VIII. Calamité des églises de Béarn, La Roch., 1621, in
Pocydavant lui attribue encore la Réponse dn gentilhomme navarrois.
Lv:si>ic;ijl£lli:s. Voy. François DE BONNE.
Li: si:ir.\i:iR. nom d'une des plus riches familles protestâmes de la Normandie-
Adrien Le Seigneur, qui fut anobli
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60 1593, laissa de son mariage avec harguerite Grottîart, quatre (Ils, savoir : 4 "* Jacqoes, sieur de Yicquemare, conseiller au parlemeDl de Rouen, qui, resté veuf sans enfants de sa première femme Marie Braehon^ épousa en secondes noces Anne Le Varnier et en eut Jacques et Estber, femme, en 4 655, de Pierre Le Fèvre, de Paris.
Jacques, sieur du Mesnil, fut aussi marié deux fois, avec Catherine Le Cauchois^ puis aveclfom de Brion.
Ses enfants furent Jacques, Salomon et sans doute Madelaine, qui épousa Jean de Mazis^ sieur de Tilly, et lui donna une fille, Madeleine, alliée, en 4607, à Jean Gogné-Chalant ^ sieur de Chalesme ; — V Jean, conseiller au Grand-Conseil, que sa femme, Marie Brutel^ rendit père d'AoRiEN, président au bureau des linances. Cet Adrien épousa Cécile Langîois et en eut Nicolas, sieur de Bautot, également président au bureau des finances;
— 30 David, conseiller au Grand-Conseil, marié à Geneviève de La Barre ;
— i* NrcoLAS, qui prit pour femme Marie Buîteau et en eut deux fils, f nommés Nicolas et Adrien. L^alné épousa Madelaine Le Cauchois et fut père de Jacques et d' Adrien. Le cadet se maria avec Advienne Bonastre»
Nous n'avons que peu de chose à ajouter à cette généalogie que nous extrayons d'un vol. du fonds S. Germain franc, coté 676. A la révocation, un Du Metnil'Vicquemare réussit à sortir de France, et trente-deux ans plus tard, en 1717, une demoiselle de Bautot fut enfermée, à Tàge de dix-huit ans, dans un couvent pour y être instruite diius la religion romaine {Arch, gén,^ TT. 261).
LE SEUR (Jean), d'Arras, martyr.
Le Seur avait quitté le cloître pour s'employer « au vray service de Dieu et de son Église. » Malgré les défenses de l'archevêque de Cambrai, il prêchait avec succès l'Évangile àCâteaU' (lîimbrésis, lorsqu'il fut arrêté comme itérélique, en môme temps que Jean Catien, autre moine défroqué, qui
était accusé d'avoir administré la Cèi^d à Saint-Amand. « Avant leur mort, lit-on dans le Martyrologe, on les fii languir en douleurs et opprobres ex«trêmes, » et après les avoir tourmentés de toutes les manières, on finit par les pendre, en 1 556. Nicolas Du Puis, de l'Artois, qui avait également déserté la cloître pour prêcher l'Évangile, fut traité avec plus de barbarie encora.
Après avoir été retenu longtemps prisonnier dans la ville de Douai, il fui livré à l'abbé de Saint-Bertin, devenu évêque, « sous lequel il estima gain de pourrir membre à membre en la misère et infection extrême de sa prison.» Plusieurs autres, « desquels la mémoire sera bénite à toujours en l'Église du Seigneur, » perdirent la vie, vers le même temps, pour la cause de !'£vangile; tels Matthieu de La Haye^ 'marchand de drap, Pierre de La Rn$, cirier, tous deux anciens de l'église de Yalenciennes; Roland Le Bouc et François Pattou, diacres, JeanTieuil^ le, notable bourgeois de la même ville, a Et qui ponrroit, ajoute le Martyrologe, réciter les cruautez commises contre ceux qui estoyent des églises réformées, non -seulement en ladite ville de Yalenciennes, mais aussi en Cambray et Cbasteau en Cambresi, Tournay, L'IsIe» Audenarde^ Gand»
Malines, Bruxelles, et autres villes et bourgades des Païs-Bas ?
