‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 70 sur 169 · XV. Carmen gratulatorium Aea · texte numérisé non relu

XV. Carmen gratulatorium Aea

demiœ Lugduno-Batava, post exaC" tos CCL annos natalem suum solemni festo celebranti, Lugd. Bat., 4 825,8*.

XVI. Solcmnia Hagana celebrata diebus XX II et XXlIIjulii 4828, Paris, 4 828, in-S*.

XVII. Op eene leiden-ontuts-vie* ring te Parijs, 4829, in-8*.

Cetle lisle n'est pas complète; mais M. Quérard lui-môme, le plus laborieux de nos bibliographes, n'a pas connu tous les opuscules publiés par Marron.

11 ne cite pas, par exemple, sa Lettre à l'archevêque de Besançon, qui s'était naïvement imaginé que le voyage da

MAR

MAR

pipe en France, en 4804, offrait une occasion propice pour ramenerles Protestants dans le giron de TEglise romaine. Celle lettre, véritable modèle d'ane discussion pleine à la fois de dignité et de convenance, a pourtant été imprimée. On attribue aussi à Marron, •elon Barbier, les Notes jointes à Tonnage de Mirabeau, intitulé Aux Bâta ves far le sUthoudérat (4788, in-8*).

M. Âtbanase Coquerel fils, entre les mains de qui ont passé en partie les papiers de Marron, possèdesept Sermons de loi restés manuscrits, et une Autobiographie, dont nous avons profité pour cette notice.

MAKTEILUE (Jein), confesseur de la foi protestante sur les galères du roi de France, né à Bergerac, en 1 084, d*ane famille de marchands. Marteilhe ne comptait encore que seize ans, lorsque la tranquillité relative dont les Proteilants avaient joui tant que la goerre avait forcé le gouvernement de Louis XIV à porter toutes ses troupes 8Ur les frontières, cessa brusquement après la conclusion de la paix de Ryswick. Les dragonnades recommencèrent, et Tardeur des convertisseurs se réveilla. Parmi les ambitieux qui voulaient plaire à la Cour et mériter les bonnes grâces du roi en affectant un Kèleextrêmepourla conversion des hérétiques, aucun peut-être ne se distingua par son animosité et sa cruauté autant que Taposlat Caumont-La Force^ qui exerça des barbaries sans nom nonseulement sur ses vassaux, mais sur les bourgeois huguenots des villes voisines. Eu noo, il se transporta à Bergerac , escorté de quatre jésuites , et seivi d*un régiment de dragons, qu'il logea chez les Protestants. Marteilhe père, pour sa part eu eut 23 à héberger, mais ce ne fut pas tout : on le jeta lai-même en prison, on enferma sa ftlle et deux de ses fils dans des couvents; sa femme seule fut laissée au logis, à la discrétion des garnisaires.

A Tarrivée des dragons, Jean Marteilhe, Tatné des enfants, parvint à s'^- •happmr do la maison paloraollo, et il

réussit non moins heureusement ï sortir de la ville, avec Daniel Le Grai^ barbier de son état. Ils étaient résolus TuQ et r autre à gagner à tout prix la Hollande. Leur voyage à travers la France se fit sans accident jusqu'il Mézières , où commencèrent leurs tribulations. Après avoir failli être reconnus dans cette ville pour des religionnaires fagiiifs et avoir échappé par leur sangfroid à ce danger, ils atteignirent Marienbourg, qni, malheureusement pour eux, venait d'être occupée p'irles Français. Dénoncés par un garde -chasse du prince de Liège, qui avait pénétré leur secret, ils furent arrêtés, et, sur Tordre formel de La Yrillière, mis en jugement. Le juge du lieu les condamna aux galères perpétuelles, comme atteints et convaincus d'avoir voulu sortir du royaume. La sentence devant être confirmée par le parlement de Tournai, ils furent conduits dans les prisons de cette ville , où ils eurent d'abord beaucoup à souffrir; mais ils trouvèrent plus tard dans le grand-vicaire de l'évêque, chargé de leur conversion , un homme compatissant qui fit tout ce qu'il put pour adoucir leur sort, bien qu'il n'eût rien gagné sur eux par ses exhortations. Le jour arriva enGn où ils durent comparaître devant le parlement qui leur témoigna beaucoup de sympathie et de bienveil lance, à tel point que, faute de preuves évidentes de leur intention de sortir de France, il les aurait absous, si La YrillièreneluiavaitsignifiéquenS.M.

prétendait qu'ils fussent condamnés aux galères. » Pour résister à un ordre aussi formel , il aurait fallu posséder plus de fermeté et d'indépendance , être animé d'un plus vif amour de la justice et d'une haine plus vigoureuse de l'arbitraire que les conseillers du pariement de Tournai ou des autres parlements de France. Les juges, s'inclinant humblement devant la volonté souveraine, réformèrent donc leur arrêt qui était tout dressé, et confirmèrent la sentence.Trois jours après, Marteilhe et son ami partirent pour Lille

