‹ La France protestante (volume 4)Chapitre 89 sur 189 · IK · texte numérisé non relu

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BÎtrs avaient été enlevés à leurs parents par Tiotendant; Itaac Alaurinc^ marchand fort riche, âgé de 60 ans , Madelame Pagot^ sa femme et leurs six enfants , qui tous refusaient obstinément d'aller à la messe, sauf le plus jeune qui avait été séquestré par Tintendant et instruit dans le catholicisme ; Philippe Lyettra,îoTi riche marchand, avait fini par abjurer , mais sa femme iiadilaine Cottin^ âgéi^ de %k ans, refusait de suivre son exemple ; Louit Dauehel et sa tille Marie; Susanne LêGrandj veuve Denicourt, îigée de 60 ans , et son fils Jacques Denicourt (46 ans); Susanne Léger (76 ans) et sa fille Susanne Cottin (36 ans), dont le mari Daniel Lisbot était sorti du royaume; Marie Parsie, Marie-Madelaine lÀnget et son frère Louis.

DQSNEAU (UcGOEs) en latin Do- NBLLUs, un des plus savants jurisconsultes du xvi* siècle, né à Châlonssar-Sa6ne, le 23 déc. 4 527, selon Papillon, en 4328 seulement, selon le P. Perry, et mort à Altorf , le 4 mai 4594 (v. s.).

Issu d'une famille de robe qui occupait à ChMons un rang considérable, et destiné au barreau, par ses parents, le jeune Doneau fut envoyé de bonne heure au collège. Avide d'apprendre, il s'attacha avec beaucoup d'ardeur à l'étude, mais TiDjuste sévérité de son maître, « homme rude et grand fouetteur » faillit le rebuter entièrement. Promesses, caresses, menaces, rien ne put l'engager à se remettre au travail. A bout d'expédients, son père eut enfin recours à une ruse qui lui réussit. Un jour qu'un porcher passait avec son troupeau devant sa porte, il l'appela et lui proposa de prendre pour valet son fils qui , saisi d'effroi , se jeta à ses pieds en lui jurant de retourner au collège. C'est ce qu'il fit dès le lendemain, et il se distingua entre tous par son application et ses progrès. De Châlons il fut envoyé à Tournon , où il fil ses humanités et sa philosophie, puis à Toulouse, où il suivit le cours de Jean Coras et à' Ar-

naud Du Ferrxer, A celle époque, l'université de Bourges bi illail entre toutes par la science de ses professeurs. Doneau s'y rendit, en 1551 , pour entendre Eguinard Baron et François Duaren. Ce dernier, dont il embrassa le parti contre son collègue dans les querelles qui les divisèrent, le prit en affection particulière, et il rendit publiquement hommage à son rare mérita, lorqu'il lui donna le bonnet de docteur, le 47 juillet de la même année. L'examen de Doneau avait été si brillant, qu'il fut aussitôt installé antécesseur avec Nicolas liouguier , de Bourges , son condisciple et son ami. « Tous deux, dès ce temps, lit-on dans Catherinot, estoient suspects d'hérésie. »

Lorsque Baudoui?^ quitta sa chaire en 4555, Doneau se mit sur les rangs pour le remplacer ; mais Cujas lui fut préféré. Il en conçut tant de dépit qu'il se retira à Orléans où il professa pen«dant quatre ans, c'est-à-dire jusqu'en 4559 , qu'il fut appelé h Bourges où la mort de Duaren avait laissé un grand vide.

Doneau se trouvait encore à Bourges ^ l'époque de la Saint-Barthélémy. La nouvelle de la blessure de l'amiral ayant été portée dans cette ville , le lundi 25 août, à l'instant les principaux catholiques s'assemblèrent pour se concerter sur les mesures à prendre. Il fut décidé qu'on enverrait à Paris le sieur de Mareuil , capitaine de la grosse tour, demander des instructions , et qu'en attendant son retour, on établirait une garde à toutes les portes. Effrayés de ces démonstrations, les plus prudents d'entre les Protestants songèrent à fuir. Doneau parvint à sortir de la ville, grâce à quelques gentilshommes allemands ses élèves, qui le revêtirent de leur costume national, le placèrent au milieu d'eux, fermement résolus à le défeudre, et l'escortèrent hors des murs. Le célèbre Hotraan réussit éga.

lement à s'échapper. Plusieurs habitants notables de Bourges, Girard^ Montespedon, les Colladon, DuJon, et d'autres ne (urent pas moins heu-

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reux, favorisés qu'ils furent dans leur fuite par la complicité de quelques Catholiques chez qui le fanatisme n'avait pas fait taire la voix de la religion et de rhumanité.

Mareuil , qui apprit en route le massacre de Paris, revint le mardi soir en apporter la nouvelle. La nuit suivante, la canaille s'ameuta, avide de pillage, sous les ordres de l'aposlat Ambrois et de deux aulres ouvriers , non moins féroces que lui. Elle se rua sur les maisons d'Fp^s Camiaille , François Ilémérc, Guillaume Bigonneau^ Etienne Coriialet, Claude Peîlerin y Michel Piat et d'autres riches marchands, qui furent saccagées. Celles du notaire Chastin et de Girard le jeune furent également pillées, et ce dernier rançonné à la somme de 500 livres. Le notaire Simonneau fut tué, et sa femme gravement blessée d'un coup de pistolet; Vincent Audet, marchand drapier, fut égorgé, aiDenys Vignon^ couturier, qui avait servi en Flandres sous Genlis , fut assassiné dans un grenier où il s'était caché , et précipité sur le pavé de la rue.

Les magistrats, qui jusque iàavaient laissé faire, crurent alors devoir interposer leur autorité, et le calme s'étant rétabli, plusieurs Huguenots en prolitè* rent pour fuir.

Le jeudi 28, une nouvelle assemblée eut lieu à l'hôtel-de-ville. Lecture y fut donnée d'une lettre du roi qui défendait les massacres ; mais, dès le 30, on en reçut une autre d'une portée toute différente. Charles IX se proclamait l'auteur de la Saint-Barlhélemy <5t ordonnait de courir sus aux Huguenots « qui ne se voudroient retirer doucement en leurs maisons.» Cette lettre suffit pour rallumer dans la populace la soif du pillage et du sang, en sorte que, dès le 8 sept., les désordres recommencèrent. Toutefois, aucun attentat ne fut d'abord commis contre les personnes, on se contenta d'entasser une foule de suspects dans les cachots de l'archevôché ; mais, dans la soirée du H , des bandes d'assassins envahi-

rent les prisons et massacrèrent tous ceux qui s'y trouvaient, sans distinction de rchgiôn. Ainsipérirent Pierre de La Grange, conseiller au présidial, Guillau7ne Groicsicux, ancien avocat, de La Porte et Augier, avocats, Barthélémy Ragueau, notaire, Chassant et Guillaume Bourguignon, sergents royaux, Jean Prestrau^ J, Joineret^ François Helliot, Gilbert , marchands, Lamoureu^Cy mercier, /. Thevillier, corroy euT, Bonnet, tanneur, Godefroy, drapier, Poillon, chaudronnier, Crespin, menuisier, André Lahaiye, boucher, Pierre Levez, couturier. Leurs cadavres sanglants furent jetés dans les fossés de la ville et y demeurèrent sans sépulture.

Frappés de terreur, les Huguenots de Bourges, ce jour-là mOrae et les suivants, se précipitèrent en grand nombre dans les églises catholiques pour faire leur abjuration. Parmi beaucoup de noms obscurs, on distingue ceux (['Anne de Cambray, de Vulcoh, de Bigot, d'un de Village^ d'un de Sauzay, d'un Boisrouvray, de 6>rmaiji Palus, qui, bien qu'il fût déjà rentré dans le giron de l'Eglise romaine, avait failli être enveloppé dans les massacres; d'un Hagjieau, de Gabriel Labbè, seigneur de Montvéron, avocat du roi au siège présidial et auteur d'un Commentaire sur la coutume duBerry; de la femme du lieutenant-général Guillaume Régnier, et du professeur François Bouguier, l'ami de noire Doneau.

Pendant que ces scènes sanglantes se passaient h Bourges, Doneau fuyait vers la Suisse à travers les plus grands dangers. Arrêté en route et incarcéré, il eut le bonheur de ne pas être reconnu;et rendu quelque temps après à la liberté, il atteignit heureusement Lyon d'où il passa à Genève. C'est dans celte dernière ville qu'il reçut, de la part de l'électeur palatin, l'offre de la première chaire de droit à l'université de Heidelberg.

Doneau, dont le goût s'était formé par la lecture des meilleurs écrivains

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de rantiqnité, avait le rare talent do rendre attrayantes les matières les plus arides. Son enseignement jeta sur Tuniyersité de Heidelberg un éclat qui imposa des ménagements à rii)tolé> rance religieuse elle-môme. L'électeur étant mort, son fils, qui était attaché à la Confession d'Augsbourg, voulut l'introduire dans ses états et destitua tous les professeurs qui refusèrent d'y souscrire, n'exceptant de cette proscription en masse que Doneau, alors recteur de l'université. Cependant le bigotismc du clergé luthérien ne se lassa pas de le harceler, et il fit si bien, qu'abreuvé de dégoûts, l'illustre professeur, à qui le prince d'Orange offrait une chaire dans la nouvelle université de Leyde, finit par l'accepter. Selon Bayle et la Biogr. univ., il se rendit en Hollande en 4 575; Paquot et Spangenherg, dans l'Encyclopédie d'Ersch et Gruber, reculent son départ de Heidelberg jusqu'en 4679, et ils ont raison, tout le prouve. Tant que Guillaume d'Orange fut à la tête du gouvernement desProvinces- Unies, Doneau se renferma dans l'accomplissementdes devoirs de sa charge; mais, après l'assassinat de ce prince, deux factions s'étant formées en Hollande, il eut l'imprudence de se jeter dans le parti du comte de Leicester.

Soupçonné d'être l'auteur d'un libelle contre les Etats-généraux, il fut condamné au bannissement, et son « famulus», Everard Blancard, qui avait propagé cet écrit, fut dégradé.

Doneau retourna en Allemagne où il resta longtemps sans trouver d'emploi.

On lui proposa enfin, à Altorf, la môme chaire qu'il avait refusée en 1583.

L'espoir qu'on fondait sur sa réputation, en l'y appelant, ne fut pas déçu ; mais la mort ne lui laissa pas le temps de rendre à l'université de cette ville tous les services qu'on attendait de lui. 11 ne paraît pas qu'il ait laissé d'enfants.

« Génie synthétique et généralisateur, dit M. Raynal dans son Histoire du Berry, Doneau voulut de prime abord tenter la théorie de toutes les matières du droit. » Il y réussit sans aucun dou-

te mieux qu'aucun de ses contemporains; aussi Savigny l'appelle-t-il un excellent théoricien. Cependant ce qui distingue principalement ses écrits de ceux de la plupart des jurisconsultes de son siècle, c'est qu'aussi versé dans la littérature que dans la jurisprudence, il a eu l'art de réunir, selon le précepte d'Horace, l'utile à l'agréable et de rendre des ouvrages de droit lisibles mémo pour des profanes. On estime surtout ceux qu'il a composés sur les testaments et les dernières volontés. On rapporte qu'il avait une mémoire si prodigieuse qu'il savait par cœur le corps entier du droit romain.

Notice bibliographique.

I. In titulum de usuris in Pandectis et sequentem commentarius ^ Paris., 4 556, in-4'; nouv. édit. augm. de commentaires fn très libros Pandectarum XX, XXI et XXII, Lugd. , 4558, in-4*. Ce dernier ouvrage a été imp. séparément, Colon., 4 569, in-fol., etVenet., 4 584; West ûéûiéi Michel de UHôpital, Doneau donna de l'un et de l'autre une nouv. édit. sous le titre : Opéra priora, recens recognitaet repurgata,¥T3JiCof, , 4589, 4».

U, Ad legem Justiniani de sententiis qiMB pro eo quod interest proferuntur, sive de eo quod interest^ H ber , Paris., 4561, in-4''; Francof. , 4 574, in-4»; Neostad., 4 580, in-4"; Altorf. , 1589 . in-8' , 4596 , in-8»; Lugd. Bat., 1630, in-8\

111. Commentarius ad tit, Digesiorum de rébus duhiis , Bitur. , 4 574 , in-8' ; Antv., 4 584, in-8' ; Lugd. Bat., 4684, in-8\

rv. Commentarius ad tit, Codicis depactis et transactionihus, Bitur., 4572, in-8'; Paris., 1573, in-8»; Colon., 4574,in^8«.