L'CSPAGNANOËL (Matthibu), sculpteur, de la communauté de Sp Luc (1), né à Paris, le 16 mai 4 64 et de Jean L'Ëspagnandel et de Judith Milleville, et mort dans la même ville» le 28 avril 4689. On sait peu de chos^ sur sa vie. Reçu membre de l'Académie des Beaux-Arts, le 30 mars 4 665, puis réadmis le 5 mars 4 672, il en fut exclu pour cause de religion, le 40 oct.4684, Henri Testelin, Jean Michelin, Somuel Bernard, Louis Elle- Fer di^
(1) La Confrérie de Saint-Lacqul réaniutU en corporation ies architectes, les sculpteurs, 1ns peintres, les doreurs, les enlumineurs, a* vait pris naissance sous Saint-Louis. Voir Statuts des maîtres duTart de peinture et srolp* tuje, I^ar., 1C72, in-4".
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nand, Nicolas Heude, Jean Forest et Jacoh d^Agard, subirent la même avanie. Plusieurs d'entre eux restèrent fermes dans leur foi ; mais L'Espagnaudel ne fut pas du nombre : lorsque Péditde Nantes eut été révoqué, il ût sa soumission et se rangea à tout ce que Ton voulut qu'il crût. A ce prii, on le rétablit dans ses honneurs, le 4" déc. 4 685. Parmi ses ouvrages, on cite le rétable de Tautel des Prémontrés, et celui de la chapelle de la grand'salle du Palais. Il travailla aussi à Tembellissement des jardins de Versailles. On y admire encore de lui deux termes, Diogène et Socrate, et deux statues, le Flegmatique et Tigrane, roi d'Arménie. — L'Espagnandel avait épousé Perrine Prou qui lui donna, entre autres enfants : Matthieu, né le 40 oct. 4648; Marie, née le H déc.
4654 ; Judith, née le 9 fév. 4654; Catherine, baptisée le 26 nov. 4656; Louise, enterrée, le 25 mars 4663, au cimetière St-Marcel, h Tâgede 49 ans.
— Jean L'Espagnandel, maître menuisier, marié, en sept. 4 634, avec Judith Lucot, était peut-être un des frères de notre sculpteur.
LESPINAY (Pierre de), sieur Du Ghaffault, gentilhomme de la maison de Rohan, épousa, en i 563, Alié" nor Du Perreau, qui lui donna huit enfants : 4 « Samuel, sieur du Ghaffault, qui suit; — V Isaac, sieur de Lespinay, qui fit souche; — 3* Pierre, sieur de La Limousinière ; — 4* Abi- OAlL, femme, en 4584, de Jean de Baïf, sieur de Gré, et en secondes noces, de François Louet, sieur du Perré(4); — 50acqueline, mariée, on 4 605 , avec Jean de Montsorbier^ sieur de La Braillière; — 6* Anne, épouse, en i 640, de Gabriel Dû Bois- J/atnfw/*, sieur Du Plessis; — 7" Judith, femme, en 4649, de Pierre de Portebise, sieur du Bois-de-Soulaire, fils de René, sieur de Brossay,el de Françoise de Biardz; — 8*SUSANNE.
(1) Lcars dcficendants étaient encore sifntlés comme suspects de protestantisme en 10U6 (Arch. E. 3382).
Samuel de Lespinay se maria, en 4585, avec Susanne Des Roussières ou Des Rouxières, fille de Jean Des Rouxières et de Bonaventwre Louet^ dame de Briort, dont il eut deux fils, nommés Samuel et Jacob de Lespinay.
Le cadet fonda la branche poitevine de La Ruffelière. L'atné, sieur du Ghaffault, fut marié deux fois : la première, avec Antoinette Jousseaulme, fille de Charles, sieur de Gouboureau en Poitou, et de Constance de La Poè'ze ; la seconde, avec Françoise de La Tousche. Du premier lit sortirent Charles, sieur de Monceaux^ maintenu noble en 4 668, qui abjura {Arch, E. 3386), et Glaude, femme, en 4 656, de Jean Du Pé, sieur de Liancé ; du second, Anne-Ûtacinthe, dont le sort est inconnu.
L Branche de Lespinay. Le chef do cette branche, Isaac de Lespinay, n'eut point d'enfants do sa première femme, N. Du PlessiSt dame Du Plessiseu Bretagne. En 4628, il se remaria avec Anne de La Vaizouzière,ModQPaul, sieur de Soudon en Anjou, et de Susanne de Soucelles. Il en eut une fille, Anne, qui épousa, en 4 661, Claude Goyon, sieur de Touraude, et un fils, Isaac, qui prit pour femme, en 4 663, Catherine Le Breton, fille ^^Enoch Le Breton, sieur de Ghanceaux, et de Madelaine Bazin, mariage dont na^ quit une fille unique, Anne, alliée, en 4694, à son cousin germain Amaury- Henri de Goyon.
