‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 52 sur 169 · VAL · texte numérisé non relu

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bien qne réclamés par Anne-Henrielte de Brique^ille, leur cousine germaine, d'oh un procès qui n'était pas encore \nfé en 1752 {Arch. gin. Tt. 341).

Aux deux fils de François Malortie mentionnés dans le Dict. de la Noblesse, il faut eu ajouter, sans aucun doute, un troisième, Malortie-de FaverolUs^ 4*0rbec, qui fut condamné comme relaps, en 4686, et dont la sœur Henrietles'empressade demander les biens, qui avaient été confisqués (Ihid, Tt.

S70).Eo outre,il est évident pournous, malgré le silence gardé par La Chesnaie-des-Bois, que Gabriel Malortie, sieur de Glatigny et des Chastelets, OQ^ nous trouvons signalé, en \ 685, dans un rôle des Huguenots habitant rélection d'Alençon {Arch, Tt. «70), appartenait aussi à cette famille (1) qui était divisée eu plusieurs branches, Tone desquelles était établie eu Picardie. Cette branche picarde profesifit encore en 4681 le protestantisme, mais elle était peu zélée (Ibid. Tt.

MALOT (Jean), ou Mallot^ vicaire delà paroisse de $aint-Audré-des-Arcs, converti aux doctrines évangéliques.

Oa ignore la date de sa conversion; mais il est bien évident qu*il n'était plus catholique lorsqu'il accompagna Louveau en Allemagne,c*est-^-dire à la fin de 1559, ou au commencement de Tannée suivante.li rentra en France par Lyon et Valence, sans doute après avoir visité Calvin i Genève. Peu de temps après son retour i Paris , il fut choisi pour pasteur par les fidèles de la capitale. Il serait difficile aujourd'hui de préciser l'époque où il commença ses fbnctious ; mais il remplissait certainement déjà les devoirs de son ministère lorsque Jacqueline de Longwy

(1) Dans U même liste, il est fait mention et irois frères de ViUers-de Glatigny, dont VêUé habitait Orbrc ; le second était mort, père de troit> {ils : deux de ces derniei s s'étaient rfïtoRiés en Allemagne où l'un était comman^ dant d*nue place Torte, et l'autre major dans MrèSiment; le troisième, qai avait en la tèiê Uanelié«, on ne nous dit pas pour quel crime, avait aussi laissé trois fils qui étaient piisés dans les pays étrtogers.

mourut, c'est-à-dire au mois d'août 1 56 4 (Koy.Iï.p. 479). On raconte que la duchesse voulut, à son lit de mort, s'entretenir avec lui et lui témoigna le désir de recevoir la communion de sa main, mais que le rigide pasteur refusa de lui donner la Cène , ce sacrement ne devant s'administrer, lui répoodit-il, que dans les saintes assemblées. C'est évidemment aussi en qualité de ministre de l'église de Paris que Malot assista au colloque dePoissy (Fby. U, p. 263).

Quelques mois après, il présida , avec son coWhgne Jean Le Maçon, àl'organisation d'un bureau spécialement chargé de la distribution des aumônes.

Ce bureau fut composé , outre quatre anciens et un nombre indéterminé de diacres, de huit notables bourgeois de Paris : François de V Alouette, Nicoloi Sevin el Lambert Bouîenger^aso cats au parlement, àeoffroy Cheval, chirurgien, Denis de Moncy, Jacques Danne9,JeanLoiseleurei Pierre Gouy0n,marchands.Éufin c'est lui qui prêchait au Patriarche lors du tumulte de Saipt-Médard.

Par redit de juillet 4 561, les assemblées non-seulement publiques , avec ou sans armes, mais privées « où se feroient presches et administration de sacrement , en autre forme que selon l'usage receu et observé en l'Eglise catholique» (Toy. Pièces justif.N" XVI), avaient été défendues sous les peines les plus sévères ; mais les Huguenots, encouragés par les résultats du colloque de Poissy et comptant sur la protection des grands seigneurs qui avaient embrassé leur religion, violaient ouvertement cetédit. A Paris même , ils tenaient des assemblées nombreuses, duconsentemenijil estvrai,de la reinemère, comme nous l'apprend une lettre de Bèze à Calvin. «Nalali ipso quievimus, lui dit-il. Postridiè copia nobls tum prlroiim facta publicè diebus festis conciouandi. Altero posldie, a prandio itum estad Marcelli suburbium.» C'est, en effet , dans le faubourg Saint- Marcel qu'était situé le Patriarche, un des lieux de culte des Huguenots. Le 27

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dée.» îi y aYait uoe assemblée nombreuse, protégée par des gentilshommes armés et par les soldats du guet ; car on savait qu'il fallait se tenir eu garde contre la colère du clergé et le fanatisme du peuple. Malotprêchait.Il occupait la chaire depuis un quart d^heure à peine, lorsque les cloches de Téglisevoisioe de Saint-Médard se mirent à sonnera toute volée, llétait trois heures et les vêpres étaient dites ; ce n'était donc qu une provocation. « Le son en retenlissoit si grand, lit-on dans LaPopelinière, qu'il estoit impossible d'eutendre Texhorlation.» En attendant que ce bruit assourdissant cessât, Malot fit chanter le ps. XVI; mais Tinfernal carillon continua sans relâche. Castelnau, qu'on ne peut accuser de partialité pour les Huguenots, avoue que les prêtres de Sdint- Médard furent les provocateurs,- et que les Protestants se contentèrent d'abord d'envoyerdeui desieurs — sans armes, ajoute deThou, — pour prier le curé de faire taire ses cloches; qu'ils ne purent rien obtenir; qu'on en vint aux paroles, puis aux prises,et qu'il y en eut un de blessé à mort. Ce malheureux se nommait Pasquotf l'autre se sauva à toutes jambes. Les prêtres, continue Gastelnau, fermèrent leur église et, montant au clocher, se mirent à sonner le tocsin pour émouvoir le peuple catholique. LaPopelinière dit aussi qu'au lieu de se rendre aux représentations des Protestants, ils donnèrent «plus grand bransle h leurs cloches. » Impatientés à, la un, les Huguenots voulurent obtenir par la force ce qu'on avait refusé à leurs prières, et se précipitèrent en grand nombre vers réglise,ayant à leur tête le prévôt Rouyeaureille, que le gouverneur de Paris avait chargé de veiller à la sûreté de l'assemblée. De leur côté, les prêtres effrayés barricadèrent les portes de réglise,et,se réfugiant dans le clocher, firent pleuvoir sur les Protestants une grêle de traits et de pierres dont plusieurs furent blessés. Pendantce temps, le tocsin ne cessait de se faire entendre, et déjà les cloches de St-Marcel etdeSte-Gene-

