‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 162 sur 241 · IX. Ueber die sogenannte histori · texte numérisé non relu

IX. Ueber die sogenannte histori

sche undrUcht historischeRechtsschu* le, Heidelb., 1 838, 8». — dei opuscul'ç avait d'abord paru dans le T. XXI des Àrchii\fUrcivilisl, Praxis, dont Thi* haut fut un des rédacteurs depuis 1821 .

X. furis tischer Nachlctës. Vol. I, Code Napoléon, ou bien sous ce titre:

Lehrbuch des franzôs. Civilrechtes in steter Vérgleichung mit dem rôm. Ci' rilrecht, Berlin, 1841, in-8o. Vol. H, Lehrbuch der Geschichte und Insti^ tutionen des rômischen Rechtes, Her»

meneuUk und Kriiik dès rôm. Recf^ tes, Berlin, 1842, in-8'>. — Charles-^ Jules Guyet a pris soin de la publication de cet ouvrage posthume.

Thibaut a donné aussi une édit. des Observât, selectœ dénatura possession nis, par A.-J. Cupcr, léna, 1 804, in-8% et a été un actif collaborateur du /enoische Allg. Lileralur Zeitung et da Eeidelberg. Jahr bûcher.

Son frère, Bernard- Frédéric, né la 22 déc. 1775 et mort le 3 nov. 1852^ professeur de mathématiques à Gottiague, s'est aussi fait connaître avanta* geusement par quelques ouvrages.

I. DibS. inaugurulis philosoph, historiam controversiœ circanumerorum negativorum et impossibilium loga^

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riihmos sistens, GdU., 1797, iQ-40.

II. Grundrissder reinen Mathema- Uky(^m,y 180l,in-8o; 5«é(lU. refoQdae, Ueidelb ,1831, in- 8».

m. Grundriss der allgemeinen Arithmettk, Impartie, GôU., 1809, in- «o. 2» édit., Gôll., 1830, in-8«>.

La famille Thibaut était apparemment originaire du Poitou, où vivait, au milieu du xviip siècle, une Tamille protestante de ce nom. En 1 76t , André Thibaut-de-La Dorinière, de Saint- Maixent, fut enlevé à sa mère pour être placé chez un catholique (Arch, £.

3593). C'est aussi de nos provinces de l'Ouest que sortit Pierre ThiébauUy sieur de Champlaurier, qui passa dans les pays étrangers (Ibid, Tt. 258) , à l'époque de la révocation.

THIERRY (Claude), de Chartres, martyr en 1550. Ce jeune compagnon apothicaire s'était retiré à Genève pour cause de religion; mais il était rentré en France depuis quelque temps, lorsqu'il fut arrêté à Orléans et condamné an feu comme hérétique. Sur les instances de ses parents et de ses amis, li consentit à en appeler au parlement de Paris, qui confirma la sentence et le renvoya à Orléans pour y subir son supplice.

Une famille protestante de ce nom, habitant la Normandie, a donné des confesseurs à l'Eglise. Pierre-Thierry, sieur de La Motte-Lallier, capitaine dans un régiment français, sortit du royaume, à la révocation, avec son père nommé aussi Pt>rre,etpassaen Hollande, où il fut tué en duel. Une de ses sœurs, arrêtée dans sa fuite, en 1 686, fùlenfermée dans un couvent de Dieppe.

Une autre, appelée Françoise, épousa im apostat, N. de Vandemont, fils du sieur de Quiévremonty et feignit d'abjurer à la révocation (Arch. gén, Tt.

445). On lui enleva, en 1 699, ses deux filles qu'on la soupçonnait d'élever dans la religion protestante (Ibid. M.

TUIN (UOBKRT DE^, OU SCHÉLAN-

DRE, seigneur de Chaumonl, gouverneur de Jamclz pour le duc de Bouil-

Ion, s'est rendu célèbre par la belle défense qu'il opposa aux Ligueurs en i 587 et 1 588. Guillaume de LaMarck, qui connaissait sa valeur et sa fidélité^ lui avait confié le- gouvernement de cette place, en partant pour aller rejoindre l'armée allemande. Il lui était impossible de faire un meilleur choix.

A peine le jeune prince eut-il quitté Sedan, que le duc de Lorraine, soit pour opérer une diversion, soit plutôt pour essayer de se saisir de quelquesunes des places de la principauté sur lesquelles^ il avait d'anciennes prétentions, fil assiéger Jametz par un corps de troupes considérable ; mais, dans une vigoureuse sortie, Schélandre repoussa les Lorrains, prit et brûla tous les fortins construits autour de la ville par le cardinal de Vaudémont et alla mettre le siège devant Brieulle , dont il ne put s'emparer. Le duc de Bouillon ayant succombé, sur ces entrefaites, aux chagrins et aux fatigues qu'il avait éprouvées dans sa malheureuse expédition, le duc de Lorraine n'eut garde de négliger une occasion aussi favorable de se mettre en possession de la principauté qu'il convoitait. Il fit donc marcher contre Jametz toutes ses forces accrues d'un corps auxiliaire d'Espagnols, se flattant de l'emporter en peu de temps. Secondé par son frère, par le vaillant capitaine Caron et par Thabile Ingénieur Jean Errard, Schélandre, qui avait reçu de Sedan le renfort d'une compagnie commandée par le capitaine de J^oioi/, opposa une résistance héroïque. Intrépide, infatigable, sup< pléant par une foule d'expédients à la faiblesse de sa garnison, il découragea les assiégeants qui , après un assaut vaillamment soutenu, le 16 avril 1588, convertirent le siège en blocus. Jametz serré de près allait enfin être obligé de se rendre, faute de vivres, lorsque l'arrivée de La Noue, que l'on avait fait prévenir de Télat des affaires dans la principauté par le sieur û' Estivaux, et surtout l'assassinat des Guise, le 23 déc. 1 588, changeant la face des choses, le délivrèrent pour quelque temps

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des ennemis qui le pressaient de tons c6té8. Les Lorrains ne reparurent sous ses murs qu'après ia réconciliation des deux rois. Désespérant de l'emporter de vive force ^ ils Tentourèrent d'une ceinture de forts qui coupèrent toute communication de la place avec le dehors. La disette ne tarda pas à s'y faire sentir, et pour comble de malheur^ la peste se déclara. Sctiélandre dut songer à rendre la ville. II signa une ca* pitulation honorable, qui fut bien observée. La plupart des habitants se retirèrent à Sedan, mais le gouverneur s'enferma dans le château avec son frère Schélandre-de-Videbource et le bailli de Marolles, et il y tint jusqu'aa 22 juillet 1 589, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il eût perdu tout espoir de secours. Le siège avait duré vingt mois.

Schélandre continua à porter les armes sous le nouveau duc de Bouillon, auxc6tésdequi il fut gravement blessé à la prise de Ham en 1595. Nous lui connaissons deux flis : Louis, sieur de Tourteron, qui fut tué, en 1 590, à l'attaque de Troyes, et Jean, dont nous allons parler.

Jeande Schélandre, seigneur de Saumazènes, poêle etcapitaine, naquit vers 1585 dans le Verdnnois. Son ami Colletet lui a consacré une notice dans ses Vies des poètes français (Msc. de la Bibl. imp. du Louvre) où Ton trouve quelques détails sur sa vie. Après avoir fait de bonnes études à l'université de Paris, Scbélandre fut envoyé en Hollande pour y faire ses premières armes sous le ducde Bouillon (sans doute en 1595). Sa bravoure ne tarda pas à lui mériter le grade de capitaine, et depuis, il ne se passa guère de campagnes, dit le biographe, sans qu'il rendit au roi, tantôt en cette qualité et tantôt comme volontaire, le service d'un bon gentilhomme. Schélandre trompait Tennul des camps par la culture des lettres. La Poésie s'accommode volontiers d'une vie d'aventures et de hasards. Aussi, nos soldats-poètes sont-ils nombreux et ils ne tiennent pas une des moindres places dans Phis-

toire de notre littérature an xvi« siècle : témoins, Cl. Marot, Du Bartas, d'AubignéyJean de La Taille, Odetde La Noue, Monichrestien, qui ont marié avec talent la lyre àl'épée, — il est vrai, en maudissant la rigueur du sort qui tes forçait à cette union mal assortie. Quoique venu à une époque de transition, Schélandre resta fidèle à l'école de Ronsard. « Ses vers, au jugement de son ami, n'ont pas véritablement toute la délicatesse de son siècle; mais ils ont en récompense toute la force du siècle précédent.

Comme il n'aimoit que les choses mftles et vigoureuses, ses pensées l'étoient aussi. Et en cila, dlsoit-il, il imitoil Ronsard >t du Bartas, qui après les plus excellents poêles grecs et latins étoient ses autheurs favoriz.nLa poésie de Malherbe lui semblait a trop molle et efféminée, et son goût trop bizarre et trop dépravé dans le Jugement qu'il faisoit des poètes anciens et modernes.» C'est ce que le poète exprime dans ce charmant petit sonnet^ digne de nos maîtres.

J*estiine Bartas et Ronsard :

Toute censure m'est suspecte.

Quelque raison que l'on m'objecta, De celui qui fait bande à part.

C'est fort bien d'enrichir son art, Ponnrn que trop on ne l'affecte ; Mais d'en dresser nouTelle secte, Notre siècle est tenu trop tard.

0 censeurs des mots et des rimes !

SouTent vos ponces et vos limes Otent le beau pour le poly.

En soldat j'en parle et j'en nse; Le bon ressort, non le poly, Fait le bon ronet d'arquebuse.

Schélandre avait mille fois raison :

on ne saurait dire combien la richesse de la rime nous vaut de pauvretés, n serait curieux de le rechercher dans nos meilleurs poètes. On dit que Schélandre était très-zélé pour sa religion et Colletet raconte le dépit qu'il éprouva de l'abjuration de safemme,« femme d'une haute naissance, d entre les mains du P. Aihanaae^il accusailColletet, entre autres, d'y avoir prêté les mains, a Je sus si bien néanmoins^

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Uôate le biograi^he, appaiser son es- Ij^l irrité paf mille raisons de coniKience et par Ciçs paroles de 3aintll^p\ : Vellem omnes essent sicyk( ego, tfàé tant s'en Eaut qn'il m'en voulût du mal depuis^ '()u'il m'en estiipa^davan-

ty et il me dit en pleurai^t que c'é- 1a seule considération du trouble éb sa Tamille qui l'avoit fait parler et se blÀindre. i> Schélandre mourut en îksii^ dans son château, de 3aumazèifes^ des suites de blessures qu'il avait ]¥çues en Allemagne pendant la retraite du cardinal de La Valette*

jboDetet le dit auteur des quatre ouvrages suivants^ devenus extrêmement ralres. M. Cb. Asselineau, auteur d'une ^oli.ce sur Scbélandre (Paris, .1854, m-8*], n'a çn fençontrçr dans les bifiliothèques de Paris que la seconde é- Âtion de sa tragi-comédie.,

i.Méianges poétiques, par Daniel d'X^i^cbèreSjigentilb. verdunois, Paris^ itàs, Scbélandre avait caché son nom sousun anagramme, (1)^ parce qu'il «appfétiendolt le jugement sinistre des petits poêles de son siècle qui n'eslimoient rien^ s'il n'étoit tout à Fait dans la pointe ou dans îa délicatesse. » Le volume est divisé en trois livres : le j «r contient de petits poëmes sur des sujets héroïques, tels que le Procès de l* Espagne contre la Hollande plaidé en Van 1 600, après labataille de Nituport; dne ode pindàrique : Voyage fait par l'armée des Etats au pays de Lié» ge en 1 602 ; une autre Sur la prise de Grave, dédiée à Maurice de Nas^sau, duc de Grave ; etc. Le 2» livre est consacré à des odes, des stances, des ^lansqns, des sounets. Scbélandre y q6 èbre une belle provençale, Anne de Monlaut, en l'honneur de qui il composa un sonnet acrostiche, mésostiche, lozftiige et Croix Saint- André, « ce qpi^ bserve le biographe, est une gène horrible, et que je nommerois volontiers un exercice monacal et indigne de la liberté d'un gentilhomme françois. » Mais l'amour justitie bien des

(1) Il Qia aatsi quelquefois de c«IaideLesc«ndre.

faiblesses. Après, ce tour de force, le poëte ajoutait avec une sorted'ironie :

n estrade etcontraint, pourtant j'eo fais grand eas. Y0Pfix,docie« ooTriers, rîgnoraol a y toil goatle : C'est |in saut de déQ, tous ne le feront |>as. Je ne sais ceqa'ilTaut, mais je sais ce qu'il coûte.

L^e 5« livre, intitulé Gayetés, contient des pièces burlesques et satiriques. ,

. il. Tyr et Sidon, ou les Amours de B^ar et de Méb'ane, tragi-comédie publ- dans le recueil précédent ; nouv. éfilt., Tyr et Sidon, tragi-comédie divisée en deux journées, Paris, Robert Estienne, 1628, in-B». Cette dernière édit. est précédée d'une préface de François Ogier, où sont dii^cuiées les règles du théâtre et où nos romantiques retrouveront leurs principaux arguments, tant il est vrai que rien n'est nouveau sous le soleil. Le poète tenait surtout à honneur de prouver, contre Aristole, que Ton pouvait fort bien se passer et de l'unite.de temps et del'unité de lieu. Son action se déroule alternativement, entre mille imbroglio, à Tyr et à Sidon, c'est un chassé croisé, nn mouvement d'escarpolette fait pour donner le vertige. M. Asselineau consacre au moins douze pages de sa notice à l'analyse de cette pièce, nous ne pouvons qu'y renvoyer. Nous nous contenterons de rapporter, d'après lui, ces plaintes du roi Abdolonyme, qui donnent une Irès-bonne idée du poëte.

Tous ambitionnent notre sort, s'écrie ie roi, et que sommes-nous?

Rots gesnés de soucis, qui parmi nos honneurs Sommes toujours en butte aux chagrins, aux

[frayeurs.

Oh 1 cent fois plus heureux ceux qui passent leurs

[aages A guider un troupeau sur l'esmail des herbages ! SI leur sreplre n'est d'or, mais de fresne es branché, Si leur corps n'est de pourpre, ains de loilc caché, Si pour mets plus exquis ils ont leur pannetière, Leur huile pour palais, la paille pour litière, Pour leur suisse un roastin ; si leur nom n'est co-

[gneo Qu'en un chestif hameau dont lenr tige est \enu, Aussy sont-ils e&ompts de la mordante enrie : Leur &me en bas estai Mld'bonneur assoutie ; Us dorment en repos saoscrainleet sans soupçons ; On n'espiouuo pas leurs humeurs Qt façons ; ns n'ont ]t contenter tant d'arides sangsues Qui briguent dans lesconrs des pensions indues :

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Ils sontpleiges d'eai seuls, et ne «ont obligés De répondre en aotray da droict des mal jugés ; Ils n*ont soin de méfaleis dont ils ne sont pas cauM ; Le lirdeaa d'un état sur leur dos ne fait pause, Us ne sont appelés par blasme différent, Si paisibles, couards; si justiciers, tyrans.

lil. La Stuartide, Paris^ 1611; dédiée à Jacques !«' d'Angleterre, cl précédée d'un long argument en prose' « avec la véritable généalogie de la trës-noble et très-illustre maison de Stuart, d'après les plus fidèles historiens d'Angleterre, d'Ecosse, d'Espagne et de France. » Schélandre ne publia que les deux premiers chants de ce poëme, en vers de cinq pieds. Colletet nous apprend que son ami, converti par ses conseils à la manière de Malherbe, enavait composé denxautres en vers alexandrins. « Ce poëme, dont Je ne veux rien citer, écrit M. Asselineau, se soutient d'un bout à l'autre sur ce ton héroïquement guindé, qui fatigue également l'oreille et l'esprit^ et ne se peut débiter décemment qu'en ouvrant la bouche en forme de pavillon de trompette. »

IV. Les sept excellents tableaux de la pénitence de Saint Pierre, Sedan, 1636. — Satire contre Rome, publiée après la mort de l'auteur.

THOMAS (Antoine), notable bOQiv geois de Castres, jouissait d'une grande considération parmi les Protestants de cette ville, qui lui donnèrent des mar-^ ques réitérées de leur confiance. Trois fois de suite, en 1561, en 1568 et en 1585, ils le nommèrent membre du conseil adjoint aux gouverneurs chargés de la défense de la ville; et quatre fois, ils l'élurent consul : en 1567, avec Jean Bellesaigne; en 15T9, avec Elie Le Roy, Jean Donnadieu et Ray* mond Prat;eïï 1586, avec Pierre Du" jouï, Guillaume Donnadieu jeune et le même Prat; en 1590, avec Jean Bonnafous, Pierre ArtiçueseUacques Cruseau. Il mourut au mois de sept. 1 595. Il avait épousé Eslher Le Gros (allas de Gros),h\\eà'Amanocle Le Gros, médecin habile, né en Savoie, mais mort à Castres en 1 583. De ce mariage naquit, entre autres enfants, Antoinb,

sieur de Roquecourbc, premier consu en 1602, ayant pourcollègues Abeldê Fus, Antoine Alari et Pierre Donna* dieu; réélu, en 1610, avec Gaillard Boyer, Isaac Rivière et Antoine Reinaud. En 1626, Antoine Thomas épousa à Charenlon Judith Galland, fille û* Auguste Galland et de Marie de Lorme ; d'où l'on peut conclure qu'il n'était point un des partisans de Rohan, non plus que Jean de Thomas, sieur de L'Isle (Voy. V, p. 202). Ce fut apparemment pour l'attacher plus fortement encore à la cause royale, qu'on l'anoblit en 1G27. Les Jugemens de La Noblesse ne lui donnent qu'un fils, nommé Jean, sieur de La Barthe, qui testa en 1667. Du mariage de ce dernier a»

vec Jeanne Espérandieu, célébré en 1635, naquit Antoine, sieur de La Barthe, qui fut relégué à Dijon en 1698 et se convertit en noi [Arch.m.eiQ), Son fils, Claude, abjura dès le 30 avr. 1686, en présence de Jacques de LaP* ger, conseiller au parlement, et en même temps que C/iar^j^ de Cabrol,à^ Travan (Arch. yen, Tt. 255). Trois ans plus tard, nous trouvons parmi les prisonniers de Pierre-Encise, Claude de Thomas, de Castres (Arch, M. 674).

Notre jeune apostat serait-il venu à résipiscence, et aurait-il voulu aller retrouver son frère Jean, qui s'était retiré ddns les pays étrangers ? Ou bien ce prisonnierd'Êtatdescendait-il d'une autre branche de la famille Thomas?

Ce qui est certain, c'est que la généalogie donnée par Aubaïs n'est pas complète. Entre autres omissions, nous pouvons signaler celle de JeanrAntoine Thomas, conseiller en la cour des comptes de Montpellier, en 1681, qui acheta la terre de La Yérune de Daniel de Gallières, conseiller en la cour des aides, et dont la fille, Judith, épouse de François de Brignac, sieur de Beaur»gard, puis de N, de Lescours, se réfugia avec son mari en Allemagne.

Parmi les directeurs de l'hôpital français à Londres se trouvent plusieurs Thomas ; mais il serait difficile de dire s'ils descendaient d'AntoineTbomas ou

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d'une autre famille protestante^ qui habitait le Vivarais et qai nous est connae par Antoine ThomaSj des Vans, immatricnlé à Genève en 1 665 et pastcnr de Vallon en 1681, année où il présida le synode provincial tena dans ce bourg, le 26 nov., en présence du commissaire François de Faure, ayant pour adjoint Janvier, min. de Vais, et pour secrétaires La Vallette, min. du Gua, et Ki(/a/, ancien de Ciiomerac. On comptait encore à cette date, trente églises dans le Vivarais, maisdeux, celles d'issamoulène et de Saint-Genièsla Champ, ne se firent pas représenter. Voici les députés des autres. Vallon, Thomas avec les anciens Paris et 0lier; Salavas, Clauzel et Alison; La Gorce, Robert et Massot; Vais, Janvier avec deux anciens, le vicomte d'Entraigues et Reynet; Annonay, Crégut et ûeLhosme; Bonlieu, Bouryet, min.; De&a ignés, Brunier et Charnel ; Chalançon. Blanc et Cftapouillé; Vernoux, Bermond et Rissoans; La Bastie, Purand et Crozat- Boisson; BoCfrc, Reboul ti Bouchet-de-Juventin; Soyons, Homet et Fornier ; Pierregourde, Blanc et Bellecombe; Chàteauneuf, Terras- La Blache, anc; Baix, Gert;ats,min.; Le Pousin, Homel et Barrés ; Chomerac, Reboulet avec les anciens Brun et Vidal; Champeiracbes, de Chambaudy anc. ; St-Vincent-des-Barres, Lions et Du Serre; Maysse, Ribes, anc; St- Fortunat, Romieu et Reymondon ; Le Cbayiard, Cluzel et La Coste; Màrcols, IkUbiac et Serrepuy; Sl-Pierreviile, Dejean et de Bourlatier ; Le Gua, La Voilette et Giraud ; k\Oïï, Reboulet flis, et deux anciens, La PiaetteeK Fei>chet; St-Sauveur, A/es&onnier ei Aurenche; Gloiras, de La Charrière et Vabres. Ce synode admit au ministère jusqu'à sept proposants, savoir : Etienne Jalabert, François Rtboul, Pierre Audoyer, Gilbert, de Die, qui Tut donné pour chapelain à Du Pradel, Gaspard Dutoit, de Vallon, qui fut placé à Maysse; Paul Morel-de-La Pise,du Cbayiard, qui fut envoyé à Sainl-Pierrevillc ; haac Suchier-de-lM Parre, de Giuiras, qui de-

vint ministre à Champeiraches (Arch, gén, Tt. 289).

