III . Tabulœ templi hierosolymitani, Paris
IV. Catechismus Judœorum in dû* fMtaiione et dialogo magisiri et discù' puliy Lond., 1679, in-8«; Franeker, 1690, in-80. — Ouvrage d'Abr. Jagel en hébreu et en latin.
V. De sacrificiis, Lond., 1 683, ln-4«>. — Avec le Proœmium commentarii in Leviticum, par Isaac Abarbanel. ^
VEILHEUX (CHARLES de), ou Vel- Heu, conseiller au parlement de Grenoble, qui était descendu de sa chaise curule pour entrer dans le couvent des Célestinsà Paris, fut gagné, dit-on, à la religion évangélique par La Muletière, Parmi les lettres de Momay, il s'en trouve une que le célèbre gouverneur de Saumur lui adressa, en 1617, pour le féliciter sur sa conversion. £n J 620, Veilhcux était à Genève, travaillant à un ouvrage où il se proposait de (( faire choquer les deux cardinaux Bellarmin et Du Perron en la matière de rcucharistie. » Rien ne nous apprend si ce livre, qui devait être intitulé Dd la communion à J.'Ch., a vu le jour.
De Genève, Veilheux se rendit à Bàle pour s'y livrera l'étude des langues orientalcs; puis il revint en France et
fut donné pour pasteur à l'église deNIsmes. Comme il ne figure pas an nooibre des ministres de cette église présentée au Synode national de Castres en 1626, il faut croire qu'il la quitta à cause des dissentiments qui éclatèrent, au rapport de Ménard, entre lui et le consistoire, au sujet de la levée de boucliers du duc de Rohan, dont il était le xélé partisan. Nous le trouvons effectivement à Paris en 1 627 ; il y fut parrain d'un enfant de La MiUetière (Reg.
de Charenton).
VEIRASSE (DEins), ou Vayrasse, surnommé d'ALAisdu lieu de sa naissance, écrivain très-remarquable de la seconde moitié du yyip siècle. D'Alais suivit d'abord la carrière des armes ; mais une seule campagne qu'il fit en Piémont suffit pour l'en dégoûter. Il quitta donc le service, s'appliqua à l'6tude du droit etseûtrecevoir docteur.
Etant passée peu de temps après, ea Angleterre, iieut l'imprudence de tremper dans des intrigues politiques et fui expulsé de la Grande-Bretagne. De retour en France, il rentra dans l'armée et fit la guerre de Hollande, en 1672. Enfin, soit que l'état militaire lui fût décidément antipathique, soit qu'il ne pût espérer aucun avancement àcause de sa religion, 11 y renonça et se mit k donner des leçons particulières d'anglais et de français. Pendant l'hiver, il tenait aussi des conférences sur l'histoire et la géographie, auxquelles sa rare facilité d'éiocution attirait beaucoup de monde. Rien ne prouve qu'il ait été forcé de changer de religion après la révocation de l'édit de Nantes. Son obscurité loi servit sans doute de sauvegarde, ou peut-être quelques prudentes concessions aux circonstances suffirent-elles pour assurer sa tranquillité et son repos. On ne connaît pas la date de sa mort. Ses écrits signés sont :
I. Grammaire méthodique, conténant les principes de cet art et les régies les plus nécessaires de la langue française dans un ordre clair et tumturel, Paris, 1681, in-i2. -- Cette
VEl
VEI
grammaire, dODtle Journal des savans fait an éloge un peu exagéré, est di* visée en quatre parties. Dans la l'*, Tautenr parle des sons articulés et des signes qui les représentent, et il propose les moyens de réformer l'orthographe; dans la 2% il traite de la quantité des syllabes et de l'accent ; dans la 3«, il explique les parties da discours et donne un traité des verbes irréguliers; dans la 4; il expose les règles de la synlaxe.
II. A short and methodical IntrO' duction to the French longue, Paris, 1683, in-i 2.— Abrégé fait par l'auteur lui-même de sa Grammaire.
}{{, Histoire des Sévarambes, peuples qui habitent une partie du troisième continent ordinairement appelé Terre Amtrale, contenant un compte exact du gouvernement, des mœurs, de la religion et du langage de cette nation^ jusques aujourd'hui inconnue auxpeu* pies de l'Europe , trad, de l'anglais.