viève s'étaient mises i l'unisson. Apràl que Rougeaureille eut vainement sommé, au nom du roi, le curé et ses afft» dés de descendre de leur clocher, !•• Huguenots ou plutôt, s'il faut en croire De Thou, quelques-uns de ces hoB«> mes perdus de vices que l'on est sur de rencontrer dans tous les attroupe«> ments, se ruèrent sur les portes de Té* glise, les enfoncèrent, et leur colèrt s'eiaspérant â la vue de Pasquot» battu et blessé à mort, ne se pouvant mouvoir » , ils se mirent à piller les autels, à profauer les reliques et à briser ley images qui restaient debout, car les prêtres, assure-t-on, en avaient reOfversé une partie afin de se faire des armes de leurs débris. Déjà les assaillants se disposaient à mettre le feu aa clocher, d'où les prêtres, retranchés comme dans une forteresse , conti* nuaient à les accabler de pierres, lorsque l'arrivée du chevalier du guet Qa>> baston apaisa enfin le tumulte, qui durait depuis plus d'une demi-heure. Jur géant, d'après ce qui s'était passé, que les Catholiques avaient été les provocateurs, et instruit par le prévôt de la résistance que les prêtres avait faite à Tautorilé, Gabaston arrêta une quin* zaine de mutins et les fit conduire daoi les prisons de la Conciergerie , sans que la populace attirée par le son du tocsin de tous les quartiers avoisiuanls fît aucune tentative pour les délivrer.

Le clergé, furieux du résultatinattendft d'un coup si bien monté, se promit de prendre sa revanche. Dès le lendemain, la canaille du faubourg Saint-Marceau ameutée par lui se rua contre le Pa* triarche, dès que les fidèles en furent sortis après la célébration du service* divin. Elle brûla les bancs et la chaire, et aurait livré aux flammes le bâtiment lui-même, sans l'arrivée à^Antotne de Clermont - d'Amhoise , du capitaine Soucella, de Stuart et de quelques autres gentilshommes huguenots, qui dissipèrent sans peine cette lâche po«> pulace et firent quelques prisonniers qu'ils livrèrent au procureur du roi.

Saisi de l'affaire, le parlement sem-

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bla oublier ses préjugés contre les Réformés ou voulut au moins sauver les apparences. 11 chargea de Tinformalion deux commissaires, Tun catholique et l'autre protestant ; mais bientôt, revenant à ses sentiments d'hostilité, il lit mettre en liberté les prisonniers catholiques et arrêter Gabaston, qui, toutcatholique qu'il était, fut condamné à mort pour s'être montré partisan des Huguenots , Nez-d*argent , qui fut pendu, comme nous l'avons dit ailleurs. Gager et son fils, qui subirent le même sort pour avoir été témoins du tumulte.

Cette révoltante iniquité ne se commit pas immédiatement; le parlement attendit que Condé fût sorti de Paris et que la guerre civile eût éclaté. On lit môme, dans le Journal de 1 563, publié par la Revue rétrospective, qu'il aurait bien voulu, ainsi que le roi et la reine, sauver la vie au moins à Gabaston, mais que « le peuple estoit tant animé contre luy que si Ton Teusl eslargi, l'on craignoit que le peuple ne fist violence au parlement mesme. » Qu'il ait ou non cédé à la peur, le parlement n'en reste pas moins couvert du sang de l'innocent.

11 est certain que Malot, qui était particulièrement haï comme apostat, aurait subi un sort aussi rigoureux , s'il n'était parvenu à échapper aux fureurs de la populace catholique. Voici, en effet, ce que Prosper de Sainte-Croix écrivait le 5 avril 4 662 : « Ce matin le connétable fit armer toute l'infanterie et une bonne troupe de cavalerie,et son Excellence, marchant à travers la ville au milieu de ces troupes,^ l'improviste, rencontra un avocat du roi , nommé Rose; il l'appela avec des paroles injurieuses (con villania) , et commanda qu'on le mit en prison. On dit qu'il a fait traiter de même un prédicateur huguenot, qu'on appelle Rivière [Le Maçon, dit La Rivière]. Avec toute sa troupe armée, il sortit de la ville et se rendit où un autre prêchait, lequel on appelle Malho; il le fit saisir, fit mettre le feu à la chaire, aux livres, à tous les bancs, et fit mener eu prison plusieurs

de cette assemblée. Tuttaquestacittà stacoo allegrezzainfinita. » Dans cette lettre, qui nous peint l'état de l'opinion à l'égard des âuguenots, Prosper de Sainte-Croix se fait l'écho d'uu faux bruit au sujet de Malot. Aucun écrivain protestant ne dit qu'il fut arrêté ; on se contenta de lui défendre de prêcher, sous peine de mort, ainsi qu'à son collègue {Voy. VI, p. 530). La Popelinière, entre autres, rapporte qu'après la prise d'Orléans par Condé, on se livra à Paris à d'activés recherches pour le découvrir; mais il était déjà sorti de la ville, et comme beaucoup d'autres protestants parisiens, il trouva un asile à Orléans. Après la conclusion de la paix, Coligny le choisit pour son aumônier.

En \ 566, l'amiral le prêta pour quelque temps à l'église deMetz {Voy, IV, p. 9). Comme il n'est plus fait mention de lui, depuis cette époque, dans l'histoire de nos églises, on pourrait présumer qu'il mourut vers ce temps, s'il n'élait encore qualifié de ministre de l'amiral dans le Martyrologe à la date de \ 569. Cette année-là, sa femme, i49iii« Chrestien, retirée alors à Chàlillon-sur- Loing, fut égorgée par des soldats qui, moyennant une bonne somme, avaient promis de la conduire en lieu sûr, après la capitulation de la ville {Voy. III, p. 388), et qui la tuèrent eu route pour s'emparer du reste de son argent.

On a quelquefois confondu Jean Malot, ministre de l'église de Paris et chapelain de l'amiral, avec Jean Malot ou Mulot (c'est ainsi que Bèze écrit son nom), chanoine de Beaune, « homme docte et de grande prudhomie » , qui embrassa aussi la Réforme, vers 4562, et fut donné pour pasteur à l'église protestante d'Autun (4). Lorsque les

(1) Un autre Mulot, dont le prénom était Pierre, après avoir passé la moitié de sa vie a prèclier l'Évangile dans la Suisse française, fut envoyé, en 1659, à Soubise, dont le seigneur montrait alors beaucoup de zèle pour la Réfoime.MalRré son grand âge — il avait dors plus de soixante ans,— il déploya beaudoup d'activité, bravant Mec intrépidité des aangors sans cesse ronai>sRils cl supportant avec couraRe et allégresse les plus ruiles fatigues. Ce Mulot ne scrajl-il pas le mC*me que

