XCIX. Ecclesia romana monstrwm triceps
k cette liste déjà longue, il faut ajouter plusieurs Dissertations , publiées avec d'autres écrits de Dorsch, et un plus grand nombre encore qui ont été imprimées séparément, mais dont nous n'avons pu nous procura aucun exemplaire et dont voici les titres, d'après Jucher : h'* De nomine Dei Jehovah; — 2° De crucifi^oni et vitâ Jesu; — 3" De m^rte CkrisH et resurrcctione gloriosâ; — i" De passione Christi; — 5* De peecato origijiali ; — 6* D^ scopo parabolœ\ — V De ordinatione ministrorum Ecclcsiœ ; — 8* Dtf perfectione Scripturœ sacra \ — 9** JDtf Eliœ adventu et officio\ — 10*jD« visionc inaugurali Ezechielis dissert. II; — 1 \''Depropagatione animœ humanœ ; — 1 2° De sacramentii utriusque testamenti; — \3* De falso fvndameuto rultûs romani. Dorsch a publié, en outre , en allemand une Explication de V oraison dominicale et les derniers Sermons de Martin Bucer avec une Préface et le Jugement du cardinal de Cambrai sur la réformation de l'église (Strasb., 1652, in-1 2). Si Ton ajoute à tous ces écrits, des Discours, Aa^Prograinmcs, sans parler d'une Thcosophia paulina in
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Ejiist, ad Uomanos, qu'il laissa manuscrite , ainsi que des Prœlectiones de Scripturâ sacra, et d'autres opuscules, qui se sont perdus, on devra contenir que Dorscli fut un de? théologiens les plus laborieux de son siècle, et l'on pourra ajouter qu'il en était •D môme temps un des plu? instruits.
DORTE (Louis), seigneur de Fontaine, fils de Jean-Louis Dorle et de Madelaine de Vus-Venquicrcs , général au service de la Prusse. Ou lit dans les Mémoires du marquis de Sourches, qu'au mois de décembre 4685, Mlle Dorte, nièce du marquis de'Feuquièrcs, M. Dorte, capitaine au régiment du Piémont, M. àe Lostonge, frère du marquis de Lostange, M. de Varennes, lieutenant colonel du régiment du Maine , quelques officiers du même régiment, M. Causcelly, conseiller au parlement de Metz et plusieurs autres personnes qui professaient la religion réformée, essayèrent de sortir de France et de se réfugier dans le Palalinat. Ils partirent les uns travestis, les autres bien armés, emmenant avec eux, dans une voiture, ce qu'ils avaient de plus précieux, et quelques enfants qu'ils n'avaient pas voulu abandonner. Ce fut ce qui causa leur perte. Déjà ils approchaient de la frontière, lorsque les chevaux épuisés refusèrent de marcher. Ils voulurent en prendre d'autres; mais personne ne consentit à leur en vendre. Irrités de cet obstacle inattendu , les officiers s'emportèrent et maltraitèrent les obstinés paysans dont l'un courut avertir de leur fuite le gouverneur de Hombourg. Celui-ci se mit sur-le-champ à leur poursuite. Après une vigoureuse défense, les fugitifs hâtèrent leur marche, croyant avoir affaire h un fort détachement, et la plupart réussirent à franchir la frontière. De ce nombre fut le capitaine Dorte qui offrit ses services à l'électeur de Brandebourg , et s'éleva par son mérite aux premières dignités militaires.
Dorte avait épousé, en 1 670, Anne- Catherine de Dampierre^ fille de
David de Dompierre , seigneur de Jonquières, maréchal de camp. Resté veuf, il se remaria à Berlin avec M""" de Briqnemault. De son premier mariage était née, le î oct. 1078, Anne- Catherine Dorte, qui fut reçue h Saint-f]yr, en 1697, et obtint, eu1700, comme nouvelle catholique, une pension de 500 liv. {Archiv. gcn. E.