II. Branche de La Ruffelibrb. Jacob de Lespinay, sieur de Villaire, fut marié, en 1632, parerai/, ministre à Belleville, avec Anne de Tinguy, fille de Benjamin, sieurdeNesmy(4), et d!^Anne Bertrand. Gioq enfants naquirent de cette union : 4* Abraham, mort jeune ; — 2" Jacob, qui suit ; — 3* Samuel, sieur de La Boche-de- Boulogne, chef d'une famille sur laquelle
(1) La famille de Nesmy resta Adèle h la rcliRlnn |)r( ipsiantc après la rcvoraiion. En 4701, le scitînrur ûo Nesmy fut enfermé au château de Nantes, cl sa femme a la Propagation de la foi de Laçon {Arch, £.3352).
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les généalogistes ne nons fournissent pas de renseignements, bien qu'elle aitsubsisté jasqu'en i 842; — i* ësâïb, sieur de La Pommeraye, qui prit pour femme Florence Joyau; — 5» Anne, qui fut présentée au baptême dans Téglise de Vieillevigne par Philippe-Auguste de Tinguy, sieur de Launay, et par Fleurance de La Trevinière^ei qui s'allia ayec Jonas de Bessay, sieur de La Coutancière, dont elle était veuve en 1684.
Jacob de Lespinay, sieur du Pré- Nouveau et de Villaire, épousa, en 4665, Henriette de Goulaine, fille de Gabriel de Goulaine et de Louise Le Maistre (4). Resté veuf avant 4 674, il se remaria avec Jeanne Mandin; puis, en 4 682, il convola en troisièmes noces, avec Olympe Gautereau, fille de Réné^ sieur de Saint-Mars, et de Marie de Roussay^ qui ne lui donna pas d'enfants. Du premier lit sortirent Sauu bl, sieur de La Rufielière, qui abjura à la révocation, et ësaïe; du second, Jean-Auguste, Théophile et Aimée- Honorée. — Comment rattacher à cette famille une demoiselle de Lespinay qui, après avoir passé près de deux années tant à La Bastille qu'aux Nouvelles-Catholiques de Paris {Supplém. franc. 794 . 3), finit par se convertir et obtint une pension de 600 livres {Arch. gén. E. 3374) ?
L'£8PII^E (Jean de), en latin Spina ou Spinaus, moine dominicain, selon de Thou, augustin ou carme, selon d'autres, né à Daon, d'après Bodin, vers 4 506, et mort pasteur à Saumur, en 4597, et non en 4594, comme le dit Bayle.
Dans son ouvrage sur la Touraine, H. Chalmel prétend que L'Espine et le prieur des Augustins Gerhault prêchèrent les doctrines évangéliques à Tours dès le commencement de l'année 4 552. Les premières assemblées, dit-il, se tinrent dans les excavations qu'offrent les coteaux de Saint-Geor-
(1 ) Gabriel de Goalaine eut donc deux filles, on bien aurions- nousetéinduiten erreur par les généalogis!es(Voy. V, p. 3:27)?
