Trois semions sur ces mots
N'éteignez point Tesprit, I Thess., V, Sedan, J. Jannon, 46S3, in-12.
Nous n'avons pu nous procurer que ces deux derniers ouvrages de Durant.
Selon Bayle, Spanheim, son parent et l'héritier de ses livres, a fait imprimer à Genève, en 4627, Sept sermons de notre pasteur, en y ajoutant une épttre dédicatoire. L'index cité parle aussi de Six sermons sur quelques textes de l'Ecriture Sainte et de Trois sermons sur Thess. 1, 4 9, sans autre, indication. Enfin, le bibliographe JOcher attribue à Samuel Durand, nous ne savons sur quelle autorité, Tractatus de consolatione afflictorum (peut-être le N* 11) et Anatomia christiana. Ajoutons qu'on trouve quelques méditations de Durant dans Le voyage de Béthel par Jean de Fauquembergue.
Le frère de Samuel Durant, Daniel»
s'est fait connaître sous le nom de Hiu- TEPONTAiNE daus l'histoiro de nos troubles civils, comme « bon écrivain, bon guerrier et très-expert dans les affaires politiques, » ainsi qu'en convient Mirasson.
Hautefontaine, dont le caractère formait le contraste de celui de son frère, se livra d'abord à l'étude des lettres, et il y fit d'assez grands progrès pour oser disputer à Du Moulin la chaire de philosophie à l'université de Leyde; il fut vaincu, et pour se venger de sa défaite, il roua de coups son heureux concurrent. Quittant alors les belles-lettres pour les armes, il s'attacha à Béthune qu'il suivit à Rome, où il montra en diverses occasions une aussi mauvaise t^te qu'en Hollande. De retour en France, comme « il savoit, étoil hardi et avoit l'esprit agréable et plaisant, » dit Tallemant Des Réaux, il fut choisi pour gouverneur de Henri de Rohan et de son frère Soubise, qui l'un et l'autre conservèrent pour lui la plus vive affection et le consultaient en toutes choses. En 4604, Rohan l'envoya en Angleterre, en le chargeant
d'offrir de sa part un cheval de prix au roi Jacques. Hautefontaine voulut profiter de son séjour à Londres pour marier son élève. Le soupçonneux Henri IV fut instruit de ses démarches, et Villeroy ordonna à Sully de le renvoyer en France pour mettre fin à « des pratiques préjudiciables au service du roy. » En 4642, Hautefontaine rendit un service plus important k Rohan en faisant échouer, comme nous le raconterons ailleurs, l'entreprise de La Rochebeaucourt, qui, pour complaire à la reine-mère, voulait maintenir à Saint- Jean-d'Angély un maire opposé aux intérêts du duc. En 4 64 5, les deux frères l'envoyèrent porter de leur part à l'Assemblée de Grenoble l'assurance « qu'ils se soumettoient entièrement aux résolutions qui y seroient prises, et qu'où besoin seroit, ils les soubzsigneroient de leur propre sang. » Maréchal de camp dans l'armée huguenotte, Hautefontaine crut son honneur intéressé à ne pas se séparer de ses anciens élèves, lorsqu'ils prirent les armes en 4620, quoiqu'il n'approuvât pas leur entreprise, et il fit, dit Mirasson, tout ce que l'on pouvait attendre de lui. Rohan, qui connaissait son expérience militaire, le donna pour lieutenant à son frère, chargé de la défense de Saint- Jean-d'Angély. «C'étoit celui qui principalement a gissoit, lit-on dansles Mémoires de Castelnaut, et ordonnoit de toutes choses, et M. de Soubise, ainsi que les autres seigneurs qui étoient dedans la place, se reposant entièrement à sa bonne conduite, et il est à croire que s'il eût vécu, le roi ne fàt pas si facilement venu à bout* de ce siège. » Hautefontaine fut, en effet, tué avec le capitaine de Nieul dès les premières attaques. Comme on l'emportait graTement blessé, raconte Mirasson , il exhorta les habitants à se bien défendre. On eut soin de publier qu'il n'avait reçu qu'une blessure légère, et on l'enterra dans la nuit. Malgré ces précautions, sa mort ne put être tenue longtemps cachée, et les habitants découragés parlèrent aussitôt de se rendre. Se-
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loD Le Vassor, Hautefontaine était Tofficier le plus expérimenté qui se fût enfermé dans Saint-Jean-d*Angély avec Soubise, et selon Mirasson, il avait acquis cette expérience dans les guerres de Hollande où il avait commandé avec distinction.
