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en l'occasion de parler d^une copie manuscrite de ses Mémoires qui se consenre à la Biblioth. de la SorbonDe(l). Deux Yolumes de la Collect. Dupuy, cotés d49et 61 8 contenaient des lettres de loi; mais la plupart ont été volées. MOROGUES (Jacques de), sieur de Lande, du Sauvage, de Lonfroy et d'autres lieux, gentilhomme de la chambre du roi et du duc d'Alençon, fut nommé par ce dernier prince gou- Terneur de La Charité, sa ville natale, et prit possession de son gouvernement le \ 2 juillet 4 576. On sait que la paix de Monsieur, qui avait valu au duc d'Alençon les duchés d^Anjou, de Touraine et de Berry en augmentation d'apanage, ne dura que quelques mois, et qu'à la reprise des hostilités, le nouveau duc d'Anjou se déclara contre les Protestants. Malgré les avertissements qu'il reçut de tous côtés, Morogues ne put croire à une pareille ingratitude de la part d'un prince qui récemment encore avouait hautement ses obligations c envers le parti de la Religion qui l'a- Toit reschauffé en son sein»; il put encore moins se persuader qu'il serait attaqué dans la ville oi^ il commandait par celui-là môme qui lui en avait confié le commandement. Il ne prit donc aucune mesure de défense, et ne songea même pas à augmenter sa garnison qui était si faible, qu'à peine put-il, lorsque le canon ennemi eut pratiqué trois brèches dans les faibles murailles de La Charité, les garnir d'une quaran-
Ïnhl. par J. Rivery, b Laosanne. 1556, fn-IS. 1 y a éf idemment c rrear dans cette iodicatiOB. LeDorhat, et d'après loi, M. Boehon (Panthéon liUèraire)se sont également trom- |és, en le sopposant Tantear de VErcellent et Ubre discours sur Vital frisent de lu Fruuee^ pamphlet qai appartient à Michel BurmUt (Voy. ce nom).
(1) Ce beau manascrit forme oni^ vol. infol., et non pas six, comme nous l'avons dit k rtrt. GOYON, indoit en err«>ar par on de XM. les bibliolhéraires de la Sorbonne, qoi Boos avait afOrmé qoe la BIbliothèqae n'en IKMSédait pas davantage. Il provient évidem- ■ent de la bibliotbèqoi» de Mornay, ainsi qQ*ao magnifiqoe exemplaire do Mystère d*i- Biqnité, qoi ^e conserve a la biblioth. Haurloe.
taioe d'hommes pour les défendre. La mutinerie des habitants qui se déclarèrent contre lui en faveur des assiégeants, hâta la reddition, d'ailleurs inévitable, delà place. Morogues dut s'estimer heureux d'obtenir une capitulation, que le doc de Guise fit respecter. Il sortit de la ville, ainsi que ses lieatenants, Philippe de Lafin le jeune, Valenville^ Villeneuve^ La ReinvUle^ Tauvenay, avec leurs chevaux et leurs armes, les soldats avec l'épée seulement.
Morogues continua à porter les armes pour la Cause au moins jusqu^en 1585, qu'il alla rejoindre le drapeau du prince de Condé. Il avait épousé, en 4569, Marie Bochetely veuve de Jacques Bourdin, sieur de Villaines»
secrétaire d^état. Deux fils naquirent de ce mariage : âlexandri, qui suit, et Henri, qui fit souche.
