SEP
mas. de la BIbliotbèqae de Genève ses Observations philosophiques et crtttgues sur le caractère moraly les cofi" naissances et diverses circonstances de la vie de J.'Ch,, 1 vol. in-4», coté 1 60 1>^ eisonEssaide téléologie ou théorie des causes finales , 2 vol. iii-4% cotés 160*.
Une branche de la famille Sénebier^ restée en France, embrassa aussi la religion protestante. A cette branche appartenaient André Sénebier, secrétaire de la chambre du roi , fils de Jean Sénebier, de Clelles , et de Charlotte Martin, qui épousa, en 1661, dans le temple de Gbarenton,i4nnf Collin, fille de Jacques Collin, de Vitry, et de Marie de Campdomer, ainsi que Louis et Marie Sénebier, de Mens, qui sortirent du royaume en 1720 (Arch. Tt. 314), et probablement Pierre Sénebier, né à Arles en 1 7 1 5, et mort à Genève en 1778, qui est auteur d'un Traité des changes et des arbitrages, Gen., 1753, ln-4<>; d'un Traité d'arithmétique, Gen., 1 771, in-4», et de VArt de tenir les livres en partie double, in-4*.
SENNETERRE (Madelàine de), ou Saint-\ec taire, surnommée par ses contemporains l'héroïne du siècle, à cause de la bravoure qu'elle déploya dans la défense du château de Miremont contre le lieutenant du roi Gilles de Montai, en 1573 et en 1575. Elle était veuve de Guy de Miremont, sieur de Saint-Exupéry. Jeune encore, douée d'un coura|;e au-dessus de son sexe, unissant à un esprit cultivé une beauté séduisante, et à une humeur chevaleresque une vertu sans tache, elle était recherchée en mariage par les plus riches seigneurs du pays et voyait se presser autour d'elle une soixantaine de gentilshomme^s, tous Jaloux de gagnerses bonnes grâces par leurs prouesses. A la tète de cette troupe brillante, armée elle-même comme un chevalier, elle faisait une rude guerre aux guisards, qu'elle détestait, et les batlait dans presque toutes les rencontres. Humilié dans son orgueil. Montai songeait aux moyens de se venger.
lorsque la défaite de deux compagnies de ses gens depied vint porter au comble sa fureur. Il leva un corps de troupes considérable et marcha sur le château de Miremont, précédé d'une compagnie d'infanterie chargée d'attirer l'amazone hors de sa forteresse, en faisant le dégât dans les environs. Son stratagème réussit en partie. A la vue de l'ennemi, Madelàine fondit sur lui et le mit en fuite; mais en revenant de la poursuite, elle trouva son château Investi par le lieutenant du roi. Ce fut en vain qu'elle essaya d'y rentrer, en livrant un combat sanglant qui dura jusqu'à la nuit. Sans rien perdre de son sang-froid et de sa prudence. Théroïne prit sur-le-champ son parti. Elle court à Turenne, obtient du capitaine Dalaugnac le secours de quatre compagnies d'arquebusiers à cheval, et reprend en toute hâte le chemin de Miremont. Instruit de son approche. Montai marcha à sa rencontre et lui offrit la bataille; mais en un instant ses troupes furent enfoncées, et luimême, frappé à mort par la main de Madelàine, fut emporté par ses soldats dans un château voisin, où il expira quatre ]ours après. La dame de Miremont rentra triomphante dans sa demeure, ayant à ses côtés Henri de Bourbon-Malauze, son gendre, et le capitaine Dalaugnac, qui avaient tous deux vaillamment contribué à sa victoire. On raconte qu'à la nouvelle de ce beau fait d'armes, le Béarnais s'écria : Ventre-saint'gris ! si je n'étais roi, je voudrais être Madelàine de Sennecterre !
