‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 18 sur 169 · ST · texte numérisé non relu

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Marie de Bourhon-Lavedan. Il en eut deux fils, nommés César et Alexaii- DRE. César, sieur de Chalandes, se maria, en 4634, avec Judith d'Auiy^ qui le rendit père de plusieurs enfants. Son fils Alexandre assista encore, en 4684, au synode de Lisy; mais à la révocation « il abjura entre les mains de Taumonierduroi, comme Tannonce le Mercure du mois de déc. 4 685. Selon le rapport de l'intendant de Picardie, il a était parfaitement converti »

en 4698. LMnlendant ne pouvait rendre un aussi bon témoignage de sa mère et de ses sœurs. Aussi ces dernières furent-elles enlevées, Tannée suivante, avec les demoiselles de Neuville et enfermées aux Nouvelles -Catholiques de Paris (Arck. gén. E. 3385).

Leur constance ne se démentant pas, on les transféra, en 4704, au château de Saumur ( Ihid. E. 3387) , où elles eurent à subir une si dure détention que Tune d'elles devint folle. Sa Majesté eut la charité de la faire transporter à ses frais dans une maison d'aliénés ( Ibid. E. 3552 ). Une autre 8œur,MARiE, qui avait épousé, en4 664, Louis Prévost y sieur de Gagemon, n'eut pas moins à soufirir de la persécution. Quant au fils cadet de Théodore L'fluillier, il portait le titre de sieur de Breville ou du Breuil, et épousa, en 4654, Marie de La Planche, fille de Philippe^ sieur de Villiers, et de ./«dith de Lauberan (Reg. deCharent.).

De ce mariage naquit un fils, nommé Philippe-Alexandre, qui fut assez heureux pour se sauver en Hollande avec sa sœur. Ils habitaient l'un et l'autre La Haye en 4 686 {Arch. de r église wallonne de La Haye).

LIBEUTAT (Christophe), ditFA- BRi, de Vienne en Dauphiné. Libertat, qui se destinait à la carrière médicale, commença ses éludes à Montpellier; mais la peste de 4531 l'ayant chassé de cette ville, il se décida à venir les terminer àParis. A son passage h Lyon, il entendit parler des succès étonnants que l;i prédication de son compatriote Farel obtenait dans la Suisse romande.

Enflammé du désir de marcher sur 861 traces, au lieu de poursuivre sa route vers Paris, il alla trouver à Moral le réformateur, qui le chargea d'y continuer son œuvre. Plus tard, Fabri fut donné pour collègue à Marcourt^dvaB l'église de Neuchâtel. Farel l'appela ensuite à Genève. Placé comme pasteur à Thonon , il y resta dix ans , s'acquittant de ses fonctions avec un grand zèle, puis il retourna à Neuchâtel, mais en 4 563, Farel l'emmena avec lui dans le Dauphiné. Comme il avait l'intention de s'y établir, il partit avec sa femme et ses enfants, et se fixa à Vienne. Lorsque Nemours s'approcha de cette ville, il essaya de s'enfuir, mais il fut pris et cruellement maltraité. Cependant il finit par recouvrer la liberté et fut donné pour ministre à l'église de Lyon, où nous le trouvons, en 4 564, collègue du célèbre Pierre Viret, de Jacques LangloiSy ancien pasteur des églises de Poitiers (en 4557) et de Lausanne, et une des premières victimes de la Saint-Barlhélemy à Lyon, de David Chaillet ou Chalier^ de La Roche, dit Boulier, natif de Laune en Bourgogne, qui avait desservi l'église de Vandœuvre en Genevois, avant d'ôtre envoyé à Lyon, en 4 562(.4rcA.

de la Comp, des pasteurs, Reg. B), de Jacques Dieu et de Jacques Auhert (Arch. de Genève, N° 4776). Fabri reslTli Lyon jusqu'à la mort de Farel, à qui il succéda dans l'église de Neuchâtel (Jl/SS. de Genève, N' 4 47). — Quelques années plus tard, en 4580»

l'église de Mens avait pour ministre un nommé Fabri , qui révéla à Lesdi^ guières une conspiration « des Désunis » contre sa vie ; peut-être était-il un des enfants de Libertat.

LIÇAUUAGUE (Jean de), de Briscous en Béarn, ministre de La Bastidede-Clarence (1),fort estimé de Jeanne

(1> De Thou raconte que Li ça rragae prêchait dans réiîlise où les Catholiques célébraient leur culte, et que les deux rctii^ions vivaient en parfaite harmonie. (> trait fait honneur a la fois aux pasteurs et an\ troupeaux, et il repond péreniploiremenl à toutes les déclamations sur l'éiat d'oppression des Catholiques dans le Béarn.

