C1NA
Henri ou Hendrick Collot, baron d'Ëscury de Heinenoord, naquit en 4773. Cette date nous fait craindre que Kaiser n'ait mal à propos distingué deux Henri Collot et qu'il ne nous ait entraîné dans son erreur (}ojf, IV, p.
7). C'est, croyons*nous , au célèbre auteur de l'ouvrage intitulé HollanSê roem in Kunsten en IVetensckappen^ qu'il convient d'attribuer les deux recueils do poésie publiés en 4797 et en 4817. Président de la seconde chambre des Etats-Généraux et membre du conseil d'état, Henri Collot mourut en 4848, laissant trois fils de son mariage avec Ida-Cornelia van Re4S.
ËS^AHI) (Louis), ou Hesnard, ministre de Fontenay. Dès 4577, Esnard jouissait d'une haute considération et d'une grande influence , puisque le choix des églises se porta sur lui, lorsque, sur l'invitation de Jean- Casimir, électeur palatin, elles envoyèrent à Francfort un député pour travailler, de concert avec ce prince et quelques théologiens luthériens , à un projet de réunion qui devait {'tre soumis k l'approbation des ministres des deuK communions. Ësnard rendit compte de sa mission au Synode national de Sainte-Foy, qui aocueiiiit
ESN
ESN
avec joie ses communicalions et nomma des commissaires qui assistassent, au nom des églises de France , aux conférences qui devaient se tenir à ce sujet. Cette tentative de conciliation échoua comme tant d'autres.
En 4581 , le Poitou députa Esnard à l'Assemblée politique de Montauban, et en 4393, ï celle de Manies qui Télut président, en lui adjoignant Béraudy député de la Haute-Guienne , comme vice-président, et Sai»/^-i{Ai^- Chalvtotf député de la Saintonge, comme secrétaire (4).
Benoit raconte qu'à la suite d'une conférence entre Du Plessu-Moruaff et Villeroy , il avait été convenu que les docteurs des deux religions s'assembleraient pour discuter, en présence du roi, les matières de controverse, afin d'éclairer complètement la con* science de Henri lY. Ce prince fit sera-blant d'approuver cet expédient; U écrivit même aux églises pour les in* viter à envoyer à Mantes des personnes capables de défendre leurs doctrines.
Les Catholiques se montrèrent inquiets de cette résolution ; mais une lettre du chancelier à l'évêque de Chartres où il lui disait « qu'il pouvait venir en assurance , sans se mettre en peine de théologie » , les rassura , en môme temps qu'elle apprit aux Réformés ce qu'ils devaient attendre de celte prétendue conférence. Néanmoins pour ne pas fournir aux prélats romains l'occasion de se vanter d'avoir fait fuir les ministres , on jugea nécessaire de répondra aux lettres du roi en envoyant des députés à Mantes. Henri IV n'attendit même pas leur arrivée pour faire son abjuration.
L'Assemblée s'ouvrit le lundi 8 novembre. Après la vérification des pou-
(i)D*après le vol. 220 do Fonds de Brienne, complété el corrigé par le T. II de la Collection Conrart, où Ton iroBve égalemeat use «opie des aries de cette assemblée, les autres députés furent Martmat^ t» Vattiérc, Montlouet, Vjhou^eB, Moniifuif* Lu Motle, Pu Brcil-ChiU' moi, Dnngeêu, PnioU, tUilM, fendeau, &>«laud^ BrelautiUle et CiviU. GetVe liste est ctIdemneut iocomptèie.