ges et de Roche-Corbon. Bientôt les sectateurs des opinions nouvelles se multiplièrent à tel point qu'ils ne crai* gnirent point d'établir un temple. Gerbault, en manteau court, allait même prêcher par les rues. Les premières hostilités contre les objets du culte catholique eurent lieu en 4552. Une croix de pierre et une image de la Vierge furent renversées sur le chemin de Saint-Éloi à Beaumont -lès- Tours. La persécution ne servit qu'à enflammer le zèle des novateurs; mais l'arrivée du roi, le 5 mai 4 552, calma la fermentation. M. Chalmel peut avoir raison en ce qui concerne Gerhault; mais pour ce qui regarde L'Espine, nous avons lieu de croire qu'il a pris pour guides des chroniqueurs mai informés. En 4 552, Jean de L'Espine était encore catholique, et même catholique zélé, puisqu'il entreprit, à son passage à Châteair-Gontier, de ramener dans le giron de l'Église romaine Jean Rabec (Voy. ce nom), qui fut bnUlé comme hérétique, le 24 avril 4556. C'est à la suite des entrevues qu'il eut avec ce martyr, qu'il sentit naître des doutes dans son esprit, et c'est seulement le 8 sept. 4564, pendant le colloque de Poissy, qu'il fit profession ouverte de la religion protestante et signa la Confession de foi des églises réformées. Une lettre de Bèze à Calvin, datée du 4 2 sept. 4 564 « ne laisse aucun doute à cet égard :
Eodem die [8 sept.], lui dit-il, Johannes a Spin^ totus noster est factus, Confessioni nostras subscripsit seque totum Ecclesiae judicio submisit. »
Après la mort de Rabec, L'Espine continua sa route vers Angers, où., il était envoyé par ses supérieurs. Pendant un an, il y prêcha, devant un nombreux auditoire, la repentance et la rémission des péchés par la mort de Jésus-Christ ; aussi finit-il par devenir suspect aux autres moines , et pour échapper au bûcher, il dut se retirer à Montargis sous la protection de Renée de France. Bayle se trompe lorsqu'il dit qu'il fut un des dépui*^' ^des Pr^^
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Usiantt an colloque de Poiuy; il y «isûita, il est vrai , et y joua même un rOle {Vof. H, p. 263), mais il n*a- Tait reçu de mandat d'aucuDO église.
Ârcère, écriyain généralement fort izaot, noua apprend, qu'après la clô- • ture du colloque, L'Ëspine fut donné peut pasteur à réglisedeFontenay-le- Gomte, quMl quitta bientôt après pour aller desservir celle de La Rochelle, où il passa, ajoute-t-il, plusieurs années.
On aurait tort de conclure de là que le séjour de UEspine dans cette ville s*y prolongea aussi longtemps sans aucune interruption. En 4564, il fut appelé & Provins pour y établir le culte protestant conformément à Tédit de pacification et aux lettres-patentes que Saint- Simon et son beau-fils Besancourt avaient obtenues du roi, lesquelles avaient été entérinées à Provins à la fin de juillet ou au commencement d'août, ' en dépit de l'opposition du clergé romain. Montés avait été assigné aux Huguenots pour lieu de culte ; mais le fermier, à l'instigation des prêtres catholiques, ayant refusé de louer sa grange, le service divin dut se célébrer en plein air, dans un champ appartenant à l'élu Barengeon. Plus de 200 personnes, parmi lesquelles on distinguait é'Bstemayj Saint-Simon et Besancourt^ fils de sa femme, é*Umbrée ou Vimbré, Du Buat^ de La Gravelle, M** é^Ieemy, assistèrent au sermon de L'Espine, qui prêcha à Tombre d'un noyer, ayant devant lui une table couverte d'un tapis et une Bible ouverte sur cette table. S'il faut en croire Hatton, dont les Mémoires vont être publiés par M. Bourquelot, il oublia les défenses de l'édit jufiqu'à déclamer avec Tiolence contre l'Église romaine, en sorte qu'il fallut le faire sortir de Provins; mais cet écrivain montre, en toutes circonstances, tant de fanatisme, que son témoignage ne peut balancer celui d'Arcère, qui affirme que L'Espine réunissait à un grand savoir beaucoup de modération, ni surtout celui de l'apostat Pierre Charpentier, qui le range parmi les ministres de bonne
foi et amis de la paix ( Vop. m, p. 347). A partir de. l'année 4564, il n'est plus fait mention de L'Espine pendant deux ans. Nous le retrouvons à Paris, en 4566, disputant en présence du duc de Bouillon, avec deux docteurs catholiques sur les points controversés entre les deux Églises {Voy. VI, p. 233). Il était de nouveau dans cette Tille pendant la Saint-Barlhélemy, à laquelle il échappa comme par miracle.
Couvert de la livrée d'un domestique, il essaya de sortir de la ville avec Madelaine Briçonnet, veuve de Thibaut de Longuejoue, sieur d'Iverny, et nièce du cardinal Guillaume Briçonnet, dame, dit de Thou, de beaucoup de lecture et d'une grande instruction.
