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dispntesthéologiqaesetcependantplein de lèle^ de foi et de piété. Il était dono propre à rendre de grands services dani la place de enrintendant des églises da comté de Montbéliard^ qnl Ini fut coq* fiée en i 539. Un mémoire qa'il rédigea vers ce temps^ dans le but d'exposer ses idées sur Les choses qui seraient nécessaires à ttne bonne et sainte ré^ /brmafton^contlent des vues très-saines à c6(é d'antres où l'on retrouve le rigorisme calviniste dans ses prétentions les plus exagérées. Après l'abolition de la messe par un mandat da comte Geor^ ges publié le 17 nov. 1538> Toussaint s'occupa avec une Infatigable activité de l'organisation des églises qui furent pourvues de pasteurs venus de France^ de Savoie, de Suisse; mais le triomphe de la Réforme n'était point encore asfsuré dans le pays, que déjà la prétention élevée par le jeune duc Christophe, de soumettre les pasteurs du comté à l'ordonnance ecclésiastique du Wfirtemberg, vint semer la discorde au milieu des nouvelles églises. La sagesse du duc Ulric apaisa cette triste querelle, et Toussaint, qui s'était retiré à Bàle, consentit à reprendre ses fonctions, le i«'}anv.i546. Il les exerça avec zèle Jusqu'au mois de sept. 1548, c'est-à-dire Jusqu'à la publication de rintérim, qui remit les prêtres catholiques en possession de leurs bénéfices et de leurs églises. Toussaint, qui seul avait été excepté de lamcsure prise contre les ministres, ne voulut point s'exposer au soupçon d'apostasie. 11 se disposait donc à quitter le pays avec ses collègues, malgré les vives Instances du duc Christophe, lorsqu'une lettre de Bucer, appuyée par une autre de Calvin, lui fit changer de résolution, et le décida à rester à son poste. Dans son Histoire de la réforme en Alsace, M.
Rôhrich prétend qu'il reprit ses fonctions, mais sous le titre de catéchiste. Le Précis de la Réformation dans le comté de Montbéliard nous apprend, en effet, que six catéchistes furent institués, le 25 mars 1549, pour les besoins religieux des Protestants da comté ; mais
nous ne voyons pas flgurer Toussaint parmi eux. Au reste, cet état de choses dura peu ; le traité de Passau permit bientôt au duc Christophe de faire dis* paraître dans le comté Jusqu'aux der* mères traces de l'Intérim.
La rude leçon qu'ils venaient dere* cevoir ne renditpasles Protestants plus sages. A peine les églises commençaient-elles à respirer, que les théologiens renouvelèrent leurs disputes avec plus d'emportement et d'aigreur que Jamais. Toussaint, on doit le dire à son éloge, évita tant qu'il put de s'y mêler. Sa cendulteà la fois ferme et prudente maintint la paix religieuse dans le pays Jusqu'en 1560, c'est-à-dire Jusqu'à la publication de l'Ordonnance ecclésiastique destinée à établir dans les églises du comté une parfaite uniformité liturgique, uniformité désirable, dont Toussaint sentait aussi rutilité, puisqu'il venait de publier à Bâie, 1559, ln-16, une liturgie sous ce titre : L'ordre qn9 l'on tient en l'église de Montbéliard en instruisant les enfants et en adminiê* trant les saints sacremens avec la for^ me du mariage et des prières, Mais com' me ce règlement modifiait en plusieurs points le culte public, son application rencontra une si forte opposition qu'il fallut en suspendre l'exécution dès 1562. Cette concession rétablit pour très -peu de temps la tranquillité.
