‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 104 sur 241 · IV. De urinatoribus et arte uri* nandi, Arg., 1700, in · texte numérisé non relu

IV. De urinatoribus et arte uri* nandi, Arg., 1700, in

SECONDAT (Jean db), sieur de Roques, maître d'hôtel du roi de Navarre Henri d'Albret et de sa fille la célèbre Jeanne, reçut de cette princesse, en récompense de ses services, par un acte du 2 oct. 1561, une somme de dix mille livres qu'il employa à Tacquisition de la terre de Montbs- QuiBU, dans les environs de Nérac. H entra plus tard dans le conseil privé du roi de Navarre,qni érigea cette terra en baronnie en faveur de son fils. Ce fils, né à Nérac, se nommait Jacob. Il portait le titre de gentilhomme ordinaire du roi, et commanda, avec le grade de mestre-de-camp, le régiment de Chàlillon. Il eut deux fils. Le cadet, Jban-Gaston, acheta la charge de président à mortier au parlement de Bordeaux. Il est évident qu'il se convertit, et son frère aîné Jacques , qui suivit la carrière des armes, rentra égar lement dans l'Eglise romaine. C'est du président Jean-<fasion qoe descend

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l'illustre auteur de l'Esprit des Lois.

SEGUIER (Nicolas) ^iniDistreprotestant^ natif de Paris^desservlt l'église de Paycrne de ) 581 à 1 594 « et fut appelé ensuite^ comme pasteur et professeur de théologie^ à Lausanne^ où il mourut de la peste en 1599. On a de lui un recueil d'homélies dontDraudius donne ainsi le titre : Histoire de la passion en 24 homélies sur le LUI ehap.du prophète Esàïe^Laus, y 1597, in-8o; réimp. par Chouet^ Gen., 1 598^ ln-8o.

SÉGCIER (Pierre), dit Esprit Siguier, de Magestavois, prophète cami- 8ard, né vers 1650 et cardeur de son métier. Vers la mi-Juillet 1702, plusieurs protestants des Cevennes, chassés de leur patrie par les fureurs' de l'arcbiprèlreDuChaila^se mirent en route pour Genève, sous la conduite d'un guide nommé Massip; mais ils eurent le malheurde tomber dans une embuscade dressée parl'abbé, qui les fil mettre aux ceps et manda sans retard le subdéiégué de l'intendant pour qu'il leur fit leur, procès. Sourd aux prières des parents de ces malheureux, qui allèrent se Jeter à ses pieds pour implorer sa clémence, il leur répondit durement que les détenus subiraient leur peine, et l'on sait qu'il ne s'agissait de rien moins' que des galères pour les fugitifs et du gibet pour le guide. Econduits par Du Ghaila, les amis des prisonniers se rendirent dans une assemblée qui se tenait, le 23 Juillet, sur le Bougés, et réclamèrent le secours de leurs coreligionnaires dans des termes si touchants que Séguier, tout ému, s'écria a que le Seigneur lui ordonnait de délivrer les frères captifs et d'exterminer l'archiprélre de Moloc.i> Salomon Couderc, à son tour, affirma qu'il avait reçu de l'Esprit l'ordre de faire la guerre aux prêtres, qui étaient particulièrement détestés à cause des rigueurs qu'ils provoquaient et exerçaient quelquefois eux-mêmes, de l'aveu de La Baume et de Brueys, contre les prétendus nouveaux convertis.

Abraham Atazel se Joignit à eux, en sorte que l'assemblée, entraînée par

les trois prophètes, jura d'accomplir leur pieux dessein. Le temps pressait.

La nuit fut employée à recruter des hommes de courage et de bonne volonté. Le lendemain, à la nuit tombante, une cinquantaine de conjurés se réunirentdans les bois d'Altefage. On remarquait parmi eux Séguier, qui fut reconnu pour chef, Mazel, Salomon Couderc, et son frère Jacques, qui s'était échappé des prisons de l'abbé. il n'y avait pas un mois, un autre Couderc, de La Hoché, Chaptal, de Racoules , Le Fort, à qui Du Chaila avait arraché la barbe poil à poil avec des pincettes , Nouvel, de Vialas, Moïse Bonnet, de Peyremales, Isaac Soulage, David Mazauric, Jean Cavalier, qui acquit depuis un si grand renom, Périer, fiancé d'une des demoiselles Seœti, de Moissac , qui se trouvait au nombre des prisonniers. Une vingtaine seulement avaient des armes à feu, les autres n'étaient armés que de faux ou de haches. Tel fut le noyau des terribles bandes camisardes.

L'insurrection était-ellelégitime,on, en d'autres termes, pour employer les expressions du chancelier Gerson, les injustices du souverain étaient-elles assez manifestes pour rendre aux Protestants la liberté de se défendre suivant la règle du droit naturel qui permet d'opposer la force à la violence? Qu'on Jettelesyeux sur le tableau très-incomplet que nous avons publié dans les pièces Justificatives, et qu'on Juge avec équité .

