DUA
à peine se vil-il en liberté que Malnoë chercha les moyens de fuir h Tétrauger. Il réussit à passer en Hollande avec son iï\s{Arckiv. gén. E. 3373); mais sa femme refusa de l'accompagner et resta en France. Elle vivait encore en 1715 où elle obtint la permission de vendre une portion des biens de ses frères et de ses nièces dont Louis XIV lui avait fait don en 1 688, en considération de sa conversion sincère {Ibid. E. 3374).
DUUUAKT, famille noble de la Champagne, sur laquelle nous ne possédons qu'un bien petit nombre de renseignements.
Jea7i Drouart, le premier de cette maison qui embrassa le protestantisme, épousa, le 28 sept. 1571 , Charlotte de Mauregard, qui lui donna un iils, nommé Daniel. Ce dernier prit pour femme, le 1 juillet 1600, Jeanne de Blond, veuve de Sicolas de Blond, «ieur de La Tour, et alliée à la famille Le Sueur. Le Nobiliaire de Champagne ne mentionne , comme issu de ce mariage, qu'un iils du nom de Robert; mais Robert Drouart eut au moins un frère , nommé Samuel , qui fut député par l'église de Sésanne au synode provincial tenu à Vitry- le -Français en 4649, en mOme temps que François de Racquct, qui y représenta l'église de Lisy {Jacobins St-Honoré N* 30).
Robert Drouart épousa . le 4 juillet 4632, Madelaine de La Haye, dont il eut Daniel, Jean et Jeanne. Le sort do cette dernière est inconnu. Quant à Daniel, il se maria, le 17 oct. 16Î37, avf.»c Esther de Racguet , fille de Charles de Racguet et de Marie de Fleury, et il en eut un fils appelé Charles. Son frère Jean épousa, en 1 665, Elisabeth de Popincourt , iillo de François de Pop incourt et A' Hélène de Parenteur.
Cette famille, comme tant d'autres, a eu ses confesseurs. En 1689, un Drouart était enfermé pour cause de religion dans les prisons de Châlonssur-Marne {Archiv. E. 3374).
DL'AUK'H (Fhançois), professeur de droit civil à Bourges , né à Saint-
Brieuc en 1509, mort à Bourges, le 32 juin 1559.
Après avoir exercé pendant quelques années une charge de judicature dans laquelle il avait succédé à son père, Duaren vécut à Paris où il donnait, en 1536, des leçons publiques sur les Pandectes. Au nombre de ses élèves se trouvaient les trois fils du célèbre Budé avec qui il se lia d^amitié. Deux ans après, il fut appelé comme professeur à Bourges; mais eu 1548, soit, comme on l'a dit, qu'il désirât joindre la pratique à la théorie, soit plutôt à la suite de ses démêlés avec son collègue Baron , il abandonna sa chaire et revint suivre le barreau de Paris. Il ne tarda pas à se fatiguer des chicanes du palais, et Baron étant mort sur ces entrefaites, il retourna à Bourges sur l'invitation de la duchesse de Berry qui lui fitdonner « de gros appointements »> ( I ), et le nomma son maître des requ»!*les.
De Thou renl à Duaren ce témoignage, qu'il était, après Alciat, le plus savant jurisconsulte de son temps.
A l'étude de la jurisprudence , il avait joint celle des belles-lettres, et il possédait une profonde connaissance de l'antiquité. S'il manquait de facilité et de mémoire, il rachetait ce défaut par la fermeté et la rectitude de son jugement. Il fut le premier qui substitua Je développement des grands principes du droit romain aux gloses barbares des anciens commentateurs, et sous ce rapport, il rendit un immense service à la science. On doit regretter qu'il ne soit pas possible d'accorder à son caractère les in;*m(.'S éloges qu'à son esprit. Son humeur impérieuse, opiniâtre, difficile, jalouse , lui suscita des querelles avec la plupart de ses collègues : avec Baron, qu'il déprisa dans son traité De jurisdictione et imperio , et qu'après sa mort, il porta aux nues; avec Bau~ doui7i, qui osa lui disputer une supériorité à laquelle le jurisconsulte breton avait sans doute des droits comme son
(1) Son iraitonjeni était ilf 9Î0 li¥., presque le triple de ce tjuc rerevaii sou coilêgue BattdoHïH .