II. Apologie des Béfugiésy Amst. ou La Haye, 1688, in-i
III. Lettre sur le sujet de Vancienne et de la nouvelle version des pseaumes envers françoiSy Amst., 1 701, in-l 2.
ROU (Jeam), homme de lettres, seerétaire-interprète des Etats-Généraux deUollande,naquitàParis, le lOJuill.
1638, et mourut à La Haye, le 3 déc.
1711. Son père, Jacques Rou (l ) était procureur au parlement de Paris, et sa mère, Elisabeth Toutin, était issue du célèbre inventeur de la peinture sur émail. Quoiqu'il fût d'une constitution très-délicate, « on ne perdit point de temps à tout ce qui regardoit son instruction,» lit-on dans ses Mémoires, et il répondit si bien aux soins de ses parents « qu'à quatre ans il étoit en état de faire, à l'issue du souper, la lecture du chapitre par où Ton commençoit les dévotions ordinaires du soir, » et que, pour ce qui regarde récriture, « sa main étoit si souple et ses doigts si dispos » qu'il annonçait pour l'avenir « un maître écrivain parfait. » Ces heureuses dispositions « firent que, dès l'âge de cinq ans, et lorsqu'il étoit encore à la bavette, c'est-à-dire n'ayant pas encore cette longue robe à collet qui préoédoit alors l'habillement à haut de chausses, il fut, sous la guide d'une servante qui le menoit et ramenoit soir et matin, envoyé an collège. » Jamais chose pareille ne s'était vue dans les fastes
(1) n èUit Oli de Jean Roa, liear de LaBulte, arcaerdes gtrdei du corps, et de Maâ^laine Marcher. On doit sans doute le distinguer de Jaefuet Rowtf qui e«l deBar6« Menant un fili, Jaequtt^ né le 4 ktt. iSSi et présenté au baptême par Kicoku Briot, graveur général des monnaies, el par Etther de Murât. A ce dernier se raitacluil sane doute Gédéon Aoitr, fondeur, qui eut de sa femme Marie de Ver ; N., né le 4 man 1625 et présente au baptême par Pierre BtntUê el JarqueUe Vitnin^ et Charletf bapt. le SSnof .
iste.
de l'Université; mais, ce qui était plus commun, c'est que le jeune enfant, qui se morfondait dans son collège sans rien comprendre aux leçons de ses maîtres, revenait chaque fois en larmes à la maison et suppliait ses parents « de le dispenser de tant de supplices. » Sa mère, le cœur navré, s'imagina, pour lui donner de l'émulation, de se faire son condisciple. Ces exemples sont moins rares qu'on ne pense. Nos professeurs titrés auraient grand tort de s'en prévaloir; c'est le plus souvent à nos mères que nous devons les rudiments du grec et du latin, a Mille bonbons p étaient la récompense promise à celui qui aurait le premier achevé sa tâche. Ainsi sucré, le calice passait. Le jeune Rou n'avait pas encore atteint sa neuvième année, lorsqu'il eut le malheur de perdre son père, assassiné par deux de ses clercs qu'il avait fait condamner à la potence pour vol commis à son préjudice. Les deux assassins furent arrêtés.
L'affaire fit grand bruit. Le jour du jugement, |]B« Rou « se rendit au Chàtelet, environnée de ses six enfants, dont deux éloient encore à la mamelle portés par leurs nourrices, l'alné des deux n'ayant pas encore quinze mois, et l'autre n'en ayant qu'un et demi (1).N aNous faisions , lit-on dans les Mémoires de Rou,oii nous continuerons à puiser, une longue file, étant tous placés selon nos rangs dans le passage qui conduisoit à
(1) L'un de ces enfants mourut jeune. Rou, dans ses Mémoires, parle de 4 frères qu'il atait et d'une s<rar unique. Un de ses frères, Salo- MON, présenté an bapt., le 3S janr. 1646, par Jean Mutel, procureur au parlem. de Paris, et MUe de ?iogeHtf se réfugia en Hollande. Nous en parlerons dans notre notice. Peut-être doit-on Tofr un autre de ses frères dans la personne de Henri Ëou^ de Paris, qui soutint une thèse de théologie à Sedan, le 30 juin 1667, et fut ordonné pasteur de l'église de Lorges par le ministre JurieVf en 1671. l\ y exerça son ministère jusqu'en 16S5 qu'il ■ obtint pour sa femme Anne Belta$ et son fils Henri la permission de passer (sTeclui) en Hollande après aToir Tendu son bien [Arch. du greffe de Nantes), a Quant à la Eoenr de Rou, elle arait nom EMsammi ; bapt. le 31 nir. 1641, elle se maria en proTïnce en 1664. Vue antre fille du même nom, bapt. à la chapelle de Hollande le 39 juill. 1639, éUit sans dovl« morte eabaiftge.
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Tescalier par où les juges montoient aa tribunal chacun selon son arrivée.
Cela faisoit fendre les cœurs d'une multitude de monde, que rincertitude du succès avoit attirée là sur le bruit qui s'étoit répandu qu'on pourroitbiensau* ver les criminels sous prétexte de leur catholicité; au lieu que nous, étant huguenots, ne méritions pas, selon les principes de cette sainte religion, qu'on nous fit justice, en la même manière et pour la même raison qu'on se tient dispensé de nous garder la foi, car l'un de ces deux cas est fort parallèle à l'autre. » Plusieurs des juges, dans le procès, et entre autres le trop fameux lieutenant-criminelTardieu,étaient connus pour leur vénalité,* mais, à la fin, la justice remporta sur la brigue et la corruption. Les deux crimineb furent rompus vifs; l'un d'enx, avant de mourir, témoigna le regret a d'avoir été cause, par la promptitude de son crime, de la damnation d'un hérétique, en lui ôtant le loisir de penser à sa conversion. » Quelle admirable charité chrétienne dans un assassin ! Jacques Rou fut enterré au cimetière des SS. Pères, le 24 mars 1C47, à l'âge de 55 ans.
Le Jeune Rou poursuivit ses études sous un répétiteur, nommé Gadurtau, en compagnie de plusieurs autres écoliers, qui se réunissaient à Thùtel de M. Le Coq, probablement le contr6leur général des guerres. «Je goûtai, écritil, outre l'honneur d'une association aussi illustre, du moins par rapport au jeune M. Le Coq, quantité de douceurs, tant que notre précepteur fut en état de nous continuer ses leçons, car, quoiqu'il fût encore fort peu avancé en âge, tout savant qu'il étoil, il vint à mourir iiientôl, n'ayant pas encore trente ans.» Reïité orphelin de bonne heure — il perdit sa mère le 24 août 1652,— -Rou fut placé sous la tutelle d'un de ses ondes, qui l'envoya k l'académie de Saumur. Il y eut quelques succès. Ses professeurs le distinguaient et s'en faisaient honneur. Cependant il convient que les barbares subtilités de la philosophie scolaslique passaient de beau-
coup la portée de son esprit. « Tontes ces pauvretés de l'ancienne philosophie, et quelques autres choses à quoi Je ne comprenois rien, flrentque, quand Je passai maître aux arts. Je n'étois encore, à proprement parler, qu'un vrai novice; et que, sans la petite distinction dont me voulut gratifier M. jftfyues, mon professeur, tant au baccalauréat qu'au magistériat (en considération sans doute de ma petite réputation dans les humanités), de me donner, à chaque année, la deuxième des quatre et cinq harangues qu'on avoit accoutumé d'y faire, c'est-à-dire celle pour remercier et congédier l'auditoire du matin, et oh sans doute je n'épargnai pas ni mes hyperboles ni mes antithèses classiques ; cela,dis-je, excep^ té, et, en quelque état qu'il fût, je n'aurois pas fait grand honneur à M. Hugues. » Son cours de philosophie terminé, Rou retourna auprès de son tuteur et employa environ une demi-année à repasser tout ce qu'il avait appris; puis il se rendit à Paris, en (év. 1 658, pour y faire son droit. Il commença ses études , en compagnie d'un Jeune Le Coq, « sous la direction d'un célèbre souioieur,)) l'avocat Bicheieau (l ). Il ne tarda pas à reconnaître qu'il s'était mépris sur sa vocation. Depuis quelque temps, le goût des romans et de « la bagatelle » s'était emparé de son esprit; mais il ne laissa pas de surmonter ses répugnances en souvenir de son père.
