‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 157 sur 169 · MGR · texte numérisé non relu

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de prospérité ^ la fondation de Pacadémie établie par lettres-patentes du roi« en date de 4 593 , accordées ^ la demande de Mornay, qui , tant qu'il resta gouverneur de Saumur, consacra à celte utile institution ses soins et sa fortune. «La juste célébrité qu'elle acquit en peu de temps attira une foule de jeunes gens des familles les plus riches et les plus distinguées de Frauce, de Hollande, d'Angleterre, d'Ecosse et d'Allemagne. Cette jeunesse trouvait \ Saumur tous les établissemens nécessaires à son éducation. Outre cette académie, où l'on enseignait la théologie, la philosophie, les belles-lettres , les langues anciennes et modernes, et même les langues orientales, il y avait encore deux collèges pour les humanités, l'un pour les Catholiques, l'autre pour les rroteslants, et une académie d'équitation où d'habiles maîtres formaient les jeunes gens à tous les exercices du corps.»

A l'époque où nous sommes parvenu, c'est-à-dire en 4604, l'académie de Saumur n'avait sans doute pas reçu tout son développement, et Téglisene comptait pas encore un aussi grand nombre de fidèles; cependant la charge étant lourde pour un pasteur seul , il était urgent de remplacer les deux ministres décédés. Mornay prit des informations de divers côtés. Il s'adressa, entre autres, au savant Du Jon^ qui ne

Sut se décider à rentrer en France.

Infin, la mort funeste de Macefer, en 4602, ayant mis le consistoire dans le cas d'adopter sans retard un parti, il se décida à appeler Boucher eau, i^\ étudiait à Leyde aux frais de l'église.

Quelques années plus tard. Du Plessis fit venir, pour le seconder, l'écossais Trochorège, et il obtint de l'académie de Hontauban le prêt du pasteur Béraut pour quelque temps. Dès lors l'académie de Saumur,qui avait été ouverte en 4 604, selon le témoignage deBenoit,mais dont la dédicace ne se fit que le42 ocl.4606, prit un rapide accroissement. Le nombre des étudiants devant en peu de temps très-considérable.

Cestau miliieu des soins qu'il se donnait pour la prospérité non -seulement de l'église deSaumur^mais de toutes les églises de France, que le coup le plus terrible vint frapper Mornay. Son filt unique, «gentilhomme autant accompli et regretable qu'il y en ait eu eo France il y a longtemps, lit-on dans L'Estoile, tant pour la probité et doctrine que pour la valeur», fut tué, en 4605, à l'Age de S6 ans, \ l'attaque de Gueldre. Le prince Maurice et tous les compagnons d'armes du jeune officier témoignèrent la plus vive do.uleur de sa mort. Soa cœur fut porté dans la ville de Wesel* accompagné de tous les colonels qui défilèrent devant l'armée rangée en . bataille ; mais son corps fut mmené en France par de Liequee, La Roche et d autres officiers du malheureux oère, et déposé dans un tombeau que mornay avait fait élever près du temple de Saumur pour la sépulture de sa famille. Toute la ville, sans distinction de culte, voulut rendre les derniers devoirs aux restes de ce jeune hommcets'associsà la douleur de ses parents.Sa mère^dont la santé était chancelante depuis longues années, ne put survivre à sa perte. Elle le suivit dans la tombe, le 45 mai 4 606, à Tâge de 57 ans.après une mar> ladie de huit jours qu'elle passa dans Hat prière etla lecture de l'Ecriture sainte. «Elleestoit,ditde Licques, d'un espdt merveilleusement vif et fort, avoit on jugement meur et arresté plus que le sexe ne semble porter, ne s'esbranloit de désastre quelconque ou péril qui leur survint. Au reste, si ennemie du vice et d'une action si sévère à rencontre »

qu'elle estoit crainte et respectée des plus qualifiez et des plus émancipes.

Surtout reluisoit en elle avec la piété une charité si grande, qu'il est incroyable l'assistance que recevoyent d'elle en toutes sortes les pauvres et les aflligés.» Elle expira en faisant promettre à son mari «de ne poinct se rendre moins utile à l'Eglise par la tristesse qu'il r^ cevroit de sa mort. »

A peine Du Plessis yenait-il de déposer dans la terre les dépouilles mor-^

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telles de la compagDe de sa vie, qu^un ordre du roi Tappelaii Paris pour le règlement des affaires delà maisoo de Na* Tarre, dont il avait, depuis sa disgrâce, abandonné le maniement à Calignon, Henri IV, qui n'avait plus à garder autant de ménagements avec le pape, lui fit un très-bon accueil. Mornay fut de retour à Saumur, le 44 juin 4607. Il ne revit plus son maître. Quelque légitimes motifs de plainte qu'il eût contre ce prince égoïste et ingrat, il manifesta la plus vive et la plus sincère douleur à la nouvelle de son assassinat, catastrophe fatale qu'il redoutait depuis longtemps et en prévision de laquelle il s'était tracé d'avance un plan de conduite, afin de ne négliger aucune des mesures que la gravité des circonstances commanderait dans l'intérêt des églises et de la tranquillité publique.

La reine-régente, qui avait pour ses Tertus beaucoup d'estime et qui connaissait son empire sur les esprits de ses coreligionnaires, lui témoigna dV bord de l'affection et de la confiance ; mais plus tard, elle prêta une oreille trop complaisante aux insinuations du duc de Bouillon^ qui, irrité de la préférence accordée à Mornay par l'assemblée de Saumur pour la présidence, se Tengea d'un prétendu affront en accusant Du Plessis de tout ce qui s'était fait dans l'assemblée contre les intentions du gouvernement.

L'assemblée de Saumur, autorisée par un brevet du mois d'octobre 4610, s'ouvrit le 22 mai 464 4. Elle devait s'occuper surtout du renouvellement deladeputation générale. Elle fut nombreuse. Du Plessis-Momay,le baron de BletyFleury, pasteur de Loudun,^(mehereau, ministre à Saumur, de Hau- MO»/, conseiller du roi en la sénéchaussée de Saumur, et de Bruges^ receveur des tailles à Loudun» y furent députés par l'Anjou, la Tonraine et le Haine; de Parabère^ lieutenant du roi en Poitou, de VéraCy de Saint Germain, é^Aubignéy Clemenceau , pasteur à Poitiers, Des Fontaines et La Mille- Hère, par le Poitou ; de Rious, La

