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Jui mérita, probablement à la mort de Bretauville, le gouvernement de Pons, ane des places de sûreté. Dès 4599, il avait accompagné Chauvin dans son voyage en Amérique. Quelques années après, sentant tonte Timportance pour la France d'un ét^lissement dans le Canada et espérant être plus heureux que son prédécesseur, dont il avait inutilement essayé de prévenir les fautes, il demanda Tautorisation de conduire une colonie dans rAmérique septentrionale. Henri IV lui accorda, en 4 603, le privilège qu'il sollicitait avec des lettres-patentes de vice-amiral et de lieutenant-général de la Nouvelle-France, mais à la condition « d'y planter la foy catholique, apostolique et romaine.»
Du Gua accepta cette condition assez singulière, en stipulant toutefois la liberté de conscience en faveur de ses coreligionnaires, et il partit du Havre, le 7 mars 4 604, « avec nombre de gentilshommes et toutes sortes d'artisans, soldats et autres, tant d'une que d'autre religion, prestres et ministres. » Afin de ne pas mettre, comme ses prédécesseurs, à la merci des Sauvages la subsistance de la colonie , il eut soin d'embarquer un certain nombre de laboureurs. Il atterrit en Acadie le 6 avril, et après avoir jeté les fondements de la colonie de Port- Royal, il revint en France, où il trouva la Cour fort mal disposée à son égard par les menées de ses ennemis. Son privilège lui accordait le commerce exclusif des pelleteries depuis le iO^'-bk' de lat. nord et le droit de concéder des terres jusqu'au 46». Peut-être ses lieutenants déployèrent-ils trop de rigueur dans la répression de la contrebande ; peut-être le monopole dont il jouissait excita-t-il l'envie; quoi qu'il eu soit, sur les plaintes des armateurs pour la pêche de la morue, plaintes appuyées par de riches présents aux courtisans, on lui retira d'abord son privilège, puis on lui enleva sa commission sans autre dédommagement qu'une somme de 6,000 fr.
Il en avait dépensé plus de 400,000 pour former son établissement.
L'année suivante cependant^ Du Gua obtint un nouveau privilège pour un an. Il prépara donc une seconde expédition dont il confia la conduite à Pont^- Gravé et à Champlain, et qui forma, en 4608, sur les bords du Saint-Laurent, un établissement d'où est sortie Québec; mais la cabale de ses ennemis, en faisant révoquer sa commission, arrêta les progrès de la colonie naissante. Du Gua, toutefois, ne se laissa pas décourager. Il résolut de braver le mauvais vouloir de la Cour et de se passer de privilège. En 4640, il organisa avec ses deux lieutenants une troisième expédition, qui partit de La Rochelle pour aller trafiquer dans les parties de l'Amérique où le commerce n'était pas encore soumis au monopole; mais la mort de Henri IV, en lui faisant perdre le peu de crédit qui lui restait, lui enleva ses dernières espérances. Il sentit que sa religion serait un obstacle insurmontable à la réussite de la colonisation, et, préférant le bien général à ses intérêts particuliers, il conseilla à Champlain de placer l'établissement de Québec sous la protection de quelque personnage puissant qui professât la religion romaine.
Ce fut vers ce même temps que l'Assemblée de Saumur ordonna à Du Gua de mettre Pons en état de défense, en promettant de lui rembourser ses dépenses. Du Gua obéit; mais six ans après, en 4 64 7, cette promesse n'avait pas encore été tenue. Il écrivit au Synode national de Vitré pour réclamer le remboursement.Le synode lui répondit qu'il n'avait pas d'argent, mais qu'on re commanderait sa demande aux députés généraux qui s'emploieraient à le faire payerparle gouvernement. Oncroitque Du Gua mourut peu d'années après, vers 4620. «C'était, dit Charlevoix,un fort honnête homme, dont les vues étaient droites, qui avait du zèle pour l'état et toute la capacité nécessaire pour réussir dans l'entreprise dont il était chargé ; mais il fut malheureux et presque toujours mal servi. » Est-ce là la vraie cause qui fit échouer ses entreprises?