voirs, on passa à l'examen des cahiers des provinces et l'on en fit un cahier général {Collect. Dupuy , N«24 3), qui ne fut prêt que le 9 décembre à être envoyé au roi. Dans Tintervalle, le lundi 45 nov., l'assemblée avait député Maracat et La Vallière à Henri IV, qui était alors à Dieppe, pour le prier de fixer le jour où il lui plairait de donner audience aux députés des églises réformées. Mais le roi , à qui son abjuration avait attiré d'amers reproches de la part surtout de la reine Elisabeth , et qui ne doutait pas que ses anciens coreligionnaires ne lui tinssent le même langage, redoutait de se trouver en leur présence, el, de leur côté , ses conseillers catholiques ne négligeaient rien pour le détourner d'une entrevue indispensable ; car il ne pouvait refuser de voir les députés des églises , sans avoir à craindre d'irriter le parti huguenot, avec lequel il fallait encore compter. Pendant que Maravat et La Vallière se rendaient h Dieppe, Sancy , premier maître d'hôtel , arriva à Mantes pour annoncer à l'assemblée que le roi recevrait les requêtes des églises dans huit ou dix jours, et l«i faire entendre que « quelque changement de religion qu'il eût fait, il n'avait pas changé de volonté envers lesditcs églises.* Le 25, l'assemblée, comptant sur la procbaine arrivée de Henri, décida qu'elle lui présenterait en corps les cahiers, et que/. Feydeau^ qui fut nommé , plus tard , président protestant de la Chambre mi-partie de Guienne sur la présentation de l'Assemblée de Saumur (1), porterait la parole, assiste de A/o>^^/ow«^, Chouppcs, Esnard, Montigny, La Motte et Du BreuU-Ckalmot. Le 27, Maravat
(1) Voir! la composition de cette chambre : Président : Frydenu ; conseillers : Gaillard de Rousganext Jean Morin oa Maurin, R(i{;Hon4 Peyruqueau^ Eiieune Trellier oa Tnilles, Jaegucit de Rabat, Elie FeHineau ; substitut de l'avocat du roi : Jean de Uacalan (Fonds do Brienne, N» 209^ D'après Anh. gèH. K. 107, il faut ajouter de Vergues, substitut du proco* reur général, et Isaac Thierrff, receveur des amendes.
ESN
ESN
fui de retour de Dieppe avec son collègue, et annonça que le roi viendrait en personne o recevoir les remonstranccs et donner contentement à toutes les églises. » Le samedi W déc, Henri IV arriva enfin , et dès le lendemain, rassemblée fut admise en sa présence.
Après une courte harangue, dans laquelle il analysa brièvement le volumineux cahier des plaintes , Feydeau le présenta au .roi qui le reçut gracieusement. 11 avait voulu , répondit-il \ voir les représentants des églises pour trois raisons : la première , pour leur attester que son changement de religion n^avait apporté aucun changement dans son affection pour eux; la seconde, parce qu'il n'avait pas voulu conclure la paix, sans les consulter, afin qu'il ne se fît rien à leur préjudice ; la troisième , parce qu'averti des plaintes de plusieurs églises, il avait désiré en être informé plus particulièrement afin d'y pourvoir. Il remit ensuite le cahier au chancelier en le chargeant de l'examiner , et congédia les députés en les invitant à choisir quatre d'entre eux « pour en traicter avecq ceux qu'il choisiroit de son conseil ausquels il bailleroit cette charge à donner contentement ausdits députés. » L'assemblée nomma donc Montlouet, Pvjols , Rotan.Montigny^ La Motte, Feydeau, et Boucaud comme suppléant de Feydeau qui était malade. Les six commissaires se rendirent à Vernon , où le roi s'était retiré ; mais quelle déception les y attendait ! Le chancelier leur avoua « qu'à la vérité les demandes contenues ausdits cahiers estoient justes et raisonnables, » et cet aveu, il ne pouvait guère se dispenser de le faire, car les demandes des Protestants se réduisaient à quatre points principaux : libre exercice de leur religion, sécurité pour leurs personnes et pour leurs biens, administration impartiale de la justice, et admission de tous les Français indistinctement aux emplois.
Mais , ajouta le chancelier , « pour le présenties affaires de S. M. ne peuvent permettre de consentir à accorder les
articles contenus ausdits cahiers, b Les commissaires allaient repartir avec cette réponse, lorsque Bouillon et Du Plessis firent valoir avec tant de force l'inconvenance d'un pareil procédé et les funestes conséquences de Tirritation qu'il produirait, qu'on se décida à nommer une commission , mais composée exclusivement de catholiques. Après plusieurs séances perdues en discussions sans résultat, il fallut y adjoindre Bouillon et Du Plessis qui firent enfin avancer la solution de la question. On drossa un projet en un certain nombre d'articles dont voici les plus importants: abolition des édits arrachés à Henri 111 par la Ligue ; rétablissement de l'édit de 1 577 avec les interprétations de Nérac et de Fleix ; dédommagements aux Réformés pour les pertes que les traités avec la Ligue leur avaient fait éprouver; rétablissement de la religion catholique dans tous les lieux tenus par les Prolestants ; libre exercice de la religion réformée dans les villes de Tobeissance du roi, à la cour dans la maison de Catherine de Navarre, du duc do Bouillon, de La Trémoille, de Rohan, de Du Plessis,: à l'armée chez les capitaines de gendarmes et les mestres-de-camp ; constitution, sous le nom de la sœur eu roi, d'un fonds destiné à l'entretien du ministère ; validité des dons aux églises et aux pauvres , etc. L'Assemblée refusa d'accepter ces articles , parce qu'ils ne pourvoyaient pas à l'administration de la justice, et parce que les sûretés offertes aux Protestants étaient insuffisantes. Elle chargea Montigny, La Motte, Du Breuil- Chalmot et Sarrasin de dresser des remontrances {Fonds de Brienne, N»
220) qui , signées par tous les députés, furent portées à Henri IV par^lfowflouet, Chouppes, Esnard, de Gasgués, de La Motte, Du BreuH-Ckalmot, La députation fut reçue, le 21 janv., par le roi qui répondit « qu'il ne pouvoit pour le présent ordonner autre chose synon remettre sus l'édit de l'an 1577 avec les respouses qui avoient esté faiclcs par lesdils sieurs de son
ESN
ESN
coDseil sur les cahiers desdits députés. » Il daigna d'ailleurs ajouter qu'il le ferait fidèlemeut exécuter et qu'il pourvoirait aux besoins des pasteurs et des églises , sans vouloir toutefois en donner la promesse par écrit. De l' avis de Bouillon, La Trémoille, Du Piessis, l'assemblée renonça « pour le présent à plus faire aulcune poursuite,» et ]es députés, déçus de toutes leurs espérances, retournèrent chacun dans sa province. Le seul fruit de cette assemlllée fut le renouvellement du serment d'union. Ce serment, ils l'avaient déjà prêté à Nismes , à Montauban , à La Rochelle, en la présence même du roi de Navarre ; mais ce fut la première fois qu'ils le prêtèrent avec Vagré^ ment du roi de France, et ils attachèrent un grand prix à cette vaine formule.