I. Alexandre de Morogues, sieur du Sauvage, gentilhomme ordinaire de la chambre, épousa Louise de Monekfy dame d*Ercourt , et, resté veuf, il se remaria, en 4 637, avec Joaehine Ik^ hra-de-Raconis, Sa première femnoe le rendit père, sans parler d'un fils, nommé Benjimin, mort en 1631, k l'Age de 23 ans {Reg. de Charent.), de GuT,. dit Bourdin, à cause d'une substitution faite en sa faveur par son oncle, lequel prit pour femme, en 4636, Marie Lhoste, dame de Médan, fille à^Hilaire Lhoste^ sieur de Montfermeil, secrétaire du roi, et de Marie Amault. De ce mariage naquirent :
4* Jbin- Alexandre, vicomte d'Ercourt, sieur de Médan, mort le H jauT. f677, à l'âge de 37 ans, ne laissant qu'une fille, Anne, de sa femme Anne Bazin, fille de Jean^ sieur de Limeville, commissaire général de la cavalerie légère, et de Henriette de L(m- ^gny ; — V Marie, présentée au baptême, le t% juill. 4 637, par son grandpère paternel et sa grand'mère maternelle, et mariée, en secondes noces, en 4666, à Jean de Philibert, sieur de Piégut, fils de François, sieur de yenterol,etde Lucrèce Du Puy-Mont--
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hmn (4); — 3* Fiinçoisb; — *• Jbanhb, morte jeune ; — 5* JoACHmit femme, en 4 674, de Jacques de Potcal, sieur de Saint-Félix, ûls de feu Pierre de Pascal, sieur de Conques, et à^Anne de Maistre ; — 6" Louise, sée en 1645, qui épousa Pierre de Narhonne, et émigra avec sa sœur Joachine à la révocation {Areh, gin.
Tt. 330).
II. Henri de Morogues, sieur de Lonfroy, assista, comme ancien de l'église de La Charité, à plusieurs synodes provinciaux. Il épousa Marie Le Valois j fille de Louis, sieur de Villette, et de Catherine Bourdin^ dont il eut: r Henri, qui suit; — 2* AiiNB, femme de Jacques de Cossay^ sieur de Lussy; — 3* Marie, épouse de Gédéon de Ramber^ sieur de Tauirenay; — 4* Louise, mariée à GaS' pard de Cossay, sieur deCizely, frère de Jacques.
Henri de Morogues, sieur de Lonfroy et de Fontfaye en Nivernois, prit pour femme ifart^ de Cramanne{À\k% La Ramane), fille de François, sieur de Thoury. Il en eut : 4'' Henbi-Louis, qui suit; — 2* Jacques, sieur de Thoury, tué au service; — 3* François, sieur de La Selle, né en 1640, qui épousa, le 8 fév. 4685, Susanne de Laubéran-de-Montigny^ et passa avec elle en Hollande à la révocation;
— 4* Pierre; — 5* Philippb-Mabc ;
— B* GuT, sieur de Fonlfaye, capitaine au régiment de Langalerie, qui épousa, en 4670, Edmée deJaucourtéTEspeuilles, et abjura avec toute sa famille à la révocation ; il mourut en 4690; — 7* Anne, femme de Jacques d^Yse, président au parlement de Grenoble.
Henri-Louis de Morogues,. sieur de Lonfroy et en partie du Sauvage, épousa, en 4 658, Madelaine de Philibert^ fille de François, sieur de Yenterol, et
(4) Elle moanit a Piris aa moisde janiier 4739.PeDt-ètre est-elle la même que Marie d$ iloroguei^quï abjura ea 4685, en même temps
Joe CéOtherine de Boiêgutilaume, descendant *iio eapiiaine qoi s*était signalé k Contras.
de Lucrlee Du Puy-Montbrun. Enfermé, en 4 688, dans le couvent de SainU Martin de Nevers, il se convertit an bout de trois semaines, et son fili, François, sieur de Guichy, qui avait été mis dans celui de Saint- Etiennet suivit son exemple. Ce François devint seigneur de Médan par son mariage avec sa cousine Anne, q^i> elle aussi, avait dû probablement signer son abjuration; mais la conversion de Tun et de l'autre était si peu sincère, que Louis XIV leur fit témoigner, eu 4700, son étonnement de ce qu'ils ne se conformaient pas plus exactement à sa vo« lonté {Arch. gin. E. 3386).
