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gH; ils résolurent d'appclùrtterle à leur secours, eu 4574. Confiant U garde de Malzieu à son frère , Merle « monte à dbeval et se rend aux fossés d'issoire. Etant sur le point de descendre un fos- 8^ entend deux messagers qui crient aux sentinelles aue Merle est en cam«
Ee, et voit des signales de feu en eurs lieux etcb&teaux voisins.Her- , ec tru troupe laisse passer ces messagers et le caporal, qui se retira à son corps de garde. A môme instant ledit Merle entre au fossé, fait dresser une échelle et monte le premier, trouve un hélant avec un lÀton ferré à deux l^uts, qui s^oppose vivement à lui, et tAcbede renverser récbelle; mais Merle, s'élaut fait bailler do main en main deux pistolets, les tire, et renverse la sentinelle de la muraille en bas, ce qui m facilite son entrée avec ses bons capitaines : ainsi il fut bientM maître d'bsoire, où il établit le même ordre qp'au Malzieu; se fait des amis parmi la noblesse voisine et quelques autres du pay8.i»M.Imberdis, s'appuyaut sur une chronique inédite qu^il appelle le Manuscril éTIssoin^ prétend que Merle et ses soldats se souillèrent envers les prêtres de cruautés horribles. Un écrivain qui se pique d'impartialité n'aurait PM dû accepter sans réserve le témoignage d'un ennemi déclaré des Huguenots, surtout lorsque son témoignage limitait pas confirmé par d'autres moins suspects. M. Imberdis raconte lui-mê- Doie qu'après la prise d'issoire. Merle réunit les principaux habitants catholiques » qui se rendirent auprès de lui trpmhlant de frayeur et s'attendant à être égorgés en représailles des mas- Siçres de Paris; mais qu'ils en furent qyittes pour une contribution de guerre fixée d^abord à 50,000 livres, et réduite bienlêt à 22,000.Yoici le discours qu'il met dans la bouche de ce capitaine qu'il nous peint comme si féroce : « Messieurs, vous savez tous les massacres de Paris , Lyon , Toulouse et autres li^ux du royaume. On a fait mourir femmes* enfants, vieillards. J'ai le droit d*ffi foire avtua ft de mène ici» pour
venger devatMf Dieu et devant les hom* mes, les innocents qui ont péri. Je ne le veux point si vous Caiies ce qu'ordoAAerai, sans quoi vous passerez mal votre temps. J'ai amené ici beaucoig[) de gentilshommes, capitaines et soldais qui n^ont pas butiné. Vous savez que l'hoaaeur de vos femmes et de vos ûlles a été conservé; il faut que je récompense ces gens d'hoiweur qui m' oui assisté. Je désire que vous me donniez 50,000 livres, et j'^enteuds que ceux qui «e«sont vendus papistes, pour éviter le massacre ou la prisoa, ne soient pas compris dedans cetleimpositioa.» Qu'on compare la conduite du chef huguenot à celle que les généraux •catholiques tinrent à Issoire môme, quatre ans plus tard ( Voy. lll, p. 432), et nous nous trompons fort si les gens de bonne foi ne la trouvent pas • eu égard aux lois de la guerre telles qu'on les entendait dans ce temps, empreinte d'une singulière modération , on peut même dire d'-une générosité digne d'éloges.
Après avoir réparé et augmenté les fortifications de son importante conque^ te, dont le gouvernement lui fut donné par Damville, le 24 oct. 4 575, Merle se mit à lever des contributions eur les environs. 11 prit Champoix,.Saint-Saiidoux, Saint-Saturnin, Saint-Amand- Tallande, poussa des partis jusqu'aux portes de Clermont, délit la compagnie de gendarmes de Saiot-Hérem, enleva à Pootgibaud une soixantaine de chevaux qui lui servirent à monter ses plus vaillants soldats, fit prisonnier le sieur de La Guiche qui avait osé venir le braver sous les murs d'issoire, et força les Catholiques à lever le siège du château de Malet, en 1575.