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Protestants de cette Tille, au nombre de 7 à 800, furent chassés de leurs foyers, en 4 562, Malot fut incarcéré, ainsi que ses collègues Sébastien Tyran et Michel LignoL Quelques-uns d'entre les proscrits obtinrent, à force de sollicitations, la permission de rester; mais, mieux aurait valu pour cm qu'ils eussent suivi leurs frères, car, lit-on dans le Martyrologe, « ils furent traitez d'une estrange façon, estans injuriez, batus, traînez à la messe, les autres menez en prison, si on les oyoit seulement chanter un verset d'un pseaume. » Il n'est sorte d'avanies, en efiet,dontonnelesaccabla.On les força h faire rebaptiser leurs enfants, à renouveler devant le curé la cérémonie de leurs mariages ; on harcela les malades sur leur lit de mort pour les contraindre à abjurer; on jeta k la voirie ceux qui moururent sans confession, comme Nicolas V Orfèvre; on en tua môme quelques-uns, entre autres un pauvre menuisier, P^tV^^^r^, coupable d'avoir travaillé secrètement dans sa chambre un jour de fête, pour donner du pain à sa famille ; on en mutila d'autres, comme La Trompette, qui eut un bras coupé ; enfin on les surchargea tous d'impositions énormes, dont le paiement fut exigé avec tant de rigueur que l'on vit deux femmes, des meilleures maisons de la ville, celles du lieutenant Massai et de son frère Jean Massai j réduites à coucher sur la paille, leurs lits mêmes ayant été vendus. Enfin la maison A^Arthus de Bourgdieu fut forcée et pillée sous prétexte qu'il s'y faisait des prêches. Dans les autres villes de la Bourgogne, les mômes actes de violence furent exercés sur tous les Huguenots. ÂBeaune, parexemple, ceux qui ne réussirent pas à se sauver en Suisse, au risque d'être pillés et rançonnés en route, comme cela arriva à Robert Le Blanc, furent forcés de signer les articles de la Sorbonne.

Très- peu s'y refusèrent. On cite cependant parmi ceux qui ne voulurent

Michel Mulot dont nons avons déjà Mirlé [Yoy. VI, p. 340)?

point renier leur religion Hugues Kthier, greffier de la ville, Jacques Re- ^nï>r, notaire royal, Jac^. Margueron^ sieur du Champ, Claude Doriol, médecin, qui préférèrent s'expatrier. Il ne resta dans toute la ville que deux hnf^MQUOis, Barthélémy Navetier et l'avocat Nicolas Belin. Un honnête marchand, Jacques La Corne, mort depuis huit jours, fut déterré et jeté à la voirie par sentencede l'official.AIs-sur-Thil, à Mirebel, à Auxonne, à Dijon, partout où la Réforme avait trouvé accès, les proscriptions, les pillages, les meurtres, les exécutions se renouvelèrent.

De Dijon, plus de deux mille personnes de tous rangs furent expulsées; d'Issur-Thil,quatre cents. Nicolas Le Copiste et une jeune fille de seize ans furentmis à mort; près de quarante personnes exécutées en efGgie; plus de 4 60 jetées dans les prisons.Nous avons parlé ailleurs (Voy. Il, p. 389) des horreurs qui se commirent à Maçon.

Selon le Martyrologe, les ministres d'Aulun ne furent point arrêtés, comme le rapporte Bèze; mais, avertis à temps qu'on venait les prendre, ils se sauvèrent en Suisse. Cette version nous semble la meilleure; car nous retrouvons, en 1564, un Jean Malot, qui fut pendu pour avoir prêché la Réforme ï Saint-Nicolas-du-Port, et nous avons tout lieu de croire qu'il s'agit de l'ancien pasteur de l'église d'Autun.

En tout cas, ce martyr ne peut être le pasteur de Paris , qui vivait encore, comme on l'a vu, deux ans plus tard.

SALUAS (Pierre de), baron d'YoLET, en Auvergne, capitaine huguenot. Yolet paraît pour la première fois dans les rangs protestants à la bataille de Gannat, où il combattit aux côtés de Poncenat. En 1572, Terride le nomma gouverneur de Buzet, près de Toulouse. L'année suivante, les Protestants du Midi le députèrent au roi, avec Chavagnac, Philippi et Baisse^ avocat du roi de Navarre au comté de Foix , pour protester contre la paix signée sous les murs de La Rochelle.

A sou retour, Yolet assista à i'assem*

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blée de Milbau qui le nomma membre d'une commission, composée de Mont- Veillant XHàpUal, Clausonne et Philippi , procureur général en la cour des aides de Montpellier, commission qui devait discuter avec les envoyés du roi les bases d'un traité de paix. Selon Aubaïs, Yolel fut créé maréchal de camp, le 9 juill. 4575, et en 4 577, il fot nommé gouverneur de Lautrec. La même année, il conduisit des troupes 9a secours de Montpellier. En 1578, Catherine de Bourbon lui donna le Ulre de son maître d*bûtel,et,en 4579, le roi de Navarre le chargea de faire exécuter dans le Languedoc le traité de Nérac. Dès lors, il n'est plus question de lui,bieo quMl ait vécu judqu'en 4614, à ce qu'affirment les Pièces fugitives d'Aubaïs. 11 parait qu'il avait été marié deux fois, la 4'*, le 4 5 juill. 4672, avec Gaspafde de Taillac,ei la 2*, en 1 582, avec Françoise de Saillans, veuve ù' Antoine diMonteil, sieur de La Montfrelarie.

MAi/rai!:T (PiBRaE), docteur en droit et avocat, membre du coneistoire da Nismes depuis sa première organisation en 4 561, premier consul de cette villA en 4 577, fut député par ses coreligionnaires à rasscmbléo de Lunel, qui le chargea, ainsi quR Charles Du Fêur, baron ù' Xuh^iis, Guillaume Rop$eSt sieur de Clausonne, Payan et le premier consul d'Uzès, de se rendre auprès de Damville, pour lui demander des explications catégoriques sur sa conduite suspecte. En 1600, il fut député de nouveau aLwecEoileau-de-Cas- .telnau à l'assemblée de Montpellier, qui avait été convoquée au sujet de Texécution de Pédit de f*fautes.

Pendant les guerres de Rohan, il est fait plus d'une fois ruenlion dans l'histoire ûb Claude Mal(rait(rils probablement de Pierre), qualifié d'intendant des fortifications de Nismes, lequel fut çbargé de faire exécuter, en 4625, un plan de fortifications, dont il était l'auteur, et g'eu acquitta «avec honneur, fidélité et habileté.»— Enfin, en 4684.

un avocat protestant Maltrait était

membre de TAcad. de Nismes. Dana 1| séance du 9 oct. 4 686, il lut ï ses collègues une trad. de quelques odes d'Horace et une historiette, moitié prose et moitié vers, de sa composition. Il est à présumer qu'il avait abjuré la religion protestante pendant les dragonnades. 11 ne vivait plus lorsque l'Académie rouvrit ses séances, le 28 janv. 4 688, après une interruption de plus d'un an.

