‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 122 sur 189 · DUO · texte numérisé non relu

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De mon esprit an objet où il vise :

J'ay prademment fait souvent entreprise Pour de ses lacs me pouvoir deslacer;

Mais comme un pied je cuide commencer A tirer hors, pour le mettre en franchise. L'autre» serré en plus estroite prise, S'empestre alors qu'il le sent avancer.

Ainsi celuy qui, au gué d'un grand fleuve, Tourne k costé, quand profond il le treuve, Guidant sortir, se plonge plus avant :

Ainsi voulant sortir du marescage Le fort cheval d*un pié se va levant.

Mais plus alors des autres il s'engage.

DU GROS (Charles), avocat an parlement de Grenoble. Du Gros fut député, en 4 605, par le Dauphiné à l'Assemblée politique de Cbâtellerault.

Il jouissait déjà, à cette époque, d'une réputation assez bien établie, pour que l'assemblée le portât sur la liste des candidats à la députation générale, et que le choix du gouvernement se fixât sur lui. A l'expiration de sa charge, Henri IV lui accorda des lettres de noblesse, et l'année suivante, il le nomma président au parlement ,de Grenoble.

En 1612, le président Du Gros fut envoyé par Lesdiguières auprès de l'assemblée de Sommières, et en 1 6 1 9, lorsque les affaires du Béarn commencèrent à agiter le parti huguenot , le maréchal le chargea de nouveau de porter au roi l'assurance qu'il maintiendrait la tranquillité dans le Dauphiné. Du Gros se rendit ensuite dans le Béarn, et exhorta, mais sans succès, l'assemblée d'Orthez à se soumettre aux ordres de Louis XIII ; puis il se tiansporta à La Rochelle pour signifier à l'assemblée générale qui s'y réunissait que Lesdiguières « ne se sépareroit jamais du service du roy, tant que les édicts de pacification seroient maintenus. »

Ges démarches toutes pacifiques déplurent, sans aucun doute, au parti exalté qui ne manqua pas d'accuser Du Gros de trahir les intérêts de la religion, et cependant il était animé d'un zèle sincère pour l'Eglise protestante, comme il le fit voir, en 4621 , lorsqu'il adressa k Lesdiguières un long discours par écrit dans le but de le détourner

du projet qu'on lui prêtait de vouloir s» convertir. Son éloquence échoua , on le sait , contre les séductions de la Gour appuyées par les séductions bien autrement puissantes de Marie Vignon; mais il n'eut pas le chagrin de voir la défection du vieux guerrier.

£n 4622, Du Gros, accompagné de Ûu Mas- Vercairan , se rendit, par ordre de Lesdiguières , à Montpellier où se trouvait alors le duc de Rohan^ atteint d'une fièvre continue. Il devait débattre avec le chef huguenot les conditions de la paix que Louis Xm souhaitait. Rohan l'accueillit avec toutes les démonstrations d'amité et d'estime que méritait un magistrat aussi distingué ; mais les exaltés ou catherinots s'alarmèrent de leur entrevue.

Le clergé protestant de Montpellier comptait depuis quelques mois seulement parmi ses membres Su/frein, ancien ministre de Montagnac, à qui le Synode national de Tonneins avait interdit l'exercice de son ministère , on ne nous dit pas pour quel motif (4), mais que le Synode de Vitré avait retabli.

C'était un des partisans les plus forcenés de la guerre; aussi dans le dessein d'entraver les négociations, fit-il courir le bruit que la mission de Du Gros avait pour but de débaucher Rohao.

La mort de Du Gros fut jurée. Dans la nuit du 22 fév., à deux heures du matin, sous prétexte de lui rendre visite, une troupe d'assassins se rendit au logis du président Tuffany^ où il était descendu, et demandèrent à le voir.

Dès qu'ils se trouvèrent en sa présence : « Ah I tu viens pour débaucher le duc de Rohan et nous livrer à ton beau Lesdiguières I » lui dirent-ils en le menaçant. En vain Du Gros essap-t-il de les désabuser ; à peine eut-il ouvert la bouche qu'il tomba percé de vingt coups d'épée. Du Mas- Vercairan^ redoutant la rage de ces forcenés, sauta par une fenêtre et se cassa la jambe. Le fils de Du Gros échappa à la mort en se cachant derrière une tapisserie.

