‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 188 sur 189 · VII. Tune seras point justifié par la confession · texte numérisé non relu

VII. Tune seras point justifié par la confession

VIII. Lepescbeur ne peut satisfaire pour son pesché, car il n'y a que Nostre Seigneur qui peut satisfaire pour tous.

Ce sont bien là des propositions lu- Uiériennes, la Sorbonne ne s'y était pas trompée. Au reste d'Ëspence s'était élevé avec non moins de force contre le jeûne du carôme, « chose griève et à manière de parler insupportable» ; contre le célibat des prêtres, institué par gens lubriques et mal vivants», qui chargeaient les autres d'un joug qu'ils ne voulaient pas porter; contre les ordres monastiques, contre les ornements d'églises « qui seroient mieux employés aux pauvres >» . Mais h quoi bon poursuivre? Nous ne rapporterons plus qu'une seule de ses propositions, parce qu'elle justifie la Réforme. « Depuis 400 ans, avait-il dit , le sainct Evangile n'a esté bien presché jus< ques à maintenant; mais seulement preschoient-ils ne scay quelle doctrine et philosophie humaine. » Attaquer les scolastiques, les saint Thomas, les Anselme, les Bonaventure I La proposition fat déclarée téméraire, fausse, schismatiqueet hérétique, et aux saincts docteurs et prédicants injurieuse.

D'Ëspence s'était soumis à l'humi- Hation qui lui avait été imposée, et cependant sa conscience ne cessait de protester contre les abus de l'Eglise romaine. Dix ans plus tard, au mois d'août ^ 553, invitée par le parlement à examinerplusieurs livres suspects d'hérésie, au nombredesquels se trouvaient la Paraphrase ou méditation sur V oraison dominicale (Lyon, J. de Tournes, 4550, in-46), et la Conso-

letton en adtenité, par Oaiide d^Espence, la Sorbonne releva dans ces denx opuscules plusieurs propositions obscures , ambiguës , erronées , captieuses, suspectes d'hérésie, et demanda qu'ils fussent supprimés. Quelques années après, le pauvre d'Ëspence, qui venait de jouer un rMe considérable au colloque de Poissy, fut forcé de rétracter les articles, qu'il avait proposés h Saint-Qermain sur le culte des ftnages. Mais anssi n'avait- il pas poussé Paudace jusqu'à demander qu'on enle- Tat des églises les peintures de la Tri nité et les images « en forme lascive, désbonnôte et étrange»; qu'on défendit de les couronner, habiller, porter en procession, de leur oflrir des vceax et des offrandes, de les encenser et saluer, de s'agenouiller devant elles, «ce qui est partie de l'adoration»; qu'on les fit disparaître de dessus les autels et qu'on n'y laissât que la croixf Malgré toutes ces rétractations, d*Espence retombait, à chaque nouvel écrit sorti de sa plume , dans son péché 4'habitude. En 4 565, il publia, à Paris, Sur la continence, un liyre qui fut mis à Pindex, parce qu'il y attaquait les ticcs du clergé, ce qui ne l'empêcha pas de renouveler ses attaques dans son Commentaire sur répitre à Tite (Paris, 1568, in-8»), dont la lecture fut également défendue. On doit s'étonner que les inquisiteurs aient négligé d'inscrire dans l'index le Commentaire sur les épîtres à Timothée, qui méritait cependant cet honneur par les Tives sorties que Pauteur s'y permet contre les prélats de l'Eglise romaine.

Si ces rechutes continuelles n'attirèrent pas à d'Ëspence de plus cniels châtiments, il fautPattribuer sans doute à la faveur du cardinal de Lorraine, qui le tenait en si grande estime, qu'il le mena avec lui en Flandre, en 4 544, et en Italie, onze ans après. On dit que pendant son séjour à Rome, il entra si avant dans les bonnes grâces de Paul IV, que ce pape, pour le retenir, lui offrit le chapeau de cardinal; mais d^spence préféra revenir dans sa patrie.

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11 a^isU aux Etats d'Orléans ainsi qu'au colloque de Poissy (Voy. BÈZE), etraounil de la pierre, en 4571. Ses Œuvres latines ont été publiées par Génebrard, sous le titre : Opéra omnia qnm supersunt adhuc, Lutet. Paris., 4649, in-fol.