DU RASTEL (Matthieu) , coseigneur de Rocheblave, fils de Florent Du Rastel et de Marguerite Limojon, épousa, en 4 556, Jeanne de La Tawr- Gouvernet. Du Rastel, on n'en saurait douter, prit une part active aux guerres de religion dès leur origine, et il s'y distingua, puisque L^«(fi^tttôrtf^, si bon appréciateur du courage militaire, lui confia, en 4580, selon Piton- Court, le commandement de Nions. En
4 595, il fut envoyé à Henri IV, après la prise de Mirebel, pour lui rendre compte de l'état du Dauphiné. On ignore la date de sa mort, mais on sait qu'il laissa un fils , nommé David, et deux filles, appelées Marie et Isabeau. Cette dernière épousa Dalmat Boutin.
David Du Rastel suivit, comme son père, la carrière militaire, et servit, en qualité de capitaine, dans un régiment d'infanterie pendant la minorité de Louis XIU. H mourut en 4642. De son mariage avec Diane de Cavaillon^ fille de Barthélemi de CavaUlon, seigneur de CabassoUes, et de xV. d^A^ Un, célébré dans l'église réformée, le
5 mars 4600, naquirent Alexandbi Du Rastel; Isabeau, femme, en 4630, de Gaspard Buffier ou Bouffier, avocat'géuéralau parlement de Grenoble; Judith, dont le sort est ignoré ; Jeanne, mariée à Charles Artaud de Montaubau, seigneur de Bellegarde, et Madelaine, la même peut-être que Marie Du Rastel, qui, selon Pilon Court, mourut, en 4674, abbesse du couvent de St-Sauveur à Marseille.
Alexandre, « un des plus vaillants hommes du royaume » , dit Chorier, épousa, le 24 février 4656, Antoinette de SilloU veuve de Joseph de Bonne j seigneur de Rochefort, lieutenant-colonel du régiment de Sault, et
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fille de Louis de SUloh conseiller aa parlement d'Orange, et à^ Isabeau de Forets-Blacons. Il tesU en 4658, et mourut vraisemblablement peu de temps après, laissant Louis, tué en duel, et Alexandre, mort en 4706.
A quelle époque cette famille abjorat-elle le protestantisme? Rien ne nous l'apprend. Nous savons seulement que celle de Sillol professait encore la religion réformée en 4 685, le mariage de Jean de Sillol de Saint-Vincent avec Marie de Launay-d'Antr aiguës^ fille de Jacques de Lamnay^ comte d'Antraigues, ayant été béni, à cette époque, dans le temple protestant de Lagorce.
DURCOT, nom d'une famille poitevine dont une branche, celle de La RoussiÈRE, professa le protestantisme, depuis la conversion de Gilles Durcot»
baron de La Grève et sieur deLaRoussière, qui laissa sept enfants de son mariage avec Marguerite de La Muce :
4* Pierre, qui suit; — %* René, chef de la branche de Boireau, qui parait s'être réunie de bonne heure à l'Eglise romaine et qui s'éteignit à la 4* génération ; — 3* Claude^ souche de la branche dePuitesson ; — 4* Pierre, sieur de L'Aumosne,chef d'unebranche qui s'éteignit aussi à la 4' génération ; — 5* Ak- NE, femme de Jean Aymon^ en 4 578 ; — 6* Louise, dame de La Roche; — 7* SciPioN, sieur de La Fourcherie.
Pierre de Durcot, sieur de La Roussiere, servit de sa personne et de ses biens la cause de Henri IV; mais il ne voulut pas pousser le dévouement jusqu'à loi sacrifier sa religion. En récompense de ses services , ce prince le nomma gentilhomme ordinaire de sa chambre.
Selon Filleau, qui a consacré un art. à la famille Durcot dans le T. II de son Dictionnaire des familles du Poitoa
S Poitiers, 4854), La Roussière aurait ité appelé par Louis XIII au gouvernement de Royan, au mois de déc. 4620; mais c'est une erreur manifeste, si comme le même écrivain nous l'apprend uu peu plus bas, sa femme Jeanne Chastaignier^ qu'il avait épou-
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sée en 4590, était veuve en 4645; il s'agit donc de son fils aîné. Ce fils se nommait Alexandre, baron de La Gré- TB, sieur de La Roussière. Le poste que lui confia Louis XIII, et surtout les circonstances dans lesquelles il le lui confia, pourraient faire supposer qu'il avait abjuré la religion réformée, comme le fit son frère Paul, qui devint protonotaire apostolique et aumônier du roi; mais on se tromperait trèsprobablement. On lit, en etfét, dans un des registres du Secrétariat {Archiv.