Malgré le soin qu'elle avait pris de se déguiser, ainsi que sa flHe Françoise i\\ elle fut reconnue par les égorgeurs, jetée à l'eau et assommée par des bateliers. Pendant que les assassins s'acharnaient sur son cadavre, L'Espine réussit à se perdre dans la foule, et gagna Montargis. Après la mort de Renée de France, il se rendit à Genève {Arch.de la Comp, des pasteurs, Reg. A); mais, au mois de juillet 4 576, il fut appelé comme pasteur à Saumur. Deux ans plus tard, le Synode national de Sainte-Foy le donna à l'église d'Angers, qu'il parait avoir desservie jusqu'au traité de Nemours {Voy. Pièces justif. N» XL VIII).
Forcé de fuir, il se retira à Saint-Jeand'Angély, d'où il adressa à son troupeau une Lettre^ datée du 25 février 4 586, qui a été publiée dans les Mémoire; de la Ligue (T. I). L'Espine reproche aux fidèles de son église les nombreuses apostasies qui avaient eu lieu parmi eux. Ces chutes, leur dit-il, prouvent que l'bomme n'est que vanité, et que, sans l'aide de Dieu, il ne
(1) SaaTée par Marcel, cette demoiselle é« pousa, eo secondes noces, hobert de Harlay- Sancy et devint gouvernante des enfants île France. Elle avait trois sœnrs: Jeanne, femme du marqui<i de IKenel, tue a la Saint-Baribé> lemy; Maielaine, épouse de Jacques de Renty, et Marie, qui se maria avec Jean Taveaa, jbaroa de Mortemer.
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pem résister aux assauts de Satan. U faut donc Tciller et prier coutiouellement. Il est triste de voir des geus qui, depuis 25 ou 30 ans, faisaient profession de l'Évangile, entraînés si aisément par la crainte de perdre leurs biens tempoiels. il est triste de voir que les menaces des hommes ont plus de force que les menaces du Sauveur ' et ses promesses. Peut-on arriver au ciel autrement que par un chemin semé de pierres, de ronces et d'épines? La irie du chrétien est une guerre perpétuelle avec le monde. C'est dans l'affliction que Jésus est le plus près de nous; mais nous sommes des gens abrutis qui ne recherchent que les plaisirs des sens, plaisirs passagers comme le monde, tandis que la Parole de Dieu demeure éternellement (4).
Après l'avènement au trône de Henri IV, L'Espine fut placé comme ministre à Saumur (2). Sur la fin de sa vief, ses facultés intellectuelles s'étant considérablement affaiblies, le consistoire l'engagea à prendre sa retraite, en promettant de lui continuer son traitement; mais le zélé serviteurdu Christ ne voulut point y consentir, croyant de son devoir de mourir sur la brèche. De son côté, le Synode national , qui se tint la même année à Saumur, lui envoya Charnier et Dorival^ dans le "vain espoir de vaincre sa résistance.
L'Espine vécut encore quelques mois.
Après avoir raconté la prétendue conversion de Bèze, L'Etoile ajoute:
« On en fist courir autant du ministre de Lespine, décédé en ce raesme temps à Saumur ; auquel, parce que Tesprit vacilloit un peu, raesme en preschant, aïant voulu continuer sachargejusques à la fin, encore que son âge de 80 aus
(1) Cette lettre est signée De L'Espine et Le Mercier^ ancien, faisant les fonctions de secrétaire.
i2) Rien ne prouTe qu'il se soit depuis éloigné de son église; aussi n'admettrons-nous qn'il est l'anteor dç la Remonstrance au roy^ pobliéeparM.ChirlesReaddanssoo Henri IV et datée de Houdan,!2 août 1592, que quand on apportera a l'appui uue preuve plus convaincante qu'une signature ajoutée au bas du docoment par ont main Inconnue.
et plus l'en dispensast assés, on voulut faire accroire qu'avant que mourir , il avoit changé d'opinion, et à la mort, recogneu l'Eglise romaine pour la, vraie. Ce qui estoit faui, mais qu'on eust bien désiré faire passer pour vrai, si on eust peu , à cause de la grande doctrine de ce personnage et preud*hommie, confessée mesme par ses adversaires. »
L'Espine, qui passait pour un excellent prédicateur, n'a point, que nous sachions, publié de sermons (1); mais il nous a laissé un petit nombre d*oavrages de controverse et d*édificalion, « où, dit Baylc, la piété et la bonne morale paroissentavec éclat.» En voici la lisle aussi complète que possible.
