‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 104 sur 189 · DUA · texte numérisé non relu

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ancien, et qui soutint avec tant de violence ses injustes prétentions que Duaren aurait quitté Bourges pour aller professera Valence, s'il avait pu en obtenir la permission de la duchesse de Berry ; avec Cujas, dont la réputation naissante Toffusquait et qui dut se retirer afin de mettre un terme à des divisions menaçantes même pour Texistence de l'université.

A l'époque où Duaren retourna prendre possession de sa chaire, en 1551 , l'université de Bourges possédait des professeurs d'un grand mérite, et tous, au rapport de Catherinot , étaient suspects d'hérésie. Le soupçon ébit fondé, car Ton vit l'un d'eux, Nicolas Bcuguier, abjurer publiquement sous l'empire de la terreur répandue par la Saint-Barthélémy, tandis que son collègue Hugues Doneau gagnait la frontière à travers mille dangers. Depuis dix ans déjà , Antoine Le Comte , de Noyon et proche parent de Calvin, avait abandonne une Eglise dont il ne se souciait pas de grossir le martyrologe. André Lévescat était mort en 4 558. Nous avons raconté ailleurs les palinodies de Baudouin. Quant à Duaren, quoiqu'il n'ait jamais osé se séparer ouvertement de la communion, romaine, « il inclinait au protestantisme, dit M. Raynal, dans son Histoire du Berry, comme la plupart des grands jurisconsultes de son temps. » Au témoignage de Catherinot, on peut joindre celui de Baudouin qni traite Duaren de nicodémite et de prévaricateur, en ajoutant que la Sorbonne l'obligea « à chanter une honteuse palinodie. » On sait aussi que le célèbre professeur de Bourges était en correspondance avec Calvin^ et l'on dit même qu'il se serait retiré à Genève si les calomnies de Baudouin n'avaient pas trouvé un trop facile accès auprès des ministres de cette ville. Enlin l'Index publié à Rome en 1681 ne permet la lecture du savant ouvrage de Duaren De sacris Ecclesia miimterils ac hcdcficiis llhri K/// (Paris, 1551, in-l-, 1 ioT, in-8«; 3* édil. aug., Paris, 1585, in-8»;

Lond., 1585, in-8'; lemT», 1687, in-8°), qu'après qu'il aura été corrigé, et défend absolument de lire le traité qui y est joint sous le titre de Pro liber tate Ecclesi<B gallicana adv. rornanam aulam, defensio.

Les bibliographes n'indiquent ni la date, ni le format, ni le lieu d'impression des autres ouvrages de Duaren , à l'exception de la dissertation De rortione docetidi discendiqm juris , publ. à Lyon, 1547, in-lb, et du traité De feudis, imp. à Paris, 1558, in-8% selon la Biblioth. de Gesner. Ses Opéra ont paru à Lyon, 1554, in -fol. Une nouv. édit. plus complète en a été dofjnéedans la môme ville, 1579, 2 vol.

in-fol.;réimp.Francof., 1592, in-fol.; Gen., 1608, in-fol.; Lucaî, 1765, 1770, 1772, 4 vol. in-fol.

DL BAUTAS. Vov. S.\LUSTE.

DU BAÏUT (Jean), sieur de La Peyrouze, conseiller du roi Henri IV, maître des requêtes îe son hiMel en l'état de Navarre, anobli , en 1 593, en récompense des services rendus par lui « tant dans l'exercice de son état de maître des requêtes qu'en plusieurs charges et commissions. » En 1600, Du Balut remplissait les fonctions de sénéchal de la vicomte do Turenne. Il mourut après 1638, date de son testament.

De son mariage avec Isabeau de Conthie, célébré le 3 avril 1 58 4 , naquirent cinq enfants , dont deux filles : Jeanne , femme d'un sieur l'iinet , et Antoinette, mariée avec La Claccyrie, lils de La Garde de Saint-Ceré.

