‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 22 sur 189 · Tomheau de Vomirai Chabot · texte numérisé non relu

Tomheau de Vomirai Chabot

Ce monument érigé à la mémoire de Philippe Chabot, mort en 4 543, par son fils Leonor, grand-écnyer de France, se voyait primitivement aux Célestins, dans k chapelle d'Orléans, et se trouve actuellement au Musée delà Renaissance. M. Miel en donne cette description : « L'amiral [statue en albâtre de La-

gny] vêtu de son armure est à déni couché, le bras droit appuyé sur sot casque, une jambe étendue, l'autre légèrement repliée, à peu près dans l'attitude que les artistes ont donnée aux divinités des eaux. La stature annonce la force physique, l'expression décèle l'énergie morale. Cette ronde-bosse se recommande par un jet simple et un caractère ferme ; par la beauté des mains où perce toutefois un peu d'afiectation florentine; par la souplesse de la tunique, qui contraste avec l'inflexibilité de l'armure : mais cette inflexibilité n'est pas telle que Ton ne sente sous le fer une chair animée. Au-dessous était un bas-relief représentant la Fortuné ren^ versée^ figure d'un sentiment profond, d'un développement admirable, et qui serait une excellente allégorie si le christianisme admettait cet emblème; il est impossible de mieux rendre l'accablement de la douleur, ou plutôt la prostration du désespoir, et d'attacher plus éloquemment l'idée d'un malheir public à la perte d'un héros. Force et simplicité, telles sont les qualités prédominantes de Jean Cousin; elles caractérisent le génie ; elles sont communes au fondateur de l'Ecole et à son illustre restaurateur [David.] » Le basrelief dont parle M. Miel, et qui est représenté dans la gravure de Lacour, ne se trouve pas au Musée.

9.) Tombewu de Jacques de Bresée^ grand sénéchal de Normandie. Ce tombeau, sorte de monument expiatoire que Louis de Brezée éleva à la mémoire de son père, se voit dans l'égUiecathédrale de Rouen. L'événement que ce monument rappelle, est des plus tragiques. Jacques de Brezée avait épousé la flUe naturelle de Charles VD et d'Agnès Sorel. Charlotte, tel était son nom, était fiU| de sa mère, c'est dire assez qu'elle était galante. Un jour le sénéchal la surprit... son it* neur avait pris sa place. Le crime était constant, le mari outragé ne délibéra

£as, il poignarda les deux coupables.

[ais le sang royal ne doit-il pas avoir ses privilèges? Louis XI indigné en fit

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ton affaire, et comme il atait le bras long, il ordonna à la Justice de poursuivre; c'était lui ordonner de condamoer. Cent mille écus d'amende furent jugés une satisfaction Contenable.

Sans doute que S. M. avait besoin de cette somme; à cette époque, on était peu scrupuleux sur les moyens. Mais c'était plus que le malbeureux sénéchal ne pouvait payer, il prit donc le parti de s'enfuir. A la mort de Louis XI, il rentra en France et sollicita du Parlement la révision de son procès. Les souverains se succèdent, mais ne se ressemblent pas. Ceux qui suivent prennent môme volontiers le contrepied de ceux qui précèdent. Charles Vni n'étant pas contraire à cette révision, le Parlement cassa i'arrdt qu'il avait rendu, et Jacques de Brezée put rentrer en possession de ses domaines. Son fils qui lui succéda dans sa diarge, devint l'époux de la célèbre Kane de Poitiers. La fatalité poursuivait cette famille. Nous emprunterons à IL Alex. Lenoir la description de l'œuvre de Cousin. M. Miel n'en fait pas mention. « Ce monument, tout en marbre, orné de colonnes et de neuf figures de grandeur naturelle, se compose de deux ordres d'architecture posés l'un sur l'autre, selon le goût du temps, et comme celui de Jules H par Michel-Ange. Jean Cousin dans ses ouvrages a suivi la manière de ce grand maître. La première figure que l'on voit est celle du malheureux veneur, victime de son amour, que Jean Cousin a sculpté nu, la tète renversée, et coudié sur un sarcophage de marbre noir.

Dans le premier entre-colonnement, près de la tète du jeune homme, Charlotte est également sculptée ^ genoux et en prière; elle a le regard &é sur le co^s de son amant. En face de Charlotte est une femme debout, tenant dans ses bras Louis de Brezée, son fils, qui était encore à la mamelle lorsque sa mère fut poignardée. Il y a tout lieu de croire que cette femme dont l'attitude est tranquille et l'expresBio& calme, est la nourrice de l'en*

font; son vêtement simple semblerait l'iniÛquer. La seconde partie du monument se compose de quatre vertus servant de caryatides et d'un grand arc dans lequel est sculptée de ronde-bosse et de grandeur naturelle la figure équestre de Jacques de Brezée, armé de pied en cap, fuyant et abandonnant ses terres, ne pouvant remplir les conditions de l'arrêt rendu contre lui, en réparation de son assassinat : ce qui est exprimé par le champ de blé qui fait le fond du tableau et à travers lequel on le fait passer.

