IV. Medicinische Abhandlung en ^ Halle, 1759, in
V. De regitnine fœtninis honoratiorihts prascribendo , Servest. , 1761, in-4*.
Il a publié, en outre, dans lesSchrift. der Anhait. teutsch. Gesellschaft, deux pièces intitulées Rede von der Nach^ lUssigheit in der Freundschaft , et Gedanken von dem Nutzen und Vergnilgen bey Erlernung der natUrli^ chen Geschichte, et donné une trad.
de la 3* partie des Choses mémorables de rhist. de Brandebourg, avec un Supplément, 1757, in-8«.
LESTOCQ (JEAIf-HERMANIf), fa-
vori de l'impératrice de Russie Elisabeth, né, le 29 avril 1 692, à Zell, et raortàPétersbourg,lBl2-23juin1767.
Lestocq embrassa la profession de son père, qui était barbier; mais, doué d'un génie actif et entreprenant, il résolut de courir le monde. Dans ce but, il s'appliqua à apprendre différentes langues vivantes. Son étoile le conduisit, en 1713, à Saint-Pélersbourg, oii il trouva de puissants protecteurs, qui le firent entrer au service du czar
(1) En 1681, Daniel Letlocq, marchand de Paris, flis de Pml Lestocq^ de Champagne, et de Judith Guyot , épousa Madclaine Berniére (Reg. de Charent.), qui lui donna plusieurs enfants, morts jeunes Une de ses filles, baptisée le 18 oct. IdSo, c'est-a-dire, le jour même de la révocation, fat enterrée à Cbarenton le 21.
LES
LES
Pierre; cependant son humeur caustique ayant déplu, il finit par tomber en disgr&ce et M exilé à Casan, en Ht 8. Il y yécut dans la misère jusqu'à l'avénement au trône de Catherine I, qui lui permit, en 47S5, de retournera Pétersbourg. Peu de temps après, la princesse Elisabeth le nomma son chirurgien ordinaire, et touchée des preuves nombreuses qu'il lui donna de son dévouement à sa personne, elle prit en lui une si grande confiance qu'elle le choisit pour confident de tous ses secrets. Lestocq, par reconnaissance plus encore que par ambition, conçut le projet de faire arriver la princesse au trône après la mort de Pierre II ; mais il ne put la décider à entrer dans une entreprise aussi dangereuse. Toutefois il ne renonça pas à son dessein, et il réussit , après la mort de la czarine Anne, grâce à son courage et à sa prudence. Non-seulement il fut Tâme de toutes les négociations et de toutes les intrigues nouées avec les cours de Versailles et de Berlin par Tintcrmédiaire de l'ambassadeur de France La Chétardie; mais ce fut lui qui, dans la nuit du 6 déc. 1741, conduisit la fille de Pierrele-Grand à la caserne des gardes Préobaszenskoï, et la fit proclamer impératrice. Elisabeth, qiîi savait qu'elle lui devait la couronne, se montra d'abord reconnaissante. Elle le créa conseiller privé, premier médecin et directeur général de la chancellerie médicale; à plusieurs reprises, elle le combla aussi de riches présents. De son côté, le roi de Pologne, Auguste II, lui accorda le titre de comte. On assure que Leetocq, qui savait, par sa propre expérience, combien la faveur des souverains est inconstante, supplia l'impératrice de lui permettre de quitter la R ussie ; mais qu'elle s'y refusa , en lui promettant de ne jamais oublier les services qu'il lui avait rendus.
Pendant quelques années, rien ne sembla justifier les sombres prévisions de Lestocq. Toujours la même à son égard, la czarine continuait à le consulter sur les affaires les plus impor-
tantes, et en plus d'une circonstance, elle eut à s'applaudir d'avoir suivi seaf avis. C'est lui qui, en 1743, fit échouer la candidature du prince héréditaire de Danemark au trône de Suède, et qui négocia, la même année, la paix entre les Suédois et les Russes. C'est lui qui traita avec la Prusse du voyage du prince de Holstein, depuis grand-duc de Russie, et de son mariage. C*est encore lui qui prit la ^art la plus active aux négociations relatives au mariage de l'héritière de la couronne de Suède. 11 ne commit qu'une faute, ce fut lorsqu'il engagea l'impératrice à donner la place de vice - chancelier au comte Alexis Betuschef Kiumin, qui, jaloux de son infiuence et d'ailleurs dévoué à l'Angleterre, ne tarda pas à s'unir au comte Apraxin pour le renverser. Abandonné par la czarine, Lestocq fut arrêté avec sa femme le 1 S-i 4 no v. 1 7 48, *et enfermé, ie 17, dans la forteresse de Saint-Pétersbourg. Pour comble d'ingratitude, Elisabeth donna à Apraxin la présidence de la commission chargée de le juger. On ne put prouver aucun des crimes dont on 1 accusait; néanmoins il fut déclaré criminel au premier chef pour avoir entretenu des relations illicites avec l'étranger, et comme tel, condamné à perdre tous ses emplois, ses titres et ses biens, à subir la peine du knout et un exil perpétuel. Ses deux coaccusés , les capitaines Chapuseau et Berger furent absous. Selon Catteau- Calleville, la sentence fut exécutée dans toute sa rigueur, et Lestocq resta en exil à Ouglitz sur le Volga jusqu'en 1753. Hirsching, au contraire, affirme qu'il fut gardé dans la forteresse de Saint-Pétersbourg avec sa femme jusqu'au mois d'avril de cette même année.
Les deux écrivains s'accordent à dire qu'on le transporta alors à Oustioug- Yeliki, dans le gouvernement d'Archangea où il fut assez bien traité. Sa femme ne voulut pas se séparer de lui, et les deux époux vécurent dans cette ville, une des plus agréables de la Russie, jusqu'à la mort d'Elisabeth.