Partie I, Paris, 1677, 2 vol. in-J2; Partie II, Paris, 1678-79, 3 vol. in- 12 ; réimp., Brux., 1682, 5 vol. In- 12; puis, Amst., 1632, inH2; 1716, 2 vol. in-12; ces deux dernières édil.
fautives et tronquées; trad. en fiam., Amst., 1683, in-4«; en allem., Sulzbach, 1689, in-4o; Niirnb., 17U, in- 4«; en ital., Venise, 1728. L'ouv. est dit trad. de l'anglais, parce que la 1'» partie avait d'abord été publiée en cette langue, 1675, in-8o, sous ce titre :
The history of the Sevarites, or Se»
varambi, a nation inhabiting, etc., sous le nom du capitaine St(i«n. — Le livre d'Alais, Action ingénieuse dans le genre de la République de Platon, de rutopie de Horus, de l'Atlantis de Bacon, eut beaucoup de succès, comme le prouvent les différentes éditions et les traductions qu'on en a faites. Il serait difficile, en effet, de trouver une œuvre d'imagination qui fût composée avec plus d'art et où la vraisemblance fût aussi adroitement ménagée. Cette prétendue histoire est divisée en cinq livres. Les deux premiers sont consacrés au récit du voyage et du naufrage
du capitaine Siden, et font voir commentil fut accueilli parlesSévarambes.
Le 3« contient l'histoire de Sevarias, fondateur de leur état, et de ses successeurs. Le 4« donne une idée de leurs lois, de leurs mœurs et de leurs coutumes. Le 5* traite de leur religion, et l'auteur flnit son livre par une espèce de grammaire de la langue sévarambe , ne négligeant ainsi aucune précaution pour dépayser le lecteur.
Notre intention ne peut être de donner une analyse détaillée de eette spirituelle satire des abus qui régnaient en France; nous nous bornerons à en indiquer quelques-uns des traits les plus saillants, en renvoyant les curieux soit à l'ouvrage lui-même, soit au trèsrbon article du DIct. de Prosper Marchand.
Les Sévarambes possèdent tous les moyens de civilisation dont l'Europe est flère, et ils en font un meilleur usage. La raison, la vertu, la justice dirigent toutes leurs actions. Leurs lois tendent à réprimer les trois vices capitaux de la nature humaine : l'orgueil, par l'égalité de tous les citoyens; l'avarice, par la communauté des biens; l'oisiveté, par l'obligation du travail pour tous. Cette organisation sociale rend chacun juste,' bienfaisant, charitable et modéré. Point de guerres, point de conquêtes; le prince ne songe qu'à bien gouverner, avec le concours de son conseil ; cependant tous les citoyens sont exercés au maniement des armes, même les Ûlles, pour qu'ils puissent défendre leur pays en cas d'invasion. La polygamie est permise, ainsi que le divorce; mais il n'y a guère que le prince et ses conseillers qui prennent plusieurs femmes, et la divorce se pratique très-rarement, parce que l'opinion y attache une espèce d'infamie. Quant à la religion da ce peuple fortuné, c'est simplement la religion naturelle, sans mystères et sans miracles. Il reconnaît l'existence d'un Dieu souverain, indépendant, invisible, éternel, infini, tout-puissant, tout juste et tout bon, qui ne demande de ses créatures qu'un respect et une
VEN
VEN
vénération intérieure^ laissant les sacrlflcesy les -oflTrandes^ tout le colle eitérienr au Soleil y son ministre^ le dispensateur de ses bienfaits. Au-dessous de ces deux dieax , les Sévaram* bes en admettent pourtant un Iroisiëme^ laPatrie^ qui est représentée dans leurs temples par une statue de femme nourrissant plusieurs enfants, placée à la gauche d'un autel, dont un globe lumineux, image du Soleil, occupe le côté droit, et sur lequel est tendu un voile noir, symbole du Dieu invisible.