I. Discours du vray sacrifice et du vray sacrificateur; œuvre momtrant, par iesmoig nages de la sain>^ te Escriptureylesahus de lamesse et V ignorance et super stitiondespreh^" très, Lyon,1564,in-8';lrad. en angl., 4592, in-8\
IL Traicté consoîatoire contre toutes les afflictions qui advienneni ordinairement aux fidèles Chres- ^tVn5, Lyon, 11)65, in-8*;trad. en latin par Th. Gualterus, Gen., 4591, in-8*.
III. Traicté des tentations et tnoïen d*y résister, Lyon,4 566,in-8'; 4 568, in-8o.
IV. Actes de la dispute et eonfi^ rence tenue à Paris, en 4566, entre deux docteurs de Sorbonne [Vigor et deSaintos] et deux ministres de r Eglise réformée [L'Espine et Du Rosier], Strasb., 1 566,in-8''; Paris,4 568, in-8".
V. Défense et confirmation du traicté du vray sacrifice et sacrifia cateur, à rencontre des frivoles re$* ponses et argumens de M. René Benoist^Gcn., 1567,in-8%avecle N*I.
y\,V excellence de la justice chres-
(1) Le pasteur Vincent avait le dessein de publier un sermon sur la Cène, prêché par L'Espine à La Rochelle en 1587; y a-t-ll donné suite? Nous ne savons non plus si l'on doit regarder comme un sermon YEzhortation SUT ?x. \\\ dont Watt mentionne une trad. anglaise, n'ayant pu noua procurer cet écrit.
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tienne pour Vinstruetion et consolation des enfajis de Dieu, G en., ^577, in-8*;lrad. en aDgl. , Lond., 4 577, in-8*.
VIL Traicté deVapostasie, 1583, iD-42; trad. en anglais, Lond., 1587,
VIIL Dialogue de la Cène, plus un Traicté du vray sacrifice et vray sacrificateur, rev. et corr. parPauteur, 4583 , in-12. —Dédié à Anne Goulard, dame de Languillier.
IX. Traicté excellent etvrayement chrestien de la reconnaissance et confession des péchez à Dieu, 1 587, in-16.
X. Excellens discours touchant le repos et contentement de Vesprit, distinguez en sept livres, avec sommaires et annotations qui monstrent V ordre et la suite des discours, La Rochelle, 1588, in-8''; Basle, 1588, in-8'; La Roch., 1591, in-16; Gen., 4591, in-12; La Roch., 1594, in-12; Gen., 1599, in-16; augm. d'un Nouveau discours de la Tranquillité de rame, Gen., Chouet, 1613, in-12; trad. en latin, avec d'autres opuscules théologiques du même auteur, Gen..
4591, in-8"; en angl., Camb., 1592 , in-4*;en allem.,parHaubenreich, 1610.
— Draudius en cite une édit. de Basle, 4687, in-8*; c'est probablement une faute typographique. Ces discours trai tent do l'Avarice, l'Ambition, la Colère, l'Envie, la Volupté, la Curiosité, la Crainte. Ils sont dédiés à La Noue, par Simon Goulart, qui a donné l'édit.deBâle, 1588. — Style clair, simple, naturel , qui place L'Ëspine au nombre des bons prosateurs du xvi* siècle; connaissances étendues dans la littérature sacrée comme dans les lettres profanes.
XI. Traicté de la Providence de Dieu pour le repos et contentement des consciences fidèles, Gen., 1591, in-8'; trad. en latin, Gen., 1591, in-8*; nouv. édit. augm. d'un Traicté de la ftraye participation que nous avons à la chair et au sang de J.-Ch. , La Roch. ,Haultin, 1594, in-1:2: trad. en
aliem., Ilanau, 1603, in-4*.^Dédié h Henri IV.
Selon JOcber,L'Espine avait publié, en outre, un traité du Ministère de V Eglise et un autre des Temporiseurs, qui se trouvent peut-être , ainsi qu'un troisième traité de la Consolation des malades, signalé par Bayle , dans la Troisième partie des opuscules théclogiques de notre pasteur (Gen., 1607, in-1 6)|dont Draudius parle dans sa Bibliolhèque.Avant sa conversion au protestantisme, il avait mis au jour, selon Du Verdier, un Traité pour Ôter la crainte de mort et la faire désirer à Vhomme fidèle, Lyon, 1558, in-8**.