Le czar Pierre III, qui brisa les fers
LES
LES
de la plupart des prisonniers d'élat incarcérés sous le règne précédent, rendit la liberté à Lestocq, lui fit remettre mille roubles pour ses frais de voyage et lui confirma son titre de conseiller privé; mais il ne lui accorda aucune pension , et il ne songea môme pas a le rétablir dans ses biens, dont ses ennemis s'étaient emparés. Âpraxiu, pour sa part, s'était adjugé un palais magnifique que. Lestocq possédait à Pélersbourg. Catherine II répara celte injustice, en lui donnant une pension de 7,000 roubles, dont il jouit jusqu'à sa mort, et qui fut continuée à sa femme. Lestocq avait été marié trois fois, en dernier lieu, le 4 1 nov.4747, avec Jl/arie- Aurore de Mengden, sa fidèle et courageuse compagne dans les cachots et dans Texil. Il ne parait pas qu'il ait laissé d'enfaots; mais il avait deux frères, dont Tun, Abraham-Louis^' Maurice, suivit avec quelque distinct tion la carrière militaire, s'éleva sous le drapeau saxon au grade de lieutenant-colonel, et mourut, en 4 77 4, officier retraité àMerael,à l'âge de 84 ans.
LESTOCQ (Jeân>Louis) , docteur en droit, conseiller de cour, bourgmestre, directeur et juge de la colonie française de KOnigsberg, chancelier de l'université de cette ville, né à Âbtinten en Prusse , le 4 3 mars 4 7 4 2 , et mort à KOnigsberg,le 4 •' février 4 779.
Après avoir terminé ses études en droit, Lestocq se fit recevoir, en 4736, avocat et notaire à Kônlgsberg. L'année suivante, il fut nommé greffier du tribunal français. On sait que l'électeur de Brandebourg avait accordé aux Réfugiés des tribunaux particuliers qui suivaient les lois et coutumes de leur patrie {Voy. I, p. 86).Un tribunal semblable avait été établi à K(Jnigsberg(4). Le premier juge avait été François de Colom; M avait eu pour succes-
(1 ) On en établit aussi dans les autres colonies françaises les plus importantes. MM- Erman et Réclam nous ont conservé los noms de quelques-uns des juges. André de Versode^ de MctZf Isaac de Leapinasse^ de (Ihàloiissur-Saône, mort en 1726, âRé de K6 ans, Bedoi'de-Hauterive et Jean honel-de-Bean-
seurs Pieffe Seignoret, Louis de Persode et Jean-Louis de Persode, à qui l'on donna deux assesseurs, Pierre dePelet et Antoine Espanhiac^ et un grefBer,'^qui fut notre Lestocq. Trois ans plus tard, Lestocq obtint la charge de fiscal de la cour et d'avocat de la courde justice, et J.-L. de Persodeétant mort en 4744, il fut appelé à le remplacer. En même temps, pour être agréable au célèbre favori de l'impératrice Elisabeth , dont Lestocq était le parent, le roi de Prusse lui conféra le titre de conseille^de guerre. La même année, Lestocq prit le grade de docteur en droit, et en 4747, il fut nommé à la chaire de jurisprudence à l'université de KOnigsberg. Il en prit possession par un discours qui a été imp. sous ce titre : Schediasma de jurisdictione judicii gallici Regiomontani pro loco prof, juris ord. rite capessendo^ Regiom., 4747, ip-4*. Outre cette dissertation, on a de fui :
I. Disputa de navibus rebusque ob discrimen tempestatis maritinuspro derelicto habendis vel non habendis, Kfinigsb., 4744,in-4-.
II. Auszug der Historié desaUge^ meinen und Preussisch. Seerechts^ KOnisgb., 4747, in-4*.
III. Dissert. deindoU et jure insirumenti Judtsis usitati, cui nomen est Mamrey KOnisgb., 4753, in-4*; réimp. avec le suivant.
IV. Erlàuterung des allgmeinen und Preuss . Wechselrechts^ KOnigsb . , 4762,in-4°.
y.Grundlegung einer pràgmatisehen Rechtshistorie, KOnisgb.,4766,
Ne serait-ce pas de ce jurisconsulte que descendait l'officier Lestocq^ qui servit, avec le grade de général, dans l'armée prussienne pendant la campagne de 4806?
moM occupèrent successivement le siège de juge il Brandebourg; Pfft(/Lte^ffR(/t, de Monlauban, rut placé à Halle,/. Bur^y^A^ et Papillon de La Tour à Franforl, Alex, Du Clos à Clèves, P. de Durant a Wiscl, La Combe-deClnzel, du Vivarais, a Prcnizlow, Moïse Oirnuel^ de Metz, à Burg, GédèOH de Félix i Cottbus.
LES
LES
LESTRE (N. de), minislre de Tôglise réformée de Paris. On ne possède qu'un très-petit nombre de renseignements sur ce pasteur, qui parait avoir joui cependant d'une haute considération parmi ses coreligionnaires. Le nom sous lequel il est connu ne serait-il pas unnomdefief ou de guerre? Ce qui nous porterait à le croire, c'est que la première fois que nous trouvons de Lestre mentionné, c'est comme président du Synode national de Vertueil, en 4 567 : or, pour que le choix de ses collègues se soit porté sur lui, il faut qu'il ait dé^ jà rendu des services. Nous avons publié (Koy. Pièces justif. N'' XXV) les principaux décrets de ce synode; le reste offre peu d'intérôt.Nous ne voyons à ajouter à ce que nous avons rapporté des actes de cotte assemblée, que l'inscription sur le rôle des coureurs de Chartier (aliàs Charles), ministre déposé d'Uzerche, de Siméoti Du Pies- M, de Chevallier, à^ Etienne de Nyot, dit Du Breuil, et de Fontaine, Le synode, par contre, en raya le nom du ministre Roberti, et sur le témoignage favorable de l'église de Bergerac, il réconcilia avecl'Ëglise le sieur de La /{ogeraye ou Rougeraye^ le même sans doute que le secrétaire du Synode national de LaRochelle (/ôi(f .N<»XXX1II).