THOMINES (Pibrbb), plus connu sous le nom de Ou Bosc, le plus grand prédicateur qui fût de son temps parmi ceux de la Religion, au jugement de Bayle, né à Bayeux, le 21 fév. 1623, et mort à Rotterdam, le 2 janv. 1 692.

On n'est pas d'accord, chose étrange ! sur le véritable nom de famille de ce célèbre pasteur. Dans ses OriginesdeCaen, Huet, qu'on devrait croire bien instruit, s'exprime ainsi : Il fit changer à son père le nom de Thomine en celuy de Du Bosc par des Lettres du prince , ayant porté luy-mème le nom de Du Bosc dans le collège. D'un autre c6té, M. Beziers, dans son Histoire de Bayeux, s'appuyant sur l'acte de baptême de Tillustre prédicateur qu'il avait entre les mains, affirme que lluet se trompe, et que son nom n'était pas Thomine, mais Du Bosc. Nous nous rangeons à ce dernier sentiment, l'acte de baptême nous semblant trancher la question.

Pierre Du Bosc était le dernier et le seul survivant des treize enfantsnésdu mariage de Guillaume Du Bosc, avocat au parlement de Rouen^ mort en 1 653, et de Marie UHotelier, décédée en 1663. Il commença ses études à l'académie de Montauban, qu'il quitta au bout de dix-huit mois, pour les aller continuer à Saumur, oîi-ii passa trois ans. Il n'avait point encore atteint sa 23« année, lorsque le colloque de Trévières, assemblé le 15 nov. 1645, le donna pour col lègue au célèbre Boc/iart dans l'église de Caen. Il ne tarda pas à acquérir une réputation d'éloquence qui le plaça au nombre des pasteurs les plus distingués de la province. Toutes les fois qu'il s'agissait d'un discours d'apparat à adresser à un grand personnage, c'était sur lui que le consistoire jetait les yeux, et il s'en acquittait toujours avec un succès qui porta bientôt son nom jusqu'à Paris. Dès 1658, le consistoire deCharcnton envoya en Normandie le ministre GacAes et l'ancien .l/a^«af»e5 pour représenter

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à celoi de Caen combien il serait avan- ' tageox à la Cause qn'un orateur d'un si grand talent fût attaché à l'église de la capitale; mais sa demande, qu'il renouvela plusieurs fois, en la faisant appu>er par les plus illustres d'entre les Protestants, fut rejetée, l'église de Caen tenant à garder un homme dont elle 6tait aère, et Du Bosc lui-même ne désirant pas se séparer d'un troupeau qu'il affectionnait.

Le crédit dont Du Bosc Jouissait dans les églises de la Normandie et dont il n'abusa qu'une seule fois (Voy. VIII, p. 68), Testime que lui témoignaient non-seulement les Protestants, mais les Catholiques, son éloquence, ses talents, sa réputation, ses vertus même, qui défiaient la calomnie, tout devait donner de l'ombrage aux Jésuites et leur inspirer le désir de l'éloigner au moins de la province. Ils obtinrent, en 1 664, une lettre de cachet qui Texila à Cbà- Ions. De quel crime l'accusèrent-ils? Ou ne l'a Jamais su au Juste. On a prétcudu qu'il avait parlé, en termes peu mesurée, de l'autorité royale ; mais Jamais ministre prolestant ne fut plus royaliste que Du Bosc. Le roi était pour lui l'image de Dieu sur la terre, et l'obéissance passive à sa volonté absolue le premier devoir des sujets. Selon Ph, Le Gendre, son biographe, il fat dénoncé par l'apostat Pommier, de Hontauban, qui l'accusa d'avoir parlé d'une manière choquante de la confession auriculaire. Pour nous, nous croyons que son véritable crime était son mérite. Les Jésuites se flattaient d'avoir, après son départ, meilleur marché de son troupeau ; mais ils se trompèrent : l'exil de Du Bosc le rendit plus cher que Jamais à son église et ne servit qu'à faire éclater l'estime qu'on avait pour lui. « Ce ne furent pas seulement les peuples de notre communion qui s'intéressèrent dans sa soufifrance, lit-on dans sa Vie; tout ce qu'il y avoit d'honnêtes gens en France y voulut ent prendre part.» L'évêque de Chàions, entre autres, se plut à le combler de prévenances. « Il n'auroil

point mangé à d'autre table, s'il en eût voulu croire sa générosité, et il le faisoit deux fois règlement toutes les se* maines. »

La société de cet homme yénérabldi qui ressemblait si peu aux prélats de cour, une correspondance assez activa et quelques travaux littéraires ,dont une partie nous a été conservée, aidèrent Du Bosc à supporter les ennuis de son exil, qui dura environ six mois, malgré les démarches les plus actives de ses amis pour obtenir son rappel. Mon^ tausier, Turenne, Ruvigny, le premier écuyer Béringhen rivalisèrent de zèle pour le servir, et ils obtinrent à la On une nouvelle lettre de cachet, du 1 5 déo. 1664, « acte considérable, s'écrie Le Gendre, de la Justice et de la clémence du roy ! », qui lui rendit la liberté. En passant par Paris, Du Bosc ne manqua pas d'allT remercier les ministres d'Etat, et Le Tellier voulut bien lui promettre « de ne plus recevoir d'accusation contre luy, qu'il ne s'en éclaircU avant toutes choses avec luy. » Du Bosc s'en retourna donc à Caen avec cette promesse rassurante; il y rentra le 8 nov. , sept mois Juste après son départ. Les Jésuites ne se tinrent pas pour battus; ils renouvelèrent plusieursfois leurs accusations calomnieuses, et Du Bosc, malgré les promesses de LeTeilier, eut beaucoup de peines à se défendre contre leurs attaques.

En 1 668, les églises de tout le royaume ayant pris la résolution d'envoyer à Paris des députés qui présentassent au roi des remontrances au sujet de la fameuse Déclaration du 2 avril i 666, celles de la Normandie élurent Du Bosc, que sa haute réputation fit choisir à l'unanimité pour le chef de la députatlon. C'est en celte qualité qu'il fut chargé de rédiger les observations qu'on voulait soumettre au Conseil.

Pendant qu'il y travaillait, le bruit de la prochaine suppression des Chambres de l'édit de Paris et de Rouen se répandit. Les députés des églises sollicitèrent une audience du roi ; mais S.

M. ne voulut admettre en sa présence

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qg» le dépoté général et Du Bosc, qnl porta la parole et se surpassa en cette occasion. Son discours^ plein de force et de dignité, toacbant et pathétique, â été publié dans sa Vie. Louis XIV émti promit d'y penser, et, passant dans la chambre de la reine, il décla- H, eu t)résence de la Cour, qu'il venait d'entendre l'homme le plus éloquent de son royaume. Cette satlsractiond'afiiour-propre fût le seul fruit que Du Bosc retira de sa harangue; Tédit qu'on fedoutait n'en fut pas moins rendu au mots de Janv. 1 669. Cet édii fut la preliitère atteinte directe portée à l'édil de Nantes et c'est pour cela que les Ré- Iblrmésle craignaient, comme l'établissement d'un précédent qui pouvait me« lier, dans un temps plus ou moins rapproché, à l'abolition de Tédit de Nantes. Aussi, Le Tellier leur ayant demandé un mémoire sur les tempéraments que Ton pourrait apporter à la feoppression des deux chambres, il atait été décidé, dans une réunion des Froteslants les plus notables de Paris, « qu'on n'en présenterait aucun, parce que ce serait entrer en composition sur là violation de l'édit de Nantes, et qu'il valait mieux laisser aller les chqses, pour ne pas avoir, aux yeux des étrangers, rair d'y consentir. »

Bu Bosc fut plus heureux relativement à la Déclaration de 1666. Après M mois au moins de sollicitations et de démarches, il obtint enfin la Déclaration du l«r fév. 1669, qui modifia la j^mièredans ses dispositions les plus ieiatolres. L'affaire qui l'avait amené li Paris ainsi terminée, il retourna k biBien et îàX appelé à présider le synode brovinctal qui le remercia au nom des églises; mais les circonstances develuint de plus en (plus critiques. Il revint à Paris d%s le mois de Juin. C'est dans ce voyage qu'il dressa la Requête Isénérale, qui, selon l'expression de son biographe, a fait tantdebmitet si peu d'effet. Elle fut présentée au roi pair àuvigny . S . M en ayant renvoyé l'exatnen à son retour de Chambord, Du Bosc repartit pour Gaen^où il pasaa le

reste de l'année. 11 revint, une quatrième fois à Paris, au commencement de 1670, pour solliciter une réponse à la Requête générale. Le 23 fév. et le 2 mars, il prêcha à Charenton sur Apoc.

m, 14-16. Dès le lendemain, l'archevêque courut à Versailles avec un mé^ moire où il l'accusait d'avoir parlé de la religion catholique en termes injurieux; mais LouisXiV refusa d'ajouter foi à celte dénonciation, en sorte que le prélat ne recueillit de sa démarche que la honte qui s'attache toujours à la délation.

Cependant le temps s'écoulait et l'affaire qui retenait Du Bosc à Paris ne recevait pas de solution. Dans l'espoir de hâter la réponse du Conseil, on se décida à faire imprimer la Requête générale. Dès qu'elle parut, Châteauueuf manda dans son cabinet les députés des églises, leur fit de vifs reproches et envoya à la Bastille deux d'entre eux, Le Verdier et Chabot. Celte rigueur b'intiniidapas les autres, qui firent rédigerpar Du Bosc une seconde requête, que Ruvigny fut chargé de présenter an roi. Ce ne fut toutefois que le 17 mars 1 675 qu'elle futrapportée au Conseil. Villeroy et Le Tellier furent nom- Inés pour l'examiner, mais ils traînèrent i'affkire en longueur sods toutes sortes de prétextes, ce qui força Du Bosc à faire plusieurs nouveaux voyages à Paris. Dans un de ces vo^- ^es, en 1 676, il eut l'honneur d'être tenté par Chàleauneuf lui-même , qui l^ssura que le rot aurait une joie extlraordinaire de sa conversion, qu'il n'avait qu'à demander, qu'on lui donnerait quelle charge il voudrait, qu'on avancerait ses enfants, etc. Est-il nécessaire d'ajouter qu'il refusa de vendre sa conscience? Il resta donc ministre de l'église de Caen, qui était alors menacée dans son existence; mais son éloquence triompha de la mauvaise foi du clergé romain , et il obtint, le \ 0 fév. 1681, un arrêt du Conseil qui maintint l'eiercice dans cette ville. Dans tous ses rapports avec le gouvernement. Du Boac fit briller une prudence^ un cou-

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rige, nne fernleté et une habileté qui lai gagnèrent reslime de Louis XIV et de ses ministres. Si l'Eglise protestante avait pu être sauvée par des négocia»

tions, elle l'aurait été par lui.