Lorsqu'il eut achevé son cours d'études, il aila prendre « ses licences » à Orléans, a J'endossai là, écrit-il, la vénérable robe de Cujas (car c'est ainsi qu'on appelle une vieille souquenille qui, depuis plus de six-vingts ans, traîne dans la poussière d'une salle oii l'on examine les réponses des divers candidats qui se présentent à toute heure); le point principal est sans doute de savoir s'ils ont sur eux les vingt écus dont
(1) Jean Bicheteta, *TOCâi^*a Parleneat d« Paris, èUit fil8 i'Abd Biekeleau, pastevr d« l'«gUie de MonUubAD, et de Marié Le Petit; le 98 jftin 1648, il époosa Marie Yimbain, lUIetf'i»toine VimboiHf roatlre peintre à Pari» {lifg.4* ChnrenlOH.)
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ils doivent payer leurs licences. Ce fat très-cerlainement^ en ce qni me regarde, ajoute malignement le lauréat, la réponse snr laquelle J'étois le mieux préparé, et sur la Justesse de laquelle Je fus principalement reçu. » Une belle harangue en latin, qu'il prononça avec emptiase en présence de deux auditeurs, a sauva au moins son honneur.»
Le laurier reste , la confusion passe.
Revenu à Paris, il fut présenté, le 29 Juin 1659, à Messieurs de la Cour de Parlement et reçu avocat. Bientôt le dégoût le prit, « la pratique n'éioit point du tout son fait. » La belle littérature, c'est-à-dire cette littérature coquette, mignarde, fardée. de3 ruelles et des salons avait fini par le captiver. 4C Un nouvel entêtement, qui acheva de le détourner tout à fait du barreau^ fut celui de la langue italienne; » il s'y adonnaavec une telle ardeur qu'au bout d'un an, il la parlait tout aussi facilement que sa propre langue. Après avoir traduit le Pastor fldo, traduction qu'il garda en portefeuille, « il passa à celle du Célimaure de Brignol-Sal (i), que la tentation de vingt louis d'or qu'un Jeune libraire (Hauger) lui en offrit assez légèrement, lui fit lui-même aussi légèrement abandonner aux imprimeurs. » Ce fut sa première publication. Il se mit ensuite, et avec un égal succès, à l'étude de la langue espagnole. Sa première traduction de cette langue, le Prince chrestien et politique de Dôm Diègue Savedra Faxardo, Paris, I668,et Amst., 1670, 2v. in-12, avec emblèmes gravés, fut reçue avec faveur «malgré les grands foibiesque l'auteur y reconnut depuis. » « Aussi H. le mar^ qnis de Dangeau voulut-il bien lui faire l'honneur de le présenter [lui, Ron] à H. le Dauphin, à qui il avoit dédié cet ouvrage. » Il fut parfaitement accueilli à St-Germain, où se trouvait la Cour.
(1) BiêUnrt de Célimaure et àe Telimène, Paris, chM la tente Aiilotoe de Sommatille, 1665, S toi. in-lS ; anonyme. C'est par inadtertance que plosieon bibliographes, et d'après eni la Biogr. unit., assignent à cette publication de Bon la date de 1644 ; à cette époque, il entrait dans sa sliième année.
Dès 1664, il avait résolument Jeté a la soutane » pour prendre le Justaucorps et l'épée, « renonçant au palais pour tout le resie de sa vie. » Libre de soucis de ce côté, il se porta avec plus d'ardeur que Jamais vers les travaux littéraires. Depuis quelques années déjà, il était préoccupé d'un vaste travail historique. Son plan n'était encore qu'imparfaitement conçu ; mais peu à peu il le mûrit, a il y employa quatre ou cinq ans entiers avec la dernière application. » Ses Tables chronologiques furent le fruit de ses études et de ses méditations. Il venait de se marier (W décembre 1 669) avec Loutre Elle-Fer^ dinandy fille du peintre Pierre Elle ( l ), lorsqu'il en commença l'impression.
Mézeray, qui avait été'chargé d'examiner son manuscrit , n'y avait rien remarqué de condamnable , et un privilège lui avait été accordé. Tout semblait lui sourire. Une rencontre qu'il fit par hasard, snr la fin de 1 671 , en se rendant au temple de Cbarenton, lui procura la connaissance du secrétaire de rAcadémie,Conrarf, qui le recommanda au duc de Hontausier, gouverneur du Dauphin. Le duc lui témoigna la plus grande bienveillance; il le présenta au Roi, qui lui ordonna de poursuivre son travail, a S. M. s'est comme enferrée d'elle-même, lui dit le duc avec bonté. Reteumez-vous-en, et ne perdez point de temps à la poursuite de votre ouvrage ; de mon côté. J'aurai l'œil à tout. » Fortde cette haute approbation, et rassuré d'ailleurs sur le recouvrement des sommes considérables que lui coûtait la gravure de ses planches, Rou
(1) A la célébration du mariage assistèrent comme témoiDS Jacoh Joly, procnrenr au Parle» nent, et Pierre Joly^ atocalf Louie EUe-Ferdi" nand, oncle paternel de la mariée, et Jean Beck, lésident de l'électeur de Brandebourg, son cousin par alliance. — Nous aurons à ajouter quelques détails sur la famille du peintre Elle- Ferdinand dans notre Supplément: Nous nous contenterons de mentionner ici que Pierre Elle était né le 30 mars 1617 et fut enterré aux SS. Pères le 5 sept. lees. Son frère aîné IoMi«, professeur à l'Acad. roy. de peinture, né le 19 jaill. 1612, mourut, d'après le» Arcbives de l'art français, le IS déc. 1689. Tous deui furent honorés du titre de peintre ordlBaire du re»<
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se remit à son œuvre avec un redoublement d'ardeur.En 1675, verslami- ]uin, ses huit Tables étaient terminées, offertes et agréées (i). Rien ne faisait pressentir une catastrophe, lorsqu'un beau Jour, le 25 nov. 1675, comme il pensait à se mettre à table pour dîner, il reçut la visite d'un commissaire, suivi de ses recors, qu'il prit d'abord pour un curieux de belles-lettres. Bientôt
