‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 7 sur 189 · II. Lemery cursus chemicus laiinitati donatus, Gen · texte numérisé non relu

II. Lemery cursus chemicus laiinitati donatus, Gen

III. Médecin, chirurgien et apothicaire charitables, avec un traité de lapeste,±^ou, 4 683, 3 vol. in-8*.

Plus connu que son frère , David Constant naquit à Lausanne le 4 5 ou le 46 mars 1638. Ses humanités terminées dans le collège de sa ville natale, il alla continuer ses études à llerborn, puis à Marbourg. 11 passa ensuite en Hollande dans l'intention d'y suivre les cours de théologie de Samuel Des Marets et d'autres professeurs célèbres. Des Marets, qui l'eslimail à cause de son caractère et de ses connaissances , le recommanda pour la chaire de l'église wallonne de Leuwardcn; mais le jeune Constant refusa cette place et vint à Paris où il séjourna

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cl oè fl te fia twtc i^mtié H AlÔPûM^re M^rms. De resUmr 4aK o faîne, ea I6SS. il rentt For- 4iiudiofi es I66t, cl, de«x as phK taff4, fl fit aftpelé par le coude &t Dohsa à deffienir Téflise de CofpeL Ce fvt dam cette TîUe qull s'attadu ai célèbre ^«jr^ par les béas 4*wae «nUé âocère. Ed iBtee tesps, le toiilBafe et sQitoit «oa Barîafe aree la ille d« prenier fTBdie ie la ré{«Uif«e le ■ireot ea relation arec lesjplus &- ■eux tiiéologiens de GeDêre. On comprend atsément q«*il n'ait pas ronln rompre des liaisons aosn agréables, et

Îi*il ait refusé b ^ace de pasteor ^ offligny en Brie et la chaire de pbiloiophie dans rnnirersité d'Herbom, qui hd furent offertes vers ce temps; mais il dut obéir aux ordres da sénat do Berne qni le rappelèrent, en 4674, à Lausanne poor y remplir les fonctions éÊ principal dn collège et de professeur d'éloquence latine. Dix années après.

Il obtint la cbaire de langne grecque et de philosophie morale, qu'il échangea, en 4702, contre celle de théologie.

Arriré k Tige de 89 ans, il désira ^tter cette chaire, qu'il a^ait occupée arec autant de modestie que de talent, et le sénat de Berne lui accorda son congé en lui laissant toutefois le titre et les appointements de professeur.

Constant se retira dans une campagne aux euTirons de Lausanne; mais il ne eessa de prendre un rif intérêt aux af- Cures de l'académie qu'à plusieurs reprises il avait administrées comme recteur. Il mourut le 27 fér. 4733. On a de lui :

I. Vâme du mande ou Traité de la Providence, Leyde, 4679, in-42.

II. Erasmi Colloquia familiaria, nunc emendatiora, quihus accedunt Dav, Constantii Nota. Gen., 4680, in-12.

III. Ploruseum notis philoîogicis et historicis, Gen., 4684, in-12.

IV. Abrégé de politique , Colog., 4686, in-12; V édit. re\ucelaugm., FraDcf., 4 687, in- 1 2 ; 3« édit., Colog , 4689. — -Bayle en parle avec éloge.

T. Cieef De •ffkëg, wernedmit^

mis, cmm Sofû, Gea., I6SS, ia-lt.

^1. Sfrffwm eikicê-ià nl9§ lï — , xx% dispui'ÊHoMiims cwyryjfai— , Laas.. 1689: 4695. in-«*.

TU. rraafirat^rraMrr Jla^raai, Laos., 469f , ia-4*.

Vni. Disseri. de m^ort LMi. ttuho Jfom et gerpemU «sm, Laas^

n. JKssrrf. detdo, iii-4*.

î. Diteaurs smr le 9mm é€ leMé, 1700, in-8»; réimp. arec le !!• aDI.

U. Serwton tmr U fifmier wmmiii^ 4700, in-8'-

lU. Diseowrt sur I Cor. XF, 8, &è stûmt Pêml u memme aa at#rf#s, Lans., 4704, iB-8*.

un. L'«rc-«»-eif/oaSfr«Mfar Gen. /X, 43, Laas., 4743.

XIY. Le refmrd eedmUHrtim Ser^ mon sur P$. XLH, 6, à focecfûm de la victoire de VQlwierfme, Laos.,

lY. Discomrt smr Ut dtgrée de gloire, 4747, in-8».

IVI. La folie de la prédestina^ tien om Sermon smr I Cor, /, S4 .

IVn. La vocation de Jfojne, ser^ mon, Laus., 4719.

IVni. Le rocker de David j ser mon, Lans., 4724.

La Biblioth. Bremensis ajoute à la liste des onrrages de David Constant an traité Dejuramentis in S. Scripimrâ memoraiis, comme prêt à être mis sons presse en 4720. Noas ignorons s'il a été pnblié ; aucane bibliographie ne le cite.

DaTid Constant eut trois fils de son mariage avec la ûlle à'EsaU Colladon.

4 * MiRC-RonoLrne entra an serrioe de la Hollande et s'éleva au grade de capitaine adjudant -général et aidequartier-maltre général dans l'armée des Alliés. Il mérita la confiance du roi Guillaume qui le choisit pour son secrétaire de cabinet. Il allait être décoré du titre de lord , lorsqu'il mourut à l'ftge de 30 ans.

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3* FiiDBiic , doyen de Bex , mourut en 4746, laissant de sa femme, N. de Minerval, un fils, nommé Marc- Samuel , qui mourut capitaine au ser- Tice des ProTinces-Unies.

3* Samuel, né vers 4676, connu sous le nom de baron de Constant, fut appelé, en 4 699 , en Hollande par lord Aibemale, qui le choisit, en 4704, pour son adjudant-général. Il se signala k tous les sièges et dans toutes les batailles de la longue guerre que fit éclater la succession d'Espagne :

aux sièges d'Huy en 4703, de Sout- Leuwe en 4705, de Menin et d'Âth en 4706, de Lille et de Gand en 1708, de Toumay et de Mons en 4709, de Douai en 4740; à la bataille de Ramillies, en 4706, où il sauva le duc de Marlborough à la tête d'un corps de grenadiers par un fait d'armes qui exigeait autant d'habileté que de bravoure, et à celle d'Oudenarde en 4708. En 4 74 6, il entra comme major dans le régiment de Sturler; eu 4717, il passa dans celui de Chambrier dont il devint lieutenant-colonel en 4725. Créé, en 4727, colonel de ce môme régiment qui prit dès lors son nom , il le commanda jusqu'en 4 742 qu'il fut nommé major-général, grade dont il remplit les fonctions dans la campagne de 4743-44 sur le Mein. Placé sous les ordres du duc d'Aremberg, il fut chargé, en 4745, du commandement d'un corps de troupes sur la Lahn, et il opéra heureusement sa jonction avec les troupes impériales , dont il ne se sépara qu'à la fin de la campagne pour se rendre dans la Flandre hollandaise. La même année , il fut nommé commandant de L'Ecluse, et, après la campagne de 4746, à laquelle il prit part, les Etats-Généraux lui confièrent la défense de Grave. Elevé, en 4748, au grade de lieutenant-général de riufanlerie, il obtint, en mOme temps, la place de commandant de Bois-le-Duc. La paix conclue, il retourna dans le sein de sa famille et mourut à Lausanne, le 46 janv. 4756. Il avait épousé, en 4722, Rose de Saussure, fille de

Jean-Lonis de Sanssure, baron de Bercher, qui lui donna quatre fils et une fille, nommée Angéliqub, mariée, en 1747, au marquis Le Gentil 4e Lang alerte , premier baron de Saintonge , colonel au service de l'Empereur, laquelle mourut en 4772.

4 * David-Louis Constant, baron de Constant-Rebecque-Hermenches , fils atné de Samuel, servit comme capitaine dans le régiment de son père en 4744. Nommé adjudant-général dans l'armée des Alliés, il fit les campagnes de 4743 à 1746 et fut blessé à la bataille de Fontenoy. En 4747, le rd d'Angleterre le chargea de lever unrégiment suisse ; mais cette commission n'ayant pu être remplie, il entra, l'année suivante, au service de la Hollande avec le grade de colonel. En 4764, il passa k celui du roi de France avec le môme grade. Décoré, en 4766, de l'ordre du Mérite militaire, il rendit des services dans l'expédition de la Corse où il commanda un corps de grenadiers et de chasseurs et un bataillon de volontaires. En 4 769, il fut élevé au grade de brigadier des armées du roi et nom* mé commandant d'un régiment suisse.

Créé maréchal de camp en 4780, 11 mourut en 1785. David-Louis Constant n'eut que deux enfants de son mariage avec Louise de Seigneux : Guillaumb- Anne, qui suivra, et Constance-Louise.

Mais après la mort de sa femme, il se remaria et eut encore un fils, nommé AcGUSTE, sieur d'Hermenches. Ce dernier entra au service de la Prusse, comme officier des cuirassiers de la garde. De retour dans sa patrie, il rendit des services au canton de Vaud, soit dans le Conseil souverain dont il fut nommé membre, soit dans les ponts et chaussées dont il avait l'inspection générale. Il laissa deux (ils, Adrien et Victor, de son mariage avec iV. de Voiler,

2" Philippe Germain, frère deDavid, connu sous le nom de chevalier de Rebecque, s'acquit, dès sa première jeunesse, la réputation d'un bon officier.

Il servit d'abord comme aide-de-camp de son père, puis comme lieutenant-co-

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lonel dans le régiment de Grafenried, etil moanit, en 1756, âgé de 28 ans à peine, colonel d'an régiment wallon an service de Hollande.

3* Jcstb-Arnold ou Juste-Louis^ selon le Moniteur universel , troisième fils de Samuel de Constant, serrit en Hollande comme lieutenant - colonel dans le régiment de son père, puis comme colonel du régiment de May. En 4792, usant du bénéfice de la loi du 4 5 déc. 4790, après avoir prêté le serment civique devant la municipalité deDôle, il se fixa dans une propriété qu'il possédait aux environs de cette ville et dans laquelle il mourut en 484 2. C'est de lui et de Henriette de Chandieu- Villars que naquit à Lausanne, le 25 oct. 4767 Henri-Benjamin de Constant, qui, comme publiciste, philosophe, romancier et surtoutcomme tribun, occupe un rang trop éminent dans la littérature et la politique, pour que nous ne lui consacrions pas un art. spécial, qui viendra en son rang, après cette notice sur la famille. Sa mère étant morte en lui donnant le jour, son père se remaria et eut de sa seconde femme une fille et un fils, nommé Jean-Victor, né à Genève en 4 773, qui suivit avec distinction la carrière des armes.

4* Marc-Samuel-François entra, comme ses frères, au service des Provinces-Unies. Selon un mémoire envoyé à La Chesnaye-Desbois et inséré par lui dans son Dict. de la Noblesse, il fit comme volontaire la campagne de Bohême. Quoi qu'il en soit, Samuel Constant renonça de bonne heure à la carrière militaire. Ce fut sans doute à ses liaisons intimes avec Voltaire qu'il dut le développement de ses talents littéraires. Vers la fin de sa vie, il quitta Genève et se retira dans une campagne près de Lausanne où il mourut, en 4800, à l'âge de 71 ans. M. Quérard donne la liste de ses ouvrages comme il suit :

L Abrégé de V histoire juive, — L'auteur composa ce livre, ainsi qu'un Traité de la religion naturelle, pour l'instruction de ses enfants qu'il n'eut

garde de négliger au milieu de ses oc cupations htléraires.

II. Camille ou Lettres de deux filles de ce siècle, Paris, 4785, ou Maëstrichl [Lausanne], 1786, 4 vol. in- 42. — La Biogr. univ. en indique une édit. de Paris, 1784, 4 vol. in-4 2.

III. Instructions de morale à r«ioge des enfants gui commencent à parler, Lond., 4 785, in-8».

rv. Le mari sentimental ou le mariage comme il y en a quelques-uns , suivi des Lettres demistriss Henley, Gen. et Paris, 4786, in-12. — Selon la Biogr. univ,, la r« édit. parut à Genève en 4783.

V. Dernières pensées du roi de Prusse, écrites de sa main, Berlin [Gen.], 1787, in-12; Paris, 1806, S\

VI. Laure de Germosan ou Lettres de quelques personnes de Suisse, Gen. et Paris, 4787, 7 vol. iû-42. — Tableau fidèle des mœurs de la Suisse et en particulier de Genève.

VII. Recueil de pièces dialogué es ou Guenilles dramatiques ramassées dans une petite ville de Suisse, Gen.

etParis, 1 787, 2 vol. in-8».— En 4 794 , on a changé ce titre bizarre en celui-ci : Théâtre de société.

VIII. Caleb Williams ou les choses comme elles sont, trad. de W. God win, Gen., 4795, 3 vol. in-12.

IX. Instructions de morale, qui peuvent servir à tous les hommes, particulièrement rédigées à Vusage de la jeunesse helvétique, Laus. et Paris, 1799, in-8\— C'est évidemment la seconde édit. du Catéchisme de morale dont parle la Biogr. univ. en ces termes: « En 1781, l'Académie française ayant proposé le plan d'un catéchisme de morale à Tusage de toutes les classes, il publia à ce sujet une brochure dont l'édition fut promptement épuisée... Il publia peu de temps avant sa mort une seconde édit. très-augmeutée de son Catéchisme de morale. »

Constant épousa, en secondes noces, N. de Gallatin ; les généalogistes ne nous font pas connaître le nom de sa première femme. Du premier lit sor-

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tirent deux filles, Rosalik et Louiss, et deux fils, Juste, capitaine au service de Hollande, tué à Taffaire de Turcoing en 4 793, et Charles, membre du conseil souverain du canton de Genève. Du second lit naquit Victor, qui fut élevé au corps des cadets à Colmar. Lieutenant en 4 788, lieutenant des gardes suisses en 4790, Victor Constant fut un des défenseurs des Tuileries, le 4 0 août. Entré, en 4793, au service de la Hollande, comme enseigne des gardes hollandaises, il fit la campagne de 4 794- 95 et devint aide-de-camp de son cousin le général Constant-Villars. Après la conquête de la Hollande par les Français, il passa au service de l'Angleterre qu'il quitta, en 4798, pour entrer à celui du roi de Prusse. En 4805, il fut choisi pour gouverneur du prince héréditaire d'Orange. Créé major, en 4 808, il accompagna son élève àl'académie militaire de Berlin,puis à Londres et à Oxford. Plus tard, il le suivit, en qualité d'aide-de-camp, en Espagne. De retour enHoUande, en 4 84 3, il fut nommé lieutenant-colonel, et peu detemps après, colonel et aide-de-camp du prince d'Orange, qu'il accompagna au blocus de Bergop-Zoom. Elevé au grade de général major, le 30 nov. 484 4, il remplit, à la bataille de Waterloo , les fonctions de quartier-maître général. En 4816, il fut nommé lieutenant-général, et bientôt après, président de la commission pour la délimitation des frontières. Le 43 juillet 4849, le roi Guillaume lui confia le commandement général des deux Flandres. Ses nombreux services lui avaient mérité U croix de commandeur de rOrdre militaire de Guillaume, celle de l'Aigle rouge de Prusse, celle d'officier de la Légion d'honneur, la croix de Saint-Louis et la médaille saisse décernée aux défenseurs des Tuileries. Il avait épousé, en 4797, Isa- MU de LyndeUy qui lui donna quatre enfants : Victor, qui entra dans l'artillerie; Charles; Guillaume, qui fut placé dans la marine royale, et Louise. Pour épuiser nos renseignements sur cette famille, si remarquable à di*

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vers titres, il nous reste à parler du fils atné de David-Louis Constant.

Né à La Haye le 24 avril 4 750, Guillaume-Anne, baron de Constant-Rebecque, seigneur de Villars-Mendrat, eut pour parrain le prince d'Orange et pour marraine la princesse Anne d'Angleterre. Il reçut donc au berceau le brevet d'enseigne aux gardes suisses.

