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Co^»ÎM, ia-i% obloDg, sorti de dessous presse, le t6 avril 1 685 avec pri* Tiléfsdii SS mai 4681, n'est qa'ane réimpression du Livre de pourtraioiure, avec des additions et corrections de réditeor, comme l'indique du reste le titre complet de l'exemplaire que nous avons eu en main. On y Ut : ReveUj corrigé et augmenté^ par FrançoU Mlaiu^ graoewr à Paris, de plusieurs morceaux d*après Vantique etc., et dans le privilège : le Livre de portraiture au l'Art de desseigner, etc. Ce qui a pu induire en erreur M. Miel, c'est
S'il existe des exemplaires de ce livre, 3Utr-ètre d'une édition antérieure) qui ne portent que le faux titre. Les habiles connaisseurs qui ont recueilli l'Œuvre de Cousin, .au Cabinet dos Estampes de la Bibl. nat., paraissent s'y Ctre Laissé tromper également.
On a dit que Jean Cousin s'était aussi adonné à la poésie. Dans ce cas, ce serait uiî trait de ressemblance de plus qu'il aurait avec Michel-Ange. Ses couvres poétiques auraient été recueillies et publiées, après sa mort, par les soins de sa femme. Mais aucun bibliograi^e n'en fait mention. Les seuls vers, à notre connaissance, qui pourraient lui être attribués, sont ceux dont il est parlé sous les rubriques Peinture sur verre $ 8 et Dessin au lavis, et un sonnet placé en tête de son livre de Pourtraicture, dont nous rapporterons ce fragment :
Ainsi qnkooqoa veat en son art estrc expert, Saas l'art de poartraictare en soii œuvre se
[perd :
Caria pourtraictnre est son nocher et son livre. Sa condaite, son aisie, et avcrquc elle il peut Vofiar, açavoir, courir, voler où son cœnr
[veot.
Et faire son esprit en son ouvrage vivre.
COVTELLf: (Pibrre), fils de Pierre Couielle, secrétaire du roi.
Resté orphelin par la mort de son père, Pierre Coutelle avait été placé sons la tutelle de son oncle maternel, le receveur Louis Bérard, qui avait commis l'in4>nidence de le mettre dans le collège dirigé âi Nismes par les Jésuites, malgré iM difentes liitérées les sf-
nodes nationaux. Celait un enfant de treize ans. Abusant de leur influence, ses maîtres l'induisirent à changer de religion, et comme on craignait les réclamations des parents, on l'envoya, pour le garder plus sûrement, dans le palais de l'évoque. On était toujours sous l'empire de l'art. XVni de l'édit de Nantes, qui défendait, sous peine de punition exemplaire, « d'enlever par force ou induction, contre le gré de leurs parents, les enfants de la religion réformée; » ce ftit seulement en 4 663, c'està-dire treize ans plus tard, qu'un arrêt du conseil, au mépris des droits les plus sacrés de la nature, fixp h quatorze ans l'âge où les garçons protestants pourraient se convertir ; or, nous venons de le dire, le jeune Coutelle n'avait pas môme atteint cet âge. Cependant, lorsque ses parents Louis Bérard , Braicy et André Coutelle s'adressèrent aux magistrats , ils ne purent obtenir justice, et l'évêque refusa de rendre l'enfant. Le dimanche suivant, 4 sept. 1 650, le ministre Baudan, cédant à une indignation trop légitime, exhorta dans un discours véhément le peuple à arracher de force le jeune Coutelle d'entreles mains de ses ravisseurs, et, se mettant à sa tête, il marcha contre l'évôché, malUaila les domestiques de l'évOque, qui essayèrent d'en défendre l'entrée, et enfonça les portes. L'enfant avait disparu. Ménard, nous le savons, affirme le contraire et prétend que les Protestants Tenlevèrent; mais, un peu plus loin, il dit, sans songer à la contradiction dans laquelle il tombe, que les conseillers réformés de la Chambre* de Castres demandèrent que Coutelle fût remis entre les mains de son tuteur. La relation de Benoit est donc la plus exacte. La justice étant alors intervenue, Baudan, qui avait joué dans cette affaire un singulier rûle pour un ministre de l'Evangile, s'enfuit, et on dut se contenter d'arrêter quelques-uns des mutins, qui furent renvoyés devant la Chambre mipartie. Il y eut partage, les conseillers dlbotifues f oulasi qu'on jugeât dV
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bord les coupables, ei les protestants qu'on commençait par représenter l'enfaut. Fatigué de toutes ces lenteurs, révêque mit Nismes en interdit et se retira à Beaucaire. Punir les habitants caUioliques de la faute de leurs concitoyens protestants, peut paraître un procédé étrange ; aussi le but du prélat était-il évidemment de provoquer des troubles. Son attente fut trompée.
Le cardinal Mazarin, à qm les magistrats de Nismes en référèrent promptement, voulut que l'affaire se terminait par les voies de la douceur. L'évêque dut se contenter de quelques excuses; Baudan fut rétabli dans ses fonctions ; mais Tenfant resta catholique.