E. 3377), que le sieur de La Roussière, nouveau catholique , fut arrêté, en 4 694 , et jeté en prison avec sa femme, M*"" de La Bratière^ qui descendait comme lui d'une famille protestante, parce que, n'ayant pas voulu se confesser ni se soumettre aux autres devoirs imposés par TËgliso romaine»
il avait gagné un prôtre de Nantes qui l'avait marié sans rien exiger de lui qui répugnât à sa conscience. Ce fait semble prouver, en môme temps , qu'Alexandre Durcot laissa des enfants de sa femme Marthe Pâlot ^ fille do Jean Pâlot ^ conseiller secrétaire du roi, contrôleur général de l'extraordiouiro des guerres, et de Louise Thnrault, Nous devons dire cependant que Filleau, malgré ses immenses recherches, ignorait s'il avait eu postérité.
Outre les deux fils que nous venons de mentionner, le sieur de La Roussière laissa dix autres enfants : 4* Louis, sieur de La Chaume, marié, en 4630, à Jaequette Foncher, fille de Jean Fouchery sieur de La Barayre, et de Renée de Soént-HUaire^ puis, en secondes noces, à Madelaine de La Gastinaire^ fille du sieur de La Liardière, d'une famille toute dévouée k l'Eglise protestante (4); — V Samuel, sieur de Romefort; — 3» Gabriel, sieur de Saiut- Aubin; — 4*
(1) En 1700, M. lie La liardièreei sa femme furent dénoncés conume mauvais ratholiqups [Arrh. G. 3386). Cette dame fui enfermée a rUnion cliréiienne de Pontenay. eo 1701 {Ibid. .'{US7), transférée dans le cliâieau de Mantt's, puis a l'Union chrétienne de Luçon, en 1704 (//>iV/. B. 3390).
Jeanne, femme, en 4643, de Joe-q%e8 Bertrand^ sienr de 8aini-F«lgent ; — 5* Marie, épouse de lêCfnet de Béjarry^ sieur de La Roche-Loucrie, dont la postérité a donné des confesseurs à l'Eglise réformée; — 6* Hélène;— ^7* Antoinette, alliée ft Jmn dùuin, sieur de Passy; — 8'Susanne, mariée avec René de Mainffarniêm^ sieur de VignauU; — 9* Louise, femme à'Eliê de Regnon^ sieur de Gbaiignj; — 40* Gilles, sieur de La Grève, qui épousa, en h^ZQyAnneUoraiê.
Le troisième fils de Gilles Ihircot, Claude, sieur de La Goudraye, devint seigneur de Puitesson par son mariage, en 4603, zitzAnnedeSaint-HUaire^ fille à'Elie, sieur de RéUil, et A' Anne de Puitesson. Son fils Gilles, seigneur de Puitesson, épousa, en 463%, ûmise Du Tréhant, fille unique de Jaeqmet Du Tréhant et A' Olympe BelUnean^ et il en eut cinq enfants ; Alixandeb, sieur de La Grève ; Gilles^ sieor de Puitesson, époux, en 4679, d'infoinelte Du Gast de Briaeé ; Jacooes; Antoinette, et Anne, sieur duPlessis- Puitesson, marié à Elisabeth éTAutf et mort avant 4684.
DURET (JBAN),sienrdeLABAtBftE, d^une des plus anciennes familles de l'Anjou, député aux États-Généraux de 4560, gouverneur d'Angers, en 4 56Î, avec Pierre de La Pierre, sieur Du Plessis-Baudouin.