Le second des (ils, Joseph, qualifié de docteur-ès-droits, abjura et devint aumônier du duc de Bouillon. Le troisième, Henri, sieurde La Roche, fut successivement pasteur à Argentat et à Carddillac. L';tlné, Isaac, sieur de La Garrigue, suivit la carrière des armes , et entra, en 1624, dans les gardes de Louis XIll. Quatre ans plus tard , il passa dans la compagnie des chevaulégers, et ensuite dans les g.iid.'s de La Force, dont il devint capitaine. Il suivit le marécha 1 dans ses campagne

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en Savoie , en Piémont et en Italie. Ce fut lui qui fut chargé d'apporter au roi la nouvelle de la levée du second siège de Casai et de la conclusion du traité de paix. En récompense de sa fidélité et de Si valeur, Isaac Du Batut obtint le brevet d'aide de camp, le 1 o sept. 1 637; mais il n'en jouit pas longtemps. Il fut tué d'un coup de canon, dans la nuit du 4 au 5 octf , h la prise do la demilune de Dampvilliers.

Isaac Du Batut avait épousé , en 1636, Françoise de Vitansdc Castelvieil^ fille de Jean de Vlvaiis, sieur de Doissat, conseiller du roi, capilaino de '50 hommes d'armes, et de Catherine de La Dugnie. Il en eut un fils, nommé Jean , sur qui nous ne possédons pas de renseignements assez précis pour décider s'il persista ou non dans la profession du protestantisme.

DU «Ki:-CiXKSPljN (Charles), baron de Bolrry, chevalier de Tordre du roi , fils aîné de Charles Du Kcc- Crespin, vice-amiral de France, cl de MadelainedeBeauvilliers-Saint Aiij'nan.

Lorsque la première guerre civile éclata, Bourry se mit sous les ordres de MorvillierSj gouverncurde Rouen pour le parti protestant; mais il ne tarda pas ^ ailler rejoindre à Orléans Condé^m l'envoya à Angers avec la mission difficile d'apaiser les difi'érends survenus entre les chefs huguenots. Un gentilhomme de l'Anjou, nommé Mébretin, s'était emparé de celle ville, dos le 5 avril 1 '>62, pour ainsi dire sans rencontrer de résistance. Le lendemain, un accord avait été conclu entre les habitants des deux religions qui s'étaient réciproquement promis de maintenir la tranquillité, et avaient choisi pour gouverneur Jeu/i Duret, sieur de La Barbée {Voy.). La bonne harmonie régnait donc entre les deux partis, lorsque, le 9, était arrivé Anselme Soucelles ou Souhsellcs , pour demander du secours de la part de Condé. Un grand nombre de gentilshommes étaient donc partis pour Orléans , et leur départ avait affaibli d'autant les Huguenots. Pour comble de malheur , la division s'était mise

entre Soucelles et Mébretin , en sorte que les Catholiques n'avaient pas ea de peine h prendre leur revanche , et Angers était retombé en leur pouvoir, lorsque Bourry arriva.

Dans la seconde guerre , Bourry et son frèreVardes amenèrent à Condé\mX enseignes d'infanterie du pays de Caux.

Chargé d'enlever Argenteuil, Bourry s'en rendit maître, le \t oclob. 1507.

Selon le Journal de Bruslart, il y laissa commettre beaucoup de cruautés; mais il est juste de faire observer que Bruslart n'était pas toujours bien renseigné; c'est ainsi qu'il annonce la mort du capitaine Bourry et de Monstin , tués à l'attaque de ce bourg, et, pour le premier au moins, la nouvelle était fausse. Non -seulement Bourry ne périt pas dans cette entreprise ; mais il continua à servir avec distinction jusqu'à la conclusion de la paix. C'est à lui que Condé commanda de châtier les habitants d'Irancy, qui avaient tué son enseigne.

Secondé par Viles ^ il emporta la ville d'assaut malgré une admirable défense, et la mit h feu et à sang.

En \ 569 , échappé sain et sauf de la sanglante bataille de Monconlour, Bourry, accompagné de Des Essarts, La Tremblay e, Moissonnière et du capitaine Teil , cherchait h gagner La Charité h la tête d'une centaine de chevaux, lorsqu'il rencontra une troupe de ses coreligionnaires 5 qui il eut le bonheur do sauver l'honneur et la vie.

C'étaient les femmes et les enfants des Huguenots du GAtinais , qui avaient trouvé un asile à Montargis; mais qui, sur l'ordre de Charles IX, en avaient été renvoyés par Renée de France. A peine ces malheureux , au nombre de ii60, avaient-ils traversé la Loire, qu'ils avaient aperçu courant h leur poursuite 200 soldats chargés de les massacrer.

