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ses fabriques s'établirent sucre??ivementen Franco, on Portugal et on Allemai^ne; mais nulle paît elles n'alteignirenl un plus haut doi,'ré fJe pn>i?périté qu'h Mulhouse où Tari des toiles peintes lut introduit, en I7i'j, par Sa • muel Kœchli/i^ Jean- Henri DoIIfusei Jean-Jacques Schmaltzer. Après la mort de Deluze, son fils, qui avait hérité de toute son activité, le remplaça à la tête de la fabrique du Bied, qui fut longtemps un des plus puissants établissements industriels du continent.
Dl-mo.VT (N.), descendant d'une famille protestante réfugiée en Suisse, naquit h Courbevoie où son pore, (jui servait dans la garde suisse, tenait garnison. Il embrassa la carrière des armes et s'éleva rapidement par son courage. Adjudant-général à Tarmée de Rhin et Moselle, en 1797, il ellectua un des premiers le passage du Hhin et mérita les félicitations du Directoire.
Devenu général de brigade en \ 804, il fut employé au camp de Bruges. En "1 805, il ht la campagne d'Autriche et se signala h Austerlitz où il fut blessé dangereusement. L'«Miipereur lui accorda, le i\ déc, le grade de général de division, et le ntmuua sénateur, le 19 mai de Tannée suivante. Kn 180() et 1807, il reçut la mi»;sion d'organiser un corps spécialement chargé de la défense des côtes de la Normandie. La campagne de 1809 lui fournit de nouvelles occasions de montrer son courage; il eut un cheval tué sous lui à Ecknuihl. A la conclusion de la paix, il fut envoyé à Strasbourg où il f^e trouvait encore en 1813, pendant le blocus.
Créé pair par Louis XVJII, en 181 1, il resta fidèh; à ses serments et refusa tout emploi pendant les (lent-jours. A la restauration, il reprit h la Chambre haute son siège qu'il occupa jusqu'à sa mort, arrivé en mai 18:20.
Iîi-:.\Als;L!S (Pierrk), né à Strasbourg, le V mai l.'iOi, d'une famille noble chassée de la Lorraine par les persécutions, mort le 20 sept. 10 10, dans sa ville natale, selon les uns, à lleidelbcrg, selon d'autres.
Reçu docteur en droit en 1 583, Denaisius entra, peu de temps après, au service de l'électeur palatin qui le nomma conseiller et qui le chargea de diverses négociations en Pologne et en Angleterre. En 1 590, il fut nommé assesseur à la chambre impériale de Spire. Sur la fin de ses jours, il fut assailli de nombreuses infirmités, malgré l'austérité de son genre de vie.
Denaisius possédait parfaitement le latin, le français, l'italien, l'anglais et Tallemand. Il cultivait avec succès la musique, et il avait composé, dans la dernière de ces langues , des poésies d'autant plus remarquables que le premier en Allemagne, il sut donner une marche régulière h l'expression hTique. Malheureusemeut un seul de sc^ petits poèmes nous a été conservé par l'impression; on le trouve dans le T. I des Chants populaires d'Erlach.
On raconte que, quelques instants avant de mourir, il se fil apporter ses papiers et brûla une grande partie de ses manuscrits, soit qu'il les jugeât indignes de voir le jour, soit qu'il voulût, par un scrupule plein de délicatesse, prévenir la révélation des secrets qui lui avaient été confiés. Melchior Adam fait de lui ce bel éloge : « Vir fuit ingenio acri et vivido, eruditioneeleganli, animomansu(îto, ab omni fastu abhorrenti, cultu lenui, in dicendâ sententiâ inleger el liber. »
Denaisius n'a laissé qu'un petit nombre d'ouvrages.
I. Jus carnerale sive novissimi juo'iscompendhim. Argent., 1 600, in-i*; Spir., lOOiJn-8»; 1009, in-8»; Heidolb., 100.'., in-4^
II. M^rrtio jurisâktionis caméra imper ialis adv. senatnin Spirensem, Fleidelb., 1000, in-i». C'est peut-être la première édit. de l'ouvrage suivant:
ill. Dispntatio de jure merximperii cameralinm contra senaturn Spirenser)u Iloidelb., 1601, in-4\
IV. Dissertafio de idolo Ifallen$i, Iloidelb., 1605, in-IS.—Baillet s'est trompé en présentant le nom de Denaisius comme le masque de Lingelsbeim.
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11 avait publié, en oulro, sous le voile (le ranonymc, quohiues opuscules politiques cl thcologiciucs, ciilrc aulrc^s le Jesuiter-Latcin, le seul dont ses biographes donnent le litre.
La famille de Denaisius était nombreuse. Ses frères suivirent la carrière des armes ou celle du commerce. 1/un d'eux fut tué à Molslieim en 1 50 1 .
I)KM5^ (jF,\N-RArTisTE), prêtre catholique natif de Ton), se convertit au protestantisme et se réfiiçria en Anjjjleterre où il remplit les fonctions du ministère. Il est auteur des M<'}/ioirfs, anecdotes de la cour et dn clergé de France, Lond., 171^2, in-S", où il raconte, entre autres anecdotes piijuantes, le mariage de révrque de Mc.'ux Bossuet avec M"' Des Vieux de Moléon, particularité biographique que Voltaire a répétée jiepuis en y ajoutant de nouveaux détails.
l>Ei;nAtT, natif de Kouen, capucin converti et réfugié en Angleterre, publia, vers 1700 {Archiv. gci%. E.
3386), un livre intitulé L" antihulle du jubilé ou /{r formation dujuhilr universet, prcsent/e au pape et aux Catholiqices ro ma l n s .
I)l!:uoiM)>i (Dwid), célèbre professeur de philosophie, né h Die vers \ 600 , mort à Genève en 1 66 i , selon Sénebier, dont le lémoi^rnage nous parait devoir être préféré à celui d'Allard qui prolonge ses jours jusqu'en
Après avoir terminé ses éludes à Sedan, Derodon obtint la chaire de philosophie dans le collège d(; sa ville natale. Ouclque temps après, il se convertit. et selon l'usage, il publia les motifs de son abjuration sous le titre : Quatre rai.v)ns 2>our lesquelles o)i doit qv.itter la religion prétendue réformre , Paris , 1 63 1 , in- 1 2 , livre devenu fort rare, bien qu'il paraisse avoir été réimp. sous le titre : Quatre raisons qui Imitent de reucJioristie, dujmrgotoire, du péché originel et de la prédestination, sans njui de lieu, 166'i, in-8\
Derodon ne tarda pas, au reste, à se
repentir d'avoir abandonné la rclicrion dans laquelle il était né. Il rentra dans le sein de rivalise protestante et fut nommé prolèsseur de philosophie à 0range; j)lus tard, il fut appelé en la rai'me qualité ^ Nismcs , et dans l'une comme dans l'autre de ces villes, il eut k essuyer de nombreux désagréments tant de la pari des Calvinistes que de celle des Jésuites. Ces derniers, qui se piquaient d'être de subtils dialecticiens, voyaient avec jalousie Derodon leur disputer la palme de la dialectique et les battre par la barbarie de ses termes scolasti(iues non moins que par la nouveauté de ses arguments. La publication du fameux traité De snpposiio leur bnirnit Toccasion qu'ils cherchaient de se venger de leurs défaites, occasion d'autant plus belle qu'ils pouvaient cacher une inimitié personnelle sous le voile de la religion. L'auteur, en etlet, abordait dans ce traité les mystères du christianisme avec assez peu de révérence , surtout celui de la personne du Christ. Sans admettre deux personnes , il prenait hautement la défense de Nestorius contre Cyrille , qu'il traitait d'hérétique, soutenant que le j)alriarche d'Alexandrie avait confondu les deux natures de Jésus- Christ. Sur les plaintes des Jésuites , le parlement de Toulouse lit brûler le livre de Derodon, en 4 658.
La sentence n'était pas encore rendue que Derodon eut à se défendre contre une accusation d'hérésie portée contre lui par ses propres coreligionnaires. La philosophie, on le sait, n'a jamais marché (l'i;erord avec la théologie, même dans l'Eglise protestante.
Le professeur de Nismrs niait que la conservation des êtres créés fût une créationcontinuelle. Informé que Clande, depuis si célèbre, qualitiail cette opinion d'hérésie , il s'en plaignit au consistoire , qui apaisa prudemment la querelle; mais l'étudiant Jean-Bon releva Taccusalion abandonnée par Claude et s'olfril d'en fournir les preuves. Le consistoire dut nommer une commission do quatre membres, les
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p;)steurt Roure el Isnard, le diacre de La Baume et l'ancien Fauquier, pour examiner la valeur de cette dénonciation inouïe, et sur leur rapport, le 3 déc. 1657, il condamna Jean- Bon comme calomniateur.
Derodonse tira moins heureusement d'un nouveau procès que lui suscita le clergé catholique au sujet de la réimp. de son Tombeau de la fnesse. Dans ce traité où il combattait le dogme de la transsubstantiation par tous les arguments de la philosophie péripatéticienne, il appellait la messe « la dame de toute la Cour romaine, » et il se vantait de la précipiter dans le sépulcre des hérésies et des idolâtries de Rome , après lui avoir coupé les jambes , lui avoir arraché la coupe qu'elle avait dérobée au peuple , el lui avoir donné le coup de la mort. L'évoque de Nismes Gohon , ennemi implaciiblo des Réformés, dénonça ce livre au Conseil et obtint aisément un arrêt foudrovant, le 29 janv. 1663. Le Tombeau de la messe fut brûlé publiquement par la main du bourreau, le 6 mars; l'auteur fut banni à perpétuité du royaume, el le libraire fut condamné à mille livres d'amende et à dix ans de bannissement.
Dcrodon se relira à Genève où il mourut bientôt.
Nous l'avons déjà dit , Derodon fui un des plus habiles dialecticiens de son siècle. Partisan exclusif de la philosophie d'Arislote, il se préoccupa fort peu des nouveaux systèmes qui agitaient alors le monde savant. Les seules questions qu'il aime à traiter, ce sont celles que les scolastiques traitaient depuis des siècles, et il les discute en empruntant à l'école des Thomas d'Aquin et des Duns Scot, jusqu'à la barbarie de sa langue. « Les principes généraux d'Arislote, dit de Gérando, sont admis par Derodon comme une autorité incontestable; les grandes classifications d'Arislote servent de cadre au professeur. La matière et la forme, les quatre causes , la distinction des ;lincs Tégélative. sensiti\e, raisonnable, président i. sa philosophie. Cependant il se
permet d'élever des objections contre la théorie d'Arislote sur les prédicamenls, de réfuter les définitions de i'u niversel. Il combat par une suite de preuves l'hypothèse des espèces inten tionnelles; il met quelquefois en parallèle avec les doctrines d'Arislote celles de Platon , celles de Démocrite, d'Epicure et des autres philosophes de l'antiquité. »
11 nous reste à donner la liste de ses ouvrages.
I. Quatre raisons pour lesquelles on doit quitter la R. P. R., Paris, 1631, in-12.
II. Disputatio de supposito, in quâ plurima hactenus inaudita de Nestor io tanquàm orthodoxe , ei de Cyrillo Alexandrino aliisque episcopis Ephesi in synodum coactis tanquàm harelicis, demonstrantur^ ut soii Scriplurœ sacrœ infallibUitas fl«^ra^ttr,Francof.[Arausion.], 1645, in-8*'. — Induit en erreur par Sorbière, Bayle croyait qu'il existait deux ouvrages sous ce titre, l'un de Derodon, l'autre de Gilles Gaillard^ gentilhomme provençal converti au protestantisme vers 1G30, qui partageait les opinions de Derodon, son ami, sur l'orthodoxie de Ncstorius.
III. Le Tombeau de la messe ^ Gen., 1 6!i l, in-8-, Gen., 1 6Gi, in-8% Amst., 1682, in-12; trad. en angl., Lond., 1673, in-8-.
IV. Dispute de V eucharistie ^ Gen., 1655, in-8% 1665, in-8*.
V. Apologie^ sans nom de lieu ni date, in-4*. — Réponse aux attaques de Jean-Bon.