Outre sa Lettre à Henri IV pour le détourner d'abjurer, qui vient d'être impr. dan3 le T. I du Bulletin de l'hist. du protestantisme, d'après la copie qui s'en conserve dans le vol. 322 de la Collect, Dupuy, et deux autres lettres, datées du 21 juin 1568 et du 22 mai 1 571, qui se trouvent dans la Collect, Fontanieu (Vol. 31 6 et 322), nous avons rencontré, dans le cours de nos recherches, la Réponse qu'il fit avec Du Rosier à la Réplique de Vigor et de Saintes {Ponds de Bé thune, ^. 8770), réponse que nous croyons inédite.
LE8TANG, famille protestante du Poitou, qui reconnaissait pour chef, à l'époque où les guerres de religion éclatèrent, Charles de Lestang, sieur de Rt, marié, depuis 1 556, à Jeanne Chauvin, Charles de Lestang est apparemment le mGme que le capitaine Lestang, qui servit sous La Noue, en 1569. 11 laissa cinq enfants, dont trois filles : Louise, Sibtlle et Dâmienne, et deux fils : Jean et Philippe, sieur de Cibillé. La destinée de ce dernier est inconnue. Jean épousa Anne de Chouppes,^\\Q de François de Chouppes et de Claude de Bidoux,dontil eut:
I'Frj^çois, qui suit; — 2° Louis, souche de la branche de Villaines; — 3" GÉDÉoN, qui fonda celle de FcRiGNi; — 4" Susanne; — 5" Judith.
I. François de Lestang, sieur de Ry, prit pour femme, en 1603, Françoise de Vincenenil, fille de Louis ^
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siew do Lizon , et de Miegonde Rousieau, après avoir été marié en premières noces, en 4 596, avec Judith Hélyes, fille de René, sieur de La Roche-Esnard, et à'Anne de Chabaum. Sans parler de quatre filles, dont on ne connaît que les noms : Louise- Charlotte, Elisabeth, Gabrielle et Marie, il eut un fils appelé Louis, qui épousa, eu 1 626, Afor^wenï^ Gatt^ro», fille de Jacques, sieur de Landebaudière , et de Marguerite Bourret, Resté veuf avant 1630, Louis de Lestang se remaria avec Jeanne Mayré^ fille de Jacob Mayré, docleur-régent à la Faculté de médecine de Poitiers, et de Marguerite GasconneuiL Du premier lit naquit François, sieur de Ry, marié, en 4657, à Marie Moyne, fille de Jacques, sieur de Fontaine, et de Marie Fauvet, Filleau ne possédait aucun renseignement sur ses descendants. Marie Moyue ne serait-elle pas la même que M" de Ry, « très obstinée huguenolte, » dont le fils avait été enfermé dans le collège de Bour*ges et la fille dans un couvent {Arch. gén, Tt. 248) ? Et François de Lest^mg ne serait-il pas identique avec Taide-decamp de Guillaume d'Orange, nommé de Lestang,quece prince chargea,après l'invasion de l'Angleterre, d'aller signifier à l'ambassadeur de France l'ordre de quitter Londres dans les vingtquatre beures?L'inutilité des recherches de Filleau s'expliquerait facilement dans ce cas. Du second mariage de Louis de Lestang sortirent encore six enfants : 4 •Louis, sieur du Lizon, qui épousa Elisabeth d" Aramhure , et assista,, en 4 683, au synode de la Touraine, tenu à Sorges {Arch, Tt. 284).
En 4687, il était, selon Filleau, lieutenant du roi au gouvernement de Saumur, d'où il faut conclure qu'il avait abjuré; — 2" Jean, sieur de La Limandière, lieutenant de vaisseau, qui n'attendit pas môme la révocation pour embrasser la religion du roi, puisqu'on ^684, il était déjà chevalier de l'ordre de Saint-Lazare; — 3* Jacob, sieur du Fougeray, qui fut aussi lieuteuanldu
roi à Saumur; — 4* DaîcîIl; — 5* Marguerite ; — 6* Louise.
II. Louis de Lestang, siepr de Villaines,épousa Antoinette LeBrun,f[m le rendit père de six enfants : 4 ^'Pierre, qui suit; — 2* Esther, femme de Charles de Marsay, sieur de La Chatière ; — 3" Jeanne, mariée à Antoine Le i^fttn, sieur de La Rivière, dont les descendants étaient encore soupçonnés d'hérésie, en 4699 {Arch, E. 3385); — 4« Judith, épouse A'Honorat d$ Couhé, sieur de La Barbolinière ; — 6* Antoinette, femme de Louis Be^ raudin, sieur de La Toumère; — 6* Anne.
Pierre de Lestang. sieur de Villaines, ipTii^om kmme Antoinette de RegnoHy et fut père de Daniel et de Catherine, alliée à Jean de Menou. Daniel, sieur de Youët, se maria avec Anne de Goret, qui lui donna Françoise, femme ÛQPréjent Gourjault, sieur dePassac, et RENÉ, né en 4 663, dont la destinée était restée inconnue à Filleau. Nous croyons que nous avons été plus heureux que lui dans nos recherches. Rien n'empCche,en effet, d'appliquer à René de Lestang ce qu'on lit dans les Registres du secrétariat, à l'année 4700 {Arch. E. 3386). L'ambassadeur de Hollande avait alors pour écuyer un sieur de Viilaines, très-zélé huguenot, qui profitait de sa position exceptionnelle pour visiter ses coreligionnaires de Paris et les exhorter à la persévérance. Le gouvernement avait d'abord voulu le faire arrêter; l'ordre avait même été donné , en 4 699 , de la •enduire à la Bastille; mais violer ainsi en sa personne les privilèges des ambassadeurs, était chose trop grave pour qu'on n'y réfléchit pas à deux fois. Ou finit par renoncera l'idée d'employer la force ouverte. Torcy fut chargé d'inviter l'ambassadeur à renvoyer son écuyer, et comme on supposait qu'il prendrait le chemin de la Hollande, l'ordre fut envoyé sur toute la route de l'enlever avec sa famille, avant qu'il eût atteint la frontière. Nous ne savons si le sieur de Viilaines fut assez heu-
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reux pour échapper à ce guet-apens.
III. Gédéon deLestang, sieur deFurigny, eut de son mariage avec Marie âe Lauvergnac, fille de Christophe^ sieur de Miaurray, et de Françoise Bourguignon, deui filles, Olthpe et LoviSK, et un fils, Gédéoic, qui épousa, en 1627, Marie Gourdery ou Gourdri, fille de Jean Gourdri, miuistre de TEvangile, et de Marie de Puyra^ veau. De cette alliance naquit RENé, sieur de Furigny, marié, en 1664, à Marie Chastaignier^ fille ù'Hector, sieur du Péré, et d'Elisabeth Isîe; puis, en 1 665, à Henriette de Lescure^ fille de Théodore^ sieur du Breuil- Bastard, et de Claude de Lévignac, qui le rendit père de trois fils, nommés Tbéodoae, Rbmé, sieur de Riogère, et IsiAc, sieur du Fresne. Cette branche se convertit à la révocation.
Au nombre des Réfugiés qui s'établirent en Hollande et en Angleterre, nous trouvons mentionnés Jacques de Ltfs^a»^, habile architecte et ingénieur, qui se fixa à Amsterdam ; Nicolas de Lestang, qui habitaitLa Haye, en 1 687; Louis de Lestang, qui s'était établi à Gantorbéry avec sa femme Madelaine- Susanne de Lestang; et Marianne de Lestang, qui épousa, en 1749, Jacob Papineau, dans Téglise deCastle- Street à Londres. Ces Réfugiés n'appartenaient pas à la famille qui fait l'objet de cette notice, non plus qu'un ministre de la Guienne, nommé Lestang^ qui fut enfermé à la Bastille, le 1 6 avril 4690 {Arch, E. 3376), et transféré à Yincennes, le 3 mai. A la révocation, il s'était retiré en Hollande et avait été placé comme pasteur à Arnheim; mais, séduit sans doute par l'exemple do Brousson^ il était rentré en France avec quatre autres ministres. Arrêté dans une assemblée chez le sieur Mallet, il fut conduit à la Bastille. On le transféra plus tard aux Des Sainte- Marguerite {Ibid. E. 3386). Les Mémoires de la Bastille nous le peignent comme un homme ferme, audacieux, éloquent.
LËSTOGQ (Charles-Louis), con-
seiller de légation du prince d'Anhalt-Dessau à Loburg dans le duché de Magdebourg, naquit à Dantzig, le S oct. 1725, d'une famille champenoise (1) réfugiée en Prusse pour cause de religion. On a de lui: