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reol par lui procurer du secours. Le 30 octobre 9 Brezons alla en personne saisir, dans le château de Fabrègues, te sergent royal Jaubert Bastide, qu'il tit égorger, et Tavocat François de La Baldpvie, qui n'échappa au même sort que par rintervention de parents puissants. Le 29 nov., Giraut Vernet, chirurgien d'Aurillac, fut tiré de la maison d'QU de ses amis, où il s'était retiré , et percé de douze coups de poignard. Le 2 déc. GuérauU de La Parte, avocat célèbre au présidial, fut arrêté au villuge de Verquères, où il était allé visiter sa femme enceinte, jctédans la prison de Saint-Elicnne, el le soir venu , conduit dans la campagne par des bourreaux qui le chargèrent des instruments nécessaires pour creuser sa fosse, et l'assommèrent,. Enfin, le 5 fév. 1563, Brezons fit encore égorger, après lui avoir crevé les yeux, Antoine Passa font, de La Roquebrou, qu'il haïssait parce qu'il s'était opposé à ses brigandages.
SOLOMEAU (Pierre), ministre à Vendôme, nous est connu par une traduction de la vie de Bèze, par La Fayp.y imp. sous ce litre : Brxpf dis^ cours de la vie It mort de Théodore de Bèze, Gen., 1610, in-S», et par une compilation des décisions des Synodes nationaux relatives à la discipline. Ce dernier travail n'a point été publié , à notre connaissance ; mais il en existe aux Archives de l'Etat (i4rc/i. M. 916) une copie msc. sous ce litre : La DiS" cipline ecclésiastique des églises ré for* niées de France, c'e.yt'à-dire t' ordre par lequel elles sont conduites et go^A' vernies, comme elle a été reveuë au *ynode de Jargeau, l'an 1601. L'auteur a mis en note les canons des Conciles et les passages des Pères qui appuient les décisions des synodes.
On sait qu'au xvii* siècle encore, l'orthographe des noms propres variait étrangement. Rien ne serait donc plus facile que de confondre Pierre Solomeau avec le ministre de Montoire Pierre Salomon, dont la fille âgée de 60 ans, Màoblàine, arrêtée comme
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huguenotte avec sa nièoe Madelmm MauUxrt, fut enfermée, en 1 686, dans les prisons du Fort-l'Evéque [Arch, E.
3372). L'une et l'autre restèrent inébranlables, en sorte qu'on finit par les conduire à la frontière en 1 688 (/6ûi. E. 3374). — Il est fait mention dans les Fragments de Grenus d'un Gabriel Sch lomon, mort à Paris en 1 620, qui légua à la ville de Genève, pour l'entretien d'un certain nombre d'étudiants ea théologie, 2000 arpents de marais près de Bordeaux, l'arpent estimé à 20 écus. Ce généreux donateur appartenait-il à la même famille?
SONIS (Bernard), pasteur et professeur à Monlauban , fut député , en 1 603, au Synode national de Gap, qui le chargea de dresser, avec Giraud, FerriereiChamier, un Règlement pour les académies. 11 assista encore au Synode national de Privas, qui lui confia, ainsi qu'à Du Moulin, La Faye et Le Faucheur, le soin de rédiger un Règlement pour l'administration du baptême, il est évident que Sonis Jouissait de beaucoup d'estime dans l'Eglise protestante. Un ignore Tannée de sa mort, et le seul ouvrage que nous connaissions de lui est son Uaqoge ad studium thpologicum seu adumbratio verœ et christianœ theologiœ cowptectens rfefinitionemy divif<ionem, causas et fi^ctum ejuHy Monspel., J. Gilet,! 602, i».
SOHBIËRE (Samuel), fils d'£tienne Sinbiereei(\e Louise Petit, sœur du savant Samuel Pptiï,naquitàSaint- Ambroix, le 17 sept. 1613. Resté orphelin de bonne heure, il fut élevé par son oncle et parrain, qui se chargea de son éducation , et qui le destinait au ministère. 11 commence donc ses étu- • des au collège de Nismes; mais ses inclinations l'éloignant de l'état ecclésiastique, il y renonça et vint à Paris, en 1639, pour suivre les coursde médecine. En 1642, il débuta dans la carrière des lettres, sous le pseudonyme deGuthbertus Higlandus, par une Leftre à Rivet contre le Crucifraginm prodrorai Rivetiani de La Milktière, lettre qui a été publiée à la suite de l'A-
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féiOfSfiUcusde Rivet (Lugd. Btt.^ 1 643, iii-8<>). A ceUe dale, Sorbière était en Hollande, où il mit au jour sa traduction française de l'Utopie do Thomas Morus, Âmst., 1643, in-i2, elles Mémoires du duc de Rohan, Amst., 1644, in-16, et où il retourna, après on voyage de quelques mois qu'il flt en France dans l'année 1645. C'est là qa'il épousa Judith Renaud , dtle de ùanitl Renaud, de Sainl-Ambroix. Après son mariage, il alla se lixeràLeyde, pour y exercer la médecine , en 1646. Pendant le séjour qu'il fit dans cette ville il publia (outre un Di^rours sceptique sur le passage du chyle et mr le mouvement du cœur , Le\de, 1648, in-12, et une Lettre d'un marehand du Brésil à un de ses amis d'Amsterdam, deux productions sans Yaleor) le Voyayeduduc de Rohan en ïtaUe, AmsI., 1646, in-l2; une seconde édition des Mémoires de Rohan, aogm. d'un qualrième livre et de divers discours poliliques, 1646, 2 \ol.
liHiS^etunetrad. franc, des Elementa pbilosophica seu polilica de cive, par Hobbes, dont il avait soigné Tédit. latine (Amstel., 1647, In-t 2), sons ce titre : Elfmens philosophiques du citoyen, Amst., 1649, in-8». Au bout de trois ans environ, emporté par son humeur inquiète, il quitta la Hollande et a'établit à Orange, où il Tut nommé principal du collège, en 1650. C'est danscettevillequ il flt imprimer la Lertre d'un gentilhomme française un de ses amis a Amsterdam sur les desseins de Cromwell, 1 650, in-s», et qu'il traduisit la Politique de t]obbes,trad. qui a été imp., en 1653, à Leyde, en un vol. iu-l 2, sous ce titre : Le corpt po^ Utique ou Us Elémens de la loi mo^ rak et civile. Sur la fln de la même année, Il abjura à Vaisou. a J'ay ri>çu nouvelles, écrivait Guy Patin, suus la date de 1653, que notre ancien ami M. Surbière, directeur du ci.liége d'Orange, t tourné sa jaquette, en se Taisant ra* ttioliqae romain à la sollicitai ion del'é« vèque de Vaison^ des cardinaux de Bichi et Barberin, qui lai en a Ini-mème
écrit de Rome... Voilà des miraclesde nos Jours, mais qui sont plutôt politiques et œconomiques que métaphysiques. Il est veuf et bien adroit, mais tout fin qu'il est, je ne sçai si avec sa nouvelle chemise, il pourra réussir à faire fortune à Rome, qui est un lien plein d'allérezet d'alTamoz. nS(»rbière réussit mieux que Guy Patin ne le pensait. Lepa|ieAlexdndreVll,LouisXIV, Hazarin, le clergé de France lui donnèrent pensions et bénéfices. II est vrai qu'il mourut pauvre, en 16*70; mais la faute en fut à sa passion pour les plaisirs.
Outre les ouvrages que nous avons cités plus haut, Sorbière en a laissé quelques autres, qui ne nous intéressent pas, puisqu'il les a publiés après sa conversion, à l'exception peut-être de ses deux trad. françaises du traité De causis mortisChristi, par Crellius, et du Vindiciœ pro relitfionis tihertate, par Junius Brutus Poionus, dont nous ne connaissons pas le millésime.
Selon l'usage, il Ht Imprimer un Discours sur sa conversion à l'Eglise catholique, Lyon, 1654, in-40; Paris, 1654, in-8o. Tous ces écrits prouvent que c'était un de ces hommes qui ont plus de répulation que de mérite, un de ces écrivains sans convictions sincères, sans élévation dans les sentiments, qui, prêts à tout sacriaer,]u8qu'au respect d'eux-mêmes, dans des vues intéiessées, poussent l'avidité et la bassesse jusqu'au cynisme.
SURE (Jacques), sieur de Flocqnes, célèl)re corsaire huguenot, était originaire de la Normandie. Il ne commença à Jouer un rôle notable dans le parti protestant qu'après la mort de La Tour, qu'il remplaça à la tète de la flotte rochelloise en qualité d'amiral; mais il ne tarda pas à rendre son nom formidable. A la tète de 20 ou 30 navires anncs en guerre, il alla croiser, en 1569, sur les côies de la Bretagne et de l'Angleterre, attaquant, sanstrop se soucier de leur nationalité, tous les bâtiments marchands, frétés par des armateurs catholiques, qu'il rencontra
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dans laMancbe. C'est ainsi qu'il s'empara de deui vaisseaux vénitien<(^ qol forent déclarés de bonne prise par l'amiraaté de La Rochelle, par la raison que la république de Venise favorisait les ennemis des Protestants en leur prêtant de l'argent. De retour à La Ro« cbelle. Il fut chargé de déjouer les pro* jets du baron de La Garde sur Rocbe^ fort et rile de Ré , et il le força à se réfugier dans la Charente. Maître de la mer, il bloqua les Sables-d'Olonne^ et contribua ainsi au succès de La Noue -'Voy. VI, 285). Au mois de Juin 1570, il remit à la voile avec vingt vaisseaux ; mais dirigeant cette fois sa course vers les côtes d'Espagne et de Portugal, oii il flt un riche butin, Il poussa jusqu'aux Iles Canaries , oii il rencontra un navire portugais, chargé de chapelets^ de reliques et de missionnaires , qui faisait route pour les Indes et qu'il enleva. Les pamphlétaires catholiques l'accusent d'avoir, dans cette circonstance, commis d'horribles cruautés sur quarante jésuites, qu'il flt jeter, disent-ils, à la mer, après les avoir mutilés; mais de Thou, qui donne à Sore le prénom de Jean, réduit ce chiffre de quarante à deux et ne parle nullement de mutilation ; encore ajoutc-t-il que Sore ne flt qu'agir de représailles, irrité qu'il était du meurtre de quelques-uns de ses matelots, qui^ faits prisonniers par les Portugais, avaient été immédiatement égorgés. L'histoire ne nous apprend pas ce que cet habile marin flt après son retour en France, qui eut lieu au mois d'août I570. Nous ne le retrouvons qu'après la Saint-Barthélémy sur la flotte commandée par Monigomme^ ry (Voy. VU, p. 478), et depuis celte date, il n'est plus fait mention de lui, à moins qu'il ne soit le même que le sieur de Soré dont il est parlé dans les Mémoires de Bouillon, en ces termes :
« Nous sçumes que Brouage était ren* du (1 577) par la mort du sicurdc Soré^ qui commandait dedans , un des plus valeureux de son temps. »
80IIEL (UcQUES), appelé aussi
Sorety de Séianne en Brii, a personnage très-docte, d'une vie pare et entière, » desservait une église dans là principauté deNeuchàtel, lorsqu'il r^ çut vocation des fidèles de Troyes,eil 1561. La classe de Neuchàlel ayant consenti à son départ, il rentra en France, et commença ses fonctions en préchant publiquement, le 11 noT.
Sous son énergique impulsion, l'églISê s'organisa, un consistoire s'établit; on alla même jusqu'à recevoir des proposants, entre autres le médecin Jacques Douynet. l'avocat Claude G rardin et Jean Le Fèore, qui se récoltnent tous les Irois plus tard. Le lieutenant cri* minei prévint la Cour de ce qui se passait ; mais les circonstances commandaient la prudence, on lui répondit de dissimuler pour le moment.
Nulle part peut-être en France les Huguenots et les Catholiques ne se délestaient plus cordialement qu'à Troyes.
Les deux partis étaient en armes, prêts à en venir aux mains, lorsque l'édit de Janvier fut publié. Il ne changea rien à la siluation ; il suffisait d'une étincelle pour amener une explosion.