Après s'être fortifiés par la prière, les conjurés se mirent en route , sous la conduite de Séguier, et arrivèrent à Pont-de-Montvertà dix heures du soir.

Toute la troupe entra dans le faubourg précédée d'une avant-garde de huit hommes, dont les fusils menaçaient les habitants trop curieux , et investit la maison d'André (Yoy. ce nom), où Tarchiprêtre logeait. Séguier réclama la liberté des prisonniers,mais Du Chaila le traita, lui et ses gens, de canailles, et fit tirer sur les conjurés des coups de fusil qui tuèrent un d'entre eux. En un instant, la porte de la maison fut

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enfoncée, les prisonniers délivrés, et la fureur des assaillants^ redoublant à la vue de ces malheureuses victimes d'un fanatique barbare, se tourna contre l'abbé, qui, aussi làcbe que cruel, se tenait caché dans un cabinet voûté du second étage , tandis que ses gens défendaient l'escalier avec le courage du désespoir. Ne pouvant forcer le passage, Séguier donna l'ordre de brûler la maison. Les flammes gagnèrent rapidement le second étage et en chassèrent Du Gbaila, qui essaya de fuir par une fenêtre; mais il tomba et se rompit la cuisse. Séguier le découvrit blotti sous un buisson. On a dit qu'il lui offrit la vie , à condition qu'il se ferait ministre. Ce conte est absurde à force d'invraisemblance. Ce qui est plus certain, c'est que Séguier ne répondit aux prières de l'abbé pour obtenir la vie, qu'en lui portant un premier coup. La bande tout entière suivit son exemple. Voilà pour mon père, disait l'un; voilà pour mon frère, criait l'autre, ou pour ma mère, pour ma sœur, pour mes amis ruinés, déshonorés, envoyés aux galères ou morts sur la roue. L'archiprélre reçut ainsi 52 blessures, dont 24 étaient mortelles.

Cet acte de vengeance consommé, Séguier sortit de Pont-de-Monvert, et se porta sur Frugères. En entendant le chant des psaumes^ le curé s'enfuit à travers champs, mais une balle l'arrêta dans sa course. On trouva sur lui une liste de vingt nouveaux convertis de sa paroisse qu'il dénonçait au farouche Du Chaila. De Frugères, les insurgés descendirent à Saint-Maurice. Averti, en route, de l'approche des milices catholiques, Séguier se retira avec sa bande sur une montagne, où il passa la nuit : «Il sortit de ses forêts, dit Brueys, comme la foudre sort des nuages », et tomba sur Saint-André-de-Lancize. Le curé , qui n'ignorait pas combien ses violences l'avaient rendu odieux , se mit à sonner de toutes ses forces le tocsin. Un insurgé l'aperçut, monta dans le clocher et le précipita du haut en bas. Ses propres paroissiens l'ache-

vèrent. Partout oii il passait, Séguier exerçait ce qu'il appelait le Jagement de Dieu, c'est-à-dire qu'il détruisait les églises et renversait les croix. Dans U nuit du 29 au 30, il alla sommer le châtelain de La Devèze de lui livrer les armes qu'on avait enlevées aux Protestants. Reçu à coups de fusil, il enfonça les portes, fll massacrer toute la famille pour venger la mort de Couderc, de Là Roche, et mit le feu au château.

Cependant Basville , instruit de la mort de l'archiprèlre, prenait les mesures les plus énergiques pour comprimer la révolte. Broglie se mit en route à la tète de 2000 hommes, accompagné du fameux Poul, qu'il chargea de sur^ veiller les environs de Fiorac. En arrivant à Barre, Poul apprit que Séguier était campé à Fontmorte, et, sur-lechamp, il se mit à sa poursuite. Les insurgés ne résistèrent pas à son attâ« que impétueuse; ils prirent la fuite, laissant entre les mains des troupes' royales Séguier, que Poul fll lui-même prisonnier, Pierre Nouvel et Mo'ise Bonnet, Tous trois furent conduits à Floi ic chargés de chaînes : a Chemin faisant, raconte Brueys, Poul, qui n'avoit pas l'âme tendre, s'avisa de dire à son prisonnier : Eh bien ! malheureux ! comment t'attends-tu d'être traité? — Comme Je t'aurois traité moi-même, s!

Je t'avoispris, lui répondit froidement le prophète enchaîné. » Celle fermeté héroïque ne se démentit pas pendant l'horrible supplice auquel Séguier taX condamné. On le brûla vif à Pont-delIontvert,après lu i avo ir coupé le poing, le 12 août 1702. Nouvel fut rompu vif à La Devèze, et Bonnet pendu à Saint»

André-de-Lancize.