Dans ses Recbercbes sur Angers, Bodin raconte ainsi la prise de cette ville par les Huguenots, d'après les sources eatholiques qu'il a consultées. CUmde Pineau, chanoine de la cathédrale, ayant introduit secrètement dans son logis un grand nombre de Protestants de Saumur, de Baugé, de Beaufbrl, de Château-Gontier, de Craon et autres lieux du voisinage, tous, à un signal donné, sortirent en armes, se joignirent à leurs coreligionnaires d'Angers, B*emparèrent du palais épiscopal, des naissons des chanoines, se rendirent maîtres des portes de la ville, et le lendemain, ils se montrèrent pnbliqnemeot dans les rues, aytnt I leur vàie Sn-
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celles {h), La Barbée, Varennes, Mébreiin^ Des Marais, Maiahry et d'autres gentilshommes angevins. Les jours suivants, ajoute Thislorien cité, ils commencèrent le pillage des églises par celui de la cathédrale, ils en brisèrent les statues et jetèrent une partie de leurs débris dans la rivière. Le fameux Théodore de Bèze, continue-t-il, qui arriva à Angers pendant ces profanations si contraires aux intérêts de la Réforme, fit un sermqn à ce sujet dans réglise des Augustins, et il le termina en priant les chefs calvinistes de s'opposer désormais à toutes ces violations. Bodin néglige de parler de l'accord qui avait été conclu entre les deux pareils le h^ndcmain de la prise de la ville {Voy, IV, p. 320), accord qui seul peut expliquer Tinconccvable sécurité de La Barbée qui avait été nommé gouverneur du consentement de tous les habitants»
protestants et catholiques; il se reposait évidemment sur la bonne foi de ses ennemis; mais les Catholiques dissimulaient, n'attendant qu'une occasion de prendre leur revanche. Les Catholiques, c'est rhistorien d'Angers qui parle, étant restés maîtres du ch&teau, Puygaillard y introduisit de nuit des troupes, et la garnison, proûtant de la sécurité qui régnait dans la ville, fit une sortie, le 5 mai, et s'empara de tous les postes presque sans coup férir. « Il n'y eut, dit Bodin, que quelques calvinistes tués, d'autres furent faits prisonniers, et d'autres enfin jetés à la rivière. » Nous avons déjà fait connaître ailleurs ((^y. L p. 30) les noms de quelques-unes des victimes des sanglantes représailles des Catholiques.
Nous compléterons ici, d'après Crespin, la liste de ces martyrs, afin de faire connaître le sort réservé par Puygaillard à ses prisonniers. Pierre Richard, marchand « connu de tous pour un vray pieudhomme et amateur du bien public 0, fut pendu devant sa porte; Ma-
(1) D'autres bistorieos mieux informés, seloD nous, disent que ce gentilhomme n'arriva ï Angers qoe quatre jours après, aver une aisiioii it Cméé.
sure, vieillard plus que centenaire, fut noyé, ainsi que le sellier François Par iorin. Une demoiselle Du Plessis-de Cherre, âgée de 70 ans, fut assommée à coups de crosses de pistolet. On pendit ou l'on décapita, selon leur qualité, le gabelier Rivière, le sergent inlien d'Ivry, Maurille et Jacques Les Théards, « excellons ouvriers en draperie, » le jeune Austel, qui s'asseyait encore sur les bancs de l'école, les pâtissiers Loriquette et Estienne Mo^ reau, le brodeur Tête d'or, le joueur d'instruments Guillauvin, le courrier La Touche, le tailleur Bruneau, l'orfèvre Prieur, les arquebusiers Antoine de Folambert et Jean Le Clerc, le chaussetier Mathurin Vuet, le marchand Jean Rochery, le cordonnier Thoùrneau, le sellier Cheneau, le fourbisseur Antoine Duryon, Mar'chefs, Guytel, le serrurier Chndeau, le tisserand Osanne, le capitaine Septier, les sieurs de La Cruardière, de Vuylèque. de Boishubert, Bonvalet, contrôleur d'Ingrande, Jean Briant do Craon, Jacques Aleignan, Macé Ra^ guin, sans parler d'une vingtaine d'autres dont le martyrologe n'a pas conservé les noms. Au mois de juillet, les fureurs de la réaction ne s'étaient pas encore apaisées. Le cordonnier Chalonne, la femme de l'avocat Sigongne, « impotente de tous ses membres » , le contrôleur Vasset d'Ingrande, Francois Iluguet, furent assommés; Guillaume Crosnier et François Plancha vant, noyés, ainsi que quelques autres.
Les assassinats continuèrent ainsi jusqu'à la fin de décembre; mais c'était encore pis dans les environs. A Beaufort, un notable marchand nommé Philippe Truchon ; à Mouliherne, Urbain Aubry ; près de Baugé, Louis et François de Grand-Moulin et de La Crélisseraye ; près de Segré, le sieur de Pouchenon, âgé de plus de 80 ans, périrent victimes du fanatisme de la populace ou de la cupidité de ses chefs.
On vit même un apostat, Macé de Lé Boissière, sieur des Aunaies d'Uatilly, soudoyer une de ces bandes d'assassins
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pour faire égorger son frère Hardouin dont il convoitait la fortune. Bien d^autres, dont les noms sont tombés dans l'oubli, expièrent cruellement le crime de protestantisme à Longue, à Chalonne, à Candé, à Château-Gontier.