Ce dernier synode élut de Lestre membre de la commission qu'il chargea, sur la proposition de Théodore de Bèze,ùe lire les livres publiés contre la religion réformée et d'y répondre, en lui adjoignant Santés [SdiM\es7],Chandieu, Des Bordes, Olbrac, VEspine, Duncan^ Daniel Toussaint, de Changy, de VUliers. Saint-Paul et Merlin. Quelque temps après, notre pasteur assista au colloque de Lumigny en Brie, qui se tint au sujet des questions dogmatiques et disciplinaires soulevées par Afor^^/t, Ramus et Bergeron, Nous avons trouvé dans le vol. de la Collection Dupuy portant au dos le N' 268, la lettre où il rend comptée Bèze de tout ce qui s'y était passé. Elle est datée de Vicq, \ 9 mars. «Moreli, dit-il, pressoit que toutes les affaires principales dévoient pas*
serpar les advis de tous : Ramus et les autres, combien qu'ils condamnassent en quelques points l'ataxie de Morely, toutesfois en approchoient bien fort :
seulement vouloient que les advis des uns poisassent plus quejdes autres selon des proportions géométriques.» Tel était le principal objet de la controverse. Morelli ne se rendit point à Lumigny; mais Ramus et Bergeron assistèrent à la conférence « qui fut douce et amiable, » et dura plusieurs jours. Les deux adversaires de la Discipline, se fondant sur I Cor. XIV, a vouloient donner liberté à tous ceux qui se diroient avoir le don de prophétie d'interpréter et parler en l'Eglise de Dieu. » Le colloque ne voulut point dépouiller les pasteurs d'une charge qui leur appartenait, selon lui ; cependant il décida que, dans le cas fort rare de dons extraordinaires bien constatés par les ministres elles anciens, on pourrait, du consentement du synode provincial, qui resterait maître de les interdire, établir dans les églises nombreuses, sous la présidence d'un pasteur, des conférences publiques où parleraient ceux qui auraient reçu ces dons. Cette légère concession fut d'autant plus aisément accordée, nous dit de Lestre, « que nous la volons avoir esté désirée par beaucoup de grands personnages en co temps, pratiquée entre vous, et avec conditions qui nous semblent remédier à beaucoup d'inconvéniens. » La seconde question à débattre était celle du suffrage universel qtie Ramus et Bergeron désiraient introduire ou plutôt rétablir dans l'Eglise ; mais le colloque ne voulut point entendre parler a de mettre le jugement et décision aux suffrages et pluralité des voix. » La seule modification qu'il consentit à introduire dans la Discipline, fut que, dans certaines controverses sur des questions non résolues, on pourrait appeler les pasteurs et docteurs du voisinage, et « mesme tous ceux qui auroient de quoi aider à faire la décision. » Le décret, formulé par les pasteurs, serait lu à l'assemblée dont le silence serait tenu pour
LES
UD acquiescement; en cas d'opposLlion, TafTaire serait renvoyée au synode national, juge en dernier ressort. Cette concession devait suffire, dans la pensée du colloque, a pour modérer et la licence des peuples désirée par aucuns, et la tyrannie des pasteurs : tellement qu^une sainte liberté 'restast à tous et que Tauthorité de leur charge demeurast aux pasteurs en son entier. » On passa ensuite à la question des élections. Il fut ordonné qu'elles se feraient « avec le consentement de tous, tellement que personne ne fût donné pour gouverner TËglise contre son gré. »
Quant à savoir si le peuple nommerait directement ses pasteurs ou si les pasteurs et les anciens feraient d'abord un choix qu'ils soumettraient au peuple, si le consentement des fidèles serait pris u par les croix, eslevationdes mains ou par le silence,» la chose fut déclarée indifférente. Le colloque se montra moins facile sur les points deTexcommunication et de Tabsolution. L'enquête fut réservée au consistoire; mais la sentence ne devait être prononcée qu'après avoir été à plusieurs reprises lue devant l'assemblée, de manière qu'on pût dire qu'elle avait été rendue du consentement de toute l'église. Restait le mot de substance^ introduit dans la Confession de foi par le Synode de La Rochelle, etqui scandalisait Ramus.
Le colloque lui donna complètement raison. Il trouva «estrange qu'aux actes du synode de La Rochelle il y a qu'on rejette l'opinion de ceux qui ne veullentuserdece mot, » et il fut d'avis qu'on ne devait imposer à personne l'obligation de se servir d'une expression» non aocoustumée à l'Ecriture. »
Dans toute cette conférence, ajoute de Lestre, « Ramus et les autres montrèrent une grande docilité, portans révérence à la compagnie et protcstaus tousiours d'une sainte submission. u£n 1578, le Synode national de Sainte- Foy choisit encore de Leslre pour un des ministres qui devaient représenter les églises françaises h rassemblée do Francfort (Toy, VI. p. 385). A dalcrde
cette époque, nous n'avons plus reiconlré son nom.
Quelques années avant que de Lestre parût sur la scène, c'est-à-dire au mois de janvier 1560, les prisons deU Conciergerie renfermaient un huguenot qui portait un nom presque identique ; nous voulons parler de Pierre de Las^ ^re, chez qui on avait trouvé quelques livres suspects,comme les Margueritesde la Marguerite, l'Instruction et doctrine à se bien confesser, l'A. B. C. ou instruction des Chrestiens, le Sommaire des livres du V. et du N. T. Déférés à U Sorbonne par le parlement, ces livres avaient été jugés pernicieux et hérétiques. Nous ne savons quel fut le sort du prisonnier. A la révocation de l'édit de Nantes, Judith de La5^r^ passa daus les pays étrangers avec son mari Jacques Soudan, maître de langues, et sa belle-mère Susanne Fétizon (Suppl.
franc. 79 1 .2), d'où l'on peut conclura que celte famille resta fidèle à la foi protestante, d'autant plus sûrement que le même nom se rencontre parmi ceux des Réfugiés à Londres et h Cassel.
LE SUEUU,famillenobledelaNormandie, divisée en plusieurs branches, dont l'une, celle de Colleville, a donné des gages éclatants de son attachement à la religion protestante.
Jean Le Sueur, sieur de Cormelles, laissa de son mariage avec Anne Daneau deux fils qui firent souche.
I.L'alné,PHiLippE,sieurdePETiviLLB, a écrit, suivant Huet dans ses Origines de Caen,des vers faciles et ingénieux, mais dont le style manque d'aménité et de correction. Nous ne croyons pas qu'on en ait rien imprimé. Petiville voyagea beaucoup dans sa jeunesse.
