NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
L Sermons choisis sur divers textes de VEcriture sainte^ Rotterd., 17M,in-8*; Lond., 1728, in-8'. — Livre rare, quoiqu'il ait eu deux éditions.
11. La vie et les sentiments de Lncilio Vaniniy Rotl.. 1717, in-12.
Ul. La religion des Mahométans^ tirée du latin de Reland, et augmentée d'une profession de foi mahométane, La Haye, 1721, in-12. — Âdelung en indique uneédit. de 1724.
Selon la Biogr. univ., c'est le meilleur ouvrage de Durand.
IV. Histoire de la peinture ai^ cienne^ extraite de V Histoire naturelle de Pline, liv, XXIV, avec le texte latin corrigé et éclaircipar des remarques nouvelles, Lond., 1725, in-fol. — Adelung lui attribue une Histoire de la sculpture, trad. de Pline et publiée à Londres, 1725, infol. Durand avait, en effet, annoncé la publication de cet ouvrage, mais il n*a jamais vu le jour. Aussi Watt n'en parle-t-il pas.
V. Histoire du XVI* siècle, Lond,, Coderc, 1725-29, 6 vol. in-8*; nouv.
édit., La Haye, 1734, 4 vol. in-12.— En 1732, l'auteur publia un 1* vol.
qui contient la vie de De Thou, et qui ne fait pas partie del'édit. de Hollande. Ouvrage fort rare.
YI. Sermons choisis de divers aU' teurs, avec un fragment delà Vie de if. Jaguelot et une Oraison funèbre de la reine Marie, trad, du latin de Grœvius, Lond., Coderc, 1726, in-8*; 2' édit., augmentée d'un Sermon swr la mort du roi Georges I, Londres,
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4728, in-8\ — Celle prélenduc seconde édil. n'est autre que la première augmentée du sermon, quiavaitélé prononcé en 4727.
VII. La tagesÈe de Dieu dans la ticUsitude deè biens et des maux on Sermon sur Ps, XXX^ 6, Lond., J.- P. Codefc, nî7,in-8\
VIU. {7. Plinii HUtorie naturalis ad Titum imper atorem prœfatio^ Lond., 1728, 8% trad.;en franc., 1734.
IX. Histoire naturelle de Vor et de ràtfent, ecttraitedePîinele naiuralisîe, liv.XXXIII, et Un Poème sur la chute de Vhomme et sur les taeaffes de Vor et de V argent, Lond,,
4729, in-fol. — Livre rare, môme en Angletettts.
X. Les aventures de Télémaque, Hcmi). édit. enrichie des imitations des anciens poètes , de nouvelles noies et de la vie de V auteur, Hamb. , 1731,2Yol.in-12;Lond., 1745,in-12.
— Les imîlalions grecques et plusieurs bonnes remarques ont été fournies à Durand par le savant J . - A . Fabricius.-»- Edit. destinée aux écoles , ainsi que rédil. d'£<*A^r que Durand publia vers le même temps ^
XI. Ontième et douzième volumes de V Histoire d'Angleterre par Rapin Thogras, Ldi Haye, 1734 et 1735, 2 Tol. in-4". — Depuis 1724, Durand travaillait à la réimpression de cette histoire estimable , qui forme, avec la continuation, 13 vol. in-4v On en donna une nouvelle édit. à La Haye, 1 749, 4 6 vol. in-4''. Les vol. supplémentaires sont inférieurs k l^ouvrage primitif.
XII. Académiques de Cicéron, trad, enfiramp. avec le texte latin de Védit. de Cambridge et des remar*fues nowvelles, outre les conjectures 44 Demes et ée Bentley , ef le Cornmentaire philosophique de P . Valentià, fkriêconsulte espagnol, Lond. , 4740, in-12.
XIII. Projet d'une édition comptéiê des ouvrages philosophiques de Cicéron, Lond., Vaillant, 1740, in-4% et dans le T. XV de la Bibliothèque britannique.
XIV. Exercices françois et anglois pour les enfans, Lond., 1745, in-8*.
— M. Quérard en cite une édit. de 1 746.
XV. Dissertation en forme d'entretien sur la prosodie frnnçoise , en tète d'une nouv. édit. du Diction, de Boyer publiée par Durand , Lond., 1748, 2 vol, in-4V — Cette dissert, a été réimpr. à la suite du Tcaité de ta prosodie française par d'Olivet (Gen.»
4755 et 1760, in-12). On ena donné une nouv. édit. à Paris, 1811, in-S*.
XVI. Le Nouveau-Testament, nouv, édit, diaprés le texte de Martin, 1750, in-8*.
XVII. Nouvelle méthode pour ap^ prendre les langues franfoist et angloise , par Rogissnrt, nouv. édit.
augm., 1750, in-12.
XVIII. Eclaircitsements iuf le toi et sur le vous, Lond., 1733, in-12.
XIX. La vie de J.-/. Ostervald, pasteur de Neufchatel,honà., 1778, in- 8*. — Ouv. Dosthume publié avec Mne Préface Sur la vie et les outraÊts de V auteur par Samuel Beuzeville, ministre de l^église de Saint-Jean et de la Nouvelle-Patente, mort en 1782, âgé de 65 ans.
Picot attribue, en entre, àDavii Durand un Abrégé de la morale ehritienne d^Ostertvald, dont âncnn bibliographe ne fait mention, à notre connaissance. Àdelung , qui continue \ le regarder comme Tauteur des RéQexions insérées dans Pédit. de 1742 des Contes de Pogge, bieû qu'il les ait désavouées, et M. Quérard placent aussi dans la liste de ses ouvrages une Histoire des Protestàns, en 2 vol. in-8% selon le premier, en 4 vol. in-d", selon le second, histoire sur laquelle Watt garde un silence complet, ce qm nons porte à croire qu'elle est restée en projet, faute de souscripteurs, comme râistoire de la sculpture, la traduction de Cicéron et la Vraie noties de la république des Provinces-Unies des Pays-Bas, dont le prospectus fut publié en 1749. La Biogr. univ., de son côté , parle d'un Eloge de Péritoniu9, d'une Notice Èur Pierre de Va-
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lentia, d'une pièce intitulée Labhé petit maître <m la servante raison^ nable , dont David Durand doit être J'auleur. Nous regrettons d'eil être réduit à répéter ces vagues indications.
BUllAl^D (Jbam), ministre de Moulins, en 1 620, puis d'Is-sur-Tille. Accusé, en \ 630, d'avoir tenu « des propos scandaleux contre l'Eglise romaine», Durand eut un long procès à soutenir; mais le parlement finit par l'acquitter, preuve certaine qu'on l'avait calomnié. Toutefois la cour lui enjoignit a d'averiirlet admonester ceux de la R. P. R. de se retirer lorsqu'on porte par les rues le sainct Sacrement, et au cas qu'ils ne se poussent retirer, pour éviter scandale, d'ester leur chapeau et se tenir descouverts.» Le pasteur obéit sans doute à cette injonction, ou au moins il promit d'y obéir, car le synode provincial, regardant cette promesse « comme contraire au deu de sa charge, » le suspendit, le %\ fév. 1 631 , jusqu'au prochain synode national.
Heureusement pour Durand, ce synode ne tarda pas à s'assembler à Charenton. Moins rigide que les ministres de la province de Bourgogne, il leva la censure et rétablit, « avec honneur», Durand dans l'exercice de ses fonctions, K parce qu'il s'étoit comporté, dans l'afTaire en question, avec toute la simplicité et la droiture possibles,» en lui recommandant toutefois plus de prudence et de circonspection à l'avenir. N'omettons pas de dire que nous avons retrouvé, dans un recueil de pièces manuscrites coté : Fonds S, Magloirey N* 45, le curieux décret du synode bourguignon, signé BolUnat^ modérateur, CUrc^ adjoint, et Rey^ secrétaire.
Durand remplissait encore ses fonctions à Is-sur-Tille en 4637. Serait-il le même que Jean Durand qui assista, en 4 678, au synode provincial de la Bourgogne, tenu à Is-sur-Tille ; ou celui-ci était-il son fils? Vers le môme temps, nous trouvons eu Angleterre un pasteur du môme nom, qui est connu, dans la littérature prolestante, par plu-
sieurs ouvrages. On ne saurait guère douter que ce Jean Durand d'Angleterre ne fût d'origine française (4); aussi donnerons-nous, d'après Watt»
la liste de ses écrits :
I. Sij^B of sweetness for weak btlievers, Lond., 4652, in-8*.
II. The salvation of the saints by the appearances of Christ : 4 * Nof9 in heaven, V Hereafter from het^ ven, Lond., 4653, in-8*.
lU. Discovery ofthe love of Christ to believersi in six sermons onEphes.
///, 49, Lond., 4655, in-8*.
IV. The spiritual Seeman or a Manuel for marinerSj London, 4655, in-42.
V. Com fort and council for dejecting soûls on Ps, XIII^ 2, Lond., 4 658, in-8\
VI. Alium sUentium , a sermon preached after the deadofa dauyhterbyher father,Lonû.J^Q69i in-42*
VII. A cluster ofgrapes tahen ont of the basket of the woman of Canaan ; being the sum of certain sermons, Lond., 4660, in-8*.
Le bibliographe anglais fait mention d'un autre Jean Durand, étudiant en médecine, qui a publié Art and nature joinhand in hand^ or ihepoor mon* s daUycompanion^ Lond., 4 697, in -8*.
DURA]^D(JoNis), martyr. Fait prisonnier par les Ligueurs, en 4 593, il fut mené à Nantes et condamné à (^tre pendu comme séditieux, puis brûlé comme hérétique. Son frère Jean subit un sort encore plus affreux. Tombé également entre les mains des Ligueu rs, il fut jeté dans les prisons de Nantes et traité avec tant de barbarie, au rapport de Crevain, que quand il recouvra la liberté au prix d'une énorme rançon ,
(4) Dèi 4668, un &lMrf Durmt éponst ir«rie ùfebure dam l'église française fondée, l'année précédente, à Southampton, par des Réfugiés. En 1703, Samuel, flls de Louis Durant plnmassfer, fut baptisé \ l'église de Mfarlin's Lane. En 1769, Jean Durant éuit un directeur de l'hôpital des Réfugies. En 1758, Jean-Charles Durand, fils du précédent, fut baptisé dans la chapelle de Hoxton, tenu sur les fonts par Jean Cossart, Charles Fawre son grand-père, et Susannc- Jeanne Fargues,
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il avait conlracté une cruelle maladie qui le conduisit bientôt au tombeau au milieu de tortures inouies.
DURAI^ID (Nicolas), sieur de Vil- LEGAGNON OU Vtllcgaignon, né à Provins vers 4 510. Neveu du célèbre Villiers de L'Isle-Adam, Villegagnon entra dans Tordre de Malte et se signala par sa valeur, notamment dans Texpédition de Charles-Quint en Afrique, expédition dont il a publié une relation sous le titre de Caroli V imperaioris cxpeditio in Africain ad Arginam.
(Paris, 4542, in-8*). En 1548, se trouvant avec une escadre sur les côtes d'Ecosse, il reçut à son bord Marie Stuart et l'amena en France. Henri II le nomma vice -amiral de Bretagne. Ayant éprouvé quelques désagréments à Brest, il ptit la résolution de quitter la France et l'Europe môme, pour aller fonder une colonie en Amérique. Il soumit son projeta l'amiral de Coligny qui, ne rêvant que la grandeur de la France et mû sans doute aussi par le désir de procurer un asile aux Protestants dont il plaignait le sort, y donna son approbation et lui confia, de l'agrément du roi, le commandement de deux vaisseaux. Viilegagnon partit du Havre, le 4 2 ou le 4 5 juillet, d'autres disent le 4 4 août, d'autres encore au mois de mai 4 555, et, après une navigation assez pénible, il jeta l'ancre, le 4 0 ou le 4 3 nov. dans la rivière de Rio-Janeiro. Les naturels s'étant montrés empressés de contracter une alliance avec les Français, les colons prirent possession d'une île à l'entrée de la baie et y bâtirent un petit fort qu'ils nommèrent Coligny. Ses premières dispositions prises, Viilegagnon écrivit à l'amiral pour lui vanter la beauté et la richesse du pays, et le prier de lui envoyer nonseulement de nouveaux colons, mais deux ministres protestants. Les pasteurs de Genève, à qui cette demande fut transmise, l'accueillirent avec joie.
Pierre Richer et Guillaume Chartier se vouèrent avec enthousiasme à cette œuvre, et ils se mirent en route, accompagnés de plusieurs artisans,
sous la conduite de Philippe de Cor guUleray, sieur Du Pont, qui n'hésita pas, dans un âge avancé, à quitter ses enfantset une position honorab.'e pour travailler à la propagation de l'Evangile. Les émigrants, parmi lesquels se trouvait Jean de Leri, qui nous a laissé l'histoire de son voyage, mirent à la voile dans le port de Honfleur, le 49 nov. 4 556, et atteignirent llle de Coligny le 7 ou le 4 0 mars de l'année suivante. Viilegagnon, qui avait découvert, peu de temps auparavant, une conspiration dangereuse, témoigna la plus grande joie de leur arrivée; il invita lui -môme les ministres à organiser l'Eglise, et nomma pour l'administration civile un conseil de dix notables.
Mais la bonne harmonie ne dura pas longtemps. Les privations, les difficultés inséparables d'un premier établissement aigrirent les colons, qui, séduits par les promesses an prospectus^ s'étaient attendus à être transportés dans un Eden; des querelles s'élevèrent; elles furent envenimées par des controverses religieuses entre les ministres et Jean Cointac, ancien élève de Sorbonne, qui voulait qu'on conservât dans la célébration de la Cène les vêtements sacerdotaux, les vases sacrés, le pain sans levain, et qu'on mêlât de l'eau au vin. Viilegagnon, qui jusque-là avait agi comme si sa conversion eût été sincère, assistant an proche, participant à la Cène avec une dévotion qui édifiait les colons, voulut, peut-être de bonne foi, essayer de mettre un terme à ces discussions qui jetaient le trouble dans la colonie. On convint de part et d'autre de s'en rapporter à la décision des églises de France et d'Allemagne, et Chartier ftit chargé d'aller les consulter. En attendant son retour, Richer devait se borner à prt^cher, sans administrer les sacrements.
Le pasteur, on le comprend, continua à prêcher )a doctrine de Genève.
On connaît l'intolérance des théologiens, et malheureusement Villagai^non se mêlait de théologie; il trouvait
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que le calvinisme était contraire en beaucoup de points aux enseignements des Pères, qui avaient cm, selon lui, à la transsubstantiation , au purgatoire, au sacrifice de la messe, à Tinvocation des saints; en un mot, ses croyances se rapprochaient tellement du catholicisme, que Cointac lui-même unit par ne plus « s'y trouver accordant » (4). En dépit de l'accord, les querelles continuèrent donc, en sorte que l'ancien chevalier de Malte, qui voulait gouverner sa colonie comme il avait gouverné sa galère, et dont le caractère dur et violent se pliait difficilement à des concessions, irrité de ne pouvoir amener Richer à prêcher comme il l'entendait, finit par casser le conseil et par défendre au ministre de monter en chaire. L'indignation fut grande parmi les Réformés, surtout parmi les émigrés de Genève, en sorte qu'un navire du Havre étant arrivé sur ces entrefaites, D% Pont et Richer allèrent signifier i Villegagnon qu'ils étaient résolus à retourner immédiatement en Europe.
Après quelque résistance , Villegagnon consentit à leur départ; mais en même temps, il prit, dit-on, secrètement des mesures pour les faire arrêter à leur arrivée. Si le fait est vrai, son projet échoua. Richer et Du Po»/ s'embarquèrent donc, le 4 janv. 4 558, avec quatorze autres colons qui voulurent les suivre ; mais ils avaient à peine fait vingt-cinq lieues en mer, qu'une voie d'eau se déclara. Saisis de frayeur, les passagers demandèrent à retourner à terre, cependant le capitaine leur ayant assuré que le voyage se passerait mieux qu'ils ne l'espéraient. Du Pont et Richer, avec neufde leurs compagnons, se laissèrent persuader, et après une pénible traversée, durant laquelle ils eurent à supporter une horrible famine, ils atteignirent le port de Blavet, le 26 mai 4559: Les cinq qui persistèrent
(1) On peui consulter, sur les opinions de Villegagnon, êes traités de controverse, entre aotreSjCelui'Ci : Ad articuios calvioiana>dc sacramenioeucharisiaj traJitionis rc5pou:io»;cs, Paris., I5tt0,iu-i".
dans leur résolution, furent descendus dans une chaloupe et regagnèrent l'Ile de Coligny à travers les plus grands dangers.
Villegagnon les accueillit avec beaucoup de douceur, s'apitoya sur leurs souffrances et « leur permit de jouir des franchises et libériez, telles que les autres François jouissoyent » , leur défendant seulement, sous peine de mort, a de tenir ou semer aucun propos de religion.» Mais, quelques jours après, à force de réfléchir au récit qu'ils lui avaient fait de leurs aventures, il y trouva de grandes invraisemblances, et il finit par se persuader que ces cinq malheureux étaient des espions envoyés par Du Pont et Richer pour débaucher le reste de ses gens. Il résolut donc de les faire mourir; mais il lui fallait au moins un prétexte. Il ne fut pas difficile d'eu trouver un : il les accusa d'hérésie, et, en sa qualité de lieutenant du roi, il se mit en devoir de faire leur procès. Il dressa donc une liste de questions auxquelles il leur ordonna de répondre dans les douze heures. Jean Du Bordel, que La Croix du Maine appelle, mal à propos, Borhel, le plus pieux et le plus instruit d'entre eux, se chargea de rédiger la réponse : elle a été insérée dans le martyrologe soiis le titre de Confession. Quatre seulement la signèrent, savoir : Du Bordel, Matthieu Vermeil, Pierre Bourdon et André Lafon, Cependant le crime qu'il allait commettre inquiétait Villegagnon; il hésita pendant quelques jours, et cette hésitation, jointe à d'autres circonstances de sa vie, nous porte à croire qu'il n'était pas, comme l'en accusent La Planche et la plupart des historiens, un homme naturellement cruel et sanguinaire; nous pensons qu'on serait plus juste envers lui en le regardant comme un homme violent, que les contrariétés de toute espèce qu'il avait essuyées, et la ruine prochaine de la colonie qu'il devait prévoir^, avaient exaspéré au point de lui troubler l'esprit. Le martyrologe nous apprend, en effet, qu'à son retour en France, il passait pour
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« fol et perclus du cerveau. » Malheureusemeut pour sa réputation, la passiOD ftt taire la voix de la raison, et, le 9 fév. 4 558, il donna ordre d'amener devant lui Du Bordel, Vermeil et Lafon, qu'il fit charger de fers et jeter en prison. Bourdon malade fût laissé dans son lit. Pendant toute la nuit, Yillegagnon ne prit pas un instant de repos; u ne cessa de rôder autour du cachot où étaient enfermés les trois martyrs. Le matin venu, il fit venir Du Bordel, le somma de se rétracter, et, sur son re{\is, donna ordre de le précipiter dans la mer du haut d'un rocher. Vermeil ne montra pas moins de constance, et il subit le même sort. Lafon promit de se rétracter, si on pouvait le convaincre d'erreur par la Parole de Dieu, et il fut remis en liberté. Restait Bourdon, qui fut arraché de son lit, porté sur la roche, étranglé et précipité à son tour dans les flots.
Après cette sanglante tragédie, les affaires de la colonie allèrent en empirant de plus en plus. En proie k des terreurs sans cesse renaissantes, ne rêvant que Complots et que soulèvements, villegagnon dispersa les colons réformés sur la côte du Brésil et jusque sur les bords de La Plata, mesure qui l'âfiaiblit à tel point que, se sentant hors d'état de résister aune attaque des Portugais ou des Sauvages, et désespérant de l'avenir de son établissement, il quitta l'Amérique pour revenir eu France, abandonnant les restes de la colonie au fer des Portugais et des Espagnols. Délesté des Proloslanls,raéprisé des Catholiques, regardé comme un fou par ceux-là mOmcs qui lui voulaientlcplus de bien, il finit par se retirer dans la commanderie de Beauvais, près de Nemours, où il mourut en 1571 .
Depuis son retour, toujours possédé du démon de la controverse, il n'avait cessé de prendre 5 partie les ministres protestants ; il avait même osé s'attaquer à Calvin, Le 6 juillet 4560, il écrivit au Conseil et à l'église de Genève pour proposer au grand réformateur une dispute publique sur la Cène, dé-
clarant se soumettre d'avance au plus terrible supplice s'il était vaincu {Àrchiv. de G^ft^re, N* 468Î). Calvin, probablement, ne daigna pas lui répondre. Il s'en prit alors à mtlorat^ dotol il réfuta les Remontrances à la reinemèf e ; puis à Simon BroêsUt, son ancien condisciple, qu'il alla harceler jusque dans son cachet. Sa tentative de conversion eut peu de succès. Il essaya ensuite de se laver des accusations lancées contre lui par les Protestants, sous le nom de Richer; mais il a eu beau faire, il est certain que si son essai de colonisation n'a pas réussi, il Oiut en attribuer la cause aux défatils du gouverneur plutôt qu'à ceux des ministres.
Les curieux trouveront dans Nicèroû les titres de ses ouvrages dont uous n'avons point à nous occuper.
DURAIVI) (Pieree), fihà'Etie*n4 Durand, greffier consulaire de Bouchet, et de Claudine GamMnei »
pasteur du désert et martyr.
Né à Bouchot, le \% sept. 4700, Pierre Durand se destinait au barreau, mais à peine était- il sorti de l'enfance que son enthousiastte s'allumant aux récits des persécutions, il renonça à la carrière de la jurisprudence pour se vouer à la consolation de ses frères.
Dès 4716, il unit ses efforts ) ceux ^Antoine C(wr^ pour extirper des Ce- Vennes les dertiièlres racines du fanatisme, réorganiser les églises et rétablir la discipline ecclésiastique sanctionnée par les synodes nationaux. Le Vivarais fût le principal théâtre de son apostolat. Durand n'avait acquis qu'une très légère teinture des lettres, mais il avait des talents naturels, et sa piélé, sa douceur, son courage, sa jeunesse même donnaient Une grande force \ ses exhortations; aussi sa prédication porta-t-elle des fruits excellents, bien avant qu'il eût reçu le caractère d'un ministre do l'Evangile. Ce fut seulement en 1725 que, sur les instances des églises du Vivarais, il se fit consacrer ^ par Roger, Corteis et Court, et l'imposition des mains de ses compagnons
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d^œuvre sembla redoubler son ardeur.
L'énergique impulsion donnée à la res* tauration des églises alarma le gouvernement qui fit proposer au jeune ministre un passeport pour sortir du royaume ; mais promesses et menaces le trouvèrent également inébranlable.
Ne pouvant ni séduire ni intimider ce cœur intrépide, on eut alors recours \ un moyen odieux. On fit arrêter, en 47i9, Etienne Durand, vieillard presque octogénaire, et on Tenferma dans le fortde Brescou ; puis on offrit au fils de rendre la liberté a sou père sHl consentait lui-même à s'expatrier, fnais le zélé pasteur, imposant silence à la voix de la piété filiale, refusa de se séparer de son troupeau.
Ce rut dans ces circonstances que Pierre Durand fut chargé par ses Collègues du Languedoc d'une enquètd sur la conduite de Jacques Boyer^ qui était accusé d'avoir séduit une jeune Février. De l'information c^u'il fit (4) 1^ cette occasion, il résulterait que Boyer n'avait pas des mœurs très-pures; mais nous devons faire observer que Durand n'a interrogé que les ennemis de l'inculpé, et il en avait beaucoupi môme parmi les pasteurs du désert. La Correspondancede Court nous fournit, à cet égard, <)es détails précieux et encore inconnus, qui compléteront notre notice de Boyer {Voy. II, p. 493), rédigée principalement d'après l'Histoire des églises du désert. Jac^es Bover n'avait que t% ans et servait dans les trôtipes du roi, lorque, poussé par le zèle de là religion, il se mit à faire à ses coreligionnaires des exhortations qui leur plurent à tel point que les églises de La Salle, Durfort et Hanoblet se cotisèrent afin de parfaire la somme de 200 fVancs qu'il lui fallait pour se libérer. Boyer, qui n'avait fait d ailleurs aucune étude, fut reçu au nombre des proposants par les consistoires de ceé
(1) Une copie de cette enquête, probablement fetie qui fat envoyée h Anioinc Court, est aojourd'huien la possession de M. Damont, bibliothécaire \ Lausanne, qui a bien voulo nous la commaniqaer.
trois églises. Les autres pasteurs dïi désert virent avec déplaisir cette intrusion contraire à la discipline, et ils en conservèrent à l'égard de Boyer un mauvais vouloir qui se manifesta efi toute occasion. Désirant régulariser sa position, Boyer nartit avec JKtmx pour Zurich, en 4729, et obtint, non sans peine, des pasteurs zurichois qu'ils radmissent au nombre des ministreé de l'Evangile. Ce fut un nouveau grief | ses collègues auraient voulu au'il s'adressât h eux pour recevoir Vordination. Ao^^r surtout se montra fortirriii et sous prétexte que les deux nouveau!
minisires n'avaieftt pas demandé l'autorisation d'aller se faire consacrer à l'étranger, il aurait refusé de les reconnaître, sans les sages remontrance!
des professeurs Turretin ^iUùmiM el les prudents eonseils du pasteur VUA% qui lui représentèrent combien ses rasons d'opposition étaient futiles. Une fois admis, Boyer poussa le rigorisme jusqu'à l'excès, et en même temps, il se montra extrêmement pétulant et emporté dans ses relations avec ses collègues. Tel était l'état des choses lorsque survint l'accusation de la jeune Février, servante atix mœurs plus que faciles. Boyer nia constamment tout commerce avec elle; mais les autres pasteurs n'ajoutèrent pas foi à ses dénégations, et ils déployèrent dans cette triste affaire un zèle pour la discipline, qui, aux yeux de beaucoup de gens, passa pour inspiré par l'envie, la jalousie, l'esprit de vengeance, plus que par la charité.
Durand lui-même, que la calomnie n'avait pas non plus respecté (4), ne conserva pas peut-être toute l'imparUa* lité nécessaire à un juge d'instruction ; mais la mort ne lui laissa pas le temps de voir le résultat de son enquête ; après dix-sept années de fatigues et de périls, il couronna son apostolat par le mar-*
(1) On troQTe dans la Corresp. de Coort une pièce de rers quMI composa en réponse anx bralts calomnieux répandas sor son compte par les CalhoUques, sartont par l'apostat Le Ch€9ierie»
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lyre. N'ayant pu ni le gagner ni Tintimider, le gouvernement, en effet, eut recours à la trahison. Deux apostats, Jacques Astier, chirurgien de Chalençon, et Jean Brun se chargèrent de le livrer. Arrêté, le 42 fév. 1732, sur le chemin de Saint-Jeim-Chamhre à Vernoui {MSSM Court, N° 39), Durand fut immédiatement conduit à Yernoux, puis à Toumon, d'où il fut transféré dans la citadelle de Montpellier. Parmi les lettres qu'il écrivit, durant son apostolat, à Antoine Court, il s'en trouve une où il lui annonce son arrestation {MSS, de Court, CoxxQ%^. 4720-38); elle respire un courage héroïque uni à une résignation digne d'un chrétien; en face de la mort, il conserve la plus parfaite sérénité d'âme, son unique préoccupation se porte sur sa femme et sur ses enfants qu'il avait ehvoyés depuis quelque temps à Lausanne (4).
Pendant que son procès s'instruisait, un ancien chapelain de l'ambassade de Hollande, Barbe, à qui un écrit trop libre avait attiré de vives censures, au point qu'il avait dû quitter sa place et avait abjuré, écrivit à Fleury, peut-être par humanité et dans l'espoir de faire différer son supplice, qu'ilavait l'espoir de le convertir. Nous ne connaissons pas la réponse du cardinal, mais nous savons que le malheureux Durand fut pendu, le 22 avril. Sa mort, comme celle de Roussel^ de Désubas, de Bénezet et de La Paye, a inspiré aux poètes populaires des bords de l'Erieu une complainte en 30 couplets, écrite sans doute d'un style barbare, mais énergique, et respirant un profond sentiment religieux. Cette complainte a été insérée ^^rFiniels, pasteur de Sumène, dans le recueil, qu'il a publié en 4 803, des complaintes du désert. Elles sont au nombre de six et célèbrent le martyre des cinq pasteurs que nous venons de nommer, ainsi que les douleurs de la mère de Roussel.
Une des sœurs de Pierre Durand, nommée Marie, n'avait que quinze ans
(1) La Chambre des réfugiés de Beruc leur lit anc pension de cent ccus.
lorsqu'elle fut arrêtée pour le crime de son frère, et enfermée, ainsi que sa belle-mère (4), dans la Tour de Constance, effroyable prison dont le chevalier de BoufQers a tracé le tableau suivant : « Les couleurs me manquent pour peindre l'horreur d'un aspect auquel nos regards étaient si peu accoutumés. . . Nous voyons une grande salle ronde, privée d'air et de jour; quatorze femmes y languissaient dans la misère et dans les larmes; le commandant eut peine à contenir son émotion, et pour la première fois sans doute, ces infortunées aperçurent la compassion sur im visage humain. Je les vois encore \ cette apparition subite tomber toutes à la fois à ses pieds, les inonderde pleurs, essayer des paroles, ne trouver que des sanglots; puis, enhardies par nos consolations, nous raconter toutes ensemble leurs communes douleurs. Hélas I tout leur crime était d^avoir été élevées dans la même religion que Henri IV.»
BoufQers accompagnait dans celte visite M. de Beauvau dont l'intercession obtint enfin, en 4768, la délivrance de ces infortunées. Rendue à la liberté après 38 ans de détention, Marie Durand retourna dans son hameau natale mais elle trouva la cabane paternelle en ruines et les arbres de son verger coupés. L'église wallonne d'Amsterdam lui accorda une pension viagère de 200 livres, qu'elle partagea chrétiennement avec son voisin Chambon, revenu octogénaire du bagne de Toulon.
DURANT (Jacques-! mbert) , pas^ teur de La Ferté-au-Vidame. Ce fat en cette qualité que Durand fut député par risle-de-France au Synode national de Tonncins, en 4644. L'année suivante, il fut appelé à Orléans. Il présida le synode provincial qui se tint à Àrgenton, le 24 sept. 4647 {Fonds S. Germain /ra»c., 94 4. 4 6), avec Etienne de Monsangîard pour adjoint et /.
Brun pour secrétaire. Outre leurs pasteurs , les mêmes qui les desservaient encore en ^^%0 (y oy. Pièces justif.
(4 ) Son beaa-frère Rouvier éUil tu galères depuis 1717.
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N* LXXVni), les quinze églises d'Orlérans, Beaugency, Biois, Romorantin, Saint-Amand, Issoudun, Châtillon-sur- Loire , Chilleurs, Châlillon-sur-Loing, La Ch&tre,Gorbigny,Espeui]les,La Charité, Sancerre etChirat, y avaient député chacune un ancien, savoir: Charles Rousseau, Claude Meslan, Jacq. de Bernouville, Pierre de La Porte, Jean de Blet, Samuel Amourette, Jamart, Jean Du Plessis, Sébastien Lardil- Ion, Jérémie d^Urzy, François Saffein, Jacq. Bouilleau, Benjamin Morte, Pierre Bourgeois et Jean Jurieu, Celle d'Argenton y fut représentée par son ministre Salmon accompagné de deux anciens, Denis Chezault et Isaac Legeay, Les églises de Mer, de Ghâteaudun et de Sully n'envoyèrent que leurs pasteurs, et celles deMarchenoire, Aubusson, Bazoches, Bourges, Gien, Moulins et Jargeau se contentèrent d'y députer les anciens, Paul de Villeneur ve, Isaac Barraban, Isaac d*Authié^ sieur de Harville, Jean Laverdun, Jean de Benne, Jean Perrotin et Théophile de La Brosse, L'église de DoUot, destituée de pasteur depuis longtemps, avait choisi, pour la représenter , de Beavlieu qui s'excusa.
Le 4 4 juillet \ 64 8, Durant assista de nouveau au synode de Blois qui l'élut vice-président, et le 7 nov. de la môme année, il présida celui qui s'assembla à Jargeau, ayant Vignier pour adjoint et Brun pour secrétaire. Ce fut à ce dernier synode qu'il présenta son livre de La manne cachée, et sur le rapport favorable des commissaires, de Launay et Home, il fut invité à le faire imprimer.
Allentif à remplir tous les devoirs qui lui imposait sa place, Durant prit encore une part active aux travaux des synodes qui se tinrent en 4 64 9 à Sancerre, en 4 620 à Jargeau, et les années suivantes en différentes villes. Dans presque tous , il remplit les fonctions de vice-président. Celui de Mer, qui s'assembla le 28 avril 4634 , l'appela de rechef à le présider, en lui adjoignant P. Allwri comme vice-prési-
dent, et/. Brun s^ec Pierre Longuet, avocat au parlement de Paris, pour secrétaires. Ce dernier avait été député avec le pasteur René Bédé par l'église d'Issoudun. Thomas Galland fils, avocat au parlement de Paris , y assista en qualité de commissaire du roi.
Les pasteurs de Gien, Orléans, Issoudun, Châtillon-sur-Loing, Marchenoire, Blois, Corbigny, Châtillon-sur-Loire, Bazoches, Sancerre et Mer (Voy. Pi^cesjustif, N* LXXXI) s'y présentèrent accompagnés chacun d'un ancien, savoir, Adam Dorival, Jacq. Mariette, sieur de La Fauconnière, P, Longuet, Claude Bernard, Isaac de Pavannes ou Bavannes, sieur de Villegruau, Pierre Grimaudet, avocat au parlement de Paris , François Gassin , P.
Girard, Abel Brissdrt, Paul Chartier et Jacq. Chapin ou Chabin. Les églises de La Charité, de Romorantin et de Brinon n'envoyèrent que leurs pasteurs, et celles de Châteaudun, de Chilleurs, de Dangeau, de Jargeau et d' Aubusson ne se firent représenter que par des anciens, savoir, Jacq.
Monceau, Jacq. de La Taille, sieur de Mongerville, Gédéon de La Ferrie^ re, sieur Du Tertre, Pierre Bonpaillard et Pierre Colladon. Celle de Beaugency enfin , qui fut fermée vers ce temps, y députa le ministre L.
Thuysart et l'ancien Jean Leroy.
Le dernier synode provincial que Durant présida fut celui de Châtillon, le 23 mai 4636. Guérin remplit les fonctions d'adjoint, et Claude Bernard de Chamaillard, bailli de Châtillon-sur-Loing , celles de secrétaire conjointement avec le pasteur J. Brun.
Vingt-et-une églises y furent représentées : huit, savoir Orléans, Dangeau, Bazoches, Romorantin, Brinon, Châtillon-sur-Loing , Issoudun et La Charité par les mômes députés que dans le synode précédent; quatre par les mômes pasteurs, mais par d'autres anciens, savoir Marchenoire par Paul de Courcicault, sieur de La Hautebardière; Mer, par Timothée Baignoux; Corbigny, par Philippe Belon, et Châtil-
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Jon-sur-Loire, par Jacqueg Foret.
Bondaroi envoya L. Thuysart^ successeur de Home, qui avait reçu , l'année précédente , Tordre de cesser ses fonctions comme étranger , avec Ihincien Noël Ihtet; Blois, Pa%l Testard, son second pasteur, avec Tancien Daniel Pajon\ Ch&teaudun, Abel Dars gent, qui apostaaia quelque tempy après, ei Eleazar Moîard; Sully et Argenton, leurs nouveaux pasteurs P.
Guet et E. Péju; Decize enfin, qui devait bientôt disnarattre du rôle des églises, son ministre P. Falquet. Les églises de Gien, de La Celle et de Sanccrre ne députèrent que des anciens , savoir Bahault, Mathuri» Durchin et IHerre Polant,
Imbert Durant assista encore a^ux synodes tenus à Mer en \ 638 et en 4 644 ; mais il ne figura plus dans celui qiû s'y assembla en 4 643. On 4oit en conclure quHl mourut vers cette époque.
On a de lui :
I. Sermon sur Ps. CXXIV, S.frononce en deux actions en V église réformée éP Orléans, le 4" dimanche d' octobre \^\ïi y La Roch., J. Lucas, 4646, in-8-.
IL Sermon sur Coloss. //, 8-4 0, sans nom de lieu, 4648 , in-8*.
III. La manne cachée ou secret de lasaincte Cène, Sedan, 4649, in-8*.
DUUANT (Samuel) ou Duhand', pasteur de Charenton, au commencement du xvu* siècle.