(1) Ce Suffrein ne serait-il pas lenème fBt MurâtKikée Sui\rem (Voy. Jérémie FatMai)f

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Dans ses Mémoires, Rohan consacre à peine deux lignes à cet acte odieux : « Ledit président Du Gros, raconte-t-U, fut misérablement assassiné dans la Tille. » Cependant nous savons que^ comme tous les hommes honorables du parti, il fut indigné de cet assassinat, et qu'il s'unit aux magistrats pour poursuivre les coupables. On en arrêta une quinzaine , au rapport d'Aigrefeuille :

un fut pendu , deux roués et une dixaine condamnés aux galères ou au bannissement. Malheureusement on ne put se saisir de Suffrein qui se hâta de quitter Montpellier. « Sa fuite clandestine et précipitée, dit Le Vassor, acheva de confirmer les justes soupçons que les honnêtes gens avoient de lui. » 11 fut condamné au bannissement par contumace.

Le fils du président Du Gros se nommait Pierre ; il fut conseillera la Ghambre mi-partie et périt aussi misérablement que son père, ayant été assassiné à Valence dans une émeute.

DU CK08 (Jean), avocat à la Chambre de Tédit de Castres. Du Gros futdéputé, en 4608, à l'Assemblée politique de Gergeau par le Vivarais, circonstance qui semble indiquer qu'il était né ou qu'il s'était au moins établi dans cette province. En tout cas, il ne faut pas le confondre avec Jean-Jac* çuesun Gros , sieur de La Combe, ancien de l'église de Montpellier, ni avec Jacques Du Gros , ancien de l'église de Castres , qui figurent parmi les députés des églises dans les actes des synodes nationaux.

Jean Du Gros fut chargé par l'Assemblée de Gergeau de dépouiller les cahiers des provinces , soin qu'il partagea avec Lan$ard, Chaufferie et Mirande, C'est lui que Rohan envoya ^ Lesdiguières pour lui annoncer la mort du président Du Gros et lui promettre d'en faire bonne justice. Vers le même temps , il fut employé avec Les IsîeS'Maison aux négociations de la paix de Montpellier. Tels senties seuls renseignements que nous ayons pu recueillir sur la vie de ce personnage.

T. IV

DU GROS (Jean -Jacques), de Saint-Germain-de-Calberte» abjura la religion protestante et entra dans l'ordre des Frères prêcheurs à Toulouse.

Echard nous apprend qu'il en fut élu prieur, en 4647. Selon le môme écrivain, il se fit une réputation parmi les éloquents prédicateurs de la Parole sainte.

La Bibliotheca Fratrum praedicatorum ne lui attribue qu'une Oraison funèbre prononcée au service solennel du R. P, Jean de Naples, ministre général de r ordre des Frères mineurs; encore ne dit-elle pas si ce discours a été imprimé.

n faut se garder de confondre cet apostat avec un autre Jean- Jacques J)\i Gros, sieur du Gros , qui faisait ses études i Genève , en 4 653 , et qui remplissait les fonctions pastorales à Saint- Germain -de- Galberte à la révocation de redit de Nantes. Celui-ci était fils d'Etienne, sieur du Gros, eiée Jeanne de Ginestoux. Il sortit de France à la révocation , tandis que sa sœur Madelaincj veuve de Jacques Verdelhan, abjura, ainsi que le ministre Pierre- André du Gros, sieur de Montmars, qui était apparemment de la même famille {Arck. Tt. 236).

DU GROS (N.) , conseiller du roi de Suède Charles XI et plus tard du duc Frédéric de Holstein-Gottorp, qui lui confia le poste de son chargé d'affaires auprès de diff'érentes cours. Il vivait encore en 4698. Il a publié, en anglais et en français, des Lettres contre le célèbre Guillaume Temple, et a laissé en manuscrit une réponse à ses Mémoires, réponse que Bayle avait promis de mettre au jour.

DU GROS (Pierre), avocat de Nismes et juge à Calvisson. C'était, au rapport de Gravorol, dans son Histoire de Nismes , « un homme digne d'être comparé à ce que le premier christianisme a eu de plus grand et de plus accompli.» Arrêté, en 4686, pour cause de religion, il fut jeté dans la Tour de Constance avec un grand nombre d'autres Protestants, et soumis, ainsi que ses malheureux coreligion.