COZAIN (Jacques ), appelé aussi Cozan, Cotant^ même Caza, pasteur d'une église de la Normandie en 4 570. Cozain avait publié deux livres dans lesquels il professait des opinions qui s'éloignaient des doctrines reçues. Sur la dénonciation d'un de ses collègues, le Synode de La Rochelle chargea Chandieu et de UEstang d'examiner ses ouvrages, et sans même attendre le rapport des commissaires, il s'empressa de déclarer qu'il rejetait et détestait les doctrines de Cozain ; nous regrettons que les actes du synode ne nous les fassent pas connaître. En même temps, les Pères de La Rochelle ordonnèrent qu'il serait écrit aux évêques d'Angleterre pour les exhortera défendre dans leurs diocèses l'introduction des livres du ministre normand. Plus sages que les représentants des églises françaises, les prélats anglais répondirent qu'avant d'obtempérer au vœu du synode, ils désiraient connaître « la matière des livres dont il s'agissait. » Le Synode de Nismes invita Bèu à donner les explications demandées; mais il parait que le célèbre réformateur ne put s'occuper de ce travail, et ce fut François de Saint-Paul qui fut chargé de répondre aux évêques anglicans, en leur envoyant les livres de Cozain avec les annotations qui y avaient été faitef. Si, comme nots le soupçonnons, Cozain est le même que Cozant, miniftie
de Marmande, en Normandie, déposé par le Synode de Montauban, il est étrange qu'un homme qui professait des doctrines si funestes ait été laissé en place jusqu'en 4 594.
CRAMAHÉ, nom d'une maison noble de La Rochelle, composée, en 4685, des trois frères, Cramahé, De$ Roches et de L'Isle, qui, tous trois, donnèrent des preuves de leur zèle pour la relidon protestante. L'atné s'était retiré à Paris avant la désolation de l'église de La Rochelle, et à la révocation de i'édit.de Nantes, il réussit à passer en Angleterre où il fut rejoint, peu de temps après, par son frère de Ulsle, Des Roches ini moins heureux. Reconnu sous son déguisement, il fut arrêté à La Repentie, maltraité de paroles et de coups, dépouillé de tout ce qu'il portait sur lui et conduit , enchaîné comme un criminel, dans les prisons de La Rochelle. Son procès s'instruisait avec activité lorsque l'ordre arriva de le transférer dans le fort de La Prée en l'Ile de Rhé. Il y passa seize mois entiers, après quoi il fut conduit au château de Lourdes dans les Pyrénées, où il demeura dix mois. Les menaces ni les mauvais traitements n'ébranlant sa constance, on le rendit enfin à la liberté après vingt-sept mois passés dans les prisons, et on l'expnlsa du royaume. — En 4743, la terre de Cramahé était possédée par Pinyot de La Largère , qui descendait aussi d'une famille protestante {Arch, E. 3429).
CRAlNLEU, famille strasbourgeoise, dont une branche s'établit à Genève en
Jean-Ulric Cramer, reçu bourgeois de Genève en 4 668, laissa de son mariage zy^c Gabrielle CaUle, quatre fils nommés Gabiiil, Jacques, Ahdib et Jean- Antoine. Trois firent souche.
I. Gabriel Cramer, né le 24 mars 4644, fit ses études en médecine à Strasbourg ; mais après avoir pris le bonnet de docteur en 4664, il retourna à Genève où il exerça avec succès sa profession jusqu'à sa mort, arrivée le 4 5 juin 4714. Il était doyen du collège de
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médecine, et avait été admis, en 1 677, dans le conseil des CC. On n'a do lui que deux dissertations inaugurales sous ces titres : Thèses anatomicœ totam anatomiœ epitomen complectentcs ^ Slrasb, 1663, in- V; eU)e ohsinictiO' ne jecoris, Strasb., IG6i, in-4*. Il avait été marié deux fois. Sa première fftmrae, Jeanne-Louise Sales, ne lui donna qu'un fils , nommé Jkan-Lsaac.
Il eut plusieurs enfants de la seconde, Marie Vaudenet, mais aucun d'eux ne laissa de postérité.
Jcan-Isaac, né le 29 juillet 1G74, reçu docteur en médecine en 1696, du CC en 1704, puis des I.X, morl en 4751, a publié Thésaurus secrelorum cuHosorum, Gen., 1709, in-t\ Il avait épousé, en Î700, Anne Millet dont il avait eu quatre fils : l " Jean, qui suit; — V Gabriel, célèbre proi'es«;eur de philosophie et de malhénialitiuos, dont nous parlerons plus lard : — 3' Jr.AN-ÂMoiNE, docteur en médecine, né le 3 mars 1707, du CC en Î75i, morl en 1775; — 4» Gédéox.
Jean Cramer, né le 2 1 juin HO I , fut un professeur de droit très-distingué.
Du conseil des CC en 1728, conseiller en 1738, syndic en 1747, puis premier syndic, il mourut en 1773, estimé un des savants et des magistrats les plus remarquables que Geiiève eût produits.