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d^Albret, qui le délivra d'une affreuse prison où il avait été jeté pour cause de religion, et à qui il dédia, par reconnaissance, sa traduction du N.-T. en langue basque. Cette traduction, dont les exemplaires sont excessivement rares, fut imprimée aux frais de la reine de Navarre, par Pierre Haultin, sous ce titre : Jésus Christ gure Jatmaren Testamentuberria, Là Koch., 1571, in-8°. Le dialecte dont Liçarrague s'est servi est celui de la Basse-Navarre. La traduction» qui se fait remarquer par une grande fidélité, est suivie.d'un Advertissement à ceux qui ne savent pas le basque sur la manière de lire celte langue et de quelques autres pièces en langue basque. Les chapitres sont précédés d'arguments et de sommaires.

A la fin du volume, on trouve trois tables, deux des noms et des mots hébreux et grecs qui se rencontrent dans le N.-T., avec leur explication; la 3% fort ample, des matières. Ces tables sont ellesmêmes suivies des Prières ecclésiastiques, du Catéchisme et de la Confession de foi. Quant à l'exécution typographique, ce volume est un véritable chef-d'œuvre. On en a détaché et réimprimé à Bayonne, en 1823, TEvangile selon St-Matthieu,mais en rajeunissant le style et en l'appropriant au dialecte labourtain.

LICUTENBEUGEU (Jean-Frb- DÉRic), professeur au gymnase de Strasbourg, né dans celte ville, le 3 déc.

1 743, et mort, le 6 nov. 1 831 . On lui doit des travauxtrès estimables sur l'histoire de l'invention de l'imprimerie.

L Initia typographica, opus celeherr. Schœpflini Vindicias typogrorpkicas elucuhrans, nec non earum continualionem ojfercns^ Argentor., 1811, in-4o.— «L'auteur, dilM.Peignot, ne présente pas un nouveau système : il développe celui qui est assez généralement adopté maintenant, que les premiers essais ont été faits à Strasbourg et perfeclionnés à Mayence. Il rejette la fable de Harlem. Après avoir parlé des travaux de Guliemberg, de Faust,de Schœ(rer,ct des établissements

typographiques formés \ Mayence, peu de temps après les leurs, il passe à l'introduction de l'imprimerie dans divers pays. On y trouve des détails inléressanls sur différents imprimeurs. » Les plus récentes découvertes tendent à confirmer l'opinion de Lichtenberger.

II. Ejusd, lihri Appendix, de Indulgentiarum litteris Nicolai VP.

M. pro regno Cypri, impressis a, if.^^^C.L/r,etc..lbid., 1816,in-4« de 1 6 pp. — L'auteur soutient, contre l'opinion de la plupart des bibliographes, que ces indulgences de NicolasV ont été imprimées dès 1454.

m. Geschichte der Erfindnng der Buchdrncherkunst zur Ehrenrettung Straszburgs, etc, mit einem Torberichte von /. G. Schweighœusery Strasb., 1824, in-8*; traduit et publié par Fauteur sous ce titre : Histoire de V invention de V imprimerie, pour servir de défense à la ville de Strasbourg contre les prétentions de //ar- ?fW,etc.,Slrasb. et Paris,1825,in-8*, avec portraits et 8 planch. gravées en bois.

LICQUES (DiviD de), gentilhomme de Du PlessiS'Mornay, qui l'avait «nourry et façonné près de douze ans, » était, selon toute probabilité, filsd'i4nioine de Licques, pasteur de l'église réformée de Dieppe (Toy. 111, p. 227).

Il avait deux frères, dont l'un remplissait, en 1615, les fonctions du ministère sacré à Caen, et dont l'autre était, à la môme époque, au service du célèbre gouverneur de Saumur. On attribue généralement à D. de Licques VHisioire de la vie de messire Philippes de Mornayy seigneur du Piessis-Marly, contenant, outre la relation de plusieurs évènemens notables en l" Estât, en V Eglise, es Cours et es Armées, divers A dvis politiques, ecclésiastiqs et militaires sur beaucoup de mouvemens importans de V Europe; souhs Henry III, Henry IV et Louis XIII, Lcyde, Elsevier, 1647, in-4'. Il est certain que Licques a travaillé à cet ouvrage, qui n*osl autre chose, à proprement parler, que

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les Mémoires de Jlf"' de Mornay (Charlotte Arbaleste) sur la vie de son mari^ éclaircis, complétés par des pièces authentiques et continués depuis 4 606 ; mais comme il mourut à Loudun, le 30 avril ICI 6, et que le récit s'étend jusqu'à la mort de Mornay, c'est-àdire jusqu'à la fin de 1623, il est clair que le livre n'est pas sorti tout entier de sa plume. Les dernières années de la vie de l'illustre vieillard ont été racontées par Jtfan Daille, son ministre.