Tous se jetant à genoux , avaient entonné un psaume, et ils se préparaient ainsi h la mort, lorsque du cOté opposé parut tout-h-coup le capitaine Bourry, qui chargea les Catholiques , les défit et escorta jusqu'à La Charité la troupe tremblante qu'il venait d'arracher à la

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mort. Piastard,6oiirry suivit Gnerchy, brequ'il marcha au secours Ae Briguewaiût, et il prit part aussi à Tentreprise SUT Bourges.

Le Laboureur prétend « qu'il y avoit moins de zèle que de mauvaise humeur et de mécontentement dans la résolution des deux frères [Bourry et Vardes] de se joindre au parti huguenot, qu'ils abandonnèrent, dit-il, après en avoir essuyé toutes les disgrâces, par Texhortation de leur frère puîné Philippe.

Charles Du Bec-Crespin avait, en effet, deux frères et une sœur. Cette dernière, nommée Françoise, épousa Jacques de Mornay, sieur* de Buhy, et fut la mère du célèbre Du Plessis-Mornay, Le firèreputné, Philippe, devint archevêque de Rheims; Tautre, baptisé sous le nom de Pierre ou Nicolas , est connu dans l'histoire de nos guerres de religion sous le nom de sa terre de Vardes.

Comme son frère aîné , il servit sous les drapeaux protestants , et il se signala notamment à la bataille de Saint- Denis; mais il paraît avoir abandonné, en effet , de bonne heure, un parti peu favorisé de la fortune. Tout nous porte à croire, au contraire, que son frère Charles, persista dans la profession de la religion réformée jusqu'à sa mort. Selon Varillas, il fut tué à la Saint-Barthélémy, et, effectivement, depuis cette époque, il n'est plus fait mention de lui dans Thistoire, tandis qu'il est question en plusieurs circonstances de sou fils. La Popelinière raconte que le jeune vicomte Bourry obtint, en i 573, ainsi que GaussevUle et d'autres, un passeport de l'ambassadeur français en Angleterre, où il s'était réfugié après la Saint-Barthélémy, et rentra en France avec promesse d'y vivre en liberté de conscience, faveur qui s'explique par le désir d'enlever des recrues à l'armement de Montgommery. « Plusieurs, ajoute La Popeiinière, firent nombre au camp des Catholiques devant La Rochelle. » Si le jeune Bourry fut de ceux-là, il racheta plus tard cette faiblesse. En 1 576 , il se rendit maître de Marans après cinq jours de siège, et délivra ainsi La Ro-

chelle d'un voisinage fort incommode.

L'année suivante, l'indisciftline de son régiment ayant forcé Conde^ l'éloigner de La Rochelle, ainsi que les régiments de Lorges et de Mouy, ces trois chefs allèrent mettre le siège devant les Sables d'Olonne et le château de La Chaume, qui se rendit à composition.

Il est donc certain que les enfants du baron de Bourry professaient encore le protestantisme en 1 577, et rien no nous apprend à quelle époque ils changèrent de religion.

Du mariage de Charles Du Bec-Crespin avec Marie de Cléry ou Clercy, dame de Gonceville, naquirent deux fils : 4 • Georges , baron de Bourry, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, mort en 1585, laissant de sa femme Marie Joubert ou Juhert, fille de Claude Jouhert, sieur de Veilly, conseiller au parlement de Rouen, Charles, Jean et Nicolas, morts jeunes; Elisabeth, mariée avec Jacques ou Georges de Pellevé, baron de Toumy; Charlotte, femme de François de LaLuthumière, et Françoise, épouse de Jacques de Pardieu, seigneur de Maucomble ; — V Jean, évêque de Saint-Malo , mort en 1610. Resté veuf, Charles Du Boc- Crespin se remaria avec Jeanne Iht, Laurent, dame de Brandai, qui lui donna un fils, Charles, sieur de Villebon et de Gonceville, et une fille.

Renée, mariée avec Henri de Couëdic, baron de La Boissière.

