‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 84 sur 189 · DID · texte numérisé non relu

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môme? L'apostat îiurait-il éprouvé des remords ?

BEZIMBERG (Nicodème), de Grenoble, capitaine au régiment de Picardie. La compagnie qu'il commandait et à la tôte de laquelle il s'était signalé en plusieurs rencontres, ayant été presque entièrement détruite au siège de Namur, où il reçut lui-même une dangereuse blessure, Dezimberg sollicita du ministre les moyens de la remettre sur pied; mais au lieu de le récompenser comme il le méritait, on le cassa. Kn vain des ofûciers - généraux qui Testimaieut non moins pour sa probité que pour son courage, intercédèrent-ils en sa faveur; il ne put rien obtenir. Il avait le malheur d'être protestant ! Exaspéré parcette injustice, il conçut le projet de se venger sur Louis XIV luimême, et s'étant rendu secrètement en Angleterre, il proposa à Guillaume de le débarrasser de son implacable ennemi. Le roi d'Angleterre ne se contenta pas de rejeter avec horreur l'olfre du régicide; il le fit arrêter et le renvoya en France avec une exposition détaillée de ses projets. Dès qu'il se vit embarqué, Dezimberg fut frappé d'une telle terreur qu'il en perdit la raison. Après s'être convaincu que sa folie n'était pas feinte, le gouvernement français le fit enfermer dans un cachot de la Bastille. Par degré, sa raison se rétablit. Au bout de dix ou douze ans, on lui lit espérer sa grAce s'il abjurait. Il y consentit; mais ce n'était qu'un piège. Il est vrai qu'on le fit sortir de la Bastille, mais pour l'envoyer dans un château fort des Pyrénées où il mourut dans des accès de délire et de désespoir.

DIDIEll (Paul), seigneur de Boncourt, s'était élevé par sa valeur au grade de lieutenant-colonel du régiment de cavalerie de Montcavrel, et venait d'obtenir, en récompense de trente années de services signalés, des lettres d'anoblissement datées du mois de fév. 4 657, lorsqu'il épousa, par contrat de mariage du 25 fév. 1658, Marthe Du Cormier, fille iïEsaïe Du Cormier, sieur de La Haye, cl de hidith Du Vrc,

dont il eut quatre enfants, Esaie, Anne, Jeanne et Judith. A la révocation de redit de Nantes, Paul Didier se réfugia en Hollande avec sa famille, et malgré ion grand Age, il offrit ses services à Guillaume d'Orange qui le créa colonel d'un régiment de cavalerie presque entièrement composé de réfugiés français, et fort de quatre escadrons commandés parEsaïc Didier, D^i Bac, MarsiUy{\) et Falantin . Ce régiment fut un de ceux que le stathoud«'r emmenaaveclui dans son expédition (rAnglelerre; mais il paraît que les Boncourt repassèrent plus tard en Hollande. C'est, en effet, à Gravenhaag que naquit, en M k*^^ Anne- Charlotte Didier de Boncourt. Restée orpheline de bonne heure, cette jeune demoiselle put s'abandonner sans contrainte à sa passion pour la peinture.

Elle eut pour maître Dirk Kuypers, et sous la direction do ce peintre habile, elle acquit un talent remarquable. On a d'elle beaucoup de dessins, quelques jiortraits fort ressemblants et des copies de tableaux d'histoire. En 1775, elle épousa Van der Haer, et, selon les mœurs fort louables de la Hollande, <'.lle dut dès lors renoncer à son art pour s'occuper de son ménage et de ses enfants. Elle mourut h Leuwarden en

»! ?:TniCll ( Philippe - Frédéric de), savant minéralogiste et premier maire constitutionnel de Strasbourg, né dans cette ville en 1748, mort sur Téchafauden 1793.

La famille Dietrich, était originaire de la Lorraine; mais Dominique Dietrich, né en 1349, s'était établi à Strasbourg où il s'était marié avec Au7ie Heller. De ce mariage naquit, en \ o8ii, Jean, membre du conseil des XV, qui eut de sa femme Agnes Meyer

(1) Le Mercure de juin 1681, raconte l'abjuraiion laile & Rheims par Frémin de Marsillij, à^c (le ÏS ans, rapitaine dans le réëimoni de('iraiiCL',el celle deson (riiic,Sainte-Frai\Cf lieutenant dan*; le régiment de Coningsmark, ({ol eut lieu le même jour a Boulogne « sans que l'un scoust rien du dets^ein de l'autre >. Quels liens de parcnlé les unissaient a notre < Ijpf d*escadron?

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ce «Icrmor ôtiulia la jurisiinidonce, et fui ('lu amnioisler, en UiOO. 11 fut un iW. rcux ([ni sijrnÎMcnt, en HiHi, la cayutulation i\c Strasbourg. Son amour pour les libertins de sa patrie cl pour sa reliiîion, le rendit aussi cher h ses concitoyens qu'odieux au {rouvernenient de LouisXlV.Maiult'hParis. (mi 1685, et sommé, en iiuehiue sorte, de se couvortir, il refusa et fut exilé à Guérel, puis, en 1687, à Vesoul. Ce fut seuleuienl en 1689 que les instances du majristral de Strasbourg et les prières de sa famille lui obtinrent la permission de ret(uirner de sa ville natale où il resta soumis à la surveillance de la police jusqu'à sa mort, arrivée le 9 mars 1694.

De son mariage avee rrsvJe I friteker étaient nés huit enfants. M. Schcffer^ qui a bien voulu nous fournir quelques renseignements sur C(.'lte famille, en nomme deux,,lE\N cl Dxniel; mais il ne nous apprend pas si c'est de Tun ou de Tautre que descendait celui qui fait robjel de cette notice.

Dietrich fil d'excellentes études et manifesta de bonne heure un goût décidé pour la minéralogie. A Tépoque où la révolution éclata, il était membre df r\cadéuiie dos sciences, de la S(»ciété des Crrieux de la nature et de la Société de Gi'ttingue, commissaire du roi h la vi>ite des mines, des bouches à feu et des forêts du rovaume, >C( rétaire général des Suisses et des Grisons dont le c(uiîle d'Artois était colonel, interprèle de Tordre du Mérite militaire, membre du corps de la n(ddessf immédiate de la Basse-Alsace et conseiller nobie au magistral de Strasbourg: il s'était, en outre, l'ait déjà counaître dans les le!lre> par de savants mémoires sur diverses branches des sciences natuielles et jiar la traduction de quelques ouvrages aiicuiands.

L'enthousiasme avec lequel il salua l'aurore de la liberté . le lit nommer, en \ "90, maire de sa ville natale ; mais durant tout le cours de son administratioD« on remarqua tant de vari.itions

dans sa conduite que peu d'honnuesonl clé jugés plus diversement. Après la journée du tO août, il lit Toler parU conseil municipal une adresse coulrerévolutionnaire v[ui irrita la Convention. Mandé à la barre de l'assemblée, il se sauva en Suisse ; mais bieut«M il revint de son propre mouvcm^'nt se constituer prisonnier à rAbb.iyo. Le îo nov.

n9i , il fut traduit devant le tribunal de Strasbourg, puis renvoyé devant celui de Besançon ipii l'actiuitla le 7 mars 179.}; mais >es ennemis prévinrent sa mise en liberté , en le faisant inscrire sur la liste des émigrés.

Il ne sortit donc des prisons du Doobs (pie pour comparaître devant le tribunal révolutionnaire (jui le condamna \ mort, le i8 déc. 1793. Dietrich subit son sort avec la résignation la plus courageuse. Avant de marcher au supplice, il envoya à son iiU plusieurs morceaux de musique qu'il avait composés pour charmer les ennuis de sa longiie captivité. On a de lui :

I. Vindiciœ dogmatis Grat^anide rescriptionc , Argent., 1767. in-8*.

IL Lettres de Ferler sur la 7#«Wralogie et sur divers autres snjets d'histoire naturelle^ trad. en frjnr., cl enrichies d'un grand nombre de noies savantes et d'observations curieuses, Stiasb., 1776, in-8\

III. Traite chimique de Vair et d% feu, trad. de l'allem. de Scheele, Paris, 1781, in-8*.

IV. Supplément au traité de Vwr et du feuy Paris, 1 785, in-l i.

V. Description des gîtes de mnerai et des bouches à feu de France, Paris, 1786-1800, 6 parties en 3 voL in- 1 , avec pi. ettigg. color. Le f voL est intitulé Description des gîtes de }/ii/ierai, des forges et des sali nés des Pyrrnces, suivie A^ Observations vikt le fer mazr et sur les mines de sards ed Poitou. Le 2* et le 3' portent pour titre : Description des gîtes de mnerai, forges, salifies, verreries, tréfileries, fabriquas de fer blanc, porcelaine, fayencedela Lorraine méridional e, — Les troubles politiques

