‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 109 sur 189 · I. Brànchb de Sàillâns · texte numérisé non relu

I. Brànchb de Sàillâns

Antoine Du Bourg laissa plusieurs enfants de son mariage avec Anne Isnard, entre autres, Marie, femme d'^tienne Chariot, sieur d'Elby, conseiller au parlement de Paris, ei Antoinb, baron de Saillans et sénéchal de Rica.

Ce dernierépousa Nicole de Clermont, sœur du capitaine Piles, qui, selon Moréri, lui donna trois fils, nommé Loum, Charles et Josui. D'autres généalogistes en mentionnent un quatrième, François , qui devint évèque de Rimii.

On ne connaît aucune particularité de

DUB

DUB

la vie de Josué, qui moanit sans hoirs en 164 S. Charles, seigneur de SaillaAS, n'est connu non plus que par la mort atroce que lui firent subir les Catholiques. M. Imberdis, qui Pa confondn avec son père, raconte qu'il faisait et fréquentes tentatives pour surprendre Saint-Flour, et que Saint-Héran, aidé par les habitants de cette ville, surprit son château, en forçant, le poignard sur la gorge, un de ses officiers à lui livrer le mot du guet. Les Mémoires de Charles IX rapportent le fait d'une manière très-dilTéreute. On y lit qu'au mois d'octobre 1569, Saint-Héran , accompagné de quelques gentilshommes, se présenta à la porte du château de Saint-Sulpice dans l'intention d'y mettre garnison, et que M""» de Saillans, femme d'un courage viril, dit de Thou, ayant refusé de l'y recevoir, il Toulut forcer l'entrée et la poussa si brutalementqu'elle tomba. Au cri qu'elle laissa échapper dans sa chute, un domestique accourut et tira sur le gou- ▼emeur d'Auvergne uu coup de pistolet qui le blessa au bras. Furieux de cette résistance et plus encore de sa blessure, Saint-Uéran fit venir des troupes et assiégea le château qui ne comptait que cinq ou six hommes de garnison. Du Bourg, retenu au lit par une maladie, se rendit la vie sauve ; mais, au mépris de la foi jurée, il fut saisi et jeté dans un four où il fut brûlé. M. Imberdis ne dissimule pas ce trait de férocité , et il ajoute, d'accord avec les Mémoires de Charles IX , que M"* de Saillans fut conduite prisonnière à Saint-Flour. Elle recouvra plus tard la liberté et se remaria avec Christophe de Chavagnac,

L'aîné des trois frères, Louis, baron de Saillans, figure aussi parmi les principaux chefs huguenots en Auvergne.

Dans un traité signé â Saint-Flour, le 45 mai ^588, par les seigneurs des deux religions, on trouve son nom cité à côté de ceux de Chavagnac, de Gironde, de Begoule, de Valets, de Bahaury. La paix dura à peine quelques jours, tant les haines étaient ardentes.

Ligueurs et Protestants reprirent les armes, et Louis Du Bourg, qui venait d'épouser une fille de la maison catholique de Lastic , afin de cimenter l'union entre les partis, se saisit, avec l'assistance de Begoule , des forts Du Mas et de Saint-Just près de Brioude ; mais il défendit fort mai sa conquête. En 4590, il marcha avec Chavagnac au secours d'Issoire. Depuis cette époque, il n'est plus fait mention de lui. La branche de Saillans s'éteignit en sa personne dans la ligne masculine [\).

Page 1