V. Zachariœ Furnesteri defensio pro justo et innocente tôt millium animarum sanguine in Galliâ effuso adv.Montlucii calumnias, 4 573, 8»; 4 579, in-8*; trad. en franc, etins.dans les Mémoires de Charles IX. — « Cette réponse est vive et suivie , lit- on

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dans le P. Lelong; les faits y sont bien détaillés,» Cujas ayant eu le triste courage de prendre la défense de Montîuc j Doneau lui répondit y en 4 575, sur un ton d'autant plus acerbe qu'il était non-seulement son rival de gloire , mais qu'il ne lui pardonnait peutêtre pas la préférence qui lui avait été accordée pour la cbairc de Baudouin.

Indigné de la lâcbeté de Cujas qui, protestant au fond du cœur, ne rougissait pas d'accuser ses coreligionnaires traîtreusement assassinés, il ne parla plus de lui dès-lors qu'avec un souverain mépris. Sa réponse se trouve dans les Œuvres de Cujas, édit. de 1658.

VI. Comment arius ad tit, Digestorum de prascriptis verhis et in factum actionibus, Heidelb., 1574, in-8»; 1580, in-8*.

VII. Comment arius ad tit, Insti^ tutionvm de actionibus, Antv., 1 581 , in-8»; 1596, in-8-, Lugd. Bat., 1620, in-8«.

VIII. Tract atu8 de pignorihus et hypothecis, Francof. , 4589, in-4'; réirap. à Lyon, 1575, in-fol. avec les traités de Baudouin et d'autres sur la même matière.

IX. Tract atus de œdelitio edicto , de emctionibus et duplœ stipulatione^ de probationibus, de fide instrutnentorum, de testilm, publié avec le précédent.

X. Commentarius ad tit, Digestorum derebus creditis, Antv., 1 582, in-fol.; Francof., 1626, in-fol.

XI. Commentarii ad Codicis Justinianei partes eas quas sequens pagina indicabit» Lugd. Bat., 1587, fol.

— Ce vol. contient, entre autres, une réimp. desN-'IV etVL

XII. Commentarius ad tit, Digestorum de diversis regulis juris antiqui, Antv., in-8». — Nicéron n'indi-»

que pas l'année de l'impression.

XIII. Commentariorum Juris civilis lib, XXVIII, Francof. , 1595-96, 5 part. en 3 vol. in-fol.; Hanov.,1612, in-fol. ; Francof., 1626, in-fol. — On trouve dans ce recueil une explication méthodique de tout le droit civil et féo-

dal. Au jugement de Beycr, il n*elislc pas, sur le droit romain, d'ouvrage préférable à celui-ci. Hilliger ena publié un abrégé sous le titre de Donellm enucleatus, leusB, 1614, in-4*. KOnig et Bûcher en ont donné une sixième édit., Nuremb., 1801-4832, 44 toL gr. in-8'.

XIV. Commentarius ad tit, Digestorum de verborum obligationiiuSt Francof., 1599, in-fol.

XV. Opuscula posthuma, Hanov., 4604, in-12. — Outre quelques commentaires inédits sur divers Utres du Code et du Digeste, ce volume contient deux Conseils, quatre Lettrés de Doneau, trois autres à lui adressées par Albéric Gentilis, Jftc^f^ de ruâpitêl et Pierre Du Faur, deux lettres d'un docteur de Bourges à un prince, une harangue de Cujas^ la harangue prononcée par Duaren k l'occasion de la promotion de Doneau au grade de docteur, ^oraison funèbre de Doneau par Scipion Gentilis, et des ^ers sur sa mort.

XVI. Commentarii absolutissimi ad II, III, IV, VI et VIII lib, Codicis Justinianei, tit, V lib, XIX de prœscriptis verbis, et tit, lib, XLV Digest, de verborum obligationUms, Francof. 1622, in-fol. — Publié par Schegkius, professeur à tubingue. Le catalogue de la bibl. du docteur Neide (Halle 1837^ en mentionne une édit.

de Francf., 1 599, in-fol. restée inconnue à tous les bibliographes que nous avons consultés.

