‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 1 sur 241 · GENÈVE, MÊME MAISON · texte numérisé non relu

GENÈVE, MÊME MAISON

BX

ROSSEL (Michel)^ genlilhomme protestant des environs d'Uzès^ eut pour fils JeâS, sieur d'Anastasie^ et Dayid. La destinée de ce dernier est inconnue. Jean prit pour femme^ en 1582, Marie DelptAech, qni le rendit père de trois flls^ Dominés François, JXAN et Salomon. L'alné^ sieur d'Anbanes, fut pourvu de l'office de conseiller en la cour des comptes deMontpeltier par provisions du 30 avril 1664. il avait épousé^ en 1 635, Claude de Laudun et en avait deux fils, Jacob, .baron d'AiGALiERS, et Gabriel, sieur d'Aubanes. Toute la famille abjura pendant les dragonnades; mais plus tard, Jacob émigra. A l'époque de la révocation, il était marié, depuis 25 ans, avec Marguerite Clausel, et en avait deux filles et un fils, âgé de 5 à6 ans {Archives gén, M. 674).

Antoine Court et M. Peyrat louent beancoup le baron d'Aigaliers de son zèle ponr sa religion. Nous croyons

T. IX

qn'ils auraient rabattu quelque chose de leurs éloges, s'ils avaient eu connaissance des deux lettres qu'il adressa de Genève à Chàteauneuf en 1 689 et en 1 690, pour lui demander la liberté de sa femme et de ses enfants, arrêtés comme ils sortaient du royaume, et enfermés dans des couvents de Montpellier, et pour lui-même l'autorisation de rentrer en France (Arch, gén. M.

670 et 674). Par la première, il s'engageait envers le secrétaire d'Etat « à faire voir que ce qui a divisé l'Eglise ne valait pas la peine d'en venir à tant de désordres et de confusions », et à a faire des propositions raisonnables d'accommodement pour une réunion sincère », et par la seconde, il lui promettait presque de se convertir au catholicisme. « Je sçay, lui disait-il, parfaitement bien faire le signe de la croix; j'aime J'approuve et Je respecte sans superstition toutes les anciennes et vénérables cérémonies de l'Eglise ;

ROS

ROS

j'aime, j'approuve et je pratique les jeûnes, les mortificalions, les abstinences et le carême, les pénitences, la confession et toutes les autres aides qui peuvent servir àéiever TàmeàDieu et à rendre notre dévotion plus ardente ; je suis, enfin, rempli d'une bonne volonté et d'une modération qu'on n'a guère vue encore dans mes semblables jusque-là que George Cassandrc, fameux théologien calholiquc,qae Je viens tout fraîchement de lire, me parolt avoir été en son tems un homme véritablement envoyé de Dieu pour réunir les Chrétiens divisés. » Le gouvernement de Louis XIV lie put résister à de telles avances; il accorda à d'Aigaliers la permission qu'il sollicitait, dans la persuasion, sans doute, qu'une fois en France, il ne tarderait pas à se réunir, comme on disait alors. Il parait que son attente fut déçue, et que le baron put se soustraire à tout acte de catholicité, grâce à la complaisance d'un prêtre, ami de la famille, qui ne se fit pas scrupule d'attester qu'il avait changé de religion.

Quelques années après son retour dans sa patrie^ la guerre des Camlsards éclata. S'il faut en croire Court,

Sut nous semble ajouter un peu trop 6 confiance aux Mémoires du baron, ce fut uniquement le désir d'être utile à ses frères en Christ, qui engagea d'Âlgaliers à chercher les moyens de mettre un terme à une lutte horrible.

Nous soupçonnons que la crainte de voir la révolte s'étendre et d'être finalement emporté lui-même par la tempête^ ne fut pas tout à fait sans influence sur sa résolution. Quoi qu'il en 80lt, il communiqua son projet à quelques protestants influents du Languedoc^ en les invitant à joindre leurs efforts aux siens; mais il ne rencontra que des gens égoïstes et timides qui « se plongeoiont dans l'idolâtrie pour tâcher de se mettre à couvert de la fureur des hommes. y> Le peu de succès deses premières démarches lui fit comprendre que « le bras de la chair est un rOseaa cassé, et qu'il n'en devoik

pas attendre des secours.» Il s'adressa donc au Souverain Juge, et après une fervente prière, il demeura convaincu « qu'il falloil que les Proteslans euxmêmes terminassent cette affaire », parce qu'en agissant ainsi, «ils serendroient agréablesau roi et prouveroient que les outrages que les Prolestans avoicnt reçus n'étoient pas capables de les empêcher de servir le roi et l'Etat.» Ce plan merveilleux présentait deux difficultés : le faire agréer par la Cour, et amener les Camisards à se soumettre. Pour lever la première, il se rendit à Versailles avec un passeport qu'il obtiut da commandant d'Uzès, en lui laissant entendre qu'il allait à la Cour pour demander de l'emploi. Aussitôt arrivé, il se mit à rédiger une requête portant en substance que comme les Cévenols n'avaient pris les armes que pour se soustraire aux violences de Basville et du clergé romain, il suffirait, pour apaiser la révolte, de faire cesser les persécutions et de permettre à tel nombre de Protestants que Ton voudrait de prendre les armes, aQn de convaincre les rebelles que non-seulement leurs coreligionnaires n'étaient pas disposés à les favoriser, mais qu'ils étaient même prêts à les combattre et à confondre ainsi leurs calomniateurs.