Il n'y avait probablement rien de commun entre la noble famille Du Bec et le martyr Jean Du Bec, natif des Essars en Brie, prêtre converti au protestantisme, qui fui brûlé à Troyes, au mois de juin 1543.

DU KELLAY (Claude), seigneur d'Anché, d'une des plus anciennes familles de l'Anjou. Du Bellay sortit de France et alla s'établir à Berlin plusieurs années avant la révocation do l'édit de Nantes. Frédéric-Guillaume le créa chambellan, et lui confia, quelque temps après, les importantes fondions de gouverneur des trois margraves,

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Albert-Frédéric, Charles-Philippe et Chxétien-Louis, issus de son second mariage. Du Bellay s'employa avec autant de zèle que Louis de Bcauveau, à préparer et à faciliter l'établissement des Réfugiés dans le Brandebourg, et il contribua beaucoup à la fondation de réglise de Berlin, dont il fut un des anciens, jusqu'à sa mort, arrivée le 4 mai 4694. Il ne parait pas qu'il ait laissé d'enfants de son mariage avec Marie de Rogier; mais il avait un frère réfugié comme lui, Théodore Du Bellay, seigneur de Montbrelais, né à Thouars, et 'mort à Berlin, le 20 juin 4741, lequel fui nommé conseiller d'ambassade par l'électeur et remplit les places les plus considérables dans les corps supérieurs des colonies françaises. Très - probablement Charlotte Du Bellay, veuve de Foi*quetj seigneur de Bouyiezeau, d'une famille du Poitou qui professait déjà le protestantisme en 4562 (4), était leur sœur. Née à Niort, cette dame fut, en 4688, expulsée du royaume, après avoir passé plus de deux ans dans le couvent de la Visitation à Âbbeville, sans vouloir « se réunir» {Archiv. Tt.

235). Elle mourut à Berlin, le 4 4 juillet 4742, à l'âge de 80 ans.

Nous n'avons rien à ajouter à ces renseignements qui nous sont fournis, en majeure partie, par l'ouvrage de MM. Ërman et Réclam ; car nous n'osons rattacher à la famille Du Bellay, un Du Plessis- Bellay qui est mentionné dans les lettres de Du Plessis-Mornay et dans les actes de plusieurs assemblées politiques. En 4 597, il fut envoyé à celle de Châtellerault par La Tremblay e^ avec des lettres où ce seigneur breton annonçait sa résolutipn d'embrasser la religion réformée.

En 4 64 5, il assista à celle de Greno ble et en 4 649, à celle de Loudun comme agent de La Trémoille. En 4620, il est encore cité comme gou-

(1) Cette même année, an Bourheieau se réfaria à Poitiers où commandait Lanceloi Dn B(mchet,el il continua a porter les armes pour la rtosc protestante.

vemeur de Taillebourg; mais depuis cette époque, il n'est plus parlé de lui. On lit dans les actes du Synode national de Lyon : «M. Matthieu d' Anche s'offrant volontairement pour être professeur en théologie, a été refusé, jusqu'à ce qu'il ait produit ses attestations et témoignages des églises où il a vécu, et particulièrement de Genève, où il dit avoir demeuré longtemps. Et en cas qu'il refuse de le faire, les ministres sont obligés d'empôcher qu'il ne soit professeur dans leurs églises. • Y avait-il quelque lien de parenté entre ce d'Anché et la famille Du Bellay?

DU BOIS ou Du Bouàts, famille protestante de la Bretagne. Sous le nom de N. de BiULàc (Yoy.), nous avons déjà rapporté tout ce que l'histoire raconte de la part prise par /^a» Du Boit, seigneur de Baulac, et par ses frères Botevereuc et Bohelimer, dans nos premières guerres de religion. Un msc, que nous ne connaissions pas lorsque cet article a été publié, nous permet de le compléter, en donnant ici la généalogie de cette famille.

Comme nous l'avions soupçonné, Jean Du Bois, mort en 4 590, ne laissa pas d'enfant mâle de son mariage avec Françoise de Kerveno ; mais il fut père de deux filles. L'ainée, nommé ësthbb, épousa A^n^ilar^c, seigneur deMontbarot; la seconde, appelée Sâea, devint, en 4592, la femme de tkivid Chauvin^ seigneur de La Muce, et resta veuve, après deux années de mariage.

