‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 39 sur 169 · XI. Consilia juridica; réimp. à Francf., 4668. in-fol · texte numérisé non relu

XI. Consilia juridica; réimp. à Francf., 4668. in-fol

LORIS (Daniel), archiatre du prince de Montbéliard Louis- Frédéric, petit-fils, par sa mère Elisabeth, du célèbre /tfa^i^attAtn, ne nous est connu que par la thèse qu'il soutint à la faculté de médecine de B&le : Assertiones et controversiœ de heciicœ febris definitione^ divisione, seu speciebus vel gradibuSfCausis^ signis tam diagnosticis çuarn prognosticis, necnon curatione, Basil., 4 647, in-4**; et par le titre d'un petit livre Le Trésor des ji;flrf^rr^5,Gen..4 629,qui,selonM.Duverooy, n'est utile ni au botaniste ni à l'horticulteur. Son pèreC^AaWtf^-Lovw, natif de Montbéliard, était également médecin.

LORiiIC, nom d'une famille protestante qui possédait la terre des Bordes, où elle avait élu sa sépulture, depuis que Thomas deLorme, conseiller d'état, intendant des finances en Languedoc et en Dauphiné, était venu se fixer à Paris et avait fait l'acquisition de ce fief. Cette terre étant passée, en 4 677, en la possession d'un catholique, le nouveau propriétaire exigea l'exhumation des corps qui y reposaient. Il fallut donc rouvrir les lombes et en retirer les ossements de Thomas de Lorme et de ses deux femmes, de Toussaint de Lorme et de ses femmes, de Nicolas de Lormp, sieur do Clerbois, de Thomas de Lorme. sieur des Marchais, de Hernardinc de Lorme, de Thomas et de Gilles de Lorme, de M"' FleureaUi née do Lorme, et du célèbre Au-

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çutie Gaîland.qm aTait épousé Marie de Lorroe, sœurvraisemblablemeDtde l'ioleDdaDt des fiDances.OD les apporta dans le cimetière de Charenton, où ils furent rendus à la terre, le 30 mai \ 677 {Reg. de Charente),

Nous venons de dire que Thomas de Lorme, sieur des Marchais, puis des Bordes, avait été marié deux fois. C'est vraisemblablement de son mariage avec Jeanne Arnauld, sa première femme, que naquirent Nicolas, sieur de Clerbois, dont la ûile Bernardine, épousa, en 4 64 6, 7*aw/ de Gorris, contrôleur général de lu marine et des forliûcations en Normandie, et Toussaint, sieur des Bordes,raarié,en premières noces,avec Madelaine de Plaix, dont il eut, le 49 mars 4 620,TuoMAs,sieurdes Marchais, présenté au baptême par son grandpère et par Marguerite Verdin, femme de César de Plaix. Comme ancien de. La Norville, ce Thomas de Lorme assista, en 4 655, à un synode provincial tenu h Chprenton, cl en 4 685, comme ancien de Téglise de Paris, il futexiléàChâteaurenaud, puis à Thoury. En secondes noces, Toussaint de Lorme épousa, en 4628, SusanneMa laper tn^euve ùeLouis de La Bistrate^ sieur d'Esmery.

La seconde femme de Thomas de Lorme fut Uranie Le Jay.qm lui don- Da deux enfants : Martre, baptisée h Charenton en 4600, et Gilles, né en 4604. Ce dernier, sieur de Clerbois, puis des Bordes, était capitaine de cavalerie, lorsqu^il épousa, en 1 64 \,Mar~ guérite de Gorris^ lUIc de Jean de Gorris^ médecin ordinaire du roi, etde Marguerite Biseul, laquelle mourut, au mois de déc. 4 662, après lui avoir donné quatre enfants : 4" Thomas, né en 4642, capitaine d'infanterie ; — 2* Alexandre, sieur de Clerbois, né en 4643, et mort en 1 662, capitaine de cavalerie; — 3* Frédéric, né en 4 657; — 4* Charlotte, mariée, le 4 6 oct.

4676, 'd Henri Justel.

Ne serait-ce pas de Frédéric de Lorme qu'il est parlé dans les Mémoires de Foucault, sous le nom àeLonne-di-

La Massage, seigneur de Mouchampi en Poitou ? Zélé protestant, ce gentilhomme voyait avec douleur les nobles huguenots de la province, accourir dans les églises catholiques, poussés par U terreur qu'inspiraient les dragonnades.

11 employait tous ses efforts pour relever leur courage et les empêcher d'abjurer.C'était plus qu'il n'en fallait pour irriter l'intendant Foucault, qui donni Tordre de l'arrêter, le 29 nov. 4 685. Prévenu h temps. La Massaye s'enfuit.

Louvois enjoignità l'intendant, par lettre du 4 0 déc, de raser son cbâteaUt s'il no se représentait immédiatement.