De retour dans sa pafrie, à Tâge de 26 ans, il prit une charge de conseiller au parlementdeRouen,chargequ'il exerça avec beaucoup d'intégrité, au témoignage du môme Huet. Né à Caen, le 31 mars 1607, il mourut dans celte ville, le 24 déc. 4657, à la suite d'une longue maladie- Il avait épousé, en 1634, Marie Addc'e, fille tV Emmanuel Addie, conseiller secrétaire du roi, et de
LES
LES
Marie Berger, Les Reg. de CharentoD nous font conDaltro les noms de deux de SCS enfants: Marie, baptisée le 25 déc. 4635, elPiE&RE, leGjanv. 4640.
Ce dernier, sieur de Gairon et avocat au bailliage de Caen, mourut à Paris, à l'âge Je 44 ans, et fut enterré le 29 mars I68i {EM civil de Paris. SS.
Pères, N* 93) (1). Il laissa un fils, Jac- QDifS, sieur de Cairon, né en 4 673, qui était encore signalé comme huguenot en 1749 {Arch. gén.}i[. 610),
II.Le frère cadetde Philippe Le Sueur senommailPiERRB,seigneur de Golle- YiLLB. Conseiller au parlement de Rouen, il assista, en qualité de commissaire du roi, à plusieurs synodes dd la Normandie, entre autres à celui qui se tint, en 4678, à Alençon, sous la présidence de Le Sauvage, La môme année , il résigna sa charge à son fils Samuel, né de son mariage avec £iiher Bochart, lequel fut forcé, peu de temps avant la révocation, de Ja résigner à son tour à un catholique, parce qu'il avait osé parler librement du fameux privilège de Ja Fierté. «Il se trouvait qu'aux années précédentes, dit M.
Floquet, des choix du chapitre paraissant critiquables , avaient été attaqués au Conseil du roi par les héritiers des homicides; que Ù, avocats, gens du roi, s'en prenant à ce privilège, dont on avait si scandaleusemeut abusé na*« guère, dont on abusait encore, en contestant la légalité et en recherchant curieusement l'origine , avaient fort mal traité la légende du dragon de saint Romain, la qualifiant de fable.» Mais ce que les avocats catholiques Bouthillier et Sacy avaient pu se permettre en plein Conseil, non-seulement avec impunité, mais avec approbation des juges, fut imputé à crime au conseiller huguenot.
Le président l'interrompit durement, et bientôt après, CoUeville reçut l'ordre de se défaire de sa charge en faveur d'un catholique. Cet ordre violait à la fois
(1) Le 30 sept, de la même anuée moarnt éfalemeiit a Paris, a l'âge de 42 ans, Pierre Lf Sueur, sieor de Petivillc; était-ce son frère?
Tordonnance de 4 477, confirmée ea 4 648, et i'édit de Nantes qui exigeait trois conseillers réformés dans le parlement; mais, dans ce bon temps, l'arbitraire n'avait point de frein, il n'y avait plus de lois en France. Colleville dut obéir. A la révocation de I'édit de Nantes, il fut, comme hérétique opiniâtre, enfermé au château de Caen,puis transféré au Val-Richer et du Val-Richer à la Baslille, le 4 8 mai 4 690. Il j passa plus de deux ans et demi. Au mois de déc. 4692 , on l'envoya à l'abbaye de Saint-Martin -des-Champs. Ses deux filles, qui furent enfermées, en 4702, dans le couvent des Ursulines de Caeo, trouvèrent le moyen de s'évader en escaladant les murailles. Colleville , qui avait été mis en liberté depuis quelques temps , fut soupçonné de connaître le lieu de leur retraite, et comme il ne voulut point le révéler, on l'arrêta de nouveau et on le remit danslechMeau de Caen; mais ne pouvant rien tirer de lui, on finit par le laisser en paix.
Samuel Le Sueurjouit, de son temps, de la réputation d'un bon poète. Nous ne croyons pas que l'on ait rien imprimé de lui , mais on conserve à la Bibliothèque de Caen plusieurs pièces manuscrites sorties de sa plume, comme i4dra^affit5acn/ict«m, in- 4*; Disi.
iur plusieurs points de la grammaire grecque, in-4*'; Sur la prosodie en gênerai, in-8*»; Extraits de di/férens auteurs sur les esprits , les voyelles et les diphthongues grecques^ in-8*; Extraits de dijférens auteurs sur la construetion,la lecture et la prononciation de la langue grecque, in-8".
Cette branche de la famille Le Sueur a persisté dans la profession de la re- Ugion^ToiesUinie.JacgueS'Guillaume- Samuel Le Sueur, sieur de Colleville, fils de Guillaume Le Sueur, et dî^Anne* EstherMorin, sous-lieutenant dans le régiment de Penthièvre, épousa, en 4783, dans la chapelle de l'ambassade de Hollande, Catherine-Marie d$ Brossard{^\A\. civil de ^AÙs.Chapellô de Hollande, N^ 97). Sa sœur,i4^»tf- Sophic-Henriette-Madelaine , née à
LES
LES
Saint- Aubin, dans le pays de Gaux, et morte, à l'âge de i 5 ans, le 2 mai 4 784 , ayaitété enterrée dans le cimetière protestant du Port-aux-Plâtres {Ibid, Port-aux-Piatres,N«82.)
LE SUEUR (fluBERT),appelé aussi Le Soeur, Le Seur, Le Soer, excellent statuaire, «du petit nombre de ceux qui peuvent être dits classiques » au jugement d*florace Walpole, était élève de Jean de Bologne, et obtint le titre de sculpteur ordinaire du roi. Il passa une partie de sa vie en Angleterre. Il avait épousé Marie Le Seine, dont il eut au moins deux enfants : un fils, nommé Isaac, qui fut enterré à Great St. Bartholomew's, le 29 nov.