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et la morl de l'auteur empêchèrent la suite de la publication de ce grand ouvrage qui devait eml)rasser ton le la France. « Les progrè^^ des sciences physiques , chimiques et miner,; lo^jjiques, lil-ou dans la Biog. univ., ont ôlé à la partie théorique de To livra ^^e de Dietrich tout riulénH qu'elle pouvait avoir, mais la partie descriptive n^a pas encore été surpassée et le seia difiicilement. »

VI. Observations sur V intérieur des montagnes, trad. de M. de Trebra, Paris, 1787, in-fol. , avec cartes el figg. color. — Dans une longue préface, le traducteur présente des vues neuves et pleines d'intérêt sur la i^'éographie physique.

Vil. Mémoires sur les arbres gui peuvent être employés ûkj: jj?rt^t^ations le long des routes , Strasb. et Paris, 1805, in-8-.

Dietrich a publié , en outre . en divers [recueils , de savants mémoires :

dans les Mémoires de la Société des Curieux de la nature , plusieurs Dissertations sur la minéralogie; dans le Bergbaukunde , recueil publié en 4789, un Mémoire relatif a%ix e^rploitalions dv ïierry\ dans le Recueil des savants étrangers de TAcad. des sciences (T. X), une Description des volcans découverts en 1 77 i dans le Brisgau; dans les Mémoires de TAcad. des sciences (1787), un Mémoire sur les ocres et un Procédé particulier usité en Limosin et en Périgord pour fabriquer du fer dur. il a laissé aussi «ne Description des mines de Frarice dont son lîls fit hommage au Corps législatif, en 1796.

Daniel Dietrich , jurisconiultc , qui publia à Strasb., 168*2, in-4«: Tcstoior cautiis , id est , expositio succincta scitu ohservatuque necessariorum lis quibus curœest ultirnas voluntates libéras, firmas, etc., rcddere ctscrvare, était probablem(;nt le fils de Dominique Dietrich Tammeister.

I)II:TTI:RLI\ (Wenpkl), peintre et architecte, qui a joui, de son leni|»«:. d'une grande réputation, était né à

Strasbourg en 15i0. On conjecture qu'après avoir étudié dans les écoles de »a ville nutale les premiers principes du dessin, il alla se perfectionner en Allemagne; ce qui est certain. c>.-l qu'il composa ses principaux ouvra ;^'es dans ce pays. Le duc Louis de Wurtemberg l'appela à Stullgard , et le chargea de lui construire une maison de plaisance qui fut achevée en 1 59 1 . C'est aussi à Stultgard que Dielterlin composa son grand ouvrage sur les différents ordres d'architecture et en grava les nombreuses planches. Cet ouvrage parut à Strasbourg en 1^)93, in-fol., sous le titre de : Architectura vnd Austkeilung der V Seulen, Le 2* vol., qui traite spécialement des portails et des jambages de porte, ne fut imprimé q'.ie l'année suivante. Selon la Biogr. univ., il fut trad., dus io94, en latin et en franc. L'édit. allemande fut reproduite, avec des auj/mentations et le portrait de l'auteur, à Nuremberg en \ 598. On en donna une nouv. édit. dans la même ville en Ki'i'j. On ne connaît aucun tableau de AVcndel Dietterliu; mais on possède enccre son Portait du duc de Wurtemberg, eau-forte. Greuther a gravé, d'après lui, une Asce^ision, un Elic montant au ciel et une Chute de Phaclon ; et Barthélémy Dietterlin, un Paysage.

Selon SchelTer , c'est notre peintre strasbourgeois qui, le premier, lit usage du pastel; mais Fuessli attribue l'honneur de celte découverte h AVendel Dietrich. La contestation n'aurait plus d'objet, s'il était vrai, comme Nai::l(.r est porté à le croire, contrairement à l'opinion de Stetten, que ces deux peintres ne sont qu'une même personne.

W'endel Dietterlin mourut en 1')99.

Son lils, nommé Hhaire, soutint la réputation de son père. Il peignit, vers 1620, pour le coUégt; des Frères-Prfchenrs de Strasbourg [Temple-NeuC], un Christ à la montagne des Oliviers que son lils Iîarthélemy, alors Agé de •1 1 ans, dessina et grava en 1621 . Ou tre le Paysage dont nous avons parlé

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