(1) Les titres de TouTrage varient selon les eiempUiret : i« Hitt. univ. ûneientu, ou Détail kiêlor. , généal. et chronol. de tout ce ^i ê*eêt pané de plue mémorable ^ etc.; — S^ TabUt AtVtor., ehronol. et généal.^ contenant ee qui «*e«f pané de plue mémor. depuie la eréatitm du mon' . d«;— '3» NouvelUi Tablée hietor.^ dreeeéee par ordre du Roy, pour Vueage ds Monteign. le Ihuphin, par M* J. Rou^ advocat au Parlement. Ouvr. trèê commode pour rtntelligence del'hitt. «HIV., tant ancienne que modernt, eainte que profane et dant toutee lee partiet du monde ^ depuie ta création juequ* à préeent^ et divieé tn huit tablée [chacane de S feaillet]. Le i'* coutenut l'Eitat du Monde sons les Patriarches et JngeSf le roy. des Assyriens et les premiers Estais de Grèce. — La S«, la monarchie des Bablloniens, les roy. de Judaet dlsraël, et antres £stats contempocmins.-^La S*, la monarchie des Perses en Gyms, et les autres Estais contemporains. — La 4*, la monarchie des Grecs ea Alexandre le Grand, etc. — La 5«, la monarchie des Romains en Jnles et Angnste Gèsari, etc.— La 6", \ti deux Empires d'Orient et d'Occident, et h Monarchie françoise en Pharamond, etc.— La 7«y TEmpire de Gharlemagne et la monarchie d'Espagne en D. Femand, etc. — La 8« et dernière, l'Empire des Latins on François à Gonstantinople, insqn'à eelny de Loays-le-Grand,et ses fameuses conquestes dans les trois dernières années. — ^Ensemble les conciliations de la chronologie» les quatre palriarchals d'Orient, lu usa* ges de l'Eglise, les persècniions, ordres, schismes et hérésies, les conciles et Pères ; la déduc- Uon dee époques générales ; le dénombrement des hommes illustres, tant ani armes qu'aux lettres; Torigine, les progrès et la chute des principales maisons de l'Europe ; et la généalogie, les prétentions et les alliances de tous les roys et princes, Paris, 167S, — 75, gr. in-fol., ches Tauteur, avec priTilége pour 10 ans. L'exemplaire qui porte ce dernier litre, que nous avons reproduit tu exteneOf setrouTO à la Bibl. Maxarine, 5050 A>. On a eu tort dédire que Rou avait en le premier l'idée d'un semblable traTail. Lui-même ne réclame, comme étant de son invention, que « l'artifice de réeonomie, * e'est-è-dire l'ordonnance, qui, dit-il, a plu à tout le monde. Ginq ans envl- Ton avant qu'il songe&t à graver ses première! planches, en 1067, avait paru La Chaîne histor. enabbrégé, par Ignace Poindrenx, Paris, tn-fol., où à la suite des Tables synchroniques se troivent des développements historiques; tel élail aiisl le projet de Roa, mais U n'a paPexécalar.
tout s'éclaircit. Rou eut beau eiciper de son privilège; ses exemplaires et ses planclies furent saisis, etlui-mèmeconduit à la Bastille (27 nov.) Toutes les sollicitations de sa femme et de ses amis furent Inutiles. M. de Meaux ne voulut pas entendre parler de l'bérétique. Quant à M. de Montausier, tout en blâmant sa conduite, il promit do ne pas l'abandonner et il tint parole : non- seulement il s'employa auprès de La Reynie pour obtenir que les planches de ses quatre dernières Tables, qui étaient plus particulièrement incriminées, nç fassent pas brisées ; mais ce fut grâce à ses « obligeantes recommandations » que notre prisonnier fut traité avec quelques égards à la maison royale. Rou n'y passa que quelques mois. Son généreux protecteur obtint du roi son élargissement, le Vendredi- Saint de 1 6 7 6 . Quel étai l donc le si grand crime de l'auteur des Tables? On l'a deviné, il n'avait pas en l'art de déguiser la vérité. On lui accordait que les faits, tels qu'il les rapportait, étaient vrais ; on reconnaissait qu'il s'appuyait des meilleures autorités, telles que Baronius, le P. Labbe, l'historiographe du roi Mézeray; mais on lui objectait que toute vérité n'est pas bonne à dire, surtout quand on travaille pour un Dauphin de France (le Dauphin avait agréé la dédicace de son œuvre) , et comme Hou ajoutait pour sa justification que, si on consultait Baronius, on trouverait qu'il disait de plusieurs papes des choses encore plus fortes que celles dont 11 les taxait : « Oh! monsieur, lui répondit La Reynie, croyez-vous que cela vous mette à couvert? Baronius est comme un enfant de la maison, il peut dire hardiment ce qu'il lui plaît, ne pouvant être suspect ; au lieu que vous êtes un étranger. Un père, mécontent de son fils , le traite de maraud et de coquin; mais il ne voudroit pas qu'un autre que lui se donnât la même liberté. » Cette réflexion du lieutenant criminel a sans doute un grand sens ; elle trouve son application dans une fouie de circonstances.
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Toutes les démarches que Rou flt pour recouvrer ses planches restèrent infructueuses. Ce fut en vain qu'il promit de retrancher les passages qui avaient déplu, et qui se réduisaient à un très-petit nombre, S. M. demeura inflexible.
« C'e«t une affaire qui a trop fait de bruit pour pouvoir être rhabillée, quelque pièce qu'on y pût coudre ; qu'on ne m'en parle plus ! n répondit-elle à 1 archevêque de Paris qui, à la prière de son ami le pasteur de L'Angle , avait consenti à intercéder pour le coupable. Pour remédier autant que possible par son industrie « à la nudité où sa persécution i'a^oit réduit, » Rou se mit à donner des leçons. Sa confiance en la bonté de Dieu ne Tabandonnait Jamais. Au plus fort de ses tribulations, une pensée religieuse vient adoucir l'amertume de ses réflexions. Le marquis de/{tit;i9fi|/,qui avait de l'affection pour lui, songea à lui faire obtenir la place de gouverneur de lord Spencer, flls atné du comte de Sunderland. Sa proposition fut acceptée et Rou partit pour l'Angleterre (1677), en laissant sa femme à Paris. Après avoir été saluer le comte et la comtesse qui résidaient à Londres, il se rendit au château d'Altbrop (( qu'il trouva habité par un petit héros et deux nymphes, d Telles sont ses propres expressions, et encore les trouve-t-il trop faibles; «je dis plus, continue*t-il^ car milord Spencer m'a paru un grand Apollon et mesdames ses sœurs de Jeunes déesses. » Le grand Apollon ne tarda pas à lui faire des siennes. Rou s'en plaignit à la maman et la maman donna raison au grand ApoUon, qui ne pouvait avoir tort. De là, brouillerie, rupture et départ du précepteur. Il était de retour à Paris au commencement de sept. 1 678. Le comte de Sunderland, qui était alors ambassadeur en France, et qui ne pariageaitpas les préventions de son épouse, lui promit qu'à son prochain retour en Angleterre, il lui procurerait un poste bien plus avantageux que celui qu'il avait eu dans sa maison. Il ne s'agissait de rien moins que de la place de
gouverneur d'un flls naturel du roi.
