‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 3 sur 189 · XIX. Italia et Hispania orientalis, Hamb., 1730, in · texte numérisé non relu

XIX. Italia et Hispania orientalis, Hamb., 1730, in

Colomiès a édité, en outre : Lettres de la reine de Suède [Christine] et de quelques autres personnes, sans nom de lieu ni date, in-12; — Epistolm G. /. Vossii et clarorum vtro^

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mm adeunij Lond., 4690, in-foL; — S. démentis epistola dua ad Corinthios, interpret. Patricio Junio , Gott, Vandelino et J, B. Cotelerio, Lond., 4687, in-4 2; Aug. Vindel., 4691, ia-fol., en y ajoutant des notes et une Vie de Vossius.

Il avait promis : 4 ° Belgium orientale^ V Découverte d'auteurs cachés, 3° Criticus gentilis, sive de dubiis tcriptoribus ethnicis commentatio, 4* Raretés d'étude^ 5° De plagiariis, 6" Historia librorum, 7" Uistoria doctorum, 8" Clef de quelques endroits de Balzac, 9o Vie de Casaubon, 40° Cupidon sur le trône ou Histoire des amours de nos rois depuis Dagohert.

COMAJl<jUE, nom d'une des familles les plus anciennes et les plus distinguées du Périgord, dont deux branches au moins ont professé la religion réformée.

I. BaiNCHE DB Beauxinoir. Pierre de Gomarque, seigneur de Beaumanoir en Agénois, est, selon toute apparence, le premier de cette branche qui embrassa les doctrines nouvelles; mais il gérait difficile de fixer avec précision l'époque où il se convertit. Etait-il déjà entré dans le parti protestant, lorsqu'il s'empara, avec son frère, de la ville de Gaumontdont « les ennemis », lit-on dans la notice généalogique de M. de Courcelles, avaient tenté de se rendre maîtres; ou bien n'abandonna-t-il TEglise romaine que Tannée suivante, lorsque Henri de Navarre lui confia la défense du fort de Baradat ? 11 mourut peu de temps après, laissant de Marguerite de Raphaël un tils, nommée Gédéon, et deux filles : Marie, qui épousa, en 4605, GuUlaunw de Beauregard, et SusANNE, morte sans alliance.

Gédéon de Comarque, seigneur de Beaumanoir, qui n'avait qu'une diiaine d'années lorsqu'il perdit son père, fut élevé par son oncle Geoffroy et par iean de Caylus. Il mourut avant I6i0. D'un premier mariage avec Marie de Trevey^ fille de Jean de Trevei/y sieur de Buffrèdd, il ne lui était né qu'une fille,

nommée Marguerite, qui épousa C^Aarles de Janin^ fils de Jean de Janin et de Jeanne de Cladech . Sa seconde femme, Frayiçois de Bigos de Saint-Quentin, lui avait donné un fils et une fille. Le sort de cette dernière, appelée Es- THER, est inconnu. Son frère Renaud, seigneur de Beaumanoir, se maria, en 4 645, avec Anne-Marguerite de Gervain, fille de Jean de Gervain^ sieur de Postan, laquelle professait également la religion réformée, puisque, dans un premier testament, daté de 4 674, elle demandait ^ être enterrée selon les rites de l'Eglise protestante. Son désir ne put être rempli, car elle vécut jusqu'au delà de 1694. Outre quatre filles, Marie, Jeanne, Judith et Anne-Marguerite, qui se convertirent et obtinrent des pensions, en récompense de leur apostasie {Archiv, M. 668), Renaud de Gomarque eut sept fils : Bertrand, sieur de Beaumanoir, qui se convertit à la révocation, ainsi que Geoffroi; Jean, mort jeune; Renaud, réfugié eu Angleterre, dont un descendant, le docteur, René de Gomarque, fut nommé en 1738, un des directeurs de l'hôpital des réfugiés; Gédéon, qui passa également dans les pays étrangers ; Fran* çois, cornette de cavalerie, tué en 1 660, et Gabriel.