M011U8 (ALEXANDRE), UU dOS plvf
célèbres prédicateurs prolestants dans le xvii* siècle, né à Castres, le S5 sept. 4 64 6, et mort à Paris, le 28 sept. 4 670. Morus apporta en naissant un cœur ardent, une imagination vive, germe fécond de grands talents, mais aussi de passions violentes. Dès le collège, il se fit craindre, et par conséquent haïr, do ses condisciples par son caractère im-
Eérieux, irritable, vindicatif, et de onne beure il montra pour la galanterie un penchant qui s'accordait mal avec l'austérité de mœurs exigée d'un conducteur de l'Eglise.
Après avoir achevé d'une manière brillante ses humanités au collège de Castres, oi^ son père, écossais d'origine, remplissait les fonctions de principal, il partit, à l'âge de 20 ans, pour Genève dans l'intention d'y étudier la théologie. En 4639, c'est-à-dire aa moment même où il terminait ses études, la chaire de grec étant devenue vacante et les curateurs de l'académie ayant invité les étrangers mêmes à entrer en lice pour la disputer, Morus ne craignit pas de se mettre sur les rangs, et il l'emporta sur Etienne Le Clerc et d'autres concurrents non moins redoutables. Ce succès commença sa réputation. Elle s'accrut par les innovations qu'il introduisit dans l'enseignement de la théologie et surtout dans la prédication, lorsqu'il succéda, en 4642, à Frédéric Spanhcim comme
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minisire et professeur (O. Ce ne Oi^t qu^après une lutte assez fougue entre le Conseil et la Vénérable Éoœpaguie que Morus put prendre possession de sa chaire. Déjà le consistoire avait fait difficulté de le recevoir au ministère, Taccusanl d'opinions peu orthodoxes sur la prédesiinatiojp, la grâce* le péché originel et la satisfaction. Il n'avait cédé, 'au mois d^oct. 4 641, que sur Tordre réitéré du Conseil, et seulement après que le candidat eut signé une déclaration portant, qu'il rejetait les opinions condamnées par leSvnode d'AIençon. Il paraît que cette fois la résistance fut moins vive. On lit, en ^ffet. dans les Fragments de Grenus, sousladaiedu lOoct.:» Sp. Alexandre Morus, élu professeur de théologie, a été exhorté à se vouer pour toujours au service de celte académie, sans écouter aucune autre vocation, voyant surtout le cas que le Conseil fait de ses dons relevés, et qu'il a été appelé à la profession la plus considérée, ce qui est comme une espèce de mariage spirituel par lequel il se lie de plus fort à celle église et académie. Il en remercie très-affeclueusementla Seigneurie, en déclarant qu'il a besoin de l'agrément du sieur Morus son père, auquel on écrit à cet effet.»
L'orgueil de Morus se trouva singulièrement flatté de ce triomphe. La vocation queTéglise française de Lon* drcs lui adressa la mCme année, stimula encore sa vanité, et la dignité de recteur h laquelle il futpromuen 1645, acheva de le remplir d'une présomption insupportable. Il prit comme à tâche d'irriter ses collègues par sa hauteur et ses dédains. Sa perle fut jurée. De nouvelles plaintes furent adressées, en 1 6iG, au magistrat. On l'accusa de sentiments erronés touchant l'imputation du péché d'Adam et la foi des Pères de l'A. -T.; mais le Conseil se contenta d'exhorter pasteurs et pro-
(1) Sénebicr prétend que Morus fui reçu k re doiihlo emploi, au mois de janvier 164% ; mais il se trompe. Spaiiheim n'obtint soD congé qu'au muiâ de mais de cette aoDéf.
f esseurs à vivre en paix comme il convient à leur profession, et à éviter de traiter des questions oiseuses. Cette attaque n'ayant point eu le résultat que ses ennemis espéraient, ils se mirent à épier sa conduite, et bientôt de sourdes rumeurs circulèrent sur la dépravation de ses mœurs, non-seulement à Genève, mais à l'étranger. Morus, comprenant que b place n'était plus tenable, se montra disposé ik la quitter.