Il ne doutait pas que les Camisards ne se soumissent, et leur soumission devait avoir cet avantage pour le roi, qu'elle lui laisserait la libre disposition d'un corps de troupes considérable, grossi des Camisards eux-mêmes, qui ne demanderaient pas mieux que de servir S. M., si on leur laissait le libre exercice de leur religion. Chamillard eut l'air de goûter ce projet ; il conduisit d'Aigaliers chez le maréchal de Villars, qui lui ordonna d'aller l'attendre à Lyon.

A son arrivée à Uzès, malgré l'opposition de Basville, de l'évéque d'Uzès, de Julien, de Lalande, le maréchal, qui avait résolu d'employer la persuasion et la douceur plutêt que les moyens violents, remit au baron une commission, datée du 4 mai J704,

ROS

ROS

Tautorisanlà armer cinquante hommes à son choix «pour aller Taire la gnerre aux Camisards. » Dès le lendemain^ d'Aigatiers ravi se mit en route.

Après avoir passé une semaine ent icre à la recherche de Cavalier, il parvint à le Joindre et eut avec lui, le 13, une entrevue à Saint-Jean-de-Gelrargues.

Les deux troupes s'abordèrent sans méfiance et se mirent à chanter ensemble des psaumes^ pendant que leurs chefs conféraient. D'Aigaliers employa tontes les ressources de son esprit pour convaincre le chef camisard qu'il n'y avait pas pour lui de meilleur parti à prendre que la soumission. Cavalier^ déjSi décidé à déposer les armes, en convint, et dans l'excès de sa joie, le baron s'engagea à partager son sort, soit qu'il passât dans les pays étrangers, soit qu'il préférât servir le roi. Porteur delà soumission du jeune chef, il retourna triomphant auprès de Yillars, qui l'envoya chercher Cavalier, afin d'avoir avec lui une dernière conférence, dont on ne connaît exactement ni l'objet ni le résultat( Voy, III, p. 290) .

Le succès animant d'Algaliers, il se chargea de travailler à la soumission de Roland, avec qui il eut aussi une entrevue. Le traité d'Anduze {Voy.W, p. 324) fut signé, mais le chef camisard exigea qu'il fùl soumis k l'acceptation de sa bande. Le baron se rendit donc dans le camp camisard à Leusiers; il y reçut l'accueil le plus décourageant. «Après avoir faitune lieue^ raconte-t-il dans ses Mémoires, nous découvrîmes la troupe qui paroissoit d'environ mille hommes, et une garde avancée postée sur notre chemin, qu'elle bonchoit. Je crus que cette garde étoit là pour nous faire honneur et j'aprochai sans soupçon, quand tout d'un coup» ils nous coupèrent à droite et à gauche du chemin, et se jeltant sur Roland, avec des injures, le Qrent entrer dans la troupe par force. Maillé et Malplach furent jeités à bas ^e leurs chevaux. Cavalier qui n'éloit pas si avancé que nous, se voiant poursuivi par gens qui l'appeloient traître^ pi-

qua son cheval et se sauva de vitesse, avec quelques bourgeois d'Anduze qui étoienl venus avec nous, et qui pensèrent mourir de peur. Pour moi, j'étois trop avancé, aïant cinq ou six fusils apuiés sur l'estomac, et un pistolet à chaque oreille, en sorte que je pris mon parti. Je leur dis qu'ils tirassent; que j'étois content de mourir pour le service do mon prince, de ma patrie, de ma religion et pour eux-mêmes, que je lâchois de rendre heureux en leur procurant laproteclion du roi. Ces paroles que je répétai plusieurs fois, pour me faire entendre, parmi un tumulte épouvantable, arrêtèrent leur première fureur. Ils me dirent que je me retirasse, qu'ils ne vouloient pas me tuer : je leur répondis que je n'en voulois rien faire, que je voulois aller au milieu de la troupe justifier Roland de la trahison dont ils l'accusolent, ou recevoir la mort moi-même, si jeneleur faisois pas connoltre que tout ce que je Yonlois lui faire faire et à Cavalier, étoit pour le bien du pais, de notre religion et de nos frères : et après avoir crié, pendant une heure, contre trente voix qui étouiToicnt la mienne, je m'otTris à combattre celui qui leur inspiroit la guerre. A cette proposition, ils tournèrent les armes contre moi : là dessus MaiHé, Malplach et quelques autres «se jouèrent au-devant de moi, et quoique désarmés, ils eurent assés de crédit pour empêcher les autres do m'insulter; après quoi ils me forcèrent de m'en aller. » Tel fut le malheureux résultat de sa négociation. Il est possible que d'Aigaliers ait été animé d'excellentes intentions; mais ce qui est certain, comme le fait observer Court, c'est que son intervention ne servit de rien aux Protestants et qu'elle nuisit beaucoup aux Camisards. S'il n'avait pas détaché Cavalier de leur parti, en lui persuadant de s'en remettre à la clémence du roi, nui doute que les insurgés n'eussent obtenu de bien meilleures conditions.

