‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 157 sur 241 · ÉL · texte numérisé non relu

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7 a*t-il qui l'ont surpassé. » Dans ses Additions aux Hémoires de CaslelnaQi Le Labonreur reconnaît aossi qaeaen* tre plusieurs seigneurs de France^ qui 86 signalèrent dans le parly de la Re« ligion^ il n'y en eut pas un qui mérltast plus d'estime que Charles, siear de Telligny, pour estre le cavalier le plus accompli en toutes lesqualifez nécessaires pour la cour et pour les armes. Il avoit, dit-il, avec le bonheur d'une valeur héréditaire, le don d'une prudence et d'une expression si forte et si agréable tout ensemble, qu'il estoit le Mercure de l'Estat et le perpétuel négociateur de tous les traitez de paix. )> A ces deux témoignages d'écrivains catholiques, joignons c^lui du huguenot La Popellnière, qui s'exprime ainsi : «L'amiral l'aimoit uniquement non moins pour la douceur et simple vertu de ses portemens,que pour sa dextérité au maniement de tous affaires guerriers et polrtics. »

Téligny parait pour la première fois dans les rangs huguenots en 1567. Avaut d'engager la bataille dans la plaine de Saint-Denis, Cor\dé\^ chargea de portera la reine-mère des propositions^ qui Turent rejetées. Lorsque, quelques Jours plus tard, dans l'unique intention de retarder la marche du prince vers la Lorraine, le roi feignit de vouloir entrer en négociations, c'est encore Téligny qui lui fut envoyé pour le remercier de ses bonnes intentions et lui annoncer la prochaine arrivée des plénipotentiaires protestants. Dans la troisième guerre^ nous le voyons agir à la fois et comme négociateur et comme général. Avant de quitter Noyers, Condé lui confia la dangereuse mission de porter en Courses plaintes au sujet de la violation de Tédit. Il s'acquitta de ce message qui pouvait lui coûter la liberté, sinon la vie, et courut se mettre à la tète de la compagnie de Tamiral, oii il servait comme lieutenant. Après le combat de La Roche-Abeille, Coligny le chargea de faire lever le siège de Niort et d'occuper Chàtellerault^ dont il se saisit par intelligences. Il assista

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ensuite an siège de Poitiers et s'y signala par sa bravoure. Vers le même temps^il tenta une entreprise sur Nantes^ mais elle échoua par la folle superstition de Pomenic, qui devait lui ouvrir les portes du château. A Honcontour, il combattit sous les ordres immédiats de Coligny, qui venait de le choisir pour gendre par son testament, « ayant plutôt égard à ses perfections qu'à ses moyens, » dit Brantôme. Il ne suivit pas l'amiral dans le Midi, employé qu'il fut par Jeanne d* Alhret aux négociations, qui aboutirent à la paix de Saint Germain. Le trailé signé, Téligny se retira avec les autres chefs huguenots à La Rochelle, où il épousa, en 1571, Louise de Coligny. Quelques Jours après son mariage, il fut choisi, avec Briquemault, Jean de La fin et Cavagnp.y pour apporter au roi les plaintes des Réformés au sujet du massacre de Rouen. Charles IX combla de caresses les députés huguenots^ et surtout Téligny, qui fut a si bien emmiellé^ liton dans les Mémoires de Charles IX, qu'il n'avoiten la bouche que la fidélité du roy. » Dupe de la fourberie de Charles,il refusa jusqu'à la fin de croiro à la possibilité d'une trahison; le tocsin de la Saint- Barthôlemy fut seul capable de lui dessiller les yeux. Au premier tumulte, il se hàla d'accourir auprès de l'amirdl, qui lui ordonna de fuir. Ti se sauva sur le toit d'une maison, oii il fut aperçu par plusieurs courtisans, qui, a quoy qu'ils eussent charge de le tuer, n'eurent oncques la hardiesse de ce faire en le voyant, tant il estoit de douce nature et aimé do qui le cognoissoit. » Il réussit donc à gagner sain et sauf le grenier du sieur de Chàteauneuf •avec quelques serviteurs de Coligny; mais des soldats de la garde du duc d'Anjou Ty découvrirent et regorgèrent par ordre de Larchant leur capitaine. Quarante-cinq ans plus tard, ses ossements furent transportés à Téligny et ensevelis dans la chapelle du château. En 1625, l'évéque de Castres les fit tirer de la tombe où lis reposaient et jeter dans la riYière, à ce

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qoe Dons apprend le cahier des plaintes présenté au roi en cette année.

TEK ANS (Jban) ou Tenant, professeur d'bebreu à l'académie de Montauban. On ne sait ni où ni quand il naquit. Nous trou\ons bien dans le rôle des bourgeois de Genève un Philibert Tenefét, apothicaire de Lyon, qui se réfugia en Suisse à la Saint-Barlhélemy. Il élait natif du Forez ; mais rien no nous prouve que notre Tenant ait vu le jour dans la même province, nous croirions plutôt qu'il élait né à Metz ou dans les environs. La première mention que nous ayons rencontrée de lui est dans Herzog, qui nous apprend qu'en JSiS, il remplissait à B&le les fonctions de vicaire de Sebastien Lepnsculus. C'est de Bàle qu'il fut appelé à Metz, lorsque l'édit de 1576 rendit la liberté du culte aux Protestants mes-* Bins. 11 monta en chaire pour la première fois le 2 juillet 1577. Cinq mois après, les Guise obtiorent de Henri III on ordre pour faire fermer le temple que les Protestants de Metz s'étaient empressés de construire dans la rue de la Chèvre, et l'exercice du culte réformé fut renvoyé à Monloy. En 1579, Tenans assista, comme député de la Champagne, à TAssemblée politique de Montauban, et en 1 582, à celle de Saint-Jean-d'Angély. Tout nous porte à croire qu'il desservait alors l'église de Sedanj au moins est-il certain qu'il enfui un des ministres de 1586 à 1589.

Nous avons déjà dit que c'est lui qui prononça l'oraison funèbre de Louis Cappel (Voy. Ill, p. 208), et nous a- Yons lu sa signature au bas de deux lettres écrites, en 1 588 et 89, par l'église de Sedan à celle de Strasbourg, pour la remercier des secours qu'elle en avait reçus. Plus tard, il fut appelé comme pasteur et professeur d'hébreu à Monlauban. La liste des églises présentée au Synode d'Alais prouve qu'il y exerçait encore ses fonctions en 1 620; mais on ignore l'année de sa mort.

TËRCli^lRR (Pierrb), protestant français réfugié en Suisse, y a publié, d'après Leu, L'aage d*ar renainsant

dans la Suisse réformée, Zurich,! 705^ et Tob. Hollander de Bernau, tanqiuun turris omnibus ventis lerrestrium affecluum immobiliSj carminé heroHeo représenta tus f Schaffb., 1706.

TÉROND (François), né à Valleraugue, au mois de mai 1639 et mort à La Haye, le 19 avril 1720 (Suppl.

franc. 3307), s'est fait connaître par un Essai d'une nouvelle traduction des Pseaumes en vers^ Amst., 1 7 1 5,in-8»; La Haye, 1721, in- 1 2.— La famille Térond adonne plusieurs pasteurs aux ôglises du Languedoc. Nous mentionnerons seulement Pierre Térond, qui, n'étant encore qu'écolier, se sauva à Genève à la Saint-Barthélémy, QiN.Térond, pasteur à Saint-Gilles, qui fut tué dans l'accomplissement de ses fonctions pastorales, en 1625.

TÉRAMONE, appelé aussi Terragone, capitaine huguenot, dont le nom mérite d'être sauvé de l'oubli, à cause de l'héroïque bravoure qu'il montra à la défense de Ter»ac en 1 575. Il s'était rendu maître de cette place, deux ans auparavant , avec le secours des fugitifs de Castres. Quoiqu'il n'eût que 30 hommes de garnison, il repoussa dem assauts, et se fit tuer sur la brèche avec tous ses compagnons. Furieux di leurs pertes, les Catholiques se vengèrent l&chement sur son cadavre, qu'ils attachèrent à un gibet.

