‹ La France protestante (volume 3)Chapitre 73 sur 169 · MAB · texte numérisé non relu

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M AAl EL (Eue) ou MerUÎ, nusîeioi estimé, natif de Strasbourg, a publié UortuÈ «nusicalis novus, Ârg., 4645. in-fel.

JttAHl KL(FiANçois),chirurgicn d« roi de Navarre, naquit à Alençou. Sui- ▼aut Ëloy, c'est lui qui sauva* la vie de ce prtoce, tombé malade d'une pleurésie, lorsqu'il marchait ;iu secours de La Garnache ( Toy. V, p. 466),el celle cure lui mérita loule la coufianrc de son maî- 4re, qui le choisit poui remplacer Antoine Porlailcomflne premier chirurgien du roi. Martel suivit Jienri IV au siège de Montroélian, qu'il a raconté avec dé* Uil da«s son principal ouvrage. En récompeuse de ses services, Henri l'ano- Uii et le nomma son procureur en la vicomte d'Alençon , office que Martel donna en dot ài l'une des filles qu'il avait eues de sa femme Marie Duvàl.

Il mourut à Paris, en 4 64 2, et fut enterré, le 8 juin, au cimetière des SS.

Pères (Reg, de Charent.). Selon La Croix do Miiine, Martel a laissé « quelques Discours louchant la curatiou des ar^uebusades et autres plaies. »

Les seuls ouvrages que nous connaissions de lui sont :

I. Apologie pour les chirurgiens contre ceuw gui publient qu'ils ne se dûivent mêler de remettre Les os rompus et démis, Lyon, 4604, iu-42.

IL Paradoxes sur la pratique de la chirurgie, imp. avec la Chirurgie de Ph. de Flesselle (Pans, 4635, in-42).

Saverdun, Fraufois Lacam, ^\t Vabres, Elit Rival, 6e Piiy-LaurcnR (1fi66l; Ccnluria. III. Rcp. Jean Fttrnr^ de l'urh. Drni» Cellf'er, de Saiiiie-Foy, Jean Con*fuére'La Cave, de Ltyrac, Samuel Olivier, de Mootaubau (1(U>6). LVditfur a joint pgaleireiit a ce reraeil les thèses ù'Antoine GarisxoUes que nf)iis avons déjà meiiiionnées )iarini les écrits de ce professeur de ibèologie, M"' 111 et V, aîDÂÎ que trois harangues de Verdiir, dont voiri 1rs tilros : 1* Oratio de Samurte personato, hoc tel utrùm Samuel post obilum per pjfihoni»»tm à Saule rege cvuspectu» verus Samuel futrii? — 2" Oratio de inferis et damnatcrum in eo loeo siatu m testikulo prartectionvm theotogicarum habita raleud. movemb, currentis muni 1655; — 3* Oratio de ùnimarum rediiu,hoe tôt vlritm defunctorum anima: ex inferis, i pBtrum mt pueronm Ihtkp^ ê purgaiorio et é emlo reéemU ?

MAhTJrv (Arnaud), de Maotevâk en Champagne, pasteur à Sattigny.ea 4593, reçu gratuilemeni bourgeoise Genève, le 4 4 aott 4 592. Pour obtenir cette faveur, Martin avait cerlainenanl déjà rendu des services; mais où? et quand? c'est ce que not;s ignorons; eir il nous semble difficile d'admettre q«'ii soitle même nue le ministre A/ar/tii qui» dès 4559, fut envoyé de Genève à i*ér glise de Biars (^rcA. de la Comp.des piisteurs, Reg. B), et que le Syno4le de Sainte- Foy donna, en 4578, poiir chapelain à Condé^ ainsi que Daniel ti de Bordât, ministre de Bergerac àtfpuis 4 564. Quoi qu'il en soit, lorsqvs Chambaud, gou verneu r d' A o benas, s'adressa, en 4 Ô94. i Genève afin d'ubWnir un pasteur, c'est sur Arnaud Martili que le Conseil jeta les yeux. Dès qnll /ut arrivé en Fr^mce, le clergé romani, qui eut bien vile reconnu eon faible, lui fit offrir une somme d'argent aeeesE forte pour tenter sa cupidité. 11 aJDJiia donc.mais il se repentit de son apostatle et publia une Rétractation de lapnf fession de la foi romaine. Eu 4êtt, nous le retrouvons exerçant les feintions pastorales à Genève.

