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son secrétaire, n'a-t-il eu giinle de les insérer dans le recueil de ses Œuvres.
De retour à Paris, l)u Perron se lia d'une amitié très-étroite avec Philippe Des Portes , le licencieux abbé de Tiron , qui l'enj^aj^'ea à rentrer dans le giron de rEj/lise romaine. « La jj'rAce ayant éclairé son esprit >», pour parler comme ses biographes, Du Perron abjura donc à fajre de 25 ans, et fut nommé lecteur du roi. Une anecdote rapportée par L'Etoile, presque toujours bien informé , et répétée par Tallemant Des Réaux , ainsi que par un grand nombre d'historiens qui ne pensent pas devoir sacrifier la vérité au resi)ect de la pourpre romaine, montre pour combien peu la conviction religieuse entra dans la conversion du futur cardinal.
Il venait de prouver l'existence de Dieu par des raisons si excellentes que le roi lui adressa des compliments. Sire, lui répondit-il , s'il plaît à V. M., je prouverai par des raisons aussi bonnes qu'il n'y a pas de Dieu. On peut sans doute considérer cette réponse comme une saillie d'un bel esprit; mais il faut convenir que le sujet était singulièrement choisi pour un ecclésiastique; car Du Perron avait reçu les ordres depuis sa conversion, et était, comme son ami Des Portes, pourvu de nombreux bénéfices. Henri ill lui-mi^mc se montra indigné; cependant il ne l'éloigna pas de sa personne. Après l'assassinat du dernier des Valois , Du Perron s'attacha au cardinal de Bourbon et devint l'agent le plus actif de la faction qui voulait placer ce vieillard presque imbécile sur le trfine. Le projet fut découvert h Henri IV , selon les uns , parle cardinal de Lénoncourt, selon les autres, par Du Perron lui-m^me, qui se serait insinué par ce moyen dans la faveur du nouveau roi. Du Perron avait trop d'esprit pour ne pas reconnaître promptement la nullité du vieux Bourbon , et trop d'ambition pour rcsterattaché à un p:)rti sans avenir; mais qu'il ait poussé l'infamie jusqu'îi vendre un prince qui l'avait c^)mblé de bontés et qui ne se dirigeait que par ses
conseils, nous ne pouvons nous !• persuader. H est plus probable qu'il gagna les bonnes grAces de Henri IV par ses complaisances pour Gabrielle d'Ê»trées dont il s'était constitué le secrétaire et à qui il évitait la fatigue d'entretenir une correspondance amoureuse avec un homme qu'elle n'aimait pas.
Ce fut donc pour le récompenser de ses galants services , que Henri IV le nomma à l'évêché d'Evreux, en 1594.
Après son abjuration, le roi l'envoyai Rome implorer du pape une absolution qui ne fut accordée qu'aux conditions les plus humiliantes. Du Perron se soumit à tout, et Henri lui en témoigna sa reconnaissance par ses caresses.
L'évêque d'Evreux n'ignorait pas que le pins ardent désir de Henri IV était de ramener ses anciens coreligionnaires aux pieds du successeur de St-Pierre; il savait donc que le meilleur moyen de lui faire sa cour était de travaillera la conversion des Huguenots. H se mit avec zèle à l'œuvre, et les ressorts qu'il fit jouer lui procurèrent plus d'un éclatant succès auprès des ambitieux qui voulaient, comme lui, faire leur chemin à tout prix. Ce qui mit le comble à sa réputation comme convertisseur, ce fut le résultat de la fameuse conférence de Fontainebleau (Voy. Philippe de MOR- NAY). Cependant, les prévisions de Sully furent trompées : son triomphe ne lui valut pas le chapeau rouge, objet de son ambition; il ne l'obtint qu'en 1604, après de nouveaux gages d'un entier dévouement donnés à la cour de Rome. A cette époque, il vivait, depuis quelque temps, retiré dans son évêché où il s'était confiné par dépit, ï la suite des échecs qu'il avait subis dans ses tentatives de conversion sur^'Aubigné (Voy. l, p. 168) et sur Catherine de Navarre. La pourpre romaine guérit la blessure de son amour-propre. Henri FV y ajouta l'archevôché de Seus et l'envoya à Rome en qualité de chargé d'affaires. 11 en revint plus ultramontain que jamais, comme il le fit voir aux Etats généraoT de 161 i. Le tiers-étal ayant proposé de recevoir pour loi fonda-
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mentale un articln ainsi conru : Comme le roi est reconnu souverain en sou Etit. ne tenant ?a couronne que iW l)i<»u seul, il n'y a puissance en terre, quelle qu'elle soit, spirituelle ou temporelle, qui ait aucun droit sur son royaume, pour en priver les personnel sacrées de nos rois, ni dispenser ou absoudre leurs sujets de la fidélité qu'ils lui doivent, pour quelque cause ou prétexte que ce soit. Du Perron s'opposa fortement à Tadoption de celte proposition, et dans un discours qu'il prononça, le î janv.
4615, en présence des députés du Tiers, discours qui est rapporté presque en entier dans le T. XVI de la Collection Boisson, avec celui qu'il avait adressé le 31 déc. ^ la noblesse, il se laissa entraîner jusqu'à dire qu'il serait obligé d'excommunier ceui qui s'obstineraient k soutenir que l'Eglise n'a pas le pouvoir de déposséder les rois, ajoutant que h puissance du Pape est pleine, plénissime, directe au spirituel et indirecte au temporel. L'agitation causée par ce discours fut extrCrae, et les trois ordres étaient sur le point d'en venir à «ne rupture ouverte, lorsque le roi évoqua l'affaire etdéfenditauiEtatsde s'en occuper davantage. Du Perron ne se montra pas moins dévoué aux Jésuites dans les poursuites qu'il exerça contre le livre de Richer sur la puissance ecclésiastique et politique. « ï/espèce d'inquisition qu'il établit contre ses partisans, lit-on dans un Dictionnaire biographique, lui fit beaucoup de tort dans l'esprit des personnes modérées. »
Ilmourut à Paris, le 5sept. 1618. • ^]n mourant, raconte TallemantDesRéaui, il ne voulut jamais dire autre chose, quand il prit l'hostie, sinon qu'il la pre« nait comme lesapAtres l'avaient prise. » Cette anecdote prouve qu'en l'illuminant, la grâce ne l'avait pas convaincu de la vérité du dogme de la transsubstantiation.
On a dit de Du Perron que « c'étnit un homme plus rharlatan qu'éloquent, plus éloquent que savant, plus savant qu'homme de bien, et par-dessus tout, le courtisan le plus délié. » Sa vanité
était excessive: il se regardait comme le premier écrivain de sofi temps et comme le savant le plus instruit. On ne saurait sans injustice lui refuser une érudition peu commune ; sa merveilleuse mémoire lui fournissait sur-lechamp une foule de passages dont il accablait son antagoniste; c'était là son principal moyen de succès quand il n'avait pas aiTaire à des gens de la trempe de iVAubigné , qui ne se laissa pas étourdir par ce cliquetis d'érudition.
S'il faut en croire Tallemant, Du Perron était d'un caractère si colère et si vindicatif, que s'étant pris de querelle dans un cabaret, il poignarda son adversaire.
Les ouvrages du célèbre cardinal n'intéressant qu'indirectement la France protestante, nous n'en donnerons pas la liste détaillée , d'autant plus qu'ils ont été imprimas en trois volumes in-fol. (Paris. ^6iî0-2i!) précédés do sa Vie. Le h" contient son Traité de l'eucharistie, contre Du Plessis-Mornay ; le V, sa Réplique à la réponse [par Casauhon] du roi de la Grande- Bretagne; le 3», ses Mélanges sur la morale, la religion, ses Dissertations, ses Traductions, ses Discours, un grand nombre de poésies plus que médiocres, où le sacré et le profane sont étrangement confondus, telles que Stances amoureuses , Hymnes , Complaintes , Psaumes, etc. Un 4* vol. imp. à Paris, en 1623, in-fol., contient ses Négociations et ses Ambassades, qui ne peuvent servir ni de modèle ni de leçon aux négociateurs. Ajoutons que sous le nom de Vcrroniana, Christophe Du Puy recueillit tout ce qu'il avait appris sur cet illustre personnage d'un de ses frères attaché au cardinal. Vossius fit imprimer ce recueil à La Haye en 1 666. Dflî7/f fils en donna une édit. plus correcte, Colog. [Rouen], 1669, in-12.
DesMaizeauxhïém^., Amst., 1740, in-1:f.
Le second fils de Julien Davy Du Perron se nommait Jeaw. C'était, au rapport de Tallctnant, « un fort ridicule personnage. » On l'avait surnommé La
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Guette et L'Ambigu, Il commença par donner des leçons de musique h Paris ; mais la fortune de son frère lit la sienne : il succéda au cardinal dans l'archevôché de Sens dont il occupa le siège jusqu'à sa mort, arrivée en 1621 .
Un proposant du Dauphiné nommé Ar7iaud, dit 1)u Perron, qui abjura en face de l'échafaud et mit, selon l'usage, le public dans la confidence des Motifs de son abjuration (Grenoble, 1749), ne se rattachait par aucun lien à la famille des Davy.
DECIitlK^ADOLPEE), né à Strasbourg, capitaine des armes 5 bord de lu flotte hollandaise appelée la flotte de Nassau. Forte de M vaisseaux de guerre, portant 1637 hommes d'équipage et 294 canons, cette Hotte, qui était destinée à reconnaître le détroit de Le Maire et à ravager les côtes du Pérou, mit à la voile, le 29 avril 1623, sous le commandement de Jacques L'ilermile. Elle arriva à l'entrée du détroit le i fév. 1624, et resta quelque temps mouillée dans une baie de la Tcrre-de-Feu. Le 7 mai, elle se présenta devant Callao; mais toutes les attaques des Hollandais échouèrent et ils durent se contenter d'incendier les navires espagnols h l'ancre dans le port. L'IIermite , qui était malade depuis son départ de Sierra-Leone, étant mort le 2 juin. Schapenham lui succéda; mais il ne fut pas plus heureux, un sorte que, le 1 4 août, il prit le parti de mettre à la voile. La flotte remonta jusqu'à Acapulco dans le vain espoir de rencontrer les galions espagnols; puis elle cingla vers Guam, la plus méridionale des lies Mariannes, où elle mouilla le 26 janv.
4625, et de là elle se rendit à Batavia, où Decker fut retenu avec les soldats par ordre du conseil des Indes. 11 n'en partit que le 9 nov. 1627 sur la flotte de Jean-Pierre Kiihn, qui toucha au Cap le 28 janv. suivant, à Sainte-Héîfene le 12 mars, et entra dans le [»orl d'Amsterdam le 27 mai.
Decker a rédigé un Journal de son voyage, sur lequel la Biogr.univ. porte ce jugement : « La relation de Decker
est regardée, avec raison , comme une des meilleures du Recueil français [Recueil des voyages de la compagnie des Indes]. L'auteur s'y montre homme intelligent, il écrit avec beaucoup d'ordre et de clarté. 11 donne des notions trèsjustes sur la route à tenir pour abréger la traversée jusqu'au détroit de Le Maire; une très-bonne description des parages au sud de la Terre-de-Feu, et des observations curieuses sur ses habitants, ainsi que sur l'Ile de Juan Fcrnandez et sur l'île de Guam. » Imprimé d'abord en allemand à Strasbourg, 1629, in-4% ce Journal a été inséré en latin dans la Xlll* partie, section X des Grands Voyages deDeBry, sous le titre de Ephemeris quà historia et res gestœ classis Nassoviœ, qua sub archithalasso Jacobo Heremitâ totum terrarum orbem, annis 1623-1626 Circumnavigavit , per singuîot dies describuntur. On le trouve aussi dans la Xll' partie des Petits Voyages de De Bry, et dans le Recueil des voyages de la compagnie des Indes , mais moins complet que dans les Grands Voyages de De Bry. Prévôt et de Brosses en ont publié des extraits.
nr.CSi !:u (Frkdkrig), professeur de droit h l'université de Strasbourg, a mis la dernière main à un traité laissé inachevé par son père , et l'a publié sous le titre : De possesslone crediloris in pig'iiore.
«slCIiEU (Jean), avocat auprès de de la Chambre impériale de Spire, natif de Slra^ibourg, comme les précédents, fut reçu docteur en droit en 1 672. H a publié, selon JOcher :
i. Conjectura de script is adespotis, pseudepigrapkis et snppositHii^^ ins. dans le Theatrum de Placcius, et réimp. à Amst., 1686, in-8*.