L'affaire réussit. Dans l'intervalle, le duc de Montausier,qui témoignait toujours à Rou la pins grande estime, le chargea de « mettre en ordre tous les papiers que depuis dix à onze ans qu'il étoit honoré de la conduite de monseigneur le Dauphin, il avoit recueillis de ses diverses méditations pour mieux remplir tous les devoirs d'un si glorieux poste.» il s'agissait «de donner une forme raisonnable à tout ce chaos.» Rou se mit de suite à la tâche. Ce travail ingrat était déjà très-avancé, après plusieurs semaines d une application opiniâtre— il l'acheva à loisir chez lui, —lorsqu'il dut quitter St-Germain, où il travaillait sous les yeux du duc, pour être installé à Paris auprès de son royal élève, le comte de Northumberland. Le jeune prince avait été placé à l'académie de Coulon — académie on l'on instruisait la noblesse dans les arts et les sciences qui regardent la profession des armes. Les choses allèrent assez bien pendant quelques semaines; mais la duchesse de Cléveland, l'ancienne mattresse de Charles 11 et la mère du jeune prince, avait vu le choix de Rou do mauvais œil, et par ses sollicitations auprès du roi , le gouverneur fut romercié. L'ambassadeur d'Angleterre, Savile, chargé de lui transmettre cette brutale destitution , lui écrivait, à la date du 28 sept. 1679 : «Franchement, monsieur, je suis si ouiré de cette affaire, que je n'ai pas osé vous la dire, de peur de vous montrer des foiblessesque vous trouveriez trop violentes, même en votre faveur, tant j'en suis touché. » En même temps, il se mettait entièrement à sa disposition et lui marquait qu'à son retour delaCour, « il trouveroit quelque moyen de témoigner à tout le monde la distinction qu'il faisoil à son égard. » Bientôt après, une place d'instituteur lui fut offerte en Hollande dans la famille de M. de Sommerdick. Rou accepta et partit de Paris, où il laissa sa famille, le 14 sept. 1680. Ses appointements n'étaient que de 600 livres, tandis que.
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dans les places qn'il avait précédemnieiit reroplfes^ ils s'élevaient à 1300; mais on loi faisait espérer d'autres avantagesqnl devaient compenser la dif* férenee : la considération des parents et TafR^tion des élèves. M*>« de Sommerdlck (on piolet d'Aerssen de Sommelsdyck) était française d'origine (l); elle était la fllle aînée da fameux Satti^ André'Montbrun» A côté de belles qua* lltés, « de la piété et one véritable crainte de Dieu, t> cette dame avait ses défants, et entre antres « une légèreté de langae qui, sans qu'elle eût un véritable dessein de faire du mal aux gens, lui faisolt dire d'eux au premier venu tout ce qu'elle en savoU. i> Bon fut parfaitement accueilli; mais, après de grandes marques d'estime réciproque, on se refroidit petit à petit, une broulllerie survint et la guerre fut déclarée. Les mères seront-elles toujours le fléau de l'éducation de leurs enfants? A la fln de Janvier 1682, Rou dut quitter sa place. 11 accepta l'hospitalité que lui offirit un H. de La Fosse qu'il avait connu à Paris et qui s'était retiré à La Haye, où il s'était marié. Il vécut dans cette lionorable famille tout le temps qu'il resta sans emploi,c'est-à-dire près d'une année entière. Il consacra ses loisirs à écrire ses Remarques sur Vhisi, du calvinisme de M. Mmmbourgy La Haye, 1682, in-i8de 204 p., qu'il dédia au prince d'Orange. CeCfe publication fut suivie de près par une controverse qu'il soutint, avec urbanité et talent, contre le grand fiossuet, sons le masque de son ami, M. de Vrillac, ancien bailli de La Ferté-sous-Jouarre,qUl s'était réfugié en Hollande. Elle fut imprimée sous ce titre : LaSéduction étU" die ou Lettres de M. Vévêque de Meauco à un de ses diocésains [M. de Vrillac], ^li» s'est scmvé de la persécution, avec les Réponses qui y ont été faites , et dont la principale est demeurée sans répK5tie(2),Berne[LaHaye],s.a.[i686]
(1) Elle fat mariée le 1" juin 1664, et mou* rat, d'après Bâyle, à La Haye len 1695.
\t) U parattiitil aèannoins qQ*on y fll ine réponse. Toujours est>ii que Des Maizeaux acookpris dans l'èdil. des OEnTrei direrses de Bayle la
in-18 de 96 pp. Une pièce de vers :
Plainte des fidèles persécutés , mais qui marque leur résignation à la Proui* dence divine, termine ce petit livre.
Bayle, à qui Rou avait communiqué soA manuscrit, le trouvait « écrit et avec beaucoup de pureté et avec force et avec zèle, » « j'en pourrols dire beaucoup plus de bien, ajoutait-il, si je voulois égaler par mes expressions ce que j'en pense. » A cette époque, la position de Rou, sans être brillante, s'était améliorée. Sur la recommandation du ministre iurtVu,le prince d'Orange lui avait promis de songer à lui à la première occasion. Une place de clerc dans le greffe de Leurs Hautes Puissances (espèce de ministère des affaires étrangères) étant venue à vaquer par suite de la promotion de Spanheim au secrétariat de la Cour de Hollande, hou la sollicita et l'obtint sans difficulté. Il prêta le serment le 20 nov. 1 682. Il ne tarda pas à se faire remarquer dans ce petit poste. Une lettre de créance qu'il eut l'art de tourner, pour le petit duc de Bourgogne, âgé seulement de quelques mois , lui fit le plus grand honneur (1). Dorénavant, on ne s'adressa plus qu'à lui pour ces sortes de missives. Hou songea alors à se flxer en HoUande. M. de Montausier lui obtint la faveur de faire venir sa femme auprès de lui. M«« Ron arriva en Hollande, le J 8 août 1 683, avec ses deux jeu-^ nés enfants, Marie et Locisa, cette dernière âgée seulement de 18 mois. Les bontés du duc ne se bornèrent pas à ce servira. Il ne cessa de s^intéresser ad sort des Tables chronologiques. Dans une lettre datée de Versailles^ 9 juin 1686^ il marquait à Rou l'inutilité de
réponse sniTanle, qved'aolrés ont attribuée à P^* Uiion : Rfpofue d'un noutean emiverli à Ui lettre d'un réfugié y pour servir i^addition auiivre de Dom Déni» de Sainte-Marthe, intitulé Réponse ans plaintes des Protestants, Fftris, 1689, in-lS.
(1) rétiqnetteToalait, à la eoar de LonisXIV^ qu'on ambassadeur, pour être admis, apportât arec laides lettres decréance peur totts les membres de la famille royale sans esoeptlon, et bwte d'ane lettre au petit duc, le député de Leart Hantes Pnissances n'avait pu être reçn.