D'un autre côté, comme le but de ses envieux était atteint par son éloignement, la Vénérable Compagnie n'hésita pas à lui donner, le 25 janv. 1648, un excellent témoignage a sur sa probité et saine doctrine au sujet des calomnies publiées contre lui aux Pays-Bas. »
Il était question; en effet, pour Morus d'une place de professeur de théologie à Middelbourg, que les magistrats de cette ville lui destinaient sur la recommandation Je Saumaise (Archiv.
de Genève, N''3191 et 3194), ipais à laquelle ils ne voulaient sans doute l'appeler qu'après s'être enquis de la vérité des bruits qui couraient sur son compte. L'attestation du consistoire genevois ayant levé leurs scrupules, Morus prit possession de cette chaire en 4649, après avoir prêché à Maêstricht devant le synode des églises vrallonnes. Dès le mois de nov., l'église française de Middelbourg écrivit à Genève une lettre pleine d'éloges sur son nouveau pasteur, se félicitant d'une acquisition qu'elle ne devait pas conserver longtemps. En 1651, l'académie de Montauban,désirants'attacher un homme aussi illustre, demanda au synode provincial assemblé à Castres de rappeler Morus en France comme successeur de GarissoJlcs ; mais le commissaire royal, Guillaume Du Put/^ sieur de* La Gade , s'y opposa sous prétexte que le professeur de Bfiddelbourg avait des- relations avec les ennemis de l'Etat {Arch. ÇiUlIt, 290).
Vers le même temps les curateurs de l'Ecole illustre d'Amsterdam offrirent à Morus la chaire d'histoire ecclésiastique laissée, vacante p(ir la mort de
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Vosftius. Il la refusa d'abord, et ne consentit à Taccepter plus tard que sur leurs instances réitérées.
Rien ne pouvait alors faire prévoir l'orage qui allait fondre sur lui; la haine même semblait réduite au silence, lorsque la publication du livre de Pierre Du Moulin, Clamor sanguinis regii ad ccelum (Uagae , 4653 , in-42) lui suscita un nouvel ennemi, plus redoutable que tous les autres. Milton, qui était extrêmement maltraité dans ce libelle, voulut se venger de Tagresseur. Dans la fausse persuasion que Morus en était Tauleur, il prit des renseignements sur sa vie , et, sans information, il se hMa de publier tout ce qu'il put recueillir de défavorable sur son compte.
Morus eut beau fournir les attestations les plus honorables sur ses mœurs et sa doctrine, il ne parvint point à détruire la fâcheuse impression laissée dans les esprits par la réponse de l'illustre poète.
Ce fut sans doute pour se distraire des ennuis que cette affaire lui causa, qu'il demanda, en 4654, un congé de trois ou quatre mois. Il avait l'intention de le passer en France; mais au lieu de s'arrêter dans sa patrie, il se rendit en Italie , où il resta plus d'un an, comblé d'égards par le grand-duc de Toscane et de marques de distinction par la république de Venise, dont il avait chanté une victoire sur les Turcs dans un beau poème latin. A son retour en Hollande, loin de le bl&mer d'avoir dépassé son congé, le synode des églises wallonnes , tenu à Leyde au mois de mai 4656, le congratula sur les honneurs qu'il avait reçus. Il est probable que la vanité de Morus poussée à l'ei* ces par ces éloges, réveilla la haine de ses ennemis et lui en créa de nouveaux. Quoi qu'il en soit, il fut accusé devant le synode de Tergow , qui se tint le le 23 avril 4659, de « mensonges, faussetez, fourbes, impiétez, ingratitude, orgueil insupportable, vices infimes, » et sommé de se justifier. Il refusa d'obéir, alléguant sa qualité de français. Depuis quelque temps, en
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effet, un grand nombre de Protestants de Paris le désiraient pour pasteur.