II. Brancob deGauparnaud. Geof-^ frai de Gomarque se convertit sans douta en même temps que son frère Pierre. Le roi de Navarre le nomma, en 4 585, capitaine d'une compagnie de 200 arquebusiers; mais, dès Tannée suivante, il périt dans un combat. Il avait épousé, en 4 574, Marie de Dieu, fille d"* Arnaud de Dieu et veuve de Jean Maignan, dont il eut Jacques de Gomarque, capitaine dans le régiment de Salers. Ge dernier, qui mourut en 4620, fut marié deux fois: en 4594, avec Marie Casfaing, fille (T Antoine Castaing, substitut du procureur du roi de Navarre à Gasleljaloux, le môme que le parlement de Bordeaux avait compris dans son fameux arrêt de 1 .')69; puis, en 4604, avec Jsabeau Dama, dame en partie de Samazan. 11 eut du

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premier lit Jbaémii, qui suit, et Isabiau. De son seco&d mariage naquirent Jban, AoBiBiiifs, Jeamnk, Mabie, femme, en 4632, de Jean de Lautrec, seigneur de Labatttt, et Louisb, épouse de Bernard de Dieu.

Jérémie de Comarque épousa, en 4625, Adrienne de La Chaussade, fille de Pierre^ seigneur de Lavau, ei de S^uannede Benquei de Cambes, dont il eut huit enfants. Aucun d'eux ne sortit de France à la révocation de l'édit de Nantes.

Une troisième branche de la famille de Comarque, celle de Pechgaudou et deSigognac, professa aussi très-probablement la religion réformée.

CX>MBE8 (Louis), de Nismes, fit ses études en théologie à Genève, et fut nommé pasteur à Quissac. Enveloppé dans les poursuites exercées à rocc-a- «on de la réouverture des temples interdits, il échappa k une condamnation, et se retira dans les pays étrangers à la réyocation de Téditde Nantes. H a publié des Remarques sur le catéchisme de M. F.-F. Osterwal, pasteur de Neufchâtel, oié Von traite par occasion de quelques matières très-importantes pottr le salut, et on y réfute les errans papistes^ sociniens, pélagiens, arminiens et pajonistes, Lond., 4718, in-8*. — 11 ne faut pas confondre ce pasteur a^ec Louis Combes, de Pont-de-Royan, qui fut reçu bourgeois à Genève avec son fils Claude, le 34 oct. 4 653(1).

GOMBËS-DOU^iOUS (Jean-Jac- 4HÎRS,) savant helléniste, né, le 22 juillet 4 758, k Montauban, et mort d- apoplexie dans la môme ville, le 1 4 février 4820.

Combes-Dounous suivait la profession d'avocat dans sa ville natale, lorsque la Révolution, qu'il avait appelée de ses vœux, et notamment dans un Mémoire adresse aux Etats-Généraux, Tenleva h la défense de ses clients. Il

fl)I>è5l.*i6r),BD PrVnr (lombes avait Hé envoyé comuie )jast«ur t Coi^uacpar i'iglisede Genève (Archh, de la Comp, dss pa^trurs, fUfifll. B).

fut nommé juge au tribunal de Montauban, puis président de l'administration du département du Lot. L'intégrité de sa conduite lui mérita d'ôtre jeté en prison sous le régime de la Terreur. Il passa quatorze mois dans l'attente de sou supplice; le 9 thermidor seulement le rendit à la liberté. Après une si cruelle épreuve, il eut l'idée de renoncer à la carrière politique pour suivre celle de l'enseignement. L'Ecole normale venait d'être créée (30 oct. 4794); il s'y présenta et fut reçu au nombre des élèves. Mais cette école inaugurée souf les plus heureux auspices n'eut qu'une existence éphémère. 11 dut donc abandonner son projet. En 4 795, il accepta la charge de commissaire du Directoire auprès des tribunaux du départ, du Lot. Ce choix du Pouvoir l'ayant désigné aux suffrages de ses concitoyens, il fut député au Conseil des Cinq - Cents.