E8PÉ11AIVDIEU (Jean), conseiller et maître des requêtes du roi, mai-^ son et couronne de Navarre, lieutenant eu la sénéchaussée d'Uzès, épousa, le 4 janv. 4 574, Madelaine Mercier^ qui lui donna trois fils. La destinée des deux cadets nous est inconnue; ils se nommaient Henri et Honoré. L'atné, GciLLàUHK, sieur d'Aiguefoude et coseigneur d'HautpouI, fut député par le Bas-Languedoc à l'Assemblée politique de Grenoble, en 4 64 5, avec Sainte Privât , de Serres, général en la cour des aides de Montpellier, Daniel de Gallièreg, conseiller du roi et trésorier de France en la généralité de Montpellier, qui avaitété élu consul de cette importante cité, l'année précédente, et le ministre Faucher on Faulchier. Comme un autre Kspérandieu, ditdeCaslres, assista à cette même assemblée, en qualité dedépulé du Haut-Languedoc, il est difficile de dire lequel des deux fut membre de la commission chargée de dépouiller le cahier des provinces ( Fonds de Brienne, N* 2Î3), et s'employa à la négociation de la paix. Une pièce du vol. , du même fonds coté 242, nous apprend bien qu'en récompense des services qu'il avait rendus pendant la négociation de la paix , celui de Castres fut nommé, en 4 622, lieutenant-général au siège royal de Montauban , mais nous pensons qu'il s'agit ici du traité de Montpellier.

Guillaume Espérandieu épousa, en 4 605, Gabrielle Cassagne et mourut vers 4 639. Son fils Jacques, coseigneur d'Hautpoul, prit pour femme, en 4 641, Madelaine Faute qui lui donna Salomon, sieur d'Aiguefonde, Jacques, sieur de Calmon, François, sieur de La Cam, et Louis, sieur de Fontalba.

A Tàge de 80 ans, intrépide confesseur de la foi évangélique, Jacques Es«

pérandieu fut enfermé îi Pierre-Encise; rien ne nous a appris jusqu'ici que ses fils eussent suivi son exemple. — Nous avons eu et nous aurons encore l'occasion de parler d'autres Espérandieu que nous ne pouvons rattacher à cette famille; tel, par exemple, le ministre de ce nom qui fut député par le Bas- Languedoc, en 4584, h l'Assemblée politique de Montauban.

E»1»1ÎVAY (Nicolas d'),ou Despi- %ay, quelquefois Lespinay, sieur du Parc de Nerville, d'une famille originaire de la Normandie, était fils de Nicolas d'Espinay, sieur de Campigny et de Grandval, anobli, en 4 608, en récompense de ses services, et de Geneviève de Boni face - de - Saint - Àignan. D'Espinay se voua à la carrière ecclésiastique et fut nommé pasteur à Loudun. Ce fut en celte qualité qu'il fut député par l'Anjou à l'Assemblée politique de Loudun et à celle de La Rochelle. Celte dernière, où il remplit les fonctions de vice-président, lui confia une mission auprès du roi d'Angleterre, au mois d'août 1611. Il devait « l'informer au vray de la persécution rigoureuse et désolation des églises», et « le supplier très-humblement vouloir en cette extrême nurossité secourir lesditcs églises, puisqu'il portoit le titre glorieux de defleuseur delafoyo {Fonds de Brienne, N" tlT»), De son mariage avec Marie Sasserie, fille de N. Sasserie et de Susanne Des Cerisiers, naquirent Pikrre, qui suit; Jean, mort sans postérité; Nicolas; Marie, femme, en 4 638, (WAndrê Boy, sieur de La RoUandière; Susanne, mariée à Charles Mlin,

Pierre, sieur de Nerville et du Lieu, né vers 4645, épousa, en 4641, Marie Martin, fille de Philippe, sieur de La Rigollière, dont il eut Nicolas, sieur du Lieu et d'Esplenne, qui suivit la cjirrière des armes et se convertit h la révocation; Jean, sieur de Nerville, qui servait dans la o^walerie en 167i, et Marie, femme d'^. Gandoyer.

Nicolas d'Espinay avait plusieurs frères et sceurs. L'aîné, Jean, sieur de

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