Le résultat dérisoire de l'assemblée de Mantes mécontenta, on devait s'y attendre, les églises réformées, et la marche des événements était bien propre à justifier leurs alarmes. Sentant la nécessité de se préparer à tout et de resserrer encore les liens de leur confédération, les Huguenots résolurent de tenir une nouvelle assemblée politique. Trente députés se réunirent donc, au mois de mai 4594, à Sainte-Foy, sans se mettre en peine d'en demander la permission au roi qui, ne voulant pas accoutumer ses sujets réformés à semblable licence, se hâta d'autoriser l'assemblée par brevet. Le but principal de cette assemblée était la nomination d'un protecteur des églises, chacun reconnaissant que, depuis sa conversion, Henri IV ne pouvait plus protéger des gens que sa nouvelle religion lui faisait un devoir d'exterminer. Le duc de Bouillon, trop fin politique pour se mettre lui-même à la tête du parti, proposa de conférer ce titre à l'électeur palatin; mais les consistoriaux , las « de la tyrannie protectorale , n qui avait toujours sacrifié l'intérêt généfai à l'intérêt particulier du protecteur, ne voulurent point consentir à l'élection d'un nouveau chef, et, leur sentiment
ayant prévalu, on créa un Conseil général, composé d'un député de chaque province. La France protestante entière fut divisée en dix provinces : 1 • Bretagne et Normandie, V Picardie, Champagne, Sedan et Pays-Messin, 3* Islede France , Pays-Chartrain , Dunois , Berri et Orléanais, 4* Touraine, Anjou, Maine, Perche, Vendomois et Loudunois, 5* Saintonge, Àunis, La Rochelle et Angoumois, 6* Haut et Bas-Poitou et Châtellerauldois , 7' Bourgogne, Lyonnais, Provence et Dauphiné, 8* Bas -Languedoc, Basse -Auvergne et Basse-Guienne, 9' Gascogne, Bordelais, Agénois, Périgord et Limousin, 40* Haut-Languedoc, Haute-Auvergne et Haute-Guienne. Les trois ordres devaient être représentés dans le Conseil général ou Directoire, à peu près comme ils l'étaient dans les Etats-généraux, savoir : par quatre gentilshommes, deux ministres et quatre membres du tiers-état. Les provinces devaient, par rotation, choisir tour-à-tour leurs députés dans chacun des trois ordres, et pour régler de quel ordre serait, pour la première fois, le député de chaque province on décida qu'on s'en rapporterait au sort. Le Directoire devait se renouveler par moitié, tous les six mois, de telle manière que les cinq plus anciens députés se retireraient pour faire place à d'autres. Les ducs, les lieutenants-généraux et autres personnes qualifiées pouvaient y être admis, avec voix délibérative, ne fussent-ils pas députés. Le Conseil général devait correspondre avec les dix Conseils provinciaux, composés chacun de cinq ou sept membres des trois ordres. Les Conseils provinciaux étaient particulièrement chargés de recueillir et de transmettre au Conseil général les avis et les mémoires, d'entretenir la concorde entre les grands seigneurs du parti, de faire la répartition d'un impôt de 45,000 écus, levé sur les églises dans l'intérêt de la Cause et d'en régler l'emploi, de veiller sur les places de sûreté, d'assurer la paye des garnisons, même en saisissant les deniers royaux;
ESN
ESP
en un mot, ils exerçaient, chacun dans son ressort, la même autorité que le Conseil général sur toutes les églises.
Les membres des Conseils devaientprêter le serment d'union, et il leur fut alloué une indemnité à la charge de chaque province. Outre ce règlement, l'assemblée adopta huit articles secrets, portant : 1* qu'on demanderait des chambres mi-parties, et que si on ne pouvait les obtenir, on récuserait tous les parlements, les présidiaui et autres juges royaux ; 2* qu'on aurait recours à l'intervention de la reine d'Angleterre et des Provinces-Unies pour tirer les églises d'un état intolérable ; 3* qu'on exhorterait les grands à la piété et à l'union; 4» que chaque province serait autorisée à doubler le nombre de ses députés à la prochaine assemblée générale, vu l'importance des queslions qui s'y devaient traiter; 5* qu'on rétablirait la messe partout où elle était avant la dernière guerre, mais 6" qu'on attendrait le retour des députés en Cour pour savoir si Ton admettrait les Catholiques aux charges dans les villes tenues par les Protestants; V qu'on désavouerait tout ce qu'une province ferait sans l'agrément des autres, article dirigé contre la province de l'Isle-de- France, qui ne s'était pas contentée d'accepter purement et simplement l'édit de 4 577, mais qui avait poussé .la faiblesse jusqu'à consentir à un projet d'union entre les Gallicans et les Réformés; entin, 8« qu'il était permis à plusieurs provinces contigiies de s'unir en un seul conseil provincial.