Telle est la religion nationale ; mais chacun est libre de professer celle qu'il croit la meilleure ; car chez ce peuple singulier, on sait respecter la liberté naturelle, « liberté, dit l'auteur, qu'il est injuste de violer, puisqu'aussi bien cette violence ne peut produire que de très-mauvais elTets : car il n'est pas au pouvoir des gens de croire tout ce qu'ils voudroient bien croire; et la foi est toujours fondée sur quelque raison précédente, qui persuade lecroïant, et sans laquelle il lui est impossible d'embrasser véritablement une autre profession, quelque beau semblant qu'il en puisse faire... Selon cette vérité incontestable, on peut bien vaincre les préjugés de l'éducation et descendre de certaines religions superstitieuses à d'autres plus épurées ; mais il est absolument impossible de monter de bonne foi , et d'embrasser sincèrement des croïances contraires à la raison et au témoignage des sens. »
VENABLG (Jean), premier apétre de la Réforme à Dieppe, était un de ces libraires colporteurs qui parcouraient la France en tous sens, au péril de leur vie, pour y répandre la semence des doctrines évangéliques. Il arriva à Dieppe à la fin d'août 1 557, et comme il était €( assez bien instruit dans la vérité, » au rapport de Daval , il obtint en peu de temps beaucoup de succès , tie l'aveu du prêtre David Assc- Une. Dès le \ 0 sept., ses plus ardents disciples, au nombre d'une douzaine, résolurent « de dresser quelque forme d'église, n et d'une voix unanime, ils
choisirent y enable pour faire les prières et lire la Parole de Dieu. Le nombre des fldèles s'étant rapidement acvom, Venable s'adressa, au mois de déc. , à La Jonchéey pasteur à Rouen, pour l'inviter à venir à Dieppe, en lai promettant une abondante moisson. Le ministre s'y rendit, organisa l'église en établissant un consistoire et chargea Venable des fonctions de catéchiste Jusqu'à l'arrivée d'un pasteur, qu'il s'empressa de demander à Genève.
Dès que l'église dieppoise fut pourvue d'un ministre , l'humble serviteur da Christ s'éloigna, pour aller sans doute continuer ailleurs son œuvre de propagande.
VENDOSME (FftÀNÇOiSDB) , prince de Chabanais, seigneur de La Ferté-an- Vidame, de Lassay, de Pousauges, de Tiffauges,deConfolantetd'autreslieux^ vidame de Chartres, chevalier de l'ordre du roi , capitaine de 50 hommes d'armes, colonel général de l'infanterie française de là les Monts, fut un des seigneurs les plus riches, les plus braves^ les plus brillants, mais aussi des plus prodigues et des plus débauchés de la cour de Henri II. Guidon de la compagnie de Roisy, il Ût ses premières armes en Piémont en i 544, et obtint, en 1547, une compagnie de 40 lances^ portéeà 50, l'année suivante. En 1549^ Il assista à la prise des forts de Boulogne et fut un des otages de l'exécution du traité signé le 24 mars 1550 avec le roi d'Angleterre, dont 11 étonna toute la Cour par ses folies prodigalités. En 1552, il fit la campagne de Lorraine; puis il servit sons le duc de Guise à la défense de Metz contre l'empereur. En 1555, il alla combattre en Piémont comme volontaire. Après la mort de Bonnivet, il fut choisi pour le remplacer dans la charge de colonel général de l'infanterie delà les Monts. En 1557, il accompagna le duc de Guise dans son expédition d'Italie, et revint en France avec lui après la bataille de Saint- Quentin. En 1 558, il continua à servir, sous le duc de Guise et sous le maréchal de Thermes, aux sièges de Calais^
YEN
VEN
de Gaines^ deThionville^ à la bataille de Gravelines^ et fat nommé lieutenant général à Calais. Jusqne-là^ le vidame de Chartres s'était montré attaché aox princes lorrains Jusqu'à les servir dans leur haine contre le maréchal de Bris* sac^ même aux dépens de son honneur; mais lorsque la guerre s'alluma entre eux et les princes du sang unis à la fa« mille de Montmorency, il n'hésita pas à se ranger du parti des Bourbons, des Montmorency et des Cbàtillon, ses par rents. Une lettre où il promettait à C'ondé de l'assister envers et contre tous, hormis le roi , ses frères et la reinemère, fut saisie sur La Sortie. Elle aurait suffi pour le perdre , lors même qu'à la haine des Guise ne se serait pas jointe celle de Catherine de Médi* cis, que François de Vendosrae négligeait beaucoup , après s'être montré un de ses plus dévoués adorateurs. Il fut arrêté etjeté à la Bastille, le 27 août
