I. Sermon on Jer, XXX, 7, Lond., 1643, in
II. Sermons preached on severàl occasions, Lond., 1693-1722, 6 vol.
in-8\ — Le premier vol. a paru de sou vivant; les autres ont été publiés par son fils qui a aussi écrit sa Vie.
COADÉ. Voy. MAISON DE BOUR- BON.
CO!>l\AnT (Valentin), fils atné de Jacques Conrart et Péronne Targer, ne à Paris en 1 603, mort en 1 675. Conrart ne descendait pas, comme le prétend Borel, d'une famille noble du nainault, mais d'une bonne famille bourgeoise de Valenciennes, qui s'était réfugiée en France pour échapper aux fureurs du duc d'Albe. Son père, d'un caractère rigide et de mœurs austères, réleva sous une sévère discipline, et refusa de lui laisser faire des études, sous prétexte qu'il le destinait à remplir un emploi dans les finances.
Lorsque Conrart sentit le besoin de s'instruire, il était trop tard, en sorte qu'il dut se borner à bien apprendre sa langue maternelle, et à se perfection* ner dans l'espagnol et l'italien par la lecture des meilleurs écrivains, surtout de Pétrarque ou du Tasse, ses àeui auteurs favoris.
Etroitement lié avec Balzac, Godeau, Chapelain et d'autres gens de lettres par une passion commune, celle de la liltératurc,Conrarlaimaità discuter avec eux toutes sortes de sujets. En 16t9, afin de rendre ces réunions plus suivies, il leur proposa de se rassembler chez lui une fois par semaine ; telle ttxi la mo-
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desle origine do rAcadémie française, dont sa maison fut le berceau. Ces conférences, où, dit Pélisson, ils s'entretenoient familièrement, comme ils eussent fait en une visite ordinaire, » durèrent environ quatre ans. Richelieu en ayant entendu parler, malgré le socretque les académiciens s'étaient promis de garder, il leur fit offrir de prendre leur société sous sa protection, et de rériger en une compagnie littéraire sous l'autorité royale. Conrart et ses amis n'osèrent rejeter les offres d'un ministre qu'ils redoutaient.
Ce fut dans ces circonstances que Conrart, qui avait été reçu secrétaire du roi dès le 19 mars 4 627, épousa uie demoiselle Muisson, Dès lors on cessa de se réunir chez lui pour s^assembler tantôt chezDesmarets, tantôt chez Chapelain, et dès lors aussi on adopta les formes d'une société savante pour ces réunions d'amis. Trois chargesfurentcréées, au mois demars 1 634, au sein de la compagnie, deux annuelles, celles de directeur et de chancelier, et une perpétuelle, celle de secrétaire, que Conrart, fut, d'une voix unanime, appelé à remplir. En cette qualité, il prit une part fort active aux travaux de la commission chargée de dresser les statuts de la Société qui furent approuvés par Richelieu. Ce fut encore à lui que le cardinal s'adressa lorsqu'il voulut faire rédiger le protocole des lettres-patentes de la fondation de l'Académie française, qui furent signées en
La vie de Conrart fut simple et uniforme, comme celle de tous les gens de lettres dignes de ce nom. Retenu souvent chez lui par les douleurs de la goutte, il aimait à s'entourer d'un cercle d'amis, à écouter la lecture de leurs ouvrages, à leur soumettre ses observations, à leur proposer quelquefois des corrections toujours dictées par le goût le plus pur; U aimait surtout à venir en aide aux débutants et à leur rendre plus faciles les premiers pas dans la carrière littéraire.
Ses infirmités ^'aggravant de plus en
plus, il donna, en 1 658, sa démission de secrétaire du roi, etne s'occupa plus que dos belles-lettres. Il se plaisait à recueillir toutes sortes de pièces historiques, théologiques, littéraires; faisait copier les ouvrages qu'on lui communiquait et gardait soigneusement les brouillons de ses propres lettres, que ses contemporains regardaient comme des chefs- d'œuvres de style épistolaire. Aussi, à sa mort, trouva-t-on dans son cabinet d'études une immense quantité de papiers que l'on réunit en volumes au hasard, sans observer d'autre ordre que celui du format. Ces recueils informes paraissent avoir été trèsnombreux. En 1766, Vanel de Milsonneau en possédait encore 1 8 vol. infol. et 24 vol. in-4». Aujourd'hui il n'en existe plus que 4 8 volumes qui se conservent à la Bibl. de l'Arsenal sous le nom de Collection Conrart (1).
Un écrivain protestant. Le Yasser, trace ce portrait de Conrart : « Quelqu'un a dit fort à propos de lui, que sa profession, c'étoit d'être honnête hom»
me. Il en possédoit toutes les qualités et en remplissoit exactement les devoirs. Religieux, civil, poli, discret, bienfaisant, il gagna l'estime, la confiance et l'amitié de ses égaux et même des personnes du premier rang dont il fut connu. La solidité de son esprit et ja finesse naturelle de son goût suppléèrent aux défauts de son éducation. »
Un abbé catholique, d'Olivet, confirme cet éloge en ces termes : « On nous en parle comme d'un homme qui avoit souverainement les vertus de la société. Il gouvernoit son bien sans être ni avare ni prodigue, et il savoit tirer d'une médiocre fortune plus d'agrémens pour lui et pour ses amis, que la fortune la plus opulente n'en produit aux autres. Il étoit touché des malheurs d'autrui et trouvoitles moyens d'y sub-
(1) M, de Monmerquê afflrme que fette collection se compose encore de 20 vol. (18 in-fol., cotés Hisi. 90t, et 2 iu4o, cotés Bellei-lettres 151); mais les CoDservateur^ Boas ont assnré qu'il n'y en avait que 18.
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venir par des voies qu^ou n'apercevoit point. Il avoit le cœur très-sensible à Famitié, et lorsqu'une fois on avoit la sienne, c'étoit pour toujours. S'il y avoit des défauts dans sa conduite à cet égard, c'étoit de trop excuser. Peu de personnes ont eu comme lui l'amitié, la confiance et le secret de ce qu'il y avoit de plus grand dans tous les états do royaume en hommes et en femmes.
On le consultoit sur les plus grandes affaires, et comme il connaissoit le monde parfaitement, on avoit dans ses lumières une ressource assurée. Il gardoit iûviolablement le ^cret des autres. ... Au reste, s'il disputoit quelquefois, c'étoit pour la vérité qu'il disputoit, et comme il la préféroit à tout, son amour pour la vérité avoit aux yeux des personnes indifférentes un air d'opiniàtreté. ... Né dans le calvinisme^ il eut toujours l'esprit préoccupé de ses erreurs, sans que son cœur en fût moins tendre pour tout ce qu'il connut d'honnêtes gens qui pensoient autretfement que lui. »
Conrart mourut le 23 sept. 1675, à l'âge de 72 ans, et fut inhumé dans le cimetière protestant du faubourg St- Germain. Il ne laissa pas d'enfant; mais il avait deux frères et une sœur, qui épousa son beau-frère MuissoH, L'ainé de ses frères, nommé Robert^ ne fat pas marié ; il eut une fille illégitime de sa servante Marie Thiéhe, Le second, Jacques, reçu secrétaire du roi en 4637, obtint des lettres d'honoraire en 4661. 11 laissa, outre une fillo mariée dans la maison de Dompierre de Jonquières, deux fils dont l'aine, avocat au parlement de Paris en 1 677, feignit de se convertir à la révocation; Biais son orthodoxie était fort suspecte; aussi lui enleva- t-on ses filles MârguiiiTE etMARiE-HENRiETTE, cn \ 697, pour les enfermer dans des couvents où elles restèrent prisonnières près de quinze ans. {Archiv.E. 3397). Le cadet rempht les fonctions d'ancien dans Téglise de Paris. Le 20 nov. 1685. il fut exilé avec plusieurs de ses collègues et envoyé 4 Lisieux ; cepeadant on lui per-
mit de revenir à Paris en 1 686, à condition qu'il se convcrlirait {Archiv. E, 3372). Plus tard il trouva les moyens de sortir du royaume ; mais sa femme et ses enfants restèrent en Fnmce et embrassèrent la religion romaine. Une de ses filles abjura à Rosoy près de Soissons, en 1686.
Le satirique Boileau lance à Conrart ce trait dans sa 1'' Epitre :
limite de Conrart le silcure prudent (1).
Il est certain que le célèbre secrétaire de l'Académie française n'a rien ou presque rien publié; mais étaitce par prudence, c'est-à-dire , par impuissance ? N'était-ce pas plutôt un effet de cotte modestie que lui reprochait son ami Balzac ? Quoi qu'il en soit, nous devons avouer qu'avant la publication de ses Mémoires, on ne connaissait de lui rien qui fût digne do sa grande réputation , et que Linière n'avait pas tout à fait tort dans ce cou* plet satirique :
Conrart, comment as-ta pn faire Pour acquérir tant de renom?
Toi qui u'as, pauvre secrétaire, Jamais imprimé que ton nom.
On a de Conrart :
L Epttre dédicatùire, en létc de la Vie de Du Plessis-Momay, Leyde, 4647, in-8».