‹ La France protestante (volume 5)Chapitre 172 sur 241 · TOD · texte numérisé non relu

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Laorant^ près de Jameti^ et d^e demeiselle de Cheary^jPierre Toussaint, en latin Tossânus, le premier de cette ftmllle qai esibrassa les opinions nontelles, naiinlt en 1 499« Charmé de ses benreoses dispositions, son onde. Nieolas Toussaint, primicier de l'église de Mets, se chargea de son éducation, et l'envoya étudier à Cologne, à Bàle, à Paris, à Rome. Protégé par Erasme, qui écrivait an savant Budé en le lui recommandant chaudement : « Hic Petrus Tostanus juvenis est honesto loco nains, indole felici, et ingénie perquam liberali, summaeque spei, » et amé de Le Fèvre*d'Etapie$, il puisa, pendant son séjour à Paris, le goût d'une religion plus pure dans le commerce de ces grands hommes ; mais comme ses maîtres, il dissimula d'abord pmdemnent ses opinions. A son retour à Metz, H n'hésita môme pas à accepter un ca« nonicat de la main du cardinal Jean de Lorraine. Peut-être espérait-il ie triomphe de la Réforme par des voies pacifiques; s'il se livrait à ces douces illusions, le supplice de Jêon Le Clerc et de Jean*€hlUelain ne tarda pas à les dissiper. La mort de cesdeux martyrs fut le signal d'une persécution qui força beaucoup de sectateurs de Luther à chercher leur salut dans la fnite, entre autres le chevalier d'E»ch, grand ami du primicier. Tremblant pour les Jours de son fils, qui s'était fortement compromis par ses prénes, la veave de Richard Toussaint suppliale Jeune chanoine de s'éloigner, et le primicier Joignit ses ordres aux instances de sa belle-sœur. Toussaint retourna donc à Bàle, en 1524, et se logea ches OEcolampade. Lorsque sa mère l'apprit.

ses alarmes redoublèrent; elle s'empressa de lui écrire pour le rappeler à Mets, en le menaçant de sa malédiction, s'il tardait à obéir; mais tout ce qu'il put se résoudre àfàire pour la tranquilliser fut de quitter la maison du réformateur bàlois pour se mettre en pension chez un pr^re, que sa profonde ignorance avait préservéjusquelà du poison des idéee nouvellee. Il

parait qu'eu passant par BAle, k son

retour de Montbéliard, Farel le prit avec lui et qu'ils allèrent tous deux à Metz, au mois de Juillet 1525; mais leur tentative d'évangélisation dans cet* te ville échoua contre les mesures rigoureuses adoptées par les magistrats, et ils durent s'enfuir à Strasbourg pour échapper à la mort. Quelques mois après,aucommencemaitde 1526, Toussaint dont le courage grandissait avec le danger et qui sentait en lui un ardent désir de combattre le combat du Seigneur, essaya de rentrer en France.

Trahi, à son arrivée à Metz, par un de ses meilleurs amis, l'abbé de Saint-Antoine, il fut Jeté dans une prison dont il ne sortit qu'après de longues et cruelles soutn-anoes. Après avoir joui quelque temps dans le chÀtean de Maiesherbes d'un repos nécessaire à sa santé fortement altérée, il partit pour Paris en passant par Blois, où se trouvait la reine Marguerite avec qui il eut de fréquents entretiens; mats la protection de la princesse ne fat pas assez puis* santé pour le mettre à l'abri des persécutions du parlement de Paris, qui le fit arrêter comme suspect et ne le relâcha pas sans difficulté.

Toute cette partie de la vie de Toussaint est fort obscure, fbrt embrouillée. Il paraît que, quand il fut emprisonné, il achevait ses études au collège du cardinal Lemoine, et qu'il dut la liberté à l'intervention de la duchesse d'Alençon, c( qui le rendit aux lettres et à <la méditation des Livres saints. » Plus tard, en 1 528, dit-on, c'est-à-dire après son mariage, cette princesse le choisit pour un de ses aumèniers. Les renseignements ne deviennent plus abondants et plus précis qu'à partir de 1535, après une nouvelle lacune de sept années. A cette date, Toussaint était retourné à Bàle. C'est de là que le comte Georges de Wkirtemheirg l'appela à Montbéi fard, pour qu'il continuât et consolidât l'œavre de Farel.

Toussaint était alors dans sa trentesixième année. C'était un homme d'un esprit éclairé et Ifl^éral, ennemi des

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