£n 1 682, Ou Bosc Tut appelé à préaider le synode de la Normandie qui 8'assembla à Quévilly , le 2 sept. 1 682. Y assistèrent : Rooen^ Jausse, LarrO' que, Le Gendre, Basnage, min.^Cordel et de Caux, anc; — Le Mesnil, Barlfiery min.; — Orbcc, de La LoUêy min.; — Saucourt, Denis , min.; «• Pontaudemer, Le Tellier, min. , Met* oîufi, anc. ;— Grosménll, CarrfW, min., ù'Hévrecaurt, anc; — St-Lo, Fleuri, min., Dubois, anc.;— Gavray, Dcver, anc.; — Fonlenay, de Barhetys, min.; — Ducé, de La Noë, min.; — Cérisy, Richer,ïs\\vkr, — Alençon, Benoit, min., d'Ornant, anc. ; — Séês,Larpent, min.; — Courtomer, Cuchet, min.; — Fontaines. Le Bailli, min.; — Laigle, Là jùganière, min.; — Caen, Du Bosc, min., Carbonel, anc; — St-Vaast,7Vrel, min.; — Bernières, Binet, inin., DesRoqi^Ues, anc; — Trévièrcs, Cartout, min., de Hautvignot, anc; — - Sl-Pierre-sur-Dives, Du Mesnil-JarA- 6ttn,min.; — St-Silvain, de La Croix, min., Gallard, anc; — La Gauteraye, Roussel, min.; — Dieppe, Cartaitt; min., de Ca^ix et Chauvel, anc; — Le Havre, Guérard, min., 0u65ne/, anc; — Criquetot, Taunaif, niih. ', de Betan* court, anc; — Brecey, Gamin, min.; —Bacque ville, Sinard, min., ûeBoS' taquet , anc. ; — Le Cau le, Jean Godièrtr, anc. Le Gendre fut élu vice-président, Benoit et Cardel de Rouen, secrétaires.

Deuk commisgaires, l'un protestant; le marquis ù'Eeucourt, l'autre catbo* llque, Tlercevi Ile, gouverneur de Dieppe, y représentèrent le gouvernement (Arch, gén, Tt. 258). Le discours que le président adressa aux commissaires royaux a été imprimé dans sa Vie; nous en avons aussi trouvé un exemplaire dans le vol. du Suj[>plém.fraûc, qui porte au dos le N» 1 3tÔ I .

A peine était-il de retour dans son église que le repos dont il espérait jouir

après tant de fatigues et d'agitations, ftit de nouveau troublé. Nous avons déjà eu plusieurs fois l'occasion de parler du fameux Avertissement pastoral adressé par le clergé romain aux consistoires protestants qui furent forcés, pour ordre supérieur, d'en écouter la lecture. Laréponse ferme et digne que Du Bosc fit à cette espèce de sommation, lorsqu'elle fut lue dans son église, a été publiée dans sa Vie.

Le moment approchait où le bigotisme triomphant allait arracher violemment le pasteur à son troupeau. A la flil de 1684, sous la commode accusation de relaps admis à là Cène, un procès fut intenté à l'église de Caen, et Dli Bosc, arrêté avec ses collègues ^tf ortn et GuillebertySe vit traîné de ville en ville, forcé de subir interrogatoire sur inter^ rogaloire et traduit enfln devant ]t Tournelle de Rouen. Ce fut en vain que le duc de Montausier écrivit en sa faveur au procureur général Le Guercbols, qui lui répondit que sa charge robllgeail à poursuivre Du Bosc à toute rigueur. Aussi n'eut-il pas honte, Tàmbitleux valet du clergé, de conclure au bannissement perpétuel, à la conBsciii* tion des bleiisetàraroende honorable.

Du Bosc plaida sa cause lui-même et arracha, dit-on, des larmes àéésfuges, qui se (intentèrent de frapper les ministres de Caed, par arrêt du 6 Juin 1 685, d'une amende de 400 livres, en leur interdisant le ministère et eh left bannissant à vingt lieues de Caen. Si la chambre de la Tournelle n'adopta pis les conclusions du procureur génélra}, peut-être ne faut-il pas, comme M . Floquet, en faire honneur uniquement l la modération des présidents etdescon^ selliers; Il est fort possible— telle éét an moins Toplnion dePhil. Le Gendre — que le parlement ait craint l'Impression que produirait sur le peuple et principalement sur les Protestants, lé spectacle d'un homme comme Du Bost subissant avec une impassible ferhieté rhumiliant supplice de Tamende honorable. Le but d'ailleurs que le clergé voulait atteindre, l'était pleinement par

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la démolition du temple et le bannissement des ministres, à qai Ton n'accorda qu'an délai de quinze jours pour sortir de Caen.