Elle montra toujours le plus grand zèle pour la religion.

Le msc. en question ne fait aucuns mention des deux frères de Baulac qui contribuèrent avec lui à établir le protestantisme en Bretagne. Faut^il en conclure qu'ils périrent dans nos troubles religieux, sans laisser non plot d*héritier ? 11 y est parlé seulement d'un autre frère de Jean Du Bois, nornsné Julien, sieur de Mesneuf, lequel épousa Jeaime de Romillé, et en eut un fils appelé René. D'un second mariage de ce Julien avec Jaqueline Crespin na-

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quil Pierre, souche de la branche de La San gère.

René Du Bois se maria, en 1602, avec Catherine de La Roussardière, dame de Poligné, qui ne lui donna qu'une fille, appelée Elisabeth, laquelle épousa René de Montbourcher, sieur Du Borda ge.

Pierre eut de son mariage avec Sttsanne de La Roussardière j Paul, tieur de Mesneuf, Renk, sieur de La Saugère, et Scsanne, femme de Samuel Le Maître^ sieur de La Garlaye.

Paul épousa, en 4647, Henriette de Montbourcher, qui le rendit père de deux fils. L*aîné, Uenk, comte de Saint^Gilles et de Mcsnouf, se maria, en 4664, ixec Déborade Llsle, dame de L*l8le-Du Gast, dont il n'eut point d'enfants, puis avec Henriette de La Chapelle^ de la maison de La Rochegiffart, qui lui donna Gédéon et Hemiiiette. Le cadet, Henri, mourut jeune.

Quant au frère de Paul Du Bois, René, sieur de La Saugère, il épousa, en 4650, Marguerite Du Verrier. De ce mariage naquirent René, mort jeune, et Henriette, femme de *V. Ventants^ de l'ile de Jersey. 11 mourut avant la révocation, et sa veuve étiinl passée en Angleterre, ses biens fur(;nt donnés ï Renée Du Perrier et aux enfants du comte de Saint-Gilles, lesquels s'étaient convertis {Archiv. M. 673), probablement à la mort de leur père qui était un zélé huguenot (/ôirf. E. 3372).

DU BOIS (François), en latin %2vius, le plus célèbre de tous les théoriciens chimiques , né à Hanau , en 4614, et mort à Leyde, le 4 4 nov.

Du Bois, plus connu en Allemagne

et en Hollande sous le nom de Del Boë,

descendait d'une famille de Cambrai,

réfu giée pour ca ose de reli gion (1 ) . Son

père, qui était marchand, se nommait

isaac Du Bois ou Del Boft, et sa mère,

Anyiede La Vignette. A peine sorti de

(1)n'auiresf)«iorT, éfalcment originaires d« la Flandre, passèrent rn Angleterre, el s'élablirenl ià Canturbéry* a iNorwiiti, a Londres, dans 1rs environ.^ de Douvres, où ce nom (e rrocoBirc encore fréquemment aBjoard'hni.

l'enfance, il fut envoyé à l'académie de Sedan où il fit sa philosophie et conimença des études médicales qu'il alla terminer à Bâle, où il reçut le bonnet de docteur, le 4 6 mars 4637. Après avoir visité les plus célèbres universités de la Hollande et de l'Allemagne, dans l'intention d'augmenter ses connaissances, il retourna à Hanau et se mil à exercer la médecine; mais au bout de deux ans, sentant son génie à l'étroit dans cette petite ville, il partit pour la France d'où il passa en Hollande. 11 se fixa à Amsterdam, et, pendant quinze ans, il y pratiqua son art avec le plus grand succès. Sa réputation presque européenne le fit choisir, en 4 658, pour remplacer Albert Kyper dans la chaire de médecine pratique à l'université de Leyde. Sur ce nouveau théâtre, où il rencontra le célèbre Boôrhaave, sa renommée devint immense, et elle était justifiée non moins par son vaste savoir et son éloquence persuasive que parles cures admirables qu'il opérait. Il ne se présentait, pour ainsi dire, pas un cas difficile, non seulement dans les Provinces-Unies, mais à l'étranger, pour lequel on ne le consultât.

Malheureusement Du Bois était un homme à système, et, comme tous sel pareils, il tomba dans l'exagération.

