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ision fut sinccro ; . abjuré que poussés motifs ! Poupard nous 0 sa vie continua à Hre *reet qu'il mourut, en 1652, pilai de Sancerro, dans Texercice .s œaTres de charité.
Vers la même époque vivaient Mckel Dargent , lieutenant des chevaulégers de la maison du roi , et Jean Dargent, capitaine au régiment de Bussi. Ce dernier, mort eu 1G55, laissa JiAïf, qui épousa Anne Ld veille et en eot Claude, marié, en 1096, à Jeanne Païault, flllede Pùrre PellaultiA de Catherine Courtillat, En \ 700, Claude Dargent fut jeté à la Bastille, et sa fiUe enfermée aux Nouvelles-Catholiqaes {Àrckiv, gén, Ë. 3386) ; mais en dépit des persécutions, cette branche de la famille Dargent persista à professer la religion réformée ; elle s'établit dans l'Orléanais, oii elle subsistait encore à la fin du dernier siècle. D'autres Dargent passèrent en Angleterre, parmi lesquels on en cite deux qui eutn^^rent dans les gardes du roi Guillaume. Deux autres, nommés Jean et Jacques ^ furent directeurs de l'hôpital français en 4 756 et 476i ; nous avons déjà parlé du collaborateur de La Chapelle dans la rédaction de la Nouvelle Bibliothèque.
DAUIOT (Claude), médecin de Dijon, né à Pomard en 1 533 , selon tontes les biographies, en 1530, selon Pabbé Gandelot, dans son Hist. de Beanne, et mort en 1594. Il a écrit :
I. De eleetionibus prineipiorum idoneorwm rebut inchoandit^ I«ugd., 1 557, in-i* ; trad. en franc, et publié à la suite de l'Introduction au Jugement des astres (Lyon, 1558). A la fin du vol., on trouve un traité du mrMne auteur De morbis et diehus criticie ex astrorum motu cognoscendis.
II. Ad astrorum judicia facilit introductio, — De eleetionibus principiorum, — De prœparatione medicamentorum. Ces trois traités ont été publiés ensemble ài Lyon, 1582, in-8*. — Le premier a été trad. en franc, et imp. la mt^me année à Lyon.
Ilï. La grande chirurgie de Paracelse, mise en françois^ Lyon, 1 593, in-4»; réimp. avec un Discours de la goutte et trois Traités de la préparation des iHrdicaviens , Lyon, 1603, in-4«; Montbéliard, 1608, in-8\
IV. Varia ad artem rnedicam et chymicam introductio, msc. qui se trouvait parmi ceux de Philibert de La Mare.
1) ARRIG\A:N , ministre de Maslacqen Béarn. L'édit qui révoquait celui de Nantes ayant prescrit aux ministres qui ne voudraient pas se convertir, de sortir de France, Darrignan fit ses préparatifs de départ, et il s'était déjà embarqué à Bayonne, lorsqu'on vertu d'un ordre de l'intendant Foucault, il fut arrêté el enfermé dans la citadelle deSaint-Jean-Pied-de-Porl. Quel était le motif de celte mesure arbitraire ? Jamais il ne le sut. Pendant deux ans, il resta plongé dans un cachot et soumisàdes traitements si cruels qu'il contracta une maladie dont il n'était pas guéri en 1711. Ses bourreaux eux-mômes eurent pitié de lui, et pour lui ouvrir les portes de sa prison, ils supposèrent qu'il avait abjuré. Darrignan fut donc renvoyé dans sa famille ; et bien qu'en toute occasion, il protestât contre celte prétendue abjuration, et refusât de se souniettie à aucun acte de la religion romaine, tant que la guerre dura, on le laissa tranquille; mais après la paix de Ryswick, il fut cité devant le parlementdePau. En présence des juges,
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il prolesta enccirc, comme il n'avait pas cessé de le faire, qu'il n'avait jamais abjure; cependant, on se contenta de le reléguer à Lescar.
DAKTIGUELO\GUE (Jean) ou A^Artiguelongne, médecin réfugié en Hollande, a publié Apographc rerum physiologico-medicariim contra Cartesium pluresque altos tamphysices quàm mediciiiœ doctores ccleherrimos, Ttunc primùm ah auihore inventai^yn, Amst., 1 708,iu- 1 i. — L'auteur entreprend de démontrer que philosophes et médecins n'ont jamais rien entendu aux phénomènes de l'économie animale, dont la cause unique, selon lui, est la matière subtile.
«ASSAS (Claui)k), faisait ses études en théologie au séminaire d'Avignon, lorsqu'il fut gagné à la foi évangélique par un de ses parents qui professait la religion protestante. Rester en France après son abjuration était impossible; il se retira donc en Angleterre oïl il s'occupa de traduire en anglais le récit du martyre de Jean Serres. Sa trad. a été pul)liée k Londres, en Mi'i, sous le titre : Popinh cruclty exemplified i/i theaufferiugs ofJolm Serrés and seceral other French gentlemen for thc salie of conscience.
DASSIEII (Jean), célèbre $(raveur de Genève, né le H août 1676, et mort le 12nov. 1763.