Après le 48 brumaire, Combes-Dounous fut maintenu par le Sénat au nombre des membres du Corps législatif. Il y figura jusqu'en 480i. Soit qu'il ait préféré la retraite pour se livrer entièrement à ses études de prédilection, soit plutôt qu'il ait été rangé dans la classe des idéologues, Bonaparte ne lui accorda pas ses faveurs. Cependant on a remarqué qu'il s^accommodait assez bien du régime impérial. On a même relevé dans la préface de sa traduction d'Appien (1 808) un conseil très-salutaire qu'il adressait k la jeunesse des écoles, en l'exhortant k étudier l'histoire pour se convaincre « qu'entre-^ prendre de renverser un gouvernement dont on se plaint pour lui en substituer un autre, c'est mettre le feu aux quatre coins de la maison pour donner la chasse k quelques animaux malfaisants.»

Cela est vrai sans doute, s'il ne s'agit que de quelques animaux malfaisants; sous quel régime n'y en a-t-il pas?

mais si la maison menace ruine faute de bons fondements, faut-il attendre qu'elle s'écroule? Néanmoins on a voulu voir des attaques dirigées contre Napoh'on dans quelques traits assez vifs contre la tyrannie. Mais, selon nous.

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OD a eu tort : on peut condamner Tibère sans condamner Auguste. Aussi notre philologue fut -il de nouveau nomme, en 1840, à la place de juge qu'il avait remplie, au début de sa carrière, auprès du tribunal deMoutauban.

Pendant les Cent jours, il reparut un moment sur la scène politique; son département renvoya à la chambre des représentants, où « il vota silencieusement, dit un de ses biographes, avec les amis de la liberté. » Mais le gouvernement de la Restauration le paya bien mal de ses services; lors de la réorganisation des tribunaux, en 1 8 1 6, on lui donna, ou plutôt, comme il occupait une magistrature inamovible, on lui fit donner sa démission. Il ne fut rétabli dans sa charge qu'en 4819.

La mort Tenleva bientôt après.

Combes-Dounous n'a guère publié que des traductions, la plupart du grec. Nous en donnerons le catalogue.

I. Introduction à la philosophie de Platon^ trad. du grec d'AlcinoUs^ Paris, 4 800, in-42.

II. Les dissertations de Maxime de Tyr, Paris, 4802, in-8°; ouvr. dédié au premier consul. — « Le nouveau trad., dit M. Weiss (Biogr. univ.), a enrichi son travail d'une bonne préface qui contient des recherches sur la personne de Maxime de Tyr, sur les éditions et les traductions de son ouvrage, sur les principaux manuscrits qu'on en conserve à la Bibl. du roi, et un jugement impartial sur le mérite de cet écrivain. Cette nouvelle trad. est mieux écrite et plus exacte que les précédentes. »

III. Essai sur la divine autorité du Nouveau- Test ame nt , trad. de V anglais de D. Bogue, Paris, 4803, in-12.

IV. Hist. des guerres civiles de la République romaine, trad, du grec d'Appien, Paris, 1808, 3 vol. in-8*.

— La préface est en partie prise de l'excellente édit. d'Appien par Schweighœuser. Chaque chapitre est accompagné de notes philologiques et historiques. Bonne table des matières. «Les

critiques, dit M. Weiss, ont relevé quelques inexactitudes dans cette traduction ; mais elle n'en reste pas moins la meilleure que nous ayons. »

V. Essai historique sur Platon et Coup- d'ail rapide sur Vhist. du platonisme Jusqu'à nos jours, Paris, 4 809, % vol. in-4 2. — Cet écrit souleva une violente tempête contre l'auteur.

On lui reprocha d'avoir avoué que tous les préceptes moraux du christianisme se trouvent dans les écrits du chef de l'Académie, le divin élève de Socrate, et d'avoir traité de ridicule — n'oublions pas que Combes-Dounous était magistrat et qu'il en parlait sans doute en juge chargé du soin de la vindicte publique — ce précepte, si sublime quand on sait Tentendre : Faites du bien à vos ennemis! »

VI. Notice historiq'ue sur le k% brumaire par un témoin oculaire qui peut dire: Quod vidi testor, Paris,

VII. De V évidence et de V autorité de la divine révélation, ou Vue du témoignage de la loi et des prophètes en faveur du Messie, ainsi que des témoignages subséquents ; trad.

de V anglais de Robert Haldane par le trad. de V Essai sur la divine autorité, etc., Montauban, 4817-8, t vol. in-12.

