XI. Cœtarii Arelatensis episc, ho- «it7t«jrL,4558in
XII. Arnobii in aliquot evangelistarum locos annotatiunculœ, Basil., 4543, in-8*.
XIII. Pugnà porcorum P. Porcii poëtœ, — Cousin fit imprimer à Bile ce poème de Placentius et mit en tète une lettre dont chaque mot, comme dans le poèm<i, commence par un P.
XIV. Quelques lettres dans les dernières édit. desEpistolae obscnrorum virorum, et quelques morceaux des Pasquillorum tom. II (Eleuther. , 4544, 2 vol. in-8*) appartiennent à Cousin, entre autres YAntithesis Chris ti et Pontifiants,
Gesner , dans son Epitome , mentionne encore quelques autres ouvrages, maiSy comme Ta déjà fait observer Nicéron , d^une manière si embrouillée, qu'il est difficile de s'en faire une idée nette. Le savant M. Weiss remarque que sa liste n'est même pas complète , et il y »oute Bucolieorum auctores XXXVlîlquotquotvidelicet à Virgim mtate ad nostra usque tempora nanciscilieuit, Basil., 4546, in-S*.
Selon La Croix du Maine, G. Cousin a
publié encore , outre une Tragédie de r homme affligé, qui parait avoir été imprimée avec la trad. française des deux discours sur la nativité et la mort du Christ, des Annotations sur le dialogue deCharou par Pontanus, lesquelles furent mises à Tindex et motivèrent Taccusation d'hérésie portée contre lui par Tatchevêque de Besançon.
COUSIN (Jean), pasteur de Caen.
Le protestantisme avait déjà fait de grands progrès dans cette ville, lorsque Cousin y fut envoyé de Genève, en 4 559(i4rcA. delaComp, des pasteurs, Reg. B) , et y organisa Téglise. Au nombre des premiers qui embrassèrent la Réforme, VauUier, dans son Histoire de la ville de Caen, cite deux professeurs, Vincent Le Bas et Pierre Pinchon, et seize religieuses de l'abbaye aux Dames. Dès 4 560 , les Huguenots s'étaient mis en possession de deux églises où ils célébraient publiquement leur culte. En 4562 , à l'instigation de Cousin, qu'ils avaient rappelé de Londres où il desservait l'éj^se wallonne, ils envahirent et dévastèrent toutes les autres, le fougueux ministre déclarant aux magistrats «qu'on avait trop souffert de l'idoUtrie et que tout serait abattu. •> Ce fut dans ces drconstances que le marquis d'Elbeuf fut envoyé à Caen par les triumvirs. Ne se sentant pas le plus fort en présence d'une population en majorité protestante, le marquis se retira dans le chÂtean avec la garnison, et se borna à faire quelques sorties qui furent toujours repoussées par les habitants soutenus par les fugitifs de Rouen. Ces hostilités continuelles inquiétant fort les Réformés , ils appelèrent à leur secours l'amiral qui força le château à capituler; mais la paix, qui se conclut vers le même temps , obligea les Protestants à cesser l'exercice de leur culte dans la ville pour le transporter dans les villages voisins, nommément à Vimont, à Fontaines et à Allemagne. Plus taid Cousin retourna à Londres, comme nous l'apprend une lettre à lui adressée par Théodore de Bèu, en date du 23 sept.
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1 572, où le célèbre réformateur décrit le massacre des Protestants de Lyon à la Saint -Barthélémy {British Musetmy CottoD. libr. mss. Caligula 6.
lî. 2<o*6).
COliSlw (Jean), fondateur de notre Ecole française de peinture.
Cousin mérita, par la variété de ses talents, d^être surnommé le Michel- Ange français. Il naquit, en 4 501 (?), dans le village de Soucy, près de Sens, de parents qui étaient en condition dans la métairie de Monthard. Resté orphelin, il tomba à la charge d^un membre de sa famille qui habitait Sens, et qui, par indigence , lui faisait gagner son pain en remployant dans les rues aux plus vils travaux. L'enfant insouciant se détournait volontiers de sa tâche ingrate pour charbonnersur les murs les caprices de sa fantaisie. Un passant le remarqua et augura bien de ses dispositions. Cette rencontre décida de son avenir. Le Sort l'avait fait naître pour être porcher, la Providence, plus géné-r reuse, en fit un grand artiste; un peu de eharité fut le levain qui opéra ce miracle. Cousin paya par de rapides progrès "la générosité de son protecteur. Il étudia avec un égal succès tous les arts qui ont la représentation de la nature pour objet, et il excella dans tous, parce que la nature, natura parcnSy l'avait richement doué. Le théâtre de Sens fut bientôt trop petit pour lui, il vint à Paris où sa réputation ne tarda pas à se répandre d» la sacristie ï la ville et de la ville à la Cour. De la sacristie, disons-nous, parce que Cousin se fit d'abord connaître comme peintre sur verre et qu'en cette qualité il fût surtout charjgé de la décoration des églises et des inonastèrès.