L'arrivée du capitaine Brion, à la tête de quelques troupes qu'il conduisait à Orléans (il changea dans la suite de parti et fut tué sous les murs de Rouen), donna momentanément la supériorité an parti prolestant, qui se saisit delà Tille sans résistance. Pilhou afllrme que ses coreligionnaires n'abusèrent pas de leur facile victoire, et qu'ils firent demandera Condé un personnage d'importance pour le mettre à leur tête ; mais que ce prince leur répondit d obéir au duc de Nevers qui, à moitié gagné déjà par les triumvirs, leur ordonna de déposer les armes. Les plus courageux et les plus turbulents préférèrent d'aller rejoindre Condé ; mais ils furent trahis et taillés en pièces par le gouverneur de Sens. Quelque temps après^ Nevers, ne prenant plus la peine de dissimuler^ permit an maire et aux échevins de Troyes, tous ardents catholiques, de lever des tronpes sous le spéclenx prétexte de veiller
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à la sûreté de la ville. Ces bandes indisciplinées^ composées da rebut de la population , ne tardèrent pas à se livrer à toute sorte d'excès. Un notable bourgeois, Jaoqws Tartier,trhre peutêtre de Nicole Tartier, curé de Saint- Jean^ qui s'était d'abord montré favorable à la Réforme, se plaignit de leur insolence au maire, qu'il rencontra dans la rue accompagné de Pierre Nevelet, et celui-ci ayant osé lui donner un démenti, il y répondit par un soufflet. Il résulta de c^tte querelle un tumulte dont Ncvers s'autorisa pour chasser les ministres de la ville. Sorel se retira à Saint -Lié à travers de grands dangers. Les principaux d entre les Protestants s'empressèrent alors de sortir de la vil!e, abandonnant leurs maisons qui furent pillées. Ceux qui restèrent furent exposés aux plus . horribles violences. Nous avons déjà eu l'occasion (Koi/. Pierre CLÉMENT) de faire connaître les noms de quelques-unes des victimes de la réaction catholique. Il convient d'y ajouter : le tisserand Martin Adam, tué d'un coup d'arquebuse, le maître d'école Aimé, fouetté publiquement, le charpentier Aymon et le verrier Symon, qui furent égorgés, quoique la terreur les eût poussés à retourner à la messe.
Les enfants de Pauialéon Bon, de Jean Viot, d'Honnei, de Louis de Luthel, de Biaise Chante foin, furent rebaptisés de force, et l'on contraignit François Le Duclmt, lils d'un avocat de Troyes, qui avait épousé peu de jours auparavant N, Menisson , à se remarier dans l'église catholique. Les excès de la soldatesque Rnircnt par effrayer 1rs Catholiques eux-mêmes^ qui obtinrent de la Cour des lettres d'abolition ; mais elles ne produisirent d'autre effet que de rendre les meneurs plus circonspects. Les violences n'en continuèrent pas moins, même après la publication de la paix; seulement on ne s'attaqua plus aux personnes^ on se contenta de piller quelques maisons, comme celles du pharmacien' Collardy du potier d etain Jean Mauf-
fera y et du bourgeois Jean Lonnat.
L'église de Troyes, dispersée par la persécution^ ne se reconstitua qu'en 1564. Pithou écrivit à Théodore de Bèze pour le prier de renvoyer Sorel, qui s'était réfugié à Genève et qui retourna efTectlvemenl à Troyes au mois de mai [Collect. Dupuy, N© J 03-105).
Dans la troisième guerre,Sorel se retira dans le château de Saint-Mars, appartenant à Oudard Pied-de-Fer ; il y fut égorgé par son propre neveu, « avec eslrange cruauté , » lit-on dans les Mémoires de Charles i\.