1 560. Une requête qu'il présenta au chapitre de Tordre du roi pour demander d'être jugé par ses confrères, resta sans réponse, bien qu'appuyée par le connétable et par la majorité du chapitre, et le cardinal de Lorraine le garda en prison jusqu'à la mort de François II. Le vidame de Chartres ne survécut que quelques jours à sa mise en liberté. On n'est pas d'accord sur la date desamorl. Le P. Anselmeditqn'il mourut à Paris le 7 déc. 1 562, à l'âge de 58 ans. Cette date est fausse; Tarrêt de la déclaration d'innocence du prince de Condé {Fonds de Brienne, N» 189) prouve qu'il ne vivait plus lorsque cet arrêt fut rendu, c'est-à-dire le 13 juin
1 561 . Selon Pinard, il sortit de prison le 7 déc. 1 560 , deux jours après la mort de François II , et expira le 16 du même mois ; mais cette date , que nous avions adoptée comme la plus probable (Koy. V, p. 97), est contredite par le testament de François de Vendosme, tout récemment publié par M. de Bastard, dans sa Vie de J. de Ferrières ( Auxerre, 1858, in-8«). Ce testament est daté du 18 déc. 1560, et il prouve que le vidame de Chartres
était encore « prisonnier en Phostel des Toumelles, » où il avait été transporté de la Bastille quelque temps auparavant. Selon M. de Baslard, il ex« pira le 22 décembre. L'auteur de la Légende du cardinal de Lorraine a^ firme qu'il fut empoisonné avant d'être mis en liberté; mais les débauches de sa jeunesse, les soucis que lui causait le mauvais état de ses affaires et les chagrins de la prison suffisent, croyonsnous, pour expliquer sa mort précoce^ sans qu'on doive charger d'un crime déplus lamémoiredu cardinal. Comme il ne laissa pas d'enfants de sa femme Jeanne d'EstissaCy ses titres passèrent à son cousin-germain Ferrières- Maliqny,
VENDOSME (Louis), flls de /ocques Vendosme cl de Marguerite Cas^ taing, reçu libraire à Paris le i«'juill. 1627 est connu par quelques publications, au nombre desquelles La Caille cite i'Histoireduprogrpï duroy de Suède, 1 631 j in-80, et rilistoire de Jean II, roi de Portugal, 1641, in-8<». Il épousa, aumoisdejuin \Q21yAlp}MnsineGault^ et se remaria, en nov. 1 6 40, avec Marie Danet, Du premiei' Ht naquirent :
!• Louis, baptisé le 30 juin 1628, reçu libraire le 2 sept. 1650, et marié, en 1657, avec SusanneParmentier,yen\^ du libraire Jacques Auvray, qui était veuve avec une tille, nommée Susan nb, lors de la descente faite par la police dans les boutiques des libraires protestants ponr y saisir les livres mis k l'index par l'archevêque de Paris (Col* îect, La Mare, N«» 1 96).— 2<» Valbntw, bapt. le 14 nov. 1629;— 3»Baltha- SAR, bapt. le 1 4 août 1 633 ; — 4» Es- THER,bapt. le 1 0 sept. 1 634,et mariée, au mois d'août 1654, avec René Aou^* seau, alors imprimeur à Mon treuil-Bellay ; — 5» Matthieu, bapt. le 1 1 sept. 1636. Du second lit vinrent encore:
6» Jeanne, morte en 1 646; — 7» Anne, morte en 1 665 ; — 8» Marc, mort enfant ; — 9» SusANNE, bapt. le 1 0 nov. 1047 ; — 10« Nicolas, bapt. le 25oet.
VEND Y (N. DE), gentilhomme pi-
YEN
— AL(i -
YEN
eard^qui avait déjà porté lesarmes pour U Cause dans la première guerre civile, fut, après la surprise de Soisaons par GerUiSy en 1567 (Voy.\, p. 425)^ laissé pour commander dans cette ville^ en remplacement du capitaine Damel, à qui la garde en avait été provisoirement confiée. Les écrivains catholiques le peignent comme un homme adiligent et vaillant» , mais a acerbe et ennemi de l'Eglise romaine.» Ilsconviennent d'ailleursque^ pendantles six mois environ qu'il occupa la ville, a il ne fit tuer personne» ; que ses serviteurs étaient «bonnes gens ethumainsen leur huguenoterie» et qu'il répondait lui-même amo« destement aux plaintes des Catholiques», en sorte que le plus grave reproche qu'ils trouvent à lui faire, c'est de ne pas avoir empêché ses soldats de dépouiller et de dévaster les couvents et les églises. Il est certain qu'à cet égard, il ne déploya pas l'énergie qu'il montra toutes les fois qu'il s'agit de punir des attentats sur les personnes.