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DU H AN (Philippe), seigneur de Jandun, conseiller d'état et privé, n'ayant pas voulu abjurer pour plaire à Louis XIY, fut jeté à la Bastille, en 4686 (Archiv. gén. E.3372); cependant il ne tarda pas à recouvrer la liberté, nous ignorons par quel moyen, et il sortit de France, en 4687, pour aller jouir k Berlin du libre exercice de sa religion. Peu de temps après, sa femme, Marie Danger, fille du gouverneur de Mézières et de Cbarlevilie, qui avait été sa compagne de captivité, parvint à fiiir également avec son fils, Charles-Egide, né, le 44 mars 4685, à Jandun en Champagne.
Le jeune Du Han de Jandun fit ses premières études sous La Croze, et sa philosophie sous Naudé, Il n'avait que vingt ans lorsqu'il partit comme volontaire, et il se distingua au siège de Stralsund de manière à fixer l'attention de Frédéric-Guillaume qui, instruit de sa naissance et de son mérite, le nomma précepteur du prince royal. L'éducation du prince terminée. Du Han fut pourvu de la charge de conseiller de la justice allemande et du consistoire supériear français; mais, lorsque le jeune Frédéric, fatigué du despotisme d'un père aussi féroce qu'ignorant, essaya de passer à l'étranger, la disgrâce de son ancien élève entraîna la sienne : il fut exilé dans une petite ville de la Prusse avec défense d'approcher de la capitale. On sait qu'après de barbares vengeances, Frédéric-Guillaume consentit à pardonner à son fils. Pour dédommager son précepteur de ce qu'il avait souffert pour lui, le prince royal le plaça auprès du duc de Brunswick, et lorsqu'il monta sur le trône, en4 740, il s'empressa de le rappeler à Berlin, et le nomma conseiller privé au département des affaires étrangères. Du Han suivit le nouveau roi dans sa campagne de Silésie, au retour de laquelle il fut attaqué de la maladie dont il mourut^ le 3 janvier 4746, après de longues souffrances, supportées avec la patience d'un chrétien et le courage d'un philosophe. L'Académie de Berlin l'a*
vait nommé membre honoraire, en 4740, bien qu'il n'eût aucun titre littéraire à cette distinction. L'Histoire de Prusse et de Brandebourg, à laquelle il travaillait lorsqu'il mourut, n'a jamais été publiée.
Vers la môme époque vivait à Berlin une demoiselle DuHan de Jandun^ mariée à M. de La Melouse; était-elle la sœur du précepteur de Frédéric-le- Grand? Et un Abraham DuHan, docteur en médecine et professeur à Sedan, dans le xvii* siècle, n'était^-il pas un de ses ancêtres ? Ce sont là des questions auxquelles il ne nous est pas donné de répondre. Nous n'osons prendre non plus sur nous de réclamer comme protestante une famille Du Han, établie à Cussy-les-Forges, et sur laquelle l'Armoriai de Bourgogne {Bihl.
de V Arsenal, Hist. N* 747) ne nous fournit que des renseignements insuffisants.
DU JON, nom d'une famille du Berry anoblie, en 4 507, par Louis XII, en récompense des services rendus dans l'expédition de la Navarre par Guillaume Du Jon, sieur de La Boffardinière.
Du mariage de Guillaume Du Jon avec Jacqueline Pizon naquirent trois fils : Jean, François et Denis. Rien ne nous prouve que le second , qui entra dahs les ordres , ait embrassé les opinions nouvelles. La conversion des deux autres au protestantisme est , au contraire, attestée par les historiens.
Forcé de fuir devant la persécution , Jean du Jon se retira avec sa femme , Renée de Mesnard , auprès du comte palatin qui le fit entrer dans son conseil et l'employa en diverses ambassades, comme nous l'apprend le ministre Pierre Gilles dans son Histoire ecclésiastique. Son fils Louis rentra en France et épousa, en \^6B, Antoinette Denis, d'Issoudun, qui lui donna un fils nommé Jean. Ce dernier remplit des charges importantes, celles de trésorier-général de la cavalerie légère, d'écuyer de la grande écurie, d'intendant des meubles de la couronne , et
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mourut avant 465S« laisiant de mw mariage avec Renée Le Prauit , de Loudun, contracté en 4646, Jban, sieur de La Vallée, qui prit pour femme, en 4 656, Françoise Sarran et mourut sans postérité; — Gillbs, sieur du Soloy, qjâ épousa Either Du Choron; — François, sieur de La Rajasae en Lodunois, qui contracta alliance avec Eliiabeth Bigot, fiUe ^'Etienne Bigot j sieur de La Ghouardière, et de Jeanne de Sawnaiee (4); — >Loui8S, mariée à Giti D% Fawr, sieur de Mortomier.
Cette branche ainée n*a pas jeté réciat de la branche cadette, qui a donné à TEglise protestante un de ses apôtres les plus dévoués, à la fois philologue, exégète, dogmatiste et controversiste, mais moins recommandable encore par son vaste savoir que par son esprit de modération et de tolérance,
Denis Du Jon, troisième fils de Guil^ laume, étudia le droit et prit ses licences ï Toulouse. D'un caractère turbulent et querelleur, il fit d'assez mauvaises études , et il était plus fort duDS Tescrime que dans la jurispru* deuce, lorsqu'il retourna à Issoudun.
Vers ce môme temps, un cordelier s'étant permis d'attaquer en chaire Marguerite de Valoii^ la traitaut d'hérétique digne d'être cousue dans un sac et jetée à l'eau, Frauçois 1", in* digne de cette audace, donna l'ordre de l'arrêter. Comme le moine était l'idole de la populace, la commission était dangereuse à exécuter et personne ne l'osait. Denis Du Jon s'en chargea, et cet acte da courage le mit dans les bonnes grâces du roi et de sa sœur, mais il lui attira la haine du peuple et des confrères du cordelier. Une accusation de luthéranisme Tobligea de
(1) Ceue famiUe resta fidèle k TEgllM protestante. En 1721, le UU de Du J&nde i« HajêMse fat enlevé à ses parents et mis au séminaire de Poitiers, tandis que sa sœur cadette était envoyée k ITnion chrétienne de Luçon (Arch. E. 3407), où sa sœur atuée avait déjk été enfermée en 1720 {md, E. 3406). En 4711, Du Jon avait été lui-môme mis dans «n couvent, et sa femme a l'Union chrétienne de Poitiers {Ikii. B. S398).
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fuir; ws bien hitnt confttq[iiét« ei tout ce que la reine de Navarre ^ (aire pour lui , ce fut de lui fournir de quoi subsister, jusqu'à ce que l'antoriti royale mit à néant l*aocuaatioii inteatée contre lui. Gomme dédommagement de ce qu'il avait souffert, François Y' lui donna la charge de Ueulenaai de la naréchaussée à Boorgea. Aprèe la pie> mière guerre de reUgion, à laquelle il ne parait pat qu'il ait pria pari, une émeute contre les Pretaetanta ayant éclaté à Issoudun, le jour de la Fâft»- IHeu, Du Jon fut commis pour en informer. Il se transporta donc dans cette ville , accompagné de trois archers seulement. Instruit de son arrivée et en devinant le motif, le peuple se aouleva, l'assaillit dans sou logis, le massacra, traîna son cadavre dans les rues et le jeta aux chiens. Le Conseil du loi ordonna comme punition le déoEiantàldment d'issoudun ; mais Du Jon était véhémentement soupçonné de protestantisme, et l'arrêt ne reçut pas d'exAoution.
Denis Du Jon avait épousé Jocfue- Une Hugauld, qui lui donna neuf enfants. Un seul s'est (ait connaître ; nous parlons de Frauçois, qui s'est rendu célèbre dans rhistoire littéraire sous le nom de Jvnius.
Ghétif et maladif dès aa naissance, François Du Jon fut élevé avec beaucoup de peine , et plus d'une fois ses nnts désespérèrent de lui coaserver e. A peine euUil atteint l'Age do cinq ans, que son père commença à lui apprendre à lire; mais bientôt, se sentant peu de vocation pour l'enseigneroent, il lui donna un précepteur, A douze ans, il l'envoya aux écoles publiques. Le pauvre enfant tomba sous la férule de maîtres barbares qui le maltraitèrent cruellement, sans qu'il lui échappât une plainte, tant il craignait que la tendresse de ses parents ne s'alarmât et qu'on ne le retirât de l'école. Ses études préparatoires terminées, il s'appliqua , pendant deux ans, à la jurisprudence; mais brûlant d'un in- , croyable désir de se faire remarquer!