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ses démarches pour ravoir ses plancbes^ mais il lui laissait entrevoir une chance de réussite. «Voilà, monsieur, lui disait-il, où en sont les choses, dont J'ai d'autant plus de déplaisir à votre égard, que J'espérois toujours dans la suite quelque changement favorable pour vos intérêts, lesquels je n'ai cessé de représenter, sur quoi Ton m'a fait entendre qu'il n'y auroit que votre retour qui seroit capable de vous le procurer. Vous en savez la condition sans vous le dire. Mais Dieu, qui fait tout pour le mieux , et qui se sert de tout moyen pour le tourner à sa gloire, ne \ousprésenteroit-il point celui-ci pour vous faire revenir au giron de l'Eglise? » Puis il ajoutait en post-scriptum : « Si vous reveniez, comme Je le souhaite, M. le chancelier m'a assuré que vous trouveriez encore des avantages considérables; ne les négligez pas. »
Nouvelle preuve des honnêtes moyens que l'Eglise employait pour ramener les brebis égarées : la violence et la tentation. La réponse de Rou à cette lettre est trop digne pour que nous n'en détachions pas quelques passages :
«... Je me flatte de l'honneur d'être assez connu de vous pour ne pas douter que vous n'ayez bien Jugé de vousmême que ce qu'on a exigé de votre plume en cela ne porteroit à mon égard aucun coup , et que , sans celte forte persuasion, vous ne m'en eussiez Jamais rien dit, de peur d'avoir vousmême quelque reproche à vous faire sur ce sujet ; aussi vous protesté-Je , monseigneur, que, quand la crainte de Dieu et le sérieux intérêt de mon salut ne seroient pas les principaux motifs qui me font ranger à mon devoir, au moins ne f&t-ce que pour ne me rendre pas indigne de l'honneur de cette précieuse estime dont il vous plaît de m'assurer si obligeamment. Je me donnerois bien de garde de tomber dans une faute qui ne pourroit vous inspirer pour moi que le dernier mépris...» Et il terminait sa lettre en rétorquant les yœux que le Duc avait formés pour sa conversion. « Je prie Dieu, lui disaft-
11, de vouloir être lui-même le rémnnérateur des obligeants vœux que vous avez la bonté delui présenter pour mol. Il vous a déjà tant fait de grâces, que^ comme il ne laisse Jamais son ouvrage imparfait, Je ne puisme résoudreàvons regarder comme exclu des vaisseaux de son élection. Après quelques écartsd'on cêté, il n'est pas impossible que nous ne nous trouvions en même chemin, el n'arrivions enfln à même but. » Le duc qui, an fond du cœur, était peut-être encore protestant, ne se formalisa pas de cette réponse. Il conserva à Rou toute son estime et ne cessa de lui en donner des marques. A quelque temps de là, Rou eut encore l'occasion de recourir à ses bons offices. Le plus Jeune de ses frères , Salomon , qui habitait Poitiers, ou il s'était marié et où il faisait le négoce, avait soutenu, aidé par sa femme, un combat contre deux dragons que l'on avait logés chez lui et qui l'avaient lâchement insulté sans provocation. Appréhendé pour ce fait de légitime défense, il fut Jeté en prison. Après y avoir séjourné assez longtemps, on le relâcha, et il profita de sa liberté pour fuir à l'étranger. Malheureusement il fut arrêté à Tournay.
Dans une lettre datée de La Haye, 19 mars 1686, Rou lui recommandait la fermeté et la constance. « Tu as fait voir plus d'une fois, lui écrivait-il, dans des occasions qui n'étoient pas de l'importance de celle-ci, que les hommes, quels qu'ils fussent , n'étoient pas capables de t'intimider, ni de te faire fléchir, et tu as toujours soutenu ce que tu as cru être de tes droits et de ton honneur, au péril de tout ce qui pouvoit arriver. Ah ! mon cher frère, qu'il ne soit pas dit qu'en qualité d'enfant de ce siècle, tu aies été plus généreux et plus fort qa'en qualité d'enfant de lumière, n II parait que le conseil ne fut pas entendu. A la date du 50 sept. 1 688, Salomon Rou fut admis à la cène dans l'église wallonne de La Haye, après avoir témoigné son repentir dn péché qu'il avait commis en reniant sa foi.
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Le prince d'Orange^ en accordant à Ron la modeste place de clerc qn'il avait sollicitée, lai avait dit avec bonté qn'il faisait bien de commencer par an petit emploi poar se fortifier dans la connaissance de lalangne, mais qa'aas- 8it6t qa'une place plus convenable se présenterait, il l'invitait à le loi faire savoir. Six ans plas tard, la place de traducteur des Etats-Généraux étant venue à vaquer par la mort du titulaire Yan derMeulen,Rou la sollicita et l'obtlnl. La protection de la princesse d'Orange et celle du grefiSer Henri Fagel, fï*ère du grand pensionnaire, lui furent d'un puissant secours. Du reste, il y avait des titres incontestables. Depuis son entrée en fonctions comme clerc dans les bureaux du greffe^ « toutes les lettres généralement que l'Etat avoit eu occasion d'écrire aux Puissances étrangères, tant en françois qu'en latin, et cela au nombre de plus de deux oents, étoient de sa composition», et de plus a dans des conjonctures de maladie ou d'absence du traducteur, il avoit traduit un très-grand nombre de résolutions d'une longueur considérable^ et avoit fait la correction de toutes les autres. » Il fut installé dans cette place le 22 fév. 1689.
Ses fonctions étaient peu assujettissantes ; elles lui laissaient tout le temps nécessaire pour se livrer à ses occupations littéraires. Dès 1691, il fut admis à des réunions hebdomadaires que tenaient les pasteurs de La Haye, et oii se traitaient des questions d'histoire, de philosophie et de théologie. Pendant le temps qu'il fit partie de celte société, c'est-à-dire Jusqu'en 1710, il aborda plus de 200 questions « dont plusieurs, dit-il^ sont fort travaillées;» mais quatre de ses dissertations seulement virent le Jour : l^SurAssuérus; 2» Sur les Septante Semaines de Daniel; 3<>Sur les deux Gâtons {ïL\si. des ouvr. des savants, Ù^Basnage de Beauva/, mars et Juill. 1706, mars 1708), et 4* une Héponse à quelques difficul»
tés proposées par le ministre La Placette (Nouv. delaRép. des lettres, de
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Bernard, fév. 1709). Cette société comptait parmi ses membres MH. Du Vivier, Carnéli, Bayle, Olivier, Gué^ man, Brun, La Devèze, Isaac Claude, Gohin, Bernard et La Grange, Rou et Des Forges-Acéré sont les seuls membres laïcs qui y furent admis.
Vers cette même époque, Rou travaillait à uoe Hist. de l'Académie roy, de peinture et de sculpture. Il l'avait entreprise « en faveur d'un illustre membre de c« célèbre corps (Henri Testelin), avec qui, depuis longtemps, a étoit Hé d'une amitié fort étroite, et qui, étant secrétaire perpétuel de cette compagnie, iui abandonna dans cette vue tous ses registres.» Cette histoire qui parait avoir été terminée, n'a pas été publiée, et l'on ignore ce qu'est devenu le manuscrit, car on ne saurait voir le travail de Rou dans les Mémoires suri'Acad. de peinture etde sculpture récemment édités par M. de Montalglon, non plus que dans ceux publiés, d'après un autre msc, par H.
Paul Lacroix dans la Revue univ. des Arts (août 1856 et suiv.). Nous partageons entièrement, sur ce point, l'opinion émise par l'éditeur des Mémoires de Rou.
Rou avait pour habitude de prendre l'avis de Bayle « sur tous ceux de ses ouvrages dont il se faisoit le plus d'affaire. » Mais il paraissait rechercher plutôt l'éloge que le conseil, et ce n'était jamais qu'à son corps défendant qu'il cédait, même sur les plus petites choses. Il avait toute la ténacité du pédant. Il lui communiqua donc un fragment de son histoire. Le savant critique lui en fit réloge, mais en y mêlant une de ces réflexions pleines de bon sens qui lui étaient familières. «J'ai lu avec beaucoup de satisfaction voire début et votre plan, lui marquait-il; Je voudrois néanmoins diminuer un peu les figures trop fréquentes du style, et puisque vous voulez que Je vous en dise mon sentiment, mon avis, que Je soumets et que Je dois soumettre au vôtre, seroit que vous prissiez, mémo dans l'Introduction, un style moins
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flenri, moins peint et moins travaillé; TOUS savex que c'est le goût de notre llècle d'aimer le naturel dans le discours. » La critique était Juste, elle porta, mais elle ne guérit pas le malade. Le travail que Rou avait entrepris, n'était pas au-dessus de ses forces. Il convient lui-même qu'il avait « une teinture assez raisonnable de toutes les parties qui constituent l'excellence des beaux-arts.» Il aimait particulièrement le dessin et la peinture. Dans la maison paternelle, il avait été « comme nourri dans le sein et entre les bras de la peinture, ne se Jouant qu'avec des erayons et des pinceaux. »£tplus tard, 11 s'était allié à une famille a où il ne voyoit que curieux tableaux et estampes très-rares. » Du reste, la plupart des membres de l'Académie étaient de ses amis, et quelques-uns des plus intimes; sur leur invitation, il assistait régulièrement à leurs séances. 11 avait même été question de l'adjoindre à Testelin comme secrétaire-adjoint, et en cette qualité— officieuse plutêtqu'offleielle, — il rédigea plusieurs lettres de remerclment pour le président Lebrun.