Cette triple exécution ne satisfit pas Basville. Vierne^ entre autres, ancien notaire de Fereisoles, fut pendu avec sa femme^ bien qu'on n'eût pu le convaincre d'aucune participation aux expéditions de Séguier; et malheureusement il ne fut pas le seul innocent qui périt dans cette conjoncture. La chambre de justice, que Basville établit à Fiorac envoyait sans grandes inrorma-

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tioDs aa gibet ou à la roue tous ceux qui lui étaient dénoncés, et ils furent nombreux. On a regret de le dire^ ce fiirent les prêtres qui se firent les pourvoyeurs de ce tribunal de sang, pour se venger sans doute de riiorribie peur qu'ils avaient eue.

SaGDIRAN (ANDEt), appelé aussi Ségueran et Siguiran, ministre pro* testant, natif d'Aix en Provence, fut reçu bourgeois à Genève, le 1 9 août ib57. Peu de temps après, sur la demande du pasteur La Jimchée, il fut envoyé comme pasteur à Dieppe, oh il arriva, le i«']anv. 1558, sous le nom de guerre de Du Mont. Les succès étonnants de son apostolat le dé* cidèrent à se flier dans cette ville. îl demanda donc un congé, au mois de juin 1 558, pour aller à Genève mettre ordre à ses affaires et chercher sa femme; mais à peine arrivé, il fut attaqué d'une fièvre qui le conduisit au tombeau au bout de trois semaines. Le consistoire de Genève envoya à Dieppe à sa place le ministre La Porte^ qut avait déjà desservi l'église de Rouen, et qui, piacé plus tard à Troyes, y eut à souflfrir de grandes persécutions.

André Séguiran était, au rapport de Daval,unjeune homme assez docte^ issu d'une bonne famille de Provence.

Le Nobiliaire de Provence fait,en effet, mention d'une famille de ce nom qui professa la religion réformée. Selon les Pièces fugitives d'AubaVs, Guillaume Séguiran laissa quatre fils de son mariage avec Madeiaine Bompar, savoir, Eonorat, Pierre, Jeanei Henri, On ne sait rien des deux premiers. Le troi* slème fut tué au siège de Menerbes, en 1577. Le quatrième est le mieux conlU.En 1 hG'ifThCOïïie Nicolas RegnauU, lorsque Sommerive, après i'effï*o>able massacre d'Orange, s'approcha de Ca* brières et de Mérindol , les habitants élurent pour chef Séguiran, « bon sol* dat et de grand courage. » L'intention Ites pauvres Yaudois ne pouvait être de résister à des forces supérieures ; dépendant ils ne cédèrent pas le terrain sans combattre; ce ne fut qu'après

plusieurs escarmouches qu'ils se décidèrent à suivre le conseil du comte de Tende età se retirer à Sisteron.a Quand ils arrivèrent à Cisteron, on disoit :

Voici le peuple d'Israël ; la mère portoit le petit enfant entre ses bras, et les petits enfansde cinq ou six ansestoyent contraints de se traîner parmy le bagage, sans souliers et sans habillemens : on ne oyolt que lamentations parmy ce peuple, pour la faim qui les pressoit : plusieurs estoyent tourmentes de fièvres, ce que voyans les Papistes les interroguoyent pourquoy ils pleuroyent ; mais ils ne savoyent que dire, sinon qu'ils estoyent chassés pour laquerellede Dieu.» Séguiran prit une part active à la défense de Sisteron.

SÉGUR(Bérarddb), baron de Par- 0A1LLAN, seigneur de Seiches et de La Barrière, du chef de sa seconde femme Anne Brun, avait peut-être embrassé déjà les opinions nouvelles, lorsqu'il tai députéaux Etats-Généraux de 1561 par la noblesse du Bordelais. Qu'il ait professé la religion protestante, c'est ce dont il n'est pas permis de douter en présence de Tarrèt rendu.en 1569, ■par le parlement de Bordeaux contre les principaux Huguenots de son ressort, arrêt dans lequel nous voyons sou nom figurer à côté de ceux de Joachim deSégur^ sieur du Grand-Puch, qui y est qualifié de meslre-de-camp,de Jean de Ségur^ dit le Jeune Pardaillan, de Jean de Ségur, sieur de La Molière, et du capitaine Montbrun, fils de ce dernier. 11 est vrai qu'il ne parait avoir joué» probablement à cause de son grand Age, aucun rôle important dans le parti. Joachim de Ségur, qui était •on frère, selon l'arrêt cité plus haut, se signala au contraire,parmi les chefs protestants, dans la première guerre civile. Nous supposons au moins que c'est de lui que les historiens parlent sons le nom de Puch-Pardaillan (Voy, DURFORT). Selon Courcelles, auteur d'une généalogie de la famille de Ségur, dont nous devons nous contenter foute de mieux, Bérardde Ségur laissa sept enfants : l* Iran, baron de Par-

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