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naires , k des traitements si barbares que seize d'entre eux succombèrent, du 22 juin au \ 3 déc, entre autres, Annibal de Gabriac du Gros deFerrières^ (juiraud de Carcenat j vieillard de 73 ans, Pierre Crouzil de Clermontde-Lodève, /. Rabinel de Sinsens, qu'une sentinelle tua d'un coup de fusil pour le punir de cbanter un psaume (MSS. de Court, N» 28). Pierre Du Gros résista aux tortures de la Tour de Constance, en sorte qu'au bout de dix-buit mois , le gouvernement de Louis XIV voulant vider les prisons qui regorgeaient de confesseurs, an point que l'on ne savait plus où entasser les victimes du fanatisme, donna ordre de l'embarquer pour les lies de rAmérique avec ceux qui survivaient.

Mais si le génie inventif des bourreaux n'avait pu vaincre sa constance , il avait su au moins user en lui lés ressorts de la vie. A peine arrivé à Marseille, Du Gros tomba malade et mourut, ainsi que Quillel, proposant d'Alençon, dePam, gentilhomme des environs de Vallon , Martin et Verdict de Chambourigaud et quelques autres.

On l'enterra dans le cimetière des Turcs. Il fui suivi de près dans la tombe par la plus jeune de ses filles. Arrêtée comme elle essayait de fuir sur la terre étrangère avec sa sœur, trois demoiselles Lami^/ de Saint-Antoine (1), quatre filles à^Audemar, marchand de Nis*^ mes, et M»"« de La Farelle , la jeune Du Gros fut conduite du château de Sommières , où elle avait d'abord été enfermée, à l'hôpital de Valence et livrée , ainsi oue ses compagnes de captivité , au féroce d'Hérapine et aux six ftiries qui , sous le nom de sœurs, se faisaient les actives exécutrices des ordres de ce monstre de cruauté. Dès leur arrivée dans cet enfer, on dépouilla ces jeunes filles, habituées aux commodités de la vie, de leurs chemises que

(1) Leur père» Lambert, dit Beauregari, fut rainé par les dragons et si cmellement martyrisé que les nerfs de ses jambes sabireot une rétraction par l'action d'un feu violent; H fiaii pourtant par gagner la Suisse.

l'on remplaça par de mdes ciliées de crin qui leur déchirèrent la peau et leur engendrèrent des ulcères par tout le corps. N'ayant pour nourriture que di pain et de l'eau, surchargées de travail, elles étaient encore accablées des pins mauvais traitements. Un jour M'"' de La Farelle reçut sur la bouche un coup de bâton qui lui cassa les dents. Chaque jour d'Hérapine leur rendait visite, et chaque jour il imaginait quelque nouveau genre de tortures à leur faire subir. Gependant un de ses supplices favoris , après les coups de nerfk de bœuf qu'il leur faisait administrer sur la chaire nue en sa présence, consistait!

les plonger dans un bourbier d'où en ne les tirait que quand elles avaient perdu connaissance. La mort délivra la jeune Du Gros de son martyre; quant à ses amies, couvertes de plaies de la tête aux pieds et n'ayant plus figure humaine, elles finirent par abjurer et furent transportées dans an couvent.

Jurieu, à qui nous avons emprunté le récit des souflhranees de ces ieunes infortunées, est, nous le savons, suspect d'exagération : mais dans ce cas, au moins, sa vériAcité est attestée par la relation que Blanche Goinûnd , de Sainl-Paul-Trois-GhMeau, antre vie* time de l'abominable directeur de l'hôpital de Valence , nous a laissée dee atroces cruautés exercées par ce scélérat sur sa propre personne, ainsi que sur M'*'*- de Leuu de Montpellier, Dmmas de La Salle et Rancowri d'Annonay, relation que t7(mrf a eee en sa possession, et dont il a fiiit usage pour son Histoire des églises {ËtSS, de Court, N» 28). Et si ces deux autorités ne suffisent pas , en voici une troisième : les Mémoires inédits de la veuve Raymond, née Terrasson, de Die en Duuphiné , dont l'authenticité nous est également attestée par Gourt. Une foule d'autres Protestantes, femmes et filles, furent livrées à d'Hérapine, comme la veuve Jamin des Nonières, hiiHh Hiory de Montmeyran, Antoine Besson de Saint-Auban, Susanne Pelons, Anne Voitin de Livron , Mofù CM

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d^Ânnonay, trois demoiselles de Castel franc, etc., etc. Des hommes aussi furent soumis à ses doux moyens de conversion, comme Joackim d'Annenay, qu'il fit si cruellement jeûner que, dans les transports de la faim, ce malheureux se mangea la main et mourut deux jours après de douleur et de misère.