Après cet échec, d'Aigaliers repartit pour Versailles ; mais, malgré les

nos

nos

services qu'il venait de rendre à la Cour^ on lui refusa un régiment^ parce qu'il ne voulut point « se corriger de sa religion.» On lui accorda seulement une pension de 800 livres^ avec promesse d'un brevet de colonel^ s'il ame* nait Roland à se soumettre. Il affirme qu'il signa, en outre, avec Chamillard un traité stipulant que tous les Réformés français qui refuseraient de se convertir, seraient libres de sortir du royaume pour aller s'établir dans les Etals d'un prince allié de la France; qu'ils pourraient vendre leurs biens ou en toucher les revenus, et emmener leurs parents détenus dans les prisons ou sur les galères. « Je trouvois, ditil, que ce n'étoit pas peu de chose, de faire sortir un très-grand nombre de pauvres malheureux arrêtés à l'occasion des Gamisards, parmi lesquels il y avoit plusieurs gentilshommes, comme M. de Saïgas, M. de Perrotat, M.

de Rochegude, M. de Saint-Victor et M. Bargetton, d'autant mieux que je n'avois d'autres ressources que de recourir à la justice et à la clémence du roi pour mes frères. » Il s'agissait de faire accepter ce traité par les Gamisards. Dans cette intention,d'AigaIlers, accompagné de sa mère, de VHermet du Gayla, d'Olivier de Durfort, du capitaine Valette, se rendit à Durfort^ où il rencontra Roland et sa bande, le 29 Juillet 1 704; mais tout ce qu'il put dire pour persuader les Gamisards des avantages de Texil. fut inutile, en sorte qu'il reprit fort mécontent le chemin de Saint-Hippolyte.

Après la mort de Roland, le maréchal de Yillars l'envoya olTrir une amnistie aux insurgés. Il se rendit à Thoiras, le 29 août 1704, et décida Malplach avec 20 de ses compagnons à se soumettre. Il alla trouver ensuite la bande de Castanet, alors commandée par Larose ; mais il fut mal reçu et faillit même d'être égorgé.

Tant de fatigues et de dangers méritaient bien une récompense. D'Aiga- Uers reçut donc ordre de sortir de France; il est vrai qu'en même temps

Louis XIV porta sa pension à 400 éeus , mais elle ne lui fut jamais payée. 11 se relira à Genève, oii il arriva le 23 sept. Pour charmer les ennuis de l'exil^ il se mit à écrire des Mémoires sur les derniers troubles delaprovince de Languedoc, qui sont restés inédits.

Sa pension ayant été supprimée et ses biens confisqués, il se crut en droit de rentrer en France ; mais il fut arrêté à Lyon et conduit dans le château de Loches. Impatient de sa détention, il tenta de s'évader, arracha un barreau de la fenêtre de sa prison, assomma une sentinelle qui voulut l'arrêter, et fut tué d'un coup de fusil au moment où il franchissait le mur d'enceinte. Sa fille, H<°« de Mancel, qui avait épousé un catholique et avait résisté pendant 30 ans aux sollicitations de son mari pour la convertir, abjura, dès qu'il fut mort, en 1726 [Mss. de Court),

nOSSEL (N.), ministre à Anduze, fut appelé à présider le synode provincial qui se tint dans cette ville en 1661, en présence du commissaire du roi Peiremales, Ge synode eut à s'occuper de deux questions qui agitaient alors les églises : celle des annexes et celle de la réunion des deux religions; il les trancha l'une et l'autre avec une vigueur dont on n'avait plus d'exemple depuis longtemps. 11 condamna hautement le projet de réunion^ parce que la lumière ne peut communiquer avec les ténèbres et qu'il n'y a pas d'accommodement possible entre Ghrist et Bélial.

En vain le commissaire réclama; ces expressions furent maintenues dans le procès -verbal. Quant aux annexes, le synode ordonna aux ministres de ne tenir aucun compte des défenses qui leur étaient faites de prêcher hors du lieu de leur résidence, et il censura Vincent, ministre de Saint-Julien , parce qu'il avait déféré aux ordres du roi. Le procès-verbal fut envoyéà laGour par Peiremales ; qu'on juge de l'effet qu'il y produisit. Dès le 30 sept., un arrêt du Conseil cassa les délibérations du synode, défendit à Rossel d'exercer ses fonctions à Anduze et le bannit du Lan-

ROS

ROS

gaedoc. Loois XIV finit pourtant par 6'apaiser. En 1666, nous voyons Rossel assister à on synode provincial commeministre d'Andaze(i4rcA.TT. 270).

Nous ne savons quel lien de parenté unissait notre pasteur à Jost^ Rossel, ministre du Yigan, qui fut compromis dans Taffaire de Broussçn. En JC8l, ce Josué Rossel présida le synode des Cevennes, qui se tint au Vigan^ le 26 août^ en présence du commissaire royal Chartes de Capon-Du Bosc, conseiller du roi et auditeur en la cour des comptes de Montpellier. A ce synode assistèrent les députés de 64 églises, savoir : Sanve, Vincent et de Claris; Durfort, Dumas el Lafoux (Lafons?); Quissac^ Molles eiJalaguier; Gros, Girard, anc. ; Ganges, Vial avec les deux anc. Boudon eXDupontel; Snmène, Daigoin ei Serres; Valeraugne, Cam6éf puîné et Méjand; Le Vigan, Rossel àyec les deux anc. de Boisebard, un des secrétaires^ et Liron; Aulas, Diibruc et ù*Esclaptès ; Aomessas, Vincent puîné et de LaTour; Colognac, Verdier et de Falguerolles; Molières, Fomierei Cabanis ; Montdardier, de Montdardier et Aguze ; Meyrueis^ CoderCy élu vice-président^ et Salignis ; Saint-Laurent^ Pistory et de Coulon ; Handagout, Roux et Montet ; St-Romans-de-Codières, Moite; St-Germain. Du Cros el Teissonnière; Florac^ Blanc et de Montvaillant; St-Jean, Combes ei^e La Valette; Si-Éiienaey de La Coste et de La Forest; Barre, Massanes et de Terrerouge; Vébron, Chavanon et ùe Saïgas; Maruéjols, Blanc ei de Pommiès ; St-André-de-Valborgne, Pagesy et de La Palhole ; St-Lager, Villars et Montel; Le Collet, La Porte et de Masrichard; Cassagnolles, Grongnetei La Fabrègue; St-Marlin-de-Corconac, ûeSt-Martiny anc; St-Hilairede-Lavit, de La Roquette, élu secrétaire, et de Cambonnet; Saumane, Gronynet puîné et de Cambecède ; Valfrancesque, Caimel et Pierre Mates ; Sl- Martin-de-Lansuscle, Fesquet et Treilles; St-Flour-du-Pompidou,Da/>ei% et de La Sagne; St-Marcel, Barjon et de Buisson; Gabriac^ Barthélémy et Clé^

ment ; Fraissinet, Roure, min.; Frugères, Reboutieryinïn,; Si'Prishi, Dautun et de La Vemède; Sl-Jullen d'Arpaon, Sauvage, min. ; Andoze, Malplach et Rodier; Alais, Bouton fils et d'Aumessargues; La Salle, Portai et Comel; Mialet, de Soustelle et Térond ; Aigremont, Robert ei Allier; Vézenobre, Dumas ai Estienne; Cassagnolles, Dumas et La Salette ; Tornac, Rieux, anc. ; St-Paul-La Coste, û'Olympies, un des secrétaires, el Dombres ; Générargues, Gras^ anc. ; Lédignan, Cabrit atné et Verdier; Monoblel, i^epm, anc; St-Sébaslien. Aimeras; St-Félix-de-Palière, deBagards et Nicolas; Thoiras, Fraissinel, anc; Brénoux, Audibert et Verdier; Bagards, Brunel, anc; St-Christol, ^rune/,anc; St-Hilaire-de-Brethmas, deMarets; Canaules, Bayer ei Claris; Soustelle, Bastide et Phelip; Cardet, Fraissinet et Julien; Soudorgues, Ikirvieu et Dupeire ; Lézan, Cabrit puîné et de Lézan, Y assistèrent aussi les chapelains des familles de Ginestous, de St-Théodorit et Du Fesq, nommés Boyer, Combes et Sabattier, Le synode admit au ministère neuf proposants : Pierre-André Du Cros, fils de Jean- Jacques Du Cros, min. de Saint- Germain, el d^AnnedeGallatin; Pierre Astruc, flls de feu François Astruc et de Susaime Estienne, de Sauve ; Charles Bertheau, fils de René Bertheau, min. de Montpellier, et de Marthe de Cadoule; David Mazel, de Sl-Hippolyle ; Pierre de Gally, de Nismes ; Jacq, Astruc, fils de Pierre Astruc et d7sabeau Ausselle, de Sauve; Charles Rossel, fils de Josué et de Marguerite de Cahours; Pierre Malbois, ûis d'Etienne Malbois et de Marie de Quatre fages, de St-Jean-de-Roquefeuil ; Isaac Teissier, fils de François Teissier cl de Marie Girard, de Durfort. Ils furent immédiatement placés : Du Gros à St-Hilaire-de-Lavil, P. Astruc à Aigrement, Bertheau au Vigan, Gaily à Mandagout, J. Astruc dans la famille de Glnestoos, Rossel à Avèze, Malbois àMolezon, Teissier à Sl-Bomans-de-Cadicres (Arch.

gin. ÏT. 288.)