Quelques exemples de sévérité suffirent pour assureraux habitants catholiques une entière sécurité. « Les Catholiques n'étaient pas persécutés pour leur religion,» dit M. Henri Martm dans son Histoire de Soissons. Beaucoup d'entre eux allaient volontairement au prêche entendre les ministres «qui chantaient fort bien et mélodieusement les psaimea de David en français, et faisaient émouvoir à larmes et pitié plusieurs assistans, en faisantles prières; car ils pleuraient eux-mêmes. » Aussi la Cène se célébra-t-elie dans l'église cathédrale en présence « d'une grandissime multitude. » Parmi ces ministres, le chanoine Dormay cite comme les plus éloquents l'ex-cordelier Versori8(a\\hsVaS' soris) et Hélim ou Héliriy ministre de Cœuvres. «C'est une chose merveilleuse, dit-il, qu'ils sçavoient si bien desguiser leur morale, qu'on les eust pris pour des apostres. Ils reprenoient d'un ton grave et d'une mine sévère les blasphèmes, les larcins et les adultères : et mesmes dans leurs assemblées ils corrigeoient ceux qui n'obéissoient pas
auxloix deGenève,ou qui ne gardoient pas je ne scay quelle police establie dans leurs consistoires. • C'est Yersoris qui ftit chargé de rendre grâces à Dieu après la bataille de Saint-Denis. « Il fit merveilles, dit le chanoine, sur le sqjetde cette victoire imaginaire et sur l'espérance de voir l'Ëvangile receuë par tout le royaume.» A la conclusion de la paix, de Vendy remit la place entre les mains des Catholiques. Nous ne nous souvenons pas d'avoir rencontré son nom depuis cette époque.
YENOT (Floebrt), de Gourgivaux^ prêtre catholique converti au protestantisme etmartyr.ArrêtéàParis en i 545, Yenot fut^ pendant plus de quatre ans^ soumis aux traitements les plus barbares. Entre autres tortures qu'on lui fit subir, on le tint enfermé pendant environ six semaines dans la chausse à l'hippocrasy cachot horrible en forme d'entonnoir où le malheureux prisonnier ne pouvait ni se tenir debout, ni se coucher, ni s'asseoir. Il était rare qu'un homme résistât quinze Jours à cet atroce supplice ; il devenait fou ou mourait. Par une espèce de miracle, Yenot échappa à la folie et à la mort. Conduit devant la chambre ardente, an bout de six semaines, il montra à see Juges qu'il n'avait rien perdu de son courage ni de sa constance. « Yous prétendez, répondit-il au fameux Lizel, par longs tourmens débiliter la force deresprit ou me faire mourir en la prison; mais vous y perdez temps, car J'espère que Dieu me fera la grâce de persévérer jusques à la fin et de bénir son sainct nom en ma mort. » Ses vœux furent exaucés. 11 fut, pour employer les expressions du martyrologe, de ceux qui furent ordonnez à ce sacrifice solennel que fit le roy [Henri 11] à son entrée. On le brûla sur la place Haubert, après lui avoir coupé la langue, le 9 juillet 1549. Deux autres protestants furent exécutés en même temps sur la place de Grève et aux Halles.
L'un d'eux était Léonard Gaiimary de Yendôme, prêtre converti comme Yenot, qui était revenu depuis peudeGe-
VER
VER
nëve, où il avait séjourné quelque temps, ctquiavait éléarrétéy le 1 5 mal^ à Ctiery près de Blois. Un quatrième, ouvrier du tailleur du roi, avait été emprisonné, parce qu'on l'avait trouvé travaillant en temps défendu. Il était en prison depuis plusieurs jours lorsque, Henri II ayant témoigné le désir d'entendre un luthérien, le cardinal de Guise Jeta les yeux sur lui, comme sur Tbommele plus propre à satifairesans danger pour la religion la fantaisie royale. « Diane, raconte M. Micbeiet, voulut que la scène eût lieu sous ses yeux, dans sa chambre. L'effet alla au delà de toutes les prévisions. Le pauvre homme, avec respect pour la majesté royale, se démêla habilement de toutes les arguti.es; mais, loin de céder, héroïque, inspiré des anciens prophètes, il dit à cette Jézabel, qui s'avançait à dire son mot : Madame, contentez-vous d'avoir infecté la France de votre infamie et de votre ordure, sans toucher aux choses de Dieu. Le roi, transpercé de ce trait, qu'il n'aurait jamais prévu, bondit de fureur, jura qu'il le verrait brûler vif. Il y alla, et il en fut épouvanté et malade. L'homme, dans ce supplice horrible, immobile et comme insensible, tint sur lui un œil de plomb, un regard Qxe et pesant, comme la sentence de Dieu. Le roi pAlit, recula, s'en alla de la fenêtre. Il dit qu^il n'en verrait jamais d'autres de sa vie. p L'exécution de ce pauvre ouvrier se (It dans la rue Saint-Antoine, «devant la cousture Saincte-Catherine. »