En organisant aussi fortement le parti huguenot, l'Assemblée de Sainte-Foy sauva peut-être, en France, la cause du protestantisme.Comme, malgré toutes nos recherches, il nous a été impossible d'en retrouver les actes, nous ne saurions dire si Esnard y assista.
Ce qui est certain, c'est qu'à cette époque il était toujours ministre de Fontenay, et que l'église de La Rochelle le demanda pour pasteur sans pouvoir l'obtenir. En \ 596, il fut député à l'Assemblée politique ileLoudun, qui Télut
vice-président. En 4598, le Synode national de Montpellier le choisit pour un des commissaires qu'il chargea de corriger les éditions fautives de la Discipline. A partir de cette époque, il n'est plus fait mention de lui.
ESPAGNE (Geoffroy D'),seigoear de VÉNBVBLUss, gentilhomme du Maine, eut, de son mariage avec Catherine de Cussae , dame de Saint-Brice en Limousin, deux fils nommés Lâzau et NicoLàs. Le cadet, sieur de Champdurand, épousa, en 4 668, Léa Bofh taut, fille de Claude, seigneurde Laubonnière, et en eut JiAifin, femme de Benjamin de Raneonnet, sieur d'Escoire. L'atné, seigneur d'Espagne et de Yénevelles, servit, avec le gnde d'enseigne, dans la compagnie de Malicorne, à ce qu'on lit dans le Nobiliaire de Saint-Allais. Il prit pour femme, en 1573, Anne Boutant, sœur consanguine de Léa, et fut père de deux fils, Paul et Laz4re, sieur de Laubonnière.
Paul d'Espagne, seigneur de Yénevelles et de Coulaines, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Henri IV, fut député, en 1615, par les églises de sa province, à l'Assemblée politique de Grenoble, qui l'envoya, avec Cagny, auprès de Condé, en les chargeant de sonder les véritables intentions du prince et de s'assurer des forces de son parti. Yénevelles prit aussi une part active à la négociatiot du traité de paix, et fut porté, par l'Assemblée de La Rochelle, sur la liste des commissaires pour l'exécution de l'édil de pacification. Il vivait encore vers 1630. De son mariage avec Martf de Pons, fille de Jacques de Pons-Mirambeauy qu'il avait épousée en 1 606, naquit Henri, seigneur de Yénevelles, de Coûts et deLaSamelière, gentilhomme de la chambre de Louis XHI, en 1 636, et gouverneur de Béfort, qu'il défendit vaillamment. Les services qu'il rendit lui obtinrent l'érection en marquisat de sa terre de Yénevelles. Sa femme, Susan ■ ne Le Vasseur, fille de LouiSy seigneur de Coignée, lui douna deux fils. Le second, Louis-Pall, abjura. L'alné,
ESP
ESP
Hekbi, sieur do CouU et d'AvenDe, capiUioe au régimeot deTilladet, sortit de France à la révocatioD, avec sa femme Claude de Chauson , fille d*an capitaine aux gardes suisses, qu'il avait épousée en \ 680, et avec son fils Louis, qui, après la mort de son père, reulra en France et abjura pour obtenir la restitution dos biens de sa hmille.
l>PAGi\'E(JEàTf d'), duDauphiné, pasteur de Téglise frauçaise de Londres, où il desservit les deux chapelles de Durham-Ilouse et de Somersei- House. D'Espagne ne nous est connu que par ses ouvrages, qui, au jugement de Bayle, sont assez dignes d'être lus. Eu voici la liste :
1. Ànti-Duell, the anatomie of DuelU mih the tympiomee ikêteof^ Lond., 4632, iu-4". — Aucun bibliographe, à notre connaissance, n'indique une édit. franc, de ce traité.
U . Lez erreurs populaires èspoincts géfiéraux qui concernent Vintêlli-^ gence de la religion, La Haye, \ 639, ii\-M; CharenL, Melchior Mondière, 1643, in-42; trad. on angl., Lond., 4648, in-8*.— Dédié au roi Charles I d'Angleterre.