DUDERÉ (Jean), sieur de La Borde, apostat, est auteur d'un livre intitulé : La vérité triomphante de Verreury par un nowoeau converti dont les motifs de sa conversion sont adressés amoi ministres de la R. P. R.

Avec %ne introduction chrétienne sur les principausi articles de la foi. Ouurage mis au jour pour V édification duprochaitiy Par Pierre Duderé, é~ cuyer^ sieur de La Borde ^ fils de routeur, Paris, M^%, in-451.

DU FAUU, famille noble de PArmagnao, dont plusieurs branches adoptèrent les doctrines évangéliques.

Pierre Du Faur, en qui de Thou loue une probité singulière et une parfaite connaissance du droit divin et humain, s'éleva par son mérite à la place de premier président du parlement de Toulouse. On a do lui des Commentaires sur le droit où, dit Sainte-Marthe, «on 'void briller une in finité de lumières d'esprit et de jugem«)nt, avec une infinité de traits d'une profonde doctrine.»

Comme tous les grands jurisconsultes de ce siècle. Du Paur avait du penchant pour la Réforme; il entretenait même une correspondance avec Calvin qui, dans une lettre, loue son érudition et sa politesse, sa vertu et sa piété, et qui l'exhorte à ne pas abandonner, à Fexemple de son père Michel Du Faur, conseiller d'état, l'Evangile pour les vanités et les plaisirs du monde ; mais, comme Cujas son maître. Du Faur, sourd à la voix du réformateur, ne put se décider à faire profession ouverte d'une religion proscrite et persécutée avec acharnement.

Son frère putné Michel, seigneur de Pujols et de Saint-Jorry, ne prêta pas aussi facilemeai l'oreille aux conseils

de la sagesse mondaine. Juge-mage de Toulouse en 4 547, conseiller au grand conseil en 4556, président à mortier au parlement de Toulouse en 4 557, il remplissait avec honneur ces dernières fonctions, lorsque la première guerre civile éclata. Nous avons vu ailleurs (Foy. II, p . 2 4 7), qu'il fut compris dans la première épuration du parlement et ouMl eut beaucoup de peine à se foire rein* staller dans sa place. En 4 567, dès que l'on apprit à Toulouse que Condé avait repris les armes, un grand nombre d'habitants de cette ville s'enfbîrent; d'autres moins prudents restèrent et furent arrêtés comme suspects, en 4 568. Du nombre de ceux-ci fut Michel Du Faur, qui fut, un des premiers, incarcéré avec sa femme. Après une année de dure détention. M** Du Faur réussit à se sauver déguisée en pavsanne. Son mari ayant nu, de son côté, faire parvenir une plainte au roi contre les capitouls, ordre fut donné de lui rendre la liberté. On ne nous apprend pas si ses compagnons de captivité, le président McàraSy Potier de La Terrasse, maître des requêtes, Depins, Papus^ SalustCy conseillers. Saint- Etienne^ maître des eaux et forêts, Cheverry^ receveur-général des finances, Ca/melSy conseiller au présidial, dont un descendant, gouverneur de Brassac en 4625, fut battu et fait prisonnier en voulant défendre le passage deLagoust contre les troupes royales, La Chasse^ également conseiller au présidial, Tolosani, juge-mage, Garaut^ sieur de Cumiers, Terlon, Robert eiDuBoura^ avocats, Colin de Bonnefoy, secrétaire du roi, Ceréy bourgeois et sa femme, arrêtés avec lui sous l'accusation d'entretenir une correspondance avec les fugitifs , virent s'ouvrir, en même temps que Du Faur, les portes de leur prison. Quoi qu'il en soit. Du Faur lui-même ne jouit pas longtemps de la liberté; bien plus , si Ton peut s'en rapporter aux généalogies de sa famille, il ne recouvra jamais sa place. Sur le bruit que les Huguenots allaient attaquer Toulouse, en 4574, on. le Jeta