Ce genre de travaux pourrait faire supposer que Cousin n'avait pas adopté — ^du moins à cette époque — les doctrines des Réformés. C'est un préjugé assez généralement reçu en France de regarder les Protestants comme une secte d'iconoclastes. Tous les partis, tous les systèmes ônf leurs fanati({ues, et la lléfonuc :. ou i» ; flcns. Telle est
sans doute la source de celte erreur.
Mais condamner l'abus, ce n'est pas condamner l'usage ; condamner l'adoration des images, ce n'est pas condamner le culte des beaux-arts. En rejetant les images taillées des temples consacrés au seul vrai Dieu , les Protestants ne leur ont-ils pas ouvert le plus beau temple qui leur convienne, le temple de la Gloire? Et d'ailleurs quelle inconséquence n'est-ce pas de leur reprocher d avoir contribué à étouffer dans nos artistes le germe de Tinspiration religieuse, eux qui ont déchiré le voile qui recouvrait les Saintes- Ecritures, eux qui ont fait couler celte source vive et appelé tous les peuples à s'y désaltérer , eux qui ont ouvert le livre de vie à toutes les intelligences et à tous les cœurs ! Ceux-là seuls sont donc fondés dans leurs accusations, qui pensent que l'artiste ne doit puiser ses inspirations que dans les légendes de la superstition.
Cousin tira la plupart de ses sujets delà Bible, et s'il fit quelques emprunts à la Légende dorée, ce fut dans la première période de sa carrière d'artiste, et par conséquent aune époque où les doctrines de Luther commençaient à peine à être connues en France. Une considération qui doit avoir aussi un certain poids, c'est qu'en travaillant à la décoration des églises comme peintre sur verre, il n'avait pas à craindre de se rendre complice de l'idolûtrie que les Réformés reprochaient aux Catholiques, les vitraux peints n'étant qu'un ornement qui n'e^t pas offert à l'adoration des fidèles.
S'il était vrai, ainsi qu'on le Ht dans les Entretiens de Félibien, que ce qui donna lieu de croire que Jean Coudin professait les doctrines réformées, c'est uniquement parce que « dans là vitre [égliie de St-Romain à Sens] où il a représenté le Jugement universel [aîn- Éi que dans le tableau à l'huile où il a traité ce môme sujet]. , ., il a peint la figure d'un pape qui paroist dans l'Enfer au milieu des démons, » nous conviendrions avec ce critique que c'est
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sur un bien faible fondemeùt; ms^ rien D6 le prouve, et, dans Tincertitude, nous aurions sans aucun doute plus raison que hii de nous prévaloir dé la régularité des mœurs ae notre grand artiste pour décider la question en notre faveur.
Après avoir acquis quelque fortune, Cousin se rendit possesseur du domaine de Montbard où il avait vu le jour. Il en releva le manoir qu'il se plut à décorer de ses peintures. Cbaque année, il y allait passer la belle saison. li oe parait pas que sa vie ait été troublée par nos discordes civiles. Il jouit, dit-on, de la faveur du prince sous cinq règnes successifs, et ce qui l'honore, ilne l'obtint jamais que par le prestige de son talent; rien n'était plus éloigné de son caractère que Tadulation et la bassesse. Il parvint à on âge très-avancé ; on suppose qu'il mourut en 4590. De son mariage avec la fllle du lieulenaDt-général du bailliage de Sens, Lubin Rousseau, il n'eut qu'une fille, Mirie, dont on ignore le sort.
Jean Cousin a laissé un grand nombre de monuments de son génie. Dans l'ignorance où l'on est de la date de leur exécution, nous les classerons par ordre de matières.