VERBELAY(N.), frère de l'évéque du Puy, quitta l'abbaye de Cluny, où il était novice, et se ût prolestant. En 1567, il prit les armes pour la Cause etsejoignitàPoruena((Voy.II, p. 4 12] avec un corps de troupes qu'il avait levé en Auvergne. Nous avons déjà parlé de l'invasion de ces deux chefs dans le Maçonnais et de leur défaite à Champoly. Verbelay combattit à Cognai et suivit les Vicomtes jusque sous les murs de Chartres. Aux troisièmes troubles, nous le retrouvons dansl'armée deColigny. Après la perle de la balaiile de
Moncontonr, il se retira è Angonléme avec Montbrun et Mirabel, et lorsque Monlbmn partit de celte ville, le 14 oct., pour retourner dans le Dauphiné, il en sortit avec lui, par ordre de Coligny, pour aller prendre le commandement d'Aurillac et lever des troupes en Auvergne. A peine installé dans son gouvernement, Verbelay se mit en devoir d'exécuter sa commission. Il enrôla 700 mousquetaires et 300 salades, et frappa sur les habitants une contribution de 10,000 livres destinée à les équiper et à les nourrir. Les bons bourgeois d'Aurillac trouvèrent la charge énorme et la tyrannie- du gouverneur Insupportable. Oubliant le chAtimcnt qui avait suivi de près une première tentative de soulèvement et qui n'avait pas été, dirait-on, aussi terrible que M. Imberdis le raconte, ils se mirent à comploter de plus belle pour se débarrasser « d'une intolérable autocratie. » De leur côté, les chefs catholiques en Auvergne assemblèrent des troupes pour essayer encore une fois ' de reprendre la ville; mais le bruit sans fondement que l'amiral allait entrer dans la province suffît pour dissiper l'orage prêt à foudre sur Verbelay, dont le nom ne se rencontre plus dès lors dans l'histoire.
VERDELHAN, Verdelian ou Verdilhan, nom d'une famille ancienne et nombreuse, établie dans le Languedoc, la Gascogne et le Bourbonnais. Des différentes branches dont elle se composait, deux au moins, celles de Mervkil- LÀC et Des Fouriviels, embrassèrent les opinions nouvelles.
I. La branche de Merveillac avait pour chef, au milieu du xvk siècle, Antoine Verdelhan, licencié en droit, qui épousa, en secondes noces, en 1 563, Marguerite Paradez et mourut vers 1600, laissant trois fils. André, né du premier lit, continua la branche de Merveillac, qui s'éteignitdansla ligne masculine dès la seconde génération, son petit-fils Jean, n'ayant eu qu'une flilo, MARGUERiTE,de SOU mariage avec Jeanne de Laurens, Le frère puîné d'André,
VER
VER
nommé lACOB^sleur de Merveillac, docteur en droit et lieutenant da juge d' Ai* gués- Mortes, prit pour femme Susanne d'harn et mourut avant 1658. Letroisième frère, Pierre, devint la souclie delabrancbeDBsMoLES.lllaissaloÂN- TOiNB, dont la destinée est inconnue ; — - 2» Daniel^ sieur deTliouaset de La Bessède^ qui épousa Jeanne Planque , et mourut, le l" sept. i656,àToulouse^ oîi il avait été appelé par un procès. Ses enfants furent: 1» Pierre^ sieur des Moles, qui se convertit à la révocation avec sa femme Anne Du Mas , et ses enfants, Daniel, sieur des Moles^ Jacques, sieur de Valmale,el Jeanne. Leur apostasie attira, dit-on^ sureuxlaven* geance des Cam sards^ qui brûlèrent leur maison de Thouas, en 1 705, mais nous ferons remarquer quMntotne ' Court ne mentionne pas ce lieu parmi ceux qui furent saccagés par les insurgés.— 20 Daniel ; — 3» Jacqces, sieur dn Poujol, qui épousa Madeleine Du Cros; — 4» Je AN- Jacques, sieur des Cambons ; — 5° Jacquette ; — 6« Valence ; — ?• SusANNB. Tous professaient encore la religion protestante en 1 68tS (Beg. de Véglise de St.Germ.-de- Calberte) ; mais rien ne prouve qu'ils y restèrent fidèles.
II. La branche des Fourniels fut fondée par Raymond Vcrdellian, qui mourut vers 1611, laissant cinq flisdeson mariage &yiec Jeanne Reymond , savoir, Jean, qui suit, Pierre, David, François el Jacques, mort en 1617, sans enfants û*Anne Farelesse, Jean s'établit à Salnt-Elienne-de-Valfranclsquc.