III. La manducation du corps de Christ considérée en ses principee^ La Haye, 4640, in-8';Gharent., 4642, in'12 ; trad. en angl., Lond., 4652, in -8*. — « U a fort bien réussi, dlU Dayle, à expliquer la doctrine de la communion eucharistique.»
IV. U usage de V oraison dominircale maintenu^ Lond., 4646, in-42; trad. en angl., Lond., 4646, in-8*.
V. On the Creed and Lord's Frayer^ Lond., 4647, in-8\ — Ce n'est peut- être qu'une réimp. du précédent»
augra. ài^% Nouvelles observations sur le symbole, qui ont été insér. par de Tournes dans son édit. des Œuvres de notre pasteur.
VL Avertissement touchant la frac tion et la distribution du pain dans la sainte Cène, Lond., 4648, in-8*.
Vil. An abridgment of a sermon preached on the Fast-day^ oppoin-
ted to be held for the good successt ofthe treaty that mas shortly to ensue between the king and theparliament, Lond., 4648, in-4:i. — Nous ne connaissons pas d'édit. franc, de ce sermon antérieure à celle de Gen. , 4674 .
VIII. Observations on the Decalo- ^w^, Lond., 4 652, in-8V — Nous n'avons trouvé aucune trace d'une édit.
française.
IX. Considération représentée en un sermon, le iH mars 4652, sur le sujet de l'éclipsé gui advint le tende^ main^ Lond., 4652, in-ii.
X. Shibboleth ou ré formation de quelques passages es versions françoise et angloise de la Bible, Lond., 4653, in-4 2; Middclb., 4662;trad.en angl. parCodrington, Lond., 4 655» 8*.
XI. Essay des merveilles de Dieu en l'harmonie des tems, des généralions et des plus illustres évènemens y enclos, 4" partie, Lond., 4657, in- 8»; trad. en angl., 4662. in-8"; réimp.
sous ce titre : Essay des merveilles de Dieu en l'harmonie des tems qui ont précédé les jours de Christ, et comtne ils se rencontrent en luy^ sa généalogie, et cmtres mystères préparatoires à son premier advènement, Lond., 4668, in-8*; trad. en angl., Lond., 4682, in-8*.
XII. Examen de XVII maximes judaïques, ensemble un Adeertisse-ment préparatoire à la réfutation de certains calomniateurs ennemis de r Harmonie, Lonà., 4 657, in-8'; trad.
en an;?l., Lond., 4682, in-8*.
De Tournes a réuni les opuscules de Jean d'Espagne, sous le titre de Traités théologiques et H* Œuvres théologigues, Gen., 4 674, 2 vol. in-4 2; réimp. k La Hâve, 4674, 2 vol. in-42; puis à Berlin, 1^673, et k Zell, 4699, et trad. en a liera., Francf., 4724. Cette édit. complète renferme des opuscules dont il nous a élé impossible de retrouver la première édition.
Il est fort vraisemblable que Samuel d'Espagne, qui épousa, en 4670, à Londres, Marie Batidry, était fils de notre ministre dauphinois.
ESP
ESP
RSPALUNQUE ou Spalunq%e , nom d'une des plus aDcienoes familles du Béaru, alliée aux Gassion, aux Gontaut'Birofif aux dMrro*. Plusieurs membres de cette famille ont rempli des emplois importants sous les règnes de Jeanne d'Albret et de son fils, et cependant c'est à peine s'il est fait mention de deux ou trois d'entre eux dans les annales des églises protestantes.On ne sauraitdouter, néanmoins, que les d'Ëspalunque n'aient jprofessé longtemps la religion réformée. Nous avons déjà eu l'occasion {Voy. I, p.