XVII. Opéra omnia, Luc», 1762- 1770, 12 vol. in-fol. — Cette édit.

dont la Biogr. univ. révoque en doute l'existence, est due aux soins de B.-F. Pellegrini.

Nous n'ignorons pas qu'à cette liste, déjà fort considérable, la Biblioth. des auteurs de Bourgogne ajoute plusieurs autres ouvrages dont Nicéron et Paquot ne font aucune mention; mais, comme nous doutons qu'on puisse accorder une confiance entière à Papillon, nous nous contenterons de renvoyer à cette Bibliothèque.

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BONGNON (Guillaume de), ou Du DooNON, natiideLa Jonchèrc, dans le BiS^Limousin. Après avoir fait ses études à Saint-Léonard et à Toulouse, Ikinffnoii fut placé comme Ticaire dans son bourg natal. Converti à la foi protestante parla lecture du Nouveau-Teslament et des Dominica precationeÈ, il dissimula quelque temps ses opinions par crainte, et continua à remplir ses fonctions; mais il ne sut si bien cacher ses sentiments que Tévêque de Limoges ne conçût des soupçons. Don gnon fut donc arrêté par ordre du prélat, le 8 avril 4 555, et traduit comme hérétique devant rof&cial. Alors en cet homme si faible se montra un indomptable courage, que ni les promesses, ni les tortures nepurent faire fléchir. L'assesseur de Tofficial le condamna à la dégradation et le livra au bras séculier. Dongnon en appela au présidial, qui, dès le 24, statuant sur son appel, ordonna qu'il serait traîné sur la claie jusque sur la grande place de Limoges, pour y être brûlé vi^ après qu'il aurait subi la question pour déclarer ses complices. La torture ne put briser sa constance.

D fut mené au bûcher ayant dans la bouche une éteuf pleine de poudre qui, en éclatant, lui cassa la tête.

DOR (François), ministre de l'église de Sedan en 4 609. Dor exerçait, depuis près de douze ans, les fonctions de son ministère, lorsque, dans un ser- ' mon sur Jacq. 1, 4 3, il eut l'imprudence d'entreprendre de prouver que Dieu ne peut, en aucune manière, être regardé comme l'auteur du péché. Ses collègues se montrèrent d'autant plus scandalisés que le Synode de Dordrecht venait de condamner l'arminianisme. Cité devant le consistoire, Dor avoua franchement ses opinions et offrit de les défendre ; mais aucun ministre ne voulut entrer en dispute avec lui, la matière ayant été décidée par le Synode. Il fut condamné à la déposition et au bannissement. Le duc de Bouillon ayant refusé d'intervenir en sa faveur, il dut donc, au milieu de Thiver, sortir de Sedan avec ses quatre enfants en bas-âge et

sa femme enceinte. Il vint à Paris et se mit à donner des leçons pour gagner sa vie. Telle était, à* cette époque, la manière dont les Protestants eux-mêmes entendaient la tolérance.

DOKBET (Antoine), ministre de Grenoble, publia, en 4660, selon Allard, des Récréations littéraires et mystérieuses, recueil de discours de rhétorique, de théologie et de philosophie.

DORKVET, apostat, a écrit, selon l'annotateur de la Confession de Sancy, un Traité sur la réunion des religions, auquel, /. Z.. de Beaulieu, à qui il l'adressa, ne daigna pas répondre, et un Traité de la transsubstantiation, où il essaya de réfuter Tinterprélation calviniste de ces paroles :

Ceci est mon corps.

DORIV AL (Adam) , sieur de Péroseau, ministre de Sancerre, peut-être fils du capitaine Dorival qui s'était enfui d'Aubigny h Sancerre , lors de la Saint-Barthélémy, et avait pris une part brillante à la défense de cette dernière ville qui tomba enfin vaincue par la famine. Dorival s'était retiré à Genève, d'où il avait été envoyé auprès des ambassadeurs de Pologne pour les prier de s'intéresser au sort des Protestants de France {Archiv, de la Comp, des pasteurs, Reg. A).