Effrayé h son tour, La Massaye céda à l'orage, et par un trait d'habile politique, il pria Louvois lui-même d'être son parrain. U sut gaguerainsi la faveur da puissant ministre, et il en proGta pour se faire rendre deux nièces que Foucault avait enlevées à leur tante « qui les élcvoit très-mal, » et avait enfermées dans des couvents. Plus tard, notre zélé huguenot, devenu lieutenant du roi dans le Poitou, se lit convertisseur h son tour. Nous croyons au moins que c'est de lui qu'il s'agit, mais nous n'en avons pas la certitude: car dans le môme temps vivait nnAmprouT:, sieur de La Massaye, qui, après avoir résisté jusqu'à se laisser mettre à la Bastille, finit aussi par se convertir (i4rcA. çf^n. E. 3373), tandis que sa sœur, enfer^née aux Nouvelles- Catholiques, tenait encore bon en 4 687.

Une famille d'artistes, du même nomse rattachant très-vraisemblablement* ainsi que la précédente, au célèbrearchi IcctePhilibert de Lorme par quelquelien do parenté, nous est également connue par les Registres de Charenton. Jean de Lorme, architecte du roi, eut de son mariage avec iVeW^ /{otff^ai», une fille, Marie , qui fut présentée au baptême, en 4 604, par Daniel Lapostole et Esther Budé, et un fils, Jacques, peintre et sculpteur, qui épousa, en 4628, Ca»

therine Boucher, morte en 4635. Un autre de ses fils, nommé CHARLEs,commis de M.Mouerot, « un des plus grands curieux d'estampes de son temps, sur-

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tout de celles de Cal]ot,»au lapport de Mariette.élait parvenu à réunir une des plus riches collections qui eût jamais existé. L'abbé de Marolles, qui s'en rendit acquéreur, dit, dans un de ses ridicules quatrains sur les Peintres et Graveurs, qu^on ne vit jamais rion de si parfait au monde. Le portrait de Charles de Lorme a été gravé par Callot; celui de son père Ta été par Michel Lasne.

— Le 24 mars 1 636, iVico^as de Lornne, maître maçon, fut enterré au cimetière protestant de la Trinité, où fut également inhumé, le 20 mars K 638, ^ l*àge de 35 ans, le peintre J$an de Lorme, peut-être deux autres fils de Tarchitecte de ce nom.

Les Registres en question font eucore meution d^autres de Lorme, mais nous ne voyons pas qu^ils aient été alliés à Tune des deux familles dont nous venons de parler. Tel, par exemple, Jacques- Philippe, fils de Pierre- Philippe et de Marguerite Le Coq, valet de chambre de la duchesse de Ro» han, qui épousa, en \^1\, Catherine Cassiopin, fille de Jean Cassiopin, peintre du roi , et de Catherine Elle.

LOltON (Philibert), sieur Du TaiOT,gentilhomme protestant delà Bourgogne, ne nous est connu que par Tentreprise qu*il exécuta avec succès sur Vézelay, en 1569. Quels liens de parenté Punissaientrilsà un autre Loron, sieur de La Maison-Blanche, qui contribua ^ la prise d'Auxerre, en I5G3 ?

Celui-ci était peut-Ctre son frère ; en tout cas, il n'était pas son fils, qui no comptait alors, tout au plus, que ireizD ou quatorze ans , le mariage de Philibert Lorou avec Renée (VAulenay n'ayant été célébré qu'en <o47. Ce fils, nommé René, sieur du Tarot, épousa, ^\k\^%{,FAiBabethdeJanly\Qi^VL[ï%r\, n en eut Gédéon, sieur du Tarot, marié, en 4 64 4 , à Françoise de Rieux, et peut-être Lazare, qui ne laissa qu'une fille {Voy, VI , p. 55). Gédéon fut père de deux fils. Le cadet, David, siéur de ChAtenay, fut maintenu noble en 4 669.

L^alné, René, sieur du Tarot, prit pour femme, en \ 643, Margmrite di Con-

fuérant^ qui était née protestante, mais qui abjura la religion réformée, et obtint sans peine du gouvernement que sa dernière fille , nommée Françoise , et âgée de 4 à 5 ans, serait ôtée à son père pour Otre élevée à la Visitation d'Avalon. Dès que cette enfant eut atteint nge de 12 ans, elle alla se jeter dans les' bras de son père en lui protestant qu'elle voulait vivre dans l'Eglise protestante. L'intendant Bouchu y mit bon ordre; il la fil enlever pour la rendre k sa mère et condamna Du Tarot à payer les frais de l'enlèvement. En 4 679, René de Loron professait encore la religion réformée ; mais sa fehime était catholique et avait déjà procuré la conversion de quatre de ses enfants {Arch.

gén.TT.r69).