SORRET (Jean), né dans un village près deHesdin, au paysd'Artois, n'avait encore que 28 ans, lorsqu'il fut arrêté, le 1" oct. I569,à Tournay où il travaillait de sonmétierdepuis douze ans. Crespin a rapporté dans son Martyrologe les dilTérenls interrogatoires qu'on lui flt subir, deux ou trois lettres qu'il écrivit de la prison à ses frèrcsen Jésus-Christ,et quelques vers, en forme de chanson, qu'il composa pour sa propre consolation et pour recommander la lecture cl la méditation de l'Écriture. Une fermeté inébranlable respire dans ses réponses, ainsi qu'une confiance entière dans les promesses de Jésus. Ses juges, ne pouvant vaincre sa constance, en vinrent à l'exhorter à « quitter quelque peu de son obstination clroidcur, » pour éviter au moins le supplice du feu. Il leur répondit, « qu'il aimoit mieux aller à la vie permanente par un feu matériel, que d'entrer par uncoupd'épéeau feu éternel, préparé à ceux qui desguiseronl ou renonceront la vraye doctrine du Fils de Dieu. » Ne pouvant rien gagner sur lui, ils le condamnèrent donc an bûcher. La sentence fut exécutée le il octobre.
SOUBEYRAN (Pierre), dessinateur et graveur, né à Genève le 6 nov. 1709. Il était fils d'un serrurier do Sauve, en Languedoc, qui s'était réfugié à Genève pour échapper aux persécutions. Le jeune Suubeyran, d'une santé très -délicate, goûtait médiocrement l'étal de serrurier; tout le temps
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qu'il pouvait dérober à l'atelier^ il te consacrait au dessin. Gardelle, l'aloé^ qui fut témoio d'une persévérance si peu encouragée par les parents, prit le jeune homme en affection et lui donna des leçons. Bientôt après ^ rapporte M. RIgaud (Des Beaux-Arts à Genève) ce il trouva un protecteur plus utile encore dans la personne du professeur et syndic Burtamachi , magistrat éclairé qui aimait les beaux-arts et cherchait à encourager les artistes. Soubeyran' dessinait et commençait à graver^ mais son instruction ne pouvait s'achever à Genève. M. Burlamachi fit les frais nécessaires pour qu'il pût se rendre à Paris^ et il le recommanda particulièrement à des artistes distingués. Soubeyran ne tarda pas à devenir un habile dessinateur. Il s'attacha à la théorie de l'art autant qu'à l'exécution, et fut compté au nombre des premiers graveurs do Paris. » Au rapport de Nagier^ Soubeyran s'appliqua aussi à l'impression en couleur et cet art lui devrait quelques progrès. Lorsqu'après bien des efforts, qui ont déjà eu leur récompense, on parvint à vaincre à Genève la résistance des Calvinistes rigides, en décrétant la fondation d'une école de dessin, on jeta les yeux sur Soubeyran pour lui en confier l'organisation et la direction, llfutnomnté le 14 mai 1718; mais l'école ne fut en activité que le 7 juin 1 751 .Le tiaitementctait modique^ le conseil des ce l'avait flxéà 800 liv. argent courant, environ 1,520 fr., et encore le titulaire devait-il prélever sur cette somme les frais de son logement et de la salle d'éiudes, et fournir les mo'lèles. Mais l'estime de ses concitoyens ne se marchande pas, et Soube> ran accepta celte place cnmme un honneur, il retourna à Genève en 1 750, après un séjour à Paris de près de 20 ans. « il s'uccupa des lors, dit M. Rigaud, à perfectionner ses éludes théoriques, et écrivit sur le genre d'éducation artistique qu'il convenait d'introduire à Genève. Il préparait sur ce sujet un ouvrage complet qu'il n'a point publié. Ses succès dans la direction
des classes de dessin établies à Genève, engagèrent le gouvernement de Z(^rich à lui demander un mémoire sur l'établissement d*écoles semblables dans ce canton. Ses conseils furent suivis. » Soubeyran était, en outre , versé dans la géométrie. Il s'adonna avec succès à l'art de l'architecture, et on lui doit les plans de diverses constructions de Genève. Il mourut dans sa ville natale en 1775, « emportant l'estime et l'affection de tous ses concitoyens. » Onade lui, au témoignage de Nagler : !• Petms MagnuSy Russ, imper., d'après Caravac, 1743;— 2«Lei6fii7z;— 3«Ia conversion de St, -Bruno, d'après Le Sueur. On dit que Soubeyran s'était entendu aveci/icAf/ Lfo/ar(f pour graver toute la Vie de St-Bruno, mais ce travail resta en projet ; — 4« Iris, d'après lui-même; — 5« La belle villa»
geoise, d'apr. Boucher;— e*» Une jeune fille devant ion niirotr,demi-flg. d'apr.