Dans sa conviction, les âcretés étaient la cause prochaine de toutes les maladies, ou, en d'autres termes, toutes les maladies provenaient de la prédominance des éléments chimiques dans les humeurs. Or, tout ce qui est acre ponvant se rapporter à deux classes, 1 es acides et les alcalis, il en concluatt qu'il n'y avait que deux grands ordres de maladies, les unes engendrées par une âcreté acide, les autres par une âcreté alcaline. Cette théorie, sur laquelle était basée sa méthode curative, n'était pas nouvelle ; ce n'est, à proprement parler, qu'une modification des théories de Van Helmont et de Descartes; mais si Ton ne doit pas regarder Du Bt)is comme l'inventeur du svstème chimiatrique, le plus détestable, selon Sprengel, de tous ceux qui ont jamais

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vu le jour, on doit reconnaître que plus que personne il a contribué h le répandre, par réclat de son enseignement qui attirait à Leyde un nombre prodigieux d'élèves, par la célébrité de Técole où il enseignait, et par la considération dont il jouissait personnellement à juste titre.

Au reste, si l'erreur de Du Bois produisit des résultats déplorables, elle eut, d'un autre cAté, cela de bon, qu'elle inspira à ses disciples le goût de la chimie , ensorle que cette science , trop négligée jusque là, ne tarda pas à prendre faveur parmi les savants.

L'illustre professeur rendit d'ailleurs d'autres services. Le premier, il fit voir que les vaisseaux lactés reviennent du foie au pancréas et servent vraisemblablement à charrier, non pas du chyle, mais de la lymphe. Le premier, il distingua les glandes en conglomérées, lymphatiques et muqueuses, distinction encore acceptée de nos jours. Le premier encore, il enseigna à l'université de Leyde la circulation du sang. De plus, il donna de l'encéphale une description plus exacte que toutes celles de ses prédécesseurs. Aucun médecin avant lui n'avait distingué, avec autant de précision, les sinus de la dure-mère. Il dénomma les sinus latéraux et le sinus postérieur, fit connaître la véritable position et la forme des verticaux et des latéraux, indiqua les différences que les tubercules quadrijumeaux présentent, sous le rap port de la forme et du volume, dans l'homme et les animaux. S'il se trompa, en refusant des ▼eines au cerveau, et en admettant une communication directe des artères avec les sinus de la dure-mère, c'est qu'il partagea un préjugé général de son temps. C'est encore à Du Bois que l'on doit la découverte de l'os lenticulaire de la caisse du tympan ; mais de tous les services qu'il a rendus k l'art de guérir, le plus important, celui qui lui assigne un rang émincnt dans l'histoire de la médecine, 'c'est qu'il introduisit dans les universités l'enseignement clinique, ayant eu le premier l'idée

excellente de conduire ses élèves dans les hôpitaux, de leur expliquer, an Ut des malades, les causes des maladies, de leur en signaler les symptômes et de les en instruire encore mieux par l'autopsie cadavérique. Il mérite doue de partager ^wecBonnetVhonnexiT d'avoir créé l'anatomie pathologique.

Du Bois succomba dans un âge pea avancé aux fatigues de l'étude et de l'enseignement. Il fut enseveli dans le chœur de l'église de Saint-Pierre à Leyde, et son collègue Luc Schacht se chargea de prononcer son oraison funèbre qui a été publiée dans la Bibliolh. deManget. Pendant son séjour à Amsterdam, il avait rempli avec autant de zèle que de désintéressement la charge de médecin des pauvres appartenant à l'église wallonne. Le 8 fév.

1669, il avait été élu recteur de l'université de Leyde. Il avait été marié deux fois, la première avec Anne de Ligne, morte en 1657, et la seconde, avec Madelaine-Lucrèce Schellzer, qui lui fut enlevée par la peste de 4669.

Voici la liste de ses ouvrages :

I. De motu animali e jusque lasione, Lugd. Bat., 1637. — La Biogr.

univ. qui a donné, par inadvertance, deux articles à Du Bois, l'un sous le nom de Du Bois, l'autre sous celui de Sylvius, attribue ce traité, dans le dernier article, au célèbre professeur de Leyde. Nous craignons que ce ne soit une erreur.

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