Les ouvrages que Combes-Dounous a laissés mss., ne sont ni moins nombreux ni moins importants que ceux qu'il a publiés. Ce sont : 1 ) Quatre or (tisons de Dion Chrysostome sur la royauté; %) les Œuvres complètes d*Appien; 3) les Œuvres de Polybe; 4) Manuel d'Epictète par Arrien; 5) les Œuvres complètes de Platon, en collaboration avec M. Achaintre; la publication en avait été annoncée en 8 vol. in-8% mais rien n'en a paru; 6) De la différence entre la philosophie d'Aristote et celle de Platon par Gémisthe-Pléthon, trad. en latin et en français; 7) Oraison de Thémistius en présence de V empereur Jovien; 8) Trois dialogues d'Eschine ; 9) Mysm oulaprisedeMégarejingéàie anony-

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me. Ces traidactions sont* sans doute restées entre les mains de la famille.

COMBILLON (Jein), ministre de l'église française d'Oppenheim, a trad.

de l'allemand de Martin Mollcr le Manuel de préparation à la mort^ enteignant comment il faut vivre chrétiennement et mourir heureusement, 4619, in-8-.

COMBLES (François de), pasteur de Metz, depuis 1576, mort le 6 avril 4 633, à Tâge de 76 ans. On a de hii :

I. Homélies ou méditations consoîatoires pour ceux à qui quelqu'un est mort, Gen., 1611, in-12.

IL Trois sermons touchant la préparation requise pour communier dignement à la Cène de Nostre Seigneur, Gen., 1613, in-8*.

m. Consolations générales et particulières pour les malades, Gen., 4619, in-8\

Le Catalogue de la biblioth. du comte Emmery mentionne un Programme de renseignement dans Vécole de Véglise protestante de Metz pour Vannée scolaire 1631, par Franc, de Combles et P. Ferry; des Lettres autographes de Fromigières. Buffet et de Combles , et une Lettre adressée au Synode national de Tonneins au nom de Téglise de Metz, signée de Combles, Coullon [Le Goulon ?], Ferry y Montigny, Saint- Aubin, etc.

Outre une fille, Annb, dont le rapt, suivi de viol et de meurtre, fit beaucoup de bruit en 1607 {Collect. Fontette, Portefeuille 56) , et sans parler d'une seconde fille dont nous ignorons même le nom, François de Combles laissa un fils, nommé Abel, qui commença, en 1627, à Genève des études qu'il' alla terminer à Sedan. Quelques années après» nous trouvons unlsAAC de Combles, très-vraisemblablement fils de cet Abel, remplissant les fonctions pastorales au Plessis en Beauce.

Rappelé, eu 1 656, dans sa ville natale, il y exerça sa cbarge jusqu'à la révocation {Voy, I, p. 82). Forcé do s'expatrier, il se retira à Francfort, d'où il

passa, à ce qu'il paraît, à Berlin ; car tout est obscurité et incertitude dans l'histoire de cette famille. Comment y rattacher de Combles de Nayves, qualifié de ministre à Lyon et à Metz, dont la fille. M"* de Montenoy obtint, en 4702, comme récompense de son apostasie, une pension de 800 livres réversible sur son mari {Archiv. E. 3388)?

Cette dame de Montenoy ne serait-elle Das identique avec Susanne de Combles enfermée aux Nouvelles-Catholiques de Paris en 1686 {Supplém.

franc, 791. 6)? Les demoiselles de Combles qui entrèrent comme gouvernantes dans la maison de Kniphausen, étaient-elles ses sœurs? Qui était enfin un pasteur de Combles, réfugié dans le Brandebourg, où il exerça les fonctions de conseiller du consistoire supérieur, et épousa une demoiselle de Baudan ? Ce sont autant de questions •auxquelles nos longues recherches ne nous ont pas mis eu état de répondre.

Ce qui augmente les ténèbres, c'est qu'il a existé plusieurs branches de cette famille. Nous nous souvenons d'avoir trouvé dans un nobiliaire msc.

de la Bretagne , la mention d'un pasteur de Combles qui reçut vocation d'une église de cette province vers le milieu du \y\\* siècle; nous regretons de ne pas avoir pris une note détaillée, mais nous ne pouvions prévoir que cet in-folio s'égarerait si bien qu'on ne saurait pas le retrouver à la Biblioth. nationale.