ROS

ROS

ROSSEL (Théophile)^ minielre à Saintes, renommé pour son savoir et pour sa piété, et connu dans la littérature tfaéologique par une réfutation de la Méthode de véron, laissa un flls^ nommé aussi Théophile. Celui-ci fit ses études à Sedan, où il soutint, sous la présidence de Du Moulin, deux thèses ins. dans les Thèses Sedan., l'une sous ce titre : De usuris, sive de eo quod interest; Tautre sous celui-ci : Disp, quâ docetur fidem Ecchsiœ romanœ nullo certù niti fundamenlo. Placé à Cognac, il y exerça pendant 25 ans son ministère sans que Ton pût lui reprocher autre chose que d'avoir une trop haute opinion de lui-même et un attachement excessif à ses intérêts. 11 se montrait zélé pour sa religion au point de dépasser quelquefois les bornes de la prudence dans ses disputes avec les prêtres ou les moines. En revenant d'un synode provincial tenu à Saint-Juslen 1669, il tomba malade, et, dans un moment de délire, on Tenlendit s'écrier qu'il voulait changer de religion. Le curé se hâta d'accourir et fit dresser procès-verbal. L'accès pa8sé,Rossel fut an désespoir de la parole imprudente qui lui était échappée, mais comme les magistrats avaient mis la main sur tous ses papiers et pouvaient le ruiner en ne les lui rendant pas, il finit par prendre son parti et se convertit avec sa femme. Son abjuration fut récompensée par une charge de conseiller au présidial de La Rochelle et par une pension de 800 livres que lui ac<:orda le clergé romain (1). Sa femme étant morte peu

(1) Nous aTous trouvé, dan.^ les registres des assembléec da clergé, deux rôles des pensions payées en 1675 M en 16S0 k des ministres et à des proposants apostats. 2io\it croyons utilo de les reproduire. KÙLEde 1675 Ministres. Pen- ^\0M de 400 lifres : Paul Ihtpuy (diocèse d'Embrun), GuiU. (latttrin (dioc. d'Angersj, Benj.i- Min bu Cht (dioc. de Sées), Gédeon Ponlier (dioc. de Ni.snies),y. Gufrdon (dioc. deCahors), J, hfduc (dioc. de Noyon), IlamiUon (dioc.de Bordeaux), Solfl Auberl, du Mans, Alexandre Vidtl (dioc. d'Embrun), Snlabrrt, d'Auch, />«• ca/, J. FauquereaUf d'Angoulème, /. Goifren (dioc. deLescur), haac Peyrrt (dioc. deLescar), Jurq. Marchand (dix. de Genève). — Pension de 400 Ht. portée k 600 et 800, en 1680 : P.

de temps après, il renonça à sa charge de conseiller, entra dans les ordres et se fil missionnaire. Une de ses premières conquêtes fut ceUed' Offre, ancien de l'église de Saintes, qui a dissimula

Horqueliii (dioc.de Gbâlons). — Pensions de 500 livres: Jacob Chalié (dioc. d'Embrun), Dumau (dioc. de LodèTe). — Pension de 500 lir. èleréf à 800, en 1680 : Charte* Fauquemheryue (dioc. de Rouen|. — Pensions de 600 liv. : G, Paulet (dioc. d'Uiès), Sonory (dioc. de Vienne), Lout« Batlide (dioc. d'Angers), d'Allemagne. — Pensions de 600 liT. portées à 800, en 1680 : BUrni'A#/(dioc. de La Kocholle), André Co(îerel{d\oe. d'Agen). — Pension de 700 liv. : René Roiu- »eau (dioc. dcChartres].— Pensions de 800 liv. : Cnrat (dioc. de Montauban) , ^4 rfrujrty (dioc. de Monlauban), Hou*»el (dioc de Saintes) Charlet de Im Molle (dioc. de Rouen), Jacob Monter (dioc. deCondom). — Pensions de 1,000 Ht. ; Sam. Coftiby (dioc. de La Rochelle), Claude La Parte (dioc. de Montpellier), l'n ministre Goyer, qui était devenu fou, n'avait que 500 liv. = Propo»anU. Pensions de 200 liv. : haac BordiVr, de Châlons, P. Kz-monnifr (dioc. de Gap), Jaeq. Merlet (dioc. de Viviers), J. Garrigue» (diuc. de \i&nie>), P. Fobi» anSohii ^dioc.d'Uzès), Claude V«m, dilBar, de Saintes, Elle Gautier (dioc. de Vienne), GuilL Le Sueur, de ChAlons, IjOuitSauvin (dioc. deNismes) Gabriel Du CuM (dioc. de Castro.*), Pierre Lafite, de Paris, /. Flanc, de La Rochelle, Gabriel lluc^ deCas- Ires, Claude Jnhj, de Ilhodez, Paul Ponder, de Nismes, Iaï Parrf tll», de Montpellier. — Pensions de âOO Ht. portées à SOOet 400,en 1680 : Reignier (dioc. de Rheims), Charle» Meydet, Pierre Monni<r (dioc. de Condom). — Pensions de 500 Ht. : l)anirld\\rnaHd,û'Viès, Simot, Pu Gros, de Béziers, SoélMerlH, de Viviers, Etienne Lrbrliu (dioc. d'Autun), J. Dugez^ du Conserans, Pierre MvlincH (dioc. de Nisroe»), Elie Clemenrrau (dIoc. de Saintes), Inaae Touzelin, do Tours, Regnard-de-SaintAubaM, de Richesouvee (dioc. de Poitiers). — Pension de 400 Ht. portée à 600, en 1680 : Jean-Bnptigte Labroise, de Lyon. — Rôlk de 1680. MinlMres. Pensions' de 400 liTres : EticHne Breguet, de NeochÂlel, Jean de VinUf ex-min. en Hollande, Abraham 6'rfldc(aioc. deNevers), /. Hubert (dioc. deRieux),yrtry. yo%(dioc. de Genève), Claude de La Chenaye (dioc. de Sens), La Galère (dioc. d*Angerii), Corbière» (dioc. de Viviem), Ùrote»