Rocheheaucourt, Pons de Pons, Du Parc-éTArchiac, La Chapellière, mïnistre de LaiRochelle^ /?t17^^^-CÂam|lto vernon, pasteur à Taillebourg, Boisseul et de Fontenelles, par la' Saintonge. La Rochelle, se fit représenter par Jacques Le Vacher ou Po^W, sieur de La Casse, ancien maire, Benjamin Bernon, sieur de Listeau , échevin , ilmo^^ar^o/, bailli du grand Befd'Aunis et un des ^^\x%,Danielde La Goui- <e, conseiller et avocat du roi au présidial, également pair de la ville. La Basse-Guienne envoya les barons de Lusignan et de La Case, Bançons, ministre à Tooneins, de ManiàCd, a- Tocat au parlement de Bordeaux, et le comte .de Panjas. Les députés du Haut-Languedoc et de laHaute-Guienne furent : de Villemade, de Barjac, Gardesi, pasteuràlfauvesio, La Gar^ rigue, le tnarquis de Cenevières; ceux du Bas-Languedoc : de Bertichhes, Ferrièr, pasteur de Nismes, Brunier, pasteur d'Uzès, de Gondin, viguier d'Uzès, de Carlencas^ premier consul et viguier de Montpellier, de La Calmette, premier consul de Nismes, et de Châtillon, La Provence fut représentée par les barons de Scnas et à'Ajon , Récent, ministre à Mérindol , e{ Meuse, deSeyne; le Daunbiné, par de Montbrun, de Champoléon^ Charnier, Parât, Vulson, Bellujon; le Yivarais, par René de La Tour, sieur de Chambaud, Michel Le Faucheur, pasteur d'Annonay.DaotV^ d*Alleyrae, sieur de Chambezon, docteur en droit.

La Bourgogne envoya de Rouvray\ de Chabottes , Baille, pasteur de Lyon, et i4n»tf<; l'Isle- de -France « la Picardie et la Champagne : Mont^ louet. Des Bordes t\ Errant, pasteur ï Paris; l'Orléanais ; Charles de Blair^ sieur d'Oynville, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi et maréchal des logis de sa compagnie de gendarmes, Samuel de Chambaran, ministre à Marchenoire, et Jean Amorette, avocat à Issoudun. Les députés de la Normandie furent le baron de CourtO" mer, de Bertreville, de La Motie^

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conseiller au parlement de Rouen, et La Rivière^ pasteur à Rouen; et ceux de la Bretagne : Rotan.ùe Montbarot^ Du BoiS'de-Cargrois , Du Préau, pasteur à Vitré, et SouHse, Enfin malgré les sages représentations de Mor* nay, « que par là on donneroil sujet de réunir lepaïs au royaume, et au clergé de France d'embrasser les affaires des évesques dont s'en suyvroit qu'on youdroit régler le pais par les lolx et édits du royaume en quoy et Testât et l'église auroit beaucoup à perdre » , l'Assemblée admit dans son sein les trois députés du Béarn, Pierre de Biron, baron d'Arros, Gaillard Du Casse ou Cassou, pasteur de Sallies, et Jean de La Forcade ou La Fourcade, conseiller du roi, ancien de TégOse de Saint-Palais. Les grands seigneurs du parti, qui n'étaient point au nombre des députés, avaient été, suivant le conseil de Mornay, invités aussi à y assister.

Bouillofii Sully, La Force et La Tréntoille se rendirent à cette invitation, ainsi que les deux députés généraux, dont les pouvoirs allaient expirer. Lersdiguilres s'excusa par lettres auxquelles l'Assemblée répondit en le remerciant de «sa grande affection et trèsnotables services qu'il avoit rendus de tout temps aux églises, et de la grande francbise par laquelle il promettoit adhérer à toutes ses résolutions. »((7oZlect. Dwpwy, N°213.)

La première séance fut uniquement consacrée à la vérification des pouvoirs et à la nomination du bureau. Du Plessis-Mornay fut éluprésident,malgré les intrigues ^% Bouillon^ CA(M«ier, viceprésident. Des Bordes-Mercier, secré-.

taire. La seconde séance n'eut lieu que le 28. Les députés présents signèrent l'acte d'union et promirent devant Dieu «de nebriguerdirectementou indirectement pour estre députiez généraux des églises vers S. M., soit pour résider en Cour ou autrement, ny de bailler leurs voix à ceux qui pouroienl les requérir de les nommer ou qu'ils connoistroient avoir brigué en quelque façon que ce soit. » Le 30, on élut la commission

pour « compiler le cahier général des demandes des provinces»; elle futcomposée de La Case, d'Aubigné, Baille, Rivet, Armet et La Millelière. Son travail a été publié dans le T. XI des Mémoires de Du Plessis-Momay .Voici les principaux articles du cahier qui fui présenté à la reine- régente par LaCase, Courtomer, Ferrier, Miraude et Armel:

Que S.M.fasse jouir les églises de l'édît tel qu'il a été expédié à Nantes et accepté par leurs députés, et non en la forme qu'il a été vérifié au parlement de Paris; qu'il lui plaise nommer deux commissaires, l'un catholique et l'autre proleslant,pour en surveiller l'exécutio dans les provinces; que les Prolestants oe soient pas contraints à qualifier leur religion de prétendue réformée; que leurs ministres jouissentdes mômes inamuuités que les ecclésiastiques calholiqucs; que leurs cimetières leur soient rendus, et des mesures prises pour prévenir les troubles qui eclaleut ordinairement aux enterrements des gentilshommes réformés dans les temples ou chapelles où ils ont droit de sépulture; que les prédicateurs et les confesseurs qui émeuvent le peuple à sédition soient punis d'une manière exemplaire; que le nombre des fêles soit réglé ; qu'aucun fonclionnaire ne soit privé de son emploi pour cause de religion; qu'il soit permis aux Protestants d'avoir partout des écoles, et que les académies de Saumur et de Monlauban soient mises sur le môme pied que les autres académies du royaume; que S. M. crée en faveur des Réformés un certain nombre d'offices de substituts, d'huissiers, de notaires, de greffiers; que le traitement des pasteurs et la solde des garnisons des places de sûreté soient assurés; que les Jésuites soient exclus des places tenues par les Protestants, et l'exercice du culte catholique transféré du château dans la ville; que la garde de ces places leur soit encore laissée pour dix ans ; enfin que les Reformés soient autorisés à tenir tous les deux ans, et dans la ville qu'il leur plaira, une assemblée générale pour la nomination

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directe de deux députés généraux (4).

La Case et ses qna're collègues par* tirent de Saumur le 28 juin. Le 26 juillet, ils annoncèrent à PAssemblée que le cahier était répondu, mais que les réponses ne leurseraient remises qu'après la nomination de six candidats pour la députalion générale, et qu'en outre, la Cour ne voulait pas entendre parler de traiter les affaires du Béam avec celles des églises de France. On les invita à fortement insister; mais ils revinrent, le 7 août, sans avoir rien obtenu. Seulement, pour leur montrer ses bonnes dispositions, la reine-iâère leur avait \om\s un extrait des réponses, en les engageant à presser l'Assemblée de se conformer à ses intentions. Les députés des églises ne voulurent point céder; ils prirent, le 46, la résolution de ne pas se séparer avant de connaître les réponses du gouvernement à leurs demandes, et, le 80, ils adressèrent aux provinces une circulaire pour leur rendre compte de l'état des choses. Le 29, l'Assemblée adopta le Règlement général pour les conseils et assemblées provinciales, dont l'établissement avait été décrété par l'Assemblée de Sainte-Foy {Voy, ÎV, p. 553). Ce règlement avait été élaboré par Bouillon, Rohan» Sully , Soubise, Montbrun, Saint-Gerfnain^ û'Aubigné et Fontenelles. 11 portail qu'un conseil, composé d'un nombre indéterminé de membres des trois ordres recommandables par leur probité et leur expérience* serait établi dans chaque province. lldevait être renouvelé lotis les deux ans, en tout ou en partie, au gré des provinces. Cesl à lui qu^apparliendraillaconvocation des assemblées provinciales, formées de députés de chaque église en aussi grand nombre que possible, choisis dans les