COMM ELIN, famille originaire des Pays-Bas, qui a donné aux lettres et aux sciences plusieurs hommes du plus grand mérite; mais la France protestante ne paraît avoir des droits bien établis que sur Jérôme Coramelin, dit Saint- André, né à Douai au commencement du XVI* siècle, et sur Martin Commelin de la môme ville, qui ne nous est connu que par quelques mots de l'Histoire des Martyrs, où il est qualifié « d'homme riche et libéral envers les povres. » Tous les autres sont nés en Hollande.

JérAme Commelin exerçait la profes-

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sion d*imprimevr. Ayant embrassé les doctrines nouvelles, il dut quitter sa patrie et se réfugia à Genève. L'élec- XeûT palatin, qui entendit parler de son çaérite, l'attira à Heidelberg et lui confia le soin de sa bibliothèque. Gommelin mourut dans cette ville en 4 598.

Ses fils continuèrent sa profession.

Malgré les éloges de Scaliger, de Malinckrot, de Valère- André, de Casauhon et de Thistorien de Thou, on doit avouer qu'il ne s'est pas placé au ni- ▼eau des Estienne; cependant ses éditions grecques et latines sont recherchées pour leur exactitude, et surtout pour les savantes notes dont il les a enrichies. Les plus estimées sont celles d'Apollodore, d'Héliodore, d'Eunapo, d'Athanase, de Chrysostome in Novum Testamentura, d'Euripide, d'Hésiode et des tragédies de Sénèque.

GO.UIUNGES ( Berxard - Roger de), vicomte de Bruniquel, Bourniauel ou Bourniguet, second fils de François-Roger de Comminges, est célèbre dans nos guerres de religion comme un des plus illustres, par sa naissance et par ses services, des sept Vicomtes du Rouergue et du Quercy.

Plein d'ardeur et de zèle pour la cause

Srotestante, Bruniquel prit les armes es 1 562, dans l'intention de favoriser l'entreprise des religionnaires de Toulouse; mais la fortune trahit son courage; il fut fait prisonnier et ne recouvra la liberté que sous la promesse de ne plus servir durant cette guerre .

En 1567, lorsque Condê ^ ayant échoué dans son entreprise pour se saisir de la personne du roi, écrivit aux églises du Languedoc de lever en toute hâte et de lui envoyer le plus de troupes possible, Bruniquel déploya une activité infatigable, et secondé par Bertrand de Rabasteins, vicomte de Paulin, Aiitoine de Mojitclar, le vicomte de Caumont, Sérignan, Montagut, il eut en peu de temps rassemblé sous les murs de Castres un corps de 7 à 8,000 hommes. La petite armée se mit en marche le 18 octobre. Prenant la route du Rouergue et des Cc-

vennes, elle se réunit près d'Alais aux troupes levées par Arpajon, Mtmvani et Rapiti, et passa sous le commandement en chef de Jacques de Crus^ êol. Ce dernier étant retourné dans le Languedoc, après sa courte expédition dans le Dauphiné , les Vicomtes , qui paraissent avoir exercé constamment une autorité égale , restèrent chargés du soin de conduire à Condé les troupes qu'ils commandaient. Bruniquel avait sous ses ordres la cavalerie. Les Huguenots franchirent de nouveau le Rhône à Loriol, malgré ropposition d'une armée catholique, et entrèrent dans le Vivarais où beaucoup d'entre eux périrent dans les embûches des montagnards de cet âpre pays. Ils ne comptaient plus qu'environ 4, 000 hommes, lorsqu'après avoir traversé la Loire à Saint-Rambert et TAllier à Vichy, ils se trouvèrent, le 6 janv. 4 568, en présence des Catholiques se disposant a leur disputer le passage. Résolus de vaincre ou de périr, ils n'hésitèrent pas à accepter la bataille, malgré leur infériorité en cavalerie. L'infanterie f\it disposée en trois divisions autour de Cognât. Claude de Lévis, seigneur d'Audon, et le capitaine La Boissière se placèrent à l'avant-garde avec les régiments de Foix et de Rapin. Huit enseignes du régiment de Montclar et onze de celui de M(mvan$ formèrent le corps de bataille. Bruniquel se posta sur une aile avec ses gendarmes et ceux de Savignac et de Montamar , en les échelonnant en étoile de manière à pouvoir seconder Poncenat qui gardait le flanc hors du village. Les miguenots étaient mal armés et leurs arquebuses en fort mauvais état; cependant ils ne craignirent pas d'abandonner une position avantageuse pour aller affronter dans la plaine le choc redoutable de la cavalerie catholique. Ce choc fut soutenu avec intrépidité par les enfants perdus , dont le feu jeta le désordre dans les rangs ennemis. Une charge furieuse conduite par Paulin et son frère, Poncenat et Bruniquel, acheva la déroute, etl'infanterie catholique as-