Au commencement de l693,Roureprit la traduction de l'Hist. d'Espagne deMarlana, que, depuis 25 ans, il laissait dormir en portefeuille. Au bout de trois ans, ce travail fut entièrement acbevé. Mais des difficultés et des mécomptes qu'éprouva le libraire qui s'en était cbargé, en Orent remettre l'impression. Bayle Jugeailcetouvragepropre à immortaliser son auteur. En voici le titre : Hist. génér, d* Espagne, trad, tant du latin que de l'espagnol de Jean de Mariana, iésuite, avec des notes historiques, chronologiques, géographiques et généalogiques ; et une préface dans laquelle on fait la critique et l'apologie de Mariana» Après avoir passe par les mains de diflérents libraires, le msc. se trouvait, du temps de Prosper Marchand, en la possession de François L'Honoré à Amsterdam.
On doit regretter que cet ouvrage n'ait PM vu le jour, à cause des annota-
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tions dont Rou l'avait enricbi : c'était un genre de travail auquel 11 était tout h fait propre. Aussi instruit que patient, il aimait à étaler son érudition. On trouve dans ses Hémoires un fragment de ses notes, où il relève une foule de bévues de son auteur.
Sur la fin de 1700, Rou, sur sa sollicitation et par Tappui de son ami Rapin-de-Thoyras, succéda à Le Vassor auprès du Jeune lord Woodslock, le ûls aîné du comte de Portland. Le Vassor était cbargé d'entretiens « sur la belle littérature. » On demanda plus spécialement à Rou des entretiens surl'bistoire. Il se rendait cbaquejour auprès du Jeune lord et y passait une ou deux heures. Les matériaux qu'il avait recueillis pour rédiger se^ Tables lui permirent de faire faire à son élève, en très-peu de temps, un cours presque complet d'histoire. Comme sa place de translateur lui laissait beaucoup de loisir, il consacrait ses journées à peu près entières à ses préparations. Celte occupation qui dura de six à sept mois, jusqu'au départ du comte de Portland pour l'Angleterre, lui fournit l'occasion d'un travail qu'il méditait depuis 25 ans, c'est-à-dire «les Suppléments tant de fois promis à tous les articles de ses Tables, où les étroites bornes du terrain l'avoient forcé à laisser tant de lacunes. » Ce travail considérable fut achevé dans ce court espace de temps.
« Ce qui s'y trouve de principalement curieux, écrit l'auteur, ce sont quantité de dissertations tant sur les plus difficiles endroits de l'histoire en général, que sur le génie,, le style, le caractère et les talents de tous les hommes illustres, soit dans les armes, soit dans les lettres, etc.» Sur le désir qu'il lui en exprima, Rou remit tous ses cahiers au comte de Portland ; mais il ne renonça pas à l'idée de perfectionner son ouvrage. Ily travaillait encore lorsque la mort le surprit. On ignore où a passé son manuscrit ; il portait pour titre: Abrégé d'une Hist, universelle^ ou Récits des faits les plus curieux qui se sont passés dans l'histoire ancienne
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et moderne. U ne faut sans doate pas confondre ce travail avec V Histoire diplomatique po\XT laquelle^ à ce que nous apprend une lettre de Bapin-Tboyras, du 15 JuiU. 1707, Bon était en pourparler avec un libraire. Tout en louant, danscette lettre, «sa diligence extraordinaire à faire toQt ce qu'il entreprend » , Rapin déplore « le temps qu'a perdu el que perd tous les jours un homme aussi capable que lui de faire de beaux et bons ouvrages. » En e£fet^ il éparpillait son savoir sur toute sorte de sujets, se contentant d'en faire jouir un petit cercle d'amis. Dans les premières années du xvm« siècle, il fonda, avec le concours de MM. La Devèze, Du Vivier, Des Forges, auxquels vinrent s'adjoindre MM. Rapin-de-Thoyra$, de Beauval, Térond et Martel, puis MM. Bamage et Lassara, une petite Académie littéraire sous le nom bizarre de Féauté, Dans les réunions de cette société, tout se passait en conversations.
La rédaction de ses Mémpires occupa les derniers loisirs de Hou. Il venait à peine de les achever à la bâte, lorsqu'il mourut. Ces Mémoires que M.
Francis Waddington a retrouvés dans les Archives de l'Etat à La Haye (Ruana ou Mémoires el Opuscules du sieur Rou, 2 yo\. mss. lu-i»), el dont II a soigné l'édition pour le compte de la Société de l'HIst. du protestantisme français, en les enrichissant d'un grand nombre de notes et d'une Introduction, ont paru à Paris, 1857, 2 ^ol. ln-8», sous ce titre : Mémoires inédits et 0puscules de Jean Rou. Rou a divisé ses Mémoires en quatre parties : les deux premières renferment le récit de sa vie et de ses aventures ; c'est son Journal proprement dit. Les deux parties suiyantes qui forment le second volume, sous le titre de Suppléments, ne sont qu'un recueil et un compte-rendu de ses Opuscules, auxquels il mêle quelques anecdotes. D'après une note que le fils de Rou a mise sur le msc. de son père, le i«' vol.,*commencé le 24 juin nio, fut achevé le 18 sept.; le se-
cond, commencé le 8 oct. de la même année, fut terminé le 21 avril 1711.
C'était à peine le temps sufDsant pour les écrire; il n'est pas étonnant que la rédaction laisse beaucoup à désirer. On ne peut pas dire que ces Mémoires soient très-intéressants, mais ils auraient pu l'être, le tour seul y manque. L'auteur s'appesantit trop sur les petites choses. 11 est suffisamment instruit, mais il le fait trop voir; son ami Vadius eût signé plusieurs de ses écrits. Quant à son style, il est lourd, empesé, et communément, quand il veut ètre fleuri, il « sort du bon caractère et de la vérité. » Mais on trouve néanmoins dans ces Mémoires de bonnes pages, quelques anecdotes curieuses, quelques bonnes peintures de mœurs, et le tout rehaussé par un grand air d'honnêteté et de bonne foi. Quoiqu'il soit très-zélé podr sa religion, Rou n'est pas intolérant; il comptait autant d'amis dans la communion romaine que dans la sienne, il avait pour principe « que quelque religion qu'on professe, il en faut de bonne fol remplir tous les devoirs, n
Outre les publications que nous a* vons fait connaître dans le cours de cette notice, Rou soigna Tédition des Feuilles de figuier, du pasteur Matkurin (Voy. Vil, p. 327). Il indique dans ses Mémoires quelques-uns des nombreux changements qu'il proposa à l'auteur, et qui furent tous adoptés avec la plus grande modestie; ils concernent principalement la langue. Quelques années plus tard, Rou donna une nouvelle édition des Psaumes de dom Antoine, roi de Portugal, de la traduction de Du Ryer^ qu'il (il précéder d'une Dissertation sur le Vous et le Tu, en parlant à Dieu, La Haye, 1 69 J , in-1 2. Cette dissertation, au jugement de Bayle, est curieuse et intéressante; elle est reproduite dans ses Mémoires.
Enfin Rou surveilla une grande partie de la publication de i'Anti-Baillet, de Ménage, qu'il enrichit d'un Index.