TERRAS (Jban-Pierrb), chirurgien du Valentinois, reçu bourgeois à Genève, le 29 septembre 1769, a publié dans le T. V des Mémoires de l'Académie de chirurgie, dont il était membre correspondanl, des Observ€h lions sur le bec-de-lièvre et sur rea> tirpation d'un bouton carcinomateuao, et dans le Journal de médecine, depuis 1775, des Observations sur l'ex" foliation des os et sur l'hydrophthfdr mie, des Mémaires sur les propriétés et l'usage de la charpie dans letraite^ ment des plaies et des ulcères, ainsi qu'une Lettre sur l'usage du sublimé corrosif. — Jean-Pierre Terras, l'auteur du Traité pratique de la maladie vénérienne au syphUitique, publié à

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Gen., 1810^ iD-8«, était sans doute um de ses descendants.

TERRIT (Théophile), appelé par d'autres et plus exactement Tibiissb, docteur en médecine et proresseur di philosophie k Die, est auteur d'un mar nuel de philosophie que sept de ses élèves suisses de nation, pubiièrenf sous ce titre : Manuale philosophim christianœ, in q%êo sinyulari brevitaU et clariiate proponuniur omtda scitu necessaria philoëophiœ studiusiSy Ditty 1646, in-8«. Quelques années aprèa^ en 1662, nous trouvons Territ à Lausanne dans la chaire de grec, qu'il échangea, un peu plus tard, contre celle d'hébreu et de catéchèse. Selon le DIct des professeurs de Lausanne^ ouvrage inédit du doyen Bridel, H donna sa démission en 1664 vi retourna à Die^ ou il publia un Traité de la nature, qucUUez et vertus de la fontaine depuis peu décoitverte au terroir de la ville de Die, au lieu de Pennes, Die, 1672, in-8«. Cet opu»cule donna lieu à une trè»-vive polémique, qui enfanta un grand nombre de libelles, entre ^autres. Le Mercure vangé (Die, 1613, in-l2), par Paul Terrasson, médecin de Die, qui probablement était aussi protestant.

TERSON (Jacques de), sieur de Palemile , d'une ancienne famille du Languedoc,» personnage considérable dans le parti, » fut enfermé, par lettre de cachet, au fort de Brescou, en 1 748^ parce qu'il s'élait marié au désert et y avait fait baptiser son enfant (Arch, gén. E. 5503). Après y avoir été détenu environ deux ans, il fut remis en liberté, à condition qu'il n'assisterait à aucune assemblée des Pro^ testants, qu'il ferait baptiser ses enfants à Téglfse catholique et qu'il ne s'écarterait Jamais de Teniière obéissance qu'il devait aux ordres de S. M.

(Ibid. Ë. 5511). Sa femme, qui avait été mise dans un couvent de Mont^tellier, en fut « chassée » à cause de son état de grossesse; mais comme on'ne voulait pas lui rendre la liberté, on la plaça dans une maison de la ville, oh

on la Ût garder à vue pardes soldats^ le tout naturellement à ses frais.

De ce mariage conclu sous de si tristes auspices naquirent cinq flls, nom»

mes Louis- l'BiuppE, Paul-Louis^ PiERiE, FRtDfiRicet Pierre- HiLAiRi.

L'alné, dernier se gneur de PaleviUe^ servit quelque temps dans l'infanterlt et se retira à Sorrèie , où 11 mouml, laissant, entre autres enfants, Gabriel^ Casimir, chef d'escadron en retraite, chevalier de la Légion d'honneur et ds Saint-Louis, et une fille, mariée ai pasteur Sabatié de Toulouse. Le second, garde du corps sous Louis XVI, fut blessé à Versailles dans les journées do 5 et du 6 oct. Par reconnaissance, le roi le nomma chevalier ds Saint-Louis, en le dispensant du serment de catholicité , faveur peut-ètrs unique, même sons ce règne. Pendant rémigration Paul-Louis de Terson rsçut des princes une lettre fort honora^ ble, datée de Goblentz, 1 2 juin 1 7SS, où ils lui annonçaient que, sur Is compte qui leur avait été rendu ds ses services et des preuves distinguées de dévouement qu'il avait données à leur frère, ils le confirmaient a dans Is Jouissance des grâces que sa condoits et son courage lui avaient méritées, »

et Taulorisalent « à porter les marques distinclives et décorations militaires qu'il avait obtenues. » Le troisième, Pierre, chevalier du Mérite militaire, servit aussi dans les gardes da corps et mourut célibataire. Le quatrième, Frédéric, dit Lasalie, gards du corps comme ses frères, laissa un fils, Isidore, ancien maire de Revel, membre du conseil général de la Haute-Garonne et chevalier de la Légion d'honneur, de qui sont nés Marie-IsinoRB, docteur en médecine, Pbilippb, lieutenant de vaisseau en retraite, o^ ficier de la Légion d'honneur^ et Jo< sÉPHiNB-LouiSB , femme de M. M<h qnin-Tandon, à qui nous sommes redevables de ces renseignements. Le cinquième enfin, Pierre-Hiiaire, s'honora, ainsi que son frère Frédéric, en refusant la croix de Saint-Louis plutôt

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^ae de blesser sa conscience par le serment de catholicité. Le gouvernement respecta leurs scrupules et leur donna la croix du Mérite militaire en les autorisant à porter un ruban rouge au lieu d'un ruban bleu. 11 laissa plusieurs enfants, entre autres, une fiile aujourd'hui veuve de Félix Ounal, botaniste célèbre et correspondant de l'Institut.

TERSON (Jkan), de Puy-Laurens, fit ses études en théologie à Montau-* ban, où il soutint, sous la présidence de Martely une thèse De verâ chris- Uanœ justi/îcationis ideâ, ins. dans les Thèses Montalb. A l'époque de la ré* vocation, il abjura et publia: Des mo' tifs de la conversion de saint AuguS'' tin à la foi catholique pour servir de modèle atix Protestons^ Paris, 1685.

TESSEREAU (Abraham), sieur de Bernay ou de La Haute-Garenne, naquit à La Rochelle. Son père, Alira* kam, et son oncle, Matthieu conseiller au présidial, étaient de zélés protestants et avaient joué Tun et l'autre un certain rôle pendant la guerre de 1 628 . Abraham Tessereau fut reçu secrétaire du roi le 7 juin 1653 et obtint ses lettres d'honneur le 15 juin 1673, après Tingt années de service. Ancien de l'église de Paris, il assista au synode provincial tenu à Charenton,le 27 avril 1679, et y remplit les fonctions de secrétaire. Le synode l'adjoignit à Massanes, a pour agir aux afTaires des églises » [Fonds Jacobins S. -Honoré , 1)0 30). A la révocation, il se retira en Hollande et mourut à Rotterdam en 1689. On a de lui :

L Histoire chronologique de la grande chancellerie de France, Caen, 1676,in-fol. — Cette histoire qui n'est, à proprement parler, que le développement d'un autre ouvrage de Tessereau : Observations sur les règlcmens et privilèges des charges de conseillers secrétaires du roy, est rempli de recherches curieuses.

II. Histoire des Réformés de La Ro' chelle et du paya d'Aunis depuis l*an 1 660 jusqu'en 1 685, Leyde, 1 688, in-

12; Amst.,Savouret,1 689; 1 709,in-l 2.

— Petit volume écrit sans aigreur, avec autant de simplicité que de bonne foi.

TESTARD (Paul), sieur de La Fontaine, ministre de l'église protestante de Blois au moins depuis 1626, est surtout connu par le procès qui lui fut intenté devant le Synode national d'Alençon par les adversaires de l'aniversdlisme hypothétique. Nous avons longuement parlé ailleurs de cette controverse, dans laquelle Amyraut (Voy.

ce nom) joua le principal rôle. Nous n'avons plus qu'à faire connaître les ouvrages attribués à Testard. En voici les titres :

I. Elprivixdv seu Synopsis doctrinœ de naturdet gratiâ, BIcesis,! 633; réimp.

dans le T. III des OEuvres de Rivet,

II. Apologie pour le sentiment des Evanyéliques touchant la justifica»

tion, Saumur, 16>9.

lU. L'ajustement du réformé miso^ schisme entre les erreurs du pélagianisme et du manichéisme , touchant la grâce universelle, 1644, in-8«.

IV. Explication du livre de VApo^ calypse, Gen., 164*, ln-8o. — Sous le pseudonyme de Philalethes Irenœus, masque de Testard, selon le P. Lelong.

V. Sentiments de P. Testard sur la nature et la grâce, 1649, in-8».

YI . Paraphrase des thèses de il/. Testard touchant la do trine de la nature et de la grâce , msc. de près de 230 pages in-rol.,qui fait partie du T. XVII de la Collection Conrarl. — Ce travail n'appartient pas proprement à Testard; mais nous n'en connaissons pas railleur.

Paul Testard avait épousé Catherine Du Four, dont il eut au moins deux enfants : une fille , Catherine , née à Blois en 1 629 mariée à Claude Pajon et morte en 1 660, et un fils. Paix, né aussi à Blois, et proposant en théologie, en 1660. Cette même année, Paul Testard fils fut appelé à remplacer Du Prqt comme pasteur de l'église de Dangeau, qui comptait encore parmi ses membres un grand nombre de personnes considérables par leur position

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sociale, comme Louis de CourcUhn, baron de Dangeau, les sieurs de BeleS' sort, de La Julist^ière, de Chevrigny, de Coussigny, de Margoutier^ Des Aul' naiSf de Loinvilley Souchay-Du-Soucy, de Lugny, de Grimaldiy de La Care" Hère, de Saint-Amour, de La Brosse, les demoiselles de Bretigvy, de Fon-cliiiay. Mm» de Pimpreneau, le bailli Géd^on Poirier, le procureur fiscal Dor niel Durand, le procureur Jonathan Poirier, le grefDer Cachm, les chirurgiens Petineau et Pef/f(, etc., qui s'engagèrent tous à parfaire le Irailement du nouveau minisire, montant à la somme de 500 livres. De précoces infirmités forcèrent Teslard à quitter, aa mois de mai 1680, son église, où il fut remplacé par David Humbert, et à £6 retirer à Blois. Le consistoire lui donna l'attestation la plus honorable touchant sa doctrine et ses mœurs.

La famille Teslard était nombreuse et répandue en diverses provinces.

Nous en trouvons une branche à Paris où habitait, en 1637, Abraham Tes-' tard, à qui sa femme, Marie Eliot, donna au moins deux fils : Pierre, pré* sente au baptême, le 15 mai 1 637^ par Pierre Baudouin, sieur de Champrosé^ et FRÀKçois, baptisé le 1 1 nov. 1 639. L'alné, marchand de toile à Saint- Quentin, épousa Catherine Bossu, qui lui donna dix enfants. Neuf sortirent de France, à la révocation, avec leur père. Le dixième, Cyprien, abjura (Arch, gén, M. 674). Peut-être le médecin Testard, réfugié en Hollande, qui publia Les œuvres de Machiavel, augm, de V Anti- Machiavel [par le grand Frédéric], La Haye, J743, 6 vol. in-i 2, descendait-il de celte branche; mais c'est à une autre, établie dans rAngoumois, qu'appartenaient Léon Testard, sieur des Meslars, ancien de l'église de Monlausier, et Abror ham Testard, qui tous deux sortirent aussi du royaume (Arch. Tt. 258).

TEST.4S. Dt»ux pasteurs de ce nom, tous deux alliés à la famille Charnier et parents à un degré assez rapproché, se réfugièrent en Angleterre à la révo-

cation. L'un d'eux, nommé Pierre, a- \ait desservi l'église de PuymiroUpois celle de Hilhau, qui fut détruite ea 1 682, sous le prétexte qu'on avait admis des catholiques dans le temple.

C'était, dit Benoit, a un homme d'une grande sagesse, d'une piété sincère et d'une fort bonne vie. p 11 emmena avec lui sa femme et deux enfants, âgés de 6 et de 2 ans (Arch, gén. Tt. 287).

L'autre, Aaron Testas, fils de N, Testoê et de iV. Le y au tonnier-de-Castelfrano, avait été ministre à La Fille et à Poi* tiers. 11 fut donné, en 1687, pour pasteur à l'église française de Londres, et mourut en 1721. Il a publié : La cotinoissance de l*ame par l'Ecriture sô- Ion ses trois différens états, d'union^ de séparation et de réunion, 1709, 2 vol. in-80. Le premier vol. tout entier est consacré à la défense des doctrines spiritualistes. Dans le second. Testas combat ceux qui nient l'immortalité de rame, ceux qui croient au sommeil de l'Âme jusqu'à la résurrection, ceux enfin qui admettent un lieu intermédiaire entre le Ciel et l'Enfer. Il avait promis un Traité de Tàme des bétes, qui ne parait pas avoir vu le jour.

TESTELIN, Tettelinou Teteldi, famille d'artistes, dont deux membres ont pris rang parmi les maîtres les plus distingués de notre école de peinture.

Gilles Teslelin, peintre des bâtiments du roi, enterré au cimetière de SS. Pères, le 1 3 oct. 1 629, eut de nom breux enfants de son mariage avec if arie Volant (1) ri® Louis, dont nous allons parler; — 2« Henri, dont ia notice suivra; — 3» Charles, bapt. le 10 juin 1618 : parr., le marquis de Golerande ; — 4» Madelaine, bapt. le 24 mai 1 620 : parr. , Jacques Testelin (peut-être un oncle) ; marr.. Modelai' ne Volant; et enterrée aux SS. Pères le 16 juin. 1648; — 5» Marie, mariée, eu oct. 1 638, avec Pierre Bougrand,

(1) Noe en 1594, elle snrrécat k «on mari jagqu'aa 30 dcc. 1637. Elle étail s^œur du peintre Arthus Vo(an/, ciUerré aux SS Pcres le lljanT. 1641, à l'Age de 35 ans. Madelaine, une de ses sœurs, épousa rhorloger GuiU. Dfrtigny^ et fat mère du peintre Jaeqm» Uenigny,

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ntUre brodeur; — 6* Une fllla non Mnmée, bapt. le 7 sept. 1624; — 7« Jacques, bapt. le 9 noir. 1625, et en- Itrrô aux SS. Pères, le 10 oot. i65f ; ^ 8« Pierre, bapt. le 37 Jan\. i «27 : pÊTT., Pierre Forest, peintre; marr., isuise d'Allemagne.

I. Louis Testelin, peintre d'histoire il de portrait, graveur à reau-forte^ Bâquil à Paris en 1 61 5. Placé dansTé- •ole du peintre Vonët, « la première é- ^e de France» à cette époque, il ne tarda pas à se faire remarquer parmi set condisciples. Il remporta plusieurs prix. Ses premiers ouvrages sont restés inconnus. «Testelin avolt beaucoup lè> écrit d'Argenvilie, son esprit étoit "Vif,!! sçavoit très bien les règles de son art, et il employa heureusement les réflexions qu'il avolt faites sur les ouvrafea des plus grands peintres.» « L'éléfmtioD et la noblesse des pensées , ajMte le critique, une composition mé- Ailée accompagnée des grÀoes néces- •aires , une expression variée et qui Fendoit le sentiment dans toutes ses nuances, tel que Salluste et Tacite Tout •iMervé dans les beaux portraits qu'ils BOUS ont donnés de leurs héros , fafaolent le caractère de ses ouvrages. »

Lié d'une étroite amitié avec le peintre Lebrun, Testelin s'eflbrçait de s'élever \ la hauteur de son ami, et il y réussit si bien dans quelques-unes de ses compositions, que ses envieux ont prétenda y reconnaître Tlnspi ration et Jusqu'à la touche de ce maître. Ce qui est plus certain , c'est que les deux amis se consultaientet s'éclairaient mutuellement, a Us discooroient sans cesse de leur art, dit son biographe. Le Brun proposoit les difficultés ; Testelin les dfscutoit avec esprit. » C'est aus«i ce que constate Robert Dumesnil. Teste- Un, dtt-il,« fut l'ami des sommités artis iquesde l'époque, et comme 11 possédait parfaitement la théorie de son art, la plupart ne dédaignèrent pas de le consulter ; ils furent d'autant plus portés à le faire que sa modestie et sa diserétioR égalaient son mérite. » An jugement de Huber, notre artiste «joi-

gnait à un heureux génie un excellent goût et un grand amour du travail. »