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saillie à son tour, d^an côté par Tayantgarde yictorieuse, de l'autre par Ca%montj Montamar et les gendarmes de Bnmiqael, enveloppée de toutes parts par une manœuvre habile de Montcîar et de if(mf7aiM , rompue, dispersée, chercha son salut dans une fuite rapide. Cette victoire des Protestants a reçu dans ^histoire le nom du village de Gannat.

Après avoir passé la nuit sur le champ de bataille, les Vicomtes poursuivirent leur route vers le] Berry. Bruniquel et âhuvaiiSj se détachant du gros de Tarmée, marchèrent contre Gharoux, brûlèrent en passant la commanderie de La Marche, emportèrent d'assaut cette petite ville et la livrèrent au pillage. Cette rapide expédition terminée, ils rejoignirent les autres chefs huguenots, et tous ensemble, à la prière de la princesse de Condéf enfermée dans Orléans, ils s'avancèrent sur cette ville investie par les Catholiques, qui venaient d'y donner une chaude alarme et s'en seraient emparés sans l'héroïque bravoure des capitaines Hamon et Bessé. Ils la dégagèrent, emportèrent Beaugency, forcèrent Blois à leur ouvrir ses portes à la suite d'un siège qui coûta la vie au neveu de Mouvant, et opérèrent enfin leur jonction avec Condé som leimurs de Chartres, après une des marches les plus hardies et les plus glorieuses dont il soit fait mention dans l'histoire.

À peine de retour dans son château, Bmniquel fut forcé de reprendre les armes. U rejoignit à'' Acier àMilhau ; mais un conseil de guerre décida qu'il resterait dans le Languedoc. En conséquence, il retourna à Castres. De concert avec Paulin et Montcîar, il s'empara par surprise de Gaillac dont il ût passer les habitants au ûl de l'épée en représailles des massacres de 1562.

Peu de temps après , au mois de novembre, les trois vicomtes, auxquels s'était joint Jaussert, allèrent mettre le siège devant Lautrec qui offrit do payer 4500 écus de rançon et de recevoir pour gouverneur Henac, fils de La

Motte de Braconac. L'accord futconcli; mais les soldats, qui avaient espéré le pillage de la ville, n'en tinrent aucun compte. Plus de 200 des habitants furent massacrés et Lautrec pillée, soui le prétexte que La Borie-Blanque^ lieutenant du capitaine Simenet, avait été tué en parlementant. Le 3 déc, selon le Journal de Faurin, Villemur fui forcé de se rendre. Le 4 4, Viviers fut pris par escalade et pillé. Le même jour, les Vicomtes mirent le siège devant Semalens; mais la vaillante défense des habitants et la rigueur extraordinaire de la saison les contraignirent de le lever, le 1 6, pour retourner à Castres où moururent le capitaine Artigues^ qui s'était illustré au mois de septembre par la conquête de Saissac, et le capitaine Baugier, tous deux des blessure» qu'ils avaient reçues à ce siège.