Leurs vœux n'ayant point été écoutés par le consistoire de Cbarenton, ils en avaient appelé au synode provincial, qui s'assembla à Aï, le 8 mai 4 659, et qui leur accorda leur demande, malgré l'opposition de Papillon, avocat au pariement et ancien de l'église, après un examen attentif des attestations avantageuses que produisit Morus, attestations signées par les magistrats, les pasteurs et les professeurs de Genève, les pasteurs et les professeurs de Middelbourg, les bourgmestres et les curateurs de l'École illustre d'Amsterdam. Défense fut môme fait ^ Morus de retourner en Hollande pour se justifier devant le syno* de de Nimègue, qui le frappa d'excommunication comme rebelle, au mois de sept. , quoiqu'il fût attaché à l'église de Cbarenton depuis plus de trois iQois. Le Synode national deLoudun , devant lequel le débat fut porté par l'appel de Papillon et du consentement des églises hollandaises, se livra de nouveau à une minutieuse enquête, à la suite de laquelle il déclara « qu'il n'avait rien trouvé qui obligeât à condamner ledit Morus, ni à flétrir sa personne, ni son ministère. » Il fut donc confirmé dans la place de pasteur de l'église de Cbarenton; le synode l'exhorta seulement à mettre plus de circonspection dans sa conduite et à prendre garde d'offenser personne par ses paroles ou ses écrits. Morus ne profita pas de ce sage avis.
On peut à peine concevoir aujourd'hui l'enthousiasme que ses prédications excitèrent. A en juger par ceux de ses sermons qui ont été imprimés, il ne méritait pas la réputation d'éloquence qu'on lui a faite, car ils ne sont remarquables ni par l'énergie ou la beauté des pensées, ni par la noblesse ou le mouvement du style. Ce qui charmait son auditoire, c'était la grftce, la chaleur de son débit, et surtout les allusions piquantes, les traits satiriques, les bons mots, dont il semait ses discours.
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Comme à Genève, ses étonnants succès excitèrent la jalousie, etsonori^eil,sonhumeur caustique froissèrent les susceptibilités de plusieurs mem* bres du consistoire. Il se forma contre
gii une cabale dans laquelle entrèrent esForgeS'Le Coq, Massanes^ Beau- 'champ , Des GcUesnières, le ministre paillé lui-même, qui, au synode d'Aï, avait appuyé de toute son in&uence ceux qui le demandaient pour pasteur.
.On chercha d'abord à Téloigoer sans bruit, et on lui conseilla, sous main, îe faire un voyage en Angleterre. Ses partisans prétendent que ses adversaires voulaient se donner le temps de Cesser leurs batteries , et que Morus tomba dans le piège. Ce qui est certain, c'est que le consistoire lui accorda avec une grande facilité un congé et gûe, pendant son absence, de sourdes
imeurs se répandirent sur son compte.
son retour, craignant apparemment le voir se renouveler ce qui s'était
Sàssé en Hollande, il voulut donner sa éffli^ion; mais un grand nombre de chefs de famille l'ayant supplié de resa^, il céda à leurs instances. Déçue dans sou espoir, la cabale changea de tactique. Massanes et Le Coq ne rougirent pas de descendre au vil rôle g'espions. Ils s'attachèrent aux pas de ^rus, afin de surveiller ses démarches, et il faut avouer que la conduite du pasteur ne prêta que trop aux plus fâcheuses interprétations. Peu habitué à tin travail suivi et à une vie sédentaire, il avait pris l'habitude de courir les rues, accompagné de Chapuuau , qui , sasts ô.tre « un hommeinfâme, un insigne scélérat» , comme le prétendirentplus tard les défenseurs de Morus, était au moins une espèce d'aventurier d'une moralité ÎÔj\ suspecte. Dans ces courses journalières, il se plaisait à mugueter les jolies femmes qu'il rencontrait, il leur donnait des rendez-vous, il les suivait même jusque dans des lieux oh la présence d'un homme de sa profession ne pouvait être qu'un scandale.