MAI.Vii:ux (Paul-Louis), fils de Simon Malvieux, pasteur à Erlangeu,fit ses étudesjen médecine ^ l'uni- Tersité de cette ville, et y soutint , le 43 mars 4754, une thèse, qui a été imprimée à Erlangep, la même année, sous ce titre : Propositiones aliquot staticœ, in-4*. Appelé comme médecin à Prenzlow, il alla prendre possession de cette place, après avoir soutenu, pour le grade de docteur, une nouvelle thèse De metastoii morborum, Erl., 4753, in-4*.'-rLe graveur Paul Malviewf, néà Dre8de,en 4763, et mort à Leipzig, en 4794 ^ était évidemment de la même famille.

UALZAC (MATTBiBu),dit Babtidb, natif d'Uzès , fit ses études ea théolor gie à l'académie de Genève, où il fut immatriculé en 4678. Après les avoir terminées, en 4684, il alla se présenter, le 26 août , au synode provincial tenu auYigan.pour se faire recevoirministre; mais les éprouves auxquelles les candidats étaient soumis, ne tournèrent pas à son avantage; sa proposition latine sur Rom.VI, 22 ne fut pas admise (Arch.gén. Ti. 288).

Si Mdlzac n'écrivait pas le latin avec autant de pureté que Cicéron, il avait, cc^qui vaut mieux, dans tous les temps, infiniment de piété et de zèle, et, ce qui valait encore mieux ï une époque de persécutions, une foi intrépide. U paraît qu'à la révocation, il se retira en Suisse ; mais lorsque les exhortations et surtout Texemple de ISrousson vinrent faire rougir les plus zélés d'eutre les pasteurs réfugiés de la docilité avec laquelle ils avaient obéi aux ordres du gouvernement, en abandonnant leurs

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troupeaux, Valzac fut un des premiers ï prendre la résolution de rentrer en France. £n 1690 ou 1691 , il traversra Lyon, se dirigeant sur Paris. Vendu pour une somme de mille livres, il fut arrôtéetenfermé,leHmars4 692(Sffpplém, franc. 3Sbi) dans le châlcau de Vincennes, d'où on le tira, le 1 5 mai, pour le conduire aux lies Sainte-Marguerite {Arch. gén. E. 3378) ,où Ton avait déjà envoyé trois autres ministres : Cardel (t), le 18 avril 1689, Sahe, dit VaUec, le 20 mars, et Lesiang , le 3 mai 1690. Quelques jours après , les portes de la prison d'état 6'ouvrirent de nouveau pour Elisée Géraut ou Giraud, qui avait été mis ï Vincennes, le 1 3 mai 1 692, et en était sorti, le 27 juin, ainsi que pour Gardien Givry, dit Du Chesne, que Court cite commenn desplus actifs etdes plus courageux parmi les pasteurs qui suivirent les traces de Brousson.

Les travaux de ces humbles serviteurs du Christ seraient restés inconnus, si, par un heureux hasard, quelques volumes de papiers de police ne s'étaient trouvés transportés du cabinet de La Beynie à la Bibliothèque nationale, où il nous a été possible de les parcourir. Au milieu de dénonciations, dénotes destinées à servir de guide au juge instructeur, do papiers sans intérêt saisis sur les prisouniers,nous avons rencontré quelques ébauches de sermons tracées d'une écriture très-fine, très-serrée et très-nette par la main de Valsec et de llalzac;mais de toutes ces pièces colle qui a excité le plus vivement notre curiosité, c'est un récit trèsdétaillé de ce qui arriva à Gardien Givry depuis son départ de Plymoulh, en 1690 (il était pasteur de l'église françaisedo cette ville depuiscinqans).

Il réussit, à travers de grands dangers, à franchir la frontière et s'arrêta à La Capelle où venait de mourir le pasteur

(1) L'ordre de trinsfèrement, que nous avons lu dans les Registres du secrétariat {Arch. gén. E. 3375), donne raison aui Mémoires de la Bastille contre Rcnnevillc, a moins que Cardel n'ait été ramené k Paris (Voy. III, p. 215}.

Masson, qui, dit-il, malgré son âffe et ses inOrmités , avait entrepris de prôcher l'Evangile sous la croix. C'est dans cette petite ville, près de laquelle il était né , qu'il commença à remplir son dangereux ministère. Sa présence produisit un tel enthousiasme parmi les Protestants du pays, que,bravant tous les périls, ils s'assemblèrent plusieurs fois au nombrede quelques centaines.

Saint-Quentin montra moins d'ardeur; mais, chose presque incroyable I les villageois des environs, en grande majorité catholiques, témoignèrent un empressement sans égal à écouter ses instructions. L'intrépide ministre passa par Laou, visita la plupart des anciennes églises de la Picardie, et arriva à Paris, après un voyage de deux mois. Des marchands de Sedan l'engagèrent à allerprôcber dans cette ville. Comme il y avait habité neuf ans et qu'il y était par conséquent fort connu, il refusa d'abord de se rendre à leurs instances ; cependant le désir, dit-il, de réparer (e scandale qu'il y avait donné quelques années auparavant,le décida à entreprendre ce ▼oyage. En route, il prêcha dans tous les lieux où il y avait des Protestants, et partout il eut à rendre à Dieu de ferventes actions de grâces. De Sedan il allaà Monthoisen Champagne; mais on refusa de l'écouter. Il ne fut pas mieux accueilli à Chùlons, et ne le fut guère mieux à Vitry.Il reprit alors la route de Paris, en passantparChâlonsoù il trouva les sentiments de ses coreligionnaires complètement changés àjson égard.

Dans le voisinage de Château-Thierry, il visita le village de Mogneau, dont la population, toute protestante, avait,depuis quatre ans déj5, rétabli une forme de culte public sous la direction de deux frères nommés Estienne.ei avec le consentement tacite du lieutenant-général de Château-Thierry , qui voulut s'entretenir avec lui. Villeneuve lui offrit un peuple « presque aussi heureux , aussi dévot et aussi sage» .A Nanteuillès-Meaux, il tint des assemblées où l'on compta jusqu'à six cents personnes. Ëuiln, après une absence de deux

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mois, il rentra à Paris pour son malheur. Arrêté et conduit à VinceDDes, le 24mai169î, il en sortit le même jour pour être transféré aux îles Sainte-Marguerite. Il y gémissait encore en 1 700, ainsi que Gérant , Leslang et Yalsec.

Trois des prisonniers étaient déjà dei«nusfous, en 1693 {Arch. E.3379); les autres finirent par succorxiber aux tortures morales et physiques qu'ils avaient à endurer ; autrement les Puissances protestantes n'auraient pas manqué de réclamer leur mise en liberté , en 1 7 1 3, comme elles réclamèrent celle de leur compagnon d'infortune, Mathurin {\) qui, grâce à leur intervention, sortit du cachot où il était enfermé depuis vingt-cinq ans.