MAR

- iSÏ ~

Mift

où la chaîne des galériens s'assemblait. La protection d'un nouveau catholique, Lambertie^ grand prévôt de Flandre, les fit sortir du cachot noir et infect où, à leur arrivée ï Lille, ils avaient été plongés au milieu d'une trentaine de scélérats couverts de crimes; ils furent placés dans une chambre aérée et spacieuse, où ils restèrent quatre ou cinq mois, jouissant de tout le bien-être que l'on peut trouver dans une prison. Ce fut seulement au mois de janvier 4702 qu'ils furent mis à la chaîne qui partait pour Duokerque, où le gouvernement avait fait venir une escadre de six galères destinée à in* quiéler les côles d'Angleterre. Dès leur arrivée, les deux amis furent séparés.

La jeunesse , la douceur, la résignation de Marteilhe , la cause de sa condamnation, tout inspira de la pitié même aux comités , qui le traitèrent toujours avec ménagement, ainsi que quatre autres Protestants enchaînés sur la même galère. La position de ces infortunés s'adoucit encore, lorsque Tun d'eux, nommé Bancilhon^mousst d'office du capitaine Langeron-Maulevrier, eut gagné par sa probité scrupuleuse la conàance et Tamitié de son maître, au point de changer complète^ ment les dispositions de ce gentilhomme à regard des Réformés. Nous ne pourrions sans nous écarter beaucoup de notre plan suivre Marteilhe dans toutes les courses de l'escadre de galères; rien de particulier d'ailleurs ne lui arriva, si ce n'est, dans la campagne de 1708, où il fut très- gravement blessé i l'attaque d'une frégate anglaise. Sa blessure le mettant dans Pimpossibilité de ramer, il fut choisi pour remplacer Técrivain de Langeron qui venait de mourir. «J'étoissans chaîne, nuit et jour, raconte-t-il, ayant seulement uu anneau au pied. J'élois bien couché et en repos pendant que tout le monde éloil au travail de la navigation. J'étois bien nourri, honoré et respecté des ofûcicrs et de l'équipage, et par* dessus tout, aimé et chéri du commandani et du ma^jor des aiz galères, ton

neveu, de qui j'étois secrétaire. J'avois ï la vérité, dans certains temps, beaucoup à écrire, et j'y étois si exact, que j'y passoisles nuits entières pour rendre mes écritures plus ICI même que le commandant ne s'y attendoit. » La fa* veur du capitaine le fit bien venir de Taumônier lui-même, dominicain instruit et bon prédicateur, qui avait trop d'esprit et d'instruction pour partager le fanatisme farouche des Pères de la mis* sion,ennemispIu8 acharnés desHuguenots, au dire de Marteilhe, que les Jésuites eux-mêmes.

Cependant de nouvelles épreuves attendaient le jeune confesseur. En 1712, lorsque Dunkerque fut remis aux Anglais, le gouvernement français se vit forcé, faute de matelots, de laisser son escadrille dans le port. Dès que la garnison anglaise apprit qu'il y avait sur les galères vingt-deux forçats pour cause de religion, soldats et officiers, et parmi eux bon nombre de Réfugiés, s'y portèrent en foule. A l'aspect de leurs coreligionnaires enchal • nés comme des brigands, ils manifestèrent si haulementleur indignation que Langeron put craindre qu'on ne les délivrât de force. Il exprima ses inquiétudes à lord Hill, qui, faut -il le dire? lai vint fort obligeamment en aide, eu lui suggérant un moyen do prévenir ce malheur eteli se prêtant de la meilleure grâce du monde à l'exécution du plan convenu entre eux. Dans la nuit du l** au S oct., on enleva les galériens pro* testants, on les transféra sur un bateau pêcheur qui, muni d'un laisser-passer de lord Hill, sortit du port sans empêchement, et aborda à Calais, d'où les vingt-deux confesseurs furent conduits au Havre sous bonne escorte. Dès que la nouvelle de leur arrivée se répandit dans la ville, les nouveaux convertis, avec l'autorisation de l'intendant, accoururent en grand nombre et les comblèrent d'élogesetde caresses. «Notre chambre ne désemplissoit pas, raconte Marteilhe, de person nés de tout sexe o( de tout âge. Nous faisions la prière soir et matin, et après avoir lu de bons set*

MAR

MAR

mons qae oous avions avec no\is, nous ehanlioDS des pseaumes, de sorte que notre prison n'avoit pas mal Tair d'une petite église. On n'entendoit que les pleurs et les sanglots de ces bonnet geds, qui nous venoient voir et qui ne nous quittoient presque plus. Envoïant les chaînes dont nous étions chargés et notre résignation à les porter, ils se reprochoient leur foiblesse et se plaignoient de n'avoir pas résisté jusqu'à la mort aux maux qu'on leur avoit fait souffrir, ou aux charmes donton s'élojlservi pour les faire renoncer à la vraie religion. » A Rouen, môme enthousiasme, même ovation, mômes larmes et mômes regrets. A Paris, Girardot-de-Chancourt surtout leur témoigna une vive sympathie. Il leur procura, à prix d'argent, quelques soulagements dans le cachot où ils furent jetés à la Tournelle, et, à sa prière, d'Argenson recommanda au capitaine de la chaîne, qui partit le 47 déc, de les bien traiter en route.