MAIt'i IN (Aubert), seigneur de Champoléon, un des chefs tes plusbrtr ves des Huguenots do Daopbiné, ^rta les armes pour la Cause dès la prewièÉe guerre civile. £n 4 563, i4 servit, ai«c deux de ses frères, à la prise de Re^ mette, et depuis cette époque, U eeilinua il se signaler par maints expliils sous les ox^îtsà^DuPuy-MonibriÊéki de Lesdiguières (Voy. ces noms). De son mariiige avec Madelaine de BériMh ger naquit Cbarlcs, mestre-de-camp d'un régiment d'infanterie; qui prit une part active aux affaires des églises.

11 fut député par le Dauphiné ^ l'Assemblée de Gergeau, en 4tU>8, au Sg^ node national de Saint -Maixeot-, «ft 4609, à l'Assemblée de Saumur, «n 4644, et à celle deLouduu, en 464^ En 4 624 , il prit les armes avec JMonlV brun (Voy. iV, p. 464); mais cVst te dernière fois, è notre connaissaeoei^ <iae 800 nom ee reeoootfe dane i'Jrii*-

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ioire de nos églises. 11 avait épousé, eo 4605, Madelaine de Bonne^ qai lui donna trois fils : 1 * Piebrb, siear de Ghampoléon, capitaine des gardes de Lesdigaières et gouverneur d*Embrun; •^S^Gaspabd, sieurdePresle8,mestrede-camp d^un régiment de cavalerie, aui abjura à Paris, le i déc. 4685; — 3* Charles, sieur d^Ëspinasse. lieutenant daus le régiment d'Orléans.

MAUTlj^ (Bernardin), fils de Samuel Martin, upolhicaire de la reine Marie de Médicis, mort à Paris en 1 653, à Tâge de 49 ans, naquit dans cette ▼ille, le 8 janv. 4 629» et embrassa la profession desonpère.Il voyagea dans une partie de l'Europe afin de perfectionner ses connaissances, et à son re* tour dans sa patrie, il entra au service de la maison de Condé en qualité de chimiste. Sa femme, 67a/ Am»^ Croyer, le rendit père de trois filles : 4* CatheiiMB-SusANNE, fommo, en 4680, de Pierre Bustier e , de Courtezon , apothicaire du prince de Condé; — 2*Françoisb-Madelaine, qui épousa, la môme année, ZacAane Baltes; — 3<>Rachel, mariée.égalementen 4680,avec Mare- Antoine Fvo», banquier, fils de Daniel YvoUt bourgeois do Montauban, et de Marguerite de Coderc.

Outre la Relation de son voyage en Espagne, en Portugal,en Allemagne êi aux Pays-Bas , Bernardin Martin a fiit imprimer une Dissertation sur les dents,?ms, 4679,in-4S,etun Traité iwr V usage du lait^ Paris, 4684 et 4706, in -4 2.

Vers le même temps vivait à Paris Claude Martin docteur en médecine, qui mourut au mois de janvier 4 658, n'ayant eu, à ce qu'il parait, de son roariBge avec Anne Regoumier^ célébré C0 4639, qu'une fille, ÂNNE-MARiE,qui épousa, en 4 682, Guy Mesmin, docleur en médecine. Il y a toute appartnce que Claude et Samuel Martin éttient parents; peut-être étaient-ils Mres et descendaient-ils de Jean Murtin, médecin du roi Henri IV, « bonme tpès- singulier en toutes sortes de scien cet, au dire de Du Perron, et particuliè-

rement es langues latine, grecque, hébraTque et arabique » , lequel mourut à Paris, en 4609, dans un âge avancé, après avoir mis au jour Dictata in Bippocratis librum de vulneribus capitis(4), et laissant en mss.,sur d'autres traités du célèbre médecin de Ces, des Commentaires qui ont été publiés par René Moreau et ins. dans l'édit. des Œuvres d'Hippocrate donnée par A.