SEPAYS, juge de Négrepelisse et une des victimes de la vengeance bariMire que le prince de Condé tira du massacre de la garnison catholique commis , quelque temps auparavant, dans cette ville. Condé s'approcha de »Négrepelisse le 9 juin 1622. En se voyant menacés d'un siège , les habitants se décidèrent à abandonner la ville, qui n'était point susceptible de défense ; mais déjà il était trop tard , très-peu réussirent à s'échapper. Tou-
SËR
SEll
)e eomposUion leur ayant été refasée^ Ils comprirent qu'il ne lenr restait qu'à vendre chèrement leur vie. Le i 0^ rartillerie catholique ouvrit une brèche de quarante pas. Le soir même, la place fut emportée, et toute la population, hommes, femmes, enfants, sans dislinction d'innocents ou de coupables, passée au fil de l'épée. « En demie heure, lit-on dans le Mercure français, tout fut exterminé dans la ville, et les rues estoient si plaines de morts et de sang, qu'on y roarchoit avec peine. )» Quelques-uns qui s'étaient sauvés dans le château, furent contraints de se rendre à discrétion dès le lendemain et pendus sans miséricorde. De ce nombre étaient, outre le juge Sepays, le consul Glouton et Du Rouet, La ville fut réduite en cendres. Ainsi procédait dans ses vengeances Louis, surnommé le Juste !
SERGENT (Louis), d'Orange, avait été envoyé à Avignon, avec son frère Michel, pour y faire ses études. Soupçonnés de luthéranisme, en 1555, ces deux jeunes écoliers furent arrêtés^ rois en jugement et condamnés à garder une prison perpétuelle et à jeûner trois jours la semaine au pain et à l'eau. Après sept ans de détention, en 1562, ils furent rendus à la liberté par rinterventlon d'Antoine de CrussoL
SERRE (Pierre), de Lez dans le Conserans, prêtre de l'Eglise romaine, qui embrassa la Réforme et se retira à Genève, où il se fit cordonnier pour gagner sa vie. Le désir de convertir son frère l'ayant ramené dans sa patrie, en 1553, il ne tarda pas à tomber entre les mains de l'inquisiteur de la foi, qui le condamna à être dégradé et livré au bras séculier. Le juge des appeaux mena rondement le procès.
Peu de jours après. Serre, dont la fermeté ne se démentit pas un instant^ fut condamné à faire amende honorable, à avoir la langue coupée et à être brûlé vif. 11 en appela an parlement de Toulouse, qui confirma la sentence, excepté en ce qui touchait l'amende honorable et TablatioD de la langue,
pourvu qu'il ne dit rien contre l'Eglise romaine. Pendant qu'on le menait au supplice, le juge qui l'accompagnait lui montrant une image de la Vierge, l'invita à lui demander pardon. Serra répondit qu'il ne l'avait point offensée et qu'il n'avait point de pardon à demander à une idole de pierre. Sur-lechamp le juge lui fit couper la langue.
C'est aussi dans le Haut-Languedoc, à Montauban, qu'étaient nés les trois frères Pierre, Jean et David Serres, condamnés aux galères en 1 686, pour avoir essayé de passer en pays étranger. En 1 707, ils gémissaient encore dans les cachots de Marseille : David était enfermé dans le fort Saint-Nicolas, et Jean dans le château d'If, ou l'on conduisit aussi son frère atné, au sortir de Vh^ pital dans lequel il avait été porté à la suite d'une bastonnade si cruelle qu'il faillit en mourir. En 1715, Jean et David furent mis en liberté; Pierre avait succombé à ses souffrances. Quelques années après, en 1 730, Matthieu Serres fut enfermé au fort de Brescou, où il passa vingt années. Son crime était d'aï;o*r épousé la sœur d'un pré' dicant. Sur le témoignage favorable de Le Nain, Saint-Florentin consentit, en 1 750, à lui rendre la liberté, mais en l'exilant du Languedoc (Arch.gén.
SERRE (Pierre), ou Serres, pasteur de l'église de Valdrome, réfugié en Suisse, fils du ministre André Serres et de Louise de Reverger, fut appelé, en 1693, à desservir l'église française de Bàle. Au boutde trois ans, il fut congédié « à cause de sa manière d*dgir tout à fait insupportable, » et partit pour Berlin avec Marie Tan^ vol, fille de Pierre Tanvol, dclaBresso, et de Catherine Milleret, qu'il venait d'épouser. Il fut placé comme ministre, en 1699,àParstein, où il eut pour successeur La Charrière, en 1706.
SERRES ou Serre, famille nombreuse répandue dans le Languedoc et la Provence , et divisée en plusieurs branches, dont deux, poijir le moins, ont, à notre connaissance, embrassé
SER
SER
de bonne heure la religion réformée.