Arrivés à Marseille, le 47 janv. 1743, les vingt-deux galériens protestants, en attendant le retour des galères de Duukerque, furent mis sur la Grande- Reale, qui servait de dépôt et où ils trouvèrent une vingtaine de leurs coreligionnaires. Grâce aux réclamations pressantes des ambassadeurs des Puissances prolestantes, lesHuguenols n'étaient plus traités sur les galères avec la môme rigueurqu'auparavant. Depuis quelques années déjà, on ne les forçait plus, sous peine de la bastonnade, h se mettre à genoux pendant la messe. Les infatigables efforts du généreux Roche»

gude ne devaient pas tardera leur obtenir la liberté. Ses prières, appuyées par des lettres de tous les princes protestants, déterminèrent enfin la reine Anne à intervenir en leur faveur. Vers la fin du mois de mai, l'ordre arriva à Marseille de délivrer 4 36 Protestants sur les 300 qui étaient alors aux galères, à condition qu'ils sortiraient immédiatement du royaume à leurs frais, et qu'ils n'y rentreraientjamais,sous peine de reprendre leurs fers. Marteilhe fut du nombre de ces premiers libérés.

Malgré toutes les ruses, toutes les chicanes, toutes les menées du clergé ca-> tholique pour retenir sa proie, un navire, qu'ils frétèrent, les débarqua à Yillefranche d'où ils gagnèrentNice par terre. Dans cette ville, ils trouvèrent en Bonijoli^ riche marchand de Nismes.

qui s'y était réfugié, un protecteur, un ami, un frère. 11 voulut leur fournir luimôme les moyens de se rendre à Genève où ils furent reçus comme en triomphe. Toute la population, magistrats et ministres en tôte, alla à leur rencontre et les accueillitainsi que le méritaient ces héros de la foi chrétienne. Cependant Marteilhe ne s'arrêta que quelques jours à Genève. Il partit pour la Hollande avec six de ses compagnons de chatne. A Berne, ils furent magnifiquement traités aux frais de la ville. A Francfort, les deux consistoires, l'allemand et le français, rivalisèrent à qui leur prodiguerait le plus de marques de sympathie, et voulurent les défrayer jusqu'en Hollande. Quelques semaines après son arrivée à Amsterdam, Marteilhe fut choisi par le consistoire wallon pour un des députés que les Réfugiés de Hollande se proposaient d'envoyer en Angleterre remercier la reine Anne delà délivrance qu'elle avait procurée à une partie des galériens protestants, et la supplier d'employer sa puissante intervention en faveur deceux qui n'avaient point encore obtenu la liberté. iâiremont^X Rochegude présentèrent les députés des églises vrallonnes à la reine, qui promit d'écrire à Louis XIV et qui tint sa promesse, puisque,rannéesuivante,au rapport deMarteilhe, les deux cents Réformés qui restaient sur les galères, furent libérés. Sa mission remplie, Marteilhe retourna en Hollande,où il vécut d'une pension que lui firent les Etats-Généraux. Il mourut à Cuilenbourg,enl777,dansunâige très-avancé.

Tout ce qui précède est tiré de ses Mémoires, qui ont été publiés par S«perville sous ce titre : Mémoirei d*un protestant condamné aux galèret de France pour cause de religion, écrit t

MAR

MAR

par lui-même, Rott., 1757, iD-8*; nouv. édil., La Haye, 4774, in-8»; nouv. édit., augm, (Tune clef des let»

ires gui signifient les noms des per" sonnes, villes, etc., La Haye, 4778,8*.

Ces Mémoires se distinguent par un loo de simplicité et de bonne foi quitémoi* gne de la véracité de fauteur.

MARTEL, famille normande trèsancienne (quoique sa prétention de descendre du célèbre Charles Martel ne soit peut-être pas admissible) et divisée en plusieurs branches longtemps avant la Réformation.