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bien que, d'un autre côté, il fût si timide, que même dans son âge mûr, il ne pouvait parler à sa femme sans rougir, et qu'il n'osait presque commander à ses domestiques , il résolut de prendre une voie plus courte que le barreau pour arriver aux honneurs, et au bout de deux ans, ayant appris le départ d'un ambassadeur français pour Gonstantinople, il se rendit à Lyon dans rintention de se mettre à sa suite.
Lorsqu'il arriva, l'ambassadeur était parti. 11 resta donc à Lyon, vivant dans l'intimité de Barthélemi Aneau , qui lui donna les meilleurs conseils sur la direction de ses études , en lui repré^ sentant que dévorer toutes sortes de livres sans choix et sans méthode était le moyen de ne jamais rien savoir à fond. Du Jon profita de l'avis, et il n'eut qu'à s'en applaudir.
L'émeute dans laquelle périt Aneam (VoyA, p. 402) faillit aussi lui coA* ter la vie. Il parvint cependant à s'en^ fuir au milieu de grands dangers, et peu de temps après, son père le rap* pela à Bourges. Pendant son séjour à Lyon , la lecture du traité de Cicéron De naturâ Deorum, l'avait plongé dans une espèce d'athéisme. Frappé des objections d'Ëpicure contre la Providence, il en était venu à faire de Dieu un être oisif, plongé dans un repos éternel, indifTérent à tout ce qui se passait hors de lui. Son père travailla par de 8ages exhortations à le ramener à d'autres sentiments. Il l'engagea à Ure l'Evangile. Laissons ici Du Jon parler luimême : Novum Testamentum divinités oblatum aperio : aliud agenti exhibet se mihi aspectu primo augustissimum lUud caput Joannis Ëvangelist» et Àpostoli, Inprincipio erat Verbum,e\^.
Lego partem capitis, et ita commoveor legens, ut repente divinitatem argumenti et scriptl majestatem auctoritatemque senserim Ion go intervalle omnibus eloquentiae humamB fluminibus praeeuntem. Horrebat corpus, stupebat animus : et tolum illum diem sic afficicbar, ut qui essem, ipse mihi incertus viderer eise. » En lisant ces lignes, si
propres, comme dit Bayle, à faire songer à l'efficacité de la Parole de Dieu, qui ne se rappellera la conversion de Saint-Augustin, opérée tout aussi subitement par un passage de Saint-Paul?
La révolution qui se produisit dans les sentiments de Du Jon fut si complète qu'il résolut à part lui de se consacrer à la théologie. Il partit donc pour Genève, où il arriva le 41 mars 4tt69. La guerre civile qui venait d'éclater, rendait les communications fort difficiles ; aussi Du Jon, qui avait généreusement partagé sa bourse avec son ami le dauphinois Saint-Ferréoly et qui n'avait pas su se défendre d'accompagner quelques-uns de ses condisciples dans un voyage en Suisse, se trouvant sans argent et n'en recevant pas de sa famille , tomba-4r-il dans une grande misère, malgré la noble conduite à son égard d'un pauvre ouvrier de Bourges, nommé (^uillwMne Bourdon , qui lui prouva qu'il n'avait pas perdu le souvenir des bienfaits de sa mère. La paix s'étant faite, son père le rappela, mais la catastrophe qui le rendit bientôt orphelin , lui évita au moins le chagrin d'abandonner ses études théologiques.
Il les continua avec ardeur pendant environ deux ans , gagnant sa vie à donner des leçons à déjeunes enfants. En 4565, on lui proposa la place de ministre à Anvers ; il l'accepta et se mit en route avec Péreprin La Grange , du Dauphiné , qui était envoyé à l'église de Valenciennes.
Le bruit que le roi d'Espape voulait établir l'inquisition dans les Pays-Bas avait jeté tout le pays dans la consternation. Quelques gentilshommes s'assemblèrent à Bruxelles, le 3 avril 4 566, pour aviser aux moyens de s'y opposer.