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de nouveau en prison, ainsi que le procureur général Saint-ÎFéliXj Cheverry, Garaut, Terlon, Cornac, Alariy Pontous, conseillers au présidial, de Pira, secrétaire du roi, Noîet, lieutenant au sénéchal, et Pérès, professeur de l'université. Il parait que ces épreuves furent trop fortes pour sa constance. Selon le Dict. de la Noblesse, il devint chancelier de Catherine, infante de Portugal, place qu'il n'aurait assurément pas obtenue s'il était resté protestant. La plupart des enfants qu'il avait eus de son mariage avec Eléonore de Bernui rentrèrent également dans le sein de l'Eglise romaine. Deux seulement, le second de ses fils, nommé Charles, et le quatrième, appelé Jean, persistèrent dans la profession de la religion réformée et firent, l'un la branche d'Aubaïs, l'autre celle de Courcelles-le-Roi, sur lesquelles nous reviendrons après avoir parlé des branches fondées par les fils de Pierre Du Faiir. Selon Blanchard et le Dict. de la Noblesse, Pierre Du Faur laissa sept enfants; mais nous n'avons à nous occuper ni de Pierre, qui devint évoque de Lavaur, ni de Guy, sieur de Pibrac, président au parlement de Paris, qui professa la religion romaine, ainsi que ses enfants, à l'exception d'OLYMPE, femme de Michel Eurault de L'Hôpital, chancelier de Navarre; et nous pouvons passer également sous silence leurs deux sœurs qui épousèrent des catholiques. Il ne reste donc à la France protestante que Louis, souche de la branche de Graleins, Arnaud, chef de la branche de Pujols, et Charles, auteur de celle de Lucante.

I. Branche de Grateins. Louis Du Faur, seigneur de Grateins, conseiller au grand conseil, fut reçu conseillerclerc au parlement de Paris, le 28 août 4 555. Selon les Mémoires de Condé, il était « éloquent, libre et sans dissimulation , ayant de bonnes lettres , honneste juge et de bonne conscience. » De Thou confirme cet éloge , et la conduite que Du Faur tint à la fameuse mercuriale qui coûta la liberté et la

vie à son collègue Anne Du Bourg, prouverait seule au besoin quUl était, comme l'affirme le célèbre historien, a un homme d'un esprit vif et hardi » ( Voy. IV, p. .337). Arrêté avec Du Bowg , Paul de Faix , Antoine Fumée et La Porter, et mis en jugement comme fauteur d'hérétiques , il se défendit avec beaucoup d'adresse, sans toutefois renier sa foi ; aussi fut-il condamné à demander pardon à Dieu , an roi et à la justice ; à une interdiction de cinq ans et à une amende de 500 livres. Du Faur appela d'une sentence qu'il soutenait avoir été extorquée à ses juges par les menaces de Saint-André.

Cet appel souleva de grandes disputes dans le parlement , en sorte que, pour y mettre un terme , le roi évoqua l'affaire ; mais le Conseil renvoya le procès au parlement qui ordonna que la sentence serait biffée des registres et. que Du Faur serait rétabli dans ses emplois.

Louis Du Faur entra plus tard an service de la reine de Navarre qui le nomma son chancelier et loi confia , ainsi que son fils, diverses missions importantes. Selon de Thou , c'est lui qui signa, au nom de ce prince, les articles secrets du traité de Poitiers. Il avait épousé Anne Guioi de PreigUéu^ dame d'honneur de Jeanne éTAlkret^ dont il eut : \ * N., qui suivit la carrière des armes et mourut jeune, laissant de sa femme , fille unique de SalusU Du Bartas , une fille mariée ^ N. de Hardosse; — S** Margueriti-Cathb- RiNE, épouse de Jean-Jacçues Brunet^ baron de Pujols en Agénois ; — 3» 0- LYMPE, femme du sieur de Montagnae ; — 4% 5% 6* trois filles mariées dans les maisons de Villemor, Montaut* Cussac et Hardosse. Blanchard lui donne un second fils , sur le compta duquel il ne nous apprend rien. Seraitil par hasard le même que le président Du Faur qui fut , en 1 61 4 , chargé avec Lesdiguières de faire exécuter dans le Daupliiné Tédit de pacification {Fonds de Brienne, N* 840)?

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