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pour la poésie ( 1 ) . Selon le Borboniana, Claude Servin habitait Genève en même temps que Spifame, Nous savons qu'il se rendit, en 1565^ dans cette ville pour poursuivre comme calomniateur l'ancien évéque de Nevcrs ; mais nous n'avons aucune preuve qu'il y ait établi son domicile. Nous ignorons également si c'est à Genève que Louis Servin Ût ses études , ainsi que Taffîrme Secousse; ce qui est certain, c'est qu'il les fit avec succès, et qu'il acquit une érudition dont il abusait volontiers dans ses harangues. Sa vie au reste n'intéresse que fort peu la France protestante, puisqu'il n'était point encore sorti de l'obscurité qui couvre ses premières années, lorsqu'il se convertit.
Nommé, en 1589, par Henri IV avocat général au parlement siégeant alors à Tours, il se montra, dans l'exercice de ses fonctions, magistrat honnête, serviteur actif et fidèle de la royauté et zélé défenseur des libertés de l'Ëglise gallicane.
SEVIN (Jean), appelé aussi Sayin, était pasteur de Téglise de Damiatte^ lorsque cette petite ville fut prise par le fils de Montluc. Un capitaine catholique lui sauva la vie, et le conduisit en sûreté à Castres^ où il abjura luimême la religion romaine , soit qu'il eût été gagné par le ministre à la cause de l'£vangile pendant la route, soit que les horreurs commises sous ses yeux par ordre de Montluc lui eussent rendu odieuse une Eglise qui approuvait de semblables atrocités. Donné plus tard pour ministre à Mazcres, Sevin fut l'ame de la vaillante défense qu'en 1569, cette ville opposa au maréchal Damville. Investie au mois d'octobre par Mi repoix et battue en brèche par quatorze pièces de canon, cette petite place soutint deux assauts et fit éprouver à l'ennemi des pertes considérables.
Voyant que l'emploi delà force lui avait si mal réussi, Damville, qui dirigeait
(1) Selon La Groii-da-Maine, elle avail com* p(hiè des Ters sur la mort de François Baudouin, le célèbre jarisconsuUe, el recueilli desMémolrei touchanl la police de France. Rien n'en a été imprimé.
le siège, eut recours aux négociations.
Malgré l'opposition de Sevin, «qui, dit Olhagaray, fil icy preuve d'un bon et brave chef: car par ses rondes, veilles, prières, exhortations, il rasseura ce qui trembloit et minutoit à tous coups une composition honteuse,» les magistrats municipaux se montrèrent disposés à traiter et envoyèrent dans le camp catholique Jean Michd, RoH et Viguier, qui obtinrent une capitulation des plus honorables. Sevin ne voulut point rester dans la ville après la reddition. Il en sortit avec une partie de son troor peau et se retira à Puy-Laurens. Quelques mois après, le 10 juill. 1 570, ces fugitifs, sous la conduite du sieur do Soulé, rentrèrent dans Mazères par escalade et en chassèrent la garnison catholique. Sevin desservait encore l'église de Mazères en 1577, année où il assista au synode provincial tenu à Mauvesin le 28 nov., avec les ministres Clément, de Saverdun, Raimond Barthe, de Pamiers, Jacques Dent, Ant, Gardés, Jean Raynaud, etc. Nous ignorons la date de sa mort. Il eut pour successeur dans cette église Olhaga* ray, en J598 (Arch. gén. Tt. 2i2).
SIBERT (Jean), fils de Jean Sibert^ de Bagnols, et de Catherine de Portai, fit, en 1602, son testament dans lequel il demanda à être enterré « en la forme de la religion chrétienne réformée.» II avait épousé, en 1559, Louise Nico* lay, qui lui avait donné six enfants : 1 o André, qui suit; — 2» Jacques, qui épousa Claude de Mononville ; — 3» JosuÉ; — io Simon; — 5° Françoisb, femme de iV. Blanc , d'Uzès; — 6° Anne, femme de Pierre Bruneau,
André Siberl, sieur de Montières, fut nommé, en 1 599, parle prince d'Orange son procureur général au parlement d'Orange. 11 épousa, en 1601, Olympe de Lange, fille de Louis, sieur de Montmirai, et de Louise de Guilhomony et tesla en 1627. Ses enfants furent : !• Hector, qui suit; — 2« Louise, femme de Jean de Portai, docteur en droit; — 5« Françoise; —i« Laure.