4 33) de citer Bertrand de Spalunque parmi les défenseurs de Navarreins, en 4 569, et, à cette preuve, nous pouvons, s'il est nécessaire, en ajouter une seconde : c'est une dénonciation contre Espalunque, baron d'Àrros, et Sainte^ Colombe^ qui, en 4700, tenaient « une conduite fort suspecte à la religion »
(Archiv, gén. Tt. 248).
Ce baron d'Àrros doit apparemment être distingué de Charles d'Espalunque-La Badie, mort lieutenant- général, en 4724. Capitaine au régiment de Louvigny, ce dernier servit, eu 4 672, à la prise de Maesseyk, de Saint-Tron, de Tongres, de Burick, de Rées , d'Amlieim , de Nimègue , de Crèvecœur , de Bommel. L'année suivante, il combattit, 80U8 Turenne, contre l'électeur de Brandebourg, et se trouva à la prise d'Unna, de Camen, d'Altena, de Soest, de Bielefeld. En 1674, il passa dans le Roussillon, sous les ordres de Schomberg. Ce fut probablement vers cette époque qu'il se convertit; car nous ne pensons pas que, sans abjuration, il eût obtenu, après la bataille de Fleurus, à laquelle il assista, le grade de major, dont il était revêtu au siège de Mons. Nommé, bientôt après, lieutenant-colonel, et, en 1694, brigadier, il continua à servir, sous Luxembourg, dans les Pays-Bas, môme après avoir été créé, en \ 695, inspecteur général de l'infanterie. En 4 696, il passa à l'armée de la Meuse; en 4701, il lit la campagne de Gueldre. Elevé, en 1704, au grade de lieutenant-général, il fut em-
ployé, en cette qualité, à Tannée d'Espagne où il continuai se signaler dans toutes les occasions , depuis le siège de Gibraltar jusqu'à la prise de Carthagène. Ses services lui valurent le gouvernement de la citadelle de Lille, vacant par la mort de Vauban ; cependant il ne quitta pas l'Espagne, et Lille ayant été prise par les ennemis, en 1708, il obtint, comme dédommagement, le commandement du Quesnoy. Assiégé en 1712, il fut obligé, après une belle défense, de se rendre prisonnier de guerre avec sa garnison. En 4713, il fut rétabli dans le gouvernement de la citadelle deLille, qu'il conserva jusqu'à sa mort.
£8PARO]\', dit aussi Dortial et Saint- Jean, natif de Chalencon. La défaite de Cavalier à Yagnas {Voy.
III, p. 286), ayant fait avorter le projet qu'il avait conçu pour soulever les Protestants du Vivarais, Esparon, que (7oi*r^ qualifie de prophète jusqu'à l'extravagance, se tint à l'écart pendant quelques mois, préparant en silence une nouvelle tentative d'insurrection, avec le concours d'un autre prophète nommé Jolicœur. Toutes ses mesures prises, il passa l'Ardèche au pont d'Arc, dans le mois de février 4704, réunit sa troupe à celle d'Abraham Charmasson, qui, dans cette occasion, prit le nom de Cavalier, le célèbre chef cévenol, et entra dans le Haut-Yivarais, où Louis Mercier, dit Descofnbes^ homme influent dans ces cantons, vint se joindre à eux. Mais, depuis la mort ^Homely les Yivaraisiens s'étaient beaucoup refroidis ; les plus zélés ou les plus courageux avaient été massacrés, livrés au bourreau, conduits aux galères, incorporés dans le^ troupes ou forcés de s'exiler, en sorte qu'une centaine à peine répondirent à l'appel d'Esparon, qui, s'imaginant follement qu'à défaut de l'enthousiasme, la terreur grossirait sa troupe, se livra à toutes sortes d'excès. Ce moyen lui fut fatal; il souleva, en effet, la population, mais contre lui-mCme. Vivement poursuivi par Julien, il fut surpris au village de Fran-
ESP
ESP
chesin, et, après un combat acharné, où il perdit une soixantaine d'hommes, il disparut, avec le reste de sa troupe, au milieu des rochers et des précipices. Julien fit massacrer tous les habitants de Franchesin et mit à prix la tête des trois chefs de Tinsurrection, qui réussirent k se soustraire à toutes les recherches.