4630, et une fille, Marguerite, qui épousa, en 4 650, Etienne Valet ^ ingénieur au service de Savoie, fils de Pierre Valets brodeur et valet de chambre du roi, et de Marie Joly (Reg. deGharent., ann. 4650). La plupart des ouvrages de Hubert Le Sueur ont péri. De ce nombre Walpole cite :
4*1/» buste de Charles I, en bronze, ayec casque surmonté d'un dragon; — V Les statues qui décoraient la fontaine de Somerset-House; — 3* Six statues en bronze dans le palais de St- James. On doit ajouter à ces pertes une Statue équestre de Charles I, en bronze, qui avait été placée à Rohamton, et pour laquelle Tartiste avait reçu 600 liv. M. Gharpentier reproduit le contrat dans ses Mémoires et Documents inédits, etc., Anvers, 4845. On voit dans le môme ouvrage qu'en 4 638, Le Sueur s'engagea k exécuter, au prixde340liv., deuxstatues en bronze, dont Tune représentant Gharles I. Ge prince, qui savait apprécier son mérite, le chargea d'aller acheter des modèles à Paris. Il lui confia beaucoup de travaux. Dans une lettre que Le Sueur lui adressa et où il se dit son « obéissant et indigne Praxitèle, » il sollicite le paiement de divers ouvrages :
360 liv. pour un Mercure, qui devait servir à la décoration d*une fontaine ; 30 liv. pour un buste de S. M., le front ceint d'une couronne ; 9 liv. pour trois
modèles en cire, dont 2 Vénus et 4 Bacchus. Mais de tous les ouvrages de ce maître, il ne reste plus, d'après Walpole, que la Statue en bronze de William, comte de Pembroke, dans la galerie de peinture à Oxford, et la Statue équestre de Charles I quQ Ton admire encore à Londres, sur la place de Gharing-Gross, et qui avait été exécutée aux frais du comte Arundel (4).
Il ne faut pas la confondre avec celle dont nous avons parlé plus haut. G'est dit-on, la première statue équestre coulée en Angleterre; elle a été gravée par W. Hollar. Ce beau bronze faillit périr au milieu des commotions politiques. Depuis 4633, il était déposé près de l'église de Govent-Garden, et attendait qu'on le mît en place, lorsque survinrent les troubles civils.
Le parlement le fit vendre comme vieux métal au fondeur Jean Rivet (peut-être un réfugié), avec ordre de lo détruire. Mais soit que l'artiste prévît qu'en raison de sa violence, la révolution n^'aurait qu'un cours très borné, soit que l'amour de l'art l'emportât chez lui sur la prudence, il enfouit cette statue, et présenta des fragments de bronze pour faire croire que l'ordre du parlement avait été exécuté. A la Restauration, il s'empressa de la remettre au jour, et vers 4 678, elle fut érigée sur le piédestal où on l'admire encore aujourd'hui.
LE SUEUR (Jean), minisire protestant et historien de l'Eglise chrétienne, dont le nom mériterait d'être mieux connu, naquit, vers 4 603, k Glermont-en-Beauvoisis. H fit ses études en théologie à Sedan, comme nous l'apprennent les Thèses sedan.
où l'on en trouve deux qu'il soutint en 4626 et 4 627, l'une De justificatione et fidejustificante, l'autre De commentitio missa sacrificio. Ses études terminées , il fut nommé pasteur à La Ferlé-sous-Jouarre. « G'était, dit Ancil-
(1) Selon le môme écrivain, on attribac aussi k Le Sucor le monument de la duchesse de Lenox, mais il n*est pas certain qu'il soit de lai.
LES
LES
Ion, un homme de bien, un Tray minislre, sans orgueil et sans vanité, qui vivoiltrès bien avec son troupeau.»» Ses collègues lui donnèrent fréquemment des preuves de leur estime, notamment en 1669, où ils rélurent vice-président du synode de TIsle-de-France, qui se tint à Charenton, le 9 mai (1), en iprèsence d\i consaiWer Jacques Du Candal^ commissaire du roi. Tous les instants que lui laissait le consciencieux accomplissement de ses devoirs commepasteur, Le Sueur les consacrait à l'étude. Bien que confiné dans une petite ville loin des grands centres littéraires, il osa entreprendre une histoire ecclésiastique dont les premiers volumes reçurent un accueil très-favorable. Ses infirmités l'obligèrent malheureusement à suspendre son travail.
11 le reprit, il est vrai, en 1679, sur l'invitation du synode de Charenton {Jacobins St-Honoré, N' 30) ; mais quelque ardeur qu'il y mît, il ne put leconduirequejusqu'au onzième siècle.
II mourut au mois de jauv. <681 . On a de lui :
I. Response à une lettre sur les principales difficultés gui se rencontrent en la généalogie de N. S, J,-Ck., Sedan, 1658, in-4\ — Datée du U oct. 1649.
II . Traité sur la divinité et la vérité de VEscripture saincte. — Ouv. saisi chez les libraires de Paris, en 1685.
(1^ NoDs avons trouvé les actes de ce synode aux Arch. générales dans une liasse cotée Tt. 3ît. Claudfy députe par Téglise de P«ris, avec loride-des-Galinières et de Beauchamp, y présida. Voici les noms des députés: Meaux, Philippe Varnier, min.; Senlis, M. de Laubéran et Philippe Muisson ; Château - Thierr}', J, Pagés^ min.; Lisy, F. Le Sueur; Cbaleodos, P.Saerelaire^ min.; VIots^d Jérôme de Satur. min.; La Ferté-sous-Jouarre, /. Le Sueur et Abdias Le Clerc; Fontainebleau, Henri Drelincourt, min.; Roue y, Frémin, a ne; Bélhisy, Du Prat, min.; La Sorville, J. Farcy, min.; Claye, David Des Potz et Itaac Co^ chardf Calais, Jacfj. de Prez et Louis Delbecque; Amiens, Sam. Georges et Samuel Bridel; Bouloguc, Mcolas Aubertin^ min.; Oisemont, Jacq. de Vauv et Jean Vaucquer; Saint-Quentin , Daniel Mettayer et Daniel Lieurard; Abbeville. Phil. Chenevii' et Charles Le Four nier, sieur de Ncufvillc; Compiégoe,
T. VII
m. Histoire de V Eglise et de V Empire, depuis la naissance de J.- Ch, jusqu'à la fin du X* siècle, Gen., 1 ^It'll, 6 vol. in- 4' ou 8 vol. in-12; Gen., 1679-8G, 8 vol. in-4'; nouv. édit. revue, corr.etaugm.,Amst., 1730, 8 tomes en 4 vol. in-4<»; continuée par Bénédict Piclet, Gen., 1713, 2 vol. in-4"; Amst., 1 732, 3 vol. in-4\ — Cette histoire est écrite avec autant de candeur que de bonne foi. Claude la plaçait au-dessus des Centuries de Magdebourg et des Annales de Baronius; elle est au moins plus impartiale et plus fidèle.