Telles sont au moins les accusatioa4 formulées contre lui par Chapuseau»
qui, probablement gagné à prix d^gent, fiait, au bout de quelques moi«y par le trahir. Peut-être y a-t-il de Texa"gération dans le mémoire qu'il présenta au consistoire, mais la plupart des faifk sont racontés avec des détails, tellemeii circonstanciés, jour par jour, heure par heure pour ainsi dire, qu'il semble ioipossible que tout soit faux daAs cette dénonci'dtion. Le consistoire l'accepta pour vraie , et, usurpant une autorité qui n'appartenait qu'au colloque, il suspendit le ministre, le lundi 4 0 juillet 4661. Cdtte sentence irrita vivement les partisans de Morus, au nombre desquels ou comptait Baptiste TarneoM, avocat au Conseil, Paul Sonnet y avocat au parlement, Mel^ ehior-Georges Tavernier^ contrôleur de la maison du duc d'Orléans, Antoine Stran (aliàs Estrang), banquier, edc, qui appelèrent à la CtianKhre de l'édH de cet abus de pouvoir. Malheureuse-»
ment, ils ne s'en tinrent pas là. Le 'dimanche suivant, 4 6 juillet, l'éiglise de Charenton fut envahie de bonne heure par quelques mousquetaires de la Religion et une foule de peuple. Ikûilé fils, qui devait prêcher, fut repoussé avec violence, et Morus porté comme mi triomphe dans la chaire. Ce scandale inouï cessa sur les représentutioas de personnages influents; mais la CoureU prit prétexte pour exclure tdus les mousquetaires protestants de oe ceiptt d'élite. C'était frapper à la fois les'in* nocents et les coupables; laChanolipe de redit BBontra plus d'équité. Sur la plaidoirie d'Omer Talon, elle se déclara incompétente et, par arrêt du %7 juillet, renvoya l'affaire à un colloque» qui se tint, le 40 août, par pemissioii du roi, à Charenton même, sous le présidence de Le Sueur père. Les appelants y députèrent l'avocat S^nn^t et La Bastide. Le consistoire de Parla fut blâmé de ne pas avoir procédé immédiatement à l'examen des acousationis portées contre le pasteur, maia d'en avoir remis la discussion du hmtii au dimanche suivant ; Morus fut iolef* dit pour un an^ ei une coiamiiiioa>
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eoifipoBée de Le Sueur père, Rancoih' net et Cottin, chargée de veiller sur sa conduite pendant le temps de sa suspension, a?ec pouvoir de le déposer en cas de récidive. Ayant promis de se réconcilier avec le consistoire, il ne fut pas eiclui de la Cène , comme le fut Chapuzeau , que le colloque censura.
Les enneroiiide Morus ne furent point satisfaits. Ils renouvelèrent leurs accusations devant le synode de Roucy, qui révisa le procès et aggrava la peine, en laissant toutefois à Morus la liberté de se pourvoir an synode de la Normandie ou à celui du6erri.ll choisit ce dernier, qui se tint ï Sancerre en 1664, et qui, après avoir soigneusement examiné l'affaire, jugea que Morus, s^étant soumis au jugement du colloque de Charenton, il n'y avait eu aucun sujet de procéder de nouveau contre lui; que le synode de Roucy avait sans aucun fondement revu le procès, et que sa senéence devait être cassée. «Et, lit-on dans UsActes de ce synode, après les fortes et graves remontrances qui iuy ont été ûiites par la bouche de M. le modéra*ieur, et les avertissemeus ^'il a reçus et se comporter à Tavenir av^c plus' de drcoQspection et de prudence, et de se tenir phiS attaché à son cal)inet, de s'abstesir de toutes ses courses dans left nés qui ont donné du soupçon contre Iuy, et de se conduire en toutes choses •n ielh knanière que chacun soit édifié ^ 9an exemple et de sa conversation, eèle Tu rétablyet rétabtitéès à présetft 6D tfmtes lesfonctfons deson ministère, «tl'a renYoyé dans son église en Pet^ «rcioe île sa charge. » & comme aft tiviU, dans l'intervalle, povté contre Haros de nouvelles accusaiiofts detaiM •te consistoire de Paris, le synode défila ke pasteurs Gantois, LenfaiU^ \Lùnjjwt et Varnier avec les anoient éb Soiéitelle, Bussih-e et Morin pour «H prendre connaissance sur les lieux, irendre un jugement définitif et récon« «Misir le pasteur avec le consistoire i^a0ihct. O^nrart, T. XIV).