Du Jon assista à cette réunion et fut chargé d'appeler la bénédiction de Dieu sur leur entreprise. La régente effrayée promit d'adoucir les édits; mais la mo^ aération des placards y comme elle intitula l'ordonnance qu'elle rendit à cette occasion, laissa subsister la peine de mort et la confiscation des biens contre les « séducteurs du peuple » et
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les fauteurs d'hérétiques. Dans ces circonstances critiques , Du Jon déploya une grande activité à Gand , à Bruges, comme à Anvers , pour rassurer , consoler, fortifier, encourager ses coreligionnaires. De leur côté , les Protestants des Pays-Bas répondirent dignement à un acte tyrannique en prenant la résolution de s'assembler publiquement pour la célébration de leur cuite.
La ville d'Anvers fut une des premières à la mettre à exécution ; Toumay, Valenciennes l'imitèrent, et en quelques semaines, la Zélande, la Hollande, le Brabant, la Flandre, la Frise se couvrirent d'assemblées si nombreuses que le gouvernement ne se sentit pas assez fort pour sévir. En certains lieux, la terreur des magistrats fut telle que non-seulement ils n'osèrent pas s'opposer au brisement des images et à l'envahissement des églises catholiques , mais qu'ils y coopérèrent autant qu'il était en eux. Du Jon n'était pas assez fanatique pour approuver ces excès et applaudir à ces spoliations violentes; il s'y opposa de toutes ses forces, et cependant la haine est si aveugle , qu'il passa pour Tinstigateur des désordres. Il se vit donc exposé à d'activés poursuites. Un jour, entre autres, il venait de partir pour Breda, lorsque la maison qu'il habitait fut envahie par des sbires, auxquels il n'échappa ainsi que par hasard. Les dangers qu'il avait à courir ne l'empêchèrent pas de revenir à son poste, et malgré les troubles qui agitaient Anvers, il resta intrépidemenl sur la brèche jusqu'à l'accord conclu, le 2 sept. 4 566, entre Guillaume d'Orange, gouverneur d'Anvers pour le roi , et les députés des églises réformées de cette ville.
Un article de cette capitulation portait : « Tous les prédicans et ministres devront estre natifs des païs subjects à Sa Majesté , ou mesme estre bourgeois de quelque bonne ville de ces Païs-Bas. »
Du Jon, étant étranger, fut donc forcé de se séparer de son église, et il alla exercer ses fonctions à Limbourg. Il s'y trouva exposé à toutes sortes d'em*
bûches de la part des Catholiques et des Anabaptistes, en sorte que les magistrats eux-mêmes , sentant que sa vie n'était pas en sûreté, lui conseillèrent de s'éloigner. 11 partit pour Heidelberg où Télecteur palatin Frédéric m l'accueillit fort bien et le chargea de la direction spirituelle de l'égide de SchOnau .Avant d'accepter ces nouveaux devoirs. Du Jon voulut revoir sa mère.
Il fit donc un voyage à Bourges , et à son retour, passant par Paris, Sedan et Metz , il s'arrêta dans cette dernière ville jusqu'au mois de mars 4 568, retenu par la maladie d'un de ses frères qui raccompagnait. A peine était-il arrivé dans son église, que l'électeur l'envoya à l'armée du prince d'Orange où il remplit les fonctions d'aumônier pendant toute la campagne. De retour à SchOnau, sauf un second séjour à Metz, où il remplaça pendant quelques mois le ministre «Ja/yC», expulsé vers la fin de juillet 4 562 , il desservit paisiblement son église jusqu'en 4573, que l'électeur l'appela à Heidelberg comme collaborateur de TréwuUhu dans la traduction de la Bible.
En 1 578, Jean-Casimir, qtd venait de fonder une académie àNeustadt, lui donna dans cette école une chaire qu'il remplit pendant environ quatorze mois.
Le prince l'envoya ensuite établir àOtterburg une église dont il fut ministre pendant dix-huit mois. Retournant alors à Neustadt , Du Jon reprit sa chaire qu'il occupa jusqu'à ce que Jean-Casimir le fit venir à Heidelberg pour y professer la théologie. Après une vie aussi agitée, il pouvait espérer de jouir du repos et il ne songeait plus qu'à s'acquitter consciencieusement de ses devoirs, lorsque, en 4592, le duc de Bouillon rinvita , au nom du roi et avec des instances équivalentes à des ordres, à venir en France. Henri IV, à qui il fut présenté, le renvoya avec une mission diplomatique en AUemagne. Cette mission remplie, il se mit en route pour revenir dans sa patrie par les Pays-Bas ; mais à son passage à Leyde, le magistrat l'engagea d'une
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manière si pressante à y rester comme professeur, qu'il ne put s'en défendre, et qu'il accepta la chaire de théologie, après avoir toutefois obtenu l'agrément de son souverain. Il la remplit avec éclat pendant l'espace de dix ans, c'està-dire jusqu'au 13 oct. 4602, où il mourut de la peste dans sa 57* année.