Îdioc. de La^aur). — Pension de 500 Ht. : Jean iellard, de Mornas. — Pension de 600 liv. : Ftienue Curwtt-fht Mont, de Montpellier. =r Pro* possDU. Pensions de200 Hv. : P.Piiyo/ (dioc. de Beziers), Jacf. heruban (dioc. de Montauban), Neylon (uioc. de Dio), Henry La nau ry [àiùC. de Grenoble), J. Rapin (dioc. do Montpellier), 5a m- »on Clavel (dioc. de Loscar), Odinet (dioc. d'Ulè»), A br.- Franc. Dupuy (dioc. de GenèTe), Baudan (dioc. de Nismes»). — Pension de SOO Ht. : Jaiq. Roumin (dioc. de VÎTiers). — Pensions de 400 Ht. : Siceda» Prevo»î (dioe. de Bourgos), A*AUix (dioc. de Pari»}.

ROS

ROS

sonchangemenl afin de s'en servir util* lement dans la suilte. » Il espérait, en effet, gagner son frère, qui desservait l'église de Tonnay-Boutonne, et procarer la conversion d'autres miuistres.Ce qui nourrissait son espoir, et celui de l'intendant Daguesseau^c'est qu'il avait déjà converti la famille ^^c^otiarc^. Aftn d'aiguillonner son zèle, l'intendant demanda pour lui une gratiûcation, en faisant observer au secrétaire d'Etat, que quand ces ministres seraient convertis, il serait important « qu'ils continuassent encore leurs fonctions ministrales pendant quelque temps pour servir plus utilement le roy » (Arch. gén. Tt. 515). Théophile Rossel continua son métier de missionnaire jusqu'à sa mort, qui arriva deux ans avant la révocation.

ROSSELET, famille originaire de Bretagne, mais établie à Yesoul, oh vivait, en 1582, François Rosselet, docteur en médecine et auteur de La Chrisospagirie. Ce François Rosselet était peut-être le frère de Biaise Rosselet, commissaire du Val-Travers et conseiller d'Ëtat,en 1 555,dont les descendants ont presque tous occupé de hauts emplois dans la principauté de Neuchàtel.

Le fils de Biaise, nommé Jean, était, en 1559, banneret de la ville, et son petU-Ais, Clâcdb, fut, en 1595, bailli de Neuchàtel. Claude laissa plusieurs enfants, entre autres, Abraham, bailli de Boudevilliers, et Daniel, membre du Petit-Conseil en J 604, puis banneret en 1 656, dont le ûls Abraham, entra dans le Petit^Conseil en 1 659 et fut nommé gouverneur de Neuchàtel en 1645. Abraham eut aussi un fils, appelé Jean, qui fut n^embre du Grand- Conseil en 16 25, et du Petit-Conseil en 1628, et qui laissa : i» Christophe, reçu bourgeois à Berne; — 2« Samuel, pasteur à Hindelbank, en 1 660, pui»à Thun, en 1662,quifutappelé,enl665, comme prédicateur à Berne; — 5« Jean- FRÊotRiG, seigneur de Munchwyler.

Nous ne savons duquel des deux frères établisà Berne descendait Charles-Emmanuel Rosselet, qui naquit dans cette YiUe en 1 7 1 9 et y commença des études

en droitqu'ilallaachever à Strasbourg, oh il prit le grade de docteur en 1742. Procureur du Grand-Conseil de Berne, puis professeur de droit à l'Institut po litique, il mourut en 1794. On a de lui :

L Diss,delegibu$civilibus ir^enere, Bern.,1740, in-4».

ll.Diss.depoteslatelegislatoriâsum" fnorumimperantium,krg,f 1742, 4<>.

m. Versuch einer hisiorischen und recktlichen Abhandlung von den sch* weitzerischen Schutz^und SchirmbilndrUssen^ oder sogenannten Mithiirgerrechtenund der daf^erigen Schutsund Schirmgerichtigkeit Uberhaupt,

Claude Rosselet, pasteur à Nismes,de 1621 à 1664, n'avait rien de commun avec celte famille, non plus que Louis Rosselet, ministre à Berlin en 1706, mort en 1 725. Le premier a écrit, sur l'invitation du consistoire de Nismes, la Relation de f abjuration d'Alexandre Port y juif de Venise ^ qui se convertit an protestantisme en 1654. Ménard ne nous apprend pas si elle a été publiée. 11 est, en outre, l'auteur de Labarre montaniste ou Réfutation de sa consultation sur la polygamie des ministres, Orange, 1650, in-12.