A l'âge de douze ans, il fut nommé le* cond lieutenant; à vingt-trois, capitaine commandant ; à vingt-six, colonel. Dans la campagne de 4793, il emporta Lincelles, le 4 8 août, à la tête des gardes suisses. Cinq jours après, il obtint le commandement d'une brigade.

A la retraite de Menin, il ramena à Gand les débris de l'armée. La même année, il se signala au siège de Maubeuge. En 4794, il se distingua tout particulièrement au siège de Landrecies. Le 26 juin, pendant que les deux armées étaient aux prises dans les plaines de Fleurus, il emporta Fontaine- TEvêque. La bataille perdue, c'est lui qui fut chargé de couvrir la retraite, et il reçut le commandement en chef des corps qui continuèrent à tenir la campagne. Il fit échouer l'attaque des Français contre l'île deBommel. En 4795, le gouvernement hollandais Tcnvoya auprès de Pichegru pour négocier une trêve; mais il était trop tard; les Français avaient déjà occupé Amsterdam.

Constant ne voulut point prendre du service dans l'armée de la Bépublique française; il se retira à Brunswick avec sa famille ; cependant il ne tarda pas à rentrer sous les ordres du prince d'Orange qui le chargea de diverses missions. En 4803, le roi d'Angleterre le nomma lieutenant-général. Après la restauration de la maison d'Orange, Constant se rendit à La Haye et fut choisi par Guillaume pour son ministre auprès du prince royal de Suède à la grande armée des Alliés; mais la marche rapide des événements rendit celte mission inutile. Peu de temps après, nommé commandant général des places fortes de l'Est, il fixa son quartier général à Maêstricht dont il

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M M\ f oitveMeuf tu mois de mars 4845, lersqve l6 retour de Napoléon ât preMentir nae noivelle gaerre.

Qiuitreinois plus tard, il fat créé corn- BUiDdear de rOrdre militaire de Ouillaame, et il obtint, bientôt après, le oemmandement de la 5* division militaire, comprenant les provinces de Liège et de Limbonrg. En 1 81 8, le roi Qmllanme l'envoya complimenter en son nom les souverains alliés réunis en congrès à Aix-la-Chapelle.

Du mariage de Qniilaume-Anne de Ck>ttstant avec Constance-Francine de Lynden, célébré en 4783, naquirent quatre enfants : deut filles, Wilhcl- Miifi et Annette , dame d^honneur de la reine des Pays-Bas, et deux fils,

JuSTB-TBERtT et JnLES-TaiERRT .

Né à LaiHaye, le 9 mars 1 786, Juste- Thierry entra, en 1797, à l'académie militaire de Berlin. Bo 4809, il fut nommé officier dans le régiment du prince Louis de Prusse, et en 4805, adjudant. Il assista, le 4 4 oct. 4 806, à la ba aille d'Auerstedt, et mérita par sa belletconduite la croix de l'Ordre militaire. Après la paix de Tilsitt, il quitta le ser vice de la Prusse, et passa, en 4808, à celui de PAutriche. Placé dans les chasseurs tyroliens, il fit dans cette arme les campagnes d'Allemagne et d'Italie. Appelé à Vienne, en 484 2, il fut nommé membre d'une commission chargée de rédiger de nouveaux règleméQts pour les chasseurs. C'est à cette occasion qu'il publia ïïandbuCh Uber deà Vorpostendienst tum Gebrauch dis Jâger-Of/itiers im Fêlde, Linz, 484t, in-8*. Le 29 nov. delà même aAnée, l'empereur lui conféra le titre de chambellan. Les services qu'il rendit en 4843 et 4 84 4, comme commandant iâ Turin et de Fénestrelles, furent récompensés par la croix de l'Ordre militaire deSardaigne. En 4845, il fit la campagne de Naples à la tête d*un corps de partisans, et fut décoré de l'Ordre de Saint-Ferdinand. A la conclusion de la paix, il retourna en Hollande. Le roi Guillaume le nomma major, puis commandant do 1* bataillon de ligne , et

«0 4894, aide*de-cam9 dn nriUce d'Orange, qui lui confia, en mime ixAfi^ le poste honorable aé gouverneur de ses jeunes fils.

Son frère, Jules-Thierry, né en 47S7, fut également élevé à l'académie militaire de Berlin; mais il entra ati service du Brunswick, en 4 803, comme officier de dragons. En 4805 cependant, il passa sous le drapeau prtissieh comme officier de hussards. Après la pait de Tilsitt, il quitU la Prusse. En 4 84 4 , il prit du service dans l'armée vmrtembergeoise et fit, avec le corps auxiliaire fourni par la Confédération germanique, la désastreuse campagne de Russie.

Après la restauration, le roi des Pays- Bas le nomma chambellan. Il fit la campagne de 484 5, avec le grade de capitaine d'état- major. A la bataille de Waterloo, le prince d'Ofange ayant eu son cheval tué sous lui et ayant été blessé lui-même. Constant lui donna le sien et combattit parmi les tirailleurs jusqu'à ce quMl pût se remonter par un cheval de prise et rejoindre son général. La paix faite, il fut cféé chevalier de l'Ordre de Guillaume et reprit ses fonctions de chambellan.

Une famille du même nom , oHginaire de l'Auvergne, mais établie en Champagne depuis le milieu du XYI* siècle, professa également la religion réformée, comme|on peut le conclure des noms bibliques de plusieurs de ses membres et de leurs alliances.

Pierre de Constant , seigtieur de La Grange, homme d'armes des ordonnances du roi sous le duc de BouUlon^ capitaine d'infanterie et gentilhomme ordinaire du duc d'Alençon, n'ayant pas eu d'enfant de sa première femme Jeanne de Condé, épousa en secondes noces Marie de Rouvray^ qui lui donna un fils nommé Jean, sieur de Trières.

Du mariage de ce dernier avec Susanne Des Marins naquit Aleauhe de Constant qui suivit la carrière des armes. 11 épousa, en 4624, Marie de Villecholle, fille de Josias de VUlecholle, seigneur de Fontaine; puis, en 4 64S, MadiMneDortkey fille de Ptfvt

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Dortkê, sieur de Falaise, et de Jeanne HwrâÊUt d$ VHâpital, Il laissa quatre enfants, Jian, Sâlomoh, Susànhb et AinfB, sur lesquels le Nobiliaire de Champagne ne fournit aucun renseignement.

COI^STANT DE REBEGQUE (Uenii-Biniaiiiiv), un des défenseurs les plus actifs et les plus dévoués des libertés publiques sous le gouvernement delà Restauration, naquit à Lausanne, le 25 oct. n67, et mourut à Paris, le S déc. 1830.

Le développement du jeune Gouttant, tant au mordl qu'au physique, ftttlfès-précoce. La nature l'avait doué d'une rare intelligence; mais ce n'était qu'une faible barrière à opposer à la fougue de son tempérament. L'âge des passions s^annonça de bonne heure chez lui, et il devait durer longtemps. Son excuse est peut-être en ceci, qu'il manqua quelque chose à sa première éducation. Sa mère étant morte en lui donnant le jour, il fut ainsi privé de ces soins affectueux, non moin^t nécessaires à l'adolescence qu'à l'enfance, de cette éducation de l'âme, eu un mot, qui laisse en nous une empreinte ineffaçable. D'un autre côté, son père, d'un Giraclère timide et froid, môme avec son fils, était peu propre à lui tenir lieu de mère. Dans un de ses écrits (t), Constant déplore l'influence fâcheuse que la contrainte qu'il s'imposait avee lui exerça sur son caractère : « Aussi timide que lui, dit-il, mais plus agité parce que j'étais plus jeune, je m'accoutumai à renfermer en moi-même tout ce que j'éprouvais, à ne former que des plans solitaires, à ne compter que sur moi pour leur exécution, à considérer les avis, l'intérêt, l'assistance et jusqu'à la seule présente des autres comme une gêne et comme un obstacle. Je contractai l'habitude de ne jamais parler de ce qui m'occu-

(1) Fl08S n*lié$itons pas a rreonnattre la perwane d« Beajamiii Constant sons le matque é*Aialpkê, et adnettant néanmoins que, daMfectieM^ df iéuilt, l'aiieort pire st tûtÊmUm ém utêmn da reata.

pait, de ne me soumettre I la conversation que comme à une nécessité importune, et de l'animer alors par une plaisanterie perpétuelle qui me la rendait moins fatigante et qui m'aidait à cacher mes véritables pensées. De là une certaine absence d'abandon qu'aujourd'hui encore mes amis me reprochent et une difflculté de causer sérieusement que j'ai toujours peine à surmonter. Il en résulta en même temps un désir ardent d'indépendance, une grande impatience des liens dont j'étais environné, une terreur invincible d'en former de nouveaux. Je ne me trouvais à mon aise que tout seul ; et tel est même à présent l'effet de cette disposition d'âme, que, dans les circonstances les moins importantes, quand je dois choisir entre deux partis, la figure humaine me trouble, et mon mouvement naturel est de la fuir pour délibérer en paix. Je n'avais point cependant la profondeur d'égoïsme qu'un tel caractère parait annoncer :

tout en ne m'intéressant qu'à moi, je m'intéressais faiblement à moi-même.

Je portais au fond de mon cœur un besoin d'insensibilité dont je ne m'apercevais pas, mais qui, ne trouvant point à se satisfaire, me détachait successivement de tous les objets qui tour-àtour attiraient ma curiosité. Cette indifférence sur tout s'était encore fortifiée par l'idée de la mort, idée qui m'avait frappé très-jeune, et sur laquelle je n'ai jamais conçu que les hommes s'étourdissent si facilement. » Ce portrait n'est sans doute pas flatté; mais nous pensons que Constant s'est ca< lomnié, à force de vouloir creuser avant dans les replis de son individualité. Sa vie entière prouve qu'il n'était ni égoïste, ni insensible, à moins toutefois qu'on ne l'entende à la manière du sophiste — que lui-même a réfuté, après avoir été quelque temps son disciple, — qui prétend que l'intérêt est le mobile de toutes nos actions, même de nos sacrifices et de nos dévoûment^. C'est ainsi que pour vouloir trop subtiliser, les meilleurs esprits s'égarent,

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mcmc dans leur propre cause et à leur déirimeDt.

Jusqu'à Fâige de douze ans, le jeune Constant fut élevé dans la maison paternelle, sous h discipline de précep> leurs qui lui furent successivement donnés. Mais son père ne tarda pas à sentir les vices d'une telle éducation, propre seulement à développer à l'excès la personnalité de rcni^int, ou, ce qui n'est pas moins déplorable, à lui laisser ignorer sa propre force en le mettant dans rimpossibilité de se comparer à d'autres et de se connaître. 11 fit donc Tioleoce à son affection, et quoique jeune que fût son fils, il le plaça en Angleterre à l'université d'Oxford. De Ih, le jeune Constant, dont le développement intellectuel était bien au-dessus de son ùge, alla continuer ses études à l'université d'Ëriangen. La connaissaoce parfaite qu'il acquit de la langue allemande, comme il avait acquis à Oxford celle de la langue anglaise, ne fut pas le moindre des avantages qu'il relira de son séjour en Allemagne.

Hevcnu près de son père à Lausanne, en n83, — après avoir fait une courte apparition à la petite cour de la margrave de Baireuth, où sans doute il avait été mis pour faire l'apprentissage du métier de courtisan, en remplissant les humiliantes fonctions de page, — il assista à la lutte que le canton de Yaud soutenait pour son indépendance contre l'aristocratie de Berne, et il lui en resta une impression ineffaçable.

Dès ce moment, il se rangea du parti de la liberté, et, depuis, il n'a jamais changé de drapeau. Cependant son jeune ûge ne lui permettant pas encore d'entrer dans la c^irrière à laquelle on le destinait, son père se décida à l'envoyer 5 l'université d'Edimbourg. L'étude du droit public anglais no pouvait que donner aux méditations du futur publiciste une bonne direction. Ce fut pendant son séjour à cette université qu'il se lia avec quelques jeunes hommes, les Mackintosh, les Graham, dont les noms, devenus illustres, retentirent plus tard dans les lattes parle-

mentaires des whigs contre les torys, luttes que lui-môme devait soutenir en France avec non moins d'éclat.

Ses études terminées. Constant vint à Paris. Il avait alors vingt ans. Ses relations avec la famille Necker et avec le littérateur Suard, chez lequel il logea, lui donnèrent l'accès du plus beau monde de la capitale, mais ne le préservèrent pas de certains écarts. Paris est une idole à laquelle les jeunes gens sacrifient volontiers, en un moment de fièvre, tout ce qui fait le charme do leur âge. Constant fut du nombre; il se livra avec une sorte d'emportement à la vie la plus déréglée. Une passion malheureuse contribua peut-être à le jeter dans le désordre. Son père, instruit de ses déportcmeuts, se hâta de le rappeler auprès de lui; mais soit que le séjour de Bois-le-Duc, où il se trouvait en garnison, lui ait paru trop triste après les enchantements de Paris, soit qu'il ait redouté les justes remontrances paternelles, soit enfin qu'il ait voulu jouer jusqu'au bout le rôle de l'enfant prodigue, sa tôte se perdit et il partit en toute hâte pour l'Angleterre. « Une idée folle me vint, écrit-il. [Bien folle, en effet / ] Je me dis : Partons, vivons seul; ne faisons plus le malheur d'un père et l'ennui de personne. » Là dessus, il loue une chaise de poste et se met en route, avec qiiinze guinéesen poche et trois chemises dans sa valise. Avec cela, on ne va pas loin. Arrivé en Angleterre, il courut le pays à pied, heureux, dit-il, de voir de près le peuple des campagnes. Mais le charme ne dura pas. Après s'être bien crotté, bien harassé, bien désenchanté, il unit par où il aurait dû commencer, il retourna auprès de son père , résolu à acheter son pardon en acceptant une charge de gentilhomme ordinaire ou plutôt, comme il dit, bien extraordinaire à la petite cour de Brunswick (4).

(1) GeUe escapade d*ccoiier est rtconiée ivec betucouj) d'esprit dans une correspoudaoce de Uenjamin Constaut avec une dame Cliarrière, correspondance dont M. Sainte- BeavG a publié récemment qaelqnés frigmeits es les leeoipHigUAt de rétaioaf peu liiw*

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Dans son engouement des petites coiirR, le père de Benjamin Constant méconnaissait complètement le génie de son liis. Le jeune homme qui n'avait ni goût ni estime pour les livrées, ne se plut que médiocrement dans son habit de chambellan, et il se déplut encore davantage au milieu de gens qui pour la plupart ne Talaient que par Thabit.

Sa vie n'était pas gaie. Pour se dédommager des ennuis qu'il subissait, il se livra donc à son humeur railleuse, sans aucun ménagement pour des importances acquises. Bien plus — et c'est surtout en ceci que l'on doit blâmer sa légèreté, — « lorsqu'il entendait la médiocrité disserter avec complaisance sur des principes bien établis, bien incontestables en fait de morale, de convenance ou de religion, choses qu'elle met assez volontiers sur la même ligne, il se sentait poussé à la contredire, non qu'il eût adopté des opinions opposées, mais parce qu'il était impatienté d'une conviction si ferme et si lourde. » Une telle conduite n'était ni sage, ni prudente; elle devait lui susciter bien des ennemis, et faire douter de la solidité de ses principes. « Ceux dont j'avais eu le tort de me moquer, dit-il, trouvaient commode de faire cause commune avec les principes qu'ils m'accusaient de révoquer en doute. » Cela devait être, car ils ennoblissaient ainsi leur querelle; mais pour lui, il ne devait pas y gagner en considération.

Heureusement que Famour vint apporter quelque diversion aux cruels ennuis dont le malhenreux gentilhomme ordinaire était abreuvé. Il s'éprit de pas-

veillantes (Reirae des D. M. 1844-5). Geue dame, d*orlgine bollandtise, mariée en Suisse, fenuDe auteur de la pire espèce, « qui n'avait que son esprit pour ressource, • paraît afoir exercé une certaine influence sur la toornare d'idées de Constant. • J'avais contracté, dit-il, dans mes conversations avec la femme qui, la première, avait développé mes idées, une insurmontable aversion pour tout4^ les maximes communes et pour toutes les formules dogmatiques. > Quelque grande que fut la disproportion d'âge, on prétend que l'amitié de Constant prit même, pendant ao itmfg, u caractère plna vif.

sion pour une jeune personne attachée au service de la duchesse régnante, et il l'épousa, en l'ÎSQ. Le charme cependant ne tarda pas à être rompu.

D'un caractorc aussi faible qu'ardent, surtout dans les affaires de cœur. Constant ne faisitiljamais ses réflexions qu'après coup. 11 se trouva que les deux époux n'étaient point faits l'un pour l'autre. Tous deux portaient impatiemment le joug qu'ils s'étaient imposé.

Deux années ne s'étaient pas écoulées, que Constaut sollicitait la rupture de son mariage. Mais, ô mystères du cœur humain ! lorsqu'après bien des démarches il eut obtenu ce qu'il voulait, il fut sur le point de le regretter. « Quelle étrange faiblesse! s'écrie-t-il ; depuis plus d'un an je désirais ce moment, je soupirais après l'indépendance complète; elle est venue et je frissonne ! ■ Constant portait en lui un besoin d'inquiétude qui tit le tourment de sa vie. Les ennuis que lui causa l'affaire de son divorce, ne devaient pas contribuer à lui rendre le séjour de la cour de Bruusvrick plus agréable. A la fin, U n'y tint plus ; il fit un effort et, renonçant aux grandeurs, il courut se retremper sur le sol natal. Ce fut dans ce temps, le 19 sept. 1794, qu'il vit pour la première fois M"* de StaëL Ce jour marque dans sa vie. Cette femme célèbre fit sur lui la même impressiot que sur tous ceux qui l'approchaient.

« C'est un être à part, écrivait-il dans son enthousiasme, un être supérieur, tel qu'il s'en rencontre peut^tre un par siècle, et tel que ceux qui l'approchent, le connaissent et sont ses amii, doivent ne pas exigerd'autre bonheur. »

Ce bonheur, il l'eut, il eut même davantage, et cependant ce bien, le comble de ses désirs, ne devait pas lai suffire.

L'impression ressentie par Benjamin Constant avait été réciproque; M** de Staël le prit sous sa protection, et c'est en quelque sorte porté par elle qu'il fit son entrée sur la scène politique. Arrivé ^ Paris en 4795, il devint bientôt l'oracle de son salon. U se rangea.

tout 4'abord, panni les partisans d'une liberté sage et modérée. Son premier écrit : De la force du gouvenume^t actuel et de lanécesêité de s* y rallier (4 796 , in-8*), parut assez important aux rédacteurs du Moniteur pour qu'ils le reproduisissent en grande partie dans leur journal. « J'ai cru du devoir de tout ami de la liberté, disait Constant, de rallier les esprits à un gouvernement de l'existence duquel la liberté dépend aujourd'hui. — Mon but a été de prouver que, toutes choses égales, )a république, en France, par cela seul qu'elle est établie, devrait être préférée. »

C'est dans cet esprit de sagesse et de conciliation que sa brochure fut écrite. Deux autres brochures : Des effeU de la Terreur (h 797, 8») et Des réactions politiques (môme année), qui suivirent de près, tendaient au même but.

Dans cette dernière, on sent déjà le publiciste que la lutte mûrit. Mais sa phrase pèche toujours par un ton trop oratoire et par une certaine diffusion, deux défauts dont il n'a jamais su se débarrasser. Constant entrevoyait l'abtme où les menées combinées des Royalistes et des Jacobins allaient précipiter la France; il comprenait que le fruit d'un aussi monstrueux accouplement ne pouvait être que la perte des meilleures conquêtes de la Révolution.

Sans doute, la constitution de l'an m n'était pas parfaite : c'était une œuvre humaine et il n'entrait dans l'esprit de personne de la donner pour une œuvre révélée. Le temps et l'usage devaient en faire disparaître les plus grosses imperfections. La plus simple prévoyance conseillait donc de s'y rallier. Mais il y a de telles natures extrêmes en tout, auxquelles la république ne saurait convenir. Ce sont, d'une part, ceux qui aiment le mouvement et à qui le mouvement donne la fièvre ; et d'une autre, ceux qui chérissent le repos et que le repos engourdit. Ces gens-là, les sages conseils de Benjamin Constant ne po avaient les toucher. 11 fallait pour las ramener une autre puissance que la sienne, une puissance à laquelle eet son

tes de mécontents ne résistent jamais.

Le club de Salut public ou de Salm (ainsi appelé parce qu'il se réunissait à l'hêtel de Salm) s'était fondé en opposition avec le club jacobin du Manège et le club royaliste de Clichy . Les constitutionnels s'y étaient donné rendezvous ; ils appuyaient le gouvernement et cherchaient à lui venir en aide dans les luttes qu'il soutenait péniblement contre ses ennemis. Constant en avait été nommé secrétaire, et il en devint bientôt un des membres les plus influents.

Cependant le Directoire, poussé dans ses derniers retranchements, voulut 66 sauver à tout prix : il résolut le 48 fructidor. Ce coup d'état le délivra, en effet, de ses ennemis les plus ardente; mais la violence est un de ces remèdes qui ne guérissent le mal qu'en emportant le malade. Les Girondins, et après eux les Jacobins, en avaient déjà fait l'expérience. Constant, du moins, ne se. rendit pas complice de cet atten tat; mais comme notre premier mouvement est presque toujours d'accepter une injustice où nous n'avons pas trempé et qui nous profite, il n'éprouva peut-être pas « cette haine vigoureuse que doit donner le vice aux âmes vertueuses. » De faute en faute, les choses marchèrent promptement au dénouement. Le vainqueur de l'Italie n'eut qu*à paraître, et le Directoire s'évanouit. Il ne resta plus de la République que le nom, et quant aux vrais républicains, on serait tenté de se demander s'il y m avait eu? Sieyès, — un des types ée ces fiers Romains, qui naguère encore trouvaient la qualification de monsieur trop aristocratique et qui maintenant allaient courir après les titres de baron ou de comte, comme des hommes tombés en enfance, — Sieyès fut des premiers à trahir ses collègues et la république. Pour le gagner, il suffit de lui laisser entrevoir qu^on permettrait qu'il accouch&t de sa mystérieuse constitution. Il en accoucha en effet : ce fut la constitution de l'an viii. La chute de la République ridé à peine la surface ée

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la société, tant Tesprit public s'était peu développé parmi nous, au milieu de nos luttes et de nos terreurs. Bon nombre même d^s plus exaltés ne furent pas des derniers à accourir à la curée. On aTaiteu, du reste, la précaution de transporter les incorrigibles. « Il y avait alors, comme toujours, dit M. Thiers dans son Histoire apologétique de Napoléon, une expression courante qui peignait parfaitement Tétat des esprits.

Il faut se montrer^ disait-on. » C'est que, en effet, le danger était passé, et les places k distribuer nombreuses et largement rétribuées. « Lorsque, dans 1^ révolutions, remarque avec justesse I9 même historien, le feu des passions commence à s'éteindre, on voit l'avidité succéder \ la violence. » {«es mauvaises passions se succèdent souvent sans changer d'objets, elles ne changent que de formes. Benjamin Constant fut du nombre de ceux qui«« montrèrent.

Selon M. Thiers, Constant aurait prodigué , pour arriver, les assurances de dévouement à la famille Bonaparte, et une fois en place, il se serait empressé dç trahir ses promesses. De semblables imputations sont aussi difficiles à repousser qu'à prouver. Ce qu'il y a de certain, c^est qu'après avoir écrit avec beaucoup de force et de raison contre les réactions, et notamment dans son livre : Des suites de la Contre-révo- Mùm de 4660 en Angleterre (4799, in- 8*), lorsque la réaction vint à triompher, il fut tout aise d'obtenir son lo^ piiSf en sanctionnant par sou acceptation de fonctions publiques le coup de mtia du 48 brumaire :

[sofflt ;

Point de coarrooi, messieurs ; mon lopin me Faites votre profit da reste.

Ce fut sans doute dans l'intention de racheter en quelque sorte sa faute, qu'il se livra, dès le début, dans leTribunat k une opposition souvent vétilleuse et trac^ssière. Mais n'était-ce pas encore aggraver le mal ?

On sait qu'en définitive le pouvoir exécutif, ou pour être plus vrai, l'homme prMii^Milé qui U représentait et qui.

dès le principe, cumulait déjà en lui tous les pouvoirs — s'était attribué le droit de nommer, soit directement, soit indireo»

tement tous les représentants de ia nation. Le triage des hommes ou plutôt des créatures s'était fait avec beaucoup de soin. Cependant, et comme pour sauver les apparenets, on avait admis dans le gouvernement on petit nombrt d'hommes k l'abri da tout soupçon da servilité, comme de tout soupçon de démagogie. Les cent noms du Tribunat avaient été «choisis, dit M. Thiers, avec l'intention toute naturelle, mais bientôt suivie d'amers regrets, de donner place aux esprits actifs, remuants, amoureux de renommée. • La place éê Benjamin Constant était naturellement marquée parmi ces derniers. Le Paiais- Boyal, qui, à cette époque, était un lieu mal famé, avait été assigné au Tribunat pour ses délibérations. On cnit y voir une intention d'avilir ce eorps. Dès la première séance, les plaintes iSt les murmures éclatèrent. Le tribun Duveyrier alla même jusqu'à rendre grâce aux membres du gouvernement « de leur avoir fait apercevoir ces lieux qui, si l'on voulait élever une idole de 4 5 jours (4 5 années, aurait^il dû dire), leur rappelleraient la chute d'une idole de 4 8 siècles. » A propos de courtisanes, une telle sortie était tout au moins déplacée, et en tout cas, elle n'était ni prudente, ni politique; quand on attaque de front, il faut se sentir la force de vaincre, autrement on ne fait que donner de l'audace à l'ennemi en découvrant sa propre faiblesse. Dès ce jour, le sort du Tribunat fut décidé; Bonaparte n'attendit que l'occasion. Les séances suivantes ne contribuèrent pas à le faire revenir. La première proposition du gouvernement était relative aux formes k suivre dans la présentation, la discussion et l'adoption des projets de lois. On connaît le mécanisme ingénieux qui avait été imaginé. De l'aveu de tous les hommes pratiques, le Tri bunat y était traité fort cavahèrenent.

Dans la discussion. Constant fut des pr^ miers sur la brèehe. Comma toujom.

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fat tncût/ et mordant. Pourquoi ceito précipitation ? disait-il. « Tout cela tient à U fausse idée que nous ne sommes qu'un corps d'opposition. . . Cette fausse idée a empreint tous les articles de ce projet d'une impatience inquiète et démesurée ; on nous présente pour ainsi dire les propositions au toI, dans l'espérance que nous ne pourrons pas les saisir. » Le projet fut repoussé. Il en fut de même du plan de finances, d'ailleurs très-sage, que le gouvernement avait proposé. Constant fut au nombre des trois tribuns chargés de l'attaquer devant le Corps législatif. Néanmoins il fut adopté. La session de l'an x (22 Dov. 4804) ne s'annonça pas sous de meilleurs auspices. Chaque jour, le mal empirait; T Opposition semblait s'enivrer de son propre bruit. Le mot malencontreux ^e sujets employé, s Aon toute vraisemblance, très-innocemment dans le traité de paix avec la Russie, souleva une grosse tempête et faillit faire repousser ce traité. Après de violents débats, auxquels Constant prit une part très-active, on ne l'adopta que « par amour pour la paix. » Et comme en France tout doit finir par des chansons, on fit courir cette épigramme de Lebrun:

Da frind Ifapoléon, j'étais Tadmiratenr ; Il me veai son sujet, je suis son serviteur.

Les échecs du gouvernement se succédèrent coup sur coup. Les deux premiers titres du Code civil furent rejetés. L'annonce seule du Concordat, que le premier <ïonsul n'avait pas encore osé présenter à l'acceptation des grands corps de l'Etat, avait rallié à l'opposition une foule de mécontents. L'auteur du livre sur l'Origine de tous les cultes, Dupuis, venait d'être appelé à la présidence du Corps législatif. Daunou qui avait déclaré qu'il ne paraîtrait plus au Tribunat tant que durerait la tyrannie, l'abbé Grégoire, dont les opinions anti-ultramontaines étaient connues, avaient été choisis comme candidats \ deux sièges vacants au Sénat.

• Vraie tractsserie, dit M. Thiers, in-

digne d'hommes sérieux. C'était du dépit le plus puéril et le plus dangereux en même temps, car on poussait à bout un caractère violent, plein du sentiment de sa force et capable de tout. » Et ailleurs : «Le temps du vrai gouverment représentatif n'était pas venu : les opposants n'en avaient pas plus les principes et les mœurs que le gouvernement lui-même. Ce qui achèvera de peindre les opposants du Tribunat, c'est que l'acte odieux contre les révolutionnaires ne fut pas même de leur part le sujet d'une observation. On profita de ce que l'acte n'était pas déféré à la Législature pour se taire. » Ces réflexions sont parfaitement justes. Les meilleurs esprits s'épuisent inutilement en combattant contre des moulins à vent ou en voulant pourfendre des montagnes. A quoi bon tout ce bruit? Il suffit d'une menace du futur empereur pour faire rentrer le flot dans son lit. Quos ego!,,. Mais ce n'était pas assez, il fallait supprimer la cause du mal. A cet eflet, on s'arrêta à un moyen, très-subtil sinon très-honnête, pour n'avoir pas l'air de recourir à la violence. Que n'aurait-on pas dit si, dès les premiers pas, le gouvernement s'était trouvé gêné par une constitution aussi débonnaire que celle de l'an viii, au point de devoir la briser? Il y avait dans cette constitution un article, d'ailleurs très clair pour tout le monde, qui pouvait se prêter à l'interprétation. Cambacérès était un habile légiste, il s'en empara. En conséquence, lescorps délibérants sont mis en vacances et pendant qu'ils chôment, le Sénat est chargé de procéder à leur renouvellement par cinquième; ce qu'il fit, non par la voie du sort, comme il était naturel, mais par scrutin, car les auteurs de la constitution n'avaient pas prévu le cas, ne pouvant supposer que des sénateurs, des hommes d'âge, fussent aussi ignorants de tous les usages parlementaires. Le Tribunat fut donc épuré — écrémé, disait M»* de Staël — et, comme de raison. Benjamin Constant eut l'honneur d'être un des 20 tribuns, que, sur l'ordre du consul,

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le Sénat déclara indigues. Mais quoique indigne, la société de Daunou, Andrienx, Chenier, Cabanis. Ginguené pouvait encore paraître assez honorable et consoler de cette disgrâce. L'Opposition, évincée des conseils du gouvernement, se réfugia alors dans les salons d'une femme. Mais là encore Bonaparte la poursuivit, il frappa cette femme; et comme Benjamin Constant avait pour elle une tendre affection, il frappa Benjamin Constant. Les deux exÔés se retirèrent au delà du Rhin.

Gœthe, Schiller, Wieland, Schlegel, et, en on mot, toutes les gloires deTAllemagne, s'empressèrent autour d'eux.

Les nobles natures éprouvent toujours de la sympathie pour les victimes du despotisme. Heureusement Constant avait avec lui un ami fidèle qui ne le quittait jamais sous quelque ciel qu'il fût, et qui seul pouvait adoucir son exil : cet ami, c'était l'amour de l'étude. Son grand ouvrage sur la Religion le préoccupait déjà depuis longtemps. Il se préparait assidûment à ce savant travail par la lecture approfondie des auteurs anciens. En même temps, il eut la fantaisie de chausser le cothurne; il tenta de transporter sur notre scène, en la modifiant et la condensant, la tragédie de Wallenstein. Son œuvre n'est pas sans mérite. Il est bien vrai que le tour de son esprit ne le portait pas à la poésie; mais son vers, quoi qu'on en ait dit, avait toutes les qualités requises pour une œuvre dramatique où la poésie serait déplacée. Le demi-jour, les teintes voilées plaisent à celle-ci ; la vive lumière, les teintes tranchées conviennent à la tragédie. Or, la clarté, la netteté, sinon une grande correction, était le principal mérite du style de Constant. Du reste, ce n'était pas là son coup d'essai; tout enfant, il s'était déjà essayé dans le genre épique. A l'âge de 1 3 ans, diton, il avait composé un roman héroïque, les Chevaliers, dont les cinq premiers chants existent encore. Un poème héroï-comique, Florestan, ou le Siège de Soissons, en ix chants, fut aussi le fhiitdes loisirs que le gouvernement de

Bonaparte lui avait faits. Au jugement de M. Pages (Dict. de la Convers.), c'est une « ingénieuse satire où la politesse du langage et la plus fine ironie éparpillent le ridicule sur la renommée de ses ennemis, de ses adversaires et de ses envieux ; mais où la colère frappe quelquefois et trophautet trop fort.»

Ce poëme est sans doute resté inédit ; nous n'en avons trouvé nulle trace ailleurs.

Nous touchons à une nouvelle péripétie dans la vie de Constant. Le beau ciel qu'il avait rêvé n'était déjà plus aussi beau à ses yeux. Souvent même il était menaçant. Les nuages qui se succédaient annonçaient un orage prochain. Le jour vint que cet orage éclata. M"' de Staël ayant refusé d'unir plus étroitement sa destinée à la sienne.

Benjamin Constant rompit avec elle et pour mettre entre eux deux une barrière d'autant plus infranchissable, il s'unit en mariage, en 1808, avec une jeune personne du Hanovre, Charlotte de Hardenherg . La paix, cette fois, allait-elle enfin descendre dans son cœur? il ne parait pas. « Il fallut encore plus d'une secousse , dit le spirituel auteur de la Galerie des Contemp. illustres, par un homme de rien [M. de Loménie], pour briser le lien fatal; celui-là une fois brisé, le cœur de Benjamin Constant avait contracté le besoin de l'orage ; il en chercha d'autres ailleurs, et lorsqu'il eut perdu la puissance d'aimer et d'être aimé, il se jeta dans la passion du jeu, et sa vie fut ainsi dévastée jusqu'à la fin. » Mais n'anticipons pas. Après son mariage, il vécut quelque temps à Gœttingue, où il continua à se livrer à ses études philosophiques. Cependant, à l'exception de son Wallstein, qui parut en 4809, il ne publia aucun écrit.

L'oppression qui pesait sur l'Europe étouffait toutes les voix indépendantes.

Lorsque le jour des revers arriva, et que les peuples allemands secouèrent io joug, Constant reprit la plume et il lança contre le lion malade ce fameux manifeste de De V esprit de conquête et

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de ruiufpation dans leurs rapports âfoec la civilisation européenne (Hanovre, 31 déc. 4 813; 2'éd.,Angl.

mars 4 81 4; 3* éd., Paris, 22 avril 4 84 4; 4* éd. rev. et augm., ibid., même ann., in-8*, pp. 234) où il battait en brèche la politique de l'empereur, au nom de la civilisation outragée. «Parla vigueur du style, la justesse des déductions et la hauteur des vues, c'est peut-être le meilleur ouvrage de Benjamin Constant » Tel est le jugement qu'en porte M. de Loménie, et nous partageons son sentiment, car il est évident qu'il n'entend parler que de ses écrits polémiques (1). Quelques écrivains ont reproché à Constant d'être rentré en France à la suite des armées alliées. Mais, exilé, nous ne sachions pas qu'il eût pu les y précéder. Devait-il prolonger son exil, en signe de deuil? Ce n'est pas lui qui avait poussé la France dans l'abtme. A chacun sa responsabilité. A-t-on quelque bassesse, quelque oubli de principes à lui objecter? Où sont les faveurs, où sont les honneurs qu'il reçut? On a dit qu'il coQuaissait Bernadette. Cela est vrai ; il avait même reçu de ce monarque la croix de]rËtoile polaire. Mais Constant n'était pas homme à vendre son honneur pour une croix. Et qui ne sait que ce sont là de simples marques de civilité à l'usage des princes. Tous les emplois de Constant, pendant la première Restauration, se réduisent à sa collaboration au Journal des Débats. Il entreprit, dès lors, avec un zèle digne de tous nos éloges l'éducation politique de la France. C'est lui le premier qui développa cette théorie un peu subtile que le roi règne et ne gouverne pas. La formule seule n'est pas de lui. Ses deux

(1) « L'ouvrage actuel, lit-on dans la préface df la 1'* éditiOD, fait partie ë*on traité de politique terminé depuis longiemi. L'eut de la France et celui de l'Europe semblaient le condamnera ne jamais paraître. Le contiaent n'était qu'un vaste cachot privé de toute cciBmanicêtion avee cette noble Angleterre, asile gcnéreoi de la pensée, illustre refuge de la dignité de l'espèce humaine. » Ou sait qae ie libraire Palm avait été fusillé a Viiiiah.

brochures : Réfleaions sur leiComH* tutions, la distribution des pêui9^s et les garanties dans une wufnetrekû constitutionnelle (484 4, iB-8*) et De la liberté des brochures, des pamphlets et des journaux, con$%déré^ tous le rapport de Vint4r(t du §o^ vernement (4'« et t* éd. augm., même ann., in-8') sont l'une et l'autre favorsh blés aux idées de liberté et de progrès. Au retour de l'ile d'Elbe, Constant se prononça avec courage contre l'agression de Bonaparte. U demeure , peui ainsi dire, le dernier sur la brècl^e. Napoléon était déjà 4 Fontainebleau fu'il lui prodiguait eneore l'iniure et le nif pns. « Du côté du roi, écrivait-il, est la liberté, la sûreté, la paix; du côté de Bonaparte, la servitude, l'anarchie et la guerre. Nous jouissons sous Louis XVIII d'un gouvernement représentatif; nous nous gouvernons nous-mêmes ; nous subirons sous Bonaparte un gouvernement de Mameluks; songlaivi seul nous gouvernerait. C'est Attila, c'est Gengiskan, plus terrible et plus odieux parce que la civilisation est k son usage!.. . » Telle était la violence de son langage. Mais nous avons ra* gret de le dire — car c'est une tache dans sa vie que nous voudrions pouvoir effacer, -— cette violence était, à ce qu'il parait, calculée pour arriver au cœur d'une femme célèbre par sa beau-^ té. « Quaud je pense, lui écrivait-il, que le danger est un moyen d'obtenir de vous un signe d'intérêt, je n'en éprouve quedelajeie(4). » Sa seule excuse se^ rait donc dans l'égarement de la passion. Chaque jour, ilr^oublait d'audace; à U fin, il finit par brûler ses vaisseaux : « Je n'irai pas, misérable transfvg e* me traîner d'un pouvoir è un attira, couvrir l'infamie par le sophisme, et balbutier des mots profanés pour rache* ter une vie honteuse, s'écriait^-il U 49 mars.» Après de tels éclatp, de telles pre-

(1) M. de Chlieaubriand, dans ses Mémoires d'outre Tombe, t. viu , entre dans quelques détails au sujei de cette passion, et rapporte au long un portrait de midame lUcf t mier tracé par Benjamin Constant c avec une friee, 4it41, qii U lai éUH pH BMifelte. •

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tesUtions, on n'aurait guère pu se douterez C6 qui arriva. Quelques jours après, le 4 4 avril, Constant était dans le camp ennemi; mais, hâtons-nous de le dire, U y était passé sans renier, en quoi que ce fiftt, aucun de ses principes politiques. Bonaparte étant entré à Paris, le premier mouvement de Constant fut de s'enfuir. U se sauva à Nantes, d'où il espérait passer en Angleterre. Mais dans cette ville, ayant appris par la voix publique que VOgre de Corse, content de son triomphe, ne mangeait personne, il se rassura et revint sur ses pas. Instruit de son retour, Napoléon le fit appeler. Au lieu de l'arrêt de sa mort, sur lequel notre publiciste amoureux avait compté bien sûrement, c'est un brevet de conseiller d'état qu'on lui délivre ; au lieu de reproches, ce sont des caresses qu'on lui adresse; au lieu de menaces, ce sont des conseils qu'on lui demande. A un accueil aussi inattendu, sa tête n'y tint pas ; il crut à la sincérité des paroles de l'empereur, il crut à sa magnanimité, il cnit à la durée de sa puissance : il fut séduit. Bonaparte lui déclara du ton d'un homme convaincu que, les conditions étant changées, il comprenait que des modifications devaient être apportées à son système de gouvernement dans le sens d'une sage liberté, et en conséquence, il le chargea de s'entendre avec M. Mole pour rédiger une constitution. Ce n'est donc pas Constant qui avait reculé, c'est Bonaparte qui avait marché. A la veille de demander d'énormes sacrifices à la nation, Bonaparte sentait la nécessité de lui accorder quelque chose en retour; à la veille d'entrer en lutte avec l'Europe coalisée, il comprenait qu'il était sage d'associer la nation à sa eauie, ou tout au moins, puisque U peuple était avec lui, cette partie saine et éclairée de la nation qui, t6t ou tard, finit par ^traîner les masses, eomme la tète entraîne le corps. Lors de la discussion de l'acte additionnel, destiné ï modifier l'ancienne constitution de l'empire, dans le but lurtoit é'une

représentation moins illusoire. Constant ne trahit pas les principes de toute sa vie; il se prononça franchement dans le sens le plus libéral. Si son opinion ne prévalut pas toujours, on ne saurait le lui imputer. Et, qu'on le remarque bien, cette opposition qu'il faisait, n'était pas une comédie qui se jouait à huis clos, car il émit les mêmes doctrines dans le livre qu'il publia alors : Principes de politique applicables à tous les gouvernements représentatifs et particulièrement à la constitution actuelle de la France, Paris, 4815, in-8^ Aussi M. de Lamartine, dans son Hist. de la Restauration, nous semble plus que sévère à son égard. « Benjamin Constiint, y lisons-nous, esprit théorique et absolu, comme les abstractions de l'Allemagne [peut-être ne s'attendait-on guère à cette similitude], mais assoupli et dompté par sa défection et par ses ambitions intéressées devant l'empereur, était éminemment apte à servir, d'un cêté, ces fausses apparences de concessions libérales dont Napoléon avait besoin de parer son retour; de l'autre, les réserves secrètes d'autorité dont il ne voulait pas se départir, afin de rester despote, tout en paraissant constitutionnel. Ces deux hommes se convenaient : l'un consultait par nécessité, l'autre conseillait par décence; mais ni l'un ni l'autre ne consultait ou ne conseillait sincèrement. 11 suffisait que le peuple fût satisfait des apparences; on ne cherchait pas des institutions, mais des prétextes. » Prétendre, comme le fait M. de Lamartine, que Constant se rendit coupable de cette duplicité, c'est prendre ses présomptions pour des raisons, c'est affirmer sans preuves.

Tout prouve, au contraire, que Benjamin Constant était sincère. Autrement, s'il eût été de composition si facile, aurait- il jamais conçu des soupçons ?

Se serait-il trahi lui-même? « Je suis entré, je m'en aperçois dans une voie sombre et douteuse, disait-il à Lafayette, à qui il était allé confier ses inquiétudes; je commence à craindre

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d'avoir tenté une entreprise au-dessus de mesforces en essayant de lier cet homme

Rar une constitution. »» C'est ainsi que [apoléon se perdait en trahissant, dans ses moments d'emportement, le secret de ses pensées. Les temps étaient bien changés. Aussi le parti constitutionnel tout entier l'abandonna dès qu'il ne fut plus à craindre. C'est le propre d'un grand cœur de rester fidèle au malheur; mais c'est le propre d'un cœur faible et bas de rester fidèle à son joug. Une fidélité imposée n'est qu'une honteuse servitude. Relevé par l'armée, le nouvel empire s'écroula dès que cet appui vint à lui manquer. Const^int fit tous SCS efforts pour retarder cette chute. Il entrevoyait avec effroi les suites d'une nouvelle invasion. Qu'allait devenir la liberté? « Vous verrez, écrivait-il, ce que seront les Bourbons doublés des Cosaques pour la seconde fois. » Intermédiaire officieux entre les Chambres et Bonaparte, ce fut lui qui fut chargé de lui porter son arrêt de mort. Le lion vaincu reçut le coup en bondissant. Mais, le premier mouvement passé, il revint ^ lui. L'ennemi étant aux portes, à quoi eût servi un nouveau 18 brumaire? Restait encore une chance de salut, une seule ! Une députation fut envoyée au quartier-général de l'ennemi pour négocier une suspension d'armes ou la paix. Napoléon se résignait au sacrifice pour sauver sa dynastie. Constant était un des cinq plénipotentiaires. Mais tous ses efforts furent vains; cette dernière lueur s'évanouit.

Après le retour des Bourbons, Constant jugea prudent de laisser passer la première bourrasque. Il se relira en Angleterre. Ce fut dans cet exil qu'il publia son célèbre roman ^ Adolphe^ anecdote trouvée dam les papiers d'un inconnu (Londres, 1816, in-1 2, souv. réimpr., trad. en espagnol, en allem., en angl.). Ce livre est moins un roman qu'une confession et moins encore une confession qu'une sèche analyse du cœur humain dans une situalioD donnée. Ni le béroSf ni l'héroï-

ne, ni la situation ne peuvent intéresser. Quelques uns ont voulu voir M"' de Stacl sous le masque d'Ellénore; mais une telle supposition ne soutient pas un moment Tcxamen. Lui-même, non plus, n'est pas toujours son héros; autrement il se serait calomnié (1). «Quel plaisir aurais-je pu avoir, disait^il, à me représenter comme coupable de vanité, de faiblesse et d'ingratitude?» L'épisode de Cécile qui lui avait été inspiré , dit-on, par les douceurs de son union avec M"" de Hardenberg , terminait le roman, mais sur les observations de lady Holland, il le supprima pour ne pas diviser l'intérêt. Constant s'occupa en môme temps de rédiger ses Mémoires sur les Cetii-Jours (en forme de lettres) qu'il ne publia toutefois que quelques années après (1 830; nouv.

édit. augm. d'une Introd., 1829, iu-8*)

(1) M. de Loménie Tait la même remarque, en apportant a l'appui de son opinion une grande abondance de preuves ; mais la meilleure de toutes est encore sa parole chaleureuse et convaincue ?lous lui emprunterons ce morceau qui nous dispensera d'entrer dans plusieurs détails. « On conviendra, dit-il, que Benjamin Constant, au cas oii il aurait vonla se peindre dans Adolphe, se serait un peu enlaidi. Qu*aprës cela, il fut un ôtre mobile, inquiet, malheureux, incapable de se résister à lai-mème, lui qui savait parfois si bien résister aux antres, lui qui unissait a rimaftination ardente d'un poète la froide intrépidité d'un vieux soldat, lui toujours prêt à payer de sa personne dans les occasions difficiles, soit qu'il fallût braver sans relâche, n la tribune, les clameurs frénétiques des centres, soit qu'il fallût requérir contre les réquisitoires des procureurs-généraux, ou bien faire face a Saumur il une bande de jeunes sous-officiers furieux, soit qu'il fallût discuter l'èpée a la main avec M. de Monllosier les droits de la race conquérante sur la race conquise, ou bien, cloué sur une chaise par dos rhumatismes et une jambe luxée, échanger a quelques pas des coups de pistoli't avec M. Forbiu-deti-bsarls ; qu'eu un mot. Benjamin Constant, foncièrement bon, brave, délicat, désintéressé, généreux, n'eût pas le mérite si rare d'être un homme complètement grand, aussi ferme que bon , aussi tenace que courageux, aussi sévère ponr lui-même que dévoué au besoin pour les autres, aussi puissant par la volonté que par l'intelligence; c'est là un fait qu'on ne peut contester. Mais j'avoue que je ne vois pas, dans le temps ou nous vivons, beaucoup de gens fondés pour ce fait a jeter a sa mémoire la première pierre. »

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pour répondre aai calomnies de ses ennemis. Cette pohlication n^est pas seulement une apologie de sa conduite, c'est un livre précieux pour l'histoire de ce temps. On chercherait yainement ailleurs une foule de renseignements destinés à donner l'intelligence des événements. A la un de 4 81 6, il rentra en France et reprit son poste sous la bannière constitutionnelle. Dès lors, sa vie ne fut plus qu'un long combat.

Ni les fatigues, ni les dégoûts, ni les dangers, ni les haines, ni môme la maladie, rien ne fut capable de le détourner de son apostolat. Ainsi qu'il Pavait fait sous la République, il commença par en appeler à la concorde dans sa brochure De la doctrine politique qui peut réunir les partis en France, 4847 , in-8*. Deux éditions de cet écrit parurent dans la même année. Plusieurs autres brochures suivirent celle-là.

Elles ont été reproduites, avec la plupart de celles citées plus haut, auxquelles il Ot subir quelques changements, « dégageant les principes généraux de toutes les allusions personnelles, » dans sa Collection complète des ouvrages publiés sur le gouver^ nement représentatif et la constitution actuelle de la France, formant une espèce de Cours de politique constitutionnelle, qui parut de 1817 à 48i0. en 4 vol. in-8% ou 8 parties , et fol trad. deux fois en espagnol ; nouv. édit. sous le titre : Cours de politique const., mis en ordre et précédé d'un Introd. par J.-P. Pages (de l'Ariége), Par. 4836, 2 vol. in-8". Le titre de Cours de politique nous semble trop ambitieux. Un cours est un ensemble coordonné, tandis que ce recueil ne contient qu'un petit nombre de matériaux, qui n'ont entre eux d'autre lien que le nom de l'auteur. La collaboration de Constant aux journaux de l'opposition fut aussi très-active. « 11 voulut ressusciter le Mercure, ditM. Madrolle(iBiogr. univ.), il fonda la Minerve et les Tablettes historiques; il voulut créer la Renommée ; il fournit dos articles au Courrier, au Constitutionnel,

au Temps; il professait la politique ou la philosophie à l'Athénée, et la So ciété de la morale chrétienne le comptait parmi ses membres influents; il était partout, excepté ï l'Académie. »

S'il n'était pas à l'Académie, il n'y a pas lieu de s'en étonner; c'est que sa place eût été à l'Académie des sciences morales et politiques, et la Restauration, pas plus que l'Empire, n'avait de goût pour les idéologues. Vers la fin de sa carrière, il se présenta à l'Académie franraise, et il eut, en effet, le regret d'échouer. Mais la postérité a été plus juste, elle ne lui a pas refusé son brevet (Timmortel. Un fauteuil y eût ajouté peu de chose. Sa réputation qui grandissait chaque jour, le désigna aux suffrages de ses concitoyens. En 4818, le collège des électeurs de la Seine l'adopta pour un de ses candidats, et il n'échoua que de quelques voix. L'année suivante, il fut plus heureux. Elu dans deux départements , il opta pour la Sarthe. Dès lors, il redoubla encore d'activité, s'il était possible. Le gouvernement de la Restauration, poussé par des conseillers ineptes ou perfides, était entré dans une voie funeste; toute sa politique tendait à raviver les regrets des uns, à exciter les défiances des autres. Chaque jour, pour ainsi dire, la tribune était un champ de bataille, où venaient se heurter les passions les plus violentes. Toujours le premier à l'attaque et le dernier dans la retraite.

Constant rendit les services les plus signalés à la cause de la liberté. Les doctrines qu'il défendit peuvent parfaiment se résumer dans ces quelques réflexions qui lui échappaient à la fin de sa carrière : «J'ai défendu quarante ans, écrivait-il , le môme principe : liberté en tout, en religion, en philosophie, en littérature, en industrie, en politique, et par liberté, j'entends le triomphe de l'individualité, tant sur l'autorité qui voudrait gouverner par le despotisme que sur les masses qui réclament le droit d'asservir la minorité à la majorité. Le despotisme n'a aucun drait.

La majorité a celui de contraindre la

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minorité ^ respecter Tordre; mais tout ce qui ne trouble pas Tordre, tout ce qui n'est qu'intérieur, comme Topinion^ tout ce qui dans la manifestation de Topinion ne nuit pas ^ autrui, soit en pro* voquant des violences matérielles, soit en s'opposant à une manifestation contraire, est individuel et ne saurait être légitimementsoumis au pouvoir social.»

Les Foy, les Manuel, les Lafitte, les Lafayette, soutinrent la même lutte.

« Benjamin Constant, dit M. de Cormenin, qui siégeait avec lui sur les mêmes bancs, n'avait ni la facilité de Manuel, ni la profondeur de Royer-CoUard, ni la véhémence de Casimir Périer, ni Téclat de Foy, ni Tharmonie de Laine, ni les grâces de Martignac, ni la puissance de de Serre ; mais il a été, de tous les orateurs de la gauche, le plus spirituel^ le plus ingénieux et le plus fécond. — Il avait un corps fluet, des jambes grdles, le dos voûté, de longs bras. Des cheveux blonds et bouclés tombaient sur ses épaules et encadraient agréablement sa figure expressive. Sa langue s'embarrassait entre ses dents et lui donnait un parler de femme, sifflant et quelque peu bredouillé. Quand il récitait, il traînait sa voix d'un ton monotone. Quand il improvisait, il s'appuyait des deux mains sur le marbre de la tribune et il précipitait le flux de ses paroles. La nature lui avait refusé tous ces avantages extérieurs du port, du geste et de Torgane dont elle a été si prodigue envers Derryer. Mais il y suppléait à force d'esprit et de travail. » On a dit avec raison que les écrits et les discours de Benjamin Constant, « l'orateur et le publiciste de Técole anglaise, » ont surtout contribué i Téduoation de la France libérale. « Jamais orateur, continue M. deCormenin, ne mania avec plus d'habileté que Benjamin Constant la langue politique. Pourquoi lirait-on encore aujourd'hui, sans fatigue, ses plus longs discours? C'est qu'il y a dans ces discours ce qui fait vivre ; il y a du style, un style plein de séduction. La plupart sont des chefs-d'œuvre de dialectique vive et serrée, qui n'ont eu de-

puis rien de semblable et qui font les délices des connaisseurs. Quelle richesse I quelle abondance! quelle flexibilité de ton ! quelle variété de sujets! quelle suavité de langage ! quel art merveilleuxdans la disposition et la déduction enchaînée des raisonnements ! ... »

Constant, « l'homme qui a eu le plus d'esprit après Voltaire, au dire de Chateaubriand, » maniait peut-être encore mieux la fine raillerie que la dialectique; plein du sentiment de sa force, il nimait à réduire son adversaire en se jouant.

Ces discours, dontla plupart avaient déjà paru séparément, ont été réunis dans un recueil en t vol. in-8*, 4 827 . Nous em pruoterons encore quelques traits au ce* lèbre pamphlétaire. M. de Cormenin est un de ces écrivains que Ton quitte toujours à regret. « Benjamin Constant, dit-il, a contribué par ses écrits, plus qu'aucun autre publiciste, à tirer la grosse bourgeoisie de Tignorance po- 'litique où, depuis 1830, elle s'est mollement renfoncée. — Il a développé dans la presse, avec une science d'analyse supérieure, les principes du gouvernement représentatif, et le jeu mobile et varié de ses combinaisons. — Il n'admettait pas la souveraineté du peuple, mais une sorte de souverain neté de la justice fort approchante de la souveraineté de la raison des dootrinaires et aussi indéfinissable, aussi incompréhensible , aussi inapplicable qu'elle. * Peut-être aujourd'hui M. de Cormenin, conseiller d'Etat, comprendrait-il mieux.

Aux élections de 1824, l'opposition vaincue ne vit sortir de l'urne électorale que les noms d'un petit nombre des siens* Mais la petite phalange, forte de \ 7 combattants seulement, allait suppl<^er au nombreparla discipline, par Tbabiletéef par le talent. Cette époque est la plu9 brillante de nos annales parlementaires.

Benjamin Constant avait été réélu par le collège de la Sarthe. Le parti du gouvernement , qui connaissait par plus d'une défaite ce que valait un tel adversaire, s'imagina, lors de la vérification des pouvoirs, de lui chercher une

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pov réfinoar di la Ob fiéteadit «pli limitait pas flaçiif . Mail la chambre eut assez de ptém pour ne pas s'associer à un mojw aatii déloyu de se débarrasser d'un admiaire. Sur le rapport favorable de M. ]laitîgnae(téance dttl7 mars 1 814^, Constant fut reconnu en possession du titneidesdroitsdedtoyenfrançais, du dMf de la mère, HenrutU de ChaniK» — ees aaeendants paternels étant oiiginaires de l'Artois, province espagaolaiirépoqaede leur expatriation, — en verta de ce décret de rAssembiée nationale, du 45 déc. 1790: « Toutes finonn€$née$enpa^$étrënger, des- €$miëmij $%f%ilfui degré qm ce soit^ êwmfrûMfûM M d'une française exfêirtéepimr cause de religion, sont iicUrés naturels français, et jouiront des droits attachés à cette qua- Uti,s^iÎMreviennent enFrance y fixer lemr dowricile et s'ils prêtent le serment cMfue,9 Après un article de loi aussi formel, on ne comprend pas que, d^ soos le Directoire, Constant ait Croire des difficultés à ce sujet. On se fondait, pour lui refuser la qualité de français, sur in article de la constitution, alors en vigueur, qui portait que « tout citoyen ayant résidé sept années consécutives hors du territoire de la R^ublique, sans mission ou autorisation, serait réputé étranger. » Constant n'eut pas de peine k prouver l'absurdité qu'il y aurait à appliquer cet article de loi aux réfugiés pour cause de religîonqui n'auraient pu demander à Louis XrV, en fuyant sa tyrannie, un certificat de bonne vie et mœurs. Et quant aux sept années de résidence que la constitution exigeait pour acquérir la qualité et les droits de citoyen, il prouva que cet article ne lui était pas davantage applicable, parce qu*il ne réclamait pas un droit nouveau, mais la restitution d'un droit ancien, dont il n'avait pu être dépouillé. C'est dans ce sens qu'il adressa une pétition aux Cinq -Cents (an iv, Moniteur n* 314) demandant que ce corps, à l'exemple des deux assemblées qui l'a-

vaient précédé, la Législative et la Convention, confimât la loi rendue par

l'Assemblée constituante. Une commission fut nommée, mais la pétition demeura enterrée. Néanmoins, dès 4797, Constant exerçait tous ses droits de citoyen français; ce qui se voit par une note mise en tête de la 2* édit. de son écrit sur les Réactions politiques.

Mais en voilà trop sur une question qui n'en était pas une.

L'opposition était donc réduite à dixsept membres. Mais elle ne désespéra pas de sa cause, car, grâce à la presse et à la tribune, il y avait une opinion publique, et l'opinion publique était pour elle. Les Bourbons, et plus encore qu'eux, leurs conseillers avaient rapporté de l'exil toutes leurs illusions et tous leurs préjugés. Ressusciter des institutions tombées de vétusté, tel était leur but, comme si la génération nouvelle pouvait recommencer la vie à tren te ans en arrière. Les services que ces dix-sept apôtres de la liberté rendirent à la France leur ont mérité des triomphes et des statues ; mais les temps sont encore trop près de nous pour qu'on puisse en apprécier toute l'étendue. La meilleure part en revient à Benjamin Constant. Son activité dévorante surpasse toute croyance. Sa vie était une fièvre continuelle. Telle est sans doute la raison qui fait dire à M. de Cormenin qu'il avait « une soif immense de popularité. » Est-ce cet amour seul de la popularité qui lui fit sauver la vie de Wilfrid Regnault et de plusieurs autres condamnés; qui lui fit embrasser la défense de tous les opprimés quels qu'ils fussent? « Le moindre acte d'arbitraire commis sur quelque point de la France, dit M. de Loménie, la moindre chance d'arracher quelque tête au bourreau , trouvaient Benjamin Constant toujours prêt à donner son temps, sa parole, sa plume et sa bourse au besoin. » Les luttes incessantes qu'il soutint dans la presse et à la tribune, ne le détournèrent pas de ses travaux philosophiques.

Dès 182i, parut le premier volume de son grand ouvrage De la Religion, Les

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Tolumes se succédèrent d'année en année. La veille de sa mort, il donna à son imprimeur le dernier bon à tirer.

On voit par cet ouvrage, auquel il travailla toute sa vie, et dont il finit par renverser complètement le plan et Tordre des idées, après quUl eut acquis beaucoup de cette philosophie dont parle Bacon, que Constant avait à un haut degré le sentiment religieux. Ce sentiment, comme il en fait la remarque, l'empêcha de s'égarer sur les pas de nos philosophes du dernier siècle. Sans avoir une foi très-ferme, il était chrétien. Au dire de M. de Cormenin, » il n'avait que la foi de l'esprit. Il n'avait pas la foi du cœur. 11 n'aimait pas la religion pour le dogme, mais pour l'apaisement des besoins inquiets de la conscience. » En 4827, deux collèges le choisirent pour leur représentant, celui de la Sarthe et celui de Strasbourg. Il opta pour ce dernier, qu'il représenta toujours depuis. A force d'avoir raison, l'opposition était parvenue à reconquérir la majorité. Le rétablissement de la censure, le licenciement de la garde nationale, l'effervescence religieuse que le gouvernement cherchait à réchauffer, l'ignorantisme, qu'il honorait de ses faveurs, les troubles partout renaissant et souvent provoqués par une police infime, les violences, les dénis de justice, en un mot toutes les fautes d'un pouvoir qui court à sa perte, ne contribuèrent pas peu âi ce succès et lui allégèrent singulièrement sa tâche. On avait vu la France, fascinée par la gloire du grand homme accourir par deux fois au-devant des chaînes dont il l'avait chargée. On crut qu'à la faveur d'un peu de gloire acquise sur des Barbares, il serait facile de lui retirer, d'un seul coup, toutes les libertés dont le souverain, dans un moment de faiblesse, l'avait gratifiée. On disait que ces idées de liberté nageaient seulement à la surface et n'avaient pas de racine dans le peuple. Mais les choses allèrent tout autrement. Lorsque Forage de Juillet éclata, Lafayette écrivit ces quelques mots i Constant: «Il se joue ici une

partie où nos têtes servent d'enjeu, apportez la vôtre. » Constant, alors à la campagne , venait de subir une dangereuse opération, mais les représentations de son chirurgien ne purent le retenir, il partit. On connaît le dénouement. La joie de Constant tenait du délire, dit M. de Cormenin. Le nouveau roi le nomma président du conseil d'Etat (1). Ce n'était pas une récompense, ce n'était pas une séduction, c'était un hommage. Les doctrines pour lesquelles il avait tant combattu, ayant enfin triomphé, il était juste qu'il s'assit au pouvoir avec elles. Mais il ne jouit pas longtemps de sa gloire. « Déjà les ressorts de sa vie s'usaient. Sa noble tête s'affaissait, et il la tenait parfois enveloppée de ses deux mains, comme pour méditer sur la vanité des révolutions.

Ces songes d'avenir, ces belles illusions qui, pendant quinze ans, avaient passé devant ses yeux, s'évanouissaient l'un après l'autre [était-ce dans la prévision d'un avenir qu'il ne devait pas connaître?]. Il se sentait monter à la tête de noires tristesses, d'invincibles mélancolies. Il se traînait avec effort de son banc à la tribune, et de ses lèvres éteintes qui ne pouvaient plus sourire, il dit adieu ï la liberté mourante et il descendit avec elle dans le tombeau. • Ce qui veut dire simplement qu'avant de mourir, Constant entrevit que l'œuvre à laquelle il avait coopéré était une œuvre humaine; mais pour en prendre son

(1 ) LoHis-Philippe lai fit don d'une somme de deux rciii mille francs. Voici k quel propos. Ott raconte que Constant se trouvait débiteur de M. Laliite pour une sommeà peu près équivalente. Lcgéncreux banquier, qui avait sacriflé st fortune a son opinion, éprouvait le besoin de rentrer dans ses fonds ef son ami était Insolvible. Louis-Philippe apprenant leur embarras. Imagina ce moyen délicat pour leur venir en aide. Un iour que Constant se trouvait an Palais-Royal, il vint a lui: « Vous avez fait, Ini dit- il, des sacrifices au-dessus de vos forces pour la liberté; cette caose nous est comnone, et c'est avec joie que je viens à votre secours—Sire, lui répondit Constant, j'accepte ce bienfait, mais la liberté passe avant la reconnaissance, et si votre Kouvernement fait des fautes, je serai le premier a rallier l'opposition.—C'est bien ainsi que je rentends, répliqua le roi. t

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Iiarti, il n*ent qaî*k se rappeler ce qu'il écrivait l'année précédente : « La crise qui s'opère sous nos yeux... n'est pas ta dernière qui chau géra la face dumon> de. Après les choses qui tombent aujourd'hui, beaucoup tomberont encore ; mais ces destructions ou, pour mieux dire, ces délivrances ultérieures sont réservées ï une autre époque. N'anticipons point sur les temps, pénétronsnous des doctrines que les temps ont amenées et qu'ils consolident. » M. de €ormenin a des ressources de mise en scène qu'il prodigue parfois et dont il est bon de dégager ses écrits. Quoique très-malveillant dans son appréciation du grandpubliciste,M.Madrolle(6iogr.

imiv.) est forcé de lui rendre cette justice: «Bien que profondément laborieux, dit-il, à tel point que jamais personne n'a plus lu, plus étudié, plus écrit, plus veillé que lui, personne plus que lui pourtant ne fréquenta les salons. C'est là qu'il apprit le secret de cette politesse qui commande les égards dans l'attaque et la modération dans la défense. » On sait qu'il avait la malheuleuse passion du jeu ; mais il était le premier à déplorer ce vice, qui ravageait sa vie.

Video meliora proboqae, détériora seqoor.

Le peuple et le gouvernement s'associèrent dans un commun sentiment pour rendre les derniers honneurs au grand citoyen. Le 42, le corps fut transporté au temple protestant de la rue St- Antoine. Un moment, on put craindre du désordre. La jeunesse des écoles, que Constant avait toujours exaltée et dont il était chéri , voulut d'abord le porter à sa dernière demeure , mais un des brancards s'étant rompu , on dut le rel^acer sur le corbillard. Les étudiants traînèrent alors le char. Au sortir du temple, où M. Coquerel ironydi des paroles éloquentes, quelques voix firent entendre : au Panthéon ! comme si la mémoire des hommes n'était pas le seul panthéon qui convînt à la véritable gloire. On fit comprendre aux moins échauffés que, pour une semblable

ovation, il fallait une loi, et que, dès la veille, une proposition dans ce but avait été faite aux Chambres. Le convoi put alors continuer sa marche. On n'arriva dans le champ du repos qu'à la nuit noire, à la lueur des torches, et aux sons d'une musique funèbre. Plusieurs discours furent prononcés. Lafayette, en payant un tribut de regrets à l'infatigable défenseur de la liberté, se rendit le digne interprète du sentiment national.

Nous ajouterons quelques détails bibliographiques aux indications contenues dans cette notice.

I. WalUtein, tragédie en 5 actes ût en ven, précédée de qnelq%ei réflexions sur le théâtre allemand et suivie de notes historiques. Par. et Gen., 1809, in-8*.— Imitation delà tragédie de Wallenstein de Schiller.

L'unité de temps et de lieu que Constant voulut observer, le força « à tout bouleverser et à tout refondre ». « Il n'y a pas, dit l'auteur, dans les trois tragédies de Schiller (le camp de Wallenstein, les Piccolomini, la mort de Wallenstein, trilogie à la manière des Grecs) une seule scène que j'aie conservée en entier. » Des 48 acteurs de l'original allemand, il n'en a conservé que douze, et encore a-t-il substitué, d'accord en ceci avec l'histoire, le personnage de Gallas, dont le nom se prêtait mieux à noire versification, à celui de Piccolomini. On a eu tort de reprocher à Constant d'avoir contribué à corrompre notre art dramatique en poussant au romantisme. Il a justement fçit tout le contraire, et il en donne ses raisons. Pour le juger, on aurait dû, au moins, se donner la peine de le lire. Après avoir exposé les licences de la scène allemande, il ajoute : « Je suis loin de recommander l'introduction de ces moyens dans nos tragédies. I^iraitation des tragiques allemands me semblerait très-dangereuse pour les tragiques français. Plus les écrivains d'une nation ont pour but exclusif de faire effet, plus ils doivent iMre assujettis à des règles sévères. Sans ces règles, ils mulliplic-

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raieAt, pour arriver à Uur but, des tentatÏTes dans lea^uelLes ils s'écarteraient tpujoufs davaota^ de la vérité, de la miture et du goût. » Pouvait-oD mieux indiquer Téeueil contre lequel les romantiques devaient se briser? On voit ntr ce que nous avons dit, que M. Viileoiain s'est mépris lorsque , dans ses Souvenirs contemporains, il parle de cette tragédie comme d'une œuvre faite « à l'appui d'une préface sur le théâtre romantique. »

II. Du triomphe inépitable et prochain des prineipès contitutionnels en Prusse, trad, de Vàllewand de Kareff, 4821, in-8". — Ck)nstant est auteur de l'Avant-propos et des notes 401 accompagnent l'ouvrage.

Ul. Oammcntavre sur la Science de la législation de Filangieri, Palis, 4822-4, Spart. iQ-8*; trad. eu espagnol par J.-C. Pages.

IV. De la Religion Cênsidérée dams sa source, us formes et ses développements, Paris, 4824-34, 5vol. iD-8% avec cette épigraphe : MejivTjjjifivov A; 6

^i^iw* {(|xelc Te ol Kptrat fixriv àv6p<i>:civY)V

Ixojuv. (Platon, Timée). — Trad. en ail.

-*Get ouvrage, fruit d'une immense lecture, d'une critique judicieuse et d'une sage observation de la nature, mériterait d'être plus connu. La grande réputation du publiciste a comme étouffé la gloire qui était due au philosophe. Poussé par sa nature, l'esprit humain comprend difficilement que l'on soit démo fois excellent ; il comprendrait mieux que l'on excellât en toutes choses. Constant lui-même nous apprend dans sa préface le piau qu'il a suivi. 11 part de ce fait, qui sert de base à son livre, que le sentiment religieux estun attribut es- Mntiel, une qualité inhérente à notre nature. Or la civilisation étant progressive, il s'en suit que les formes religieuses doii^nt se ressentir de celte progression. Miiis quelles sont les époques de cette progression? Il a cru remarquer que toute religion ou forme religieuse se divise en trois périodes distinctes. D'abord, l'homme s'élance vers une religion; puis il donne à ses rap-

ports avec les puissances inraâilet ane forme particulière. 4 '* époque, àvecson développement et l'acqiiifiiUoB A» mhivelles lumières cette preauèie fome te lui suffit plus. L'enthousiafiB* et la croyance délaissent la religion. Il n'y a plus que des formules, des pratiques et des prêtres. V époque, liais cei état forcé a aussi son terme. La lutte s'eiH gage entre la religion étaWîA ei l'iutelligence qu'elle blesse, entre eetle nligion et le sentiment qu'elle nu satiiiait plus, et amène la 3* époque. C'est alors que la religion reoaU de ses cendres, plus jeune, plus pure et plus belle, an milieu d'obstacles de diverses natures : obstacles intérieurs, provenant de l'individu ; et obstacles extérieurs, prévenant de la société. Telle est la série d'idées ou plutôt de faits qu'il se pro*pose de prouver. Dès l'apparition du premier volume, on accusa Constant 4e n'être pas chrétien. Il répondit à oetle attaque dans l'art. Christiamimu ^ écrit pour l'Encyclopédie moderne.

« De ce que l'auteur dMtinguait, dit-il» les formes religieuses du sentiment religieux, on a prétendu qu'il professait une indifiérence égale pour toutes eeiB formes. Bien au contraire, ces formes sont progressives, les unes toujours meilleures que les autres, et les meilleures données à l'iMNnme en temps opportun par la divinité. » Constant admettait donc la révélation. Après cette grande manifestation de U bo»té divine , « tout serait ensuite rentré dans l'ordre. L'homme abandonné de nouveau à lui-même aurait recommencé son travail. Son esprit se serait débattu suivant sa nature anteur de la grande découverte ; il lui aurait donné des formes imparfaites; il aurait rabaissé sa sublimité. Le calcul, l'égoïsme , le monopole se la seraient disputée pour en abuser; mais l'komflM en aurait conservé pourtant le souvenir ineffable; le pas immense aurait été fait, et, par degrés, des formes plus pures, des conceptions plus justes lui auraient permis de jouir sans mé lange de l'inestimable )é

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V. Du Polf/théismâ roflku'n, coniii, dêns ses rapports avec îaphUoupUe grecçue et la religion chré" ^i#ftii«, Pari8,4833, i Yol. in-8*.--^ Oofrage écrit dans le môme esprit que la précédent, et dont il forme le cornnl&Dfint. A Texceplion du chap. sur Julien (liv. XYII, 8) et du chapitre inal Dernières réflexions sur les rapports de la religion avec rhom- «#, qui ne contiennent que l'indication de« matériaux que l'auteur devait naettre en œuvre, l'ouvrage était entièrement adievé à la mort de Constant, et prêt k être mis sous presse. La meilleure preuve de la valeur de ce livre, e*est que M. Mat ter se chargea de le publier en y ajoutant une Introduction.

YI. Mélange de littérature et de polUiçue, 48it9, in-8^

fiefiûamin Constant a, en outre, coo* péré à plusieurs recueils, aux Chefsd'cravre des Théâtres étrangers, à la ColLec^oQ des constitutions, au Livre des Gent-et-un, où on lit, entre autres, de lui les portraits de M"« de Staël et de M- Necker(T.VII), et il a laissé divers mss.^rmi lesquels se trouve, ditron, une tnd- du Traité de la justice deGodwin.

COJKSTANTIIK (Robebt), savant philologue, né à Caeu dans les premièns années du xvi* siècle. Constantin s'^NM^^ ^^^ beaucoup d'ardeur ï l'étude des langues et des belles-lettres . Avide de suivre les leçons du célèbre ScaUger, il se rendit à Agen et devint Je commensal de son professeur, qui conçut pour lui une si haute estime, à cause de son honnêteté et de son savoir» ^'il le chargea, en mourant, de publier quelques ouvrages qu'il laissait imparfaits. Cette préférence, qu'il donna à son élève sur son propre iils, fut la cause de la haine que celui-ci nourrit toute sa vie contre Constantin.

Scaliger mort, Constantin se rendit en Allemagne, où il fréquenta les écoles les plus célèbres, pourseperfediooner dans les langues anciennes et plus particulièrement dans le grec. Ses concitoyens lui ayant offert, ea 4564, (a ch^re de professeur de

belles-lettres, il retourna à Caen et s'y fit recevoir docteur en médecine trois ans après. Partisan secret des opinions nouvelles, il choisit pour texte de ses leçons publiques et privées de langue grecque lès Epltres de Saint-Paul, et Quand l'occasion se présentait de jeter dans le cœur de ses jeunes auditeurs les semences de la Réforme, il ne la laissait pas échapper. Il s'attira ainsi des désa-

f'éments qui le décidèrent à se retirer Montauban, d'où il retourna en Allemagne. D y mourut d*une pleurésie, U 17 déc. 4605, âgé de 75 ans, selon Scaliger; de 403, selon de Thou qui ajoute a qu'une vieillesse aussi extraor* dinaire n'avoit en rien diminué la vi-

fueur de son corps et de son esprit. • t cependant, s'il faut en croire U Biogr. univ., ce savant, dont Gesner dit qu'il excellait dans la connaissance de la langue grecque et de la latine, dans la botanique et dans la médecine, et dont Simler loue la singulière diligence et la profonde érudition, termina sa vie dans l'abandon et la misère. Triste lot d'un trop grand nombre d'hommes distingués par leur savoir 1

I. A. C. Celsi de re wedicâ libri VIII; Sereni poè'ma médicinale et Rhemnii poè'ma de ponderibus et mensuriSy cum annotât., Lugd., 4 549 et4566, in-8% 4664, in-46. — Les notes sur Celse ont été réimp. avec des additions par Almeloveen,Amst.,4687, in-12; 4713, in-8».

II. Nomenclator insignium seriptorum quorum libri extant vel mss* vel impressi in biblioth, 4ngliœ e\ Gallia; indexque totius biblioth.

atque pandectarum C. Gesneri, Paris., 1555,in-8". — Selon Baillet, c'est un ouvrage assez bon, quoiqu'une soit pas exempt de fautes. LaBiog. univ., au contraire, le quali&e de compilation sans intérêt, que sa rareté seule fait rechercher.

III. Annotationes et correctiones lemmatum in Dioscoridem , avec Amati Lucitani in Dioscoridis de mater iâ medicâlib. V enarrationes^ Lugd., 4558,in-8*.

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lY. Lexkon sive DictionariMm graeth-latinim , Gen., Crespin, 4 562, t ¥ol. in-fol.; Basil, 4565, in-fol.; 4577, in-fol.; 4584, in-fol. Cette dernière édit. de B&le, qui contient les additions de neuf savants, a été réimp. mot pour mot, sauf quelques remarques dePortus, à Genève, 4592, 2 vol. infol. Les édit. de Gen. 4 607 et de Lyon 1 637 ne sont pas autre chose que Tédit. de 4 592 dont on a modifié seulement le titre. — Plusieurs bibliographes ont faussement attribué ce dictionnaire à Crespin, k la rigueur, on ne devrait pas non plus en regarder Constantin comme l'auteur, puisqu'il fut entrepris

Sar Pierre Gilles, augmenté par G. Bué et Jacq. Toussaint, puis revu et amélioré par Constantin, qui y fit, il est vrai, des changements assez importants pour qu'on puisse presque le regarder comme un ouvrage nouveau. Quoique moins complet et moins savant que celui ^^Estiennâj ce dictionnaire est d'un usage plus commode, les mots y étant classés dans l'ordre alphabétique. On en a publié un abrégé sous ce titre : Lexicon grœcoAatinum ex R, Constantini et aliorum scriptis collectum [Gen.], 4566, in-4% et souvent depuis.

V. Supplementum latina Hngua seu dîctionarium abstrusortm voea- Imlorum, Gen., 4573, in-4". —Supplément au Dictionnaire d'Ambroise Calepin.

VI. Theophrasti de historiàplanriaruin ùuim annot, J. C. Scaligeri , Lugd., 4584,in-4\ — Scaliger, comme nous l'avons dit, lui avait légué le soin de faire imprimer cet ouvrage. Il y joignit des notes de sa façon qui ont été réimp. séparément avec celles de Scalieer à Lyon, 4 584, in-8% puis dans redit, de Théophraste donnée à Amst., 4644, in-fol.

Constantin nous apprend lui-même qu'il avait traduit eu latin les Proverbes yrtfWd'Apostolius. Selon Michel Neander, il avait promis de livrer h Timpres- 9ion : Antiquitatum gracarum et /atinarum lih, lll; — Thesaurmrervim

et verhonm Hngua grétcaper locos communes; — Compendiosa metho^ dus studii lingua grœcœ et de ejuêdem cum latinâ comparatione, écrit que Teissier signale aussi sous ce titre : Supplementum utriusque linguœ aiguë elegantiœ ; — De accentuum grœcorum ratione brevis commentatio, — et Artificiosa tabula in quâ gr, Hngua origines continentur. A ces ouvrages qui paraissent être rest^ inédits, nous joindrons, d'après Teissier, Aphorismi Hippocratis vers^^ grœcis et latinis; — Juliani imper atorts Misopogon et Epistola in Hn~ guam latinam conversa, qui ne virent non plus jamais le jour, à ce qu'il semble. Nous n'avons trouvé aucune trace de ces nombreux mss., qui sont peut-Ctrc enfouis dans quelque bibliothèque d'Allemagne. Nous ne savons non plus ce qu'est devenu un Pline annoté par Constantin qui faisait partie de la bibliothèque du président Lamoignon.

La famille Constantin de Normandie nous fournit encore un martyr mis à mort à Rouen en 4 542 avec trois tutres protestants. Le martyr du même nom qui fut brûlé, comme nous l'avons raconté, à La Rochelle (Koy. I, p. 4 44) fut probablement l'ancêtre de Pierre Constantin , député par la Saintonge au Synode national de Montauban en 4594; de iV. Constantin, régent au collège de Bergerac en 4614, et d'un autre pasteur du même nom qui desservait, en 1634, TéglisedeLaRochefou^ cauld. M. Réclam ne nous apprend pas si Jacques Constantin, pasteur à Prentzlau, en 4695, puis aumônier dans le régiment de Yarennes, descendait de la même famille.

CONTANT (Jacques), apothicaire, natif de Poitiers, se destina de bonne heure à la pharmacie. Après avoir fait de très-bonnes études, il s'attacha à l'apothicaire François Carré, avec qui il parcourut l'Italie, en 4 582 ; et au re tour de ce voyage, il visita toutes les provinces de France dans le but de recueillir des plantes pour enrichir son

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herbier. Le fruit de ces excursions scientifiques fut une collection curieuse non-seulement de plantes, mais de productions rares de la nature. Outre les langues savantes, Contant possédait Titalien, l'espagnol et le portugais. Il mourut vers 4620, laissant un iils, nommé Paul, qui se voua avec non moins de passion que son père à Tétude de la botanique.

Après avoir parcouru différentes parties de rSurope dans Tunique but de 8*inslruire, Paul Contant, de retour à Poitiers, y établit un jardin botanique fort riche en comparaison de ceux qui existaient alors cnFrance. En 1608, il fit imprimer un poëme en 2500 vers sous ce titre : Le Jardin et cabinet jpoéiique de Paul Contant, apothicaire de Poitiers, in-8* de 99 pp., sans répitre dédicatoire adressée à Smlly et plusieurs pièces de vers, dont QDe ode à la louange de la pharmacie, dédiée à Du Stn, apothicaire de La Rochelle. Dans ce poème ^ où il a pris pour modèle de versification Du Bartôt, Paul Contant décrit les plantes qa*il avait rassemblées et leurs vertus médicinales, ainsi que les quadrupèdes, les oiseaux et les poissons qui formaient son cabinet. En voici le début :

le ehinte les beautés de la terre nouvelle, Lcséniuxprintanniers de sa robe plus belle, Je ehtBte les vertus des plus migoardes ileurs,

[pleurs;] Q«e Ttube au teint vermeil enfanie de ses

[dure] Je ehante nu beau jardin qui ne craint la Troi- Des gelés Aquilons, le temps ni son injure,

[bean,] Hiisqui tout verd, tout gai, tout riant et tout S*èleniise en mes vers en dépit du tombeau.

Dans répître dédicatoire, l'auteur annonçait la suite de son Jardin, Elle parut effectivement sous le titre de Second Éden à la suite d'un ouvrage de son père, dont il fut l'éditeur et qui fut publié à Poitiers, \ 628 in-fol., sous le litre : Les divers* exercices de Jacques et Paul Contant, pire et fils, maîtres apothicaires de la ville de Poitiers, lisant € clair cis et résolus plusieurs doutes qui se rencontrent en quel-

ques chapitres de Dioscoride. Les progrès de la science n'ont laissé à ce livre qu'un intérêt de curiosité ; cependant on ne saurait sans injustice refu- ^ ser à Jacques Contant une critique assez saine et quelques découvertes estimables; malheureusement son style, qui abonde en provincialismes, n'est rien moins que châtié et poli. La part qui revient dans ce volume à Paul Contant consiste en une table des production3 de la nature que renfermait son cabinet, sous le titre de Exagoge mirahilium nalurœ; en une table des plantes de son jardin botanique sous celui de Synopsis plantarum, et en son Second Éden, longue nomenclature rimée de toutes les plantes dont il estquestion dans l'ouvrage de son père, et dont il suppose Adam et Eve, après leur expulsion du Paradis, occupés I former un jardin.

Paul Contant mourut en 4632. Il avait été marié detix fois, mais il ne laissa qu'une fille du premier lit, laquelle épousa François Carré, médecin estimé de Poitiers, mort doyen de la faculté en \ 630, et auteur de quelques pièces de vers en latin et en français qui n'ont jamais été réunies en volume.

CONVEIVAXT (Gabriel de), conseiller au parlement d'Orange, réfugié dans le Brandebourg. Frédéric !•' le nomma conseiller de cour et de révision au tribunal qu'il forma des débris du parlement d'Orange pour juger en appel les affaires concernant les territoires de Lingen et de Meurs qu'il avait acquis par héritage de la maison d'Orange.

Convenant mourut à Berlin, en 1728, âgé d'environ 80 ans. Sa veuve, Isabeau Bernard dcBenicroix,i^To\oïi%e^ ses jours jusqu en 4753 et atteignit l'âge de 93 ans. De ses sept enfants, trois seulement sont connus : une fille, nommée Louise, qui se maria avec Charles-Octave de Marconnay, et deux fils, dont l'un mourut pasteur à Butzow, et l'autre, du nom de Paul, passa en Angleterre où il desser^ it plusieurs des églises fondées par les Ré*

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fugiés. Il fut aussi membre du comité qui se forma à Londres, sous la direction de TarcheTÔque de Cantorbéry, du lord chancelier et de l'évoque de Londres, dans le but de répartir entre les ministres pauvres, une portion des secours accordés aux Réfugiés (1). En 4 740, il épousa Judith- Anne de La Mer ; nous ignorons s'il laissa des enfants.

Gabriel de Convenant avait un frère, nommé Jean^ qui fut successivement pasteur à Orange, à Berlin et à Maës^ tricht où il mourut en 4716, et qui est auteur d'une Histoire des dernières révolutions de la principauté d'Orange, Lond., 1704, in-8\

CORAS (Jean) , un des plus savahts jurisconsultes du xvi' siècle, ▼ictime de la Saint-Bartbélemy.

Selon La Faille, que Moréri et Marturé, dans son Histoire du Castrais , ont suivi, Coras naquit à Réalïnont. Le legs considérable qu'il fit par son testament à l'église réformée de cette ville, semble confirmer son assertion ; cependant Nicéron afQrme, et la Biographie universelle d'après lui, que l'annaliste s'est trompé , et que Coras vit le jour il Toulouse. L'historien du Quercy, émet une troisième opinion, prétendant que le célèbre jurisconsulte vint au monde à Lauserte. Tous s'accordent d'ailleurs à assigner l'année 1513 pour date de sa naissance.

Coras étudia le droit à Toulouse , et il y fit de si rapides progrès qu'avant l'âge de dix-huit ans, il fut en étal d'en donner des leçons. Il l'enseigna successivement à Angers, où il passa un an, à Orléans, puis à Paris, où il pro-

(1) Il avait pour collègues Etienne Abel, Pierre Slàkeliny Pierre Tirel, qui remplissait les foDctions de trésorier, et le pasteur /ar^n^«- Ftmtfâis Bamonin, Ce Barnouin.qui desservit lit éf Uses de rAriillerie, de Leiresler-Fie Ids et de Soho, et qui épousa, en 1731, FrédMque-Anne de Guérin, avait un frère, nommé UaaC'iewmf qui fut élu ministre de Soulbamptoi, le 9 Juin 47H6, et qui mourut, le 30 mars 1797, laissant sa chaire a Edouard Duprà, t>lus lard doyen <îo Jpv<vy. Isaac-Jc.'in Ilarnouin enl nii fllï=, Jnifrr^-'ïtrnri, esq. de Pall- NaU , (Kii fut nomiiii', m 1809, directear de l'hôpital des Rérugi es.

fessa les Institutes de Justinien et le droit canonique , et partout il fit admirer la solidité de son jugement et l'étendue de ses connaissances. Son désir de gloire croissant avec sa réputation, il partit, à l'Age de 21 ans, pour Padoue , et occupa pendant trois ans une chaire dans la célèbre université de cette ville. Il était, depuis quelque temps, de retour à Toulouse, attendant qu'une place vînt à vaquer pour la disputer , lorsqu'il fut appelé à Valence comme professeur de droit ; mais il n'y fit pas un long séjour, tenté qu'il fut par l'offre de la m^me chaire à Ferrare. Cédant enfin au vœu des magistrats de Toulouse , il revint dans son pays natal , pour y remplir les mêmes fonctions. Malgré sa réputation , il ne fut pas dispensé de l'examen , dont il se tira, dit-on, fort mal. Cet échec, qui ne prouvait rien contre son mérite réel, fut bientôt oublié, et l'éclat de ses cours lui attira un auditoire qui s'éleva souvent jusqu'à 4,000 personnes. La reine de Navarre, protectrice éclairée des lettres , le nomma son chancelier.

Peu de temps après , le roi de France Henri II le désigna pour une place de conseiller au parlement de Toulouse.

Prêchées depuis plusieurs années à Toulouse, les doctrines nouvelles y avaient trouvé un très-grand nombre de partisans. Coras , qui avait pu apprendre à les apprécier, soit à Valence, soit à Ferrare , se déclara un de leurs plus zélés sectateurs. On dit que ce fut lui qui, avec son collègue Cavagnes, conçut le projet hardi de s'emparer de la ville en 1562. Cette malheureuse entreprise faillit lui coûter la vie. Ce ne fut qu'avec beaucoup de peine que Fourquevaux parvint à le tirer des mains de la populace qui voulait mettre eu pièces « le ministre de la Cour » , comme, elle l'appelait. Il ne perdit que su place, dans laquelle il fut réinstallé toutefois à la conclusion de la paix.

La guerre civile s'étant ralliunée eu 1567, Coras se sauva à Rcalmont, sans aucun doute à la suite d'une assemblée

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qui se tînt chet à'Anesat dans le but d*atiser aux moyens de livrer la ville de Toulouse à Condé, et après la découverte de la conjuration. Selon la Bfogr. univ., il retourna à Toulouse aprèiB la paix de Longjumeau et y vécut tranquille jusqu^en 1 5r7î ; c'est une erreur. Pendant la troisième guerre ci- ^le, il n'eut garde de rester au milieu d'une population fanatique. Il se réfupa à La Rochelle et fut commis avec Pierre Dn Bouehety sieur Des Mortiers, à la vente des biens ecclésiastiques eonfisqués par les chefs huguenots.

Pest seulement en 4 570 que Tédil de ndflcation de Saint-Germain le rétablit dans ses fonctions de conseiller, qu'il exerça, en effet, sans opposition jusqu'à It'Saint-Barthélemy.

LÀ nouvelle du massacre de Paris tmva I Toulouse le dimanche 31 août fur les huit heures du matin. Aussitôt les principaux habitants catholiques s'assemblèrent pour délibérer sur ce qu'il y avait à faire. Les portes de la ^e furent fermées, on y mit des gaNdes avec ordre d'exercer une active turveillance , dont on se relâcha toutefois le lendemain , lorsqu'on s'aperçut que les Protestants, qui heureusement étaient sortis en grand nombre de Toulouse, pour assister au prêche à Castanet, hésitaient ^ y rentrer, effrayés qu'ils étaient de ces précautions, dont ils ne pouvaient pénétrer le motif. Afin de les rassurer et de les attirer dans le piège , le parlement fit eiblier , le t sept., que rien ne serait nové quant à 1 édit de pacification et que l'intention du roi était qu'on ne molest&t aucunement les religionnaires. En même temps , le premier président Dafis invita les conseillers absents à revenir promptement à leur poste , leur absence ne servant qu'à «nouvoirle peuple. Quelques-uns se laissèrent persuader, d'autres plus prudents sentirent leurs soupçons s'accroître et se h&tèrent de se mettre en sfireté. « Voyant que leur pipée ne

Sourroit attraper les oiseaux eschappez, t-on dans lUist des martyrs, ils se

deschargèrent sur ceux qui esloyent en leur puissance. » Le mercredi 3 sept., le parlement fit donc arrêter tous les Huguenots qui se trouvèrent en ville au nombre de deux ou trois cents, et les fit «nfcrmer dans différents couvents. Il députa en même temps au roi pour connaître ses intentions, et en attendant la réponse de la Cour, il se mit à instruire leur procès. Cette réponse arriva au bout de trois semaines , portant que si le massacre n'était pas exd* culé, il ne devait pas être dilféré plus longtemps. Le parlement s'assembla avec les capitouls pour en délibérer.

S'il faut en croire Gâches , la plupart reculèrent d'horreur devant celte sanglante boucherie; mais l'avocat-géné* rai Duranli, les voyant hésiter, se chargea du rôle odieux d'exécuteur.

Le samedi i oct., avant le lever du soleil, sept ou huit assassins, armés de haches et de coutelas, se rendirent à la conciergerie oii tous les prisonniers avaient été réunis, s'en firent ouvrir les portes, appelèrent ces infortunés les uns après les autres, les massacrèrent aux pieds des degrés et laissèrent les cadavres nus sur la place. Du nom'bre de ces victimes d'un sauvage fanatisme furent l'ancien capitoul Ganelon^ Morgues et Lamire^ conseillers au sénéchal , François Ferrières , père de l'annotateur de Guy Papin, et Antoine Latger ou Locgier^ conseillers au parlement et jurisconsultes d'un grand mérite, quoique moins célèbres que Coras, leur compagnon d'infortune.

Joignant la dérision à la barbarie, les meurtriers revêtirent ces trois derniers de leurs robes rouges de cérémonie et les pendirent à l'orme du palais.

L'exemple de Toulouse f\il suivi à Gaillac, à Rabasteins et dans quelques aU"très villes des environs , et partout on unit la plus infâme trahison à la barbarie, comme si les Catholiques français avaient tenu à honneur de sé montrer dignes de leur roi.

Au jugement de dom Yaîssète , Coras a toujours passé pour un des plus savants jurisconsultes de son temps

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et pour un des premiers qui aient tiré la science du droit civil de la grossièreté où elle était auparavant, comme le font voir ses doctes commentaires.

Nous en donnons la liste d'après Nicéron, avec quelques additions et corrections qui la rendront plus exacte.

I. [n universam sacerdotiorum materiamparaphrasùf Paris., 4552, in-8* ; Tolos. , 1687, in-4*. — Selon M. Dupin, la 1 " édit de ce traité des bénéfices, qui est fort esiimé, a paru en 1551 in-12.

II. In tituî. Cod. de Servitutibus commentariuSy Lugd.,1552, in-8».

lU. Quastionumliberunus^ Lugd., 4555, in-8*.

IV. Opéra juridicayLvi^à., 1556 et 1558, 2 vol. in-foL; Wittemb., 1603, îvol.in-fol.

V. Altercation en forme de dialogue de V empereur Adrien et du philosophe Epictète , avec les annotations de Coras, Toulouse, 1 558 , in- S*; Paris, 1558, in-8» , selon La Croix du Maine.

VI. Arrêt mémorable du parlement de Tolose, contenant une histoire prodigieuse d'un supposé mari advenue de notre tems, enrichie de cent et onze belles et doctes annotations, Lyon, 1561, in- 4*; 1565, in- 8*; Paris, 1572, in-4*; Lyon, 1605, in-8*; trad. en latin, Francf., 1588, in-8*. — Coras avait été le rapporteur de la cause du fameux Martin Guerre, à qui son ami Arnaud Du Thil avait enlevé sa femme, pendant qu'il guerroyait en Flandres , en se faisant passer pour lui.

VU. De juris arte, Colon., 1563 et1582,in-8*.

Vin. Les douze règles de conduite, trad. de Pic de La Mirandole , Lyon , 1565 et 1605, in-8*.

lî. Remontrance sur V installation faite par /. de Coras de Honorât de Martins et de Grille en Vétat de sénéchal de Beaucaire le 4 nov.

^b^^àNismes, Lyon, 1567, in-4v

X. Paraphrase sur Pédict des mariages clandestinement contractez

par les en fans de famille contre le gré et consenternent de leurs pères et mères, Paris, 1572, in-8' ; Lyon, 1603, in-8»; Paris, 1579, in-8-.

XI. Comment, in I Pandectanm librum, ac II titulumprimum, Lugd., 1584, in-foL

XII. Tractatus de officiis, eUctionibus et beneficiis ecclesiasticis.

Colon., 1596, in'8". — Peut-être le N* I sous un autre titre.

XIII. Miscellaneorum juris civilis lib, m. Côlon., 1 598, in-8-; Francof., 1614, in-8°. — Trois livres avaient déjà paru dans les Opéra juridica. C'est de tous les traités de Coras celui qu'on estime le plus.

XrV. Memorabilium senatusconsultorum summa apud Tolosates curia ac sententiarum tum scholasticarum tum forensium , centuria, Lugd., 1600, in-8». — Le titre promet beaucoup plus que le livre ne donne.

XV. Discours des parties et offices â^un bon et entier juge, Lyon, 1 605, in-8».

Nul n'était plus apte que Coras à disserter sur les devoirs des juges. « Il était grand justicier » , dit un bistorien; mais, ajoute-t-il, il était fier et faroucbe. La Faille loue également nonseulement son savoir, mais son esprit ferme et entreprenant. Nicéron , prétend qu'il ne laissaqu'une fille appelée Jeaxne ; mais nous croyons qu'il s'est trompé.

Plusieurs biographes, en effet, disent positivement que Jacques Coras, dont nous allons parler, était son petit-fils ou plutôt son arrière -petit-fils. Né à Toulouse vers 1 630 , peut-être de Coras , consul et prévôt de Réalmont, qui fut député, en 1620, au Synode national d'Alais par l'église de cette ville pour demander que /. Voisin lui fût donné comme ministre, Jacques Coras suivit d'abord le parti des armes; mais cédant aux instances de son père, il donna sa démission de cadet aux gardes et étudia la théologie. Il exerça les fonctions pastorales dans diverses vil

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les du Languedoc et de la Goienne, et foi pendant quelque temps aumôniei' du maréchal de Turenne, M. Weiss répète, d'après Moréri, qu'ayant lu les Controverses de Richelieu, il conçut des doutes que ses collègues ne purent résoudre et quHl abjura. Selon Brûsac , le prétexte de sa conversion fut la réunion des Calvinistes et des Luthériens sanctionnée par le Synode de Charenton en 4 631 et par celui de Loudun en 1 660 ; mais, depuis longtemps, il trompait ses coreligionnaires par une honteuse hypocrisie. Le même écrivain Taccuse , dans son Taberna^ £le de Dieu sous la nuée , d'avoir signalé son changement de religion par une friponnerie, et de s'être approprié une forte somme d'argent qu'il s'était lait donner sous prétexte d'aller en Cour solliciter une affaire qui intéressait l'Eglise protestante. Quoi qu'il en soit de ces accusations, il est certain que Coras, qui avait publié quelque temps auparavant (Gen., 1661, in-8*) un traité de controverse intitulé L'impossibilité de l'union en la foy et en la doctrine entre les deux Eglises^ la réformée et la romaine^ signa, le 26 sept. 4 664, à Agen, où il avait été relégué par ordre de la Cour, la promesse d'abjurer la religion dans laquelle il était né ; seulement il différa son apostasie jusqu'à l'année suivante « pour la gloire de Dieu, pour le bien de son Eglise, pour son salut et pour celuy des pauvres dévoyés » {Archiv, ûén, M. 669). Il rendit compte , selon la coutume , des motifs plus ou moins vrais de sa conversion dans un écrit qui parut sous le titre : La conversion de /. de Coras, dédiée a Nosseigneurs du clergé de France, Paris, 1665,

L'année qui précéda son abjuration, Coras avait fait imprimer son poôme de Jonas ou Ninive pénitente, 1663, in- 42, qui n'est connu que par les satires de Boileau. Il ne se laissa pas décourager par le peu do succès de son début dans la carrière poétique. Il fit paraître successivement trois autres poè-

mes, Josuè, Samson et David, qui ont été réunis au premier et publiés à Paris, 1665, in-12, en un vol. dont la rareté fait le seul mérite. La moins mauvaise des productions de ce trèsmédiocre écrivain est Vita Joannis Corasii senatoris, Montalb.,1 673, 4*.

Jacques Coras mourut en 1677. Le clergé romain lui faisait une pension de 800 livres. L'intendant Foucauld proposa au roi d'en accorder une de 600 livres à ses deux filles orphelines, sollicitude qui prouve qu'elles avaient suivi l'exemple de leur père. Leur mère, au contraire, dont le nom de famille était Baisin, resta inébranlablement attachée à la foi protestante , et son opiniâtreté fut cause qu'on la transporta en Amérique avec plusieurs centaines d'autres malheureux dont la plupart périrent dans la traversée.

CORBIÊRK, mLaPicardié, prédicant dans le Castrais, en 1 688. — A l'époque où les petits prophètes parurent dans le Dauphiné, quelques faits , que M. Peyrat attribue lii l'extase, bien gratuitement selon nous , se produisirent à l'extrémité opposée du Languedoc. Au printemps de 4 688 , dans le voisinage de Castres, une petite fille de dix ans prétendit avoir vu l'apparition d'un ange, semblable à un enfant de son âge, et en avoir reçu, de la part de Jésus, la défense de retourner à la messe. La nouvelle de cette vision miraculeuse se répandit avec la rapidité de l'éclair; le peuple y crut et déserta les églises. A l'instigation du clergé catholique, le snbdélégué Barbeyrac fit enfermer dans un couvent de Sommières la petite visionnaire, que six mois de détention guérirent parfaitement de toute velléité de publier de nouvelles apparitions. Mais Corbière , fameux prédicant de ces contrées, avait appris combien il est facile d'en imposer à une multitude ignorante, et il résolut de profiter de la merveilleuse crédulité du peuple. Le 7 fév. 1 689, au milieu d'une assemblée nombreuse tenue dans la métairie de Talpeyrac, deux anges apparurent tout-à-coup, expulsèrent 1UM

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tingtaine de renégats et exhortèrent le reste des assistants à ne rien redouter des prêtres, des juges ni des soldats.

Barbeyrac mit des troupes aux trousses du prédicant et do ses anges. Le jour des Rameaux, comme Corbière prêchait dans les bois de Cazarils, l'assemblée fut inopinément attaquée et sabrée par des dragons. Serré de très-près par les assaillants, le prophète se retourne, décrit un cercle ayec son bâton et leur crie d'une Yoix terrible : Arrière, Satan I Les chenaux effrpyés se cabrent, les dragons , dont Timagination était déjà ▼ivement frappée de récits merveilleux, tournent bride, et Corbière eût échappé, 6i l'officier, moins superstitieux, ne lui eût cassé la tête d'un coup de pistolet.

Corbière ne fut éyidemment (lu'un jongleur hypocrite, et comme nous n'admettrons jamais que la fin justifie les moyens, nous condamnerons hautement la supercherie qu'il mit en usage.

Il y a cette différence entre lui et les prophètes dauphinois, c'est que ceuxd, au moins pour la plupart, furent de bonne foi. ,

CORBIERE (Jean) , négociant de Bordeaux, un des plus zélés religion-»

naires de cette ville. A la suite d'une iisite domiciliaire effectuée chez lui au mois d'avril 1758, on découvrit dans ses magasins dix-sept ballots ou caisses remplies d'un très-grand nombre d'exemplaires de V Abrégé de V histoire Mainte et du Catéchisme d'Osterwald, du Voyage à Béthel et de quelques autres ouvrages de piété, propres, pour nous servir des expressions du procureur-général près de la cour du parle' ment, a à entretenir les Protestants dans leurs erreurs et à les faire persévérer dans l'esprit de désobéissance et de ré^ Tolte contre les édits et les déclarations de Sa Majesté. » Pareille licence ne pourait rester impunie , d'autant plus qu'une caisse à moitié vide prouvait la circonstance aggravante de distribution. Le 4 2 avril, intervint donc un arrêt qui ordonna de transporter tous les volumes saisis au dépôt de la cour pour y Itre, par i'exécutour de la haute jus-

tice, lacérés et brûlés « comme pemi»

oieux et séditieux, contraires aux lois et maximes de la religion de l'Etat. » La sentence fut exécutée le 47 avril

CORBTER (EnEmn de), natif de Mauvesin en Guienne. Pendant dix-huit ans, Cordier avait servi avec distinction sur terre et sur mer, lorsque la révocation de l'édit de Nantes le chassa de France. Il chercha un asile dans le margraviat de Baireuth, et comme il avait réussi, plus heureux que beaucoup de ses compagnons d'exil, & sauver de la confiscation une partie considérable de sa fortune, il l'employa noblement à faciliter l'établissement des Réfugiés à Ghristian-Erlang, petite ville qui doit en quelque sorte sa naissance aux Protestants français, et à relever de ses ruines le vûlage de Mûncheberg où B^établitune colonie au sein de laquelle Cordier alla demeurer, en 4697, afin de surveiller par lui-même le dessèchement des marais et le défrichement des terres. En 4694, il avait été nommé par l'électeur de Brandebourg conseiller de cour et d'ambassade et directeur des forges.

De son mariage avec Marthe de NaialiSy il laissa deux fils : Tun servait comme enseigne dans le régiment de Varennes en 4702; l'autre, excellent officier qui jouissait de l'estime générale, s'éleva au grade de commandant du régiment de Salmuth. Il en eut aussi deux filles qui entrèrent dans le chapitre noble de léna à Halle, et furent toutes deux gouvernantes des comtes de Lippe. L'une d'elles, nommée Wil^ kelmine-Elisabeth-Jeanne était, en 4766 , chanoinesse de léna. L'autre avait épousé Osée de La Cour, seigneur de Sussay en Saintonge, colonel de cavalerie, natif de La Rochelle, que sa première femme, Marthe Monneam^ avait abandonné, en 4740, pour rentrer en France.

CORDIER (LoxiisV natif de Meaux ou des environs, une des innombrables victimes de l'atroce législation de Louis XIV. Surpris dans une assemblée, qnel-

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qa^ mois après la réToeation, Gordier fut condamné à mort; mais le roi dai* gna graeieosement conrertir la peine en celle des galères perpétuelles. Sa femme, aussi coupable que lui, fut marquée par la main du bourreau et expotée au pilori sur la place du Marche, à Meaux.

COABIER (MATHuam), en latin Carderius, naquit, en 4 479, en Normandie, si Ton en croit de Launoy, qui, étant normand lui-même, parait plus digne de croyance que dom Liron, qui le fait naître dans le Perche, ou AUard, qui le dit originaire du Gapençois; Luimême nous apprend, dans la préface de %%$ Dialogues ^ qu'il dut à Robert Estienné le bonheur de connaître la NUgion réformée. 11 se distingua par son bon goût dans les belles-lettres, par sa pure latinité, sa vaste érudition, et surtout par le talent particulier qu'il eut pour Tinstruction de la jeunesse.

« Il avait, dit Sénebier, une de ces âmes antiques, qui désirait sincèrement le bien public, et qui le préférait toujours à ses intérêts et à sa propre gloire; aussi se consacra-t-il tout entier à réducation des enfants. » Il fut régent pendant plusieurs années dans les collèges de la Marche et de Navarre, à Paris ; et ce fut dans le premier qu'il eut pour disciple Jean Calvin. Un tel ilève, quoique encore jeune, était digne d'appréi^ier un tel maître, et il a voulu lui ériger un monument public de sa vive reconnaissance, en dédiant à Mathurin Gordier son Commentaire sur UVEpitre de Saint-Paul amœ Thés- Mêhniciens, Il aime à lui rappeler ce tèle, à la fois si modeste et si dévoué, qui le porta dès lors, comme plus tard è Genève, à quitter la première classe, où il enseipait avec distinction, pour devenir volontairement humble régent de la quatrième, parce quMl avait remarqué qu'on instruisait mal les enfants dans les éléments de la grammaire, ce qui était très-préjudiciable à la suite de leurs études. Galvin lui attribue ensuite les progrès qu'il a faits, plus tard, dans des sciences plus relevées, au point

d'avoir eu l'honneur de servir dans l'Eglise de Dieu, et il désire, dit-il, que si la postérité retire quelques fruits de ses ouvrages, elle sache que c'est I Gordier qu'elle les doit en partie.

Hoc posteris testatum esse volui, ut si qua ex mets script is ad eosperveniet utilitas, aliqua ex parte abs te mo»

nasse agnoscant.

Vers 4 528, Gordier, après avoir régenté dans le collège de Navarre, y étudia pendant quelque^ temps en théologie.

S'il faut en croire La Monnoye, il reçut l'ordre de la prêtrise et fut cliargé'de desservir l'église de Notre-Dame de Bonne-Nouvelle à Rouen. Gependant il ne tarda pas à abandonner cette cure pour reprendre son premier emploi de grammairien, qu'il exerça successivement à Nevers, de 4 534 à 4536, et ensuite à Bordeaux. Mais soit que Cai^ tin l'ait attiré en Suisse, où il s'était lui-même réfugié, soit que la persécution l'ait forcé à quitter la Franco, il se retira à Genève et fut mis à la tête du collège. Il s'y trouvait en 4638, lorsque Farel et Calvin en furent momen tanément bannis, et comme il approuvait, sans doute, les vues de ces deux réformateurs, il eut le privilège de participer à leur bannissement. Gela lui donna l'occasion d'aller déployer ses talents, d'abord dans le collège de Neu-> eh&tel, d'où le Gonseil de Lausanne aurait bien voulu l'engager à partir, eu 4540, si les habitants de Neuchâtel contents de ses services, ne l'avaient pas retenu. Gependant il finit par retourner à Genève en 4 545. Le 4 3 avril de cette année, le Gonseil « l'établit pour gouverner l'école. » Plus tard, ceux de Lausanne réussirent à le placer à la tête de leur collège. Il s'y trouvait en mars 4 550, lorsque Calvin lui dédia le commentaire mentionné ci-deSsus, car il l'appelle : Lamsannensis schola moderator, etRuchatnous apprend qu'il y resta jusqu'en septembre 4 557, époque à laquelle il retourna à Genève, pour y reprendre le poste qu'il avait déjà occupé.

Là, Gordier eut la douce satisfaction

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de passer ses dernières années auprès de rilluslre réformateur, son ancien disciple. Avec une persévérance toute chrétienne, il acheva ainsi d'user sa longue vie dans un enseignement modeste, mais éminemment utile, parceque, comme il l'assure lui-môme, il eut toujours pour but de former ses élèves à la piété et aux bonnes mœurs, en môme temps qu'à un style élégant et un goût épuré : Ad pietatem et bonos mores, cum litteramm elegantiâ. Il eut la douleur de voir Calvin, quoique bien moins âgé que lui, le devancer de quelques mois dans la tombe; et lui-mCme mourut paisiblement le 8 septembre 4 564, dans sa 85* année, quatre jours seulement après avoir douane sa dernière leçon dans le collège de Genève. « Le vendredi 8 de septembre, lit-on dans les Archives de la Compagnie des pasteurs de Genève {Regist.

B), mourut le bonhomme Gorderius en grand aage, heureusement et ayant servi jusques à la fin en sa première vocation d'enseigner les enfans et conduire la jeunesse en toute sincérité, simplicité et diligence, selon la mesure qu'il avait receue du Seigneur. »

Les biographes n'ont pu recueillir que peu de traits de la vie de Cordier, parce que, comme Sénebier le remarque , « les hommes qui font le bien, et qui le font constamment, sont comme les beaux jours ; on en jouit sans en parler. »

Spon, dans la table des matières de son Histoire de Genève, appelle Cordier ministre ; nous croyons cette épithète erronée.

Le chanoine Joly, dans ses Remarques critiques sur le Dictionnaire de Bayle, dit que Cordier mourut calviniste ; puis il ajoute : « plus vieux de « 30 ans que la religion qu'il avait « embrassée. » Comme si le protestantisme était une religion nouvelle, inventée par les réformateurs? Comme si, en l'embrassant avec foi, Cordier n'était pas rclourné à la vraie doctrine de Jésus-Christ et des apôtres, beaucoup plus ancienne que les erreurs et les su-

perstitions que Rome y avait ajoutées !

Voici, d'après Gesner, Bayle et Sénebier, les titres des ouvrages que Cordier a publiés, et dont plusieurs sont encore en grande estime, même en Angleterre, où cet auteur est connu sous le nom de Cordery.

I. De corrupti sermonis apud Gailos emendatione et latine loquendi ratione, Rob. Ëstienne, 4531, in-4* ; Lugd., 4 535, in-12; Paris., 4 536; Lugd., 4544, in-4 2, et souvent depuis, sous des titres un peu différents.

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