Le T. XIV de la Collection Conrart contient, en outre, plusieurs pièces inédiles de Jean Le Sueur : des Eclaircissements sur le Ps.C\,\, ei sur Mat th.
II, 15, 23; des dissertations sur le nom d*Elohim, sur le morceau que Judas reçut de Jésus, sur les Pharisiens, les Esséejis et lesSadduciens; une Explication de Jacq. IV, 5-6; des Remarques sur divers passages, et un morceau intitulé : Du Pérou, si c'est VOphir dont parle V Ecriture sai?ite.
Jean Le Sueurl aissa un fils, nommé François, qui suivit la carrière ecclésiastique, et desservit l'église de Lisy. H é^^onsA Charlotte de Vrillac (Arch.
Tt. 2-48), dont il eut plusieurs enfants, entre autres, une fille , Charlotte- Catherine, présentée au baptême, le
Jean Des Ormeaux, min.; Clermont, Philippe Tricotel et E'iaîe Du Cormier, sieur de La Haye; Laon, Pierre de Beaumont et Duvay; Chery, J. ïiegnier, min.; Villers-lès-Guize, P. Georges, min.; Chauny, Louis Gamier et Jean Des Ilayes; Coucy, Jean Villain, min.; Eppes, David de Proisy, anc; Prouville, J. Severin et Louis de Brossard; Gercy, Abraham de Rambours, anc; PoircftDville, Paul Couliez, min.; Vitry, Benj. Auguenet et Philémon Cadet, qui fut élu secrétaire ; Cbâ- \ons, Jérémie Ouriet et Paul Mauclerc; Vassy, Abr. Jaquelol^ min.; AI, Pierre TroutUarU min., élu secrétaire ; Vcrneuil, Daniel Cottin, min.;ChaIlray, Louis de Prez et J .Couturier; Falaise, Jacq. Rondeau, min.; Imécourt, Abet de Lambermonty min.; Sézanne, Jacq. d'Aile^ magne, min.; HaiItz-le-Maurupt, Pierre Ver^ chand, min.; Nettancourt, Pierre de Senal, min ; Espence, t'ierce Le Jeune^ min.;Saint- }SiaTû,Delforterie, miu.
LET
LET
4 3 fétr. 4 676, par Jacques de Raquet, sieur de MollieD, et Catherine de Besset, sa graDd'mère materoelle, et uû fils, lié ea mars 1677, qui est apparemment identique avec Louis-Charles Le Sueur, successeur, en 17<5, de Jacques Cairon dans la place de pasleur de la petite église de Thorney- Abbey. Cette église, fondée par Ezéchiel DanoiSy eu 4 65S, avait été desservie, depuis la révocation , par Du Mesnil'Jemblin f ancien ministre de Saintr-Pierre-sur-Dive, et par Cairon.
Elle comptait parmi ses membres des Prevostj des Gâches, des Boyer, des Le Fevre, des Flahaut^ desL^ Roux, des Le Grain, etc. Louis-Gbarles Le Sueur épou sa Afarûin^itf de Monceaux^ et eu eut une fille présentée au baptême, en 1723, par Pierre Le Sueur, qui fut le dernier ministre de l'église française de Cantorbéry, et par Anne- Agathe Gloria, veuve du graveur Etienne de Monceaux, Nous ne connaissons aucune autre particularité de sa vie. Il ne faut pas le confondre avec Louis Le Seur-de-La Prade, qui fut pasteur, à peu près vers le même temps, de réglise de W^pping. Ce dernier avait desservi auparavant l'église de Crispin-Street et celle du Pelit-Charentou, fondée en 1701; IlenriDaubigny en avait fait la dédicace, le 1 3 avril, assisté du proposant ParavisoL Peu nombreuse, elle n'eut qu'une courte existence. Dans les registres des baptêmes et des mariages qui s'y célébrèrent, on remarque les noms de Cou^ sin, Poitevin, Andrieu, Soret, Desmortiers, Morin, Charadame, etc.
LE TELLIEK (David), sieur de La Bodière, marchand de Vitré, passa en Angleterre, eu 1 728, nous ne savons si ce fut pour cause de religion ; mais il ne tarda pas à revenir en France et mourut à Vitré, eu 1739. Sa veuve, Marie de Gennes ou GHes fut, dès Tannée suivante, enfermée dans lecou- Tent des Grandes-Ursulines de Rennes, parce qu'après la mort de sou mari, elle avait renvoyé en Angleterre quatre do ses enfanls, David, né en n30,MARiE,
âgée'déjâi de 21 ans, Fkangoiss, qoi n'en comptait encore que 8,etSusANif8, née en 1735. Sa seconde fille, nommée Jeanne, qu'elle avait gardée auprès d'elle, fut mise dans le couvent des Ursulines de Hédé. Après trois années de détention, sa constance ne se démentant pas, on loi rendit la liberté, et, en 17 44, on permit également à sa fille do sortir du monastère où elle était détenue, pour épouser lin marchand de Caen, qui professait, comme elle, la religion réformée.De toute cette famille^ il n'^^eut donc que le fils aîné ëtienni , né à Jersey en 1728, qui abjusa. Il avait été laissé par ses parents dans les lies anglaises. Devenu grand, et après s'être livré à toutes sortes de débauches, il prit le parti de rentrer en France et de se convertir,en 17 50, pour échapper aui poursuites de ses créanciers {Arch, gén. Tt. 343). La plupart des conversions volontaires qui se faisaient à cette époque, étaient dictées par des motifs aussi peu honorables.