En 161 5, il assista à l'assemblée de Lunel. Il était marié depuis un an avec Françoise de Sabattier, fille de Fran- ^, sieur de Soleirol, et de Françoise de Valette, Ses enfants furent Jean, Pierre et Jeanne, femme de Jean Dupuy, de Salnt-Etienne-de-Valfrancisque.Plerre,sieurdesFoumiels,épousa, en 1649, Lucrèce de Valmalette, fille de Lucde Valmaletteei de Françoise de Belcastel, dont il eut : i» Jacques, capitaine de cavalerie, né en 1649, qui se convertit;— 2« ANN]BAL,néen 1 652,
qui abjura également; — 5oPierrb, né en 1655, qui se convertit aussi et devint lieutenant du juge de Saint-Etiennede-Valfrancisque ; — 4» Jeanne, femme de Christophe Privât, d'une famille qui a aussi fourni son contingent au refuge. Dans une liste de Réfugiés des Cevennes,nous trouvons les noms deDam^ de Privât, sieur des Abrits, eiû'Espé' tance Privat-des-A brits, femme du pasteur Jean La Porte,
VERDIER (Claude), teintnrierhabile,néàNismeslel2sepl. 1744,d'anc famille dans laquelle la teinturerie s'exerçait de père en fils depuis longtemps. 11 fit ses études à Berlin, où son père renvoya; à l'âge de sept ans^ pour le soustraire aux séductions des convertisseurs. Outre l'allemand, qu'il parlait avec facilité, et d'autres langues modernes, il apprit le latin, dont la culture lui ofifrait un délassement au milieu de ses travaux ; cependant ses goûts le portaient moins vers Tétude des belles-lettres que vers celle des beaux-arts. Peut-être auralt-ll donné un peintre de talent, si les vues de sa famille ne l'avaient forcé à renoncer à une carrière qu'il aimait. Le seul avantage qu'il retira de ses études en peinture fut une connaissance des couleurs et de leur préparation qui le mena, par voie d'analogie, à la découverte d'un secret pour teindre le coton, et même le lin, en rouge inaltérable. Frappés des avantages de cette découverte, qui affranchissait les fabriques françaises du tribut considérable qu'elles payaient chaque année au Levant, les Anglais voulurent attirer Verdier chez eux; mais il refusa par patriotisme leurs offres les plus brillantes. Il s'en repentit sans doute plus tard. Les révolutions politiques le ruinèrent, le chagrin altéra sa raison, et il mourut Insensé elpaovre, le 22 fév. 1812. Ilétait membre de r Académie du Gard.
VERDIER (Matthieu), dit de La Blaquière, né à Baireutb,dansles premières années du xvnp siècle, fil ses humanités à l'académie noble d'Erlangen, et étudia la théologie à Gcnc-
VER
VER
ve^ dVu il fat rappelé, en 1724 (?)^ ponr occoper la place de pasteur d'one colonie nouvelle que le baron Du Piessis à\a\i le projet de fonder près de Baireuth. Ce projet n'ayant point été mis à exécution, Verdier accepta, en i 730, les fonctions de vicaire dans Téglise française de Baircuth. Au bout de deux ans environ, renonçante la carrière ecclésiastique, 11 alla étudier le droit à Altorf. Successi\en)enl notaire, avocat et syndic de la ville d'Erlangen, conseiller de justice et capitaine du château en 1741, conseiller de province, enl 746, il renonça volontairement, en 1 757, à la vie publique, se retira h Erlangcn, et consacra le reste de ses jours à la culture des lettres. Il mourut en 1769. Outre une oraison funèbre de F. Ellrod de Reipoltzkircbcn, publiée sous ce titre : Monument érigé au mi" nistre honnête homme, Erlang., 1 765, in-fol., on a de lui la trad. franc, de deuxouvrages d'hist. naturelle publiés par Knorr, Tun sur les coqu illages et autres animaux marins (Nuremb., 1766 et sulv. in-40), l'autre sur les curiosités de la nature (Nuremb., i'* partie, 1766; 2«part., 1767, In-fol.). Peutêtre doit-on le regarder aussi comme l'auteur d'une thèse De potestate cla^ tn'tim, Gen., 1728, in-4«j publiée sous le nom de Af, Verdier,
