Antoine), de St-Hippolyte, tisserand, assisté à Lausanne, 1695. — (Jacques) de Cros, en Cévennes, mort à

l'hôpital de Lausanne, 1698. — ( )

de Massilargues, pendu par sentence du sénéchal de Nîmes, nov. 1699. — (Jacques), de Graissesac, cloutier, va se joindre auxVaudois, avril 1699. — (Etienne), de Gongénie en Languedoc, assisté à Genève de 1698 à 1704. — Abraham, Anne et Marie Fagès, des Cévennes, déportés en

FAGELLES (François-Nicolas) officier

1 Voy. aussi les articles Àilut et Marion.

dans l'armée hollandaise, 1697. — Pierre Fageroley d'Alais, reçoit un viatique à Lausanne, 1695.

FAGET (Ambroisb), ministre de La Rochelle en 1560 [Haag, V 53]. On lit dans les registres du consistoire de Genève, 16 déc. 1557 : « Jehan Gardepuya a comparu au contenu du renvoi faict par Nosseigneurs, pour esclaircir le contenu de sa supplique par luy présentée, et dict qu'il y a deux mois qu'il fust reçu de Messieurs pour habitant et changea de nom pour ce qu'il craignoyt d'estre aperceu de ceulxde son pays, et espérant s'oster d'ici pour aller en Allemagne, emprumpta le nom d'Ambroise Fage t. Despuis ayant commodité de demourer en ceste cité s'est de rechef présenté à Nosseigneurs pour desclayrer son propre nom aux fins que le changement de son propre nom ne luy soit impropéré à fraude. Ad visé d'aultant que l'on a aperceu qu'il preschoit l'évangile en son pays, joinct qu'il est permis de droict civil de changer de nom moyennant qu'il n'emporte dommage à personne ni défraudation d'aultruy, qu'il peut estre receu pour habitant en son propre nom et en tous deux, et pour ce, est renvoyé devant MM. avec sa supplication. » Faget ne tarda pas à reprendre les dangereuses fonctions qu'il avait déjà exercées. Dès le mois de juillet 1558, il fut donné pour ministre à Orléans (Archiv. de la Compagnie etc., reg. B), et deux ans plus tard, il fut envoyé à La Rochelle pour y organiser l'église avec Richer (Archiv. de la Comp.y etc., reg. A). Il hâta, dit Arcère, les progrès de la nouvelle église par le zèle le plus actif et des soins continuels ; mais, ajoute l'historien de la Rochelle, « ce toit un homme ardent, enthousiaste, qui vouloit se mêler de tout, être de tout, et qui décrioit avec indécence le gouvernement. » Obligé de sortir de la ville, dont le séjour lui fut interdit, môme après l'édit de janvier 1562, malgré les instances des Rochellois, à qui il était cher, Faget ne put y rentrer que lorsque les protestants s'en furent rendus maîtres. Arcère n'a pu découvrir la date de sa mort. — Simon Faget, fut pasteur à la Carresse, dans le colloque de Sauveterre (Béarn) de 1610 à 1650; sa province le députa au synode national d'Alençoii en 1637 (Aymon, II, 533). Son (ils, Philippe de Faget, fut

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