Hcirus sxepça, depuis ce temps, sciti «iliMè^e MM être en butte k de bm-
velles attaques. Il mourut, après de longues souffrances, dans l'hôtel de b duchesse de Rohan, qui n'avait pa»
cessé UD instant de le couvrir de sa protection.Sa mort fut des plus édifiantes. Il rendit le dernier soupir en protestant de son innocence, et en répétant ces paroles du psalmiste :
MoB âme fn !m mains je viens rendre, Car ta m'as racheté, ô Dieo de vérité.
Ménage prétend qu'il avait voulu plusieurs fois embrasser le catholicisme; maispourquoinel'at-il pas fait pendant sa lutte avec le consistoire ?qui l'en aurait empêché? Dans la relation que l'on a publiée ï Genève de sa maladie et de sa mort, pas un mot ne tend à faire supposer qu'il ne soit pas mort plein d'attachement pour la religion réformée. Il fut enterré, le 2 oct., dans le cimetière deCbarenlon (Bea.de Churent.),
«Morus, dit Sénebier, eut de l'esprit avec les vices qui l'accompagnent quand la raison ne sait pas le régler; • il fut léger, imprudent, orgueilleux; l'il excita l'envie par ses talons, îl appela la haine par sa hauteur, son sa*^ voir étoit Vadte, mais superficiel; il croyoit avoir tout fait quand il avoit montré de l'adresse ou tissu des phrases sonores. Spanheim ne lui reproche que de l'orgueil. Saumaise disolt imMum se eognovissenoUîiôrem, seu capooiorem onmimm rerum guibus se ttppUcareiM laboris tolerantiorfuis- M, quodin eo dseiderabat, »
Les écrits de Horus sont assez nom« lireux, mais peu impertauts. Envorci^' la lisAe :
I. De neeessuriâ ÎMprtttiâ et li-biero kmmnijs arbUrio didptttutiones IV, subpr^sidîôA. Mort, Gen., J.de tournes, 4644, in-f.
II. Oratiode pac€, Gen., 1647 M '4!6e«,ln-4*;lrad.enfranç.,Gen.,4647, ili-4'.— Morus condamnefortemenllês di^ptlfês d'jlMyratt^ etdeSpaffheim sur la grftoe.
IIL Cahinus, oratio historiea et th pûlaffetica pro Joh, Calmno cvntfU Grotiim, Gen., 4648, hi-4*.
lY. VietoriagratùBM^ëoKHH,
MOK
MOT
in-4v — Nouvelle édit. du N* lavec des augmentatioDS.
y.Oratio de duohus Genevœ mira' culis,sole et scuto, Medioburg., 4 65Sr
in-4'.
VI. Causa Deû id est, de Scripturâ sacra exercitationes genevenses^ Mediob., 1653.in-4'.— Divisé en trois parties A* De auctoritate S.ScriptV" rœ; VDecanoney deintegritatetextûs hebraïci, de LXX et aliis versionibti^ grœciSy de hexapUs Origenis, de Vulgatâ latinà; Z'^Deperfectione S. Scriptura,
VU. Fidespuhlica contra calumnias i. Miltoni scura, Ilagae Com., 4654, '\ïiAt,—Supplementum,h^^b, in-12.— On trouve dans ce volume un grand nombre de certificats très-hono* râbles pour lui.
VIII. Eusebii episc. Cœsar. Chroniconcum aliis e jus continuât oribus, grœc. lat., cttmque notis /. ScaligC' nï, Amst., 4658, in- fol.