F^sius.

MARTIN (Daniel) , ministre de Castetis (ou de Castets,selon d'autres), apostat à l'âge de 70 ans et après 37 années de ministère, en 4642 (2).

Malgré les défenses réitérées des synodes, Martin avait rais sou fils chex les Barnabites de Lescar pour y faire sa philosophie,circonstancequinousporte à croire qu'il était moius zélé pour sa religion que les écrivains catholiques ne voudraient nous le faire croire. Il arriva ce qui devait arriver presque nécessairement. De même que Bayle^ dont il u*avait ni la rare intelligence ni l'instruction, ce jeune homme dé 20 ans se laissa séduire. Non-seulement il changea de religion, mais il entra dans la congrégation de ses maîtres, et dès lors il devint un des ennemis les plus acharnés de ses anciens coreligionnaires. Il entreprit d'abord de convertir son père, et lui écrivit d'Italie, où on Pavait envoyé, des lettres que le vieillard refusa d'ouvrir. Après deux années passées à attendre vainement l'efi'et de ses homéliee, le religieui barnabite revint dans ]eBéarn,et,avec cette obstination particulière aux prêtres,il poursuivit Texécution de son projet. Longtemps son père refusa de le voir: mais enfin, cédant aux instances de ses parents et de ses amis, il consentit à lui rouvrir sa maison, dans l'espoir peut-être de ramener la brebis égarée. Ce fut tout le contraire qui arriva. Après deux années de disputes, le minisire de Castels

(1) Noos avons vu (page 17) que cet ou- Tragf ayant été critique par Scaliier, Bfariio répondit dans nue Leilre qui a été aussi Imprimée.

(t) Le Synode national de Cbarenton 1*10scrivii sur le rôle des apo9itt8,ç4 1CH«

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s'avoua Tainca. Le clergé catholiqae , enivré de son triomphe, fit de Tabjunition du vieux pasteur une fêle publique: il y eut procession générale, Te dewm et feu de joie. De son côté. Martin publia les motifs de sa conversion, sous ce titre : Lacontersion très-heureuse de Af. Daniel de Martin^ ministre en Béaru, Contenant la reconnaissance des moyensM déclaration des motifs très-efficaces d'icelle, brochure d'une cinquant»inedepages,dontla47*édit., reveue cl corrigée par Tautbeur, parut à Paris J 665. in-8%avecune Epistre dédicatoire de D. Hilaire Martin, pr.

religieux barnabile, député des seigneurs évesques et clergé de Béarn, à Mgr Henry de Guénégaud, secrétaire d'Ëstat. La raison principale que l'auteur donne de son apostasie, c'est l'union « monstrueuse » des Réformés avec les Luthériens proclamée, en 4 634 , par le synode de Charcnton. Cet esprit-^orft^ se trouva scandalisé au premier pas que l'église calviniste de France fit vers l'application des deux grands principes de la Réforme, la liberté d'examen et la tolérance. De nos jours encore combien n'y en a*t-il pas qui, plutôt que de faire un pas en avant, en feraient dix en arrière !

MARTIN (David), savant théologien prolestant, né ^ Revel, le 7 sept. 4 639, et mort ^Ulrecht, le 9 sept. 4 721.

Fils de Paul Martin^ qui fut à deux reprises révolu de la dignité de consul à Revel. et de Catherine Cardes (aliàs Corde),}ll'iT[\n fit sa rhétorique à Montauban, en 1655, et sa philosophie à Nismes, en 4 657, sous le fameux Derodon.Le î \ juill. 4 659, il prit le grade de ma!tre-ès-arts et de docteur en philosophie, après avoir soutenu avec éclat, depuis le matin jusqu'au soir et sans président, des thèses in universam philosophiam. Comme il se destinait à la carrière ecclésiastique, il se rendit à l'académie de Puy-Laurens, où professaient Verdie^ et André Martel, et il se fit remarquer parmi ses condisciples par son application et ses succès. L'Écriture-Sainte, les écriti des Pères el