(1> Le 9 jain, l'Assemblée prit noe rèsolation portaut qa'elle élirait non pas lix etn- 4ldats à la dèpatation, comme le demaodtii ït gonveroement, mais deni députes «saivtDt ee qoi avoii esté praetiqaé a leor première institution». Le mode d'élection des dépatés fénèranx fut toujoars one pomme de discorde •■tre les assemblées hiiSHe&oltetetle gouvernement central.

trois ordres par les chefs de famille, à la pluralité des voix. Les présidents, pris toujours dans l'ordre de la noblesse, seraient élus à la pluralité des voix. On y voterait par tête, à moins d<e réclamationdelapartdequeiqueéglise.

C'est dans ces assemblées que devait avoir lieu la nomination des députés aux assemblées générales, au nombre de cinq au plus, de trois au moins, choisis dans les trois ordres {Fonds de Brienne, N" 222). Ce règlement, qui établissait ainsi le vote à deux degrés, ne fut pas adopté par toutes les provinces. La Rochelle fit réserve de ses privilèges, et le Bas-Languedoc refusa formellement de l'exécuter (t).

(1) Cette décision fat pi ise dans rassemblée de Sommières (1611), a laijuelle assistèrent: Poar la noblesse : de Fona, de Gangei^ de Saint'Privat^ de Saint-Véran, GondiUy de La Roche^ de Saint-Rome^ de Moussac, de Strint-Ravpy de Comàas, de P^ux^ de Saint' JfOH-de'Yidaa, de Montnmaud, Dayran^àt Durfort^ de Clairan, de Sainl'Chonunis (Saint* Chamond ?), Saint-Leiory^ de Clausonne, de Cardet, de Vestric, Favier^ de La Lauze, de Pougnadore»êe, A'AHson, de Viltf vieille, de Villeneuve^ de La (kUmette, de Boiêset, de Feloly, de Cassaynolies, Descourt», de Lêuse, de La Biaijuiére, de Saint-André-de-Vatùor~ gne; — Poor le clergé: 'Niasoles, Junin, Vé^ , drinety min., de Feu*, Du Maiatre, de Ifofil. faucon, aoc. (colloque de Montpellier); de Lti Paye, Ollier, min., de La Heanerie, anc, (colloque deSalnt'Germain);fio»//f, Chante, Jui/amon, min., de Sainte Croix, de La Jtenvi/re, anc. (colloque de Ninneik); File, Dêê MaretH, Courau, miu ,Ae La Gar^Ie^ de Coidoutle, Combea, anc. (colloque d'Andnie); Abraham, Olivier, 9ony, min., Foure^ aac. (colloque de Sauve) ; Pâlit,:B0uton, fauckier, min., Bérard, Baaiide, Moiaaard, anc. (colloque d'Uzès); — Pour les villes: Sigillory, consul, Verchand et €nate de Montpellier; Bekouia ei Choéaa deNisines; Jeannéia, iierone/, consuls, Doutuergue et C/mcyd*lIzès; Rivière des V9us ; Yittar, consul de Saint- Ambrolx; de So^/iVre, consnl de Barjac;dM« mairic,ton6a\,Gatliére, de Sommières; d'fintrevaux cooi-ui d'Alais; de Sarrouil, con^l irAimargues; Vatobacure de Sauve; Ptanchon de Marsillargnes; Dupont^ consul du Vigan ; Bimar, cnpsul d*Andaze, David, consul du Poossan; itonnel, consul de Lunel ; Fabre, consul de Ganges; Satlea, consul de Blelgaell; — Pour la magistrature: àeBoucaud, preûiter président, et de Serrea, général en la eôlir des aides, d- Clausel elAe Janvier, maftret en la chambre des comptes, de Vaiobteure b\ Dumoia, conhcillers au présidial de Montpellier, Dr.'l/tu'/Aon et de Baudan,conse\\\eTi la

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La réponse de la régente fut communiquée, le 3 sept., à l'Assemblée par le commissaire du gouvernement Bullion; c'était un ordre, minuté par le duc de Bouillon, de procéder sur-le-champ à rélection des six candidats. Eu cas de refus de la part de la majorité, la reine autorisait la minorité à dresser la liste, et ordonnait à rassemblée de se séparer sous peine de désobéissance. Pour éviter une scission fatale, TÂssemblée, de Tavis de Du Plessis, se décida à obéir «aux exprès commandémens du roy et sans préjudicier aux droits des églises.» Son choix se porta BnvMontbrun.Bertreville, Bouvray^ Maniald, La Milletière, et Boisseul, Dès qu'il eut reçu cette liste, BuUion envoya au président le brevet des places de sûreté et les réponses au cahier des

Slaintes. L'Assemblée fut peu satisfaite e ces dernières, mais elle se contenta de les renvoyer à l'examen des assemblées provinciales, et se sépara, après avoir pris diverses mesures relatives k la défense des places de sûreté et au paiement de leurs garnisons.

Tous les efforts de Mornay avaient tendu à rétablir la bonne harmonie entre les Grands du parti et à maintenir l'assemblée qu'il présidait dans les bornes de la modération et de la prudence. Il ne montra pas moins de sagesse dans l'affaire de Saint- Jeanci' Angély; on peut dire que ses conseils, appuyés par la considération dont il jouissait, empêchèrent seuls les choses d'en venir aux dernières extrémités.

La reine-mère finit par oublier les mauvaises impressions qu'on lui avait données sur son compte, et pour témoigner à Mornay sa reconnaissance,

présidial de ISismes, de Gûlepin et Bonnet^ jages d'Uzès, Dei Baumes^ jage de Maroéjols, de jra//fri>,lieotenant da vigaier, etDtt Vidai, lieutenaotcriinioelà Sommières. Le président Boucaud fat éla président, non sans opposition de la part des gentiishommes, qat réclamaient cet bonnear poor la ooblesse.Ft/^ fnl nommé vice-président, et Bavanel secrétaire.Lebutde l'assembiée était d'entendre le rapport des députés da Bas-Languedoc a TAssemblée générale de Saamar ; ils furent re> merciés da zèle avec leqael Us avaient rempli lenr mission {Ardi. gin, Tt. S84;.

elle lui rendit ses pensions, dont Henri IV l'avait dépouillé(t). Mais quelque grande que fût l'influence du gcaverneur de Saumur sur ses coreligiouoaires,Ie moment vint où,la passion faisant taire la voix de la raison, ses conseils ne furent plus écoutés. Ce fut en vain qu'il pria, pressa, conjura l'Assembla politique de Grenoble de ne pas se charger du reproche « de s'être émue pour autre cause que pour la liberté de conscience» ;ce fut en vain qu'il la supp]ia«dene point polluer une si saincte cause par le meslange d'une purement civile», et qu'il lui représenta qu'elle n'avait pas « de vocation pour la réformation de l'Estat» ;il ne put l'eropècher de se prononcer, à la majorité de deux voix, pour l'alliance avec Condé»

et révénement ne tarda pas à hire repentir les Huguenots d'avoir méprisé ses avis prophétiques. Pour lui, il resta fidèlement attaché à la cause royale, et repoussa constamment les offres même les plus brillantes deCondéet de ses adhérents. Aussi la reine, dans une visite qu'elle fit à Saumur avec son fils, lui témoigna-t-elle combien elle était satisfaite de sa conduite.