Nous emprunterons à d'Argenvllle le trait suivant : «Le Brun, dit-il, n'étoll eocnpé que de son ami ; il le sçavoit peu à son aise, et cherchoit toutes les oeeasions de le servir et d'adoucir la rigueur de son sort... Ils étoient ensemble à sa belle maison de Montmorency dans une grotte au pied de la cascade, lorsque Le Brun nt habiller en amour le plus beau des enfans de soa Jardinier, qui avolt environ 10 ans; il parut suivi de deux autres amours, et présenta de la part de Vénus des vers et une bagne de mille écus à Testelin. Celui-ci fut surpris d'une façon de donner aussi galante, qui voiloit avec délicatesse et embellissoit en même tems la générosité de son bienfaiteur. » An mois d'août 1645, Testelin épousa Afo* He Picari, une des filles de l'orfèvre Louis Picart. Lors de la création de l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1648, notre artiste fut admis au nombre des membres fondateurs. Parmi ces douze premiers membres, cinq au moins étaient protestants ; ce sont, outre Testelin, Séhas* tien Bourdon, Louis Du Guemier^ Louis Elle- Ferdinand , Samuel Bet" naTd[\ ). Testelin présenta comme morceau de réception un Portrait de

(1) Les autres nembreM protesUnU q«i f«raU snccessîTement admis à cette Académie, araKl qae lear religion devtnlao ft/red'eir.lusion, sont, à BOtre eonnaissaor*, Henri Tetlelin, reçu le iu fèTr. 1648; Abraham Bo99e^ le 4 noT. 1651; /«an Michelin, le 7 août 1660: Jacquti Rou$^ nau, le S sept. 1663; haa9 MoiUon, le 14 arr. 1663; Pierre Du eM#ni«>r,let6 mai 1665; Btienne Picart, le 19 juill. tSf I; Abraham G«noelt^ d'Anvers, le 4 janv. 1665; Mailhieu L'Eêpagnandel, le SO mars 1665 ; Elisabeth-Sophie Chéron^ nouvelle ronvertie le ti juin 167:1; Ni' eolat Heude^lt 15 «Tr. 167S ; Pierre Limbaré, le 9 liept. 1673; Jean Forest. le S6 mai 1674; Jacob d'Agard, le S aoiîl 1673; Jean Ecmanf\t 8 aoât 1675; îsaac de La Croix (?), le 7 août 1677. La grande éf uralioo de T Académie eutliei en \tSi. DèsIors,dea3UTeaai convertis, lelsqta J.'B. B(ain, le 34 nov. 1685, Philippe Meusnier, le 30 juill. 1700, purent seuls y entrer. Noos ne eonaalssoMqtt'aneseiileeieeptloa,CAar. le$ SosI, prenter peintre du roi d'Angleterre, né de réfugiée français i Stockholm, fut admis comme étranger, quoique prptestetnt, lor un ordre d

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Umis XIV historié. Le 2 Jnill. 1 6&.0, il rat nommé professeur. Il esl malheii* reax qu'une mort précoce Tait enlevé à l'âge de 40 ans, le 1 9 août ] 655, aux arts et à ses nombreux amis. Il ne laissa pas d'enfants. Sa femme, qui lai survécut, se convertit après la Révocation. On ne connaît de L. Testelin qu'un petit nombre de toiles. I ^ Saint* Pierre ressuscitant TabitJie, exécuté en 1652, et gravé au burin par Etienne Picard , dit le Romain, gr. in- fol., et par Abraham Bosse, In-fol. obi. — 2»

La flagellation de St Paul et de SiUu, exécuté l'année même de sa mort. Ces deux tableaux, qu'on admirait encore àNotre-Dame dans le siècle dernier,ont vraisemblablement péri. — 30 Saint- Louis pansant un malade en présence des seigneurs de sa Cour. Cette gran* de toile décorait une des salles de Vbàpital de la Charité. « La touche, la correction et l'expression qu'on y admire, lit-on dans d'Argenville, mettent ce tableau au rang de ceux des plus grands maîtres. » On ignore ce qu'il est devenu. En préseAce de pareils faits, les partisans de ce préjugé vulgaire que la Réforme a nui aux arts, se demanderont si Louis Testelin était bien réellement protestant? Il l'était en effet, de même que Jacob Bunel, Sébastien Bourdon l'étaient, él nos recherches nous ont même démontré Jusqu'à l'évidence (plusieurs centaines de noms d'artistes, à Paris seul, en font foi) que les arts étaient plus particulièrement cultivés en France, dans le xvi« et le xvii« siècle, par des protestants Si nous i\'avous pas à nous glorifier d'un plus grand nombre de peintres de génie, à qui doit-on s'en prendre, si ce n'est à notre caractère national. Quelques heures passées dans l'atelier, au milieu des élèves de nos écoles, suffiront pour nous convaincre que ce n'est pas la Réforme qui nous a nui. Il y a plusieurs sortes d'imagination, et nous n'avons pas celle qui fait les grands

légent, le 27 jut. 1717. Et peat4tre le peiofra tn éntU lowfiMijoiii-il dt le ntee fiiveir, un 17M.

peintres de sujets de sainteté. Do res^ te, l'Italie, l'Espagne, ne sont-elles pat toujours catholiques, et dans quel élat de décrépitude les arts n'y sont-ils pai tombés, tandis qu'on les voit prendro librement leur essor dans tous les pays protestants de l'Europe. Est-ce done un si grand mal que les œuvres de nos maîtres, au lieu d'aller s'enfouir danf quelque monastère, dans quelque coin obscur d'une église, où elles se détériorent, oïl elles périssent dans l'abandon comme les belles toiles de Testelin, est-ce donc un si grand mal qu'el* les fassent aujourd'hui l'ornement et û gloire de nos musées publics? Sans doute — et nous n'avons pas de peine à en convenir, car la vérité a toujours été notre seu le tV/o/e — le mal dont on accusa la Réforme se serait produit si le boa sens public ne s'était de bonne heure révolté contre les exagérations des z6* lateurs. Supprimer l'usage pour éviter l'abus, n'était-ce pas confondre dans un même anaihème le bien avec le mal?

RevenonsàLouis Testelin. 11 se livra avec quelque succès à lagravure au burin.On possède de lui, outre Quatre pièces de jeux d'enfants, l'Union, la FéU* cité céleste et terrestre, la Fidélité, ta Fraude découverte , eau-forte que loi attribue Huber (Notices génér. des graveurs, etc.), une Sainte famille, traitée «av< c pureté, naïveté et élégance.» Robert Dumesnil en donne cette description : La Vierge, assise de fac«, an milieu du sujet, tient son divin fils debout devant elle; ils regardent à gauche, où Ste-Anne, penchée, contempla le Sauveur. St-Joseph debout, au fond du cêté opposé, regarde le spectatear.

L. Tettelin in. et fe. haut. 0",I62, larg. , 0>°, 1 9 5 . On connaît deux états da cette planche. Dans le deuxième, l'enfant Jésus n'est vu que jusqu'aux genoux et le nom de l'artiste a dispani| haut. 0«,123, larg. 0»',t62.

Plusieurs artistes, tels que ^^lentie Picard, Abraham Bosse, Michel Monsyn, Gilles Rousselet, Louis Ferdinand, Landry, Gamler, Audran, ont gravé d'après L. Testelin. A l'art. FER-

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DDVANDfDouBavonslndiqiié, outre une charge^ de sa composition , l'Orgtieil espagnol surmonté par le Luxe fran^ pois, trois suites de petits dessins^ N»« I, II et m, formant ensemble 21 sujets.

Vagler y ajoute : Corniches et groupes à^enfants, 60 ff. Ferdinand fec. et cxc. pet. in-fol.; et Les plaisirs de lâchasse, teprésentés par des enfants, L. Ferdinand sc.^Hariette exc.^ 6 fl*.^ gr. in-rol. Obi. G. Audran, grava d'après L. Testelin « le Temps, aydé par t^amour de ia vertu^ deiorouille des nuages de Tignorance la vérité de la peinture, » estampe qu'on signale comme servant d'exemple de la couleur en peinture dans le livre de Henri Teslelin. On cite^ en outre : Portrait de l'artiste, G. C. Ki- Uansc; Jé&us-Christ en croix, 3 feuilles, grav. parB. Killan, gr. in-fol.; le Christ expirant sur la croix, en vue de la ville de Jérusalem, sans nom de graveur^ gr. in- fol., belle pièce, que Bnber et Rost attribuent à Louis Testelin; le Sauveur crucifié, gi avépar Miebel Mousyn, in-fol.