Dassier descendait d'une famille lyonnaise établie à Genève depuis /^a»
Dassier, qui avait laissé de son mariage avec Elicnor Lefèvre de Lyon, deux filles et un fils, nommé Jéuémie. Ce dernier avait épousé Françoise Prost, et il en avait eu : r Léonore, femme, en 1626, de Louis Eyssaniier de Grenoble; 2' Samuel, mort sans enfant, et 3» Pierre, né le 12 oct. 1610, qui avait obtenu les droits de bourgeoisie en 1633, et avait laissé de son union avec Françoise de Beauchâteau, fille d'un professeur de Lausanne, 1" Domaine, graveur de la monnaie de Genève, et père de notre Jean, mort en 1719; — V François, qui suivit la carrière ecciéfiiasliqué, fut ministre k
Genève de 1701 à 4707, et épousa, ci 1681, Olympe Pallard, puis, en 4 692, Susanne Dentand; — 3' Jeanne, femme de Henri Arland^ d'une famille d'Auvergne naturalisée à Genève depuis
Du mariage de Domaine Dassier avec Sara Le Grand, célébré en 1672, étaient nés sept enfants, cinti 6Ues et deux Ûls, dont le second, nommé Pacl, épousa Elisabeth Marin, qui le rendit père de Pierre; de Jean, niort, comme son frère, sans enfant iV Elisabeth Aubert, et de Diane, femme (VEtieime Martin,
Jean, Talné, montra de bonne bean de si grandes dispositions pour la gravure, que son père se décida à Feovoycr étudier son art à Paris. H no retourna dans sa patrie qu'eu 1718, lorsqu'il eut acquis le degré d'habileté qui Fa rendu célèbre. A l'exception d'an voyage qu'il fit à Londres, en 1728, dans le but de recueillir l«*s portraits des hommes les plus célèbres et des rois d'Angleterre d<îpuis Guillaume-le- Conquérant, Jean Dassier ne s'éloigna guère de sa ville natale, qui, lière de ses talents, lui témoigna sa reconnaissance en le faisant entrer, en 1738, dans le conseil des CC. On a de lui environ 250 médailles représenbml les principaux- événements de Fhistoire roumaine , belle collection terniinée en 4743; quelques traits relatifs aux troubles de Genève et h sa réformation, entre autres la médaille du Jubiié; les grands hommes du siècle de Louis XIV, œuvre fort remarquable dédiée au Régent; les réformateurs les plus célèbres; les principaux théologiens genevois; les rois d'Angleterre et les savants anglais les plus illustres ; enfin plusieurs souverains et grands seigneurs de son temps. « Jamais, dilSénebier, aucun artiste n'a eu Fexactitude de Dassier et sa rapidité; il faisoit sauter Facier sous ses inslrumens comme un sculpteur fait sauter le marbre sou8 son ciseau; il n'employoit le burin que pour finir. Les têtes sont pleines de force, habilement dessinées, d'un beau
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tini. 11 y a du génie el de rinvenlioii dans son Histoire romaine, ikuis ses Métamorphoses d'Ovide et dans quelques revers de médailles. »
Jean Dassier avait pris pour femme Anne Prévosi-Gaud/f, qui lui donua trois fils, que M. Galiffe appelle Jean, Paul et Antoine. Ce dernier, selon le même écrivain, épousa Catherine • Flaurnois, fille du ministre Théophile Flaurnoii et de Jeanne- Elisabeth CoUadon, el il n'en n'eut que trois filles : Olympe-Charlotte, femme du trésorier général Re?ié - Guillaume- Jean Prévost; Diane-Elisabeth, mariée à Isaac- François Torras, el Susahne-Pauliiie, épouse du conseiller Jacques- François Roux. M. Galiffe jQoute qu'Antoine Dassier mourut en 4780. S'il n'y a pas une erreur dans ce chiffre, il est impossible, on va le voir, d'identiûer cet Antoine avec Jacob-Antoine Dassier, le plus connu des tils du célèbre graveur, et l'on ne saurait trop s'étonner que M. Galiffe ail passé complètement ce dernier sous silence.
Né à Genève au mois d^octobre 1715, Jacob-Antoine Dassier manifesta, dès son enfance, ses talents pour la gravure. Son père le plaça, à l'ûge de \ 7 ans, chez un célèbre orfèvre de Paris dont les leçons lui formèrent le goût, tandis qu'il se perfectionnait dans le dessin à Pacadémiede peinture. Avide de gloire, le jeune Dassier visita Turin, Rome où il fit la médaille de Clément Xll, et retourna à Genève d'où il ne tarda pas à partir pour Londres. Engagé à la Mon- Baie comme maître en second, il employa ses loisirs à graver les médailles de plusieurs personnes illustres. De retour d'un voyage qu'il avait fait dans aa ville natale, il fut appelé en Russie ^r la czarine Elisabeth ; mais la rigueur du climat ayant altéré sa santé, il partit de Pétersbourg, en I7')9, pour retourner îi Londres. 11 tomba malade eu chemin el mourut h (lopcnhague la nêrae année, ou au plus tard, dans les premiers mois de 17G0. Ses niéduilles sont plus estimées encore que celles de lOQ ]^re. Elles sont non-seulement su>
périeures par la précision du dessin et la linesse du travail, mais aussi plus intéressantes par la nature des sujets. Ses portraits offrent une ressemblance qui en double le prix, et sous tous les rapports, sa médaille de Montesquieu passe à bon droit pour un chef-d'œuvre. Cependant, au jugement de Sénebier, le fils n'eut jamais l'élégance et lu facilité du père. On a publié L'explication des médailles gravées par J. Dassier et par son flls, représentant une suite de sujets tirés de l'histoire romaine, 1778, in-8^, volume rare et recherché.
La vie du second fils de Jean Dassier est inconnue. L'aîné épousa Snsanne Féronce^ puis Anne Alcxandrine, fille du colonel Ami Dnaasil- Trembley. 11 eut du premier lit, 1 " Pierre, capitaine dans la garnison de (lenève, en 1776; plus tard général au service de France, mort sans (Mifant àiàJeanne-SmanneLe Royer; -i" Charlotte-Marie; et du second, 3* Ami- IsAAC, qui suif, et 4" Cuarles-Khançois, qui alla s'établir h Nyon où ses descendants existent.
Ami-Isaac épousa, en 1783, Jeanne- Louise- Adrienne Le C ointe ^ lille du professeur Gédéon Le Coi^iie, {\\\\ lui donna trois enfants :.ÎEAN, mort en Angleterre, Am)ré-Au(juste, banquier à Paris, etAnuiENNE, femme de Jean Ador. Resté veuf, il se remaria avec Julie Bonnet, lille de Jean-Jacques Bonnet, capitaine au service de France, chevalier de Tordre du Mérite militaire, et de Jeanne-Marie Gravier.
DAtUÉ (PiERRi), né à Maruéjois, dans le Gévaudan, le -26 sept. IGoi, mort à Londres, le 29janv. 1733(v.s.).
Pierre Daudé appartenait h une des meilleures familles de Maruéjois ; son père Jar.qucs en était un des citoyens les plus considérables, et sa mère était fille do Jean de Tardien, seigneur des Pradels, lieutenant de la citadelle d'Orani,'e. Jacques Daudé avait eu de son mariage ([uatre fils et deux tilles. L'aîné de ses fils aurait compté parmi les enfants prodiges, s'il eut vécu. Le second, nommé Jean-Jacques , fit ses éludes à
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Saumur. Avocat renommé du barreau (le Toulouse et de Castres, il laissa en msc. une traduction des Pandectes avec des remarques sur rapplication des lois romaines à l'usage du barreau. Devenu cbef de la famille par la mort de son frère, il joignit à son nom celui de son oncle maternel qui s'était élevé dans l'armée au grade de maréchal de camp, et qui, n'ayant pas d'enfant, l'avait institué son héritier, et il se fit recevoir conseiller au présidial de Nismes.
Il abjura à la révocation et mourut à Toulouse, au mois d'août î 71 2. HiL AIRE, le plus jeune des quatre frères, exerça avec honneur la médecine et mourut en 1698. Barbeyrac avait la plus grande confiance en ses talents. Quant à Pierre, destiné au ministère, il fit ses humanités à Saumur et à Genève. A son retour de cette dernière ville , il alla suivre un cours de philosophie et de théologie à Puylaurens, où il se fit remarquer parmi ses condisciples par ses talents (ît la régularité de ses mœurs. Son père étant mort en 1678, il quitta la France, le 22 fév. 1680, et passa en Angleterre dans l'intention "d'y continuer ses études. 11 débuta dans la chaire avec succès; mais la peine qu'il avait à apprendre ses sermons, et d'autres raisons peut-être le dégoûtèrent de la carrière ecclésiastique. Il entra donc en qualité de précepteur dans la famille de Trevor, qui lui témoigna toujours beaucoup d'estime et d'alVcction, malgré ses excentricités. L'éducation de ses élèves terminée, il accepta une place de commis à Téchiquier, qu'il remplit pendant près de 28 ans.