ROSSET (Charles de), ou Roset, gentilhomme du Quercy, né en 1661, fut arrêté, le 26 fév. 1 705, àParis,soa8 Taccusaiion vraie ou fausse qu'il se disposait à aller rejoindre les Camisards, et enfermé à la Bastille. Une détention de plus de dix ans dans celte horrible prison le rendit fou. Ordre fut donné, en 1 7 1 4, de le transférer à Charenton.

ROSSET(Pierre), sieur de La Vernède et deGourgas, qui testa en 1 554, eut pour enfants Michel et Jean. C'est du mariage de ce dernier avec Etiennette de Latude, mariage célébré en 1 565, que naquit François de Rosset, l'auleur des Histoires tragiques de nostre tempSyGen,, Chouet, 1615, in-l2; Lyon, 1619, in-l 2; Lyjon, 1 659, in-8»; trad.enallem.avecadd.parZeiler,Tub., 1654, in-8o; et l'éditeur des Quinze joyes de mariage, dont Le Duchat a

ROT

ROT

donné une nonv. édit. enrichie de remarques (Voy.Wy p. 49i ). François de Rosset testa en 1627. H avait épousé, en 1 598, Catherine de Rocosel, dont il eut JRAN, sieur de Seisses, marié, en 1 636, avec Anne Paschal, et maintenu dans sa noblesse, en 1669, avec son ûis Bernardin, dont la destinée nous est inconnue.

ROT AN (Jeàn-Bàptiste), ministre protestant, fort estimé dans son parti pour son esprit et son érudition, était originaire du pays des Grisons. La profession qu'il faisait de la religion réformée, l'ayant obligé à quitter sa patrie, il abandomia sans regret un patrimoine considérable, et se retira à Genève. Placé comme ministre à Vandœuvres, en 1576 , il fut appelé, en 1 579, à desservir une église de la ville. En 1583, il alla prendre à Heidelberg le bonnet de docteur en théologie, et cinq ans plus tard , il fut gratiflé des droits de bourgeoisie à Genève. La même année, il assista au synode de Berne tenu au sujet de la controverse soulevée par Aubery, 11 venait d'être pourvu d'unecbairedethéologie,lorsqueSanc2^ demanda au Conseil de Genève et obtint la permission de l'emmener en France, en 1 589. Sénebier affirme que le consistoire le rappela. Tannée même, parce qu'on apprit qu'il prêtait les mains à on projet de réunion des deux Églises ; mais Rotan n'obéit pas à l'ordre qu'il avait reçu, ordre qui fut tout aussi inutilement renouvelé eni 591 .£n 1 593, il assistaàrassemblée de Mantes, qui le chargea de suivre à Vernon l'expédition des cahiers (rot/. IV, p. 552). D'Aubigné, qui qualifie Rotan de profond théologien et de philosophe subtil, l'accuse d'avoir trahi les intérêts de la cause protestante dans les fameuses conférences qui se tinrent à Manies au sujet de l'abjuration de Henri IV. S'il faut en croire le célèbre historien , il se serait laissé gagner et aurait promis d'abandonner à Du Perron une victoire facile; mais, au dernier moment, soit honte, soit remords, il aurait éludé ses engagements, en feignant une maladie^

et Béraud aurait pris sa place. L'accusation, bien que répétée par BenoH et par Bayle^ ne nous parait pas fondée. Comment la concilier avec les témoignages de respect et de confiance que les églises continuèrent à donner à Rotan; avec les remerclments publics que le Synode national de Montauban, où il remplit les fonctions de vice-président, adressa aux deux champions du protestantisme an sujet a de tout ce qu'ils avaient fait pour maintenir la vérité dans la conférence tenue à Mantes» ; avec l'entière approbation que ce même synode donna «à la conduite qu'ils y avaient tenue» , et surtout avec le choix qu'il fit de Rotan pour un des tenants de la cause protestante contre les docteurs de TÉglise romaine, s'ils acceptaient le défi qu'on leur avait porté de reprendre la conférence ? Comment pourrait-on admettre que Rotan se fût rendu coupable à Mantes d'une lâche collusion, lorsqu'on le voit, moins de trois ans après, réfuter avec autant de force que d'habileté les prétextes mis en avant par Cayet pour justifier son apostasie. 11 faudrait qu'il se fût opéré un bien remarquable changement dans ses sentiments, changement que Cayet n'aurait pas manqué de relever, tandis qu'il ne parle en aucune façon de la prétendue prévarication de Rotan. Enfin à qui fera4-on croire que le Synode national de Saumur, parmi tant de ministres instruits et capables qui siégeaient dans son sein, fût allé choisir précisément Rotan, s'il avait été suspect , pour entrer en conférence avec Antoine de Lescaille et avec Siméon Lhermite et les convaincre de leurs erreurs dogmatiques? 11 est possible qu'à la célèbre conférence de Mantes, Rotan se soit montré enclin aux voies de ménagement et de douceur, car il était, an témoignage d'Arcère, un homme sage et modéré; il est possible encore, comme l'affirme Cayet, qu'il n'ait pas pu tenir contre la subtile dialectique de l'évêque d'Ëvreux et sa prodigieuse érudition ; mais qu'il soit devenu vo-' lontairement acteur dans uoe indigM

ROT

ROT

comédie, rien n'est moins probable.