Ch. Natoire; — V Vingt-quatre petites pièces avec officiers au service du roi de la fève, 4 vers franc, sous chaque dessin, d'apr. Abrafiam Bosse, gravés sur une même planche ; — 8* Choc de cavalerie, d'apr. une esquisse de H.
Verschuring pour l'OEuvre gravé de Basan ; — 9» Drux paysages avec caba»
nés, d'apr. H. Verschuring; — iO^ Suite de six paysages, d'apr. des esquisses de Lucas Van Uden;— 1 !• Les Armes de la ville de Paris, portées par des ^^m>«,d'r près une sculpture de Boucbardon ; — \2°Les Armes du Dauphin que soutient la Mort portée sur des nuages, d'apr. Coch in jun.; — 13* Les vignettes qui ornent un Essai de Pope sur l'homme, trad. par M. S., Lausanne, 1 745, belle édlt.;—l 4» Vi(/np(/g fJOMftin ouvrage de perspective, d'apr. lui-même; — 1 5» Autres vignettes pour diverses^ publications, d'apr. Cochin ; — \6* La plus grande partie des plant lies qui accompagnent le texte du Traité des pierres antiques du Cabinet du roi, par Alariette, 2 vol. in-fol., d'après les dessins do Boucbardon. — 1 7« Enfin, au rapport de H. Rigaud, on lui doit encore quelques-unes des planches de la
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Galerie de Versailles, publ, par Massé, SOliBIRAN (PiERBB de), sieur de BlASSAC et de BeJfort (i), qui tesla en 1561 > laissa quatre flls de son mariage avec Yolande de Handè\ es, savoir : Bal* thasar, Pierre, Anioine et Pterre. Antoine resta caiholique; mais ses trois frères embrassèrent la religion protestante et se Urent remarquer parmi les plus zélés huguenots du Castrais, sur* tout Pierre, que nous trouvons dans l'armée des Vicomtes dès 1569. En 1S72, il assista avec son Trère atné^ qoi portait les armes pour la Cause depuis 1 568, à l'assemblée de Pierre-Ségade. L'année suivante, il entra avec le grade de lieutenant dans la compagnie de gens d'armes de Paulin. Nous ignorons si c'est à lui ou à un de ses frères que le capitaine Soulié confia la garde de Cussac, dont il s'était rendu maître par escalade, le 7 déc. 1574.
Secondé par Jordy-de^La Lémnière , qai fut tué sur la brèche, Soubiran défendit vaillamment cette petite place Jusqu'à ce que la famine le forçât à capituler. En récompense de ses services, le roi de Navarre nomma, en 1584, Pierre de Soubiran gentilhomme ordinaire de sa chambre. Ce brave gentilhomme vécut juiiqu 'en 1615. Il avait épousé, le 1 0 mai 1 576, Jeanne Berne, et en avait eu un fils, Abel, sieur du Falga gentilhomme de la chambre du roi y qui prit pour femme, en 1616, Françtme de Mercier, De ce mariage naquirent A>drê, sieur du Falga, qui s'onil, en 1655, avec Anne Vileltes, et PiEBRB, tous deux maintenus dans leur noblesse en 1669, ainï>i que Paul de Soubiran, sieur de Heirort et fils de Balthasar, marié, depuis I6!i6, avec iifine de Carmaing,
SOUCHON (JEAn-Louis), galérien pour cause de religion. Son crime était d'avoir donné retraite au pasteur du désert Pierrt Dortial, Qui était ce pasteur? Sou martyre nous est resté in-
(1) Noof aTODi enToccavioD déparier d'un c»^ pitaine Bflfort qui serrait, en 1362, sous Mar» ekMÊttl (Voy. m, p. tlS)» 61 qai èltlt penMirt It It bId» fanille.
connu jusqu'à la découverte que nous avons faite dans un carton des Archives, coté Tt. 557, d'une lettic du procureur du roi de Chazel à La Devèie, datée de Nismes, 1«^ août t742, qui nous apprend que, condamné au gibet, il fut conduit au supplice au bruit des tambours, « pour qu'on n'entendit pas les discours phanatiques qu'il ne cessa de tenir depuis son jugement. » C'est une victime de plus à ajouter à la liste déjà si longue des prédicateurs protestants mis à mort depuis la révocation de l'édit de Nantes (V^oy. Pièces Justif. N» XCVll). Souchon fut envoyé aux galères et sa maison rasée. Les deux arrondissomenis où s'étaient tenues les assemblées Turent condamnés à 5000 et à 1500 livres d'amende.