«Dans le milieuducouronnement de ce beau mausolée, et c'est ici oà l'esprit allégorique du temps et le génie de Jean Cousin se font remarquer, on voit une espèce de niche, ornée de deux colonnes de marbre noir, contenant la Justice aUée et assise sur un trône formé par des branches d'épines... La déesse est appuyée d'une main sur le ' glaive de la loi qu'elle a renversé en signe de pacification; de l'autre main, elle s'appuie sur son trône d'épines, et le serpent de la prudence fait le tour de son bras... Ce monument, d'un style sévère et d'une exécution qui n'est pas agréable, peut néanmoins se classer au nombre des belles productions du xvi* siècle. »

Yn. Publications. 4.) Livre de perspective de Jehan Cauein SenonaiSj maistrepainctreàParis, Paris, Jehan le Royer, 4560, in-fol.; non paginé [69 feuillets] ; figg. « portraittes de la main de l'auteur sus planches de bois » et gravées par l'éditeur et son beau-frère Aubin Olivier. — Frontispice historié, avec cette épigraphe :

En ceste présente figure nous sont démontrez les cinq corps réguliers de géométrie (lesquels sont déduits et déclarez de poinct en poinct en la fin de co présent livre): ensemble certains per sonnages racourciz selon cest art, desquels. Dieu aydant, espère au second Jivre [le Livre de pourtraicture] vous les déduire plus amplement. — Au verso, on lit cette préface : En ce livre est contenu la source et origine de

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Tart et pratique de perspective, leqael consiste en tro^s espèces : G^est ï sea* voir en plattes formes géométrialles, en supeÂcies perspectives, extraites et tirées des géométrialles^ puis en corps solides, prenants leurs origines des superficies perspectives , avec la pratique de certains poincts accidentaux, engendrez de la nature des œuvres que voulez feindre : et aussi en reigles géoéralles de n'errer audit art, et n'y &re faute. — Dans une épttre au lecteur, Cousin s'excuse de n'avoir pas dédié son livre au roi ou à quelque prince ou grand sdgneur, « selon que coustumièrement il se faict, » sur ce qu'il* n'a pas senti en sqi « de l'éio-r quence et sçavoir assez pour s'y oser adresser. • Les courtisans sont moins modestes. « Je l'eusse semblablement voluntiers, continue-t-il, laissé aller avecq' ses figures simples, s'il n'eust deu tumber qu'es mains des experts et excercez eii l'art, qui d'eux mesmet et à la simple veue de la figure eussent peu cognoistre et voir ce qui en est.

Mais j'ay voulu servir aux rudes et ignorans qui voudront en cognoistre quelque chose, et satisfaire k l'instante poursuitte de mes bons seigneurs et amys, amateurs de cest art, qui m'en ont à tant de fois requis et prié, qu'il ne m'a esté possible de les esconduire et pi'exempter d'en mettre dehors quelque diose. En quoy véritablement j'ay esté d'autant plus hardy, qu'il me sembloit |)ien que l'expérience que j'en ay faicte p4r longtemps me devoit avoir laissé quelque jugement et cognois* sance pour en pouvoir parler à l'instruction et avancement des nouveaux et non expérimentez en l'art. » — Les quelques uotions élémentaires de géométrie exposées dans ce livre pour faciliter rintelligence du sujet qui y est traité, n'autorisent pas à dire, commis plusieurs le répètent, que Cousin a écrit sur cette spience. M. Henri Martin parle même, dans son excellente his- , toire, de «traités de perspective et de géométrie appliquées aux arts. • Mais c'est u^eemuir..

%,) Le Uore de paurtraieiure d$ Jean Cousin. Faux titre. Le vrai titre, historié, porte : La vraye science de la pourtraieture descriie et démonstrie par maistre Jean Cousin, peintre et géométrien tris-excellent. Représentant par une facile instruction plusieurs plans et figures de tontet les parties séparées du corps humain: Ensemble les figures entières^ tant d'hommes que de femmes et de petits enfants, neUes de front, de profil et de dos, avec les proportions, mesures et dimensions d'iceUes : Et certaines règles pour racourcir par art toutes les dites figures. Port utir le et nécessaire aux peintres^ statuaires, architectes, orfèvres, brodeurs, menuisiers, et généralement à tous cous quiayment l'art de peinture et de sculpture, à Paris, chez Guillaume Le 6é, 1 642, in-4* oblong, sans pagination. Nagler indique une édit. de \ 1^93, et Watt une de 461 8 et une autre de 4674, in-4''. Nous n*a vons pu nous procurer que i'édit. que nous citons. Si l'on s'en rapportait à l'avis de l'éditeur, qui est mis en tOte, on devrait croire que c'est la première; mais -c'est évidemment un avertissement qui a appartenu ï une édit. antérieure, peut-être à celle qu'indique Nagler ; l'expression de feu M. Cousin le prouve, indépendamment de toute autre considération .Nous y lisons, en effet, que l'éditeur a vqulu « ouvrir les voyes par lesquelles pourroient marcher ceux qui désirent atteindre et parvenir à la délectable perfection de la peinture. Ge qu'il croit avoir fait ayant mis en lumière les (puvres de feu M. Goustn, homme recogneu trèscapable par ceux qui honorent ce bel art. » Il résulterait, en outre, de ces paroles que l'ouvrage n^a été publié qu'après la mort de l'auteur. • — Les deux publications que nous indiquons, sont les seuls écrits connus de Jean Gousin. Quelques biographes, et entre autres M. Miel, |ui attribuent encore une troisième publication, mais à tort.

VaH de deueignêt de umstifo Jeun

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