Après sa condanmalion, Du Bosc ne pouvait rester en France. La reine de Danemark lui flt offrir une relraitedans ses Etats. L'évèque de Londres l'engagea à passer en Angleterre, en promettant de lui faire obtenir un bénéfice. Depuis plus de deux mois déjà, les magistrats de Rotterdam le sollicitaient d'accepter la chaire de l'église wallonne de leur ville. 11 se décida pour la Hollande, parce qu'il s'éloignerait moins de son troupeau. En sortant du Palais, il écrivit donc aux magistrats de Rotterdam qu'il acceptait leurs offres, le parlement de Normandie venant de rompre les liens qui Tattacbaientà son église, et il partit pour Paris, où il obtint, le 18 juin, un passeport pour la Hollande, avec permission d'emmener ses deux filles et même de disposer de ses biens. Semblable permission s'accordait encore facilement aux ministres. Ce fut seulement dans un conseil tenu, le 8 oct., à Fontainebleau, pour décider si on enfermerait les pasteurs protestants entre quatre murs ou si on les laisserait partir, qu'on s arrêta, sur cette observation de Cbàleauneuf,que la nouirilnre de tant de prisonniers serait une lourde charge pour le roi, au parti de leur permettre de sortir du royaume, en conflsquant toutefois leurs biens. S. M. y gagnait doublement.

Au reste Du Bosc ne profila guère de la faveur qui lui avait été accordée. Ses biens furent séquestrés après son départ, et ii ne put emmener que sa fille cadette, qui épousa plus tard Philippe Le Gendre. L'aînée, mariée à Michel Neel, sieur de La Bouillonnière, ne put se résoudre à se séparer de son mari et de ses trois enfants. Plus tard, Michel Neel réussit à sortir de France; mais il n'arriva en Hollande qu'avec sa femme et un de ses enfants, qui mourut même au bout de huit jours ; l'alné expira de fatigue en chemin; le plus jeune tomba entre les mains des soldats qui

veillaient aux frontières et fut enfermé à la Propagation de la foi, où il mourut (1).

Du Bosc arriva en Hollande à la fin du mois d'août 1685, et fut installé le 28 oct. L'humidité du climat ne tarda pas à agir d'une manière funeste sur sa santé, et le chagrin que lui causaient les nouvelles de France, aggrava ses maux. Il languit pendant les dernières années de sa vie, sans autre consolation que la tendresse de ses enfants, sans autre distraction que la société de M">« de Tilly et M«»« de Saint-CorUest, ses fidèles amies. Ses souffrances pourtant ne l'empêchaient pas de remplir fidèlement ses devoirs de pasteur. 11 se préparait encore à monter en chaire, lorsqu'il fut atteint de la maladie qui leconduisitautombeau,le2janv.i692, après 47 ans de ministère.

Dans son Histoire des ouvrages des savans,^a5fu?pf>jugeainsi Du Bosc comme prédicateur .'«M. Du Boscavait reçu de Id nature tous les dons extérieurs qui contribuent à l'éloquence. Il parlait avec beaucoup de dignité et de grandeur : le geste, la voix, la majesté de sa personne^ tout concourait à le rendre un parfait orateur.... Son discours était soutenu de sentimens, orné de comparaisons et embelli d'expressions pompeuses. » L'auteur de l'Hist. de la révocation de l'édit de Nantes ajoute encore à cet éloge : a On peut dire qu'il avoit tous les dons nécessaires à un orateur chrétien. Il avoit l'esprit éclairé parla connoissance des belles-lettres. 11 étoit bon philosophe, solide théologien, critique judicieux. H étoit fort bien fait de sa personne. Il avoit une voix également agréable et forte, un gesle bien composé, un corps robuste, une santé vigoureuse. »Huet trouve pourtant que la lecture de ses sermons ne justifie pas leur réputation, et il en conclut que Tac-

(1) Ces renseignements, puisps dans la Vie de Da Bosc, contredisent ce que nous «Tons rapporté (Voy. VIII, p. 13) d'après différentes pièces des Archites. On comprend qu'on ne pouTait toujours itre très»>eiactement informé en France du sort des familles réfugiées. Ajoatons que Michel Née) moorat à Rollerdam en oei. 1697.

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tion de l'orateur et sa bonne mine faisaient la principale partie de leur mérite. Mais si les avis diffèrent sur le mérite des œuvres de Ou Bosc^ tout le monde s'accorde à louer la douceur de son caractère, son désintéressementysa piété et son zèle sans bornes pour l'Eglise protestante.

Du Bosc avait été marié deux fois.

II avait épousé, en 1 650^ Marie Moitant, fille de Guillaume Moisant^ de Caen, et en avait eu un fils^ mort, en 1676, lieutenant dans le régiment de Scbomberg , et la ûlle qui épousa Aftchtl Neel. En 1 657, il se remaria avec Anne de CahmyneSy fille d'Etienne, sieur de Verrières, professeur de méidecine à Caen, qui lui donna une fille, mariée à Philifspe Le Gendre, Si cette généalogie, que nous empruntons à Tbisloire de Bayeux, est complète, il en résulte que Foucauld s'est trompé en qualifiant Moisant-de-Brieux , ministre à Gaen , de gendre de Du Bosc (Voy, VU, p. 431).

Les publications de Du Bosc ne sont pas nombreuses ; en voici la liste :

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