Les dessins de Louis TesteliD,au rapport de d'Ârgenv ille, « sont assez rares^ et renfermés dans une province ou son beau-frère les porta pour s'acquitter envers un ami de ce qu'il lui de voit. Ce sont presque tous des jeux d'enfans^ des académies, des sujets de thèses, des tombeaux et peu de pensées de tableaux. Le crayon de sanguine y est employé d'une manière un peu trop sèche et froide; le contour des figures est régulier, les enfans, dans la manière de Le Brun, se ressemblent presque tous ; les ornemens sont de bon goût et ses académies moelleuses. La propreté et une certaine touche uniforme peuvent faire distinguer ce maître. i>

II. Henri Testelin, peintre d'histoire et de portrait, élève de Youët, naquit, dit-on, à Paris en 1616. 11 fut admis à l'Acad. roy. de peinture et de sculpture l'année même de sa fondation, le i«> févr. 1 648, et dès le 2 juill. 1 650, lien futnommé secrétaire, puis le 7 oct. 1656, professeur. En récompense de divers travaux dont il s'acquitta à la

satisfaction de LouisXIV, ce prince Ini accorda le titre de peintre du roi et le logea aux Gobelins. On ne connaît de lui que quelques toiles. Outre son tableau de réception, le Portrait de Louis XIV séant en son lit de justice (janv. 1 648)« on cite un autre Portrait de ce prince à Vâge de douze ans, un Portrait du chancelier St^guier, le Portrait du 6ibliothécaire Pierre de Carcavy, 1675, gravéparG £delinck,in-fol.oval.Nous avons remarqué de notre artiste au Musée historique de Versailles ; Prise de Dôle (\Q(}S)\ Passage du Rhin («672); Reddition de la citadelle de Cambray, parMauzaisse. d'après une de ses esquisses faite sur l'original de Van der Meulen. Le Musée du Louvre ne possède rien de lui. Nagler prétend qu'il peignit, sous la direction de Lebrun, une grande partie des compositions de cepeintre, tirées de la vie d'Alexandrele-Grand. En sa qualité de secrétaire de l'Académie des beaux-arts, Testelinmit par écrit et publia les doctrines que professaient ses collègues sur Tart de la peinture. C'est à tort que d'Argenville, Robert Dumesnil, M. Quérard et la Biogr.univ., prétendent que cet ouvrage ne parut qu'après la mort derauteur. lis n'en connaissaient qu'une seconde édition. La l'« parut sous ce titre : Sentiments des plus habiles pein^ très sur la pratique de la peinture et sculpture, mis en tables de préceptes, avec plusieurs discours académiques et conférences tenues en présence de M, Colbert, etc., par Henri Testelin, peintre du roi, professeur et secrétaire en l'Arad, roy. dépeint, etdesculpl.y Paris, chez l'auteur, 1 680, in-rol . ; cette première édition est indiquée dans la Bibl. de peinture, etc., de Th. doMurr, et dans le Catal. de la Coll . de J . Goddi (Par., 1850, in-8»); 2« édit., Paris, chez la veuve Mabre-Cramoisy, 1696, pp. 40 in-fol. de texte imprimé, plus une préface de trois CT. non paginés, et six tables de préceptes en lettres gravées,accompagnées de six planches servant d'illustration aux tables. Cet ouvrage est le résumé des conférences te-

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nnesàl'Académie^de l667àl679.Le8 gravures en ont été exécutées, dans l'opinion de Bobert Dumesnil, par Henri Testelin lui-même. Voici quels en sont les sujets (d'apr. la 2« édil.) : 1» Ettt* des de têtes d'expression, au simple trait. — 2' Etudes de statues antiques, avec proportions, 1 681 , — 3® Etudes de têtes d' expression, d'aprhs Le Brun, — 4® La Manne dans le désert, d'apr.

Poussin, Henri Tesiclindeit etsculpsit^ « superbe pi6ce traitée d'une pointe savante et spirilunlle. » — 5* Sainte /omille, d'après Raphaël, morceau sans nom. — 6° Saint-Michel terrassant U Démon, Baphaël pinxit. Ces deux derniers, reproduction au trait des deui tableaux de Raphaël que possède le Mascc du Louvre.

En 1855, M. Anatole de Montaigloo fit paraître, d'après un msc. de la BibL nation., des Mémoires pour servir à rhist. de l'Acad. roy. de peinture et de sculpture, depuis 1648 Jusqu'en 1664 (Par., Jannet, 2 vol.) qu'il attribue à Henri Testelin. D'uncautrepart,M. Paul Lacroix a publié dans la Revue unlv, des arts [août 1856 et suiv.), d'après un msc. de la Bibl. de l'Arsenal, une autre rédaction de ces mômes Mémoires qu'il considère comme étant le texte original. Mais ce sont là des suppositions qui ne s'appuient que sur une simple présomption. Ce qui nous semble les contredire, c'est ce fait, bien avéré, que l'ancien secrétaire perpétuel de l'Académie, étant à La Haye, sollicita son ami Jean Rou d'écrire Thisloire de ce corps illustre, et qu'à cet efTet il lui abandonna tous ses registres.

Le 10 août 1681, Henri Testelin fut frappé d'ostracisme; on expulsa l'hérétique de ses places et de ses honneurs, espérant sans doute que le regret de sa position, la détresse, le vertige, lui feraient commettre une lâcheté; mais la France doit être Acre des beaux exemples d'indépendance, de respect de soi-même, que ses enfants ont donnés dans ces malheureux temps de persécutions. Testelin n'imita pas

quelques-uns de ses confrères, il aimt mieux s'expatrier que de devenir la chose d'un despote. Béfugié en Hollande, il mourut à La Haye, le 1 7 avril 1695. LesBegistresdeCharentonnous font connaître plusieurs enfants, tous morts en bas âge, qu'il eut de sa femme i4nneLoï5e/,deGuines,(morte avant 1 673); il l'avait épousée en mars 1 656: io Marie, bapt. le 1 4 nov. 1 657 : parr., Louis Du Guernier, peintre , marr.

Rachel Ttstelin; et enterrée le 13 août 1658; — 2» Bachel, bapt. le 1«' mal 1659, enterrée le 27 sept. 1660; — 3» François, bapt. le 2o Juill. 1664, enterré le 30 oct. 1674; — 4» Sébastien, bapt. le 1 1 nov. 1 665 : parr., Sébastien Bourdon; mort le 17 juiU, 1669; — 5° Anne, bapt. le 12 déc.

1666; — 6» Henri, enterré en déc.

1673, à l'âge de 3 ans (l).

TEXIER (François), né à Beaagency-sur-Loire et exerçant à Marche* noire, en 1587, l'humble profession de bourrelier, mérite une place dans notre ouvrage par l'intrépide constance avec laquelle il persista dans sa religion. Chargé de famille et de dettes, U n'avait pas voulu quitter la France, conformément aux édits du roi,« parce qu'il lui fâchait, s'en allant sans payer, d'être en réputation d'un voleur ; » il avait bien moins encore voulu faire violence à sa conscience en embrassant le catholicisme. Ancien de rÈglise de Lorges, il avait, au contraire, conlinaé non-seulement à célébrer un culte domestique, mais à visiter les malades, à les fortifier, à les soulager, comme il avait coutume de faire avant la dispersion de celte église. Dieu bénissait son zèle, et plus d'une fois il avait en la Joie de gagner à l'Evangile quelques paysans des environs. Il fut découvert et dénoncé. Le roi Henri III, passant à Marchenoire, le fit amener devant lui

(1) Nons ne MTons quel degrédeparenlénnifsait aui Tehlelin le peintre P€uquier- TeêUlm qui, au rapport de Fèiibien, travailla, en 1500, à reinbel!ift»ementdes maisons royales etqnenoM ▼oyon8 Ugurer, le 4 août 1611, comme parrain «■ baptême de Marie Ou^otx, ÛUe de Françoite Tm» Ulin et de Jean Duboi*^ orfèTre,

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«I piit la peine de rinterroger lal-mè» ne» dans l'espoir sans donte de le conirertir. Hais Texier Ini répondit avec tiûnt d'assurance et de fermeté^ qne le monarque ne (arda pas à se convaincre ^'tl ne gagnerait rien avec un homme de cette trempe^ ni par ses promesses^ lil par ses menaces; il ordonna donc de lui faire son procès. « Là dessus, racontent les mémoires du temps , il ftlt emmené lié, et comme on cbien en lease, aux prisons de Blois, avec beaueonp d'injures et d'opprobres. » On ne iturait trop admirer la douceur, la patience, la charité dont il fit preuve en présence de ses juges et dans ia prison •h il avait été jeté; mais ce qui étonne lortout, c'est la profonde connaissance qu'un homme de cet état avait de l'Ecriture sainte. Que les Protestants ont dégénéré de leurs pères à cet égard !