Hector Sibert, sieur de Montières,
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baron de Cornillon^ prit pour femme, en 1635, Olympe de Drevon, fille de Daniel de Drevon et de Françoise de Barrv,dontileut8ept enfants : ioChar- LS6, mariée en 1673, avec MadekUne de BarjaC'Rocftegude ; — 2» Fran- Ç0I6B ; — 3» Olympe ; — 5» L£onore ;
— ôoLOCISB;— 70CHRÉTIBNNB. Cette
famille se convertit à la révocation.
SIBIVILLE (PiERRB de), de l'ordre des Frères mineurs, prédicateur éloquent et partisan un peu timide de la Réforme, essaya, en 1524, de prêcher les opinions nouvelles à Grenoble; mais il ne tarda pas à être arrêté comme hérétique à la demande des Dominicains.
L'intervention de Marguerite de Vch lois et de quelques personnes de dis^ tinction, de l'avocat du roi, entre autres, lui sauvèrent la vie. L'évêque de Grenoble lui défendit de prêcher, le déclara indigne de posséder aucun bénéfice dans son diocèse, d'où il le bannit à perpétuité, et lui imposa une rétractation publique, à laquelle Sibivllle se soumit humblement, le 16 nov. 1524, comme nous l'apprend l'acte de son abjuration publié en 1524, ln-4% sans nom de lieu, sous ce titre : Abjuratio bœresis lutberianœ facla per fratrem I>6trum de Sibiville rellgiosum ordinls minorum. Et sententia definiliva contra eum lata in curià spiritual! sedis episcopalis Gracionopolis. Sibiville n'en resta pas moins protestant au fond du cœur ; il se disposait même à aller prêcher l'Evangile à Lyon, lorsque Tarrestalion de Aleigret (Voy. ce nom) fit échouer ce projet. On ne sait rien de plus sur son compte.
SIGOURNAY (N.), d'une famille française réfugiée à Londres, a publié^ selon M . Burn, Scènes de mon pays natal, où il doit parler de quelques-uns de ses coreligionnaires qui étaient allés s'établir à Huguenot-Fort. Ni Watt ni M. Quérard ne fon( mention de cet ouvrage.
SILBERMANN (André), habile facteur d'orgues, né à Fraucnslein en Saxe^ le 19 mai 1678^ et mort, le 16 mars 1 734^ à Strasbourg^ où il s'était établi depuis une trentaine d'années, et
où il avait épousé, le 13 Juin 1708, Anne- Marie Schmid. De douze enfants issus de son mariage, quatre survécurent, dont trois fils, nommés Jean-An- DBfi, Jeak-Daniel et Jean-Henri, tous trois facteurs d'instruments de musique non moins renommés que leur père.
I. Né à Slrasbourg,le 2 ou^ selon d'autres, le 26 juin 1712, Jean-André continua l'industrie paternelle. Il acquit une telle réputation, que l'on ne trouve pour ainsi dire pas d'orgues, le long des bords du Rhin depuis Landau jusqu'à BÀle, qui ne soient sorties de ses aieliers ou de ceux de son père. Celles de l'abbaye de Sainl-Blaise dans la Forét-Noire passent pour son chef-d'œuvre. Silbermaim, qui aimait les sciences, profila des nombreux voyages auxquels son commerce l'obligeait, pour 86 former une belle collection d'objets d'art, de dessins, de médailles, de manuscrits curieux. On a de lui deux ouvrages remarquables par l'étendue et l'exactitude des recherches : I. JLokalgeschichie der Stadt Strassburg y Strasb., 1775, in-fol., avec pi. gravées par Weiss, et — Il . Beschreibung von Hohenburg oder dem S. Odilienberg^ Strasb., 1781, in-8% avec pi. gr. parie même artiste ; nouv. édit. publ. psirA .- W.Slrôbel, Strasb., 1835, in-s», avec atlas. Jean-André Silbermann était assesseur au Grand- Conseil, lorsqu'il mourut, le 1 1 fév.i 783, ne laissant que deux fils de neuf enfants qu'il avait eus d'un premier mariage : l* Jean-Josus, facteur d'orgues, mort le 3 juin 1 786 ; — 20 Jean-André, négociant, qui fut père de Jean-André et de Frédéric- Théodore, l'habile violoncelliste mort en 1816.
II. Jean-Daniel, facteur d'orgues de la cour de Saxe, naquit à Strasbourg, le 31 mars 1717. Son oncle Godefrol l'ayant appelé auprès de lui en 1751, il se fixa en Saxe et mourut à Leipzig, le 6 mai 1 766, avec la réputation d'un excellent fadeur et d'un compositeur de quelque mérite. Ha laisse plusieurs morceaux de musique en manuscrit.