La famille LeTellier avait embrassé de bonne heure les doctrines évangéliques. Dès 1 563, il est fait mention dans l'histoire de la Réforme à Dieppe d'un Nicolas Le Tellier , suffragant du pasteur Saint-Paul, qui fut député au Synode national de Lyon et qui se réfugia à Rye à la Saint-Barthélémy. Un siècle plus tard, Jean-Jacques Le Tellier, de Saiut-Lô, qui avait fait ses études à Sedan, où il avait soutenu, en 1637, une thèse De sanctis et eorum cultu, publiée dans les Thèses sedan., desservait l'église de Pont-Audemer.
Il sortit de France à la révocation, ainsi que plusieurs autres protestants normands du même nom.
LETTES (Jean de), évoque de Montauban converti au protestantisme.
File cadet d'Antoine de Leltes et de Blanche Des Prés, et frère du sire de Montpezai, maréchal de France, Jean de Loties entra jeune dans les ordres et ne tarda pas à ôlre pourvu d'un bénéfice dans la collégiale de Sapiac. Vicaire général en 1529, évêque de Beziers en 1537, il fut appelé, en 1539,
LET
LET
I svecéder à son oncle Jean Des Prés sur le siège épiscopal de Montauban ; mais il n'en retint pas moins Tévêché deBeziers, qu'il permuta seulement en 4^43 contre l'abbaye de Moissac. Lorsque les opinions nouvelles se répandirent dans son diocèse, Jean de Lettes, gagné, dit-on, à la Réforme par François Calvet^ s'en déclara le sectateur, et, dès 1 556, il se maria di^ec Armande de Durfori-de-Boissière , yeuve de Guillaume de Bousquet. Lebret affirme que le mariage était clandestin , mais que le secret ayant transpiré, de Lettes fut obligé de résigner son évôché à son neTOtt Jacques Des Prés et son abbaye de Moissac au cardinal de Guise. La rér signation eut lieu en effet; cependant il est probable que le mariage de l'évêque de Montauban servit simplement de prétexte aux princes lorrains pour s'emparer d'un riche bénéfice; car, enl 557, Jean de Lelles fut nommé abbé de Lieu- Dieu. La mCrae année, redoutant sans doute quelque nouvelle persécution, il prit le parti de se retirer à Genève avec sa femme et ses enfants. Le 45 mars \ 55S, il fit l'acquisition de la seigneurie d'Aubonne, dont il disposa, enl 559, par son testament en faveur d'Armande de Durfort, de sa fille Margue- »iTE et de ses deux fils Jacques et FiANçois. Ce dernier, baron d'Aubonne, prit part, en 1 575, à l'expédition dirigée par Beaujeu contre Besançon {Voy, 11, p. 91). Les magistrats bisontins se plaignirent au sénat de Berne de cette violation de territoire, en lui envoyant la liste de 42 Réfugiés, gens de toutes professions, qui avaient . trempé dans l'entreprise. Voici leurs noms d'après une copie de cette liste qui se conserve aux Archives de Genève, N" 1964 : le capitaine Beaujeu, le baron d'Aubonnc, les capitaines Labigan et Roland, Jean Chemilleret, apothicaire, Etienne Domhelle, couturier, Claude Belin, Claude Béguin et Thibaut Benoit, cordonniers, Philippe Champion, chirurgien, Etienne Oudot, orfèvre, Simon Ferry, Etienne Saigé, Mare Lardier, Jean Simonin^
menuisier, GmHI, Lahoral, orfèvre, Antoine Garnier et Antoine Perroy^ tanneurs, Claude Bretin, potier d'étain, Etienne Baulard,\iQ}àc\i^i^ Jean et Pierre Grosperrin, Nicolas Boquillot et Etienne Joliot, vignerons, Antoine ei Georges Lounetey, Philippe Roiilot, fermier, François Bouchot, hôtelier, y^a» CAawpy, 'pelletier, Claude Chouet, Claude Chebillotte, Gaspard Bergier, armurier, Barthélémy Baustiche. tailleur, Jérôme Du Soulier, Jean Badenolle, Jean Gaudot, Antoine Le Goux, Henri Paris, Louis Prost , marchands, Etienne Buillard, dit le capitaine Besançon, Léonard Maire, notaire, Nicolas Robillard, teinturier. La seigneurie de Berne, ne pouvant refuser de sévir, fit poursuivre criminellement François de Lettes, ainsi que ses complices; mais il est probable que ce fut pour la forme seulement. Le baron d'Aubonne s'attira une plus fôcheuse affaire par un meurtre qu'il commit, en 4 583, sur la personne du bailli de Morges. Il fut banni temporairement du canton de Berne, et sa baronnie mise sous le séquestre. A l'expiration de sa peine, il rentra dans le pays de Vaud et y leva quelques troupes à la tête desquelles il alla servir dans le Dauphiné, en ^ 587 . 11 y éprouva une défaite complète et perdit son lieutenant Simonin de Montbéliard. Quelques années plus tard, en 4590, nous le retrouvons à Montauban, engagé dans un procès contre l'évoque Henri Des Prés , au sujet du château de Benuvais, qni faisait partie de la succession de son père et dont l'évoque s'était emparé. Ayant eu une querelle avec un gentilhomme, qu'il blessa en duel, il fut mis en prison, et y mourut, au rapport de Lebret.
LEVADK (Cyprien), fils de Jean Levade,de Saint-Marsan en Guienne,et ù'Isabeau de La Salle, s'était établi à Lyon, où il exerçait la profession de chirurgien , lorsqu'il épousa Anne Neutte,^i\\e de Pierre Neutte, drapier h Sedan, et de Marie Lespine, du consentement de son oncle Isaac Du Bour^
LF.V
LKV
dieu, pasteur à Montpellier. De ce mariage naquit, en 4674, Jacob, qui fut présenté au baptême par le médecin Jacob Spon et ^àx Elisabeth Zollikofer, A la révocation de Tédit de Nantes , la famille Lcvade se réfugia dans le canton de Vaud, où il nous est possible de la suivre, grâce à Tobligeance de M. Dumont, bibliothécaire à Lausanne , qui nous a envoyé sur elle les renseignements les plus complets. Nous nous contenterons de reproduire la notice qu'il a bien voulu rédiger pour la France protestante, nos propres recherches ne nous ayant rien fourni à y ajouter.