On a encore de David de Licques une traduction latine de la Réponse de Mornay au livre de Vévêque d'Evreux sur la conférence tenue à Fontaine- W^ûtt, Hanau, <607, in-4v

LIÈGE, apothicaireà Saint-Maixent et ancien de Téglise de celte ville, confesseur du Poitou. Seul des Protestants de Saint-Maiient, Liège était resté debout au milieu des persécutions qui précédèrent dans cette province la révocation de l'édit de Nantes. Une pareille résistance aux ordres du grand roi méritait un châtiment exemplaire.

Le trop fameux Basville, alors intendant du Poitou, accabla de dragons l'opiniâtre huguenot. Liège supporta avec une résignation chrétienne les mauvais traitements des convertisseurs bottés.

Ceux-ci s'indignant à la fin de ne pouvoir vaincre uneaussi honorable constance, s'imaginèrent de le suspendre lui et sa femme par-dessous les aisselles, et s'amusèrent longtemps à faire heurter Tun contre l'autre les corps de ces deux vieillards. Ce supplice n'ayant pas ébranlé leur fermeté, les dragons nouèrent autour du cou de Liège une serviette à chaque bout de laquelle ils suspendirent un seau plein d'eau ; puis, lorsque la strangulation força leur victime à tirer la langue, ils se divertirent à la lui piquer à coups d'épingles, Liège finit par succomber à ce martyre. Cependant ses filles, entraînées dans une chambre voisine, étaient battues de verges jusqu'au sang. Ce dernier genre de supplice souriait surtout aux convertisseurs bottés ou non bottés ; les juges eux-mêmes se délec-

taient à pareil spectacle. Ainsi à Uzès, les supérieures de la maison des Nouvelles-Catholiques s'étant plaintes de la « rébellion » de quelques jeunes filles huguenottes qui refusaient de se convertir, on les condamna à recevoir le fouet de la main de ces fausses dévotes, en présence du major du régiment de Vivonne et du juge de la ville. Il y avait huit coupables. Les noms de six sont arrivés jusqu'à nous; ce sont ceux à'Isabeau Chamand , d!'Anne RonXy de Jeanne Prade, et des trois filles de Martin Cardier, de Roux et de Meynier. La plus jeune avait huit ans, la plus âgée en avait 23 I

Nous avons tiré ce que nous venons de raconter de la constance de Liège, d'un ouvrage anonyme intitulé Lettre d'un protestant de France réfugié h Londres à un autre protestant de ses amis réfugié à Dantsic, 1 686, in-4 2.

L'auteur garantit l'authenticité des faits qu'il rapporte, soit pour en avoir été témoin oculaire, soit pour letenirde gens dignes de foi. Nous profiterons de cette occasion pour donnerune idée des atrocités qui furent commises dans le Poitou pendant les dragonnades, atrocités qui se renouvelèrent dans toutes les provinces avec des circonstances plus ou moins borribles, selon le génie inventif des bourreaux. A La Mothe-Saint- Iléraye, DesreZy pour échapper à ses persécuteurs, ayant sauté du haut d'un mur et s'étant cassé la cuisse, les dragons le pendirent par l'autre jambe la tête en bas. A Niort, un riche tanneur, nommé Tristan, eut à loger plus de cent dragons en trois semaines. Il resta ferme dans sa foi. Les dragons l'attachèrent alors par les orteils, et le firent traîner par leurs chevaux ; ils lui labourèrent le corps à coups d'éperon, le placèrent nu sur un cheval et le promenèrent en cet état par la ville, à la grande joie des bons Catholiques. Dans la môme ville, Boursaut.

marchand de fer, âgé d'une soixantaine d'années, fut accusé d'avoir médit de la Vierfie, il y avait quatre ans. Il fut condamné à faire amende honorable,

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I ayoir la langue percée d*un fer rouée et à être banni de la province (1).

Perrotj autre marchand de Niort, fut jeté en prison sous Taccusation d^avoir prêché dans une assemblée tenue dans le bois de Chamillard. Au bout de deux mois , il fallut le relâcher faute de preuves ; mais ses créanciers avaient pro6té de sa détention pour faire vendre ses biens à vil prix et le réduire à la misère. Dans un village des environs de Niort, Fontaine fut pendu par les bras/ enfumé avec du tabac, et on lui brûla les doigts à la flamme d'une chandelle, après quoi il fut jelé dans un cachot où il mourut de froid et de faim. Françoise Aubin, du même village, subit un supplice non moins atroce. On lui broya les doigts avec des tenailles, on la suspendit par les aisselles , on la força à aspirer des bouffées de tabac et de soufre, puis on la lia par les jambes à la queue d'un cheval qui la traîna à travers un feu de fagots. Sa constance ne se démentit pas, non plus que celle de son frère. A Moncoutant, les dragons irrités de ce que la fille d'un sieur Germain, vieillard d'une soixantaine d'anuées qu'ils torturaient, l'exhortait à la persévérance, ils la saisirent, lui frottèrent les jambes de graisse , en imbibèrent ses bas , les couvrirent d'étoupes et y mirent le feu. Garnau fut traité à peu près de môme.