Bruniquel se rendit ensuite à Montauban où il se trouvait avec Montcîar^ Paulin et Gourdon , lorsque PUes j arriva, au mois de février, pour les engager de la part de Condé et de Coli" gny à leur mener les troupes qu'ils commandaient. Ils refusèrent, soitqu'ils obéissent, comme le bruit en courut, dit La Popelinière, k des ordres secrets àt Jeanne d'Albret, ce qu'il est difficile d'admettre, soit qu'ils crussent leur présence dans le Haut-Languedoc plus utiles la Cause, et ils retournèrent à Castres pour se cantonner dans les environs. Peu de temps après, ils essayèrent de porter du secours au Masd'Azil; mais ils ne purent franchir l'Arriége dont le passage leur fut disputé par Bellegarde, et ils durent se rejeter dans les montagnes. À la nouvelle du désastre de Jarnac, ils résolurent de conduire toutes leurs forces au secours de Coligny; mais Montluc leur barra la route , et il leur fallut retourner à Montauban. Ils se bornèrent à faire sur Montech une entreprise inutile, jusqu'à l'arrivée de Montgommery qui emmena leurs troupes dans le iJéarn; mais Bruniquel ne parait pas Ty avoir suivi, puisque, au rapport de La Popelinière,

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Montgommery n'*avait pas encore rejoint l'armée de Coligny, quand le vicomte fut nommé gouverneur de Montauban au nom des princes. Peu de temps auparavant» il avait dirigé contre Castelsarrasin une attaque où il avait perdu ses meilleurs lieutenants, entre autres de Lerm, et où il avait reçu luimême des blessures dont il mourut la même année.

COMPAIN (Nicolas), sieur de Villette et de Fresuay, conseiller au Grand- Conseil. £n 4562, Gompain fut chargé avec Pierre Girard^ lieutenant du prévôt de l'hôtel, d'accompagner Montluc en Guienne en qualité de commissaires.

Le féroce capitaine les appelle dans ses Mémoires « les deux plus meschans hommes du royaume de France; » pourquoi ? Il nous l'apprend lui-même avec une sauvage naïveté: parce qu'ils s'opposaient à ce qu'il fît «justice sans procédure, » et qu'ils le blâmaient d'avoir fait pendre « sans tant languir » le capitaine Morallet et plusieurs autres Huguenots. CependantCompain et son collègue s'étaient encore rendus coupables d'un crime bien autrement atroce : ils avaient eu l'audace de vouloir punir les auteurs du massacre de Cahors. Dans son indignation, Montluc leur enleva de force le grand archidiacre, qui était l'âme du complot, déchira la procédure commencée contre lui et contre l'évêque de Montauban, accusé d'avoir maltraité le diacre Tiphaneau^ et leur défendit d* inquiéter ces excellents catholiques, ne parlant de rien moins que de les pendre ou de les poignarder euxmêmes de sa propre main. Pour échapper à ce furieux, ils suivirent le conseil de Burie et s'enfuirent. Le parti était sage, « car autrement, ajoute Montluc, il ne me pourroit garder que je ne les fisse mourir, comme j'eusse fait. » Gompain se retira auprès de Jeanne d'Albret qui le fit chancelier de Navarre, et lorsque la guerre éclata, il rejoignit Condé à Orléans. Le 21 nov. 1562, un arrêt fulminant du parlement de Paris le condamna à mort par contumace comme criminel de lèse-

majesté, ainsi que plusieurs Protestants d'Orléans et des environs (1) {Fonds de Brienne, N* 206). Il mourut en 4571, laissant de son mariage avec Anne Courtin un fils mort sans héritier et deux filles : Gatherine, femme de Jacques Viard, sieur de Volay, mat Ire des requêtes, président au Grand- Conseil, et Marie, épouse de Le Clerc, seigneur de Juigné.

Le Laboureur nous apprend que Nicolas Gompain avait plusieurs frères et sœurs. C'est peut-être de l'un d'eux que descendait Nicolas Gompain, marchand de Mootrond, dont la mort fut l'occasion d'une profanation odieuse {Fonds St - Magloire , N° 42). Les violences du lieutenant du prince de Condé, à qui cette ville appartenait, y avait réduit les familles protestantes à une douzaine; de ce nombre était celle de Gompain. Nicolas étant mort le 40 mars 4630, son père et son frère le firent enterrer de nuit dans le cimetière protestant. Dès le lendemain matin, le capitaine de la ville, escorté de soldats, se rendit sur les lieux pour le faire exhumer. Averti de ce qui se passait, le frère du défunt accourut et se jeta dans la fosse déjà à moitié ouverte, en protestant qu'il se laisserait enterrer vif plutôt que de souffrir qu'on enlevât le cercueil. Quelques Catholiques indignés prirent son parti, et le capitaine consentit enfin à se retirer à condition que le corps serait transporté ailleurs