(1) Moas avons troové, dans le vol. 211 da

Fonds de Brienne , un rôle des pensions

payées, en 1616, a des Piotestants Voici les

■omsde ceai qui y sont portés: Du. Plessis^

Mornay y La Noue, Du Bourg^Uaratat^Mouflmi-

Saint-Aubin^ Du Buat^ Vivani, Ckndieu,

Viçosty La Goy, Favat^ Puckarnauly Piekerom^

La Lagnde on La Ragade^Ruisy^La Cketnm^e^

La Suse^ Ytlpiouy Courtomer^ Boisguétiny de

Mons, Baisse^ La Meilleraye^ Samuel de Boxe^

ville, siear de Vadenrourt, de Keuty^ Fom^

tenay-Saint'Gertnain, Gourdon, Henri de Bmw"

dean^ La Trimoille^Laval^ son frère, ChâtiU4m^

La Cate, Saint'Germain--de'Clan, Pont^Ck^um»

baud, û*Arfos,Blttin»iUe, Jacques de Jaucvmri^

Saint-André, Bellujon, Villemade , Barimc^

ChandieU'Chabotlea^ Gallerande, le président

de Yignolles, Ahel deCoussay, siear de Saint-

Germain-Beaavoir, le président Boucaud^ jDs-

Coudray-Rochelle, Armel, de Suc, Du Verger^

le baron de Bénac, Gondin, Feuquièrei, Dm

Fray, Conforgien, La Cour, Du Faur, La P/«j»-

€he, d*Origny^ La Foresl, Du Bois, La Grmm^

ge, La Courte -du- Lude, Alison, Mouckmm^

Fiefbrun, Chastelier-Pérag, Sandiac, Mous f me ^

Bemegou, Carlencas, Saint-Christophe, Yéû"

Mon, La Forcade, Charnier, commandant aa

Pouzin, Biaise de Sénat, Chabot, goaiemear

de Macidan, Du Bar,

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Mornay d'ailleurs ne se laissa pas rebuter par Tinsuccès de ses efforts.

n persista courageusement dans la Toie qu'il avait suivie, celle de la prudence et de la modération ; peut-être même y alia-t-il un peu trop loin,et les conseils timides que lui dictait Thorreur de la guerre civile, jointe à son dévouement à la royauté, contribuérent-ils,plus qu'il ne le pensait,^ augmenter les divisions dans le parti protestant.

En \ 620, Tinsurrection des Huguenots exaltés contre Tautorité royale l'appela une dernière fois à remplir le rôle de conciliateur (4), et malgré une attaque d'apoplexie qu'il avait éprouvée au commencement de l'année, il s'en acquitta avec le zèle ardent, l'activité infatigable qu'il apportait à tout ce qui intéressait TEglise.Mais ses tentatives de conciliation mécontentèrent l'Assemblée de La Rocbelle, et le gouvernement de Louis XIII, loin de lui en savoir gré, résolut de lui ôter son gouvernement.Afin de prévenir une résistance qu'il n'eût pas été facile de vaincre, on eut recours à une Irabison indigne. Luynes et Le^diguières promirent à Mornay, trop loyal pour soupçonner la perfidie, que l'on ne toucherait pas à sa place; le roi lui-môme affirma à Villarnoul qu'il ne serait rien innové à Saumur. Sur ces assurances, Mornay reçut dans le château les gardes du roi, qui, à peine entrées, le mirent dehors, lui, sa famille et la garnison. Honteux sans doute d'un procédé aussi brutal envers un vieillard qui jouissait de l'estime universelle, Luynes essaya d'abord de l'amener à se démettre de sa place par la promesse du bâton de maréchal de France et d'une somme de 100,000 écus; puis, Mornay ayant rejeté ses offres, il lui promit que Saumur lui serait restitué dans trois mois; mais, quoique le roi s'y fût engagé par acte signé de sa main, les trois mois se

(1 ) En 1 61 4, le Synode de Tonneins le chargea de réconcilier Du Moulin et tilénus ; en 1617, celui de Vitré l'invita *a travailler a on projet d'oDiou entre les Eglises protestantes.

prolongèrent indéfiniment, malgré les réclamations de Mornay, qui ne rentra jamais dans son gouvernement, non plus que son gendre Villarnoul, à qui la survivance en avait été promise(l).

Du Plessis-Mornayse retira dans son château de La Forêt- sur-Sèvre, où il mourutle \ 4 nov.4 623.Son dernier biographe,M. Ambert, résumeaipsi le récit que le ministre Daillé nous a laissé de ses dernières heures : « Un jour,1e vieillard se fitapporter son testament, y ajouta un codicille, puis, le posanlsur la table.ildit: «Désormais ne me reste plus qu'à mourir.» Le soir,il pria en présence de sa famille et de ses serviteurs.Le lendemain, Mornay ne se leva pas. Depuis ce jour jusqu'au jeudi 9 nov., ce ne furent au château de La Forêt qu'aumônes, prières et préparations à la mort. Le 9 nov., Mornay laissa pénétrer dans sa chambre les gens accourus des villages voisins : « Il est vrai que je vais mourir, dit-il. Que la volonté de Dieu se fasse. Je pardonne de bon cœur à tous ceux qui m'ont fait ou procuré du mal, et prie Dieu qu'il leur pardonne et les amende. » Vers le milieu du jour, le vieux Duplessis -Mornay se fît lever, voulant, disait-il, mourir debout. Âlors/ il commença tout haut sa confession de foi. Mais ne la pouvant achever, il se leva de dessus une chaire où il était assis, et dit au pasteur : «J'ai un grand compte à rendre, ayant beau- Ci) Après r expulsion de Mornay, les gardes dn roi mirent le chiteau au pillage. «Bris de portes et de coffres,dégast de vivres et provisions, dissipation de magasins, armes et munitions, fractures de cabinets et armoires où rstoyent gardez papiers de conséquence et publique,e(particulière.Surtoutune grande armoire ;iu bout de la galerie que M. Duples-* sis appelloit sa petite bibliothèque, en laquelle estoyent gardez tous ses œuvre5,escrits pour la pluspart de sa propre maiu ou im* primez en parchemin avec les additions et marge, reliez tous d*une façon en maroqoin du Levant avec ses armes dedans et dehors, de partie desquels on n'eut point de honte d'arracher les fermoirs d'argent, mesmesd'en jeter quelques uns daus les fosses. » Mornay avait eu soin de mettre ses papiers en sd« reté; i's S( trouvent aujourd'hui en la possession de M. Jales de Mornay, descendant d'une branche de la môme tanlUe.