Nous ignorons s'il y avait quelque parenté entre le ministre Malzac ei Diane de Malzac, de St-Michel-de-Dèze,veuve de Pierre Capdur, sieur de Lavit, qui réussità gagner les pays étrangers avec ses deux fils, Hercule, sieur de La Taillade, et N., sieur de La Tessarie, et avec ses deux filles , ëléonore et Marie {Arch. Tt. 236).

ÎUAiXDAT (Galiot), sieur de La Jonchère, trésorier d'Armagnac, secrétaire de Marguerite de Navarre, plus tard échevin de Tours et conseiller secrétaire du roi, ne survécut que quelques mois h la Saint-Barlhélemy, à laquelle il avait eu le bonheur d'échapper. Il laissa trois fils , nommés Galiot, Jean et Georges, et trois filles. Georges, lieutenant criminel au siège présidial de Tours , épousa Françoise d\4rgou(jes, fille de Guillaume, sieur de Vaux, et de Jeanne Massicault (2),

(1^ Ce Maihurin peut être soit Mathurin^ miuistre de Damasan, qui sortit du royaume à la révocation avec sa lemrac, 3/ ar^/um/c Vis (Ardi. géu. Tt. 2G7), laissant co France une petite fllle de 4 à o aus [Ibid. Tt. 313); soit Gabriel Maihurin^ pasteur de réglise de La Réole, qui fut arrêté, en 1683, avec Gabriel Augier, sieur de Massilos, sous l'accusation d*avoir tenu des assemblées contre les ordonnances (/^tJ. M. 665); mais qui, plus tard, passa en Hollande avec sa femme et deux jeunes enfauts.

(2) I^ous n'oserions aflirmer que la famille d*Argougcs ait professé la religion réformée ;

dont il n'eut qu'une fille, nommée Claude. Le sort de Galiot est inconnu.

Quant à Jean, il devint trésorier général de France dans la généralité du Berry, et prit pour femme Marie Bris - Sit, qui lui donna au moins deux enfants : \ • François, médecin du roi et régent de la Faculté de Paris, qui épousa, en 162i, Marie Muisson, fille de Jacques Muisson, sieur du Toillon, et de Marie Conrart, dont il eut : François, né le 45 août 1626,. mort à l'âge de 20 ans; Marie, présentée au haptôme, le 27 août 4 627, par son grandpère maternel et par Afar^tt^n^^ Mandat, veuve de Jaguinot, premier valet de la garde-robe du roi, et mariée, 'en 4 646, avec Godefroi Heuft, sieur de Choisyval; Philippe et Paul, ués jumeaux, le 4 juin 4 630, et Catherine, née en 4 635 ; — 2* Galiot, commissaire ordinaire des guerres, qui s'unit, en 4 646, à Marie Fauvel, veuve de Charles Falaiseau, sieur du Mont et de Beauregard {Rcg, de CharenU).

MAIVDIXKLM (Adémar), capitoul de Toulouse, en 4561 . Lorsque ses coreligionnaires évacuèrent l'hôtel-deville [Voy, SAUX), Mandinelli refusa de les suivre, se confiant, disait-il, eu la droiture de ses intentions, qui n'étaient que de faire exécuter les édils.

Il fut arrêté et conduit à la conciergerie par ordre du parlement qui, peu do jours après, le condamna à être dégradé 6tà perdre la tCle.Le jour de l'exécution, on le tira dé prison et on le conduisit à l'hôtel-do-ville monté sur un méchant cheval et revêtu de son costume de capitoul. Lu dégradation s'accomplit dans le grand auditoire, les huis ouverts.

On le dépouilla des insignes de sa magistrature, on le contraignit à faire amende honorable, et on le traîna dans

mais nous n'avons aucun doute concernant celle de Massicault. En 1602, Marc de Massicault, sieur de Beaumont, commissaire ordinaire de ritrtillerie, fit baptiser par un des ministres prolestants de Paris deux lllle^ jumelles, Madblaine et Anne, nées de son mariai^e avec Geuerière Cnillet. Elles eurent pour marraines M"* du liuvigny et la veuve du sieur de Banklu,

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un tombereau jusque sur la place de la Dorade, où il eut la tôto tranchée. Uu arrétdu Conseil le rétablit, quelques mois plus tard, en sa bonne famé et renommée. Deux de ses filles avaient épousé Tune Gabriel Du Bourg, Tau- Ire Arnaud de Cavagnes, deux autres victimes des haines religieuses.

MA\I>OLS(Gaspahd de), ou plutôt Demandols , jcuue gentilhomme de Provence, qui venait d'épouser, quelque temps auparavant, Anne de Grasse , fille du baron de Bormes, se trouvait dans le château de son beau-père, lorsqu'à la fin du mois de mai i 562, Briançonnet, un des chefs catholiques dans la province, alla l'assiéger sous prétexte que le seigneur y donnait asile à des Huguenots du voisinage, et entre autres, aux ministres Afi^o» et Vitalis, Les assiégés capitulèrent après s'être défendus quelques jours; mais au mépris de la foi jurée, Briançonnet les retint prisonniers. De Mandols , qui avait été envoyé dans les prisons de Grasse, réussit à s'échapper, peu de temps après, avec sa femme, et sortit du royaume , où il ne rentra qu'à la conclusion de la paix. Il testa enl572, et laissa un fils, nommé Samuel.

Maître du château de Bormes, Briançonnet résolut de se saisir aussi de celui de Mandols. Désirant éviter un siège qu'il était hors d'état de soutenir, Gaspard de Mandols père fit partir pour la Savoie tous ses serviteurs mâles et le ministre George Corneli, sous la conduite de son frère, ne gardant auprès de lui que sa femme. Renée de Castel" lane-Èsparron^ qu'il avait épousée en 1531, une de ses filles, âgée d'une douzaine d'années, sa belle-sœur, qui allaitait un enfant do six mois, la femme de Michel BourgareL de La Garde, avec ses deux petits enfants, deux servantes et deux jeunes laquais. 11 avait résolu d'attendre Briançonnet, dans l'espoir que, n'éprouvant aucune résistance, le chef catholique se contenterait de piller son château; mais ayant appris que son frère avait été massacré en route avec tous ses compagnons, au

nombre de dix -huit, et redoutant pour le reste de sa famille uu sort aussi affreux, il se sauva dans les bois de Vergons. Les Catholiques durent donc se contenter de brûler son châleau et de dévaster ses propriétés. Quelques jours après, des paysans de ses terres ayant rencontré Bourgarel, le supplièrent de leur dire où s'était retiré leur seigneur, en lui jurant de l'aller chercher pour le ramener secrètement dans son château en ruines.

Trompé par leurs protestations hypocrites, Bourgarel tomba dans le piège et y entraîna Mandols, qui fut massacré par ces brigands, ainsi que ceux qui l'accompagnaient. Bourgarel seul échappa aux couteaux des assassins, en emportant ses deux jeunes enfants. La belle-sœur de Mandols, qui avait été percée de coups, cm couvrant de sou corps son fils, fut assez heureuse pour dérober son enfant à la vue des meurtriers, et, laissée pour morte sur la place, elle guérit de ses blessures.

MANiiliX (Roland), sieur de Marisy^ ministre du saint-Evangile à Aubaïs, en 4 603, et poète, a laissé des Méditations chrétiennes tirées d% Vieil &t du Nouveau-Testament, et dressées en forme de quatrains, lesquelles ont été mises au jour par le pasteur Bansillon^ après la mort de l'auteur. La V* édit. sortit des presses de Jacob Stoer, en 1609. L'éditeur y a joint une EpUre dédicatoire, adressée à la baronne de -tVarcAa*^^/, d'Aubaïs et du Caylar, et datée d'Aigues- Mortes, 20 mars 1608. Une seconde édit. parut à Genève, en 1620, avec une Irad. latine par Nicolas Viret, et une longue prière en vers français pour demander à Dieu le bon usage de la lecture de la Bible. N'ayant pu nous procurerd'exemplaire ni de l'une ni de l'autre de ces éditions^ nous avons dû nous bornera répéter ce qu'en dit l'abbé Goujet.

Au nombre des Protestants français qui allèrent demander un asile à la Hesse, nous trouvons cité,en 1697,ua lieutenaot nommé Abraham Man^fin,

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Il descendait sans donle de la même fatnilie messine que Paul Mangin,([m quitta Berlin, sa ville natale, pour aller rétablir à Lisburn en Irlande, où il épousa Madelaine Crommelin, après la mort.de laquelle il se fixa à Dublin, et se remaria avec Anne-Henriette éPOnie-de-La Lande , d'une famille originaire de la Saintonge. Ce Paul Mangin laissa deux fils, Alexandre et Sâmuel-Henrt, sur qui nous ne possédons aucun renseignement, et une fille, Henriette, qui devint la femme de Samuel Crommelin,

M AniALD (Etienne), avocatau pariMseùt de Guieone et ancien de l'église de Bordeatll, fut député, depuis 1 605, U plusieurs assemblées politiques et à de6 synodes nationaux. 11 fut appelé deux fois SI remplir les fonctions dé député général des églises. Dès 1608, PAâscrmblée de Gergeau le porta sur la listé des candidats qu'elle devait soumettre au choix du roi. En 1 6 H , TAslemblée de Saumur le proposa de nou- Tédti pour cette charge importante. En 4015, la Basse-Guienne le députa à l^Assemblée politique de Grenoble. Il prenait alors les titres de conseiller du roi et dé lieutenant général à Castelifioron. Il suivit ses collègues à Nismes, puis à La Rochelle, et remplaça à plutieurs reprises Des Bordes-Mercier dans les fonctions de secrétaire. Après là conclusion de la paix, à la négociation de laquelle il fut employé , rassemblée, satisfaite de ses services, le choisit pour député général avec Beriteville. Ce fut en partie pour procéder àleurremplaCement que fut convoquée, en 1 6 1 9, la fameuse Assemblée de LoudttD. En 1622, Louis XllI le nomma one seconde fois député général, sur U présentation de Rohan et des députés des églises qui TassistaienLEu celle ^alité, Maniald fut chargé avec son collègue Montmartin, de présenter au roi, le 4 mars 1623. le cahier général des plaintes des Huguenots. Ce Cthier a été publié, avec les réponses dttroi, dans le Mercure français. La aièmfaDnée,Ie14sept.«Maniald'adre8sa

an roi une harangue k la fois très-ferme et très-soumise , imp. dans le même • vol. du Mercure, pour demander la démolition du fort Louis» qui inquiétait La Rochelle, Téloignement de la garnison laissée à Montpellier et le rejet de la demande formée par quelques habitants de cette ville tendant à ce que le roi y b21tU une citadelle (1). Au mois de juillet 1625, Maniald présenta à Louis XIII un nouveau cahier des griefs de ses coreligionnaires. Rétablissement du culte protestant dans un grand nombre de localités où il avait été aboli depuis 1620, restitution aux Protestants des temples et des cimetières dont ils avaient été dépouillés, retour des ministres et des habitants réformés dans les villes dont ils avaient été expulsés, démolition du fort Louis et de la citadelle bâtie à Montpellier, paiement des deniers alloués pour le traitement des ministres, tels sont les articles principaux de ce cahier des plaintes. Le roi y répondit en général assez favorablement ; aussi rassemblée de Milhau le fit- elle remercier « des grâces et concessions » que « dans sa clémence et bonté », il lui avait plu d'accorder à ses sujets de la Religion. Mais les promesses royales furent fort mal lenues.On ne démolit ni le fort Louis, ni la citadelle de Montpellier.

(1) Nous ITODS trouvé, dans le toI. 212 do Fonds de Urienne VAcU de consentement deg Protestans de Montpellier touchant la construction d'uhe citadelle, ûress^è^lt 2 aoât 162% dans un conseil extraordinaire auquel assislaient-iflC'/ur.» Tinel,ClauJe Sigillory el Pierre Blanc, consuls; Louis de Philippi, conseilliT du roi et président en la cour des aides ; Philippe Bornier , conseiller du roi et président en la ehambre des comptes; Jean Foucard, François Fontanon et Jean Janvier, tous trois conscillpis eu la chambre des comptes; David de Falgncrotle.<t^con>e\\\erdn roi el général en la cour des aides ; Bouria et Mandronnet^Mn^ seiilcrs; Pcyrol et Yédrines, pasteurs; Maieran, de Sanson^ de La Lauze^ Magny, de Boiraigues; Coulon et Tandon^ avocata; Fmchon, docteur en médecine; Jean Auziére,Jean Sautoulf Geri'ais cl Esprit Audifrety bourfeoisfce dernier s'elcvu contre la proposition avec beaucoup de lorce et d'éloquence); Chevrette et 0uar/,prororenrsen la chambre des comptes; Pierre ChaùaHdy, Uaniel IhauberttFran" çoii MadurvH et Jcm Manus^ mtrcbinds.

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Maniald étant mort quelque temps après, Louis XIII, au lieu de lui faire otfmmer, selon Tusage, un successeur soii par une assemblée politique , soit par un synode national, choisit luimême Hardi» secrétaire du roi, pour le remplacer, en 16S6. Les églises ^ prouvèrent un vif mécontentement de cette atleiule portée ^ leurs privilèges.