Charles Martel, sieur de BacqubviLLEffiIscadetd'Ânloine Martel et dUsabeau Masse, était lieutenant du duc de Bouillon en Normandie, lorsqu'il abjura publiquement, en 4 559, avec deux de ses fils, la religion romaine entre les m-iins de Knox, Tillustre réformateur de TEcosse, qui desservait alors réglise de Dieppe. Malgré son abjuration, Bacqueville, réglant sans doute sa conduite sur celle de Bouillon,re?tadcvoué à la cause royale. Aussi, après la capitulation de Dieppe, la reine-mère ne refusa pas de le nommer gouverneur de la ville, en prenant toutefois la précaution de mettre un zélé catholique dans le château. Lorsque Cattevillese saisit de nouveau de Dieppe pour le parti protestant (Foy. H(, p. 250), craignant apparemment d'être accusé de complicité, Bacqueville demanda et obtint la permission de se retirer dans ses terres. Dès lors, Thistoire ne fait plus mention de lui. Il avait été marié deux fois, la première avec Louise de Balsacd' Entraigues, la seconde, avec Marie d'Yencourt ou d*Yaucourt, Du premier lit naquirent : 1* Nicolas, qui suit; — V Antoine, sieur de Vaupillière, puisdeBacqueville,qui suivra; — 3* François, sieur d'Hermanville, qui s'attacha au duc d'Anjou, et mourut sans :illiance;~4<>Guillaume,abbé de Saint- Josse-sur mer. Sa seconde femme le rendit encore père de huit enfants :

5* François, souche des seigneurs de Lindebeûf;— 6* Nicolas, appelé Char^ les par Moréri, qui fouda la branche de

T. VII

Rames; — 7* Chailottb, femme de Laurent Ptichot^ sieur de Gerponville»

à qui elle donna une fille mariée dans la famille de Lindeheuf ; — 8* Madi* LAINE ou Mirhelle^ femme de Jean Le Marquetel, sieur de Sai n t-Den is-le-Gast;

— 9* Jeanne, alliée à Jean Le Roux, sieurd'Ëuville; — 1 0'autre Chablotti» épouse d'Hilaire Mallet,sieur deHessei;

— 4 4 * Adrienne , femme de Jacguis de VarignieZy sieur de Blainville ; — > 4 2**FRANçoisE,abbesse deBoudevilIe,et deux autres filles mortes sans alliance.

Nicolas Martel, qui continua la branche aînée, ne parait pas avoir joué de un rôledans nos guerres civiles. Il ne laissa, de son mariage avec J«a»it« Li S^cr^/aitt, dame de Cany et deBarvilie, qu'un fils, nommé Charles, qui fut tué à Arques, selon les Mémoires du duc d'Augoulème. Comme ce fils mourut sans postérité, \u seigneurie de Bacqueville passa à son oncle Antoine»

qui eut de son mariage avec une fille de basse extraction, nommée Cathc^ rine La Roche, un fils, Charles, baron de Bacque ville^mort le 6 juin 4 633, sans alliance, et cinq filles, Catherine, Adrienne, Marguerite, Char LOTTE et Françoise. L'aînée seule fut mariée; elle épousa Samson de Saint* Germain, sieur de Juvigny.

I. Branche de Lindebeuf. Françoif Martel, qui fonda cette branche, épousa* en 4 559, Anne de Pons, fille d'Antoine de Pons, comte de Marennes, eliTAnn^ de Parthenay, Il en eut : 4*" Isaac, qui suit ; — T François, souche de la branche de Fontaine-Martel; — 3** Anne, femme de Loup Du Gravier, sieur de La Plongère; — 4» Marie, alliée à Jea», baron d'Authon.

IsaacMartel, sieur de Lindebeuf,prit pour femme sa cousine Elisabeth Puchoty dont il eut cinq enfants : 4* Gb« DÉON, comte de Marennes, marié h Eli»

saheth de La Motte- Fougue, et décédé à Paris, en 4656 {Reg. de Charent.)^ ayant eu de son mariage au moins denx fils (4), Henri, comte de Marennes, et

(1) Sottrches ptrie dans tes Mémoirts i*«ae

«AR

«Air

CÉAUtt, iiort, 61^ 4637, ï l'àg« de 46 vànClbid.); ^ 3* Samuel, appelé par IfMeri Isaae, et par une géoéalo^e mee. de la famille Martel (FondiS^HaffUireM" 1 57)Ari(;o/a5, baron de Saint- Jiret Vaiidré, qui se maria avec EliêàMk Poî^ssard, dont il eul àngbli- 91 B, femme, en 1 650, deJacqiies Goulêrd ; — 3 Madelaims. épouse de Lanêêhùy sieur de Feugorets; — i* Charlotte, unie ï Pierre Àcarie, sieur da Boardet.

< U. Branche DE Rames. Nicolas fttartei est pour fils Charles, sieurde Rames, fui épousa Jossine de Rochechouart •t en eut Henri, mort sans enfants de Ml femme Catherine Guillebert.

Page 1