Le plus grand nombre cependant des protestants d'Angers parvinrent à s'enfuir; quelques-uns trouvèrent un sûr asile dans les maisons de leurs amis catholiques. Au rapport de Bodin, Louvet a conservé dans son Journal msc. les noms de deui cent quarante-quatre qui furentcondaronéspar contumace. Quelques-ucs seulement de ces fugitifs, comme Bautru, Des Matras, François Grimaudet et l'avocat Gilles Héard, osèrent rentrer dans leurs foyers à la conclusion de la paix. « Ce qui, observe Grespin, ne leur estoit guères meilleur que si on les eût mis entre les mains du bourreau, tesmoin ce qui avint le neuvième d'avril à un homme de Gran, nommé L^ Tondeur^ lequel, à son entrée en la ville, à son retour d'Orléans, ayant esté présenté audit gouverneur, fut remené dehors par le commandement d'icelui et aussi tost massacré » . Le même écrivain raconte qu'on retint dans les prisons d'Angers jusqu'au mois de juillet 4563, malgré les ordres les plus précis du Conseil, le sé« néchal Nicolas Amyot et le procureur Olivier Turpin, dont les places avaient excité la convoitise.
La Barbée fut assez heureux pour échapper au sort qui l'attendait. Il continua à porter les armes en qualité de guidon de la compagnie de Condé jusqu'à la bataille de Jarnac où il fut fait prisonnier. En \ 572, pendant le massacre de Paris, il se trouvait à Angers auprès de son frère puiné, le sieur Du Tertre^ retenu au lit par la fièvre.
Chargé des ordres de la Cour, Montsoreau arriva dans cette ville peu de jours après la Saint-Barthélémy, en fil fermer sur-le-champ les portes, et, raconte Bodin, dans ses Recherches sur Saumur, courut à l'hôtel du Chapeau-Rouge près le Château, où il savait que les deux frères demeuraient. Furieux
d'apprendre que La Barbée s'était dérobé à ses coups, il passa dans la cham* bre où Du Tertre était couché et le poignarda.
L'histoire ne nous fournit pas d'autres renseignements sur Jean Duret; nous ajouterons seulement qu'il était beau-frère de La Bwrtière^ gouverneur de La Charité.
DUKETTK (N.), pasteur des églises françaises de Chelsea et de Crispin- Street, chapelain du régiment de Macartney et de celui de lord Cobbam, et de plus, théologien d'une grande érudition, est auteur d'un Traité sur Vabus des confessions de foi, qui a été trad. en angl. par François de La Pillennilre, et publié àLond.,4748,8».
DURFËY (Thomas), auteur dramatique, né à Ëxeter vers le milieu du xvii* siècle, descendait d'une famille réfugiée originaire de La RocbeUe. Ses parents le destinaient au barreau ; mais quelques succès dans la littérature légère le décidèrent facilement à abandonner une carrière pour laquelle il n'avait aucun goût. Royaliste par principes, il composa contre les Têtes-Rondes des odes et des satires qui lui gagnèrent les bonnes grâces de Charles II. Sa faveur se soutint auprès de Guillaume d'Orange, en sorte que, bien venu à la Cour et recherché par les sociétés les plus brillantes à cause de sa galté spirituelle et de la grâce toute particulière avec laquelle il chantait ses propres chansons, il aurait pu mener la vie la plus heureuse, s'il avait été moins prodigue. Ses folles dépenses le jetèrent souvent dans de grands embarras.
La protection d'Addison, qui obtint \ son bénéfice une représentation des Sœurs intrigantes, une de ses comédies, le garantit de la prison dont il était menacé par ses créanciers; mais elle ne l'empêcha pas de mourir dans une espèce de misère, en 4723. On a de lui un grand nombre d'odes, de sonnets, de ballades, et plusieurs pièces de théâtre, tragédies ou comédies, remarquables par la force de l'intrigue et la facilité du dialogue, mais déparées, les co-
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médies surtout, par une extrême licence. Voici la liste de ses ouvrages, d'après Watt.
1. Tke siège ofMemphis or the ambUious QueeUy a tragedy, Lond., 4672; in-4«.
llMadam Fickle or the Witty Fal^ se One, a comedy, Lond., 4 677, in-4*.
m. The Fool turned critic, a comedy; Trick for Trick, or the dehauched Hypocrite, a comedy, Lond.,
IV . Squire OU Grapp, or the Night Adventurers, acomedy, Lond., 4 679.