‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 116 sur 169 · XXXV. Pu droit des paroisses de choisir leurs pasteurs · texte numérisé non relu

XXXV. Pu droit des paroisses de choisir leurs pasteurs

XXXVI. Trois siècles de luttes en Ecosse, ou deux rois et deux royaumes,

XXXVII. Le Protecteur ou la république d^ Angleterre aux jours de Cromwell, Paris, 4 848, in-8*.

MERLE (Matthieu), un des chefs les plus intrépides des Huguenots dans le Vivarais et l'Auvergne, et, en même temps, un des capitaines protestants

S ai ont été le plus calomniés, naquit à fzès en 4 548. Selon de Thou, il était fils d'un cardeur de laine. Quoique relevée déjà dans les Pièces fugitives d'Aubaïs, cette erreur n'en a pas moins été répétée par M. Imberdis et d'autres écrivains. Il parait bien prouvé cependant que Merle descendait d'une ancienne famille noble, mais pauvre, du Bas-Lauguedoc.Son père, Àntoine,q\xi se qualifia de noble dans son testament, en 4 555, avait épousé Marguerite de Virgille et en avait eu trois enfants.

On ne sait rien de la vie de l'alné, nommé Antoine, qui mourut vraisemblablement sans postérité aprèfr 4585. Le

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troisième, François, fut gouverneur de Malzien et prit une part active aux exploits de son frère.

Matthieu Merle ne reçut aucune éducation ; il ne savait même ni lire ni écrire. À Tâge de 20 ans, il s'engagea dans les gardes de dMctVr, sous les ordres de qui il fit la campagne de4 569. À la conclusion de la paix, d'Aciérie fit entrer comme écuyer au service de Franeoit de Cardailîac^ seigneur de Peyre, qui lui confia la garde de son château, en partant pour Paris,* où il tomba Tictime de la Saint-Barthélémy.

À la nouvelle du massacre, loin de se laisser, comme tant d'autres, abattre par la terreur, Merle jura de venger ses coreligionnaires traîtreusement égorgés. Il commença donc contre les Catholiques une guerre de partisans, dans laquelle il se rendit bientôt tellement redoutable par ses coups de main hardis, que son nom seul, comme autrefois celui de Des Adrets^ semait au loin répouvante. Aussi les écrivains de la communion romaine nous peignent-ils ce vaillant capitaine sous les couleurs les plus odieuses. Voici le portrait que nous trace de lui Thistorien des guerres religieuses en Auvergne :

« Le capitaine Merle avait une taille moyenne, un corps épais et renforcé.

Sa barbe et ses cheveux étaient blonds. Semblables à deux dents de sanglier, il portait de grandes moustaches retroussées en haut. Ses yeux vifs et gris s'enfonçaient dans sa tête; son nez était large et camus; une expression de finesse distinguait ses traits. Il boitait d'une jambe : sa force était pourtant prodigieuse. Sans instruction, son na* turel emporté puisait dans l'ignorance un aliment dangereux. Sa voix irritée avait un éclat terrible : son impatience, qu'excitait le plus petit obstacle au suprême degré , le rendait souvent implacable et féroce. Nourri aux armes et au sang dès sa jeunesse, ce partisan se signala par des cruautés sans nombre et une insatiable cupidité. La ruse, des stratagèmes bien combinés, la ténacité dans l'exécution et le sang-froid dans

le danger lui assurèrent une partie de ses succès. Officier expérimenté, chef habile, il n'était pas homme de guerre. Un vaste théâtre aurait mis à nu let qualités essentielles qui lui manquérent toujours. Brave comme son épée»

calme sous le feu, d'un coup d'œil intelligent, rapide et sûr; infatigable daofl ses courses, il payait de sa personne à tout événement. Sa fureur dans le combat lui ôtait quelquefois la raison, et alors, avec une joie insultante , il re* paissait ses regards de l'aspect des cadavres que son fer avait étendus à set pieds. Si l'affaire avait tourné selon sei désirs, il se piquait d'être généreux et juste. C'est de lui que le duc de Montpensier écrivit au moment d'entrer ea campagne : « Nous aurons Merle; il est un peu délabré d'hommes, mais avec lui j'^tta((uerais l'enfer, fût-il plein de 50,000 diables. »

LorsQu'il leva Tétendard de la révolte, Merle n'avait que trente hommes sous ses ordres ; mais ses succès ne tardèrent pas à grossir sa troune. Son premier exploit fut la prise de Malziea dans le Gévaudan, en 4 573. « Il dresse son ordre des contributions, lit-on dans le récit de ses Exploits par Gondin, donne parole à aucuns de la noblesse»

exempte leurs terres, tient la main roide aux soldats , qu'ils n'eussent osé toucher un œuf sur leur vie aux lieux qui payent sa contribution volontairement.

Aux autres leur faisoit la guerre rude, rend sa garnison forte, et la plupart \ cheval, qui lui donne moyen de reconnottre Issoire. » Dès que le désir de la Tengeance eut fait place dans leur oœur k l'effroi, les Protestants avaient tenté de se mettre en possession de cette vil* le, le boulevart de leur foi en Auvergne. Ils avaient ourdi un complot, à It tête duquel s'étaient mis Gabriel i4 Vassel, Armand Gaugy, Jean Viari^ /. Méplain et /. Florat ; mais la conjuration avait été découverte par Saint- Hérem,qiii avait pris par famine le château de Yassel et fait mettre à mort tous ceux qu'il y avait trouvés. Les Protestants toutefois ne perdirent pas cours-

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