VERGÈZES (Antoine), sienr de Saint-Hippol) te, le premier de cette famille qui embrassala Réforme, eut pour fils Claude, marié, en 1 570, avec Domergue Janis. De ce mariage naquit Nicolas, qui fit les guerres de Rohan et se saisit, en 1621, de Salnte-Anastasie. Il épousa en 1604, Jeanns Des Pierres y qui le rendit père de Jean, sieur d'Anbussargues. C'est du mariage de ce dernier avec Bonne de Barj(K qne naquit JACQt:ES,sieur d'Anbussargues, qui sortit de France à la révocation et se retira dans le Brandebourg, où 11 commanda successivement une compagnie des Grands-Mousquetaires et les grenadiers à cheval. Plus tard, il prit du service en Angleterre; une pièce msc. des Archives (M. 672), lui donne
le titre de commandant de Dublin en
VERGNOL (Joseph) ,chirnrgien réfugié en Hollande, a donné de la dissertation de Verduin : De novàartunm decurtandorum ratione, une trad. française qne celle de Ma8Suet(Voy.ce nom) a fait oublier. — A la même famille appartenait sans doute /ean Vergnol, ancien ministre de Monflanqnin, qui tai condamné, en fév. 1 686, par le parlement de Bordeaux aux galères perpétuelles comme relaps, a La preuve estoit délicate et mesme défectueuse dans le chef principal, écrivait le premier président du parlement an secrétaire d'Etat en lui annonçant cette condamnation, mais le zèle des juges est allé au-delà de la règle pour faire un exemple. » Vers le même temps, Anne Vergnol fut arrêtée nyec René Levieil,s\etïT de La Marsonnière, Anne ei Marie Levieil, sœurs de René, Jeanne Olivier, Marguerite Arvaux , Jeanne Gaume , Jean Méric, Jean Couderc, Jeanne Ayma, Isaac Servenier, René Gouyon et £/»«rmeC/Mi6tran,commeilsessayaient de sortir du royaume. Ils furent condamnés les hommes aux galères perpétuelles et les femmes à être rasées et enfermées pour toute leur vie (Arch.
gén. M. 665).
VERNÈDE (Hilaire), slenr de La Pierre-Blanche, avocat au siège royal de Fonlenay-le-Comte, fut chargé par le roi de Navarre de plusieurs missions secrètes, dont il s'acquitta si heureusement , quil se fit une grande réputation d'habileté. Dans une note que M. Benj. Fillon a en l'obligeance de nous envoyer sur ce négociateur, nous lisons que ses services furent récompensés, le 7 janv. 1589, par un siège dans la Chambre souveraine nouvellement établie à Saint-Jean-d'Angély; cependant nous ne le voyons pas flgarer parmi les magistrats de cette chambre, dont on trouve la liste dans les Mémoires de Mornay. La voici : /oseph Feydeau, président, Jean Le Maryer, sieur de La Sauvagère, et Paul de Constance y sienr de La Fredon-
VER
VER
niéve, conseillers pour les provinces de la rivière de Loire; Du Breuil- Chalmot, de Loage, de Cognart-Châtecu, de Partbenay, pour le Poitou ; de La Novère et Du Chasteau, pour la Saintongedeçà Charente ; de Merlat et de Rabar, pour la Saintonge delà Charente; Pierre Gaucher, pour TAngoumois. L'année suivante^ en 1590^ Yemède fut nommé conseiller d'Ëlat; mais une fois monté sur ie trône^ Hen* ri IV l'éloigna des affaires. Il retourna donc dans sa famille et reprit sa profession d'avocat pour vivre, ne se permettant d'autres distractions que quelques visites à Mailtezais, où comman* dait son ami à'ÀMgné. En 1617, il ftt élu maire de Fontenay. La date de sa mort n'est pas connue. 11 avait épousé, en 1589, Marie Blouin, veuve de François ThomaSy sieur du Pinier.
Il a laissé quelques poésies latines qui n'ont point été imprimées.
Une famille protestante du même nom habitait ie Quercy, où elle possédait le fief de Loubéjac. En 1576^ Vemède, baron de Loubéjac, ayant voulu s'emparer par intelligences de Cabors, à la tête des protestants de Caussade, tomba dans une embûche qui lui avait été tendue par l'évéque Desprez, et fut pris. Il fut exécuté à Cabors, le 5 avril, avec Sandrail^hOMt^ geols de Monlpezat, qui, arrêté quelques jours auparavant, avait lâchement consenti, dans le vain espoir de racheter sa vie, à l'attirer dans le piège par un faux avis.
VERNÈDfi(JBÀN-SciPiON),né le 1 4 sept. 1714, remplit les fonctions pastorales à Maëstricht et à Amsterdam, et mourut le 7 fév. 1779. On a de lui :