Combien y ena-t-il aujourd'hui même dans les classes les plus éclairées, qui aéraient en état de rendre compte de leur foi comme le fit le pauvre bourrelier Texier? Les juges eux-mêmes paraissent avoir été touchés de sa constance, mais les édils étaient formels, y fallait y obéir. Ils le condamnèrent donc à sortir du royaume sous deux mois, sous peine d'être pendu, déclarant, en outre, ses biens acquis et conâsqués au roi. Cette sentence est datée dn 9 avril 1588.— Parmi les familles protestantes réfugiées en Allemagne^ nous en trouvons une de ce nom établie à Hambourg, à laquelle appartenaient Texier, gouverneur de Surinam, et son frère, directeur de la Société des Indes I^Aitona.

THAMER (THfiOBALD), né à Rosbeim en Alsace, on ignore en quelle anliée,commença ses études à Wittenberg, oii il prit le grade de malire-ès-arls, et les termina à Francfort-sur-l'Oder. En 1543, le landgrave Philippe l'appela comme professeur de théologie à Marbourg, et le choisiten même temps pour son prédicateur. Enclin au mysticisme, emiemi du froid scoiasticisme qui commençait K envahir l'Eglise protestante ^vec les Confessions de foi et les For--

mules de concorde, plaçantla révélation intérieure, la conscience, au-dessus de toute autorité objective, accusant Luther et ses successeurs de diviniser la lettre morte, Thamer ne tarda pas à se trouver en butte aux attaques des théologiens delà Hesse, lesquels réussirent, en 1 549, à le faire bannir de Marbourg. Il se retira à Cologne, où, chose remarquable ! il fut accueilli par le clergé catholique comme un martyr de ia vérité.On lui donna même lacure de Saint- Barthélémy à Francfort, sans exiger de lui une abjuration. Lorsque le landgrave, qui avait été fait prisonnier à la bataille de Muhlberg,en 1541, fut remis en liberté, Thamer alla le trouver pour se plaindre à lui des théologiens hessois. Ce prince, qui l'aimait et l'estimait,maisquicraignailen même temps de soulever contre son autorité mal affermie le clergé de ses États, l'engagea à aller conférer avec les plus savants docteurs de rAllema^ne et de la Suisse et fournit de sa. cassette aux frais du voyage. Ces conférences ne modi Aèrent en rien les convictions de Thamer, qui finit par abandonner l'Eglise protestante, où il ne pouvait espérer de vivre en paix , pour se faire catholique. Il mourut professeur de théologie à Fri* bourg en 1569. Le seul ouvrage qu'il ail publié, à notre connaissance, avant son abjuration, est une dissertation An et qualenus Chrislianis in persécution nibu» sit /u^i^fu/t/m?Marp.,1547,8S Sa vie n'Intéressant pas, à proprement parler, la France protestante, nous avons dû nous renfermer dans les bornes les plus étroites. Ceux qui désireraient plus de détails, peuvent consulter l'ouvrage du célèbre Neander: Theobaid Thamer, der Repràsentanl und Vorgàngef moderner Geistesricblung [Berlin, 1842, in-8o).

THAUMAS (César), sieur de La Thaumassière, médecin de Benri II de Condé.LaThaumassièreétaitnatifd'Orléans. « Il donna pendant quelque temps dans les nouvelles opinions,» dit l'historien de Sancerre. Nousn'afflrmerons pas qu'il naquit protestant; mais nous

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âHofks protiver que le « quelque temps» de Poupard embrasse plus de vingt années. En 1 6n, César de La Tbao* massière se présenta au synode du Ber- 17, lenu à Argenton^ le 24 sept., sous la présidence de Durant, et «ayant esté ouy en sa proposition et examiné en la compagnie, il fut receuau nombre des proposans pour succéder en la place de La Prerre (Fonds St. -Germ. franc., N* 9 u . 1 6) . Le synode lui accorda donc nne bourse de 1 50 livres et lui enjoignit de partir sur-le-champ pour Genève, en lui remettant 1 8 livres pour sea frais de voyage. La même année, il fut Immatriculé K TAcadémie de Genève {Ms8, de Gen. 1 5 1 «). Ses études terminées, il revint dans sa ville natale, et comme la province du Berry devait fournir un proposant à celle de i'Islede-France , le synode de Gergeau, n'ayant point d'église à pourvoir, Jeta les yeux sur lui en 1 620. Mais déjà La Tbaumassière, oubliant que, d'après la Discipline, il dépendait entièrement de la province qui avait fait les frais de ses études, avait pris des engagements envers le consistoire de Saumur. Pour le punir de sa «légèreté,» le synode renvoya à un an son admission au ministère. Irrité d'un châtiment qui peut . paraître sévère, La Tbaumassière, qui vénal t de se marier KyecJacquette Guis^ chard de Bussièrts fi I le de Scittir GaiS" chard et de Socquette MUlet, renonça à la théologie et s'appliqua à l'étudede la médecine ; mais il resta protestant et bon protestant, puisque, en 1641, Condé ayant défendu l'exercice public du culte réformé à Sancerre , il offrit, comme Poupard nous l'apprend iui-mème, son Jardin pour lieu d'asj^emblée, et le service divin s'y célébra Jusqu'à ce qu'une nouvelle interdiction forçât lesHuguenots saiicerrois àaller au prêche à Henrichemont ou à La Charité.

César de La Tbaumassière mourut en 1 645, laissant un fils,nommc Gaspard, qui est fort connu par plusieurs ouvrages, entre autres par une Histoire du Berry, mais qui n'appartient à laFrance protestante que par sa naissance, tout

semble le prouver. 11 mourut avoeal au parlement de Paris en 1718.

THÉLUSSON on Thblldsson, famille lyonnaise qui professait déjà It religion protestante en 1 560 , comme nous l'apprend une lettre écrite par /eon Tbél nsson au consistoi re de Genève pour le remercier d'avoir prêté iltrebatidoiiM à l'église de Lyon {Arch. de Genève , N« 1 7 1 o),Symphorien Thélnsson, mâT»

cband de Lyon, qui échappa aux égop* geurs de la Saint-Barthéiemy et réussit, en se cachant dans un ballot de marchandises, à atteindre Genève, où il ftil reçu habitant, le 14 oct. 1572, était probablement son fils ou son frère. De son mariage avec Françoise de Gaspard naquirent sept enfants: !• Jean, qui épousa, en 1 583, Sara (fe/?o-A^« et n'es eut qu'une fille, nommée Judith ; — S* Françoia, marié, en 1584, avecSu«mne de Pellissari, dont il eut Sahcvl, mort jeune, et Susannb; — 5» RBift, qui fut marié deux fois : la première avec Marie Hotman, et la seconde avec Marie Altéon; il obtint, le 1 «'nov. 1 610, les droits de bourgeoisie ; — 4' Danicl, marié à Marie Thomas, de Lyon; «»

5* Jean-François, qui suit; — 6<> Marie, femme de René Bautacre ; ^ 7* SusANiiE, alliée avec Timothée de Péllissari.

Jeaa-François Thélusson, sieur de La Fiéchère, fut reçu bourgeois de 6e* nève, le 26 oct. 1 657, avec ses deu fils. H mourut le 10 mars 1647, à rage de 74 ans, laissant sept enfants de son union avec Marie de Tudert,Ur voir cinq filles et deux fils, nommés Théophile etRsNÊ. Celui-ci épousa, en 1644, Sara Tronchin, dont it eut trois filles et deux fils. On ne sait rien du second qui s'appelait Louis ; quant an premier, nommé Théophile , comme son oncle, il prit pour femme Judith Martin et alla s'établir en Hollande> (A ses fils, Louis et Pierre, moarurent sans postérité.