Pierre Daudé était un homme fort instruit et un profond penseur ; cependant il n'a rien publié, à l'exception d'une trad. d'un opuscule de Chubb Sur r amour-propre et r amour de la bien-' veillance, qui a été imp., avec d'autres pièces fugitives, à Amsterdam en 1730.
N'ayant point d'enfant, il laissa' par son testament 100 liv. st. à ThOpital des Réfugiés, 200 liv. aux pauvres et 30 liv. hVéglise de St-Martin, dont il était membre, et légua le reste de sa
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modeste fortune au fils de sa sœur Marie et de Jean Daudé ^ avocat de Nismes, son cousin-germain, qui, en 1725, était allé rejoindre son vieux père en Angleterre et qu'il avait pris chez lui, après la mort de ce dernier, en 4729.
Ce neveu, nommé Pierre, comme son oncle, était né à Maruéjols en 1 681 . Il parait avoir rempli h Londres les fondions pastorales, quoique M. Burn ne le cite dans aucune de ses listes, qui, du reste, sont bien loin d'être complètes, et mourut le 11 mai 17o4. lia publié divers ouvrages dont Robert Watt ne fait non plus aucune mention.
L Sybilla capitolina; Publii Virgilii Maronis Poêination^interpretatione et notis illustratnrn , Oxon.
[Amst.], 1726, in-8''. — Critique de la bulle Unigenitus.
II. Traité de la foi et des devoirs des chrétiens^ trad. du latin de Burnet, Amst., F. L'Honoré, 1729, in-12.
m. Vie de Michel de Cervantes^ trad. de l'espagnol de dom G. Mayans y Siscar, avec quelques remarques du trad., Amst., 1740, 2 vol. in-12.
IV. Discours historiques, critiques et politiques sur Tacite, trad. de Gordon, Amst., F. Changuion, 1 742, 2 vol.
in-12; 1751, 3 vol. in-12.
V. Discours historiques et politiques sur Salluste , tjad. de Gordon, sans nom de lieu, 1759, 2 vol. in-12; réimp. avec le précédent, Paris, an II (179i), 3 vol. in-8*.
Tous ces écrits ont paru sous le voile de l'anonyme. Rappelons que Daudé i été aussi un des collaborateurs de la Bibliotb. britannique {Voy, T. II, pag.
DAUGER (Gcy-Aldonce) , lieutenant-général, mort en 1691. Dauger entra comme capitiiine, en 1643, dans le régiment de Nettancourt, avec lequel il se trouva au siège de RothweiJ, où il fut blessé, et à la déroute de Tultlingen. Il se signala particulièrement dans la retraite en combattant i Tarrière-garde. En 16i4, il reçut au siège de Fribourg une nouvelle blessure qui ne l'empêcha pas toutefois de
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l)Alî
prendre une grande part à toutes les opérations de la campagne. En 16i5, il continua à servir avec distinctiun dans l'année d'Allemaj^ne, et il lut churjîé, pendant Thiver, du coaimandeiiient de Baccarat. Après avoir fait, sous les ordres de Turenne^ toutes les expéditions jusqu'à la paix de Muostcr, il obtint, en 4651, une compagnie dans lo régiment de cavalerie du maréchal , et il continua à combattre sous ce ^'raûd capitaiue jusqu'à la paix des Pyrénées.
En 1661, Turenne le nomma major du régiment Colonel général de la cavalerie, fonctions qu'il remplit jusqu'en 4666. Comme premier capitaine de ce régiment, il servit, en 1667, à la prise de Tournay et de Douai. Créé mestrede-camp de cavalerie, il assista au siège de Lille. En 1 671 , il obtint le commandement d'un régiment de cavalerie qui prit son nom. L'année suivante, il suivit Louis XIV à tous les sié^H»s qui illns- Irèrent.cette campagne, et il passa i'hi- Ter dans la province d'Ulrecht. En
4673, il servit sous Luxembourg; en
4674, il combattit à Senef sous Condé.
Nommé brigadier, en 1 675, il commanda la cavalerie dans le llainault. En 4676, il assista aux sièges de Condc et deBouchain; en 1677, à ceux de Valenciennes et de Cambrai; en 1678, à ceux de Gand et d'Yprcs. Placé, en 4679, sous les ordres de Créquy, il combattit à Minden, où rélecleur de Brandebourg fut défait. Maréchal de camp en 1683, il commanda pendant rbiver les troupes sur la Meuse. En 4684, il se démit de son régiment, et fut employé à l'armée qui couvrit le siège de Luxembourg. Quarante années de service ne Taurdient pas sauvé de la proscription, et la carrière qu'il avait parcourue avec tant d'éclat , aurait été impitoyablement brisée, si Dauger n'avait pas abjuré la religion protestante.
Pour le récompenser de son apostasie, Louis XIV lui donna, en lG8o, le gouvernement de Mézières. Nommé lieutenant-général en 1688, il continua à servir jusqu'en 1691, qu'il fut tué, le 19 sept., au combat de Leuse.
D AUMOXT DE CUESPIGî^ Y(N),
défenseur ofticieux de l'église de Trévières lors du procès qu'elle eut à soutenir de 1673 à 1681. Les Protestants de Bayeux et des environs possédaient deux temples , l'un à Trévières, l'autre àVaucelles. Louis XIV leur ayant fait signilier que son bon plaisir était qu'ils n'en conservassent qu'un, la contestation fut grande pour savoir lequel des deux serait démoli. En faveur du temple de Trévières militait son ancienneté : il avait été bâti en 1579, tandis que celui de Vaucelles ne remontait qu'à 1600. L'affaire cependant ne put s'arranger à l'amiable et fut portée devant les tribunaux. Pendant huit ans, Daumont de Crespigny défendit les intérêts de l'église de Trévières avec autant d'habileté que de zèle , sans se laisser rebutor par les délais et les lenteurs aifectées de la justice. Sa patience finit par triompher; mais l'église ne profita pas longtemps d'une victoire achetée par tant d'anxiétés et de dépenses. Deux ans plus tard, elle subit le sort qu'elle avait voulu éviter. La Correspondance relative à tout ce long procès forme un vol. in-4** conservé dans la famille de Daumont de Crespigny, qui existe encore en Angleterre, où il se retira à la révocation. Selon Pauteur anonyme desWitnesses ofsackloth (Lond., 1852, in-12), le chef actuel de cette famille est sir Claude Champion de Crespigny , descendant également de réfugiés, ainsi que le prouvent les fonctions de directeur de l'hôpital français remplies par plusieurs Crespigny ou Champion de Crespigny, dans le courant du xviii* siècle, par Fierté, en 1 7 1 8 , Philippe , en 1 734, Claude y en 1760, et l'on sait que ces fonctions n'étaient exercées que par des Français. Nous ne pouvons affirmer aussi positivement qu'un Champion de La Motte y prôtre catholique converti, qui desservait, vers 1716, l'église de Saint-Jean à Londres, ainsi que nous l'apprend l'ouvrage de M. Burn, appartenait à la même famille.
Le bibliographe Watt attribue à un
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Champion de Crespigny : The poor soldier , or american Taie , founded on a récent fact (Lond., 1789, in-4 *); Letters of advice from a mother to her son (Lond., 4803, in-8'% et A Monody to the death oflord Collingwooe^(1810), ouvrages que nous réclamons, sans hésiter, pour la France protestante. Nos scrupules sont plus grands relativement aux productions du calligraphe Joseph Champion, né à Chatham en 4709; du poète Antoine Champion, né à Surry en 1724, et mort en 1801 ; de TorientalisleJ. Champion , qui vivait à la fin du siècle passé, ainsi que Téconomiste Richard Champion. En attendant des renseignements plus précis que ceux que nous possédons, nous nous contenterons de renvoyer à Rohert Watt qui donne la liste de leurs ouvrages.
DAURES (Louis) , né ^ Milhau de parents protestants, ahjura la foi de ses pères , entra dans l'ordre des Dominicains et publia contre ses anciens coreligionnaires un livre intitulé U Église protestante destruite par elle même, ou les Calvinistes ramenet par leurs seuls principes à la vérita^ ble foy, 1689, in-12.
DytUUlCRS (Martin), citoyen d'Orange , fut condamné , en 1 547 , à faire amende honorable , tête et pieds nus , la torche au poing , dans Téglise de Notre-Dame , pour avoir mal parlé de la foi catholique. Sa famille persista néanmoins dans la profession de la religion protestante. Le 30 mai 1563, Michel Daurier obtint à Genève les droits de cité, avec ses fils Jéréuie et JosuÉ.
DAUSSl (Adrien), dit Douliancourl , colporteur et martyr. A ceux c^ui se scandaliseront de ce que nous donnons place dans notre ouvrage à de si petites gens, nous dirons avec Crcspiu: «Cepovre homme simple eldo nulle estime, voire contemplible quant au monde , nous est ici donné en exemple, pour nous asseurerqu'ayansnosire confiance aux promesses de Dieu , rien ne nous défaudra pour obtenir Theu-
reux triomphe auquel il est panrenn.»
ArrCté à Clermont en Beauvoisis, comme il revenait de Genève porteur de traités religieux et de lettres des réformateurs, il fut envoyé prisonnier à Paris, en 1559. L'instruction de son procès fit connaître qu'il avait déjà été incarcéré une fois pour la même cause; c'était plus qu'il n'en fallait pour loi mériter toutes les rigueurs du parlement, qui le condamna à la question ordinaire et extraordinaire et à la peine dn bûcher. La sentence devait être exécatée à Clermont , mais sur l'observation du procureur général que Daussi pourrait être enlevé en route comme beaucoup d'autres, les juges ordonnèrent qu'elle le serait ^ Paris dans la rue de Seine. Le jour du supplice, 23 octobre, il fut mené à la mort dans un tombereau, bâillonné, au milieu des injures de la populace, et brûlé à petit feu , sans qu'on le vît faire un mouvement, sans qu'on l'entendit pousser un soupir.
DAU VET (Guillaume), seigneur d'Ësraines, d'Avênes ou d'Arènes, second fils de Robert Dauvet, seigneur de Rieux, président de la chambre des comptes, et d'Anne Briçonnet. Dauvet embrassa la religion réformée avant 4 562, quoiqu'il n'ait commencé à jouer un rêle dans le parti huguenot que longtemps après. Nous en avons U preuve dans une liste de suspects dressée à cette époque et conservée à la Bibl. nationale ( Fonds de Baluu, 9035. 3). On nous saura gré de rapporter ici cette pièce fort curieuse, qui montre combien la Réforme avait trou- T é de partisans dans le sein même dn parlement, non seulement parmi les conseillers, mais même parmi les présidents : de VUlUrs, Pastoureau, Du Ferrier, de La Chesnaye, de Foia^ Hurault, liouillart , Du Four, de BeauTie, Regna^lt, Adrien de Thon, de Launay, Du Breuil, Bouette, Surdelot, Etienne Charlei, Faye, Nicolas Du Val, Char lier, Jacques VioU^ de La Porte, Chevalier, de Cormeilles, Claude Viole, Aigremont, Grê-
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naisie, Lhuillier, de Heslin, de La Rosière, de Loynes , Lamoignon, Achille de Harlay, Anjorrant, Delot, Lalement, Arbaleste, Guyot, de Baigneux, Marillac, (ÏElbène, Le Jay, de Reilhac, Scmeh\ Picot, Du Hamel, de La Place, Anthoine, Larcher, ^^Aligrety Faulcon, Canaye, et quelques autres. Si tous n'ont pas fait professiuu ouverle du protestantisme, il est permis de croire que des considérations mondaines imposèrent silence à la voix de leur conscience.
Peut-ôtre Dauvel écouta-t-il d'abord aussi ses intérêts; quoi qu'il en soit, c'est en 1575 seulement que nous le Toyons intervenir activement dans les affaires du purli. Il fut chargé, cette année même, d'apporter à Henri III la requête dressée à Biile par les députés des Protestants et des (lalholiques politiques qui venaient de signer à Nismes vn traité de confédération. Après avoir Justifié leur prise d'armes par le droit de légitime défense, les Protestants, de ocMicertavec leurs nouveaux alliés, réclamaient le libre exercice de la reli- |ion réformée dans tout le royaume, Fautorisation de prêcher et de chanter les psaumes de David en tous lieux, Pusage des cloches, la publication des mariages, la permission de yisiter les malades dans les prisons, celle d'enterrer leurs morts en plein jour ; ils demandaient, en outre, des écoles pour Penfance,.le droit d'imprimer et de Tendre sans entraves leurs livres religieux, celui de tenir des consistoires, •et colloques et des synodes, celui de s'imposer pour les besoins des pauvres et des églises, l'autorisation de bûtir des temples, et l'afTectatiou des dîmes an paiement des pasteurs réformés. Ils insistaient, et avec justice, sur l'admission des Protestants aux charges publiques, sur l'établissement de Chamkres mi-parties, sur la confirmation de la Tente des biens ecclésiastiques faite par ordre des Princes, sur la punition des assassins de la Saint-Barthélémy et la réhabilitation de ses victimes, sur la mise en liberté de leurs coreligionnai-
res envoyés aux galères. Ils demandaient enfm une exemption de tailles pour six ans, et l'envoi des troupes dans les villes frontières. Ce fut Dauvet qui porta la parole. Il s'étendit longuement sur les maux qui désolaient la France, fruit de l'impiété et du manque de foi, et sur la nécessité d'y mettre un terme pour rendre au royaume son antique splendeur. Henri 111 Técouta gracieusement; mais, après avoir lu la requête, il s'écria qu'il était fort ébahi de l'audace de semblables demandes. Condé n'ayant pas voulu rompre brusquement la négociation, Dauvet resta à la Cour avec BeauvaiS'La Nocle, tandis que ses collègues retournaient à Nismes.
La paix se conclut l'année suivante.
Si les Protestants n'obtinrent pas tout ce qu'ils réclamaient, on leur accorda au moins quelques-unes de leurs demandes, entre autres les Chambres miparties. Dauvet fut nommé président^de celle qui devait siéger à Paris ; mais il fut repoussé par le parlement d'une manière si blessante , qu'il renonça de lui-même iisa nomination. Selon Moréri, il mourut avant 4 579.
De son mariage avec Aimée Raguier, fille de Jacques, baron de Poussé, et de Charlotte de Longuejoue , naquirent 4 * Jacques , sieur d'Ësraines, marié à Bonne ou Anne de Romain, iille de Charles Romain, sieur de Betz, et ù^Anne de Sernhac, de laquelle il n'eut qu'un fils, Nicolas, mort jeune; 2* Aimée, femme de François de Berhisy (aliàs Barbisy), sieur d'IIérouville; 3* N., épouse du sieur de Mézières en Normandie, et 4* Jeanne, alliée à Jacques de Dreux, sieur de Morainville, le môme sans doute que àforainville qui, selon d'Aubigné, se signala à Arnay-le-Duc sous Montgommery (4 ).
Les frères de Guillaume Dauvet restèrent catholiques, à ce qu'il semble ;
(1) Un autre Morainvillc, Jpan de Dreux, servit soas Condé, en 1577, à la défense de nie de Rhé contre Lansac. Nommé gouferneur du Perche par Henri IV, il fui lue à la surprise de Verneuil par les Ligueurs, en 1590. Elilt-il protcslinl ou calhoUque politiqqc? Noof riguoroMfi.
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mais ses sœurs épousèrent des Protestants. L'une, Charlotte fut mariée à François de Bé thune; l'autre, Jacqueline, à Gontaut, sieur de Campagnac. 11 est étrange qu'aucun généalogiste ne fasse mention de Gui Dauvetj conseiller de la Chambre mi-partie de Castres, en 1 595. Serait-il identique avec Guillaume, et Moréri aurait-il commis une erreur?
DAUXlLIIO:>i (MàFFRE), seigneur de Sauveterre, fils de Pierre Danxilhon et de Marguerite de Janin, épousa, en 1565, Paule de Pins, qui mourut en 1572 et voulut ôtre enterrée à la manière des Huguenots. Danxilhon, qui servait alors au siège de Sommières sous les ordres de Damville, contracta un second mariage, en 1573, avec Anne de Genihrouse, veuve do François de Villette, seigneur de Montfédier. L'influence de sa nouvelle épouse ne fut pas étrangère à la résolution qu'il prit, vers ce temps, d'embrasser la religion réformée. Cette acquisition fut précieuse pour le parti protestant, auquel il rendit des services considérables dans les guerres de la Ligue. 11 mourut, en 1597, laissant de son second mariage, 1* Samson, mort ^ Lyon à la suite de Damville, dont il avait été élevé page; — 2^ Jacques, baptisé en 1 580, élevé auprès du duc de Joyeuse qui le convertit; — 3* Jacques, sieur de Narbonne, tué, en 1 626, dansles guerres de /?oAfl«; — 4'Anne, mariée, en 1612, avec César de Laur, sieur de Marmoulières ; — 5 Anne et 6* Olympe, mortes sans alliance.
DAUZOU (Pierre), deMontauban, chantre de l'église d'Aubaïs, nous est connu par un Recueil de plusieurs lettres écrites de la prison de Lyon, pendant V espace déplus d'un anquil a été détenu dans ladite prison pour la profession de V Evangile, à quel ques-^ms de ses amis réfugiés à Lausanne avec les réponses qui lui ont été faites, Colonge [(ien.], 1697, in-8». — A la suite de ces lettres ont été imprimés des certificats attestant ses épreuves et sa constance, signés par
Baschi d'Auhaïs ; de La Roche, pasteur de Junas dans le Bas-Languedoc, réfugié à Nyon; Barheyrac, pasteur de Montagnac, réfugié à Lausanne; de Parades, pasteur du Bas-Languedoc; Pagezy, pasteur des Cevennes ; Browzet, pasteur de Florensac; Ribottier, ministre des Cevennes; Davin, pasteur de Sauvignargues ; Noguier, ministre de Saint-Chaptes; Méjanes de Bane, pasteur du Bas-Languedoc; Malplaeh, pasteur d'Anduze; Vial, ministre des Cevennes; Aimeras, ministre des Cevennes; de La Borie, ministre d'Uzès; Escoffier, ministre de Saint-Gilles; Perreault , ministre de La Nocle, Bruguière, pasteur deCalvisson, tous réfugiés 5 Lausanne, oîi Dauzou s'était aussi retiré après son bannissement du royaume.
1>AVAL , ancien de l'église de Dieppe, a laissé en msc. une Histoire de la ré formation dans la ville de Dieppe qui mériterait d'être publiée.
Cette histoire embrasse une période d'un siècle, depuis 1557 à 1657. Elle est écrite avec une grande impartialité et offre une foule de détails pleins d'intérêt non-seulement pour l'histoire de l'église de Dieppe, mais pour l'histoire de France en général.
DAVANTK8 (Pierre), connu sous le pseudonyme (I'Antesignanus (1), que Baylo a tort de franciser, savant grammairien, né ^ Rabasteins, dans le haut Languedoc, florissait vers le milieu du xvi* siècle. On ne sait rien sur sa vie. On suppose qu'il vécut à Lyon, où il se consacrait h l'enseignement. Il ét;nt bien versé dans les langues grecque, latine et hébraïque; mais il préféra de se rendre utile que d'acquérir un nom glorieux. Assez d'autres, disaitil, courent après la célébrité; je choisis, pour ma part, un rôle plus modeste.
Tous ses ouvrages sont écrits pour l'éducation de la jeunesse. Quoique Baillet trouve sa Grammaire , qui proprement n'est pas la sienne, comme nous le verrons , » si mal digérée qu'on ne
(1) Nous sommes les premiers t réitblir son Téritable uom.
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se peut presque résoudre à la lire » , ce qui veut dire qu'il ne Ta pas lue, nous devons croire qu'elle n'était pas sans mérite; les nombreuses éditions qui en ont été faites pendant près d'un siècle prouvent au moins qu'on ne possédait rien de mieux. Maillaire, dans ses Annales , place Antesignanus au nombre des typographes du xvi' siècle , quod ijpse, dit-il, suum nomen in eâ suburipserit tituîi parte ubi sua soient Hbrarii, ce qui se voit dans son édition des Institutions de Clénard de 4 557.
Puis il ajoute : Au ver à hujusmodi artem exercuerit, aut mercaturam fecerity adhùc dubito. Cependant, à notre avis, le nom de Timprimeur, Mathias Bonhomme , qui se lit à la tin du livre, aurait dû lever tous ses doutes; l'ouvrage aura été imprimé pour le compte de Davantes. Mais il existe une autre publication, inconnue à Maittaire, réditioD des Psaumes de David, sur laquelle ne se trouve aucun nom d'imprimeur, et qui porte avec le nom de Davantes la même marque que Ton voit dans son édit. dos Institutions de Clénard, virgula divina , marque qui n'çst pas celle de Mathias Bonhomme , non plus que d'aucun autre libraire à nous connu. On pourrait donc en conclure qa*eD 1560, année de cette publication , Davantes était réellement typographe. Quoiqu'il en soit, cette première édition du Psautier complet nous a mis sur la voie d'une intéressante découverte. Les savants critiques qui ont reproché à J.-J. Rcîiisseau de s'être frauduleusement approprié le système de notation musicale du P. Souhaitty, dont à coup sûr il n'avait jamais entendu le nom , en éprouveront un cruel déboire. Toute leur érudition a porté à faux. Si Rousseau a emprunté son système, ce doit être, il semble, à l'inventeur du système; or l'inventeur, ce n'est pas le P. Souhaitty; ce système avait été exposé et appliqué environ cent vingt ans avant lui par notre grammairien Pierre Davantes. Du reste, nous serons plus juste que nos devanciers ; nous n^accuserons pas Rousseau d'avoir com-
mis un plagiat, mais nous le féliciterons da s'être rencontré avec notre auteur, au moins en ce qui concerne la désignation des notes. On l'a dit avec raison, il n'y a de nouveau que ce qui a été oublié. Lors de sa publication des Psaumes, Davantes habitait Genève. On ignore Tépoque de sa mort.
On lui doit :
I. Tcrentius. In quem triplex édita est P. Antesignani Rapistagnensis commentaiio. — Primum exemplar, Commcntariolum est ex orani interpretationum génère : in quo aftixi sunt ad singula vocabula hyperdisyllaba accentus, appositieque ad singulos versus dimensiones, et multiplicia, copiosaque ad omnes comœdias singulasque scenas argumenta, varixque insuper annota tioncs et exact» casligaliones. — Seeundum exemplar. Prêter singula contenta in primo, omnium ferè quotquot sunt in Terentium aliquid ediderunt, commentarios , expositiones, annotationesque comptée titur. — Tertium exemplar. Ex omnium interpretum commentariis compendiosam expositionem , omneque primi exemplaris argumentum , gallicam praetereà translationem ad verbum in très prières comœdias (in quo uao Gallias pueris praecipuè inservitum est) : tùm etiam hujus authorls peculiares annotationes. plenioresque interpretationes continet. Ilorum omnium ratio in praîfatione reddita est. Editio tertii exemplaris^ Lugduni, apud Mathiam Bonhomme, 1560, in-4'', pp. 532, sans les pièces prélim., caract. ital. — La première édition parut chez le môme libraire en \ 556, in- 8", dédiée, ainsi que la 2% aux trois frères Saré, élèves de l'auteur. Elle ne contient que la première partie, primum exemplar, de Tédition iripartite^ c'est-à-dire le texte des six comédies de Térence, accompagnées des arguments de Philippe Mélanchthon , de courtes notes marginales, de la mesure de chaque vers notée à la marge, etc., et suivies de la vie de Térence , attribuée à .-Elius Donat. Le titre entier de l'ouvrage que nous avons reproduit en
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indique surabondamment le contenu.
Les trois pièces traduites sont TAndrie [Andrienne], TEunuque, rileautontimorumenos. La traduction estlillérale.
Une amélioration que Davantes avait introduite dans son édition, c'est la notation de la quantité. On doit regretter que cet usage n'ait pas prévalu dans les écoles. On en retirerait vraisemblablement de meilleurs fruits que de notre système actuel qui, en définitive, consiste à nous enseigner à faire des vers, pour ne pas dire des formes de vers, au lieu de nous apprendre à les lire.
II. Clenardi Institutiones et Meditationes m grœcam lingnam^ Lugduui, perPetrum Antesignanum, 4557, in-i"; — ad calcem, Lugduni excudebat Mathias Bonhomme, 1556. Epitre dédicatoire à Pctrus Labadensis, sous la date de Lyon 1 554, ce qui doit faire supposer une édition antérieure. Quoique Maitlaire, k qui nous empruntons cette indication, n'en fasse pas mention, il est probable qu'on trouve dans cette première édition , comme dans toutes les suivantes, les scolies d'Antesignanus. Il a paru plusieurs éditions de cet ouvrage ; nous citerons comme la meilleure, l'édition revue et annotée de Frédéric Sylburg : Institutiones ac meditationes ùi grœcam linguam , Nie. Clenardo authore ; cum Scholiis et praxi P, A'.i'-^signfhii Rapisiagnensis, Francof. , apud Andream Wechelum, 1580. in-i" pp. iio; nouv. édit., Hanoviae, typis Weclielianis , apud ha[?redes Joannis Aubrii , 4 617, in-4". Ce livre contient : \* les Institutions de Clénard , grammaire grecque enrichie d'amples scolies en latin par Autesignanus , pp. 232; 2* la Méthode d'Antesignanus , sous le. titre Praxis seu usus praceptorum grammafices, consistant en morceaux choisis des autours grecs , accompagnés d'une traduction littérale interlinéairo et de scolies ; plus un Traité des esprits, .S;>/rî77^tt?/^ ratio, suivi d'une table des Abréviations usitées en grec p. t'\t-tlï\ 3* les Méditations de Clénard, Meditationes grœcanictB in ar-
tem grammaticam, p. 272-320; 4' le traité d'Antesignanus î)e thematis nerhorimi et participiorum investigajidlrationc, p. 321-414. Quelques pages de Notes do l'éditeur Sylburg terminent l'ouvrage.
ni. Pseaumes de David, mis en rhytkme française par Clément Marot et Théodore de Besze, avec nouvelle et facile méthode pour chanter chacun couplet des pseanmcs sans recourir au premier, selon le chantâtconstumé en V Eglise, exprimé par notes compendieuses exposées en la préface de Vautheur d'icelles. Avec privilège. Par Pierre Davantes, 4 560, pet. in-8»; non pagin. ; magnifique édition ; caractères cursifs- gothiques ; en marge , en caractères romains, l'interprétation des psaumes en prose.
Edition princeps de la traduction complète du Psautier. En tête du livre, Epllre [de Calvin] à tous Chrcstiens araateurs de la parole de Dieu . sous la date de Genève, 40 juin 1543, et une Epistre [en vers] de Théad. de Besze à l'Eglise de noslre Seigneur: « Petit troupeau, qui en ta petitesse, etc.» La liturgie do Genève termine le volume.
Dans sa Préface (pp. 19), datée de Genève, 18 sept. 1560, Pierre Davantes expose les raisons qui l'ont déterminé h 1 innovation qu'il a introduite dans la notation de la musique des psaumes, 6t explique son système. Pour lui, c'était avant tout une affaire de typographie; mais si nous en jugeons par les succès de ceux qui ont remis, de nos jours, c« système en vogue , on doit croire qu'il y avait quelque chose de plus dans sa réforme. Depuis longtemps, dit-il, il désirait « que quelque bon musicien excogitiist pour Tusage du chant des Pseaumes quelque façon de notes qui occupassent moins d'espace que celles dont on use aujourd'huy , et qui se poussent commodément appliquer à toutes syllabes sans disjonction de celles qui font un mot entier, pourlemoins es lieux esquelz une syllabe ne requiert plusieurs notes. » Mais k la fin voyant que personne ne répondait à son désir.
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il se mit lui-môrac h l'œuvre. Après y afoir mûrement réfléchi, il no trouva « moyen plus expédient que de recourir à Parithmétique, comme k la source et mère de la musique. » Ce fut un trait de lumière. « Grâces au Seigneur, ditil, la chose a , sans grand labeur, si bien succédé à mon entreprise , que non seulement les médiocres musiciens (pour lesquelz principalement je tra- ▼ailloye) y auront tel soulagement qu'ilz pouvoyent requérir : mais les plus excellens s'en pourront servir aussi bien ou mieux que de leurs notes accoustumées , es Pseaumes dcsquclz ils ne savent le chant par ca»iir : et les ignorans de la gamme et des notes communes (qui desirentnéantmoins apprendre de la musique autant que besoing est pour chanter les Pseaumes comme on les chante «"^s saintes assemblées) trouveront icy une adresse et voye fort courte pour les conduire là • où leur bon désir les appelle.» En un mol, il estime que ceux qui bien souvent, vu les grandes diflicultés de Tancienne méthode, se trouvaient «forclos de l'usage de la sainte musique pleine de toute consolation, pourront en moins d'une heure estre suffisamment instruits pour s'exercer à la praclique de ses notes. » On a lieu de s'étonner que le nom de Davantes ne soit mentionné dans aucun des ouvrages, à nous connus , qui traitent de Thistoire de la musique, non plus que dans l'excellente biographie des musiciens par M. Fétis.
Simler attribue, en outre, à Antesignanus , une Lettre en hébreu à Pierre Cosle, imprimée dans l'ouvrage de ce dernier De messiâ ; plus un traité De ratione grœci carminis, et quelques antres écrits dont il ne fait pas connaître les titres.
DAVID, nom d'une des meilleures familles de La Rochelle, non moins distinguée par les emplois qu'elle a remplis que par les services qu'elle a rendus. En 1572, Jean David, pair du corps de ville, fut envoyé ou Angleterre avec Pardaillan et Claude Du
Moulin , pour demander du secours à Elisabeth et presser le départ de iVon^gommery. La mCme année, Robert David prit part à l'expédition des Rochellois contre l'Ile de Rhé, et Jacques David, à la défense de sa ville natale, comme capitaine de quartier. En 4 584, Yves David remplissait les fonctions de maire. En 4 611, le capitaine de vaisseau Jean David se signala par sa rare intrépidité. En 4628, Jacques David, qui avait été maire deux foi«, en 4 6 1 5 et en 1 62o, et qui était alors révolu de la charge d'échevin, fut député en Angleterre avec Jean de Uinsse et Philijype Vinceyit. 11 déploya beaucoup d'habileté et d'adresse pour éluder les demandes artificieuses de Buckingham, et réussit à signer avec le roi Charles un traité d'alliance qui ne porta aucun fruit utile.
Cette famille ne pouvait manquer de fournir des membres au Refuge. Les uns s'établirent à Londres où JeanVàvid était, en 1 750, directeur de l'hôpital français; d'autres à New-York.
DAVID (Guillaume-Joseph), fils de Mathurin David, seigneur de La Roche-Bernard, et de Mathurine Jwmel-Du liordage^ né en 4654, dans les environs de Saint-Malo. Le Mercure galant raconte qu'ayant conçu le dessein de se convertir, le jeune David se retira dans le séminaire de Saint-Lazare à l'insu de son père, qui s'empres* sa de le faire revenir et le traita avec beaucoup de rigueur pcudant trois mois, au bout desquels il feii:nit de renoncer à son projet et promit de mourir dans la religion de ses ancCtres. Trompé par son air de sincérité, le père « commença de travailler à son élévation du costé de la fortune; » mais à la première occasion favorable, le jeune homme s'échappa de la maison paternelle, s'enfuit dans le Midi et abjura à Avignon, le 47 sept. 4 680. Il entra ensuite chez les religieux de Picpus dont il prit l'habit, le 5 oct. — Une famille de Limoges du môme nom nous présente un exemple tout contraire. Ce fut le père, Pierre David, médecin àClairac,
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qui abjura, et le fils qui persista dans la religion protestante avec la plus grande «opiniâtreté,»» bien qu'on Trùt enfermé dans le couvent des Au ir ustins de Paris {Suj^pl. franc. 79! . 3). DAVID (Pierre), moine, ayant accompagné en Ouienne le maréchal do St- André, qui allait consulter rexccllent médecin Jules- César Scaliger, lit entendre pour la première fois à Ai^cn, en looo, quelques attaques contre les mœurs du clergé romain. Il fut goûté, des assemblées secrètes se formèrent, et révcque inquiet le força k s'éloiirner. 11 se relira à Nérac, où il obtint encore plus de succès. Le roi de Navarre rattacha comme prédicateur h sa Cour, cl s'en fit suivre h Paris, lorsque les négociations du mariage du dauphin avec Marie d'Ecosse Ty appelèrent, en 1 5)8.
Cette marque de faveur perdit David, qui se laissa gagner par l'appât d'un gros bénéfice, et promit aux cardinaux de Bourbon et de Lorraine « de remettre son maître et sa maîtresse en l'Eglise romaine plus avant que jamais. » Le roi de Navarre, aux oreilles de qui cela revint, le chassa, et au lieu de la récompense promise, qu'il n'avait d'ailleurs pas su gagner, le cardinal de Lorraine se contenta de le faire recevoir dans l'abbaye de St-Denys, en reconiniandant à l'abbé de le soumettre h toute la sévérité de la règle. Vw tel régime ne pouvait convenir à un homme qui, selon ^^2^, s'était servi de l'Evangile pour l'ambition et pour le ventre ; il parvint à rentrer en grùce auprès du roi de Navarre, et dès cet instant, il feignit d'être tout dévoué h la Réforme.
En \ 560, François II écrivit de sa propre main h Antoine de lionrhon pour lui enjoindre de le faire arr«Her avec Unisnormand, et garder en lieu sûr. David se trouvait à Orléans lorsqu'éclala la première guerre civile. Accusé de plusieurs crimes détestables, il fut jeté en prison et mourut peu de temps après.
DA\ IKD (Jean), réiuîjié à Berlin.
A la fin du xvii* siècle, l'industrie avait fait si peu de progrès dans le lira ndrbourg, que les babit«'ints de Berlin ne
connaissaient pas l'usage des chandelles m«)ulces. C'étaient les bouchers qui faisaient le savon et de détestables chandelles , et ce furent les réfugiés français qui perfccli(mnèrent ces deux branches importantes de l'industrie.
Je in Davied lit venir de Metz des moules, et pendant longtemps, gardant soigneusement son secret, il conserva dans sa fabrication une supériorité décidée sur ses concurrents Louis et Daniel Gaillard, Paul Payot , Grdéon IVri, Charles Voircgard, de Metz, Julien, Malt/lieu, Escof/icr, Hey, Le Sage, DertU, Thierry, licrtram, Descôtes, Cochet y DcleuzCy Sauvage, qui tous acquirent cependant dans leur commerce une fortune honorable. Toussaint, autre réfugié de Metz, finit néanmoins par faire faire des moules à Berlin, et dès lors l'art de fabriquer les chandelles moulées cessa d'être u i secret.
I)A\ Ui>()\' (Bertr\>d), ou plutôt AvKJNoN, seigneur de Souvigné, pasteur de l'église dtf Rennes, député en celte qualité aux Synodes nationaux de Privas et de Charenlon. Avignon avait été cordelier pendant seize ou dixsept ans ; mais il avait abjuré publiquement la religion romaine dans le temple d'Ablon, le dimanche i9 mai 1(505, et publié les motifs de sa conversion sous ce litre : Diclnration de liertrand AvifjtWii, nagvh'cs de l'ordre qtCon apjicllc dcsCordelliers, cstahlyenla vil le, de Paris, hachellier en première licetice, et présenté le premier dudict ordre en la faculté de Théologie et Sorhonne. Par laquelle il drduict les raisons qui Vont meu de quitter la religion romaine pour embrasser la vérité de V Evangile, sans nom do lieu, 1605. in-8°, pp. 35.— Nous de- Tons la communication de cet opuscule à M. Charles liead , celui de tous nos amis qui prend l'intérêt le plus vif ^ notre œuvre. C'est un écrit remarquable de style et de logique, et, sauf quelques expressions un peu trop dans le goill du temps, nous croyons qu'il ne serait pas facile de faire mieux en un si petit nombre de pages. 11 se termine ainsi :
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« G^est li mon espéraDce et ma foy en laquelle Dieu me fera la grâce de persévérer jusques au tombeau, ^ue si, en serrant Dieu, je perds la bonne alTection de ceux que j'ayine et honore, je me consoleray en Dieu et diray : Le Seigneur est mon roc, ma forteresse et mon libérateur; en luy je me confie et l'invoqueray en le louant, et seriiy sauvé de mes ennemis. Cependant je ne laisseray de prier Dieu pour eux, à ce qu'il les délivre d'erreurs et de superstitions, et des jugemens qu'il a préparez i ceux qui combatent sa vérité. >•
J)AVV DL PLâVau^i (Julien), né à Saint-LA, vers 4528, « homme fort docte, dit La Croix du Maine, grand théologien, philosophe, mathématicien et médecin. » Ayant embrassé les opinions nouvelles, Julien Davy se relira à Genève avec sa femme , de la maiion de Languârville, et y professa les belles- lettres, selon un des annotateurs de la Bibliothèque française ; mais plus tard, il alla s'établir dans le canton do Berue, d'où il revint en France après la publication de l'édit de Janvier. 11 s(> trouva, dit-on, à Rouen pendant le siège de 1562, et apr^s la prise de la Ttlle, il fut retenu prisonnier dans le Vieux-Palais. Si le fait est vrai, sa captivité dura peu, puisque, quelques jours plus tard, nous le trouvons à Dieppe exerçant les fonctions du ministère évangélique. On lit, en eUet, dans l'IIistoire inédite de la réformation dans la ville de Dieppe, parDaca/, que les habitants de ce port de mer, ayant obtenu de la reine-mère « la liberté d'exercer leur religion moyennant que ce fut secrètement et de nuit, dans des maisons particulières et en petit nombre de 30 à 40 personnes au plus » , huit pasteurs, parmi lesquels l'auteur cité mentionne Du Perron, de Fcugueray , Tardif ei d^Outreleau, « faisaient journellement huit sermons et ainsi subvenaient h tonte l'église.» Au bout de six semaines. Du Perron, accompagné de sa femme, qui s'était sauvée de Rouen sous un dégnisemcnl, et de ses de;]x enfants, passa daus Tile de Jersey , où
il resta jusqu'à la conclusion de la paix. En l'absence de renseignements positifs, nous ne pouvons décider si Julien Du Perron avait reçu la consécration, ou s'il n'avait rempli qu'accidentellement les fonctions de prédicateur à Dieppe. Tout ce que les écrivains qui parlent de lui avec la plus de détails, nous apprennent , c'est qu'il se sauva une seconde fois à Jersey, lorsque Cond'*' reprit les armes, et qu'il y passa trois ans. Le massacre de la Saint- Barthélémy l'obligea à chercher de nouveau un asile dans cette lie, et il n'en revint qu'à la conclusion de la paix. 11 mourut à Paris en 1 583. Selon La Croix du Maine , il avait écrit quelques discours très-doctes sur les fontaines et leur origine et un Traité de la goutte , qui n'ont jamais été imprimés.
L'aîné de ses fils , Jacques, si célèbre dans l'histoire de Fr.-nce sous le nom du cardinal Du Perron, naquit dans lecanlondelierne, le25nov.loîJG.Son père lui enseigna le latin et les mathématiques;, il apprit sans le secours d'aucun maître le grec, l'hébreu, la philosophie , et comme il avait reçu de fa uature une facilité surprenante et surtout une mémoire prodigieuse, il y fit d'assez remarquables progrès. Ambitieux , peu délicat sur les moyens de parvenir et rempli d'une vanité saris égale, il se présenta, en < 576, sous les auspices du sieur do Lancosme, à la cour de Henri 111 qui était alors à Blois, et pour fixer l'attention sur lui, ij se mit à disputer publiquement contre tout venant sur la philosophie et les mathématiques. Les succès qu'il obtint furent très-propres à flatter son amour-propre. Il prenait alors le titre de professeur du roi aux langues, aux mathématiques et en la philosophie, et c'est aussi dans cette période de sa vie qu'il publia certains livres dont Balzac disait «qu'on n'aurait pas fait plaisir au cardinal Du Perron de le faire souvenir de son Traité ùu pcsjnt cl du léger et de quelques autres ouvrages de sa jeunesse. » Aussi César de Ligni,