L'arrivée de nombreux réftigiés fran^ çais, tous fortement imbus des doctrines calvinistes, auxquelles adhérafem déjà la plupart des pasteurs du comté, apporta dans le pays un nouveau fer« ment de discorde. D'un côté, les tuteurs du jeune comte Frédéric von* laient soumettre toutes les églises à la Confession d'Aogsbourg ; de l'autre^' Toussaint, plusieurs ministres, comihe Matthieu Wattel, de Guise, Benoit Pa^ cal, d'Auvergne, Renaud Angon, de Lyon, Jean Tiersaut, de Heaux, Jean Thélusson, ùeLy on, André Floret, tout le corps de la magistrature et une pai^ tie de la population désiraient mafnlenir les doctrines helvétiques. Les princes tuteurs recoururent d'abord aux
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ipoies de rigueur ; cependant on en retint bientôt à des moyens de conciliation, et Toussaint^ qui avait été destitué, le 28 sept. 1571, rentra en fonctions après qu'il eut souscrit^ le 1 2]anv. 1 573, la Formule de concorde de Wittenberg (l). Toussaint survécut peu de mois au rélabllssement de la tranquillité. Il mourut le 5 oct. i 573,après une courte maladie. Les droits de [)Ourgeoisie lui avaient été accordés gratuitement dès le Si Juin 1559.
Pierre Toussaintavait épouséàMontbéliard, en 1 539j Jeanne Trinquatte (allas Trinquet) , fille d'un bourgeois de cette ville, et en avait eu : l<> Dàrhl, qui suit; — 2«Samusl, qui suivra;— 3* PiBREB, receveur des biens de Tancienne abbaye de Belchamp, tué dans une rixe à Hontbéliard;— 4*N., égorgé à la Salnt-Bartbélemy avec Jean Thevart , procureur au parlement de Paris et ancien de l'église, cbez qui 11 logeait.
(1) Une oople d6 cei aelese coDierre à U BikUoihèqao nailonAlo (CoUeet. Dupuy, N* SOS). At nombre dei oenl tlngt-danx tlsnalairM, noot reinarqaont : Ferry Chawtbtrtt proeareur géaé* ni. H, Wt'M, tabellion, /. VuUlmot, gràBor, /. Docifurtf conseiller, /. Bauhin, médecin, A. CÎirray, maire, L. Biiiiuii^«r,aeefélaire,P.7oi(ffmint, min. à Monlbéiiard, A. Florêt, min , et /. BruUeyt diacre, Clatêdê Vigfuron^ min. à Etupea» Lntû d« BonneviUe, min. à Dèsendant, Vemur VêUûuld, min. kAbbèrillers, P.deThowB^mln, à AUenjoie, Clauit Jfovref, min. à Exinconrt, Ogier Barthol, min. à Sainle-Susanne, Gédéon Cueuel, min. k Bavens, /. Margon^ min. à Yalestigney, J. VaUM, min. à St-Jnlien, J. Choê- Ml, matlre defrdlei, /.Parro(,CteiMi« Ponnier^ Thibaut Duvemoy, Claude Bourtlier^ P. Verenêt, Claude Chaitflf Claude de Ifoitrier, Elizée Parent^ Léger Grimoult, min. à Glémont, Ant, Tiereelett min. à Blamont, /. Thiereel, min. à Bocbea, Fr. Clerget, min. à Villers, /. Auberl, Viin. à Seloncoart, Samuel Touuaintt min. a Yandoneonri, Ponce Ronel, mattre des rdies à Blamoot, Gereon If eM, bailli aa Chasteloi, Simon éê MwtoiUê, procorenr, J, Larckier, min. àHérieoari, Claude de Mangnue, min. à Chagey, J, itSouvilUij min. à Vian, J. Arantonf min. à T^molng, /. Thetegnon, min. à St-AIanrtce, J. Gi»yim,min. à Beatal, P. Bolot, min. àBrevillier, Edmond Lanytow, min. à Elobon, Firmin Bominique, min. à Glairegontte, N, Thierryy Ctaude Huguenoty G, Behree^ Thiébaut Curie, Geupard Berger ^ A. RmiUard, Jérôme Du Solier, TKomae Maietrot^ P. Flawtond^ André Ot' dUiair€f etc., ¥c
I. Daniel Toussaint, Sieur de Beaamont,néàMontbéliard,lei5juill.l54i, alla continuer à Bêle, en 1 555, les études qu'il avait commencées dans sa ville natale. Deux ans après, il se rendit à Tubingue, oh il passa environ deux années. U fut vraisemblablement un des premiers qui profitèrent de U pieuse fondation du comte Georges.
Après avoir pris le degré demaltre èsarts, il retourna à Montbéliard, où il s'exerça, pendant six mois,dans laprédication; puis le désir de se perfectionner dans la langue française ramena à Paris. En 1560, il alla à Orléans, où il se mil à donner des leçons publiques d'bébreu. L'église de cette viUe était alors une des plus nombreuses et des plus florissantes du royaume {Voy, ill, p> 335). Toussaint accepta l'ofire qui lui fut faiie d'en devenir un des pasteurs, et il entra en fonctions, après avoir reçu l'imposition des mains, au mois de février 1563, quelques Jours seulement avant la levée de bouclier du prince de Condé, en sorte que ce fut au milieu des cris de guerre et des horreurs d'un siège, qu'il débuta dans une carrière où il devait rencontrer tant de périls, essuyer tant de fatigues, éprouver tant de chagrins. En 1 566, il obtint un congé, dont il profita pour aller voir sou père et lui présenter sa jeune et pieuse épouse, Marie Couet, fille de Philibert Couet, avocat au parlement de Paris, et sœur du ministre Jacques Couet, qu'il avait épousée, le 19 mars 1565, à Orléans, où elle s'était réfugiée avec sa mère, Marie Gohorry (Des Goris?). A son retour à Orléans, il trouva son église en proie à la terreur; la plus vive fermentation régnait dans la ville, on s'attendait à un massacre général, lorsque l'arrivée de La Noue, qui prit possession de la place au nom du prince de Condé, dissipa les alarmes des Protestants.Peu de Jours après, Toussaint— est-ce bien de , notre pasteur qu'il s'agit? — partit pour Dieppe, d'où les ministres s'étaient enfuis. Il y tint quelques assemblées secrètes^ mais bieu^ét découvert, il fut
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arrêté et enfermé dans le cbèleaa d'Arqne3> dont il ne serait probablement sorti que ponr marcber au sappllce, sans la conclusion de la paix 0 boiteuse et mal assise. » Cette paix remit Orléans an pouvoir du roi^ qui y envoya une forte garnison. Ainsi soutenus^ les Catholiques se livrèrent envers les Huguenots aux violences les plus odieuses. Toussaint vivait dans des transes continuelles^ se demandant^ lorsqu'il se rendait au temple^ si, en rentrant chez lui, il ne trouverait pas sa femme et ses enfants égorgés. Il n'en continua pas moins, pendant l'espace de cinq mois à s'acquitter courageusement de ses fonctions , à l'exemple de ses collègues, i4n(otn6 Chanorriery Robert Le Maçon, Pierre Baron et Des GcUlars, « prescbant, nous dit-il, en belle assemblée, à la vue des soldats, parmi mille dangers et arquebusades, encore qu'il cheminast comme en l'ombre dé la mort et qu'on brulast d'assez bonne heure le temple de la rue d'iliiers, où lors les soldats de la garnison furent touchés en leur cœur, étant sans comparaison plus favorables et gracieux à ceux de l'église réformée que les papistes qui avoient été pendant les guerres par eux assistés et couverts comme dans leur sein en leurs dangers. «Cependant, ajoute le pieux ministre, l'Eglise réformée a senti, pendant ce temps, de grandes faveurs de Dieu; mais depuis le dimanche 5 sept. 1 568, il ne s'est vu que calamité sur calamité. Ce jour-là, à six heures du matin, Toussaint achevait son sermon et l'assemblée entonnait le ps. LXXXVIII, lorsqu'une processionvintà passer par l'Estappe. Les Catholiques assaillirent les Huguenots à coups de pierre et en tuèrent ou blessèrent environ cent cinquante. Pas un n'aurait échappé peutêtre à la rage de ces forcenés sans l'intervention de quelques soldats étrangers, qui firent cesser le massacre.
Dans raprès-midi, la populace tourna sa fureur contre le temple, auquel elle mit le feu. Depuis, il ne se passa pas de Jour sans que les Réformés
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eussent à se plaindre de quelque vkH lence. An moià de juillet 1 569 , une nouvelle émeute éclata. On brûla en plein jour la maison des Quatre-Coins et celle de M»* de Boisblandin, où étaient emprisonnés plus de iio Protestants qui périrent dans les flammes. La populace déchaînée continua à se livrer à d'horribles excès, pillant, incendiant, tuant, jusqu'à la conclusion de la paix. Toussaint et ses collègues furent assez heureux pour se soustraire à toutes les recherches et pour sortir delà ville, vers le temps où 80 prisonniers furent presque tous massacrés dans la grosse tour de la ville, où ils attendaient leur jugement (l). Arrêté dans sa fuite, Toussaint fut enfermé dans la citadelle, mais ses amis l'en tirèrent, le 1 5 octobre, moyennant rançon, et il se hâta de gagner Montargis. Sa femme enceinte voulut l'y rejoindre.
Reconnue sous le déguisement qu'elle avait pris, elle fbt ramenée à Orléans; mais le gouverneur lui rendit la liberté sur les instances de ses filles, et lui permit de continuer sa route vers Montargis, où, à peine arrivée, elle accoucha d'une fille, dont Renée de France (ht la marraine, et qui épousa plus tard W. Spanheim. Peu de temps après, le roi Charles IX ordonna à Renée de chasser de sa ville tous les fugitifs qui y avaient cherché un asile (Foy. VIII, p. 4 u). Toussaint se retira donc à Sancerre, d'où il partit pour Hontbéliard, à la conclusion de la paix.
En retournant dans sa ville natale, l'intention deToussaiiit était probable-
(i) SeloD le Bfartyrolofe, IMnoendie de la dmIson dee Onatre-Goioi enl liea le 91 août; noM ayons préféré la date donnée par Tonssainl. A« nombre des yictlmes, on cite Thnissier Cahoierf Bùurgeoii, de Paris, Le RauXt ancien de régllie, les denx fils de l'aTOcai Foucaii/^ les orfÔTres Jtmm de Grigny et Jtan Chowirdy Jean de La Boickê^ Etienne Ârrau ei sa femme enceinte, CUtmit Boyer et sa femme, Pierre de Corg, Jean ColU* matn, René Le PatitHeTf Etienne ÙveiUéHwam fils, Marie Bordier^ Françoie Bu Clerel, Jaeq, Betnardin^ Pitott^ le procnrenr Jfonnre, /m» Gachon, Bizet^ Ignace Gaytl, le libraire Càebert, CœuT'de-roi^ Jean de Laietre^ Sinum Goret, Ctaude Carré y Barry, drapier, MHUèrtj nerchûd detiof.
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^e^y (^ qîrt ïïons porte k lé croit*è^ t^eM ^y^'n «ccepftay eu ^t^ 70^ la plaee ^e BecoDâ jjyaMeiif de l'égliBe de SatïiV- ITaKlA; tnafs HtitoléiTiiïee des tbéoro- H^ehsHvVrtembergeoi^Henver^sonfyro- Jdl. kcct^ fhUfeétet l'égli^ de sa pà- I h>ie de l'béré^ calviniste^ 11 fut sommé de se )yf êsenter à Stuttgàrd potir y rendit toûfrte de ses opiniofûs sur l'abiqûfté et se ttfettre en étal de rentrer dans la Voté dé Torthodoxie luthérienne par descOinfénences avec des ministres noatris dé là saine doctrine^. Toussaint s'y refbsa dans une lettre pleine dés plus tkoHiés sentiments. Après avoir représenté que son serinent eiiseait qn'Û 'h'abandonnàtpas son église d^Oiléâh^ et que la loyauté lui défendait dé làAs^elr dans l'embarras ses aiDfft qui avaient piaiyé sa rançon, il ajoutait : a^^^eilim est et illud non minus gravé^ quodiné at) isto ftinere Stutgardiano dètèri*et. Nam^ ut Ingenùè loquar, eam in Galliidis Ecclesiis Ûdem, pietatem, i^Ugibnem cognovi : ita semper ab islis controversils^digladialionibus et amahilentisscriptisabstinnerunt^imoaliud per hoc decennium , atramentum noa profuderunt, quàm sanguinem suum^ qao Evangelii doctrinam obsignàrunt; Ht valdè mirer^ cor domini tbeologi Stnigardiani ipsis ita sint infensi^ ut Vel hoc nomine^ quod 4bi per aliquot annos Evangelium docui, gravissimë auspectum me habeant : aut cur schismaticos et impies errores iilis et mihi impingant, cum in omnibus praecipuis fldeiet religioniscapitibus, cumtotclarissimis Germaniseet aHarom Mtttonum ecclesiis ^ prbplieticam et apoiltolicam doctrinam àniplectamur, quie in GonfessioneÂDfttstanà'et alibi abejvisauctoré explicaia est.D'Ç'ébt'cétteléttil^ que Nicéron appelle^ malicieusement pe«tétrev « un écrit ob ia politique eut pM de part que la vérité » . Lé surintendant Gancerintls V répondit en faisant des* tituer Toussaint au mois d'août 1571.
Toussaint retourna donc èi Orléatoâ, pour re](>réndtré l'exercice de son mini»lère. L'ésUae ne s'assemblait plus dans
la ville même, thtAs \ énfircfb deaX tléttés bél^ des tntifs, Aàtbs le cbtl^ti dé L'tslé, appartetiàùt au 'baltli Ùroàîot.
Totites les fois 4ué les Hfu^fuenots se rendaient an prêtée ou en l*éVènaténk, «(le peuple les recevait avec Ibjûres, coups de pierre et fangeà, sans Avoir pitié de 5 ou 600 personnes , hommes, femmes et enfants qui supportaient patiemment ces outrages. » Ainsi se passèrent les derniers mois de J571. Aa commencement de i'^vi, le fanatisme sembla pourtant se calmer. Le 1 5 avrîl^ Toussaint écrivait à lienée de Trance:
a Ge peuple tant séditieux commencé un peu à s'aprivoiser » {Fonda de Èéthune, No 8739). Hais c'était le calme qui précède la tempère.
Le 2 juillet, Toussaint se rendit ati synode delaprovince, qui se tint à Sancerre et qu'il fut appelé à présider, ayant le ministre /ocquesBouriter, de Sancerre, pour secrétaire. Quelques semaines après son retour^ la nouvelle de l'assassinat de l'amiral fat apportée au château de l'Isle, qu'il habitait; mais des lettres du roi, promettant de faire bonne et brève Justice des assassiBS> arrivèrent le 23 aoàt, et disaipèreftt ai complètement toutes les alarmes, qse le lendemain, 24,plusdetroisiiHllep6rsonnes de tout âge et de tout sexe se rendirentà L'isle et, après avoir assisté m service divin^ retournèrent à Orléans^ sans se douter de ce qui se passaM à Paris. Le soir méme^ le maire et les échevins s'asseibblèrent avec les gens de la Justice, afin de prendre les ma^ sures nécessaires pour s'assurer de la ville, conformément aux ordres de la Gour. Le lendemain 25, défense M faite aux Protestants de sortir de leurs maisons: un teinturier de la ReligiOB^ qui allait laver des draps. Tut immédiatement égorgé. Ge Jour-là, il n'y eUt point d'autremeartre,onattendaH^meis la main sur le poignard ; aussi, dès qes la nouvelle du massacre de Paris arri*' va, le peuple déchaîné se r«a 6ur les Protestants. «Toute tenait, lit-on dans la Relation de ce qui s'est passé dans la ville d'Orléans en eiéciition des or-
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dres dn roy Charles fX envoyez et aN Mvez dans laditte Tille d'Orléans le 25 aoDSt 1 572^ relation qnele Martyrologe attribae à nn chanoine de Sainte-Croix^ témoin oculaire^ et dont ane copie mse. se conserve à la Biblloth. de l'Arsenal^ Eist. ZiSy tonte la nnit on n'entendit qne conpsd'arqnebnsadesel pistolets^ brisemens de portes et fenestres, cris épouvantables de cenx que Ton massaeroft^ tant hommes que femmes et petis enfants, et bruit de chevaux oucharettes, trainemeos de corps morts^ amas de populac^par les carrefours, avec des exclamations étranges^ des Masphèmes horribles 9 les meurtriers riants à gorges déployées de leurs furieux exploits. » Ces scènes épouvantables durèrent toute la semaine. Toussaint porte à plus de 700 le nombre des Protestants Orléanais, de tout âge, de tout rang et de tout sexe , qui périrent à la Saint-Barthélemy, et son estimation e£(t confirmée par ces méchants vers^ -expression de l'opinion commune :
A Orlêuis le jour de la S. Barthélémy Y avoit plus de fiognenols morts que tf Ik. Phn de 80e i mati y fareni mfi.
le premiefr qui tomba sous leiscioups des assassins fut Louis de Champeaux, sieur de Bouilly, le plus ancien conseiller au présidial d'Orléans. Un autre conseiller, nommé VaUlant,Uïi tué par son propre beau-frère,etle conseiller Chartier par un de ses collègues. TailleboiSy docteur en droit, tomba sous les coups de ses élèves. NicoUis Bongars, sieur de La Noue, « homme fort notable et bien estimé de tous,» fut poignardé dans son lit, ou il gisait fort malade, et l'apothicaire Noël Caperon , qui le soignait, fut mutilé d'un bras avant de recevoir le coup delà mort.Leconsciller Moreau, «homme docte et vertueux», fut tué par un plaideur dont il avait rapporté le procès. L'avocat Etienne Patasy le bailli AeLaCroix, le notaire Sevin, à qui son frère refusa un asile, le bailli Massuo, que son beau-frère (diassa de chez lui, furent égorgés dans tes rues, cherchant ou se cacher. LV vocat/eon Foucaut, de HàulvilIeVs, ve-
nuà Orléans pour affaires, put y entrer, mais il ne lui fhtplus possible d'en sortir. Le fils du sergent Lamine^ fat rattrapé sur les toits on il s'était sauvé. On lui coupa le nez et les oreilles, et &près l'avoir promené tout sanglantdans la ville, onl'acheva. Guillaume Le BaiteuXy notable marchand, et JeanBcnkdet, sieur Du Condray, qui avaient «u charge dans l'église, tarent aussi du nombre des premières victimes. Ledernier mourut avec une fermeté admirable. Il alla lui-même ouvrir la porte de sa maison aux assassins, et reçut le coup mortel en leur disant qu'ils ne faisaient qu'avancer la félicité qu'il avait longtemps attendue. Frctmberge, sieur de La Bretasche, vieillard infirme, âgé de 75 ans, fut arrêté à la porto de la ville, traîné dans le corps de garde et arquebuse. JeanSougy, autre vieillard de 70 ans, fut égorgé entre les bras de sa fille. Denis McrUn, traqué dans les rues comme une bête fauve, tomba épuisé de fatigue et fut massacré. Antoine, Guillaume et Michel Dégrigny moururent avec le courage passif des martyrs, mais le maître d'armes i/otnert vendit chèrement sa vie et tua deux de ses assassins. D'autres, comme Michel Jaquemin, qui avait longtemps habité Genève, et le charpentier Jean Briard, ne succombèrent pas non plus sans vengeance ; cependant le nombre de ceux qui se défendirent fut excessivement petit, la plupart, paralyséspar la terreur, n'essayèrent pas même de ftilr. Le maître d'école Saint-Thomas porta au comble la fureur de ses meurtriers, en s'écriant, pendant qu'on le traînait à la mort: Pensez-vous m^'étonner par vos blasphèmes et eruautez?
lln'estpasenvoslre puissance de m'ester l'assurance de la grâce démon Dieuj» Tout son corps fut criblé de blessures. Guillaume de Saint-Mesmin, marohanâ de laine, GuHkmme Joanneau, mar* chand de vin, Claude Baudet et DesfourcheSy orfèvres, le Jeune Damer, drapier, deux Monstre , l'un drapier> l'autre apothicaire, Etienne Pehfmn^ ^icler^ Sf^Mucm, nartiMmiito'Ml^
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Guy BouquiriyGuy Me8min,Jean RauS" selet, J. PoUuche , marcband de bois^ qui fal trouvé priant Dieu avec ses deux enfants en bas âge, Esme Ferry, Nicoias Sougy et d'autres marchands no* tables 9 périrent victimes de la cupidité plus peut-être que du fanatisme^ car la soif de l'or joua un très-grand r6le dans cette sanglante tragédie.Ainsi Ton vit un scélérat, nommé Gbastillon^ huissier au Cb&telet, poignarder de sa propre main Aignan Rignouard et son fllsunique, âgé de 20 ans, dont il espérait d'hériter. Lailemand fut livré aux égorgeurs par un de ses parents, son débiteur. Le mercier GuiUot fut assassiné par un voisin qui pilla sa boutique, ainsi que l'apothicaire C/kir^j Courci' eaul^ Voici les autres victimes dont les noms sont arrivés jusqu'à nous. Michel Croniery presseur de draps^ Mestans^ Jeune domestique âgé d'une vingtaine d'années, /ac9u«5,massacré parles vignerons de Fleury dans sa maison de campagneavecsa femme et ses enfants^ Antoine Guyot y épicier, Jean Quinot, orfèvre, le fils de P. Bary, âgé de l& ans, Jean Des Frisches, marchand de vins, Jean Des Forges, Jean Boulet, Etienne Sougy, Gabriel Patin, Jean de Confolant, PierreJarron, Elie Le Gendre, tous négociants ou gens de métier^ N,de Legny, praticien. Le Baron, tonnelier, Matthieu Foucaut, excellent tailleur de pierres, Georges Roquette, Pierre Sue, P. de Cors, Crusifils, Desgoust, Jacques Noé, Fremin Haye, vieillard septuagénaire, Guillaume Godexon, La Boische, Le Lorrain, Pierre Remy, Yves Tué, Antoine Rabe^f, François Vaillant, Guillaume ei Pierre Marchant, Jean Bossant, Matthieu, maréchal, Estienne, serrurier, Geoffroy, quincaillier,?. Meuzier, orfèvre, Claude de Mareau, Etienne Thon et sa iemm%,Jacques DalUer, drapier. Coupi, Jean Gaudry et son fils âgé de 14 an%,André (7at7laua;, apothicaire. Constant, notaire. Courtois, cordonnier, Dumont, Remi^ tonnelier, François Chausseiy, charpentier, François Des OuoktSfOtt^yre, (UaudeBourguignon,
garçon de magasin, Pierre Bouteroue, corroyeur, le procureur ific^u, Nicolas Moreau et sa femme, qui déploya une constance héroïque, l'avocat Pierre Le Gendre, Noël Le Normand, enfant de 1 5 ans ; tous furent massacrés avec des circonstances plus ou moins atroces. A quelques-uns, les égorgeurs promirent de leur sauver la vie moyennant rançon ; mais la rançon payée, ils les tuèrent. Tel fut le sort de François Stample, de Nicolas de Saint-Mesmin, de Louis Masseauei de son frère, deux jeunes gens à peine sortis de l'enfance^ du drapier Claude Cochonei de son confrère François Lambert. Jean Barade, vieillard de 70 ans, eut les yeux crevés et fut tué de deux coups de pistolet. L'apothicaire Emmery Chrestien, criblé de blessures, expira au bout de peu de jours dans la maison du lieutenant de la prévôté, son ami, qui l'avait tiré des mains des meurtriers.Le libraire Franco» d' Orléans, malade depuis plusieurs mois, eut la gorge coupée dans son lit, comme François Haye et Sébastien, coutelier. Un autre libraire, surnommé Trepenet, réussit à se cacher ; mais il fut découvert au bout dequelques Jours et tué au cloître des Gordeliers. Le teinturier Adam Rigouard et son flls^ le tailleur Jean Bon, le cordonnier André Richery, le fourbisseur Mathurin, l'épicier PierredeSoissonshyec sa femme et son fils, le charpentier GenxUs Tavemier, le cordonnier Guillaume de Soissons, Claude Lhuillier, contrôleur du sel, le fils du notaire Colombeau et sa mère^ le drapier Pierre Aubry, un «docte personnage» nommé Prévost, un chanoine converti du nom de Faveiles, le marchand Jacques Rousselet et le jeune Lacolle,xme charcutière nommée Dotratn^^, la femme Charbot, une garde-malade appelée if ar^uenfe, une couturière du nom de Marguerite, complè^nt ce long martyrologe. Les cadavres dépouillés par les meurtriers furent Jetés les uns dans la Loire , les autres dans les fossés de la ville. Ils étaienten si grandnombre que le fleuve semblait ronlardasang. Les égorgeurs
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ne secontentërentpas^ commenoos l'a- TODS YO^ de travailler dans la TiUe^ ils 86 répandirent dans les envlrons.i4ndr^ Bemier fat taé dans nne métairie qa*il possédait k quatre lieues d'Orléans.