La paix s'étant conclue sur ces entrefaites. Merle dut remettre à Chavaçnac le gouvernement d'issoire, qui fut laissée aux Prolestants, comme place de sûreté, par la Paix de Monsieur. Il se retira à Uzès « avec un très- beau équipage; » mais la guerre se ralluma dès l'année suivante. Après -s'être de nouveau saisi de Malzieu par«scalade, il se porta sur Ambert, déoidé k chêtier lee
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Catholiques de eette petite \ille dont U tyrannie t^était exercée de toutes les manières sur leurs concitoyens protestants, au mépris do Inédit de padfica^ lion . Secondé par Du Lac et Chavagnac, il Tenleva presque sans rencontrer de résistance, n'ayant perdu que quelques soldats et un officier, à qui il fit faire de magnifiques obsèques. Maître de U ville, il fil conduire par ses gardes trente des principaux bourgeois sur la place du Pontel et les taxa ï quinze cents écus de rançon. Les trente ^mbertois se récrièrent sur rénbrmité de la somme el réclamèrent une réduction des deux tiers. Merle irrité menaça de les faire fusiller s'ils ne payaient sur-le-champ; mais les prisonniers, prenant cette menace pour un épottYaolail(4'^, persistèrent dans leur refus. Malgré les représentations de Chavagnac et de Du Lac, Tirascible capitaine commanda donc le feu. Vingtdnq furent tués ou blessés.
Les survivants durent la vie aux prières du ministre Mauin. Cette exécution barbare, ordonnée dans un moment de fureur* estla seule, à notre connaissance, que Ton puisse reprocher à Merle« Suffit-elle pour justifier cette réputation de férocité que les écrivains catholiques lui ont faite?
Resserrés dans leur conquête par les Catholiques qui tenaient tous les châteaux et les forts des environs, les chefs huguenots voulurent tenter de s'étendre en se saisissant d'OlUergues; mais l'expédition cooduite par Mantbrun, lieutenant de Merle, échoua. Montbrun lui-môme fut fait prisonnier et massacré par les habitants Deux^atlaques successives dirigées par Chavagnac et Blerle en personne sur Marsac, oh s'assemblaient les troupes catholiques destin nées à faire le siège d'Àmbeiî^ n'eurent pas plus de succès. Merle ne rapport»
ddces expéditions que l'honneur d'avoir combattu» lui et ses soldats, avec une
(1) Si Merle avait été lotsi crael ({ji'on tpot bien le dire, les riches bourgeois d'Ainbert. quelque loiu qu'ils poussassent Tamonr de rot, auraient-fls tenté eette dtrffereuta n^àhmmf Oq ne Hnie ytsaw» les tigm.
inlrépidilÀ inouïe et d^avoir opéré l| retraite dans un ordre admirable, sans se laisser entamer. Fiers d^une victoin inespérée, les chefs catholiques se dé^ cidèrent à relancer le lion dans son anr tre, à la tête de deux mille fantassins et de neuf cents chevaux. Merle et Chava^ gnac n'avaient plus que 350 hommsfS 3008 leurs ordres ; mais le vaillant ca-' pitaine La Roche leur amena de Cha«« desaigues un renfort de 80 soldats k travers les lignes ennemies, La viliai d'ailleurs avait été habilement fortifiée. C'était plus qu'il ne fallait pour déjouer toutes les attaques {Voy. lU, p. 431).
Après la levée du siège, Merle parul pour les Ceveunes dans le but d'y rassembler de nouvelles troupes et de revenir défendre Issoire menacé par le duc d'Âlençon. Ce projet n'ayant pi| s'exécuter (Voy. III,p.43S)Jl se retira dans Malzieu, « d'où, lit-on dans sei Mémoires, il tâcha de fatiguer l'armée qui assiégée) t Issoire.» Même après le traité de Bergerac,!! continua ses terribles incursions dans la Haute- Auvergne, afin de seconder les entreprisee i^Lavcdan, et les services qu'il rendil lui méritèrent le titre de geolilhomnt ordinaire de la chambre du roi de Navarre. Dans la nuit du 9 au 40 aoûl 4 578, il chercha à s'emparer de Saint» Flour par escalade. Son frère pénétra dans la ville avec une vingtaine d'hom* mes ; mais une brusqueatlaque des habitants rejeta les assaillants dans les fossés. L'année suivante, Merle futplva heureux ; parti de Maruéjols dont il s'était saisi par surprise, il s'approcha de Mendé, dans la nuit de Nodl i^l% et, favorisé à la fois par les ténèbres el par le vacarme des cloches, il escalada les murailles sans être aperçu. «S'étant rendus à la place au nombre de dixsept, le baillif de Mende, ayant enfia entendu le bruit, courant à l'allarmeavec une troupe de soldats et chanoines armés, furent par la troupe de la place nus en fuite, et le baillif tué : certaine . hahitans, s'étant sauvés dans une toas des murailles, furent pressés de si paèi qa'ilf se rendirent|ead'heiirea apièi»*
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Selon M. Imberdis, Merle «pilla, incendia et égorgea un grand nombre de Catholiques.» De Thou, qui raconte tvec détails la prise de Monde, ne parle ni dincendie ni d^égorgemeots ; il se contente de dire que la ville fut pillée et les églises dévastées. Quelques mois après, la noblesse catholique du Velay, dà Gévaudan, de l'Auvergne et du Yiirarais, assemblée à Chauac au nombre de plusieurs mille hommes, firent sommer Merle d'évacuer la ville, sous peine d'être passés, lui et ses gens, au fli de l'épée. « Merle, après avoir bien fait boire le trompette, lui dit qu'il notât bien sa réponse, qui étoit que lesdits aeigneursTavoient fort souvent menacé de ce siège et de cette belle armée, et qu'il lui tardoit fort de les voir ; mais que s'ils ne tenoient parole de le venir Yoir, qu'il les iroit voir eux.» Se confiant en leur nombre, les Catholiques ne firent que rire de cette audacieuse réponse. Cependant Merle tint parole.