En 1 594,Rotanéponsa la veuve d'Odet de Nort, A cette date, il exerçait, déjà depuis quelque temps, son ministère à La Rochelle, on il professait en même temps la théologie. Le Synode national de Montauban intervint auprès du consistoire de Genève pour qu^il le le laissât à celte église. Deux ans plus tard, malgré les réclamations de Merlin, de Chalmot et des autres pasteurs de TAunis, le Synode national de Saumur le donna à l'église de Castres, ou il avait été appelé, comme successeur de DaneaUy et où il était allé s'établir avec sa famille, le 31 oct. 1596. Ce fut en vain que l'église rochelloise le redemanda an Synode de Montpellier, en 1598 ; sa demande fut rejelée, comme le fut aussi celle de l'église de Montpellier, qui désirait s'attacher le célèbre pasteur. Dans le moment même où trois églises se disputaient ainsi son ministère, Rotan , perclus de goutte, était obligé de demander au consistoire de Castres d'être déchargé de ses fonctions, qu'il lui était impossible de remplir. Il fut remplacé par Josion et mourut l'année même, le 28 avril, fort regretté de son troupeau. On ne connaît que deux ouvrages sortis de sa plume.

1. Traité orthodoxe de VEucharis* tie, publié à La Rochelle vers 1596.

If. Response à la copie d'une lettre missive de M. Pierre Cayer apostat, en laquelle il rend raison de sa pré^ tendue conversion, La Rochelle, H.

Haultin, 1596, in-8o, pp. 215.

Sénebier le compte au nombre des théologiens qui travaillèrent à la traduction de la Bible publiée en 1588.

ROTOLP (JBAïf ), sieur de Lsscout, avocat à Castres, fut un des premiers habitants de cette ville qui prêtèrent roreille à la prédication de la Réforme, n professait déjà la religion prolestante, lorsqu'il fut élu premier consul en 1 562 . Ses coWhgaesFrançoisRaimond, JeanDonnadieu et Hugues Capduveau ou Capduras, qui fut tué, peu de temps après, dans une expédition nûlitaire.

étalent, comme lui, des sectateurs xélés des opinions nouvelles. En 1567, Lescout ftit élu capitaine d'une des compagnies levées à Castres. En 1572, il fut reçu lieutenant principal, charge dont il exerça les fonctions Jusqu'à sa mort, et dans laquelle il eut pour suocesseur Jean Le Roy. En 1 580« il assista à l'Assemblée politique de Montauban. Il mourut à Castres, an mois de sept. 1598. Son fils Abel, avocat à la Chambre de l'édit, était, selon les Mémoires de Sully, « un homme vertueux, ennemi de toute partialité.» Le Haut-Languedoc le députa à l'Assemblée politique de Sainle-Foy, en 1 601 , et à celle de Chàtellerault, en 1605. Il se flt constamment remarquer par sa modération , surtout pendant les dernières guerres civiles ( Voy, V, p. 203). Deux fois, à huit années d'intervalle, la confiance de ses concitovens l'appeU à la première dignité municipale : en 1 599, avec Matthieu Bellesaigne, Jean Garsin et Isaac Prat; en 1607, avec Jean Oulez , Sébastien Dumas et /oseph Grasset, On ne connaît pas l'année de sa mort^ on sait seulement que sa iemme , Elisabeth 7fr«on, qu'il avait épousée en 1 591 , était veuve, en 1635, avec deux fils nommés Antoikb et Samuel. Celui-ci, avocat comme son père, testa en 1666 et laissa deux enfants:

Antoine, sieur de Saint-Martin, et Pierre, sieur d'Aimar, sur lesquels nous manquons absolument de renseignements. Antoine, sieur de La Devèze, épousa, en 1625, Susanne Espérandieuy qui le rendit père de quatre fils : l« Guillaume, sieur de Lampeau; — 2* Abel, sieur de La Devèze; — z^ An- TOiNB, sieur de Marsac; — 4* Louis, sieur de La Marinière. Tout nous porte à croire que le second des quatre frères est identique avec Abel de La Devèze, qui, après avoir desservi pendant quelques années l'église de Vabre, reçut vocation de celle de Castres en 1 6 7 2 . Ayant laissé, à la révocation, passer le temps prescrit aux ministres de la R.

P. R. pour sortir du royaume, il fut obligé de se cacher; mais, après avoir

ROU

ROU

erré plot de trois mois de lieu en lien, sons toute sorte de déguisements ^ il réussit à gagner la Hollande , et fut placé comme ministre à La Haye. On a de lui :

Page 1