Pierre Chevé, riche marchand, le fut à Oli vet; Fremin Sigongneau, à Jargeau, ainsi que Jean Chenaukc, le tisserand Morin et la femme de Jean Merlin ; un vigneron à La Queuvre. Le château de L'isle, est-il nécessaire de le dire? ne fut point épargné. Heureusement Toussaint avait eu le temps de fuir avec sa fa* mille avant l'arrivée des meurtriers ; il ne perdit que sa bibliothèque. Il parvint heureusement k Montargis, oh Renée le cacha dans une tourelle de son chftteau.C'est dans cette retraite que safemme accoucha, le 27 sept, i 572, d'un fils qui reçut le nom de Pii'L. Lorsque la fureur des massacreurs se fut un peu calmée, il gagna Heidelberg. L'électeur Frédéric III le nomma son prédicateur et chercha, k force de bienfaits, k lui faire oublier ses infortunes. Tant que ce bon prince vécut, Toussaint jouit d'un repos auquel il n'était point habitué ; mais la mort de Frédéric le rejeta au milieu desorages. L'électeur Louis, luthérien fanatique, l'expulsa de ses Etats. 11 se retira k Neustadt auprès de Jean-Casimir, qui conçut pour lui l'a* mitié la plus viveetlui donna des preuves si notables de sa confiance, que l'exilé ne put se résoudre k se rendre k l'invitation de l'église de Genève qui l'engagea, en 1 580, k rentrer au ser* vice des églises de France {Mss. deGe* nève, N» 197**, Cart. 1). Désirant fonder une académie k Neustadt, Jean-Casimir chargea Toussaint d'organiser le nouvel établissement, et après la mort d'Ursinus, en 1 585, il lui donna la chaire de théologie. Toussaint, qui remplissait déjk les fonctions de ministre de l'église française, n'occupa pas longtemps cette chaire. L'électeur Louis étant mort cette même année, Jean-Casimir, devenututeur du jeune Frédéric, son fils, s'empressa de le rappeler kHeidelberg, le nomma son ministre ordinaire et l'établit Inspecteur 4e toutes
les églises du pays. Dansée poste éminent, Toussaint oublia trop facilement combien il avait eu k se plaindre luimême de l'intolérance. Après une ou deux tentatives de conciliation, sans résultat possible, il fit chasser tous les ministres luthériens, dont les places furent données k des calvinistes.
Appelé, en 1586, k remplacer Grynsus dans la chaire de théologie,Toussaint, pour se conformer aux règlements universitaires, prit le grade de docteur au mois de décembre de la même année. En 1587, il eut la douleur de perdre sa fidèle compagne, et se remaria avec la veuve de Louis CappeL Devenu en 1594, recteur de l'univer* site, il mit tous ses soins k lui rendre son éclat ou k réformer les abus. En 1 596, la peste ravageant Heidelberg, seul de tous ses collègues, il osa rester k son poste, s'acquittant de ses devoirs de pasteur avec un courage que Ton admira sans l'imiter. En 1601, il demanda son congé k causede son grand Age; mais il ne putl'obtenir.Cette marque de la vénération que ses collègues professaient pour lui, lui devint funeste. Ses infirmités s'accrurent rapidement. Il mourut le lOJanv. 1602, donnant, jusque dans son agonie, des preuves si touchantes de sa confiance en la miséricorde de Dieu, qu'un té* moin oculaire, David Parœus, écrivait k un ami, sousl'impression de ce spectacle : Pietas ipsamori videbatur. Ses dépouilles mortelles furent ensevelies dans la chapelle de Tuniversité. Il fut regretté de tous, comme un homme doué de rares vertus, d'une singulière sainteté de mœurs, d'un excellent jugement, d'imeamabilité peu commune.
Les ouvrages de Daniel Toussaint sont nombreux, quelques-uns importants, mais tous fort rares, du moins en France. Nous en dressons la liste d'après les bibliographes, et n'osons affirmer par conséquent qu'elle est parfaitement exacte.
f. Pre(fi^(en, Neustadt, 1573;1590, in-40. — Au nombre de quatre : Sur les véritables motifs d'une solide consola-