‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 128 sur 169 · I. Spécimen anatotnia hepatis comparate, K(Jn., 4796, in · texte numérisé non relu

I. Spécimen anatotnia hepatis comparate, K(Jn., 4796, in

II. Proemium momenta qnœdam ad animalium diferentiam sexnO' lem prœler geniialia continent^ KOn., 4797, in-8'.

niEliHEL (Wolfgang), en latin MuscuLUs, célèbre hébraïsan tel théo* logien prolestant, né kDieuze en Lorraine , le 8 sept. 4 497 , et mort à Berne, le 30 août 4 563.

Musculus était fils d'un tonnelier. Son père, qui, à défaut d'instruction»

possédait un grand bon sens, ne s'oppot9 pas à ce qQ*iI snivlt son penchant

pour rétude ; loin de le, il lui donon sans regret un petit pécule qu'il atait amassé par son travail, afin qu'il pût al 1er suivre les leçons des écoles étmo* gères. L'enfunt parcourut une partie de l'Alsace. Afin d'économiser le peu d'argent que son père lui avait remis, il mendiait son pain en chantant de porta en porte dans les villages qu'il rencontrait sur sa route. 11 s'arrêta quelque temps k Ribeauvillers, puis à Colmar et k Schélestadt, profitant de tous les moyens d'instruction que ces villes lui offraient, et s'appliquantà l'étude avec une ardeur extraordinaire. Sa belle voix ayant charmé le prieur d'un monastère de Bénédictins établi près de Lixheim, le jeune Musculus , qui ne comptait encore que quinze ans, accepta la pr<H> position que ce prieur lui fit d'entrer dans son couvent comme novice. An bout de cinq ans de lecture et de méditations assidues, Musculus aborda la science ardue de la théologie. Son savoir et son éloquence engagèrent le prieur à le charger de la prédication.

Quelque temps après, vers 4548, un ami lui ayant envoyé quelques écrits de Luther, il les lutavecavidité et avec d'autant plus de fruit que la lecture de la Bible l'avait préparé à accueillir les idées de la Réforme. Plein d'admira* lion pour le moine saxon qui s'élevait avec un indomptable courage contre les abus de l'Eglise, non-seulement il ne laissait échapper aucune occasion de le défendre contre ses nombreux ennemis, mais il se mit à prêcher luimême les doctrines évangéliques si ou-»

vertement qu'on ne le désigna bientôt plus dans les environs que sous le nom du moine luthérien. 11 réussit à faire partager ses couvictions ï quelques-uns de ses confrères et à plusieurs gentilshommes, entre autres»

Reinhart de Rougemont, qui se déclara son protecteur contre les évêques de Metz et de Strasbourg, et qui lui ouvrit un asile dans son château de la Petite-Pierre, lorsque la persécution l'obligea à fuir. Musculus quitta son couveut du consentement du prieur,

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(tut lui donna même quatre florins pour ton Toyage. Accompagné de son pa* real Nicolas Wagner, il se relira d'abord ï la Peiile-Pierre, d'où il gagna Slraibourf^ vers la fin de 45^*7. il y épousa, bientôt après, Marguerite Barth, jeune parente de son ancien prieur, avec qui il s'était fiancé avant sa sortie du couvent. Dépourvu de tout moyen d'eiistence, il se vit forcé de mettre sa femme en service chez le MSleur Théohald Sigri et d'entrer itti-méme comme apprenti cbez un tisserand. Des querelles s'étant élevées entre son maître et lui au sujet de l'anabaptisme, il fut chassé par ce fana-< tique très-peu de temps après. Ne sachant pas où donner de la tête, il était sur le point de s'engager comme manoQvrier pour travailler aux fortifications de la ville, lorsque Bucer loi vint en aide, en le prenant pour secrétitre. En même temps, à la recommandation du célèbre réformateur, Museulus fut chargé, en 4587, d'aller prêcher à Dorlilzheim tous les dimanches; S lus tard on trouva bon qu'il résidât, eierça ainsi pendant près d'un an les doubles fonctions de pasteur et d'in-* stiluteur dans ce village, sans recevoir une obole de traitement. Il vivait donc au sein d*une misère extrême, lorsqu'il fût nommé i la place de diacre de la oalhédrale, en 4 539. Il occupa pendant deux aus oe poste que sa modestie l'avait porté d'abord à refuser, et il profita des loisirs que ses fonctions lui laissaient pour suivre assidûment les leçons de Bucer et de CapUon. Désirant lire la Bible dans le texte original, il se mit ï l'élude de l'hébreu et s'y appliqua avec une si vive ardeur que bientôt il fut en état de compren* dre le Livre saint, les commentaires des Rabbins et les paraphrases chaldeTques .

Le sénat d'Augsbourg ayant prié»

au commencement de Tannée 4 534 , le magistrat de Strasbourg de lui prêter Musculns pour quelques années et sa demande ayant été agréée, l'ex-moine se rendit éans eetta ville où ta prédi-

cation obtint de brillants succès, en dépit des efforts du clergé catholique et des Anabaptistes. A plusieurs reprises^ le sénat, qui l'estimait fort, non* seulement ï cause de ses talents, malt aussi 4 cause de ses principes de modération et de tolérance, lui confia des missions importantes dans l'intérêt do l'Eglise protestante. En 4 536, il l'envoya àEisenaohet à Witlemberg; en 4540 et 4 5 M, à Worms et à Rulisbonne ; en 1 544» à Douawert. Toujours dévoré du désir d'apprendre, Musc ul us, pendant son séjour à Augf bourg, commença l'élude du grec, et eu peu de temps, il se mit en état de lire les Pères de l'Eglise d'Orient. Il apprit, en outre, l'arabe sans maître, en s'aidant d'un psautier polyglotte que son eollègue Lycoethénes lui prêta. Quand en songe que Musculus avait alors dépassé la quarantaine, on se sent saisi d'usé admiration sans bornes pour ces hommes du seizième siècle, si forts, si persévérants, fi énergiques, qui, dans leur amour eolhousiasle pour la scienc9« savaient triompher d'obstacles en face desquels les pygméoK de nos jours s'arrêteraient consternés.