3386). La poursuite du gouverneur de Hombourg, en elfet, n'avait pas été tout à fait infructueuse. Il avait repris M. Causcclly, quelques officiers du régiment du Maine, et la fille du c^ipitaine Dorle, fkgée de sept ans. Cette enfant ne larda pas être convertie. Dès le mois de février 1 686, le Mercure annonçait cette glorieuse victoire du clergé catholique en ces termes : «Mlle. Dorte, dont la fermeté pour la religion protestante paroissoit insurmontable, et qui mesme l'a fait connoistrc par des actions trop hardies pour une personne de son sexe, a fait abjuration à Metz, entre les mains de M. l'évesque, dans l'église des Ursulines.
Mlle de Montigny abjura en môme temps. M. Duchat [Le Duchat] conseiller au parlement, et M. Uancclin, capitaine et proche parent d'un ministre de Metz, se sont convertis dans la mesme ville.»
DOttTOM\> (Nicolas), ou d'ORTo- II AN, originaire d'ArnheimdanslaGueldre (1), s'établit 5 Castres, comme médecin, en 1565, à ce que Gâches nous apprend dans ses Mémoires. Le m^^me écrivain ajoute qu'h la mort de Rondelet, il fut appelé à remplir sa chaire à Montpellier, et qu'il mourut en 1594 à Paris, servant le roi. Comment concilier ces renseignements fournis par un contemporain avec ce que M. Dezeimeris raconte, que Dorloman étudia la médecine à Montpellier, s'y fit recevoir docteur en 1572, succéda, deux ans après, k Antoine Saporta, et mourut en 1 596 , premier médecin de
(1 ) D'auircs disent, mais sans vraisemblance, qu'il était (Ils de Guillaume Orioman , vi» gnier da Vigan, reconnu noble a Montpellier en 1063.
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Henri IV depuis 1589? Contentonsnous de dire avec Mangct que Nicolas Dortoman, médecin de Montpellier, est auteur d'un traité De coaisîs et affectihus thermarum Deliliicanarum parvo intervaUo à Monspelierisi urhe distantium lib. II, Lugdun., 1579, in- 8», traité dont, au jugement de M. Dezeimeris, le plus grand mérite est d'avoir été le premier qui ait paru sur ce sujet. Dortoman eut pour successeur dans sa chaire de professeur Pierre Dortoman, son fils, selon d' Aigrefeuille, son neveu, selon M. Dezeimeris.
DOUX AI3Î (Gilbert), notable marchand deClermonten Auvergne. Ayant négligé de tapisser le devant de sa porte le jour de la Fête-Dieu (1 568) , Domain fut assailli par la populace qui pilla sa maison et le traîna lui -môme sur la place publique où elle le brûla vif dans un bûcher élevé avec ses propres meubles. Les magistrats, loin de poursuivre les assassins, ne témoignèrent pas la moindre désapprobation, et cependant les Protestants étaient placés sous la protection du traité de Longjumeau. Les descendants de Douxain continuèrent à professer la religion à la vérité de laquelle il avait rendu témoignage par sa mort. En 1 685 , Jacob Douxain , marchand de dentelles, réussit à sortir du royaume avec sa femme Madelaine Piger, et ses enfants Jacob et Màdeliine.
DUELli^COUnT (CuAHLEs), célèbre ministre de Paris, et l'écrivain du XVII» siècle le plus populaire parmi les Protestants de France, né à Sedan, le 10 juillet 1595, mort à Paris, le 3 nov. 1669.
PtVrrtf Drelincourt, son père, chassé de son pays natal par les persécutions, s'était réfugié à Sedan et occupait une charge considérable à la cour du duc de Bouillon. Aux fonctions de secrétaire de Henri-Robert de La Mirk, il joignait celles de greffier du conseil souverain. S'il est vrai, comme l'affirme Paquot , nous ne savons sur quelle autorité, qu'il avait été cordon-
nier ou savetier à Caen, la bassesse de son extraction fait d'autant mieux ressortir réminence de son mérite.