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coupreça et peu profité. » Puis, toujours debout, Murnay élevant ses mains sur sa télé, s'écria par trois fois : Miséricorde 1 miséricorde 1 miséricorde 1 Composant son visage et son maintien, il donna d^une voix ferme et grave sa bénédiction à ses filles, à ses gendres, à ses pelils-enfans. Puis il bénit ses serviteurs. « Soyez, dit-il, bénis par nu mourant dont la bénédiction sera ratifiée par celle de Dieu. Durant ma- Tie, je n'ai eu que la gloire de Dieu pour but. Ceux qui m'ont connu savent assez que si j'eusse voulu m'en propoler d'autres, il m'eût été aisé de parvenir à de grands biens et de grands honneurs. » — « Priez Dieu, dit-il enluite au pasteur, qu'il dispose de moi.» Il parla quelque temps encore. On l'entendit murmurer : « Je ne suis pas ennemi de la vie, mais j'en vois une beaucoup meilleure que celle-ci. Je me retire de la vie, je ne m^enfuis pas. J'ai combattu le bon combat, j'ai parachevé la course, j'ai gardé la foi. » M"* de La TabarièrCy sa fille, étant arrivée avec ses enfans, Duplessis fit de nouveau réunir toute sa famille, et lui dit : « Je TOUS recommande l'union et l'amitié fraternelle, pour posséder en paix l'héritage et le nom que je vous laisse. » Il prit les mains de. tous et les pressa sur ses lèvres. Le vendredi, 40 nov., lé vieillard s'éleignait. On l'entendait murmurer des paroles latines et grecquesd'une haute philosophie religieuse.

Ainsi il cita le mot de Pindare: L'homme est le songe d'une ombre.La soirée se passa en prières. Minuit sonnait à fborloge du cb&leau, lorsque la parole manqua au vieillard. L'ouïe cessa deux heures après. Le souffle s'éteignit entre six et sept heures du matin, le 4 4 nov.4623.DuplessiS'Mprnay venait de rendre son âme à Dieu. »

Ainsi mourut un homme, dont Le Tassor a pu dire avec vérité : « Qu'on parcoure tant qu'on voudra l'histoire ancienne et moderne, je ne sai s'il se irouve un gentilhomme comparable à celui-ci. Egalement versé dans les sciences et dans les afi'aires du monde.

il défend la religion, il discute lés qiies- (ions les plus épineuses de la théolup^ie^ il maintient les églises réformées par sa prudence, il négocie les affaires lés plus difficiles, il donne de bons conseils aux ministres d'Etat.aux princes, et aux rois mêmes qui l'écouteot aveb plaisir; » — et un autre écrivaiu de nos jours, M. Gustave Garrison^ dans la Revue des deux Moudes(i 848) : « Peu:

dant quelques années, les respects et les hommages dé TEurupe eniière se tournèrent vers lui; il fut le roi de Tintolligence, le maître souverain de Toplnion, comme au siècle suivant un autre grand homme,un autre champion de là tolérance et delà liberté, régnait aussi dans le domaine de la pensée du fond dé son manoir de Ferney, Duplessis, cornime Voltaire, fut l'oracle de son siècle; les rois, les ministres, les savants, le^ capitaines,comme les plus humbles pasteurs des églises, venaient pujser des conseils et des consolations à cette source inépuisable de sagesse, de science et de bonté. Duplessis Mornai fut appelé, de son temps, le pape des Huguenots, tant ses jugements semblaient infaillibles, seslumières universelles et ses vertus parfaites. » A ces témoignages de deux protestants joignonscelui d'un écrivain catholique, deM.ËugènePoitou^ qai,hier encore, rendait dans la Revue de rÀujou(l 855), cet hommage àun des plus grands hommes du xvi* siècle :

ç Pendant vingt années remplies d'immenses événements, pas un événement ne s'accomplit en France où il n'ait joué un rôle actif et influeut. Ami et conseiller du roi deNavarre devenu bien-» tôt roi de France, il partagea héroïquement sa mauvaise fortune, sans songer Îilus tard à venir réclamer une part de a bonne. Ministre habile, diplomate

éminent, ilfutà la fois hommede guerre et homme de plume, aussi énergique dans l'action que prudent et modéré dans le conseil, aussi brave queLnNoue, aussi intègre que Sully. L'austérité de ses principes, la sincérité de ses con* victions, sa loyauté inaltérable fireût de lui, en des temps de violence et d^

MOR

HOR

perfîdie,un objet de respect universel : SCS eDDemis, et, chose plus rare, joâqu'à ses adversaires religieux, reodi-

rènt hommage à sa verlu Sur la fin

de sa vie, eu butte à d*iDJustes soopçoDS, il vit sa loyauté mise eu doute. Et il arriva que cet homme du plus pur désintéressement, exempt d'ambition, aussi peu avide de pouvoir que d'argent, qui n'availtravaillé, combattu, écrildarant cinquante ans que pour sa foi et son roi, mourut pauvre, calomnié, inconnu même des siens, dépouillé par le fils même de celui qu*ii avait contribué à porter ;iu trône. »

La postérité, on le voit, renchérit sur les éloges que ses contemporains, de Tune comme de l'autre communion, ont prodigué à cet homme illustre, un des plus beaux caractères, sans contredit, Qu'olTre notre histoire. Reproduire ces éloges nous entraînerait trop loin.

Les témoignages que nous pourrions multiplier, ne serviraient d'ailleurs qu'à prouver que Du Plessis-Mornay passa de son temps, comme l'atteste La Croixdu-Maine, pour « gentilhomme des plus doctes de France, » et qu'il était areputé pour tel par tous ceux qui avoîent vraie et entière connoissance de luietde es écrits.» (4 )NousDerapporterons donc que le jugementd'un auteur catholique, de l'oratorien Ârcère, parce qu'il envisage plutôt Mornay comme homme politique que comme savant: « Duplessis, dit-il, eut pour les intérêts de sa cause un zèle ardent.Ses mœurs furent pures* ses procédés francs et généreux . Onue le vit jamais, comme la plupart des grands de sa secte, feindre ce qu'il ne sentbit pas, ou dissimuler ce qu'il sentoit. Chef de parti, sans être factieux, il entra dans les affaires de la Réforme et n*y fit