On sait peu de chose sur ies descendants de Rou. Malgré toutes ses recher*
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cbes sur les lieux mémes^ M. Francis Waddinglon n'a pu recueillirque d'insigniflants renseignements. Lorsqu'il fut nommé interprèle des Etats-Généraux^ c'esirà-dire à Tàge de 5i ans^ Il avait 5 enfants. A sa mort^ quatre signèrent une pétition pour obtenir le payement intégral du trimestre courant dû à leur père^ savoir : ioMarie-Eli* 8àB£th^ née k Paris^ le 1 4 août 1 680 ; — 20 Louise^ née dans la même ville, le 1 2 fév. 1*682 ; — 30 Elisabeth, née à La Haye, le 14 avril 1687. D'après une note communiquée à M. Waddington par l'archiviste en chef des Pays- Bas, elle épousa N, Turptiv^e-Lormafin y qu'elle accompagna en France; mais, depuis 1748, on la retrouve à La Haye. Elle recevait une part de la somme de 1 0,000 florins, accordée annuellement parles Etats-Généraux aux dames françaises réfugiées. Le dernier de ses acquits, signé Rou-de-Lormarin, est du mois d'oct. 1760; — 4« Jean- HBimi (1). Ce Qls n'était évidemment pas le seul. Rou adresse ses Hémoires à son flls ainéy qui lui avait manifesté, par lettre , le désir « d'être instruit un peu plus en détail du cours de ses études dans l'intérêt des siennes. »0n pourrait en conclure qu'en 1 7 1 0, ce flls étaitdansquelquenniversité.Ncseraitce pas Louis Rou ou Roux{ Voy . ce nom) , second pasteur de l'église française à New-York, de 1710 ou 1711 à 1724?
Ce qui semble conQrmer cette supposition, c'est que plusieurs des annotations que porte le rose, des Mémoires de Rou sont signées des initiales L. R. ROUAULT (Nicolas), ou Rou- HAULT, sieur de Gamaches, flls d'Aloph Rouault, sieur de Gamaches (2), et de Jacqueline de Soissons, suivit le parli du prince de Condé jusqu'à la Saint- Bartbélemy. Il fut du très-petit nombre des seigneurs huguenots à qui Charles IX « fit grâce », à condition qu'ils
(1) Pent-étrele négoeiant Jean Rou, domicilié en Hollande, dont II. '^'addington a tronTÔ ane taltre, h la date dp iSfér. 17)5, an British Mo-
(a) Aloph Renault De lesu qn*en iM7 ; maii BOit ignoroBi l'il tnlmifa la religion réformée.
abjureraient, condition à laquelle le sieur de Gamaches se soumit sans résistance. 11 mourut en 1 583. D'un premier mariage avec Charlotte de Lenonr court lui étaient nés deux fils, Jean et GÉDÉON, qui moururent jeunes. En 1 573,ilépousaen8econde8 nocesClaude de Maricourt qui lui donna encore trois flls.
A une antre branche de la même famille, celle de La Rousselière, appartenaient Charles /{oiiau/t,sieur du Landreau (aliàs de Landereau), baron de Boumezeaux, qui combattit sous le drapeau huguenot dans la seconde guerre civile, mais qui changea bientôt après de parti; et son frère René y sieur du Buignon, qui épousa Jeanne GauUron, fille de Roland, sieur de Landebaudière, et de Bonaventure de Condé. Les noms bibliques de Jacob, Isaac et Abraham, qu'il donna à ses trois fils, indiquent suffisamment qu'il fit aussi profession de la religion réformée. L'alné, Jacob, épousa, en I6I8, Jeanne Garipeault.
Nous ne savons rien de plus sur cette famille, dont les barons de Northwick prétendent descendre par Jean Rouaolt, fils de Nicolas.
ROUBILLIAG (Louis-François), habile sculpteur, né à Lyon vers 1 695, et mort à Londres, le 1 1 janv. 1762.
11 est probable qu'il descendait de nouveaux convertis et qu'il ne fit que reprendre la religion de ses pères. Cunningham suppose qu^l se fixa en Angleterre dès 1720. La première mention qui soit faite de lui comme artiste, se rapporte à divers bustes d'hommes célèbres exécutés pour le collège de la Trinité à Cambridge (et non Dublin), et pour lesquels Edouard Walpole l'avait recommandé, mais on ignore en quelle année. Sa réputation grandit rapidement, « et comme il devint à la mode, dit la Biographie anglaise, sa pratique fut bientùt plus étendue que celle des plus populaires artistes de son temps. 9 Ses ouvrages connus sont assez nombreux. On cite de lui : i'^Jean, duc d'Argyle et de Greenwich, surnommé le Grand, mort en 1 743. On ra-
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nou
conte qo'à la vue de la statue de r£loquence qui orne ce monument, Canova, saisi d'admiration, s'écria : Voilà une des plus t>elles statues que J'ai vues en Angleterre ! — 2* Lady Elisabeth Xightingale^ morte en 1734, et son mari Joseph Gascoyne, mort en 1752. Dans Topinion de très-bons juges, ce monument est le morceau capital de notre statuaire.— 3oLemar^cÀa/lfWe, mort en 1748.— 4»L'aimn»/s»r Peter Warren, mort en 1752. Ces quatre monuments funèbres se trouvent dans Tabbaye de Westminster, à Londres. — 5« HcBndel,moTi en 1759, dans les Jardins du Yanxhall, ou, selon d'autres, à Westmlnster-Abbey où Ton voit en effet une statue du célèbre musicien allemand. Quelques critiques accordent la préférence à cette statue. — e^shakspère, exécutée pour le comédien Garrick et donnée par lui au British Muséum. — 7» George II, statue en marbre blanc, Golden-Square à Londres.
— 8« George /, dans la chambre sénatoriale de Cambridge. — 9» Charles, duc de Somerset, chancelier de l'université de Cambridge. — 1 0» Newton, dans la chapelle du collège de la Trinité. Dans ce même collège, à Cambridge, se voit une suite de bustes estimés dus au ciseau de RoubiUtac. De ce nombre est sans doute celui de R, Frewin M. D, qui parut à la grande Exposition de Manchester^ avec le suivant, appartenant à M. G. Rigby : — 1 1« Enlèvement de Ganymède, en marbre. — \2* Le dtic et la duchesse de Montagne, dans le comté de Northampton, « magnifique travail, dit le critique anglais, mais oiil'on désirerait plus de simplicité. » — 1 3<» La statue de la Religion, dans un petit temple élevé à la mémoire d*ËdouardHoldsworth à Gopsal dans le comté de Leicester. — i 4oLe monument consacré à la mémoire de Vévêque Ilough, dans la cathédrale de Worcester. — l5o Le buste du docteur Mead,morien 1 754, dans le collégedes médecins à Londres. On rapporte que ce travail parut si parfait à ceux qui f avalem commandé qu'ils Totilar^t M
payer le double du prix dont ils étaient convenus, mais l'artiste refusa en disant que c'était trop peu, qu'il estimait son ouvrage 108 liv. 2 scbellings. La somme lui fut payée toute en vieille monnaie, et l'anecdote fut transmise à Hogarth pour qu'il en fit usage dans ses Caprices des artistes. Les Œuvres de Roubilliac ne sont pas moins remarquables par l'invention que par le fini de l'exécution. Aussi sa réputation lui asurvécu. «Les critiques, dit le biographe anglais, ont relevé quelques défauts ; mais ces dérauis sont ceux de son temps. Les artistes ne sont que trop souvent contraints de suivre la mode, contre leur propre Jugement, dans l'espoir d^attirer l'attention du public. »
Dans l'opinion de lord Ciicsterfleld,Roubilliac était le seul vrai statuaire de son temps, ses émules n'éfaient que des tailleurs de pierre. On possède une esquisse à l'huile de son Portrait, faite par luimême peu de temps avant sa mort, ainsi que le modèle d'un monument à élever au général James Wolfe, mort en 1 759, et qui, dit-on, aurait été bien supérieur à celui, dû au ciseau de Wilton, qui se voit dans l'abbaye de Westminster.