ceux des commentateurs de la Bible étaient son étude favorite; les langues orientales et Thistoire ecclésiastique n'avaient guère moins d'attraits pour lui, et la lecture des chefs-d'œuvre de l'antiquité, sacrée ou profane, le délassait de ses travaux plus sérieux. Son ardeur pour apprendre faillit lui cof^ ter la vie: une tension de l'esprit trop soutenue, jointe au défaut d'exercice corporel, lui occasionna une maladie qui le conduisit aux portes du tombeau. A peine guéri, il se rendit à Mazamet» où s'était assemblé un synode provincial, qui l'admit auministère,en 4663, et le donna ^ l'église d'Ësperausses* alors agitée de funestesdissehsions. Son humeur douce et conciliante ne tarda pas à y rétablir la paix que son prédécesseur n'avait pas su maintenir. En 4 670, il fut appelé à La Caune, où il exerça son ministère jusqu'à l'interdiction du culte réformé. Chéri de son trou* peau, respecté des Catholiques, dont il s'était concilié l'estime par l'aménité de ses mœurs, il ne voulut jamais consentir à quitter son église, ni pour celle de Milhau, dont il reçut vocation h plusieurs reprises, ni pour la chaire de théologie à l'académie doPuy-Laurens»

qu'on lui offrit, en 4 684 , après la mort de Théophile Arbussi. Il fallut que la révocation de Tédit de Nantes l'en ar^ rachat violemment.

Pendant les persécutions qui préludèrent à cet acte inique, Martin rendit d'importants services aux églises. Son zèle, sa fermeté, sa prudence étaient si bien connus que ses collègues le chargeaient toujours de la défense des intérôls de TËglise prolestante dans les affaires les plus délicates. Aussi étaitil particulièrement en butte à la haine du clergé romain. Il était impossible qu'on ne lui suscitât pas quelque procès. C'est ce qui eut lieu, en effet; mais il se défendit avec tant de dignité, de force et d'esprit, qu'il confondit ses accusateurs, et, contre toute attente, força l'évoque de Castres lui-même à reconnalirc son. innocence. Son zèle le jeta dans un plus grand danger lorsque la

léroeationde l'édii de NaniM feriDaion temple. ConTaïDCu qju^il devait obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes, ii voulut eeotiDuer les fonctions de son miois* tère; mais il n'aurait pas tardé à payer eber son imprudence, si des Catholifves de sesamis ne Tavaientaverti assez à temps qu'il allait être arrêté, et ne lui avaientracilité les moyens de fuir, en se chargeant généreusement de cacher sa femme et ses enfants,qui le rejoignirent plus lard en Hollande, où il se réfugia. • Mariii arriva è La Haye dans le mois de nov. 4685. Quelque temps après, il fet placé à Ulrecbt comme ministre suriHiaiéraire.^ Son mérite ne pouvait tarder à lui procurer une place de pasteur erdinaire. Dès le 46 fév. 4686, il fut fiommé professeur de théologie à l'Ecole illustre de Devenier; mais la régence d'Utrecht, qui avait déjà pu apprécier ses talents, ne voulut point le laisser partir et le retint comme minis* ire de l'église wal1onne.Ce fut en vain ^e plusieurs universités lui offrirent des emplois honorables; il les refusa pour ne point se séparer de son église. il ne voulut pas dob plus, eu 4695,aceepler la vocation que lui adressa l'église de La Haye comme successeur é^itaac Claude, fils du célèbre Jean CUmde, son ami et son allié. Modeste ei sans ambition, il n'aspirait pas ^ un poste élevé; il ne cherchait pas ^ briller, mais ^ être utile. Dans ce but louable , il ne se contenta pas de s'acquitter de ses fonctions pastorales avec me scrupuleuse fidélité, et de composer des ouvrages dont quelques-uns, comme sen Histoire du V. et du N. T.

•t sa révision de la Bible, ont, sans aucun doute, puissamment contribué à l^ostrnclion, ainsi qu'ai l'édification dans les églises protestantes; il consentit mé* M è recevoir chet lui quelques jeunes gens pour leur enseigner la philosofshie et la théologie et leur inspirer Fattour de la vertu par ses instructions et •on exemple. 11 eut l'honneur de compter parmi ses disciples des fils même 4o souverains.

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