(1) Noos necooDaissonsqQerévéqoeHnet qai n'ait pas rendu justice au mérite de Mor* Day. Selon lai, loin d*éire un gentilhonime des pins doctes de France, Mornay n'iTiH qB*Dn savoir superflciel, un esprit plutôt aequis par l'usage du monde et des affaires fae naturel, unjugemeui peu solide et prècipfté, etc. 0 influence de la mitre! Bufenger Itilmème, l'adversaire de Moniay, resilmtit* la plus belle plume de France, très-rare el exceUentespiit.»

pas entrer la passion. Il mettoit dalis ses préjugés beaucoup de modératiôtt et une sorte de sagesse, il respecta to trône et s'y tint attaché. »

Du Plessis Mornay avait eu plusieu'H) enfants de son mariage avec Charloli'é Arbaleste : P Marthe, née le M ùè^:

4 576, présentée au baptême par le sieu^ de Sauseuse, « personnage de grande et insigne piété et doctrine », et oliariée, le U avriH599, avec Jean 4$ Jaucourt, seigneur de Villarnoul; -^ 2** Elisabeth, née en Angleterre, le 4 "juin 1578, qui eut pour parrain Philippe Sidney, et qui épousa, en 4601, Jacques de Saint -Germain, sieur de Fontenay-Le Husson en Normandie;— i- 3* Philippe, né à Anvers, le 20 juiU.

4579, qui eut pour parrains Françoiz de La Noue et Artus de Vaudray^ sieur de Mouy, et pour marraine Marie de Nassau, fille atnée du prince d'Orange. Son père l'éleva avec un soin extrême et s'attacha à lui donner, avec ht cohnàissance des langues tant ancien* nés que modernes, tous les talents nécMsaires à un jeune homme de sa qualité. il le fil ensuite voyager dans une grande partie de TEurope. Par ressentiment contre son père, Henri IV ne voulut jamais Tetoployer, mais il lui permit an ifaoins d^aller servir comme volontaire en Bollânde (4). Instruit que le prince Maurice préparait une entreprise surfit ville de Gueldre, il voulut être de ftt

Sartie, quoiqu'il souffrit beaucoup d'uiiè lessure à la cheville, qui Tobligeait k garder lelit.Il se fit dopc transporterai! refadez-vous sur un fourgon d'artillerie; mais la sui^rise manqua,etil fut tué éi cherchant à rallier les troupes, commis nous Tavons^itplus haut; —4* Mauéi- CK,nfdanslesPay8-Basen 458^etpk^ sente au baptême par le prince Maurice et par Hubert Languet; il ne vécut qoe trois mois; — 5* AmiB, née au Plessis,

(!) El 1602, dès qu'il apprit la tentative dn due de Savoie sur Genève, Moruay voutôt envoyer 6on Als ao seeonrs des Genevois, et Iborolh'Uses propres services {Areh, d$ta Comp. deê paitenrs^ Reg. G) Le roi eonseallt k son départ; mais la paix rompit ses piept- ^ktifs.

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en 4583, qui eut pour parrain Pierre de Buhy et pour marraine Anne éPAn- Usy: elle épousa, en premières noces, Jacques Des Nouhes, sieur de La Tabarière et de Sainte- Hermine, et en secondes , Jacgues-Nompar de Caumont, duc de La Force; — 6* N., née en 4586, morte au berceau, ainsi que 7* Sara, née en 4587.

Il ne nous reste plus qu'à donner h liste des publications de Du Plessis- Momay.Nousn'oserionsgarantirqu'elle est complète.

NOTICE BIBLIOGRAPHIQUS.

L Discours de la vie et delà mort^ Laus., 4576, in-8''; Paris, 4580, in- 46 ; trad. en lat., Francof., 4585, in- 42 ; en angl., Lond., 4576, in-8*. — > An jugement de M. Sayous, ce discours c n'est qu'une redite, benreuse de style, des* plus éloquentes paroles de l'antiquité philosophique et chrétienne sur la mort.»

IL Remonstrance aux Estats de Blois pour la paix, Lyon,4576,in-4S; réimp. dans le T. II de ses Mémoires.

Ilf. Traité de V Eglise, oin Von traite des principales questions qui ont été meues sur ce point en nostre temps , Lond..4578, in-8*; 4579. in-8*; s. L, 4579, in-8«; La Roch., 4584 et 4585, in-8«;Gen., Le Preux, 4599, in-i»; La Roch., 1 599, in-4*; trad. en angl., Lond.. 4579,in-8';Lond.,4606,in-4'; en latiu, Gen., 4 594, in-S"*; en allem., Basel, 4589, in-8' ; en ital., par Calandrini, s. L, 4591, in-8*. — Ce traité, approuvé par La Fontaine, Du '■ Saulsay et d'autres pasteurs de l'église française de Londres, obtint un trèsgrand succès. Ud moine de Rouen, nommé Corneille, ({^n avait été chargé de le réfuter, fut converti par cette lecture, se retira à Genève et devint ministre.

IV. Traité de la vérité de la religion chrétienne contre les Athées, Epicuriens, Payens, Juifs, Mahumedistes et autres In/idèles,knv,^ Plantin,4584, in-4*;Paris,J.Richier,4582, in-8o ;Leyde, 4 583, in-8*; Lyon, 4 597, in-4 2; trad.en latin par l'auteur, Any.,

Plantin, f584,in-4*;f583,in-8*;Geii., 4 583,in-8*; 4 590,in-4 2;HerborD, 4 60S, in-8*;Lugd.6at.,1592;4605,in-8*; en angl., Lond., 4604 et 4647, in-i*; en ita].,pardeilf^2t^r^«, Saumur,4643.— Dans ce traité, qui passe pour un de ses meilleurs ouvrages, Mornay, présupposant l'existence deDien et la religion naturelle , en déduit, par une suite de raisonnements très-solides, les doctrines de la création du monde, de la Providence et de l'immortaÛté de l'âme ; mais il n'est pas toujours aussi heureux. Lorsqu'il essaie, par exemple, d'appuyer le dogme de la Trinité sur des preuves tirées de la raison et sur le témoignage des païens, on de

Î trouver la chute de l'homme par la re igion naturelle.on reconnaît sans peine qu'il a entrepris une tâche impossible.

Son plan d'ailleurs est simple et méthodique, et l'érudition qu'il déploie très- vaste.

y. Relation de M. DuPlessis Mornay de ce qu'il avoit fait auprès du rot Henri III, en 4583, ins. dans les Mémoires sur la vie de M. de Pibrac, (Amst. [Paris], 4764, in-4 2).

VI. Advertissement sur la réception et publication du concile de Trente, Paris, 4583; réimp. dans le T. II de ses Mémoires.

VII. Discours du droit prétendu par ceux de la maison de Guise à la couronne de France, 4 583, in-8*; réimp. dans le T. I des Mémoires de la Ligue et dans le T. II de ses propres Mémoires. — Mornay prouve que la maison de Lorraine ne descendait de Gharlemagne que par les femmes.

VIII. Réponce aux déclarations etprotestations de MM,deGuise, faic^ tes sous le nom de M le cardinal de Bourbon, 4585, in-8*; réimp. dans le T. I des Mémoires de la Ligue.

IX. Déclaration du roy de Navarre sur les calomnies publiées contre lui, Orlès, 4585, in-8*; La Rochelle, 4585, in-8*; réimp. dans le T. 1 des Mémoires de la Ligue et dans le T. IH des Mémoires de Mornay; trad. en lit., Lugd. Bat., 4585, in^S^.

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X. RemoHitranee a%x trois EstûU de France sur la guerre de la Liguê^ ios. dans le T. I des Mémoires de la I^ gue et dans le T. 111 de ceux de Mornay.

XI. Lettre d'un gentilhomme catholique françois, contenant brlve responce aux calomnies d*un certain prétendu anglais, 4 586, iD-8*; réimp.

dans le T. 1 des Mémoires de la Ligue, dans le T. 111 des Mémoires de Mornay et dans le tome XI. 4 '• série, des Archives curieuses. — G*est de ces pamphlets politiques que Lacretelle a dit : « L*éioqueDce y naît de la noblesse des seutimens ; aujourd'hui même où de grands écrivains ont épuré, embelli la langue française, aucun manifeste ne peut offrir des expressions plus vives, plus énergiques. •

XII. Fidelle exposition sur la déclaration du duc de Mayène^ contenant les exploicU de guerre qu^il a fait en Guyenne, i^^ljin-S*; réimp.

dans le T. 1 des Mémoires de la Ligue et dans le T. III des Mém. de Mornay.

Xni. Discours de la reprise de Marans, i 588, publié dans le T.II des Mémoires de la Ligue.

XIV. Déclaration du roi de Navarre au passage de la LoirCy 4589, in-S"^, réimp. dans le T. III des Mémoires de la Ligue.

XV. Méditations sur quatre psaumes (VI, XXX, XXXII, XXV), Gen., 4594, in-8\ — Vers le môme temps, à Toccasion des conférences de Snresne, Mornay composa une Méditation sur le ps. CI, pour montrer à Henri IV, à qui il la dédia, quels sont les devoirs d'un bon roi ; nous ne savons si elle fut imprimée.

XVI. De rinsiitutiont usage et doctrine du sainct sacrement de V Eucharistie en l Eglise ancienne, comment, quand, et par quels degrés la messe s'est introduite en sa place, en IV livres, La Rochelle, Hiérosme Uaullin, 4598, in-i»; 4599, in-42; V édit., Saumur, Thomas Portau, 4604, in-fol.; trad en lat. sous ce titre : De sacra eucharistiâlibri IV, in quibus et ejus institutio, celebratio, doe-

trina in primitivâ Ecclesiâ, qum fuerit; et missa quando, quomodo^ quibus gradibus in ipsius locum primum irrepserit, demum et invaserit, explicatur,B'ino^., Cl. Marnius, 4605, in-fol. etin-8*; trad. en angl., Lond., 4600, in-fol.

liyii.Responce à V examen du doc* teur Bulenger, par laquelle sont jus^ tifiées les allégations par luy prétendues fausses, et vh-i fiées les ca»

lomnies contre la Préface du livra de la saincte eucharistie^ La Roch., Hiérosme Haultin, 4599, in-4*; Gen., 4599,in-8*. — Il paraîtrait, d'après une lettre de Du Maurier, que Montigny fit aussi imp. une réponse à Bulenger*

XYIII. Vérification des lieux imr pugnes de faux, tant en la préface qu'aux livres de Vinstitution de la saincte eucharistie, par le sieur Dupuy, La Roch., Haultin, 4600; Gen., Le Preux, 4600, in-8*.

XIX. Sommation du sieur Duples* sis Mornay à M. Vévesque d'EvreuXf avec la response dudit sieur évesqus, Paris, 4 600, in-8*.

XX. Responce du sieur Duplessis Mornay à récrit publié par le sieur évesque d*Evreux, sur la sommation à luy faicte privément, 4600, in-8*.

iLil.Discours véritable de la conférence tenue à Fontainebleau, s. 1.»

4600, in-8*; MontpelUer, J. Gillet, 4600, in-42. — Anonyme.

XXn. Advertissement touchant la vaine vanterie de ceux de l'Eglise romaine, sur ce qui s'est passé en la conférence de Fontainebleau 9 4600, in-8*. — Anonyme. Douteux.

C'est peut-être l'écrit dont Constant

iiarle à Mornay en ces termes : «Yostre acquais m'a trouvé parmi les livres où je prends grand plaisir à justifier ces sept pauvres condamnés. Il ne me reste que le dernier qui est de saint Bernard. Jusques à cestuy-là j'ai admiré mille fois, et l'imp'udence de l'accusateur, et l'ignorance et malice des juges. Si j'achève devant que le vostre soit imprimé, je l'envoyerai à M. de Bouillon, etc. •

MOR

XXni. Advertissement à MM. dâ TEglise romaine sur V écrit fCùgnetes publié par le sieur évesque d'Et?ireiftr,Saumur,T. Porlau,1600,in-*8.

XXIY. Responce au livre publié par le sieur évesque é^Evreux^ sur la conférence tenue à FontainebleaUj le 4 may 1 600, oit sont traitées les principales matières controversées, Saumur, Th. Porlau, 160"i, in-4*; tràd. en latin par David de LicqueSy Hanov , 4607, in-4v

XXV. Advertissement aux Juifs sur la venue du Messie^S-âMmur^ 4 607, în-l"; Irad. en latin par Taulenr.

XXVI. Discours et méditatiôf^ ehrestiennes, Saumui', Th. FoHau, 1609, «vol. in-4 2

XXVII. Les larmes de PJ^. de Mot'- «àay sur la mort de son fils unique, en latin et en franc,, avec des Méditations sur Prov, lit, 4 4-42, Saumur, Th. Porlau, 4609, in-4 2; Irad.

en angl., Lond., 4 609, in-S*.

XXVIII. Le mystère d*iniquité, ' C^âst-à'dire Vhistoire de lapapauté, par quels progrez elle est montée é te comble, et quelles oppositions les gens de bien lui ont faict de temps fn temps Oîi aussi sont défendus les drôicts des empereurs, rois et princes threstiens, contre les assertions des cardinaux Bellarmin et Baronius,

, . ^Satimur,Thoniai Portau, 4 64 4 , in-fol.; ^^^, '^^'Gen., 4642, 2 vol. in 8-; traduit en I^DS-'v^ latîn, Sahn., 4614, in-fol.; 4612, infol.; en angl., Lond., 4612, in-fol. — Le titre explique suftisammrefnt le but de cet ouvrage, qui ne fit pas moins de bruit que celui de l'Institution de rBncharistie, non pas tant à cause du sujet qui y était traité, puisqu^il n'offrait rien d^extraordinaire dans la controverse protestante, que parce que fauteur avait mis en tête une gravure teprésentaut Paul V avec les inscriptions ridicules que Ton avait faites en son honneur, et dont une Ini donnait le titre de vice -Dieu. Or Hornay atait trouvé dans les lettres numérales ^it ces mots paVLo V VICE-Dfeo,lé fatt«nx chiffre 666, nom mystérieux, ^omttie

en sait, de la bête de TApocalypse (4). hidè ir£. Le nonce se fâcha, le pape se plaignit amèrement, la reine, qui craî- •gDQit qu'on ne contestât la validité de son mariage, fondée uniquement sor rautoiilé ^Saint-Siège, voulut qne le livre fût flétri, et la Sorbonne loi donnant satisfaction, dès le I" août 4611, le ebndamna comme impie et exécrable.

XXIX. Deux homélies du moyen de se résoudre sur les controverses de ce temps, Sedan, Jannon,f 61 2, in-8*.

XXX. Méditations^koméliesetdiS' ccfurs chresliens,L^ Forest, LBurean, 4624, in-8'. — Ce vol. porte sur le titre T. ni, apparemment comme suite du N* XXVI. Une partie des Médita^ tîons et Homélies de Du Plessis-Mornay ont été trad.en anglais.Watt mentionne : Two homiliesonMatf,XVIt^ 5 anrf Jr/Jr, 43, Oxf., 4 64 2, in-8«; -^ Homilie (mil/a/^Z(^/,18,Oxon.464 5, to-8'; — Méditation upon G en . -Y K, I , Lond., 4620, in-8'; — TÀr^tf A<witilUs upon Ps. LV, 22, John XIV, tl ândLukeX, 42, Lond., 4626, in-8*; — Three méditations on I Cor. II, %, Ps. VI, ^ and Prov. III, 4 4-H, Lond., 4627, ixï'S*; — Throughtson the Trinity, Lond., 4724, in-8*. ^— Au sujet de ces méditations, « réflexions suggérées par une solide piété» , 1. Sayons remarque qu'elles sont bien fVoides en comparaison d'une autre méditation sur le ps.Ll que Ton trouve dans le même volume, et oii Ton sent « le souffle d'une ardeur dévorante et la passion profonde, non d\in disciple, mais d*un réformateur. » Il est vrai, ajoule-t-il. qu'elle est de Savonarole.

Selon Du Verdier, Moruay a trad., en i^\, les Méditations de H. Savonarole sur les Pseaumes, et sa trad. fut hnp. par Auvray ï Paris, 4584, in-16.

xXXI. TeHament, cadidle et dernières heures de P. de Momay, eme- ^llesaéti joint son Traité de la vie et de la mort, ses Larmes et le IHscours de la mort de dame Charhtte Arbalesteson épouse, La toreei^

, (1) V [6] + L [50] + V [5] + V [53+1 [i] 4-C[fÛOÎ +D[500]«666.

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J. Bureau, 1 624, in-8*; LaHaye, (61)6, iD-8\ Le testament, le codicille et Us deroières heures ont été réimp. dang le T. XV, ('• série, des Archives curieuses .

XXXII. Mémoires de messire Phi' lippes de Mornay, seigneur duPlessU Marli^ contenant divers discourSy instructions, lettres et dépesches par lui dressées, ou escrites aux rois^ ToineSyprinceSyprincesses^teigneurs et plusieurs grands personnages de la chrestienté depuis Van 1572 Jus* oues à Van \ 589 , ensemble quelques lettres des dessusdits audit sieur d% Plessis, T. I, irap. Tan <624, in-4«; T. If, à La Forest, Jean Bureau, \ 625, in -4*. — Mémoires de messire Philippes de Mornay^ etc. A la fin est adjousté un supplément des piècee qui ont esté omises dans les deux voL des Mémoires cy-devant ùnprimés, Amst., Elzevier, 1652, iû-4\ — Suite des Lettres et Mémoires, etc.^ Amst., 1651, iQ-4*. Il y a sans doute une erreur dans ce roillésime; eu tout cas, ce volume forme le k* de la 4" édit. des Mémoires de Mornay qui a été publiée par Jean Baillé. Nouvelle édition sous ce titre : Mémoires^ cor~ respondances et vie de Duplessis- Mornay pour servir à l'histoire de la ré formation et des guerres civiles et religieuses en France depuis Van 1571 jusqu*en 1623, édit. complète, enrichie de notes historiques et de notices biographiques, par MM. de La Fontenelle de Vaudoré et Auguis^ Paris, Treultel et Wûrtz, 1824-25, 12 vol. in-8'. Annoncée en 15 vol., redit, nouv. a été réduite ài 12, et elle aurait pu Têlre davantage, si l'on n'y avait inséré un grand nombre de pièces qui ne sont pas sorties de la plume facile, abondante, nerveuse, quelquefois éloquente deMornay;ilest vrai qu'elles se rattachent plus ou moins directement à ses actions. Cette édition s'arrête à l'année 1614. Elle est donc incomplète, et en même temps elle est pleine d'inexactitudes, de fautes môme souvent grossières. Outre les Mémoires, ou

pour mieuxdire, les pamphlets que nou^ avons mentionnée plus haut et sans paN 1er d*un certain nombre d'auices aoo| DOMJS n'avons pu retrouver le^ trace^^ bien qu'ils aient été imp.au témoignage de son biographe, on y rencontre: (T.U) Lettre de discours sur les divers ju^ gemens des occurrences du temps^ 1 584 ; — (T. lll) Déclaration et protestation du roy de Navarre, de monseigneur le prince de Condé, de M, le duc de Montmorency, etc., sur la paix faicte avec ceux de la maisûn de Lorraine, h b%o; — {T.\\)Remonetrance à la France sur les maula qu'elle souffre; Considérations sur aulcuns articles proposez en Vas-' semblée de Nancy, 1 588 ; Mémoire envoyé aux Pays-Bas, 1589, dressé par ordre de Uenri III; (T. VII) Brief discours par lequel chacung peult estre esclairci des justes procédures de ceulxde la religion réformée, résumé succinct de l'histoire du protestantisme en France jusqu'à l'édit de Nantes. Nous pourrions citer encore une foule de pièces d'une moindre étendue, mais d'un égal intérêt pour rhistoire.

£n 1571» Mornay avait composé un Commentaire sur les lois ripuaire et salique et une Critique du droit cano7h, qui furent détruits à la Saint- Barthélémy. En 1 574, au rapport de sa femme, il écrivit en latin un traité De la puissance légitime d\n prince sur son peuple, litre dont la singulière analogie avec celui de la trad. franc, du Vindiciœ contra tyrannos a du contribuer à faire croire que Mornay était l'auteur de ce dernier ouvrage {Voy.

VI, p. 273). On lui attribue aussi un Traité de la mesure de la foi et un autre De concilio, dont nous n'avons pu découvrir aucun exemplaire, non plus que d'un Discours politique sur la présente conjoncture d! affaires, qui doit avoir été composé en 1621, et d'un traité De statu Galliœ qui, diton, fut imp. in-4'' (1). Nous avons déjà

(l)Dans sa Bibl. sacra, Le Long lui attribue une trad. franc, des Proicrùes de Salomcn,

HOR

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