Tallemant Des Réau:^, qui fait mention de ce ministre dans ses Historiettes, dit qu'il était ûls dVin bourgeois de Paris , que les persécutions avaient chassé à Genève (4), ce qui n*est pas tout-à-fait exact; car Jean Durant, conseiller du roi et trésorier général des bâtiments de France, était mort, lorsque sa femme, Mndelaine Couet Du Vivier, se relira à Genève avec ses quatre fils : Ezécbiel, colonel au ser-
(1 ) Dès 1555, Zackéurie Durmd, dq BUisois, avait été reçu citoyen de Genève ; Jean Dmrandy libraire, de MarlRny, près de GhatillOB- 8or-Seine, le fut, ea 1556, avec soa flls Isaac; AutoiM Durant, do S^lat-Et^esBe, «a i6t3^ avec son fils Jean,
vice de Venise, puis général en Dane^ mark, sur qui nous no possédons aucun renseignement; — Daniel, sieur de Hautefontaine, dont nous parlerons après son f^ère; — SavI'PI'9 à qui cette notice estplus spécialement consacrée; — Jean, conseiller du princepalatiB de Deui-Ponts, qui épousa à Metz S.
Chardot.
' Bayle, qui a consacré dans son Dictionnaire un article fort court à Samuel Durant, nous laisse ignorer leliea et la date de sa naissance; mais il résulte de ce que nous venons de dire^ qu'il naquit en France, et comme sa qièi^ était veuve à^ Edmond de Saiut'Réwtf, une des victi^iea de la Saint-Barthélémy, lorsqu'elle se remaria a^ec Jean Durant , on doit en condQre qae notre pasteurvint au monde vers 4 580 . Selon Tallemant Des Réaux, leîeune Durant voulut suivre d'abord la carrière des annes, vers laquelle le portait son inclination; mais il y renonça plus tard pour embrasser celle des lettres. On sait encore que Durant hX ministre du landgrave de Qesse et de la sœur de Henri FV, avant d'être appelé à desservir l'église de Paris.
Durant était, dit â jmon, % un trèsç^int bopune de Dieu, très-éloquent et très-zélé pré^cateur^ un éclair et un tonnerre en chair.» Bayte, nlu^ simple et plus vrai, se contente oe nous an-
J rendre quHl nassa pour un mnd pif^ icateur. L'influence dont iT jouissait dans son Eglise prouve d*aiileurs qu'il n'était pas un ^onune ordinaire. La province del'Isle-de-Francele dépnta, en 4 609, au Synode national de Sûint- Haizent; en 4644, à l'Assemblée politique de Saumur, et, en 4645, àcelle de Grenoble qui le choisit pour ykt-
S résident. En 4 64 1^ le Synode national e Privés lui donna une mvcroe sigillée de son estime, en le chargeant coi\|ointement avec Du MauHn^ Rinh vray, La Uilletihre, Chên^ert et de VIsle-Groslot, de travailler an rétablissement de la bonne harmonie entre les grands seigneois dn parti bugne-
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Député de nouveau par Tlsle-de- France au Synode de Charenlon, en 4 623, Durant en fut élu modérateur.
Outre les matières générales que nous reproduisons dans nos Pièces justificatives, le synode eut à s'occuper incidemment de la question qui agitait alors toute TËglise protestante, celle de Tarminianisme. U se montra sévère à l'égard des adversaires du synode de Dordrecht 11 ordonna de les poursuivre par les censures ecclésiastiques s'ils dogmatisaient; sinon, on devait chercher à les ramener par la persuasion; mais si, au bout de trois mois, ils se montraient obstinés, il fallait les excommunier. Le synode recommanda aussi d'exercer la censure la plus rigoureuse sur leurs ouvrages.
Les Pères du synode firent preuve de plus de sagesse, on ordonnant aux pasteurs d'éviter, dans leurs sermons, d'aborder des questions oiseuses, et il prit une mesure qui dut être généralement approuvée, en ajoutant à la Disqpline ecclésiastique un canon qui prescrivit aux ministres de résider au milieu de leurs troupeaux, ^ous peine'de déposition.
En 1625, Durant présida encore le synode provincial qui se tint, le 47 avril, à Charenton, en présence du commissaire du roi Gaîîand, J.-B, Bugnet^ pasteur de Calais, lui fut adjoint comme vice-président. David Blondcl, ministre de Houdan, et Uaac d^Huisseau, un des députés de l'église de Paris, furent élus secrétaires. Sur la proposition de Galland, le synode députa au roi Bugnet, Edmc Auheriin^ ministre de Chartres, Jacques d^Aussy, sieur Des Coutures, ancien de l'église du Plessis, et Jean de Gravelle, sieur de Bauteme, ancien de l'église de Houdan, pour protester contre la dernière prise d'armes et pour lui jurer obéissance et fidélité inviolable au nom des Eglises protestantes {Fonds SaM- Magloire. N" 40) (1).
(1) Assistèrent, en oatre, k ca synode, J^m Mestresêi, Charles Drelincourt et Pierre ie Launay, ascieDi pour Paris; /m» Urri et
Durant tomba malade peu de temps après la clôture de ce synode. Il mourut eu 1626.
Outre la Défense de la confession des églises réformées de France ([Charent., 4617, in-S"; Gen., 16Î5, in-8*) qu'il publia en réponse aux accusations du jésuite Arnoux, de concert avec SCS ZQ\\h%\x^^Montigny, D% Moulin et Mestrezaty il a laisse: