VIII. Lettres familières k¥é\ïb\eïï, Paris, 1681,in
IX. Mémoires sur V histoire du temps,-^C esi le seul ouvrage important de Conrart. Il a été publié par M. Monmerqué dans la V série de la Collection Petitot, en 18:25. Nulle part on ne trouve sur les guerres de la Fronde des détails plus curieux que dans ces mémoires qui sont écrits d'un style pur, simple, sans affectation et sans passion. On y reconnaît l'homme dont Balzac disait qu'il trempait sa plume dans le bon sens.
En fait d'ouvrages de Conrart restés manuscrits, on ne connaît qu'une Epître en vers^ Godeau et La fable d'Orphée et d^ Eurydice. On lui a attribué à tort un livre du ministre de Paris Michel La Faucheur, intitulé Traité de V action de V orateur ou de la prononciation et du geste, Paris, 4657, iil-4S;4686, in-48.
GOB(STA1^8 (Jbàn), fondateur de Péglise de Saint-Léophaire, en 4564, était originaire de Cahors, selon le P.
Lelong. En 1 563, il fut appelé à desservir l'église de Monlauban. A l'approche de Burie et de Montluc, entraîné par la panique générale, il suivit l'exemple de presque toute la population et s'enfuit avec ses collègues Du Périer, Dominique Cestat et Pierre Galeuste (aliàs Gailleuse), Rappelé après la retraite de l'armée catholique, il rentra dans ses fonctions, et, aguerri par le danger, il montra beaucoup plus de fermeté pendant le second siège. Lorsque l'édit d'Amboise força les Prolestants à rendre les églises dont ils s'étaient saisis, les Montalbanais, qui professaient en majorité la religion réformée, députèrent en Cour Constans et Bonencontre pour demander au roi qu'on leur en laissât au moins une , où il leur fût permis de célébrer leur culte; mais loin d'écouter une requête qui semble si juste , la reine-mère fit jeter en prison les deux députés, et les y retint jusqu'à parfaite exécution de l'art. V de l'édit de pacification. La violence provoque la violence. L'irritation que Constans éprouva des mauvais traitements qu'il avait subis, se traduisit, à ce qu'il pa ratt, dans ses sermons eu paroles amères contrôles ennemis de sa religion. Sur un ordre de la Cour, les consuls le mirent en jugement avec son collègue Tachard, et les chassèrent tous deux de Montauban. Selon la Biblioth. sacrée du P. Lelong, Jean Constans a laissé LXXDanielis hebdomadarum Expo sitio , in quâ regum persicorum nomina, regnorumque tempora concirliantur, additâ Chronologiâ, Montalb., 1590, in-8».
Du Verdier, de son côté, attribue à Jean Constans une trad. de Flonis pubhée sous ce litre : U histoire romaine sommairement comprime en quatre livres, par L. /. Florus, depuis la fondation de Romejusques à r empereur Auguste, et en dix livres par Eutropius Jusques au temps de l'empereur Valens (Gen., Jacq. Berjon , 4580, in-S»). La Croix du Maine fait mention d'une édit. de la môme trad.
imp. à Paris, mais il en nomme l'auteur
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L. Constant, La Honnoye inclinait à croire que ce dernier bibliographe avait commis une erreur dans le surnom, et qu'il s'agissait du minisire de Hontauban. Pour nous, nous ne voyons aucun motif de donner raison à Tun de ces deux écrivains plutôt qu'à l'autre, car vers l'époque où cette trad. panit, c'està-dire en \ 576 , il y avait à Bâle un pasteur réfugié, nommé Léonard Cojistant , que rien n'empêche de regarder comme l'auteur de l'ouvrage en question. Au mois de décembre de celte même année, ce Léonard Constant quitta Baie, on ne nous apprend pas pour quel motif, se rendit à Genève et fut nommé ministre à Pessy {Archiv, de la Compagnie des pasteurs, Reg. A). 11 ne desservit cette église que six ans environ; nous soupçonnons , en effet, qoe c'est lui qui remplaça Simon Goulard à Trémilly, en 1583 (MSS, de Genève, N» 197", Carton 2). Plus tard, il retourna à Bâle , ainsi que le prouve une lettre {Collect. Dupny, N» 103), où il rend compte d'une dispute assez Tive survenue entre lui et d'autres réftigiés, les sieurs de Champgohert , amis de Bèze, et le sieur de Doches, au sojet des observations d'un réfugié du pays de Bar, nommé Lescaille, honorable marchand qui avait beaucoup fait pour la cause de l'Evangile, sur un de ses sermons touchant la justification par la foi. Cette polémique lui fournit roccasion de publier le seul ouvrage que nous connaissions de lui, sa Remonstrance chrestienne à Antoine Lescaille pour Vinduire à donner floire à Dieu et se réconcilier à r Eglise, sans nom de lieu, 1 593, in-8^ Léonard Constant était certainement d'origine française, mais apnartenait-il à la même famille que Jean Constans?
il serait difficile de le dire. La famille Constans, au reste, était fort nombreuse dans le Quercy et l'Albigeois. A Castres, un capitaine Constans commanda ane compagnie étrangère dans la seconde et la troisième guerre civile. A Montauban , nous trouvons un peu plot tard un Consti^ns^ docteur en droit
et avocat au siège présidial , parmi les députés à l'Assemblée politique qui se tint dans cette ville en 1 581 . Quelques années plus tard, au nombre des signataires des Lois et reglemens deVacordemie de MoiUauban dressées en Van 4600 au mois d'octobre et publiées au grand temple, ^\\\A, dans les Notes de la nouvelle édit. do l'Histoire do Montauban par Lebret(Montaub., 1 841 , 2 vol. in-8*), on ne compte pas moins de trois Constans, l'un consul, l'autre pasteur, et le troisième notaire (1). A ces derniers se rattachaient sans aucun doute par d'étroits liens do parenté l'avocat Constans, que ses principes modérés firent vertement censurer par l'Assemblée de Nismes {Voy, BALARAN), un conseiller au présidial du même nom * et deux frères Constans, l'un et l'autre capitaines de la milice montalbauaise à l'époque du siège célèbre que Montauban soutint contre Louis Xlll. L'un de ces deux frères fut la cause involontaire de l'émeute qui coûta la vie aux jeunes CarriéeiBruette.
Accusé d'avoir reçu en dépôt une somme appartenant à un prêtre, et sommé de la livrer par de Viau, lieutenant des gardes de Saint-Michel, Constans jura que c'était une imposture. Comme de Viau insistait avec menaces , Richaud, enseigne de son frère, prit son parti, et il s'en suivit une rixe dans laquelle un des gardes du gouverneur fut blessé. Saint-Michel fit arrêter Richaud ; mais quelques bourgeois, criant à la tyrannie, prirent les armes pour le délivrer. Carrié et Bruetle , l'épée et le pistolet au poing , coururent au logis de Saint-Michel dans l'intention de réclamer le prisonnier. Les esprits s'échauffant de plus en plus, la ville se partagea en deux camps qui en vinrent aux mains. Le capitaine Constans , qui était accouru pour arrêter le désordre , fut blessé. Du côté des habitants, Le-
(1) Voici les signatnres: de Viçose, lieute- Daot, de Pechels, cousul, Constan», Barran, de I« Porte, Bernard , consuls ; E. Constans, P. Bardon, P. Lcclerc, BàrauU, pasteurs; Tenant, Benoist, ministres; Serres, professeur en théologie ; Gardéii et Leclerc, CoMttuu, DOltiro.
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clerc Miné, Tachard, Lacoste et Xq jeuno Larose reçurent des blessures.
Montet et Ségeville, qui tenaient le parti du gouverneur, furent également blessés. Les consuls parvinrent enfin à calmer l'émeute. Carrié et Bruette essayèrent de fuir ; mais ils furent rattiapés et condamnés à mort par le conseil de guerre. Tous les capitaines qui s'intéressèrent à eux , furent cassés.
L'autre capitaine Constans, distingué par le surnom d'ÀLBOcY, laissa un fils, nommé Isaac, qui naquit en 4622 , et qui embrassa la carrière ecclésiastique.
Placé d'abord à Claye , il fut appelé ensuite à Guisnes, en 4664. Accusé, en 4 673 , par le curé d'avoir invité les fidèles de son église à prier pour les Hollandais opprimés et pour leurs frères de France dont on démolissait les églises, afin que Dieu touchât le cœur du roi , leur promettant que s'ils se repentaient de leurs péchés. Dieu leur susciterait des libérateurs , des Jéroboams , des Jephtés , des Mardochées, des Esthers, joour exterminer et détruire ceux qui leur voulaient du malj Âlbony fut mis en état d'arrestation. Le curé et trois ou quatre témoins attestèrent par serment la vérité de la dénonciation, et cependant c'était une fausseté. Le sermon, tel qu'il a été prononcé, existe {Arch. gén, M. 665); or, voici textuellement ce qu'on y lit: « Il touchera le cœur de ce grand et auguste monarque soubz qui nous vivons, comme il fit ccluy de Cyrus, d'Artaxerxes et de Darius; il nous suscitera auprès de luy quelque Néhémie, quelque Mardochée ou quelque Ësther pour travailler au rétablissement de l'église, m II y a loin de là à des menaces de destruction et de récite. Mais le curé pensait sans doute que la fin justifie les moyens. Nous ne connaissons pas d'ailleurs le résultat de ce procès inique.
La famille Constans professait encore le protestantisme à la révocation de redit de Nantes. On lit le nom de Jean de Constans, seigneur de Cau- Imc , au bas d'une de ces formules
d'abjuration que l'on expédiait dans les provinces et qu'on forçait par les dragonnades les Protestants à signer. Celle-ci, envoyée à Saint-Rome-de-Tam porte en tout 33 signatures , presque indéchiffrables (Suppl. franc. 794 . 6).
Vers la môme époque , le zèle ardent d'un autre Constans, avocat du Languedoc, le fit jeter à la Bastille {S^ppi, franc. 79 i. 2), d'où il fut transféré au château de Saumur en 4687 (Arckiv, gén. E. 3373). Tout son crime était « d'aller dans les maisons à Paris afi'ermir les gens. »
GOl^STANS (Jean), pasteur au Mas-Garnier en 4644, apparemment de la môme famille que les précédents.
Mécontent de son église qui ne lui payait pas son modique traitement , et craignant pour la vie de sa femme Marguerite de Saint-Just , dont la santé était déjà gravement compromise par rinsalubrilé du pays, Constans demanda au synode provincial tenu à Mauvesin , la liberté de quitter le Mas- Garnier. Le synode la lui refusa, mais il lui permit d'aller habiter Montauban. Cette décision ne contenta ni le pasteur ni son église, qui chargea DoréU»
d'en appeler, en son nom, au Synode national de Tonneins. Celui-ci rejeta l'appel et mit Constans en liberté, à condition toutefois qu'il continuerait à desservir l'église du Mas-Garnier jusqu'à ce qu'elle fût pourvue d'un autre pasteur. 11 ordonna en môme temps de lui payer ce qui lui était dû.
Sorti vainqueur de cette lutte, Constans accepta les propositions qui lui furent faites par les députés de l'église de Pons, Jean Sarrasin, sieur Des Rosiers , et Jean Papoul. Doué de talents remarquables, il ne tarda pas à se distinguer parmi les pasteurs de la Saintonge. En 4620, il représenta cette province au Synode national d'Alais , où il lut le résultat d'une enquête que le syilode de la Saintonge l'avait chargé de faire, avec le pasteur de Saintes Rossel , sur la conduite du ministre GiraUd, qui fut déposé.
Constans donna des preuves de sa
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modéniion et de sa gagesse dans l'assemblée qui se tinta Pons en présence ^^Àffaneur , secrétaire du duc de Rohan. (4) n s'opposa à l'adoption de toute mesure Tîolente, comme il le fit encore au colloque qui se réunit, peu de temps après, dans le même but, et auquel assistaient Rossel et Pairu^ ministres de Saintes, de Clate^ ministre de Mortagne, Ckalmot^ de St-Seurin, Ckoquel^ de Plassac, GiroMd, de Cognac, Gubartj de Gemozac , et Saget d'Archiac. Sa prudence lui mérita les éloges de Louis XUl; mais elle ne le garantit pas des violences des Catholiques fanatiques, qui allèrent plusieurs fois jusqu'à menacer sa Yie.
Accusé d'avoir tenu des propos séditieux, il fut décrété de prise de corps et conduit dans les prisons de Bordeaux. Selon M. Crottet , son arrestation eut lieu le 8 mars 4624; mais on conserve à la Bibl. de Genève (N* 497 aa, Cart. 5), en cinq cahiers dont un imprimé, les Pièces relatives au procès de Jean Constansjugé et détenu powr délit de prédication^ et ces pièces, datées de Bordeaux, comprenant les années 4634 à 4624. Nous B*avons pu nous procurer la défense de Gonstanë imprimée sous le titre : Re^ moniremees et très-humbles supplir* cations adressées à Nosseigneurs du Parlement par J. Constans, miniitre de la tnlle de Pons, prisonnier détenu en la conciergerie de la Cour depuis $%a mois ; cependant il es^ à peine possible de douter que cette pièce, signalée par M. Crottet , ne soit la même que celle qui se conserve à Genève. Au reste, le fait important, c'est que le ministre calomnié, languit trois ans dans les prisons du parlement. Son innocence reconnue, il retourna à Pons.
Pour le dédommager de ses souffrances par une nouvelle marque d'estime, la Saintonge le députa au Synode national de Castres qui, de son côté, lui accorda trois portions franches.
Ce fut pendant son ministère que
(1) DmiX Affoneur de Conteneuii abjirt f a 4eS5 {Areh, Tt. Sô6).
les Réformés de Pons furent privés de leur église. Soulevée par les RécoUets^ la populace l'envahit un jour, massacra Chaàlou et y fit chanter la messe. Sur les plaintes des Protestants, le gouvernement décida que , puisque la messe avait été célébrée dans le temple, les moines le garderaient ; mais que les Catholiques donneraient aux Réformés sept mille livres pour la construction d'un autre temple.
Jean Constans mourut en 4 650, âgé de 70 ans. Il laissa deux enfants : ëlie, qui alla, en 4627, faire ses études Ûiéologiques à Genève (1), et fut pas»
teur successivement à Bourg-Charente et à Fouras où il remplissait encore ses fonctions en 4667, et Marie, femme de Pierre Péanne , docteur en méde cine. De ce mariage naquit Anne Péanne, dont la beauté remarquable attira l'attention d'Anne d'Autriche, et qui épousa Jean Rabotteau, médecin à Saint-Fort.
CONSTANT (ArcosTiN de), fils d'Antoine, seigneur de Rebecque en Artois et gentilhomme de l'empereur Charles-Quint, fut envoyé en France dans son bas-âge et élevé à Saumor dans la religion réformée (2). Entré au service de Jeanne d'Albret, il awompagna cette illustre princesse à Paris»
en 4574, et y épousa, sous ses auspices, Elisabeth de Pellissari, d'une famille originaire de la Yalteline. Peu de temps après, il suivit son beau-père 4 Genève où il obtint le droit de bourgeoisie, et où il se trouvait encore lors du massacre de la Saint-Barthélémy.
Le zèle ardent qui l'animait pour sa religion, la reconnaissance qu'il éprouvait pour les bontés de la reine de Navarre et l'afl'ection qu'il avait vouée à son fils, tout lui faisait une loi d'intervenir dans la guerre acharnée qui en-
(1) Dans le registre matricale des étudiants de Tacad. de (lenèvc {Mss. de Genève, 151^), il est appelé Cadorcogallas, ce qoi coDÛrme notre supposition relativement à l'origine de sa famille.
(2) Ses trois Frères JeanCharlf», Pierre ei Henri rendirent, comme hommes de mer, des services importants aux Gueux de It Zéltadc.
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sanglantait la France. Aussi dès que Henri de Navarre , heureusement échappé (le la Cour, eut regagné ses états, il accourut sous ses drapeaux.
La cour du Béarnais était divisée en deux cabales qui se délestaient, celle des Protestants et celle des Catholiques. Constant s^attacha naturellement à la première et se lia d'une étroite amitié avec à^Auhigné, Si la rivalité qui existait entre ces deux partis n'avait eu d'autre résultat que d'établir entre eux une noble émulation de gloire , l'hisloire n'aurait qu'à y applaudir; mais elle engendra des haines particulières et de basses jalousies qui, dans une circonstance, entre autres, faillirent coûter la vie à Constant. Envoyé, en 4677, par le roi de Navarre auprès de Lavardin qui assiégeait Villefranche, pour lui défendre de livrer l'assaut, il arriva quand l'attaque était commencée.
Il voulut y prendre part et demanda des armes. Sur le refus de Lavardin, n'écoutant que son courage, il se jeta au milieu des assaillants et resta sur la brèche percé de vipgt-deux blessures.
Lavardin, qui le haïssait, l'aurait abandonné au pouvoir de l'ennemi, si le jeune Chemeraut, émerveillé de sa valeur, n'était allé l'enlever au milieu des plus grands dangers, bien qu'il Testimftt mort. Constant guérit heureusement. L'année suivante, le roi de Navarre l'envoya àBeaucaire porteur d'un ordre adressé à Baudonnet de remettre ce château àDamville (V. B AUDE AN).
En \ 580, il le chargea d'une nouvelle mission dans le Languedoc. La guerre des Amoureux venait d'être décidée (V. I, p. \ 64) par quelques tôtes folles. Il s'agissait d'entraîner le parti huguenot à une nouvelle levée de boucliers, contrairement à ses véritables intérêts. L'assemblée de Sommièress'étant prononcée contre la reprise des hostilités {Voy, III, p. 406), Constant en convoqua une autre à Alais où prévalut le parti de la guerre. Il profita de son séjour dans le camp de Châtillon pour l'accompagner à la levée du siège de Villemagne.
En 4584, Constant fut chargé par l'Assemblée de Montauban, avec Laval et Du Plessis-Mornay, de porter en Cour les plaintes des Huguenots relativement à l'inexécution de l'édit de pacification. L'année suivante, le roi de Navarre le dépêcha au maréchal Dam ville pour le mettre au courant de tout ce qu'il avait fait afin de résister à Henri III uni aux Ligueurs et lui demander sa coopération. Cette mission eut un plein succès. Constantrendità ce prince un service plus signalé encore, en lui sauvant la vie à la bataille de Centras. Henri, qui combattait comme un simple gentilhomme, ayant saisi à la gorge Château-Renaud, un gendarme se jeta sur lui et « frappoit de son tronçon de lance sur la salade royale, » Constant délivra son maître , en tuant le soldat.
La reconnaissance n'est pas la vertu des rois. A l'exception du gouvernement de Marans, Constant ne paraît pas avoir reçu d'autre récompense du roi de Navarre; et bientôt môme, lorsque le fils de Jeanne d*Albret eut sacrifié la cause protestante à sa propre grandeur, il tomba dans la disgrâce. En 4596, Constant se présenta à l'Assemblée de Vendôme et signa l'union. En 4 597, il continua à prendre part aux travaux de l'assemblée qui de Vendôme s'était transportée à Saumùr, et il fut chargé d'aller en Cour présenter des remontrances au sujet du traité qui se négociait avec l'Espagne et qui était préjudiciable en plusieurs choses aux églises réformées. Henri IV promit de ne s'engager à rien qui pût être contraire aux intérêts de ses alliés ou de ses sujets protestants ; mais en même temps, il pria l'assemblée de ne pas insister sur l'incorporation dans l'édit des clauses relatives aux places de sûreté, et de se contenter de sa promesse, signée de sa main et contresignée des secrétaires d'état, qu'il ferait tout ce qu'on voudrait et qu'il permettrait même «de saisir les deniers à faulte de payement des garnisons » {Fonds de Brienne, N* ii\). L'assemblée s'étant transportée
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à GMtellerault, CoDStant Ty suivit avec Monglat et Farabère.
Le zèle que Constant avait montré dans ces circonstances difficiles pour TEglise protestante, n'était pas propre à lui gagner la faveurde la Cour. Sully^ qui n'aimait aucun des chefs huguenots, Taccuse, dans ses Economies, d'avoir travaillé à soulever les Protestants et à fonder une république, et de nos jours encore, cette accusation a fourni au parti ultra-royaliste un argument pour combattre l'admission d'un de ses descendants dans la chambre des députés.
Nous aurons l'occasion, dans l'art, que nous consacrerons au une de Bouillon, de discuter l'assertion de Sully ; en attendant, il suffira d'ajouter ici que Constant quitta la France après 1 607, et se retira avec Saint-Aulnn à Sedan d'où il retourna à Genève. On ne connaît pas la date de sa mort. Selon la Description générale des villes et places rédttictes et reprises par le roy sur ceux de la religion prétendue réformée
£>ari8, 4624, in-8*), il rendit Harans à ouis XIU en mai 4624 ; d'où l'on devrait conclure qu'il était revenu en France et qu'il atteignit un âge trèsavancé. Mais l'assertion nous est plus que suspecte. On lit dans le Lexicon de Leu, qu'Augustin de Constant mourut pendant un voyage qu'il fit à Lausanne. Diaprés le Dict. de la Noblesse, Augustin Constant ne laissa qu'un fils, nommé David, baptisé le 3 janvier 4 587. Un msc. du fonds Str-Magloire, N* 4 32, lui donne aussi une fille, mariée à N, Eschallardj baron de Champ-Dolent, qui succéda à son beau-père dans le gouvernement de Marans {Fonds de Brienne, N^ 225).
David Constant, lié d'amitié avec le marquis de Bade, voulut se rendre à sa cour vers 4 606 ; mais il tomba malade en route et fut obligé de s'arrêter à Lausanne où il finit par se fixer, après y avoir obtenu le droit de bourgeoisie.
De sou mariage avec Jeanne de Morrion, d'une famille noble de Bourgogne, naquit Philibert, assesseur de Lausanne, qui épousa J%dith Girard
Des Bergeries, et en eut quatre fils : 4 * David, qui suit : — 2* Frédéric ou Gabriel, ministre à Nyon, puis àLutry, où il mourut , âgé de plus de 90 ans, laissant un fils, nommé Augustin, banneret de Lausanne, à qui sa femme Louise de Villardin donna Samuel - Henri, lieutenant dans les gardes suisses au service de Hollande, marié à une demoiselle de Saussure ; — 3* Augustin, trésorier de la ville de Lausanne, décédé sans enfants en 4734 ; — 4* Jacob, docteur en médecine et savant botaniste, qui mourut à Lausanne en 1730, sans avoir été marié.
On doit à ce dernier quelques ouvrages utiles et estimés.
I. Medicina Helvetiorum prodromus sive Pharmacopœœ Helvetiorum spécimen, Gen., 4 677, in-8'; réimp.
sous le titre : Atrium medicinœ Hel" vetiorum, cum observationibus rarissimis, Gen., 4691, in-42; trad. en franc, et augm. pur l'auteur, sous le titre : Essai de la pharmacopée des Suisses, Berne, 4709, in-4 2. — Leu qui mentionne séparément Compendium pharmacia helveticœ, Gen., 4 677, Medicina Helvetiorum, Gen., 4 677 , in-4 2 , et Medicina practiea Helvetiorum, pourrait bien avoir fait trois ouvrages différents d'un seul.