Il a laissé, en M vol. in-4% un Recueil de procédures civiles et criminelles, qui n'a point été livré à l'impression. De son mariage avec Sara Chomel (1), outre Jean-ïsaac , mort jeune, et Adrienne , femme de Jean- Louis de Loys, naquit, le 13 juin 1728, Jëan-Manassé Cramer, professeur de droit comme son père, depuis 17o6, et membre du conseil des CC en HOL Après trente-deux ans de professorat, J.-M. Cramer donna sa démission, que le Conseil accepta avec regret en lui faisant témoigner sa reconnaissance pour les services qu'il avait rendus; puis il se retira à Mont-sur-Uolle où il termina ses jours en 1797. Jeanne
n) Jean C.komel, êniMCi d'AniiOH.iy, .ivait i'ic (cçu bourgeois le 'i2 avril i7o.'>.
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Bertrand, qu'il avait épousée en 1 754, l'avait rendu père de deux fils, nommés Jean-Antoiisk et JEAff-Locis. Le second, né le 20 avril 1768, prit le parti des armes, fit avec distinction la campagne d'Espagne, comme capitaine au service de rAngleterre, et s'éleva au grade de lieutenant-colonel dans la milice du canton de Genève. 11 eut un fils unique de son mariage avec Adrienne-Anne-Amélie IHctet. Nous connaissons de lui un opuscule publié à Genève, 1831 , in 8*, sous ce titre:
Quelques é clair cissemens relatifs à un article inséré dans le Protestant.
Son frère aîné, qui naquit en 1757, suivit la même carrière que son père et son aïeul. 11 fut, comme eux, protesseur de droit, et en 1792, il rendit à Genève des services importants, comme secrétaire de la députation qui fut envoyée à la diète de Frauenfeld dans le but d'obtenir que la république fût comprise dans la neutralité des Cantons suisses.
Le Conseil lui vola des remercîments pour le zèle, l'aclivilé et rintelligence dont il avait fait preuve en ces graves circonstances. Lorsque les Français occupèrent Genève, Jean-Antoine Cramer se retira en Angleterre avec sa femme Uarriet-Sara C ourlet -Th orneguex. Il laissa trois lils, IlENRi-Jon?f, Jeax-Antoine et Louis, qui se fixèrent en Angleterre et s'y tirent naturaliser. Le second, mort en 1849, fut professeur à Oxford et doyen de l'église de Carlisle. Il est auteur de A geograpkical and hisiorical description of an-* cicnt Italy (Oxford, 1826, 2 vol.
in-8' avec cart.), et de A geogrnphical and historical description ofancicnt Greece{OxL, 1828, 3 vol.in-8»
avec carte).
Il nous reste à parler de Gabriel Cramer, qui s'est placé par ses travaux sur les sciences exactes au rang des premiers mathématiciens de son temps.
Né à Genève, le 31 juillet 1704, le jeune Cramer fit d'excellentes études qu'il couronna par de brillantes thèses De sono. A l'Age de 20 ans, il ne craignit pas de disputer avec son ami Ca-
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landrim h chaire de philosophie k Amédée de La Rive; il succomba, mais avec honneur, en sorte que le Conseil ayant établi, fort |>eu de temps après, une chaire de malhémaliques, les deux jeunes amis furent chargés de la remplir tour-à-tour. En 4727, Cramer partit pour BOile dans l'intention de suivre les cours de Bernouilly ; il voyagea ensuite en Angleterre et en France, se failant partout des amis par Texcellence de son caractère et par son amour pour la science. A son retour à Genève, en 4729, il rephtses leçons, et, en 1734, Calandrini ayant été promu à la chaire de philosophie, il resta seul en possession de celle de mathématiques qu'il occupa jusqu'en 4750. La Compagnie des pasteurs l'ayant choisi pour son secrétaire, Cramer, afin de lui témoigner sa reconnaissance , eut la patience de transcrire le premier volume des registres du consistoire qui était devenu indéchiffrable. Nommé membre du conseil des ce en 4734, et des LX en 4749, il prit dès lors aussi une part considérable aux affaires de l'Etat, sans négliger toutefois la culture des sciences et des arts. Son activité infatigable suffisait à tout. Non-seulement il s'acquittait avec exactitude des devoirs que lui imposaient les diverses fonctions dont il était revêtu, mais il entretenait avec les principaux savants de l'Europe une correspondance qui avait pris beaucoup d'extension depuis un second ▼oyagequ'iiavaitfaitàParis, en 4747, avec le prince de Saxe-Gotha. Sa réputation était si bien établie qu'en 4750, il fut nommé, sans concours, professeur de philosophie; mais il ne jouit pas longtemps de sa nouvelle chaire.
Il mourut, le 4 janv. 4752, à Bagnols où il s'était rendu dans l'espoir de rétablir sa santé altérée par d'excessifs travaux. Les Académies de Berlin , de Montpellier et de Lyon , la Société royale de Londres et l'Institut de Bologne se l'étaient associé. Au jugement de Sénebier, Cramer mérita le nom de grand homme par la profondeur de son génie, l'étendue et la solidité de ses
connaissances, la justesse et le nombre de ses idées. Il était d'ailleurs le meilleur des hommes, ajoute l'écrivain genevois.
Gabriel Cramera laissé plusieurs ouvrages qui justifient les éloges de Sénebier.