LOItTIK (André), de La Rochelle, fut donné , vers 4 674 , pour ministre ï l'église de sa ville natale , à laquelle , dit Arcère, il fit beaucoup d'honneur par son mérite et par son savoir. L'année suivante, il publia une Défense du sermon d'Hespérien sur Jean IV, 22, où, usant d'un droit qui nous semble incontestable, il reproduisit un passage d'un écrit du jésuite Adam, dans lequel les évoques étaient traités « de têtes folles qui faisaient les petits rois d'Yvetot, de rats d*église qui voulaient régner dans leurs trous et qui tranchaient de souverains sur leurfumier.» 11 est juste de dire que, sur la plainte de Tévêque de La Rochelle,un carton avait fait disparaître cette attaque virulente; mais Lortie n'en était pas moins autorisé à citer ce passiige pour montrer combien le jésuite était emporté et violent. Aussi n'est-ce piis là le crime que le fameux Bomicr lui imputa. Il déféra au tribunal Lortie parce qu'il avait publié son livre sans l'autorisation du magistrat, et les deux censeurs , Guihert et de Laizementj parce qu'ils n'avaient pas pris, dans leur approbation, la qualité de ministres de la R. P. R. Le consistoire s'empressa d'écrire au secrétaire d'état pour lui représenter que la Déclaration de 4 669 défendait bien aux ministres de prendre d'autre titreque celui de mi*

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Dîstres de la R. P. R., mais qu'elle ne leur ordonnait pas de se qualifier euxmêmes ainsi; que l'arrêt de (670 con« cernait les libraires et les imprimeurs, mais non pas les auteurs; et il concluait en demandant qu'on fît cesser ces vexations qui n'avaient d'autre but que de forcer les pasteurs à cesser leurs fonctions, au moins momentanément, puisqu'on les condamnait, nonobstant appel et par corps, à des amendes excessives, elqu'on les tenait en prison jusqu'il ce • qu'ils les eussent payées ou que le jugement eût été cassé» (Arch, gén. Tt.

316). Le secrétaire d'état eut-il égard à ces remontrances? En tout cas, Lortie eo fut quitte pour la suppression de son livre ; mais injonction fut faite h lui et à ses collègues de prendre à l'avenir en tous actes, tant publics que particuliers, la qualité de ministres de la R. P. R. i peine de 1500 livres d'amende et de punition corporelle. Le libraire fut condamné à une amende. Le clergé catholique ne fut pas content de cette sentence; il suscita ài Lortie beaucoup d'autres affaires désagréables. Peut-être le pasteur fournit-il lui-même des armes \ ses adversaires , en ne mettant pas dans sa conduite toute la réserve, toute la prudence que les circonstances exigeaient. Tel fut le cas , par exemple » pour le procès qu'on lui intenta au sujet d'un prêtre intrigant, nommé Le Jeune, qui se présenta chez lui comme médecin, qu'il accueillit avec bienveillance, qui le vola et qu'il fut accusé d'avoir iqmXm pervertir (Ibid.Ti. 31 6). Tel fut encore le cas, en 1 680, lorsque, pendant un séjour qu'il fit à Paris, où il s'était rendu afin de faire vider un pourvoi , il s'avisa de donner des lettres de recommandation pour la Hollande à ua agent provocateur qui s'empressa de les livrera la police. Sous le coup d'un décret de prise de corps, il se b&ta de passer en Angleterre , où ses opiuions sociniennes l'exposèrent à de nouvelles tracasseries. On prétend qu'il desservit l'église de la Savoie ; mais M. Burn ne le mentionne pas dans la liste des pasteurs de cette église. Ce

qui est plus certain, c'est qu'il fut pasteur de Barton. Il fut remplacé dans sa chaire à La Rochelle par Le Blanc^ ministre de La Roche-Chalais. On ignore la date de la mort de Lortie. 11 a laissé quelques écrits dont voici les titres :

I. Traité de la sainte Cène divisé en troispariies o4é sont examinées les nouvelles subtilités de M. Arnatùd sur les paroles : Ceci est mon corps , La Roch., Jacob Manuel, 4674, in-4S; Saumur, 1675, in-8*.

II. Défense du sermon de M, Hespérien, prononcé à Marennes^ ou Ré" ponse à un écrit intitulé Ëclaircissimens de la doctrine de l'Eglise touchant le culte des Saints, Saumur, Detbordes, 1675, in-12.

III. À practical discourse concerning repentance and the nature of the Christian religion^ Lond., 4693»

3 vol. in-12.

lY. On the Trinity^ two sermons onMatt.XXVlII, 19, 1717, iu-H.

y. Practical discourses onseveral subjects, 17Î0, in-8*.

On conserve aux archives de Lambeth Palace quelques pièces inédites relatives aux querelles dogmatiques de Lortie avec ses collègues réfugiés :

N 932. 4 : Factum pour A. Lortie ^ ministre du S, E., injustement oecusé de socinianisme : N* 932. 67 :

Lettres de M. A. Lortie àV archevêque de Canterbury touchant la réunion des Protestans, août 26,1 707; N* 9S9 : Controverses entre M- Testas et M. Lortie socinien^ touchant cette question , si Jésus-Christ est U Fils de Dieu de toute éternité.

Lortie avait épousé une demoiselia de Saumur, dont il eut un fils, et vraisemblablement une fille, SusAimt, morte à Canlorbéry, veuve û!Adri$n Du Hamel. Son fils, dont le pasteur /.- A, Aufrère, dans une lettre inédite à Prosper Marchand^ datée de Londres* 20 déc. 1751, et conservée à la Biblioth. de l'Acad. de Leyde, dit qu'il passait pour être resté «fort au-dessous du mérite et du savoir de son père » , ne nous est connu que par une brochure

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