C'est sans doute par erreur quelaBiogr.
américaine le dit auteur de Satires écrites dans sa langue maternelle. Roubilliac fut enterré à Londres, dans le cimetière de la paroisse de St-Martin (i).
BOUQUET (N.), peintre en émail, né à Genève , d'une famille de Réfugiés (2),au commencement du xvui«siècle, et mort à Paris en 1758.
Rouquet passa la plus grande partie de sa vie en Angleterre, où, au témoignage d'Horace Walpole, il imita avec quelque succès le célèbre artiste allemand Zincke, qui jouissait alors d'une grande réputation. Mais son talent n'acquit, dit-on , tout son développement qu'àParisoù il vintscfixervers le milieu du siècle. On lit dans le Journal de Fréron (Année littéraire, 1755), a Le talent
(1) L'église française de St-Martin-le-Grand a été fondée par Edoaard YI, en 1555.
{Û) Un nommé Rouqwt, ancien de Téftliic d«
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de M. Bouquet est ]a peinture en émail^ dans laquelle il est supérieur à tous les peintresdel'Europequi s'exercent dans ce genre. Il s'est fait admirer au dernier salon par plusieurs morceaux de sa composition. Il est d'ailleurs homme de beaucoup d'esprit et de bonne société. Genève est sa patrie ; ce n'est que ' depuis quelqnesannées qu'il s'est déterminé à se fixer en France. Il a obtenu, à son arrivéeàParis.,un logement aux galeries du Louvre. Gë*bienfalt, accordé avant qu'il fût sollicité, est le fruit du discernement de H. le marq. de Marigny, et une preuve de l'amour et du zèle éclairés qu'il a pour les arts.» Bouquet fut nommé,dlt-on,membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture (t ). Il maniait la plume aussi bien que le pinceau. On a de lui :
I. Lettres de M** à un de ses amis à Paris, pour lui expliquer les estampes de Uogarth, Lond. (Paris), 1746, 8».
II. Etat des arts en Angleterre, Paris, 1755, In-i 2, dédié au marq. de Harlgny. — L'auteur ne s'occupe pas seulement des beaux-arts, la peinture, la sculpture, la gravure, l'arcbltecture, la déclamation, la musique, il parle de tous les arts en général, tels que l'imprimerie, l'orfèvrerie, la Joaillerie, la fabrication des étoffes de soie , de la porcelaine, des ouvrages d'acier, l'art culinaire, la médecine, la chirurgie.
Ouvrage trèsHSurieux.aUne exacte impartialité règne dans son livre, dit Fré-
{i\ Soi non M M iroQire pu sur la liste, d'aillenre parfaitemeDl dressée, des membres de celte Académie parM. Ph. LeBas (Biciiùnn.encyel. de la France). En toat cas, si Roaquet fai admis toi hooneara da fantenil, il n'est pas à supposer qa'ilaii dû Tacheter par une abjuration. Ce triomphe de l'Eglise n'aurait pas passé inaperçu. Ters le temps dont il s'agit, le gouTomemenl, sous la pression du phHo$ophism9, s'était r^lchède iarigveuryau moins Tis-à-Tis des artistes étrangers. Sur la Un de 1753, le directeur général des bilimenls royaux ceriTait au directeur de l'Académie, que la Tolonté de S. H. était que l'Académie aocordât au peintre suédois Aleiandre Roslin la même faTeur qu'elle aTait déjà accordée ao sieur Luneberli, c'esl-Jk-dire qu'elle l'admit malgré sa religion, t Exhortez MM. tos confrères, ajoutait M. de Yaudiéres, à n'aroir égard qu'au talent, toute autre considènUon est ètrangèrt au eholi d'un académicien. •
ron. Il a sçu se défendre également de l'excès de l'admiration et du mépris.»
Malgré l'incorrection du style, continue-t-il , « il se fait lire avec plaisir, on y trouve une certaine force d'esprit, un tour original qui plait, une sorte de poésie qui amuse. »
JÎI. Ùartnouveau de la Peinture en fromage ou en ramequin, inventée pour siUvre le louable projet de trouver graduellement des façons de peindre inférieures à celles qui existent, par M. R,, à Marolles, 1755. — Critique spirituelle du livre intitulé : Hist. et secret de là peinture en cire, attribué à Diderot.
IV. Les illustres Anglaises , Paris, in-8^— CitéparMM.QuérardetBigaud.
ROUSPEAU (Yves), peut-être fils, et bien certainement proche parent d'Yves Rouspeau, grefOer au siège présidial de Saintes, que le parlement de Bordeaux comprit dans son fameux arrêt de 1569, fut envoyé à Genève par Antoine de Pofw,pour qu'il s'y préparât au saint ministère par l'étude dok théologie. A son retour à Pons, il engagea ses coreligionnaires à se constituer en congrégation religieuse et à demander un ministre à Genève, étant trop Jeune lui-même pour se mettre à la tête d'une église naissante. Le consistoire de Genève fit immédiatement partir i4n/otn6 Otrand, qui arriva à Pons en 1559. Bouspeau, de son cêté, se rendit à Saujon, d'où il fut rappelé, en 1570, par ses concitoyens , qui le choisirent pour leur pasteur. En 1575, il présenta au baptême Marie de Travers, fille d'André de Travers ministre à Berneuil (i4rc^. gén. Tt. 285).
L'année suivante, le synode provincial qui s'assembla à Pons, le 1 <*' fév. , sous la présidence de La Faille, pasteur à Saujon, l'invita à écrire l'histoire des églises de la province. Nous n'avons aucune preuve que Bouspeau ait mis la main à ce travail; mais nous savons, par le témoignage de plusieurs écrivains, qu'il a publié d'autres ouvrages en vers et en prose, la plupart sur des questions de controverse. Il monrot en
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1601, à rage de 61 ans. On a de lui :
I. La foi catholique des Pères anciens, contenue au Symbole de Saint' Athanase, avec quelques sonnets et doubles sonnets, La Rochelle, Haultln, 1519, ln-8«.— Cité par Du Verdier.
II. Traité de la préparation à la sainte Cène, — Imp., selon Da Verdier, à LyoD, in-80, et peut-être le même ouvrage que celui dont Watt indique une trad. anglaise sous ce titre : Two treatises of the L^d , Ms holie supper, Camb, 1584, in-40.
m. Les Cantiques de Maisonflsur avec les quatrains d'Yves Rouspeau et autres poésies recueillies de divers au- (eursy Paris, 1584, in-12.
IV. Quatrains spirituels de Vhonneste amour» Plus, Stances chrestiennes des buanaes du saint mariage, opposées aux Stances du mariage de Philippe Des Portes, Paris, 1586, in-12 ; nouv.
édit., Pons, Thomas Portau, 1594, in-8% sous ce titre : Stances de Vhon^ neste amour sur la deffence du mariar ge contre les fausses accusations et calomnies de P, Desportes. — La violente satire de Desportes est mise en regard, stance par stance , de la réponse de Rouspeau.