Théophile Tbélusson, né enl6ilt^ pousa, en 1637, Judith Tronc^'n. lien eut: !• Jean-François, auditeur, qoi ne laissa que des filles de son mariage

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avec Marguerite de Chapeaurouge; — S* Jean, ancien de l'église de Bàle depuis i 672, mort en i 704 ; — 5» Théophile, né en 1646, qui n'eut non plus que des filles de son union avec Jeanne GuigiAer; — 4» Isaac, qui continua la descendance; — 5» Henriette, épouse de Jean-Jacques Des Gouttes, d'une famille lyonnaise élablie à Genève, où Za^ charte et Jean des Gouttes avaient été reçus bourgeois le 28 sept. 1 596.

I^éle 14 oct. 1690, Jean Thélusson a, le premier, Jeté un certain éclat sur la famille. Ministre delà républiquede Genève auprès de la cour de France depuis 1 730^ il sut par son esprit et son amabilité gagner les bonnes grâces du roi, des ministres, des plus grands seigneurs du royaume, et se mit ainsi en position de rendre des services à sa patrie, notamment dans ralTaire de la médiation. Pour lui témoigner sa reconnaissance, le Conseil fil frapper en son honneur une médaille, en 1 744 . 11 était membre du conseil des LX depuis près de 22 ans, lorsqu'il mourut en 1755.

II avait épousé à Leyde, en 1722, Sara LeBoulenger ( t ), dont il eut : 1 » Isaac, baptisé à la Chapelle de Hollande, le 2i avr. 1723, mort en 1752; — 2» Anne- Sara, bapt.le26nov. 1724, femme de Pierre Naville; — 3^ Jeanne, bapt. le 26 déc. 1725« épouse du général Jacques Piclet; — 4° ISAAC-LOLis, baptisé le28 avr. 1727, qui suit;— S^'George- TOBiE, baptisé le 10 mars 1728, qui suivra; — 6° Théodore, mort à Tàge de vingt mois, cl enterré au Port-au- Plàlrc,le23oct.i73i; — 7» Judith, baptisée le 6 déc. 1 730, femme de Bernard de Diesbach ;-i-8o Elisabeth, bapt. le 4 déc. 1731^ épouse de Marc-Conrad FabrI ; — 9° Pierre, né en 1 735, dont nous parlerons après ses frères; —

(1) Uaac Le BouUnger^ marchand de Bouen, fat enferme, en 16H7, dans le couvent des Augttitins. Sa «seconde femme, Judith Cossart,l\x{ mi^e chez les Dominicains, avec sa belle-lille Jlarw-Madelaine^iluï de convertit, l'u piemicr mariage d'Isaac LeBoalei geravec EUtabeth Thorin étail no aussi un Uls qui so réfugia en Uollande (Arch gén. M. 675) el dont descendait saui doute celte Sara.

io* Jean-François, bapt. le 5 août 1738, conseiller en 1782, syndic en 1785 et mort en 1801.

I. Isaac-Louis Thélusson, sieur de La Gara, conseiller d'Etat à Genève de de 1772à 1778, qu'il donna sa démission, mourut en 1 790. De son mariage avec Henriette Bertrand naquit une fille, Madelaine, qui devint la femme du syndic J.-L.Micholi. En secondes noces, il épousa Julie Ployart, de Marseille, dont il cul encore quatre enfants: (rois fliles, Julie, mariée à Jean-Louis La6ar, Anne, femme {\e Jacques de Bu* dé, et Jeanne, et un fils, Isaac-Gbor- GE, qui se maria, en 1794, avcCi4nne« Elisabeth Biberslein, etn'cneut qu'une ÛUe, Caroline, femme de J.-£. Odier,

II. George-Tobie Thélusson, baron de Coppet, continua à habiter Paris, où II dirigeait une maison de banque, et où il mourut en 1776. 11 avait épousé Marie-Jeanne Girardol-de- Vermenoux et en eut : i <> Paul-Louis, marquis de Thélusson, bapt le 10 oct. 1757 et marié avec une demoiselle de La Ferté, puis avec une demoiselle de Caulaincourt ; — 2° Marie-Marguerite-asié- LIE, baptisé le 4 août 1 759 ;— 5oJean- ISAAC, comte de Sorcy, baptisé le 4 août 1764, ofljcier aux gardes suisses, qui épousa à Paris , en 1787, Ai mée- Marie-Louise Ri lliet , dont il eut AiMÉE- Antoinettb-Pauline -Louise, bapt. le 27 nov. 1788; Antoinette-Jeanne- Margueritte, bapt. en i790,elAHAble-Robert-Germain, qui, selon Galiffe, naquit à Paris, le I8juill. 1789;— 4» Pierre-Germain, baron.de Coppet, bapt. le 30 juin 17H7 et marié à une comtesse de Ventimille, dont il eut une flile alliée à Rougcmont deLovvcmberg.

m. Pierre Thélusson alla s'établira Londres vers 1 750 et y acquit dans le commerce une fortune très considérable. Il mourut le 27 juill. 1797, aptes avoir représenté quelque temps le bourg de Malmesbury dans la Chambre des communes. Sa femme, Anne Woodford, qu'il avait épousée en I7G0, lui donna six enfants : 1 * Pierre-Isaac, qui suit ; — 2"* George, membre du

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parlement, marié, en 1791, avec Mch rianne Fonnereau, dont il n'eut qae des filles; — 3» Charles, membre da parlement, né le 2 Tév. 1770 et mort le 15 janv. 1795, que sa femme, Sch' biné Robarts, rendit père de deux flis; — 4<> Marie, qui épousa, en 1792, Au^ gvste PhippSy frère du comte de Malgrave; — 5» Anne, femme, en 1801, de Tamiral Windham; — fi® Charlotte, mariée, en 1798, avec Thomas de Crespigny.

^ierre-lsaac Thélusson, né le 9 mars 1761, fut envoyé au parlement parle bourg de Bossiney. En 1806, il fut créé baron de Bendlesham au royaume d'Irlande, et mourut le 16 sept. 1808. 11 avait épousé, en 1 783, Elùiabeth-Eléonore Cornwall, qui l'avait rendu père de dix enfants : l ^ Pierre-Henri, mort en 1784; — 2° John, qui suit; — 3»

George, né en 179 i, tué à la bataille de Yittoria en 1813, étant lieutenant de dragons; — 4» Henri, mort enfant; —5» WaLiAM, né le G janv. 1 798, qui suivit la carrière ecclésiastique et épousa, en l826,missf'ra(;— 6» Frédéric t frère Jumeau du précédent ; ^ 7» Edmond , noyé par accident en 1818; — 8» ARTHLR, né le 19 déc.

1801, qui épousa, en 1826, Caroline* Anne-Marie Codrington, fille de l'amiral, dont il a des enfants; — 9» Franges, morte en i808;— lo» Caroline, mariée à M. Boutton.

Né le 12 sept. 1785, John Thélusson, lord Rendlesham, épousa,cn 1 809, Marie Dickens, dont il n'eut pas d'enfants. 11 se remaria, en 1816, avec Anne-Sophie Tainall qui lui a donné deux filles, Éhiilie, née à Genève en 1817, et Sophie, née en 1818, et un fils, Adolphe-Frédéric, qui n'a vécu que quelques mois.