Il avait épousé la derniùrc des filles de Nicolas D:iyrctte, avocat au parletment de Paris, dont la veuve s'était réfugiée à Sedan avec le reste de sa famille, après avoir vu massacrer presque sous ses yeux son fils aine Thomas, le troisième jour delà Saint-Barthélémy, et mourir son fils cadet, Jacques, quelque temps auparavant, au moment niAme où il allait être consacré au ministère.
Charies Drelincourt fut, à ce qu'il semble, le seul fruit de cette union. 11 fit avec distinction ses humanités et sa théologie dans sa ville natale, et il n'eut pas moins de succès à Saumor où il étudia la philosophie sous Man Duncan. Reçu ministre en 1618, il fut nommé pasteur d'une église qu'on se proposait d'établir à Langres ; mais il fut impossible d'obtenir du Conseil l'autorisation nécessaire. Pendantqu'on était en instance, le jeune Drelincourt avait commencé l'exercice de ses fonctions et il avait rencontré dans les populations une sympathie pour les doctrines évangéliques, qui lui avait fait concevoir les plus douces egpérances; aussi l'opposition du gouvernement, en ruinant son église naissante, lui causa-t-elle un si violent nhagrin qu'il fut attaqué d'une maladie qui le mit aux portes du tombeau.
Lorsqu'il fut guéri, en t620, le consistoire de Paris, par une exception rare, l'appela, malgré son jeune âge, à desservir l'église de Charenton ; il ne tarda pas à se féliciter de cette acquisition précieuse. Pendant près d'un demisiècle, Drelincourt prêcha avec un succès toujours croissant, et il conquit une réputation que grandirent* encore ses écrits de dévotion et de controverse. « On ne sauroit dignement représenter, dit Bayle, les services qu'il a rendus à l'Figlise par la fécondité de sa plume, soit que Ton regarde ses livres de dévotion , soit que Ton regarde ses livres do controferse. il y
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a tant d'onction dans los premiers, Tesprit et les expressions de l'Ecriture y régnent de telle sorte que les bonnes âmes y ont trouvé et y trouvent encore tous les jours une pâture merveilleuse. Ce qu*il a écrit contre TEglise romaine a fortifié les Protestants plus que Ton ne sauroit dire ; car avec les armes quMl leur a fournies, ceux mêmes qui n'avoient aucune étude, te • Qoient tête aux moines et aux curés, et prêtoient hardiment le collet aux missionnaires. » Les sermons de Drclincourt ne sont pas moins remarquables par la méthode, le sage emploi des citalions bibliques, et surtout par la douceur et Ponction du style. Ils portent le cachet d'une âme vraiment apostolique, et, en les lisant, on comprend que les personnages les plus élevés et les plus illustres aient recherché le commerce d'un homme aussi vertueux, et que toute l'Eglise ait extrêmement regretté sa perte.
Les ouvrages de Drclincourt sont nombreux. La plupart ont été réimprimés plusieurs fois; quelques-uns ont été traduits en anglais , en italien, en allemand, en flamand. N'est-il pas étrange qu'aucun bibliographe n'ait essayé d'en donner une liste à peu près exacte, et que tous se soient contentés de copier Bayle, qui, citant de mémoire, ne fournit que de très-vagues indications? Malgré nos laborieuses recherches, nous ne nous flattons pas d'avoir retrouvé la totalité des écrits de notre pasteur; mais le catalogue suivant est certainement le moins incomplet de tous ceux qui ont été dressés jusqu'ici.
I. De la persévérance des saifits au de la fermeté de V amour de Dieu, Charent, 1625, in-8'.
II. Du jubile des églises réformées avec le jnhilé de VEglUe romaine, ChaienU J. A. Joallin, Î6i7, in-8*; dern. édit., Paris, 1826, in- 12.
III. Le combat romain ou examen des disputes de ce temps, Gcn., 4629, in-12.