Il est assez probable que Damd de Maniald, sieur du Peir.ft, natif de BordeauXf qui mourut en 4640. à Page de S6 ans, et fut enterré au cimetière des S9. Pères {Reg. de Charent.)^é\.9\\, le ils du député général. Peut-être Marçuerite dé Maniald, veuve de Jaeod Jolft sieor de Tornac {Arch. gén, Tt.

94S) et Anne dé Maniald, femme de Colmh (Ibid. Tt. %%1\ qui figurent sur des listes de Réfugies de la Guienne< descendaient-elles aussi de lui.

if/\:MiGAULT(PitRRB),un de ces Protestants français qni,au nombre de de plusieurs milliers(l), allèrent chercher un asile en Amérique nprès l.iré- TOCatioB de redit de Nantes. Manigault diériteone mention particulière îi caosfl des Mémoires que nous a laissés sa jeune femme Judith, Voici comment

(1) LMiist4>i'ienBancroft parle en ces termes de IVtablissement des Réfugiés français en Am<'riqoe : «Il n'est aaeone de no$ coloniet qui ne leur ait fait le meillearaccaeii. Toutes It'S sympathies religieuses de la ?iouveile-Aiigleierre se réveillèrent en leur laveur. Plusieurs arrivèrent dans uii étai de complet déna^meni, n'ayant pu sanver qne leurs personnes; mais Ivs villes du Massachusets le cotisèrent libéralement pour les entretenir et leur fournir des terrains à cultiver. Quelqoes-uns d'entre enx se rendirent a New- York, dépendant il fallait un climat plus cliaud pour les exilés du Languedoc, et la Caroline du Sud devint h principale retraite des Huguenots. \H étaient nombreux, car on tvtit bean punir de mort l'émigration, cinq cent milleProtestants étaient sortis de France. Leureglise était a Cbarlesion. Ils s'y rendaient chaque dimanrfre de tous les points de Xtnri plantations éparses sur les rives du Cooper. On les voyait, proOtant d« la marée, arriver en famille sur de légers canots, dans un silence religieux qu'interrompaient le bruit des r»«ies et le mouvemeat du village florissaat que mouillait le confluent des deux fleuves. D'antres réfugiés s'établireirtsor a rive sud do Santee, dans un paysëeveau renommé par son lisance et par les moeurs p*He» it tes litl»i->

elle raconte leur fuite; par ce fragfnefil on pourra juger de tout ce que les Ré-* fugiés eurent à souffrir.

« Nous quittâmes de nuit notre demeure, laissant les soldats dans leur lit et leur abandonnant notre maison ef tout ce qu'elle contenait. Pensant biefl qu'on nous chercherait partout, notttf nous tînmes cachés pendant dix jours à Romans chez une bonne femme qui n'avait garde de nous trahir. Nous étant embarqués à Londres, où nous étions arrités en faisant un long circuit par TAllemagne et laHoIlande, nous eûmes toutes sortes de malheurs. La flèrre reuge se déclara sur le uavire.Piusieurs des nôtres en moururent, et jiafmi eux notre tieille mère^ Nous touchâmes les Iles Bermudes, où le taisseau qui nons portait fut saisi. Nous y dépeosâmef tout notre argent, et ce fut II grand'peine que nous nous procurâmes le passage sur un autre natire. De nouvelles in'brtunos nous attendaient \ la C:»foline. An bout de dix-huit mois, nous [lerdlmes notre frère aîné, qui flnil par succomber à des fatigues si iuaccoutumées ; en sorte que depuis notre départ de France, nous avions souffert tout ce qu'on peut souffrir. Je

tanls... Partout aux Etats-Unis Ton a des monuments de l'émigration française. C'est le flis d'un Iniguenot qui dota le pays #e la salU' où les orateurs de la Mouvelle-ADgleterre, reunis à Boston, firent entendre les premiers accents de la liberté américaine. Lorsqu'on stipnialt le traité de Paris par lequel nous famés mis au rang des natiois,le petil-flis d'os réfugie français (Toy. Jat), instrvit dès son enfance de tout ce que ses ancêtres avaicui souffert , ne laissa pas endorolii^ sa y^s^t méfiance, et par sa poissante intervention^ Ton porta jusqu'au Mississipi les Ironiieiei de la république. Dans l'Etat qui est à notre frontière septentrionale, le nom du plus ancien collège rappelle la sage libéralité d'un descendant des Huguenots... C'est d'eoi <iue descendent plusieurs des meilleures familles de Hew-York, de Maryland, de la Virginie, des Carolines.ete. Des sept présidents qu'est le Congrès durant la guerre de la revoIotiOB, il n'yrneutpasmoin^ide iroi» qui descendaient des Huguenots et tous trois riaient des bommrs distingués (Voy. Bot oi.mot, Jat ék Lav* RENS)...Lesenfants des Calvinistes de France^ ajoute l'historien américain. ont certes raisoo d'avoir en grand booncur la mémoire de lettri p«frf|.t

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fas six mois sans goûter de pain, travaillant (railleurs comme une esclave; et durant trois ou quatre ans, je n'eus jamais de quoi satisfaire complètement Ja faim qui me dévorait. Et toutefois Dieu a fait de grandes choses à notre égard, en nous donnant la force de supporter ces épreuves. »

Manigault acquit une grande fortune que son fils s'empressa de mettre au service de sa patrie d'adoption, lors de la guerre de Tindépendance.

Né à Charleston, en 1704, ce fils, nommé Gibriel, était un des plus riches commerçants des colonies d'Amérique et jouissait de l'estime générale, qu'il s'était conciliée par la loyauté de son caractère et la noblesse de ses sentiments, à l'époque où les exigences fiscales de l'Angleterre firent éclater l'insurrection. Trop âgé pour prendre les armes, il voulut au moins venir en aide à ses concitoyens par sa fortune, et il prêta généreusemenl220,000 dollars à l'Etat de la Caroline. Plus tard môme, lorsque le général Prévost menaça Charleston à la tête des forces anglaises, et que la patrie en danger eut besoin des bras de tous ses enfants, on vit le noble vieillard partir avec son petit-fils JosBPH, âgé de \ 5 ans à peine, pour aller combattre les oppresseurs de l'Amérique. Il mourut deux ans plus tard, laissant à sa famille une fortune de plus de deux millions, dont il ordonna par son testament de distraire 425,000 francs eu faveur de la Société fondée à Charleston pour l'éducation des enfants indigents. Son fils Gabriel l'avait précédé dans la tombe. Né à Charleston, en 1731 , il avait été élevé en Angleterre, et de retour dans sa patrie, en 1754, il était entré dans la magistrature. Nomme représentant au congrès provincial, il s'était, en bon patriote, opposé de tout son pouvoir aux empiétements du parlement d'Angleterre. En 4766, il avait été élu président de l'assemblée de la Caroline; et il semblait appelé à rendre à sa patrie d'importants services dans la lutte qui se préparait, lorsqu'une mort pré-

maturée Tarrôla, à l'âge de 42 ans, au milieu de sa carrière.