THÉRBMIN (Antoine), ou Thermin, pellt-fllsde P,-Chépas Théremiu, qui avait été consacré au ministère par Calvin lui-même en 1545, se voua, comme ses aïeux, au service de TÊglise et fut placé au Grand-Gallargues près de Nisroes. 11 eut pour successeur son fils Etienne, né en 1636. Quoique com-

promis dans raffaire de Brousson, Étlenne Théremin ne fut point obligé de sortir de France avant la révocation de l'édit de Nantes. Il prit la route de là Suisse et arriva, le i^^ nov. 1685, à Genève,accompagnéde sa femme,Lotitse Pelel, qui accoucha d'un fils dès le lendemain. Au bout de quelques semaines, il se rendit à Lausanne, d'oh 11 fut bientôt appelé à Brème pour remplacer le ministre défunt Du Plessit, Le nombre des Réfugiés se multipliant rapidement dans celle ville, on lui don* na pour collègue, en 1688, Charles Icard (Voy. ce nom). La bonne harmonie ne régna malheureusement pas longtemps entre les deux pasteurs. L'amour de la prééminence les désunit; les intrigues d'un prosél>te, JosseUn Daunette, qui se disait docteur de Soi^ bonne,les rendirent ennemis irréconciliables. Les choses furent portées an point que le sénat dut intervenir et eot- Joignit à Théremin de reconnaître Daanette pour un honnête homme ; mais Théremin aima mieux donner sa démission. Il partit donc pour Berlin et fut placé comme minisire à Gross-Zlethen en 1 698. 11 a rendu compte de sa querelle avec Icard, qu'il accuse de s'être approprié le travail de La Forest, pasteur h Zell , en publiant sous son nom la traduction de V Institution chré* tienne de Calvin, dans un assez long factum qui a été imp. sous ce titre : Copie d'une lettre d*E, Théremin à M. de Ramée, touchant l'affaire qu'U a eu contre le nommé Marc-JosseUn Daunette, se disant ci-devant docteur de Sorbonne, et maintenant prosélite et ministre (Berlin), 1699, in-4«>, pp.

120. Il parait qu'il avait déjà publié auparavant un autre ouvrage intitulé Réflections sur les droits que les mogistrats fidèles ont dans l'Eglise,

Etienne Théremin mourut en 1 706 et eut pour successeur son fils Pierri, mort en 1 741 , qui fut remplacé à son tour, par son fils Jean-Louis. Ce dernier, né le 17 juin 1710, et mort le 13 janv. 1 7 97, n'eut pas moins de seise enfants, savoir : 1° David-Louis, qui

fOlt;— 2* PiUL-ÀUQVSTS; — SoFeamçois-Claudi, qui suivra;— 4* Louis- AHTOiHBy Dé le 9 mal 1 748 et décédé pasieur i Memel^en 1822, dont le fils L0DI8 mourut, en 1855, colonel d'un régiment de cavalerie au service de Russie;— 5* Charlbs-Octavb ; — 6*

SOSANNS-ÊLISABBTH ;— 7» GUILLiUMB-

PlBtRB; — 8» Mariannb ; — 9« Jean-

FntDÊRlC;— lO* CHRISTINB-FRfiDÊRI-

QUI ;— 1 1« Charlbs-Guillaumb, dont 1008 parlerons après ses Trères; — 1 2* Pibrrb-Etibnnb , bijoutier à Péterskonrg, puis à Genève ; — 15o Esther;

— 14» JuLBs;— 1 5* Marib-Chàrlotn;— 160 Jban.

David-Louis Théremin, pasteur à (rramsow^ naquit le 50 Juin 1 743. Il a publié.

I. Beirachiungm iXher die Mittel i$n gemeinen Mann mit den LandtiM' gêseizen bekanni zu machen, Berlin^ 1787, in-8».

U. Ueber Moralitàt und Religûmtàt mBeziehung aufda$ WohldesStaats, Berlin, 18I0, in-8«

in. Zuruf an die franzôs, Gemeinen in d. preuss. Monarckie von ein.

ikrer àllest^ Lehrer, Berlin, 1814, in-go. .^ pablié en même temps en français.

David-Louis Théremin, qui mourut le 15 sept. 1827, eut dix enfants : !• LODis-FRfiDÉRic-FRAyçois, qol suit;

— 2» JuLiB; — 3<» Charlotte ; — 4»

CHRI8TINB ; — 5» et 6* FRtDÉRIC Ct

Auguste, Jumeaux; — 7» Henribttb;

— 8* Guillaume, Jnge à Spandau ;— 0* Louis-Otton, mort pasteur à Gramsow, en 1 844;— 1 0' Fbrdinamd-Charlbs, Juge à Berlin.

Premier prédicateur du roi de Prusse et de la cathédrale de Berlin, conseiller du consistoire supérieur et un des plus éloquents orateurs de la chaire en Allemagne, Louis-Frédéric François Théremin naquità Gramxow, le 1 9 mars 1780. Il reçut sa première éducation de son père, qui le plaça ensuite au gymnase françaisde Berlin, d'où il se rendit à I'uni\er8ité de Halle pour y étudier la théologie sous Knapp et

Wolf. Comme U était destinée condAire et à édifier une église composée de E^ fugiés, son pèrejugea à propos de l'envoyer passer un an à l'académie deG^ nève C'est dans cette ville que le Jeune Théremin reçut la consécrationenl 805.

Cinq ans plus tard, Ancillon ayant été appelé aux importantes fonctions de précepteur du prince royal, il fut choisi pour le remplacer dans Téglise d« Werder.

Malgré le séjour qu'il avait fait à Genève, Théremin ne parlait le français qu'avec difficulté} aussi rencontrait-il, sinon des empêchements Insurmontables, au moins des obstacles sérieux dans l'accomplissement de son ministère. Il désirait donc ardemment obtenir une église allemande. Ses vœu furent plus que comblés en 181 5, lorsque le roi de Prusse le nomma prédicateur de la Cour. Il dut évidemment cette faveur à la sensation produite par son livre sur l'éloquence, qui fera 6poque dans l'histoire de l'bomilélique.

Un autre de ses ouvrages, sa Doctrine du royaume de Dieu, n'obtint guère moins de succès ; il lui valut le titre de conseiller du consistoire supérieur et celui de conseiller référendaire dam U division de l'inslruc ion publique au ministère des cultes. Cependantc'est surtout sur ses sermons que se fonde sa grande réputation. Comme orateur de la chaire, Théremin s'adressait plutôt au cœur de ses auditeurs qu'à leur raison. Croyant sincère, dévoué jusqu'à Tenlhousiasme à la cause de son Maître, enclin au mysticisme qui inspirait les Thomas à Kempis et les Fénelon, il ne cessait d'insister sur la nécessité de s'approcher de Dieu, d'entrer en communion avec lui parla soumission à sa volonté et le renoncement à soi-même, mais, comme il était né orateur et poêle, il savait tirer de ce thème un peu monotone des enseignements variés, qui frappaient d'autant plus vivement son auditoire qu'il les présentait sous une forme toujours nouvelle, n'obéissant, lorsqu'il était en ebalre^ qu'à ses Inspiratloni e\ dédai«

THÉ

gnant de se soamettre aai règles prescrites par l'homllétique allemande.

Théremio mourut le 5 oct. 18 46.11 passa les dernières années de sa vie dans la retraite, partageant son temps entre laprédication, Téducaliondeses deux enfants, l'étude de l'Ecriture sainte et la lecture des classiques allemands ou espagnols. Ses publications sontas^ se2 nombreuses. En voici la lisle :

I. Sermon prêché à l*ouverture de la campagne , le 20 mars 1813, dans le temple de Werder, Berlin, 1815, 8».

II. Deb Preussen und des Franken Tod auf dem Svhlachtfelde. Ein Ge* dichi^ Berlin, 1813, in-8*.

lii. Die Btrediaamkeit , eine 71mgend, oder Grundltmen einer sysU* matischen Rhetorik, Berlin, 18U, in- 8<>; 2« édit., 1837, in-8».— Les Anciens avaient défini l'orateur Vir bonus dicendi peritus. Pour Tliéremin aussi, le sentiment moral est la souroe de toute véritable éloquence. C'est sur cette base qu'il édifie sa théorie.

IV. Prediyt zurFeifr der Capitulation von Paris, Berlin, 1815, in-8».

V. David und sein sterbendesKind, Prediyt, Berlin, 1816, in-8o.

Yl. Gedàchtnisspredigt aufden BischufSack, Berlin, 1817, in-8».

Vil. Prediglen, Berlin, 1817-22, 3 vol. ïh'S^; réimp. des deux premiers volumes revus, Berlin, 1819-26, in- 80; réimp. du premier vol. contenant les sermons prononcés en 1815 et 1816, Berlin, 1829, in-8o.

Viii. DteLehrc vom gôtlUchenRei' che, Berlin, 1823, in-8o. — L'auteur fait de la notion du royaume de Dieu le pivot de la dogmatique et de la moralo chrétienne.

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