L'église de La Rochelle l'avait vaine* ment demandé pour pasteur en 4 597.
Du Jon avait refusé ses offres, malgré l'intervention de l'Assemblée de Ghâtellerault ( Fonds de Brienne^ N*221).
Sco/i^^r traite Du Jon delà manière la plus injurieuse; il ne pouvait lui pardonner la témérité qu'il avait eue de le contredire sur certains points de chronologie. C'est à peine s'il consentit à lui rendre une tardive justice après sa mort. De Thou, par une erreur inconcevable, a confondu Du Jon avec JJtfg%es Doneav, eu sorte que lejugement porté par cet historien sur notre Junius ne lui est nullement applicable. Scioppius, si rarement juste surtout envers les écrivains protestants, assure qu'on peut sans témérité comparer Du Jon aux plus habiles théologiens ou philologues de son siècle. Grotius fait de lui un plus bel éloge encore en le qualifiant de juste et de modéré, et André Aîve^ reconnaît que personne ne jura moins que lui sur la parole du maître, que personne ne pesa avec plus d'équité les diverses opinions, que personne ne chercha plus diligemment la vérité. Le docteur Hall se laisse, selon nous , emporter trop loin par son enthousiasme pour Du Jon lorsqu'il l'appelle l'honneur de la cité de Leyde, l'oracle de la théologie, savant philologue, subtil en distinctions, invincible en arguments, et nous croyons que Du Pin s'est approché beaucoup plus de la vérité dans ce portrait qu'il trace de Du Jon : o Pour rendre justice à Junius, dit-il, il faut avouer qu'il avoit une érudition très-étendue, qu'il étoit habile critique, qu'il sçavoit bien les langues, et que ses notes et réflexions sontassez justes : néantmoins il ne peut
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passer que pour un bon grammairien et un médiocre théologien. »
NOTICK BIBLI06RAPH1QUI.
L Bihlùmmpars /, id est çuinoue Libri Moschis latini recens ex hebrao faeti, hrevihusqne schoîiis illustrati ab Immanuele Tremellio et F, Junio, Francof. , 1 575 , in-fol. — Pars Ily id est Libri historici, Francof., \ 576, in-fol. — Pars III, id est Libri poeticiy Francof., 4579, in-fol.
— Pars IV, id est Libri prophetici, Francof., 4579, in-fol. — Libri apocryphisive Appendix Testamenti Veteris ad canonem prisca Ecclesiœ adjecta, latinague recens l grœco sermone facta, et notis brembus il^ Ifêstrata per F. Junium , Francof., 4579, in-fol. — Nous reviendrons sur cette trad. à l'art, de Trétnellius, qui y a eu la plus grande part. Les critiques de Drusius engagèrent Du Jon à laretoucher après la mort de son collaborateur, service dont on ne lui eut pas assez de reconnaissance, car il est certain que la t* édit., publiée à Londres, 4 584 , in-8% est plus exacte que la première. On y a joint la version du N. T. par Bète. Cette trad. a eu vingt édit. en une vingtaine d'années, ce qui constitue assurément un beau succès. Celle deGen., 4647, in-fol., est enrichie de nouvelles notes de Du Jon ; celle de Hanau, 4622, 2 vol. in-fol., est recherchée à cause d'un bon indice par Paul Toussaint; celle de Herbom, 4643, 4 vol. in-fol., est estimée également pour les notes de Piscator, La dernière des édit. non annotées esty croyons-nous, celle de Zurich, 4 703, in-8*. Les Psaumes ont été publiés séparément à Londres, 4580, in-8*.
II. Acta Apostolorum et EpistoUs duœ S. Pauli ad Corinthios ex arabica translatione latine reddita, eum notis, s. 1., Jean Mareschal, 4578, in-8\ Selon Lelong, cette trad.
futréimp.àFrancf., 4596, in-8% additis Epistoîis ad Gatatas et ad Hebraos ex ejusdem versione.