MA\OEL (Charles de), sieur de YÉGOBRE, né ii La Salle dans les Cevennes, le 20 août 474 3, était le plus jeune des enfants ^^ Etienne de ManoH^ 9ieur de La Blaquière, et de Dauphine Bousanquet (4). Son père, zél^ huguenot, ne voulant pas l'exposer aux séductions du clergé romain, en l'envoyantdans un collège catholique,il dut commencer l'étude du latin sansmattre.

Lorsqu'il y eut fait quelques progrès, ses parents résolurent de le faire passer ^ Genève, auprès d'une tante, M'^* de Vignolles, qui s'y était réfugiée pour cause de religion. Ils pouvaient s'attirer des châtiments rigoureux; mais ils les bravèrent dans l'intérêt de l'éducation de leur enfant. La vieille dame accueillit assez mal son neveu, qui, toutefois, par l'amabilité de son caractère, ne urda pas à gagner ses bonnes grâces. Il entra d'abord au collége,où il obtint le prix de poésie latine; puis, en 4 733, il suivit les cours de l'Académie. Sous l'habile direction deBurlamaquiet de Jean Cramer^ il fit de rapides progrès dans l'étude de la jurisprudence.

Il fut reçu avocat, le 23 août 4 740, à la condition « qu'il ne pourrait pas postuler, vu qu'il n'était pas bourgeois. » Il dut donc se contenter d'ouvrir un cabinet de consultations.

Sa tante étant morte en 4 749, à l'âge de 93 ans, de Végobre parvint à obtenir unpasseportdeSaint-Florentin,ettitun voyage en Languedoc pour l'arrangement des affaires de la succession. 11 y séjourna près d'un an. Au mois de nov. 4 750, il se rendit à Lausanne pour y é- ^OMStTLouise de Vignolles-de-La- Valette; mais aussitôt après la célébration du mariage,ilretournaàGenève ou le rappelaient ses goûts, ses habitudes et ses occupations. Ce fut seulement en 4 764 , qu'il fut admis à la bourgeoisie, avec ses deux fils atnés. Quelques mois plus tard, le meurtre juridique de Calas vint

(1)Eq 16S5, M** de BoHfatt^n^/ jouissait du droit d'eierciee i St-Tbéodorii , et Jean de Bauêemquet to Feiq. {Arek% Tr. 822).

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émoQToir douloureusement tous les cœurs dans les pays protesUols. De Végobre qui, depuis longtemps, s^était voué à la défense des intérôls de ses coreligionnaires, ne pouvait rester insensible à cette odieuse iniquité. Au récit de Tépouvantable drame joué à Toulouse, rheureuse idée lui viut d'en appeler à Voltaire de Tarrôt du parlement. On connaît déjà le résultat de la toute>puissante intervention du philosophe de Ferney (Voy. CALAS). En 4*766 et en 1782, de Végobre fit deux nouveaux voyages en France, pour échapper au spectacle aMigeant des troubles qui agitaient Genève, et dans lesquels il intervint par la publication de quelques brochures mises au jour sous le voile de l'anonyme, entre les années 4777 et 1781 . Les luttes politiques ne lui firent pas négliger pourtant des travaux plus importants au point de vue littéraire. Il publia, en 1770,le8ÛBttprM diverses d*Ahauzit (Voy. I, p. 6), en les faisant précéder d'une Vie de ce philosophe et d'un Discours préliminaire. L'année suivante, il soigna l'édition du traité d'Addissou De la vérité de la religion chrétienne (Gen., 1 77 1 , 3 vol. in-8*), trad. et commenté par Seigneux de Correvon. Il avait aussi écrit un Eloge historique de Court de Gébelin, son ami, éloge resté manuscrit.

Charles de Végobre mourut, le 25 oct. 1801, ayant conservé jusqu'à ses derniers instants toutes ses facultés et son goût pour la poésie. Il avait perdu sa femme en 1794. Six enfants étaient issus de son mariage, savoir: 1 ° Jeanne- ËSTHER, née le 11 sept. 1751, morte jeune ; — 2* Louis, né le 1 2 nov.l 752, qui suit; — 3* Anne-Charlotte, née le 49 sept. 1754, et morte en 1840; — 4* jEAN-ETiENNE,néle1''mars17o7, mort jeune; — 5" Madelaine-PhilippiNE, néel6l9janv.1759, mortejeune; — 6* Philippe, né le 24 juin 1762, jeune homme de grande espérance, dont la mort précoce (2 mai 1778) fut déplorée par Jean Perdriau presque i régal d'une calamité publique.

T.VIl.

Dhi son enfance, Louis de Végobre annonça les plus heureuses dispositions. Il fit avec succès ses éludes en droit et fut reçu avocat en 1776. Des affaires domestiques, puis les circonstances politiques le tinrent, pendant plusieurs années, éloigné de Genève, où il ne retourna qu'en 1784. Il fut un des auteurs de la législation de 89, concession forcée faite aux idées du temps. Deux ans après, il entra dam le ce, et fut nommé secrétaire des premières appellations, puis châtelain des commandements de I^ney et de la Champagne; mais les événements politiques le dépouillèrent ^ la fois de sa place et de sa fortune.

Bien qu'il eût perdu à peu près tout ce qu'il posst^dait, telle était l'excellence de son cœur qu'oubliant ses propres besoins, il s'empressa de vendre le peu d'argenterie qui lui restait pour venir en aide à quelques-uns de ses parents chassés de France par la Terreur.

Bientôt il fut lui-même forcé de fuir de Genève. Il se sauva dans le canton de Vaud , et arriva à Ëtoy chez Albert Turrettini, n'ayant pour tout bien que l'habit qu'il portait sur le corps. Il accepta l'asile que Turettini lui offrit généreusement, mais à condition qu'en échange de son hospitalité, il ferait l'éducation de son fils. Plus tard, il entra également en qualité d'instituteur dans une famille genevoise établie dans le canton de Vaud. Il passa aussi quelque temps au château de Coppet auprèt de M"* de Staël, qui mit plus d'une fois à contribution sa vaste instruction et sa mémoire extraordinaire.

LorsqueGeoève fut réunie à laFrance^ de Végobre devint membre du consistoire de cette ville. « On sait, lisons^ nous dans une notice sur lafamilleVégobre, que M. le pasteur Archinard a eu l'obligeance de rédiger pour la France protestante, avec le concours de l'ancien secrétaire d'Etat, M. Le Fort-Mestrezat,on sait avec quel zèle, quelle exactitude il remplit ces fonctions, et quels soins paternels il mit longtemps à inspecter les classes de

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