Mais ce n'est pas seulement eonire les difûcultés que lui offraient le défaut d'une bonne éducation classique et la rareté des livres que Musculus avait à lutter. Il avait aussi à combattre la haine des ennemis de la Réforme, et il finit par succomber. Après avoir desservi pendant près de dix-huit ans Téfliie pro lestante d' Au gsbourg, il jugea prudent de s'éloigner de cette villa pour échapper aux dangers qui le menaçaient depuis l'entrée de Charles- Quint. Lorsque, malgré ses protestations, le sénat eut accepté l'Intérim, il partit secrètement, le 26 juin 4548, en recommandant à sa femme de le suivre sans délai avec ses huit enfants. Il gagna Constance, où il fut rejoint par sa famille. De Ih il se rendit à Saint-Gall, pois à Zurich, où «1 passa six mois auprès de son ami Haller, et enfin ^ Berne, où il fut appelé, le 9 avril 4 549, pour remplir une cluiire éa

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théologie dont il prit possession, la to du môme mois. Duns riuiervalle, Craomer avait voulu Tuttirer en Angle* terre; mais la sauté cbancelaute de sa femme et le jeune âge de ses enfants ne lui avaient pas permis d'accepter les offres réitérées du célèbre archevêque.

Il refusa de même les vocations qui lui furentadresséesd^Augsbourg^en 1 552, et de Ueidelberg» se croyant obligé par la recon naissance à ne pas quitter une ville oîi il avait trouvé Taccueil le plus bienveillant. U continua donc à s'acquitter avec zèle de ses fonctions de professeur de théologie jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant quatorze ans. De Tbou s*est trompé, en disant qu'il remplit aussi à Berne la charge de pasteur; on la lui offrit, mais U la refusa. Nous avons dit que huit enfants étaient nés de son mariage. Nous connaissons les noms de quatre de ses ûls. ÂBBAHAii fut ministre à Berne et doyen après Haller. Ou lui doit une Vie de son père en latin, et la publication d'une partie de ses Commentaires et de ses traductions. Nous avons remarqué quelques Lettres de lui et de son frère Jean -Henri dans le vol. A. 30 des manuscrits de la Bibliothèque de Berne.

Jrâif-FaÉnÉiiG fut pasteur de Téglise de Metz, et Jban-Henh le fut à Zoftingen. Ce dernier a publié Stabulum Augûf^ geu Oratto invectiva in Jac.

Sekuelerwn, Bern», 1653, in-4*. Le quatrième, Elib, ministre à Horbourg, en 4576, y mourut prématurément l'année suivante.

Dès son enfance, Musculus avait eu la passion de la poésie et de la musique. Durant les premières années qu*il passa au couvent de Lixheim, son unique délassement avait été la lecture des œuvres d'Ovide, dont il avait découvert un exemplaire dans la bibliothèque du monastère. Il nous a laissé, comme échantillons de son talent poétique, plusieurs Cantiques, qui ont été jugés dignes de figurer dans la Hturg^ie de Strasbourg, à ce que nous apprend M. Rohricb, et un petit poème latto q«i« M imp. en léte du Trepha-

niuh de Biteer, et reproduit dans I»

Synopsis festulium concionum atetf d'autres poésies sorties de sa plume^, Comme traducteur, tout en admettait qu'il ne possédait pas une oounaÙH sance parfaite des langues savanteir., à l'étude desquelles il s'était mis trèe-^ tard, on doit reconnaître que ses tr^^ ductions se font remarquer en généii^ par leur concision, leur simplicité, leur fidélité, et l'on doit surtout louer Musculus de la candeur avec laquelle i^ avoue, en certains cas, son ignoranoBf.

Comme théologien, Musculus, quîftci rapprochait davantage de Luther sur 1^ dogme de la consubslantiation, et éê Calvin sur celui de la prédestinafioif absolue, joua, de mi^me que son mattni Bucer, le r6le ingrat de conciliâtes* U n'hésita pas à signer, en 1 536, fi| Concorde de Wittemberg ( Voy, IQ^ p; %%) ; cependant lorsqu'il s'aperçut ^ les équivoques ne suffisaient pas poui^ rétablir la paix entre les deux commit'^ nions protestantes, il en revint tr^i" cbemeut et ouvertement à son premier langage. Ses opinions personnelle^ n'ontexercéd'ailleursaucune influence sur le développement de la théologie protestante. C'est surtout par Ses Commentaires qu'il a acquis des titres réels, à la reconnaissance de l'Eglise et ¥ l'admiralion des savants. Au jugement de Richard Simon, il montre plus de respect pour l'antiquité que la plupart' des autres commentateurs protestaniit,' et il s'éloigne le moins possible deS' anciens interprètes. Sa méthode d*Ulterprétation était bonne ; mais il n'a pas eu à sa portée tous les secours nécessaires, et sans être aussi peu vemé dans la langue hébraïque que le prétende Simon, il n'était pas assez exercé danff' l'élude des langues savantes. On peut aussi lui reprocher d'avoir mùlé tzep de théologie à ses commentaires; mais on doit le louer sans réserve de s'être* comme Calvin, attaché de préférence au sens historique. Lorsqu'il rencontrq un passiige difficile, il a recours aux Rabbins et surtout aux anciennes versions pour essayer d'en pénétrer le

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