La Moussaye le conduisit chez Tintendant qui, à l'aspect de ce malheureux mutilé, se montra ému; mais toute la justice qu'il eu fit, fut de mettre des garnisaires chez La Moussaye. De Gagemon , gentilhomme des environs de Melle, dont on admirait la piété exemplaire, fut ruiné par les dragons, et après avoir été traîné pendant quelques mois de prison en prison , il fut enfin jeté dans les affreux cachots du cbâ> teau de Bougouin,où il eut tant à souffrir que sa constance finit par succomber.

II se releva pourtant quelques années

(1» Encore fut-il heureux d'en être quille k si bon marché. En 1663, le parlement de Grenoble ivtit ftit pendre Trouilton de Montélimirt pour le même crime.

après et fut enfermé à Pierre-Encise, d'où on le transféra, en i 695, dans le château de Saumur {Arch, gin, £.

3381). En 4700, comme il était «plus opiniâtre que jamais, » on l'envoya au château de Nantes {Ihid, E. 3386) ; en 4 701 , on le mit dans les prisons de Poitiers {Ihid. E. 3387). Il paraît qu'il renia une fois encore sa croyance et qu'une fois encore , le remords le ramena à l'Evangile, puisqu'en 1703, il fut de nouveau emprisonné dans le château de Saumur (Ihid. E. 3389).

Le sieur de Villeneuve- Foiicaud , chirurgien, fut traité avec non moins de barbarie. Après avoir passé plusieurs mois dans les prisons de Fontenay et de La Ghâteigneraye, il fut conduit, par. ordre de l'intendant Foucauld , à l'abbaye de La Fosselière, où existait une fosse dans laquelle on jetait les immondices du couvent et les entrailles des animaux tués pour la nourriture des moines. On lui lia les pieds et les mains et on le suspendit au-dessus de ce trou infect. Après lui avoir fait subir encore d'autres tortures, on finit par l'enchaîner dans un cachot en face d'un pain que sa chaîne ne lui permettait pas d'atteindre.Dans la môme prison croupit pendant plus de quinze jours sur la paille le sieur de La Largère, qu'on transporta ensuite à 01éron,lorsqu'on se fut convaincu que les tortures n'ébranleraient pas sa foi. A Poitiers, l'avocat 7^grandy «de qui la sage conduite, la piété et le zèle ne se pouvaient assez louer,» fut séparé de toute sa famille, qui fut dispersée dans différents couvents. Il fut jeté lui-même dans un cachot à Montmorillon, cachot si bas qu'il lui était impossible de s'y tenir debout. On l'y laissa quelques mois, puis on le transféra dans le couvent des Cordeliers de Poitiers. A Romau , près de Saint- Maixent , un paysan nommé VEcalé fut traité d'une manière encore plus atroce par le curé de son village, qiri lui fit appliquer sur le cou et les mains une pelle rougie au feu. Sa fille Louise, âgée de M ans, fut forcée d'assister à cet horrible spectacle , et fut ensuite

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pendue par les pieds. Après quinze jours de tortures, le père fut traîné dans la prison de Saint-Maixent , et la fille envoyée dans un couvent de Saint- Quentin. Rien ne pouvant vaincre sa constance , on la coassa de France au bout de deux ans. On sait que les dragons avaient ordre de faire souffrir à leurs victimes toutes les douleurs que rhomme peut endurer sans mourir. Ils se conformaient ordinairement à leurs instructions; cependant il arrivait quelquefois que , soit qu^ils fussent emportés par un excès do zèle, soit qu'ils eussent mal calculé les forces de leurs patients, la victime expirait entre leurs mains. C'est ainsi que Jacques Ryau, fermier des environs deTalmont, succomba en deux jours. Il est vrai que les bourreaux s'étaient surpassés. Ils lui avaient serré les doigts des mains avec des cordes , enfoncé des épingles sous les ongles, lui avaient brûlé de la poudre dans les oreilles, tailladé les jambes et versé du sel et du vinaigre dans les plaies. Voilà quelques-uns des hauts faits de nos missionnaires bottés.