L'attaque n'ayant pas eu lieu au jour marqué, il partit de Mende sur les dix heures du soir, fit sauter une des portes <te Chanac au moyen du pétard, tua un grand nombre d'ennemis (pas un n'aurait échappé si ses soldats ne s'étaient mis à piller), et se retira avec deux cents chevaux de guerre et un riche butin. Cependant la haute réputation de Merle souleva une basse jalousie parmi ses coreligionnaires . Circonvenu par ses envieux, Châtillon, au aeeours de qui il s'était porté avec empressement en 1 577, pendant le siège de Montpellier, résolut de l'Qxpulsér de sa conquête ; mais, n'osant y pro-^ céder de vive force, il eut recours à une ruse qui laisse une tache sur sa réputation d'ailleurs très pure. « Ayant attiré Merle au siège du cb&teau de Balsiège près de Mende, ensemble bonne partie de la garnison, Ch&tillon se rend maître de Mende, fait refuser la porte k Merle, y établit garnison à sa dévo* lion.» Contraint de chercher retraite aîUeurs, Merle se saisit du fort du Bois, où il se cantonna, guettant l'occasion de prendre sa revanche. Cette occasion
se présenta bientôt. Chassé par ruse»
il rentra dans Mende par stratagème.
Une partie de la garnison était composée de ses vieux compagnons d'armes qui Tadoraient. Il lui suflit de se présenter dans la ville pour que tous se déclarassent en sa faveur, et le roi de Navarre s'empressa de l'en nommer gouverneur par commission du 25 juin
Merle ne conserva aucun ressentiment de l'espèce de trahison dont il avait été victime; content d'être rentré dans sa conquête, il continuai servir la Cause avec le même dévouement. En 4580, Condé lui ayant ordonné de se joindre à Gondin et ï Porquaires pour enlever aux Catholiques les forts qui interceptaient les communications entre les Cevennes et le Gévaudan, il entra en campagne sur-le-champ, malgré la rigueur de la saison, traînant k sa suite, avec des difficultés énormes, deux canons et une b&tarde à la fonte de laquelle il avait employé la grosse cloche de la cathédrale de Mende, « qu'on tenoit par toute la France pour la nonpareille.» Il opéra sa jonction avec Gondin devant Espagnac, que les habitants abandonnèrent dans la nuit.
Le château de Quissac n^offrit pas une
glus longue résistance. La garnison de odouès tint quelques jours seulement et se rendit «sans avoir le jugement de demander la vie, ce qui causa la mort d'aucuns, les chanoines mis k rançon.»
Cette courte expédition terminée.
Merle retourna k Mende; mais le traité de Pleix vint bientôt le forcer k rendre cette ville aux Catholiques. C'est ainsi que lesHuguenots roulaient perpétuellement le rocher de Sisyphe. Merle , qui le sentait sans doute, hésita d'abord k obéir. Selon M. Imberdis, il y fut déterminé par la promesse que lui fit le baron d'Apchier de lui vendre les baron nies de La Gorce et de Salavas.
Ce qui est certain, c'est que cette vente eut lieu effectivement au mois de juin 4582. Dès lors Merle prit le titre de baron de Salavas et de La Gorce, vicomte de Bouts, seigneur de Ghames et do
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