ESPEIiiCE (CLàunE n'), né à Chàlons-sur-Marne, en 4 54 4 , d'une famille noble, docteur de Sorbonne et recteur de rUniversité de Paris, en 4 544 . Les écrivains catholiques accordent volontiers que d'Espence fut un des docteurs les plus modérés de son temps ; ils reconnaissent qu'ennemi de la violence, il désapprouva les persécutions; mais ils n'avouent pas qu'il fut un partisan des idées nouvelles. Ne pouvant dissimuler complètement la vérité, Crevier confesse qu'en 4543, la Faculté de théologie le cita à son tribunal « pour quelques expressions qui furent rele- ^ vées et que la Faculté ne crut pas de- ' voir négliger dans un tems où les ennemis de l'orthodoxie se multiplioient ettiroient avantage de tout; » mais il se garde bien de reproduire l'acte d'abjuration que d'Espence fut forcé de lire publiquement dans l'église de Saint- Méric à Paris, le 22 juillet 4 543. Nous avons été assez heureux pour en trouver une copie dans le recueil de la Collect. Dupuy, qui porte au dos le N* 4 37. L'extrait que nous allons donner de celte pièce fort curieuse prouvera avec la dernière évidence que l'historien de l'Université de Paris a commis le péché de mensonge lorsqu'il a osé avancer que d'Espence « imitoit le cardinal de Lorraine son patron, qui a été regardé comme ne se piquant pas d'une raideur inflexible dans les poinls qu'il jugeoit ne pas intéresser la substance de la foi. »
L'acte de rétractation que les commissaires devant lesquels il comparut, le 7 juin , le condamnèrent à lire en chaire , commence ainsi : « Au commencement et àla salutation angélique, nous demanderons la gr&ce du Saint-
Esprit, par l'intercession de la benoiste Vierge Marie, mère de Dieu, reine du ciel, laquelle, comme bien chante l'Eglise à l'antienne Regina cœli, a mérité porter le Fils de Dieu, et la saluerons du salut angélique. Ave Maria , etc.
Pour autant qu'en mes prédications faictes le caresme dernier en ceste présente église, quelques gens de bien ont esté scandalisez et mal édifiez de moi, pour aucunes propositions, lesquelles j'ai esté accusé et déféré envers ma bonne et ûdèle mère, la Faculté de théologie, avoir dictes et preschées, pour remédier ausquels scandales et mieux tôlier et ester du tout à l'advenir selon mon pouvoir, avant que passer plus avant au présent sermon, j'ay délibéré, jouxte le bon conseil et advis de madite bonne mère la Faculté, de vous réciter et référer présentement lesdites propositions et icelles confesser et recognoistre estre dissonantes et répugnantes et scandaleuses k nostre saincte foi catholique, protestant de bonne foy qu'au cas que je les auroi ainsi dites et preschées que je vous les réciterai, l'auroi très-mal dit et presché témérairement et indiscrètement contre la vérité de nostre saincte foy catholique et doctrine de nostre mère saincte Eglise, etc. »
Quelles étaient donc ces propositions qui, au dire de Grevier, n'intéressaient pas la substance de la foi, et que d'Espence rétracta comme fausses, luthériennes, hérésies damnées ? Les voici :
L 11 nous faut premièrement addresser à Dieu qu'aux Saiucts.
II. Dieu n*est point content si notre oraison n'est premièrement faicte à luy.
m. Il ne faut point des chandelles ni offrir aux Saincts. Voilà une pauvre femme qui n'a qu'un tournois; elle le mettra dans une chandelle et puis la porte à je ne scay qui.
rv. Pour garderies commandemens de Dieu, pour les bonnes œuvres, pour aller à confesse, tu ne seras point justifié; car il n'y a que la seule foy qui justifie.