LIEUTAUD (Antoine), chirurgien à Aix , en Provence. Lors de la peste qui sévit en cette ville en i 650 , le parlement ayant invitéles compagnons chirurgiens à consacrer leurs soins au soulagement des malades, sous la promesse de la maîtrise , Lieutaud , qui n'avait pu jusque-là se faire recevoir maître à cause de sa religion, répondit un des premiers à cet appel et fut enfermé dans rinfirmerie, où il tomba lui-môme malade, en s'acquittant de ses pénibles et dangereux devoirs. Le parlement tint sa promesse; mais pendant dix ans, les collègues de notre chirurgien huguenot le tourmentèrent de toutes les manières pour le forcer à quitter la ville. On finit par Taccuser d'avoir manqué de respect au S. Sacrement. Sans tenir compte de son appel à la Chambre de redit, le parlement, sur la déposition d'une domestique qui l'avait volé et contre laquelle il avait porté plainte, le condamna, ainsi que sa femme, à ^eimndeT pardon au S. Sacrement, à

genoux, la tôte nue , un flambeau ar« dent à la main. Il fallut employer la violence pour exécuter cette ridicule sentence. Ses ennemis espéraient que la honte le déciderait enfin à s'éloigner : il n'en fut rien , et pendant neuf années encore , Lieutaud opposa aux persécutions une imperturbable patience. !Ç!nfin, en 4669, le parlement le décréta de nouveau sous prétexte de récidive. Benoît ne nous apprend pas ce qu'il advint de ce nouveau procès.

LIGXAC, martyr. Ce jeune homme, natif de Condom, avait embrassé la Réforme à Genève. Désirant faire partager à son père et à sa mère ses nouvelles convictions, et espérant gagner quelques-uns de ses concitoyens ài'Ëglise évangélique, il revint en France avec un ballot de traités religieux, qu'il se proposait de répandre dans sa ville natale. Arrêté à Toulouse, en 4553, il n'essaya pas môme de dissimuler le but de son voyage, et en conséquence, il fut condamné au bûcher. Sa grande jeunesse, sa constance durant le supplice , son zèle extraordinaire pour sa religion émurent de pitié to'utle monde, sauf le bourreau et les juges, en sorte que sa mort servit, plus que ne Tavaient fait ses tentatives de propagande, les intérêts de la cause pour laquelle il donna sa vie. — Lignac est un de ces nombreux martyrs dont on cherche en vain le nom dans le martyrologe de Crespin. Nous n'y avons pas trouvé non plus celui de Litoy, bachelier en droit , qui , convaincu d'avoir converti un clerc du palais, nommé Géraud Bonnet^ fut également brûléà Toulouse avec son disciple.

L1GO^':^ti:lt, famille protestante de Castres, dont descendait le célèbre général anglais do ce nom.

Dès 1561 , nous trouvons mentionné parmi les principaux habitants réformés de Castres , Antoine Ligonnier, qui fut nommé , en 1567, receveur des deniers publics, et revêtu, en 1 569 , de la première dignité municipale avec Dominique Boudard, sieur de La Garrigue , Etienne Muratel et

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Barthélémy Nègre. Il mourut, en 4570, d*uoe fièvre pestilentielle qui, entre autres personnages de marque, enleva le procureur du roi Melou^ le conseiller Cahrier et François Bouffarde sieur de Fiac.

La généalogie de cette famille n'ayant point été dressée , que nous sachions, il nous est impossible de dire si Jean Ligonnier , consul de Castres, en 4584, divec Antoine Villarety Jacques Boyer et Antoine Alari, était fils d'Antoine; nous savons seulement qu'il se montra boo huguenot et magistrat zélé dans l'exercice de ses fonctions. C'est très vraisemblablement de lui que descendait Jean de Ligonnier, né le 4 avril 1 578, qui acheta, en i 602, la charge de conseiller du roi, contrôleur en la chancellerie de Montpellier, charge qui conférait la noblesse, et très vraisemblablement aussi David de Ligonnier, avocat à la Chambre mi-partie de Castres , et un des adversaires de Rokan, lequel mourut à Paris en 1 632 {Reg. de Charent,), Selon une note qu'a bien voulu nous fournir M. Combe, un des hommes le plus versés dans l'histoire du Castrais , Jean de Ligonnier épousa en premières noces iiobeau Du Puy, qui lui apporta en dot la belle terre de Monteuquet ; et en secondes, Jeanne de Jouy, Du premier lit sortit Abel de Ligonnier, né le 5 déc. 4 61 3 ; du second, Jacques et Antoine de Ligonnier. Nous manquons de renseignements sur ces deux derniers; peut-ôtre l'un d'eux est-il le même que Ligonnier de Fraisse , ancien de l'église de Castres, en 4659. Quant au frère aîné, Abel, qui fut con6rmé dans sa noblesse en 4 670, il pritpour femme, en 4634, Marguerite Le Roy, fille de Charles Le Roy, lieutenant-colonel et gouverneur de Castres. De ce mariage naquirent, outre une fille, Marguerite, qui devint la femme é'Abel de Rotolp^ sieur de La Devèze, trois fils : Louis, qui suit ; Abel , mort en bas âge , et Daniel, sieur de Lille, qui fut tué, en 4695, au siège de Namur, capitaine de grenadiers au régiment du Dauphin,

sans avoir été marié. Du mariage de Louis, sieur de Monteuquet, avec Lottisi Du Poncet, vinrent dix enfants, dont quatre moururent en bas âge. Cinq fils survécurent; ils se nommaient Abel, Jean-Louis, Antoine, Fbançois- Auguste et Daniel.

L Né en 4683, Abel de Ligonnier, sieur de Monteuquet, perdit son père à l'âge de 43 ans. 11 épousa, en 4708, Louise Boileau-de-Castelnau, qui le rendit père de six enfants. Trois moururent jeunes. L'alné des survivants, Charles, épousa, en 4741, Jeanne- Marie de Poyen , qui lui donna deux fils et une fille. Le cadet , Henri-Daniel, fut capitaine au régiment de Touraine. Leur sœur, Anne-Louise, fut donnée en mariage, en 4734, à Jean- François de Saint-Jean de Turin, baron de Farac.

IL Jean-Louis de Ligonnier, le célèbre général , naquit à Castres , le 7 nov. 4 680. Il sortit de France, non pas après la promulgation du fameux édit de 4724, comme on le lit dans la Biographie castraise, mais en 4 697. Dès 4703, on le voit figurer dans l'armée anglaise avec le grade de capitaine d'infanterie; en 4704, il fut nommé major. Son rare mérite lui valut dès lors un avancement rapide. Lieutenantcolonel de dragons, en 1740, gouverneur du fort Saint-Philippe dans l'tle de Miuorque, en 174 2, lieutenant-colonel de cavalerie, en 174 3, colonelbrigadier-général, puis maréchal de camp en 174 9. il fut créé, en 4740, lieutenant-général, grand-veneur d'Irlande et gouverneur de Kinsale. C'est lui qui, en 4743, lorsque George II se décida à intervenir activement dans la guerre de la succession d'Autriche, fut chargé de conduire la tête de l'armée anglo - hanovricnne commandée par lord Stair. On sait que Tindiscipline du duc de Grammont sauva cette armée d'une destruction presque certaine sur les bords du Mein, et precura aux Anglais un triomphe inespéré. Eu récompense des services qu'il rendit dans cette occasion , le roi George décora

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LigoDDier de Tordre du Baia sur le champ de balaille, en même temps que le duc de Gumberland, avec qui le général passa, quelque temps après , en Angleterre , pour combattre le Prétendant. En 4746, lit -on dans les Pièces fugitives d'Aubaïs, Ligonnier commanda en chef le contingent anglais à la bataille de Rocoux. En 4747, il continua à servir dans les Pays-Bas. A la célèbre bataille de Lawfeld, il combattit à la tête de la cavalerie, et se signala par sa brillante valeur. Fait prisonnier, il fut présenté à Louis XV qui accueillit avec distinction et admit à sa table un homme que ses intendants auraient sans aucun doute envoyé aux galères comme huguenot rebelle et opiniâtre s'il était tombé entre leurs mains ! De retour dans sa patrie adoptive, en 4748, Ligonnier fut élu gouverneur de rh6pitalfrançais(4), en remplacement de Jacques Gaultier^ et succéda au maréchal Wade dans le poste de lieutenant-général de Tartillerie. La même année , il entra dans la Chambre des communes en qualité de représentant de la cité de Bath. Plus tard, il fut nommé gouverneur de Guernesey. Enfin le roi d'Angleterre , qui l'avait en estime singulière , le créa, à la fin de 4757, feld-maréchal, colonel du premier régiment des gardes à pied, vicomte Ligonnier et baron d'Ennishillen en Irlande. Ligonnier, qui dans le cours de sa longue carrière militaire, avait assisté à 4 9 batailles rangées et à 23 sièges sans avoir jamais reçu de blessure, mourut à Londres, le 28 avril 4770. En 4763, il avait obtenu le titre de baron, et en 4766, celui de comte en Angleterre. Il avait pris alliance dans la famille AVellesley, et laissa une fille unique mariée au colonel Graham.

III. Le troisième fils de Louis de Ligonnier, Antoine, sortit de France en 4 698 et alla rejoindre son frère en Angleterre. Il prit aussi du service dans

(1) On voit encore aujourd'hui dans Ii salle do Conseil de cet hôpital un portrait équestre de Ligonnier en uniforme dé général. Son nom i été donné a une des mes da Londres.

l'armée anglaise, s'éleva par sa bravoure au grade de major, et mourut, en 4 767, sans postérité.

IV. Le qualrième,François-AugU8te, suivit, en 4740, ses frères sur la terre étrangère. Il entra, comme cornette , dans le second régiment de dragons, dont son frère était alors lieutenantr-colonel. Blessé à la bataille da Dettingen, il fut créé colonel, en 4745, et alla servir en Ecosse contre le Prétendant. Les services qu'il rendit lui méritèrent le grade de brigadier. H fut blessé mortellement à la bataille de Falkirk, et mourut le lendemain à Edimbourg, laissant deux enfants, dont l'un fut lieutenant des gardes du corps du roi d'Angleterre.

V. Le dernier des cinq frères, Daniel, sieur de Pratvieil,se convertit à Castres pendant les dragonnades(i4f ci.

Tt. 290), et entra dans l'armée française. Il mourut lieutenant de cavalerie en 4737. Sa veuve, Susanne AlUman, qui, dit-on, était née catholique, étant tombée gravement malade quelque temps après, et ayant déclaré qu'elle voulait mourir dans la reli^ gion du Christ et des apôtres^ le curé de la paroisse s'empressa de la dénoncer, comme hérétique, au sénéchal de Castres ; mais elle nia le propos et fut mise hors de cour. Cette seutence exaspéra l'évoque et l'intendant. Le substitut du procureur général en appela au parlement de Toulouse. Nous ne savons comment cette afiaire se termina; mais on peut s'en douter à la lecture d'une lettre de l'intendant Bernage annonçant d'avance au secrétaire d'Etat « que l'arrêt que le parlement reudroit seroit aussy avantageux à la religion que le jugement des officiers du sénéchal da Castres luy auroit été préjudiciable»

{Arch, M. 675).

Nous avons dit plus haut qua nous manquions de renseignements sur les deux frères cadets d'Abel de Ligonnier. C'est apparemment de l'un ou de l'autre que descendait Louis Ligonnier^Du Buisiony qualifié decou*

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sin du feld -maréchal dans les Pièces fugitives d'Aubaïs, lequel mourut à Ge - -nèire en 4749, laissant, entre autres enfants, une fille mariée successivement à M. de Pismes, sieur de Saint- Saphorin près de Lausanne, et au chevalier Shaub, diplomate suisse. La difficulté n'est pas moindre pour rattacher à cette famille Abel Ligonnier, de Castres, qui fut inscrit, en 4671, au nombre des étudiants de Tacadémie de Genève, et reçu ministre « avec applaudissement » au synode de Saverdan, le 8 sept. 4678, en même temps axï^ Antoine Ligonnier-de-Bonneval .

Ce dernier, qui était né à Castres, mourut ministre à Portarlington, où il desservait Téglise française depuis 4733. Il laissa une fille unique, Anna, qui épousa, le 28 mars 4737, Jacques- Louis de Vignolles.

LIMIERS (Henri-Philippe), docteur en droit, écrivain fécond, mais sans style et sans critique, naquit eu Hollande de parents réfugiés, et mourut à Utrecht en 4725. On a de lui:

L Idée générale des études, de leur choix, but et règles, avec un état des bibliothèques et le plan pour en former une bien curieuse 'et bien ordonnée, Amst., Châtelain, 4743, 3 vol. in-4 2; réimp., Amst., 4 747 et 4729, 4 vol. in-4 2, avec La science des personnes de la cour, de Tépée et de la robe, par Chevigny. — Au dire de Barbier, cet ouvrage n'est qu'une copie presque entière du Traité des plus belles bibliothèques de l'Europe, par Le Gallois, traité qui n'est luimôme qu'une traduction abrégée de l'ouvrage du ministre J. Lomeier, De Bibliothecis (2* édil., Ultraj.,4680, 8")

11. Histoire de France sous le règne de Louis XIV, oâ Von trouve une recherche exacte des intrigues de cette cour dans les principaux Etats de l'Europe, Amst., 4747, 7 voL in-42; Amst., 4718,5 tomes en 40 vol. in-4 i ; nouv. édit. revue, corrigée etaugm., Amst., 4749, 42 vol.

m-42; Amst. [Rouen], 4720, 2 vol.

in-4*. — Compilation prolixe, où l'on

remarque aussi peu de philosophie que de critique, bien accueillie néanmoins, comme le prouve la rapide succession do ses éditions.

m. Les Comédies de Plaute, trad.

en franc., Amst., 474 9,4 0 vol. in-12. — Limiers n'a trad. que 46 pièces; les quatre autres, l'Amphitrion, TËpidicus, le Rudens et les Captifs, sont de la traduction de M"* Dacier et de Coste. Le 10* vol. contient les fragments du comique latin. — Traduction peu esti^ mée.

IV. Les aventures de Télémaque, nouv. édit. augm. et corrigée sur le msc. original de V auteur, avec des remarques pour Vintelligence de ce poème allégorique, Amst., 1719, in- 42. Les remarques ontélé réimp. (Lond., 4 7 1 9, in-4 2) avec une Dédicace à Frédéric, petit-fils de Georges I, par Armand buBourdieu,^{{\}\ quelques bibliographes les attribuent.

V. Abrégé chronol.de r histoire de France sous les règnes de Louis XIII et de Louis XIV, pour servir de suite à celui de Mézeray,km%i.,MtO, 2 vol.

in-4 2 ; Amst., C. Mortier, 1723, 2 vol. in-42;1 724, in-fol,; Amst. [Trévoux], 4727,3 vol. in-4 2; 1728, in-4'' ou 3 vol. in-1 2, aug. de la Vie de Mézeray, par Larroque ; 4 734, 3 vol. in- 4 2. — Selon le P. Lelong, cet abrégé est estimé pour sa sincérité.

V!. Histoire de Suède sous Charles X IL Amst., 1721, 6 vol. in-12.

VU. Les An?iales de la monarchie française depxds Pharamondjusquà la majorité de Louis XV, enrichies des principales médailles qui ont été frappées sous tous les règnes, Amst., 4724, in-fol„ selon la Biogr.

Univ.; 1724, in-fol.; Amst., L'Honoré.

4725, 3 part, en 4 vol. in-fol., selon le P. Lelong.

VIII. Histoire de VInstitut des sciences et des arts établi à Bologne en 1712, Amst., 1723, in-8", avec grav. — Limiers mourut membre de cette société savante.

IX. Pierres ajitiques gravées sur lesquelles les graveurs ont mis leurs

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nomsy Amst., 4724, in-fol. avec û%f^, — Trad. du latin de Stosch.

Selou Barbier, Limiers a été un dei rédacteurs de la Magna Bibliotheea ecclesiastica (Colon., 1734, in-fol.), dont il n'a paru qu'un vol., comprenant la lettre A. Nous avons déjà dit ailleurs {Voy, III, p. 372) qu'il est Tauteur du Supplément à V Atlas histor. de Châtelain^ et nous ujouieroni qu'il a laissé en msc. une Histoire du temps ou Mémoires de diverses cours sur les matières les plus importantes de la politique,^^6[ÀTi'k'*.

LirHAS (N. de), capitaine huguenot, connu dans l'histoire de nos guerres civiles par sa belle défense de Sainl-Sever, méchante bicoque à deux lieues de Viane, au mois de mai 1628.

Sous le titre de La prise de la ville de Saincl-Sevcr, par Monseigneur le Prince ; ensemble la trahison du sieur de Linas, gentilhomme rebelle des montagnes de Castres, gouverneurdudil Saint-Sever, et le nombre des rebelles bruslez, pendus et tuez, parut à Paris en 1628 un petit placard in-8*, reproduit dans le Mercure français, où Ton raconte que Linas lit prévenir Condé par le vicomte de Panât queson intention était de se soumettre, ruse à laquelle il eut recours pour gagner du temps et se renforcer ; qu'il « abusa du respect deub à mondit seigneur le prince, » en déclarant qu'il se défendrait jusqu'à' la mort et en usant « de rodomontades aussi jmpertinentes qu'insolentes, « en sorte qu'on fut forcé de l'assiéger, mais que « l'obstination endiablée » des assiégés repoussa les assaillants. Linas, en eQet, soutint trois assauts avec la plus grande bravoure, et quand il se vit sur le point de succomber, au lieu de se rendre, Venragé mit le feu à la ville et se relira « dans ce qu'ils appellent la citadelle; » puis, à la faveur de la nuit, il gagna les montagnes. Le lendemain, la place était vide, continue le narrateur royaliste; on n'y trouva que quelques hommes qui furent pendus et beaucoup de femmes ou de ûiles qui fu-

rent sauvées de la fureur du soldat. — Les Linas persistèrent dans la profession de la religion réformée. En 1654, un gentilhomme de ce nom, ancien dd l'église de Saint-Sever, assista à un synode tenu à Castres {Arch, gén. Tt.

290). — Le vaillant défenseur dé Saint-Sever ne serait-il pas le fils dé Jacques de Goudon^ sieur de Linas, qui fut tué en|1 591, laissant sa femme, Marie de Bessière veuve avec un enfant?

Li:>DERN ( François -Balthasâh de), né à Bouxweiler le 1*' mars 1 688, fit ses humanités dans le collège de sa ville natale, puis il fut envoyé, en 1 700, à Strasbourg par son père, qui exerçait la profession d'apothicaire et le destinait à lui succéder. II s'appliqua donc à l'étude de la pharmacie, pour laquelle il se sentait d'ailleurs peu de goût.

La mort de son père l'ayant laissé libre de suivre son inclination, il partit pour léna où il se mit à étudier la médecine. Des affaires de famille le rappelèrent en Alsace. Dès qu'il y eut mis ordre, il retourna à Strasbourg, où il prit, le 8 mai 1708, le grade de docteur, et où il exerça son art avec succès jusqu'à sa mort, arrivée le 25 avr. 4755. Voici la liste de ses ouvrages, dont plusieurs sont encore estimés :

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