Jacob Levade prit pour femme Marie^ Françoise Bernard, qui le rendit père de Cyprien-Louis, né à Bex, le 27 août 1707. Ce dernier vécut à Vevey, où il pratiqua lachirurgie,mais il mourut à Lausanne le 27 sept. 1783, ayant eu cinq enfants de son mariage avec Judith Genevois, savoir : 4»Marie- Anne-Franooise-Marguerite , née le 1 4 fév. 1 74Î , femme, en 1 767, de Bugnion, pasteur à Prilly, et morte le 5 nov. 1831 ; — 2" Louis, qui suit;— 3' jEAN-DAviD-PAUL-ETiENNE,qui suivra; — 4* Jeanne-Albertine , née à Lausanne, lo7oct. 1752, et morte sans alliance en 1832 ;— 5'Marianne-Mildred, néele18janv. 1754, mariée, en 1772, à Pierre-Elie Bourgeois, un des bannerets de Lausanne.
L Louis Levade naquit le 14 mars 4 748. 11 fit ses études en médecine et prit le grade de docteur à Ley de . 11 en tra ensuite,en qualité de médecin, dans lafamille Orloff;maisen 1775, il quitta la Russie pour retournera Vevey . «Dans sa retraite, dit M. Dumont, il se livra avec succès à la culture des sciences naturelles, tout en recueillant de nombreux matériaux pour l'histoire nationale.Son cabinet d'histoire naturelle et d'antiquités était riche en minéraux de la Suisse et de l'Allemagne, et son médailler, fort bien composé, a été acquis par le Musée du canton de Vaud.» C'est à lui que la Joyeuse fètexonnue depuis deux siècles sous le nom d'Abbaye des
vignerons de Vevey, doit sa restaDratiou en 1797. Il mourut à Vevey, le 2 août 4839.Sa ïemme Jeanne-Marie Justa- 9;}on, lui avait donné deux fils et une fille. Celle dernière , nommée Emilie-Hek- RiETTE-PniLipPiNE, uaquît en 1786 et épousa, en 4805, Louis Du Toit, de Moudon, établi comme négociant à Tuin. Le fils cadet,CHARLES-lsAAC, né le 25 août 4784 , mourut jeune et sans alliance, officier au service de la compagnie deslndes.L'atné.PiERRE-DAviD- BARTnÉLEiiY,pharmacien, né à Vevey, Ie28mars1781,etmortle43juin1854, ne laissa que des filles de son mariage avec Lydie Naegeli,cé\éhTé en 4806, savoir : Louise, Caroline, femme de M. Paul Burnier, ministre à Lausanne, E&iiLiE, Lydie, mariée au pasteur de Montreux, M. Victor Guéuod, Charlotte et Mary.
Louis Levade a publié quelques ouvrages, dont nous ne pouvons donner que les titres.
I. Observations et réflexions sur quelques matières de médecine, Vevey, 1777, iU"12.
\\.l{a2)port fait à la Soc. des sciences physiques à Lausanne sur un somna7nbulenaturel,Lsi\is.,MlS,S,
lil. Diction7iaire géographique, statistique et historique du canton de Vaud, Laus., 4824, in-8", avec caries et planches.
\\, Notes critiques sur le Dictionnaire géographique et descriptif du canton de V'ai(t^[par Roger], Laus., 4828, in-4 2.
On trouve, en outre, de lui dans les Feuilles du canton deVaud (Lausanne, 4 821-26), une Lettre sur les eaux minérales de VAlUaz., mu Fragment sur Vagriculture des anciens, et une dissert, sur la Culture de la vigne au XIII* siècle.
II. Frère du précédent, Jean-David- Paul-Etienne Levade a joui d'une réputation qui n'est pas restée enfermée dans lesétroiles limitesdeson pays natal. Né à Lausanne, le 2 oct. 1750, il embrassa la carrière ecclésiastique et fut appelé à exercer son ministère dam
LEV
LEV
réglise wallonne d'Amsterdam. En 4810, il disputa et obtint la chaire de théologie dogmatique à l'académie de Lausanne. C'est à lui que le canton de Vaud doit la fondation, en 1846, de sa première Société biblique. L'aménité de son caractère,la douceur de ses mœurs, la variété et l'étendue de ses connaissances faisaient rechercher sa société par tous les étrangers qui,comme Gibbon et Beckford, séjournèrent à Lausanne, et la bienveillance de son accueil ne contribua pas médiocrement à conserver à cette ville l'honorable réputation d'hospitalité que Voltaire lui avait faite. David Levade mourut le 9 janv. 1834, sans avoir eu d'enfants de sa femme Anne-Marie Bugnion. y oic'i la liste de ses ouvrages :
l. Les méditations du docteur Dodd dans sa prison, trad. de l'angl., Amsl. [Laus.], 1780, in-8".
IL La suite de la vie et des opinions de Tristam Shandij, trad. de Sterne, Yorck et Paris, 1 786,2 v. in-1 2.
IIL Sermons prononcés dans les églises d'Amsterdam et de Lausanne, Laus., 1791, in-8V
IV. Recueil de mots français dérivés de la langue grecque, et dont la composition donne à connaître le sens^ Laus., 1804, in-8\
V. Les preuves évidentes du christianisme, trad. de W. Paley, Laus., 4 806, 2 vol. in-8*.
VI. Essai sur les moyens de perfectionner V instruction religieuse de la jeunesse, Laus., 1807, in-1 2.
VIL Horœ Paulinœ, ou la vérité de Vhistoire de saint Paul, trad. de W. Paley, Nismes, 1809, in-8v
VIIL Diss. académique sur cette question : La science de la théologie a^t-elle fait quelques progrès dans le dernier siècle, et si elle en a fait, en quoi consistent-ils? Laus., 1 8 1 0, 4*.