Ministre à Sens (?), puis à Chancy, près de Genève, en \ 588, Dorival fut rappelé dans sa patrie par l'église de Langres en 4590. Il ne tarda pas à acquérir une grande influence sur les églises de sa province, comme le prouvent les nombreuses missions dont il fut honoré. En 1594, le synode provincial, tenu à Gergeau , l'élut vice-président (Arch, Tt. 238^. En 4596, il assista au 2>ynode national de Saumur et fut chargé par lai d'écrire à l'église de Genève pour signaler les fraudes des libraires qui vendaient comme nouvelles de vieilles éditions des Psaumes et du N. T. dont ils avaient rafraîchi les titres, et pour remercier Bhe de la dédicace qu'il avait faite aux églises de France de ses Homélies sur la passion. En 4597,

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Dorival assista de nouveau à rAssemblée politique de CMtellerault; en 4598, il fut nommé par le Synode de Montpellier, membre de la commission chargée de revoir la Discipline ecclésiastique; en \ 601 , il fut appelé à présider le synode provincial duBerry (1), qui abusa des censures ecclésiastiques jusqu'à en frapper Gosard, parce qu'il avait promis sa iille en mariage à Bijotat sans consulter son inclination.

De 4602 à 1607, le même honneur fut quatre fois encore décerné à Dorival, qui, dans l'intervalle, on 1 605, fut député par sa province à rAsscmbléc politique de Ghâtellcrault, et fut un des députés qui allèrent complimenter Rosny à son arrivée dans cette ville. En 1608, l'Orléanais et le Berry le choisirent de nouveau avec Lazare de Ramezay, sieur de Lumeau, pour représenter la province à l'Assemblée de Gergeau. Le 8 juillet 1 61 0 , Dorival assista encore au synode provincial tenu à Sancerre, et le 17 nov. 1611, à celui de Blois ; mais il ne put se rendre à celui de Saint-Amand, le 1 5 nov. 1612, parce qu'il était malade de lu maladie sans doute qui l'emporta. — En 1634, un Adam Dorival, avocat au parlement de Paris, fut député par Gien au synode provincial tenu à Mer.

DORSCH (Jeàn-Georges^, fils do Laurent Dorsch, né à Strasbourg, le 43 nov. 1597, lit ses études en théologie dans sa ville natale et à Tubingue. Reçu maître-ès-arts à Strasbourg en 4617, il fut placé comme pasteur à Ensisheim en 162^; mais, au bout de deux ans, il quitta sa cure pour aller visiter les universités allemandes et y

(1) Dépotés ; Orléans, Dm lïoulin et llrdor Paris; Lorges, Textor et Jér finie Lespnynol ; Daogeaa, Liévin cl Ezéchiel Marx ; Cbâlcaudnn, Berger et Eiie Dubois; Châtillon-sur- Loire, Le Noir et P. Buiet; Uomoranlin, Chartier et de Chamharan; Corbigny,dc Monnanglard et de Mussidan; Gicn, Pinette et Mathurin Avril ; La Châtre, de LotiMfli/ et Tho^ mss ; Saint-Amand, Jaoïr/, sans ancien; Mer, Bourguignon et Jacij, Piquet; Sanrerre, Dorivalf sansanc. ; Blois, Yignicr^ sans anc. ; Le Puiset, de Ramezay (ils et Cignyf tons deux anciens; Chilleur, û'Anservillef ^ac, {Fondi St-Cerm, fr§nç,9\k,iQ,)

perfectionner ses connaissances. En

1 627, il prit le bonnet de docteur et fut nommé professeur de théologie à Strasbourg. En 1653, il fut appelé à Rostock pour y remplir la même chaire, et il y mourut le 25 déc. 1659.

Dorsch jouit encore aujourd'hui d'une réputation méritée. « Nitor sermonis, linguarum eruditio, judicium acerrimum, mens altiorum omnium indagatrix, » telles sont les qualités que loue en lui Spizelius, qui ajoute : « In docendo quippè erat facilis, in explicando perspicuus, in disputando acutus, nihil tamen spinosum occurrebat, que non facile se expedicet. »

Le bibliographe JOcher a donné une liste fort longue , bien qu'incomplète encore, des ouvrages de Dorsch ; seulement il a eu le tort de n'y joindre aucune indication de temps, de lieu ni de format. Comme les bibliothèques de Paris ne possèdent pas les ouvrages de ce savant théologien, il nous aurait été impossible d'y suppléer, si M. le professeur Jung ne nous était venu encore une fois en aide avec une obligeance dont nous ne saurions être trop reconnaissant.

Notice bibliographique.

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