Enfin le traître François Brotle^ reçut les 5000 livres promises pour la tète du ministre, et de plus une pension annuelle de 120 livres (Arch, gén. £.
SOULIGNE (NO, prolestant français réfugie en Angleterre, ne nous est connu que par ses publications. On a de lui :
I. Desofalion of France demonslra" ted, or évident proofs that one halfof the peopli of tliat kingdom are destroyed, two ihirds of ils tapitxil stock consumed, etc.,Lond., 16ii7, in-8».
II. The poli Uval mischiefs ofpopery, Lond., 1 698, go; 1 699, in-l 2.— Trad.
du français de Souligne parRidpatb.
III. Comparison beiiveen old Rome in itsglory and London^ n06, in-8«; 1710, in-80.
L'auteur de The witnesses of sackclolh prétend que Souligne étail un descendant de Du PlessiS'Mornay ; nous croyons que c'est une erreur.
SOUVERAIN (MATTHIEU), ministre protestant, originaire du Bas-Languedoc. On ne sali rien de sa vie, si ce n'est qu'après avoir desservi pendant quelque temps l'église de Mouchamps dans le Poitou, il fut déposé à cause de son attachement à l'arminianisme^ deux ou trois ans avant la révocation de l'édit de Nantes. En 163$, 11 se re*
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tira en Hollande^ mais n'ayant point trouvé à s'y placer, parce qu'il refusa de signer les décisions du s) node de Dordrecht, il passa en Angleierre, où il se joignit à l'Eglise anglicane et où il mourut avant la fln du siècle, laissant la réputalion d'un bomme pieux et grand ami de la venté Ou!re une Dmertatfon sur l'Evangile de Saint* Jean, restée inédite, on a de lui : Le Platonihtne dévoilé ou Essai sur le Vtr* he platonicien, divine en dtux parties, Cologne, P. Marteau, 1700, in- 8». Cet ouvrage, ou Souverain cherche è prouver que les Pères de l'Eglise ont pulsô dans les écrits de Plalou mal entendus leurs idées sur la Trinité et le Logos, fut vivement allaqué par les Proies* tants et les Catholiques; mais la critique moderne a donné raii^on, jusqu'à un certain point, à Souverain contre le Jésuite Battus et consorts. Il est impossible de méconnaître les rapporta qui unissent les doctrines chrétiennes aux théories néo-platoniciennes de !'£cote d'Alexandrie.
SOVISSE (Georges), dit Soûlas, ministre de Fontainebleau, ayant quitté ion église f^ans congé et ayant d'ailleurs donné lieu par sa conduite à des soupçons l&cheux, le Synode national de Privas lui ordonna, en 1612, de comparaître devant le synode du Berry pour s'y Justifier, et lui dérendlt, en attendant, d'exercer son ministère. Il est probable que cet ordre hàla la con* version de Sovisse, qui, selon l'usage, publia une Déclaralion sur le sujet de sa conversion, 2«édit., Paris, 161 S, in-8*, PI). 44, et se tourna dès iors avec emportement contre ses anciens coreligionnaires.
SPACU (IsiiAEL),proresseur de médecine à l'uni versilé de Strasbourg, naquit dans cette ville en 1560. 11 fit ses études à Tubingue, où il prit, en 1 581 , le grade de docteur. De retour dans sa patrie, il obtint une ctiaire de médecine qu'il remplit Jusqu'à sa mort, arrivée en 1610. Spach s'est moins occupé à publier des ouvrages nouveaux qu'à iàlre des recherches sur les produetions
des anciens écrivains. On a de lui :