(l) Voici leurs noms : Robert de La Ha^,^ maître des requêtes de l'hôtel ; Antoine Fumie, président aux enquêtes, et son fils ; Turpitt et GarrauH^ conseillers au parlement de Bretagne ; Mondoré^ sieur Du Rondeaa, maître de la librairie du roi ; Jérôme Grosiot, bailli d'Orléans, et son lieutenant-général Jean Hue ; Jean de Mareau^ prévôt d'Orléans, et son lieutenant Guillaume Maillard; Champeaux, sieur de Boisly ; Vaillant, Qiarpentier^ Jean Moireau^ Choppin; Robert Bernard, greffier des cau\ et forêts; Cassegrain^ lieutenant-Rouéral d'Etainpes; Sabouille, substitut, du procureur général; Audebert Le Bfrt, Bongarx, sieur de La Noue ; Gabriel Framberge^ Pierre Slample, échevlns d'Orléans ; Claude Vothier, receveur du domaine; Robert, Gaillard et Taillebois, docteurs régents de l'université d'Orléans ; de Bâillon, maître du grand guet.

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la nuit suivante. De là, il se rendit chez Jean Mailhet et lui ordonna de vider le pays, lui laissant \ingt soldats à nourrir jusqu'à son départ. Dès le lendemain, pour éviter une ruine complète, le malheureux dut se retirer à Blet. Après un trop long retard, la justice se décida enQn à intervenir et mit un terme à ces violences.

COI^iANT (Jean), d'une famille d'origine française (1) établie dans le Devonshire, naquit à Yeatenton, en 4 608. Après avoir terminé ses études à Oxford, où il se fit remarquer par ses progrès et sa modestie, il fut nommé, en 1 633, agrégé du collège d'Exeter, place qu'il résigna, en 1647, pour ne pas signer le Covenant. Il entra alors comme chapelain chez lord Chandos ; cependant, en 1649, il finit par accepter le rectorat de ce môme collège d'Exeter, sans vouloir toutefois prêter un serment de fidélité pur et simple à la République, mais en se réservant le droit, si Dieu l'appelait visiblement à obéir à un autre gouvernement, de se rendre à cet appel. Cromvrell, que l'on nous peint encore comme un sombre fanatique, donna dans cette occasion un exemple de tolérance que n'aurait assurément pas donné un roi. Il respecta les scrupules de Conant qui resta paisible possesseur de sa place de recteur où il rendit beaucoup de services. En 4654, il fut nommé professeur de théologie, et en 4657, vice-chancelier de l'université d'Oxford. Ce fut en cette dernière qualité qu'il alla complimenter Charles II lors delà restauration. Bientôt après, l'acte d'uniformité parut. Sa conscience prit de nouveau l'alarme ; avant de s'y soumettre, il voulut examiner s'il pouvait le faire sans mentir à ses opinions, et il se démit de ses fonctions. Au bout de huit ans, après le plus scrupuleux examen, il se convainquit qu'il n'y avait rien dans l'acte

(1) VraisembUblcment normande. Un président an parlement de Rouen, Augustin Co- U€», a laissé des Mémoires inédits sur la SaiBi-Baribéleoiy, a laquelle il avait été asseï beoreux poir écbapper.

d'uniformité qu'il ne pûtaccepter. 11 s'y soumit donc, en 1 670, et fut nommé ministre à Londres; mais il préféra on petit bénéfice dans le voisinage de Northampton. En 1076, il fut nommé archidiacre de Norwich, et, en 4 681 , une . des prébendo.s de la cathédrale de Worccster étant venue à vaquer, le roi la loi accorda sans qu'il l'eût demandée. Conant mourut en 1 693, laissant la réputation d'un homme aussi désintéressé que modeste et aussi savant que désintéressé. On a de lui :

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